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Full text of "Archives de la France monastique"

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LES    DÉPENDANCES 


DE 


L'iBBAYE  DE  SÂmT-GERMAIN-DESrRÉS 


LiouaÉ    (Vienne).    —    Imprimerie  E.  Aubin 


ARCHIVES  DE  LA  FRANCE  MONASTIQUE 

VOL.  ,Y^fÇ:j 


LES  DÉPENDANCES 


DE 


L'ABBAYE 


DE 


SAINT-GERMAIN-DES-PRËS 


C' 


PAR 


D.   ANGER 


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TOME     DEUXIÈME 


SEINE-ET-OISE 


1-3    3p. 


LIGUGE 

ABBAYE    DE    SAINT-MARTIN 
CHEVETOGNE   (PAR    LEIGNON,    BELGIQUE) 


PARIS 


LIBRAIRIE      VEUVE      POUSSIELGUE 
15,    RUE    CASSETTE,    15 


1907 


PREFACE 


Avant  de  livrer  au  public  le  second  volume  des  Dépendances 
de  Saint-Germain-des-Prés,  on  me  permettra  de  remercier  tous 
ceux  qui  ont  facilité  ma  tâche  par  leurs  conseils,  leurs 
lumières,  et  spécialement  M.  Couard,  le  sympathique  et 
savant  archiviste  de  Seine-et-Oise,  qui  n'a  cessé  de  me  témoi- 
gner, même  au  milieu  d'un  deuil  cruel,  un  actif  et  bienveillant 
intérêt.  Il  me  fut  donné,  en  1900,  d'apprécier  son  zèle  pour 
l'histoire.  A  l'Exposition  universelle  de  cette  même  année, 
dans  un  pavillon  du  Champ-de-Mars,  au  milieu  d'un  salon 
bien  aménagé,  se  trouvaient  les  monographies,  souvent  volu- 
mineuses, de  toutes  les  communes  de  Seine-et-Oise,  présentées 
par  les  instituteurs  de  ce  département.  Elles  dénotaient  une 
prodigieuse  somme  de  travail  et  indiquaient  qu'on  avait 
consulté  les  documents  anciens  et  modernes.  Qui  avait  guidé 
les  recherches  de  ces  érudits,  soucieux  d'accomplir  intégra- 
lement leurs  devoirs  et  d'élever  un  monument  à  l'honneur 
des  études  primaires?  On  le  devine  sans  peine.  J'ai  passé  des 
heures,  des  journées,  des  semaines  entières  à  lire  attentivement 
ces   compositions   multiples,   et  le  voisinage  de   nombreuses 


—    VI 


niuchincs  aux  proportions  colossales,  au  ramage  presque 
étourdissant,  ne  me  fit  rien  perdre  du  vif  intérêt  qu'inspiraient 
ces  travaux.  Je  ne  veux  point  dire  qu'ils  eussent  tous  la  même 
valeur,  la  môme  impartialité.  C'est  à  peine  si  quelques-uns 
accusaient  la  hâte,  une  dangereuse  précipitation,  un  défaut  de 
contrôle.  Les  auteurs,  après  avoir  longtemps  cherché,  trou- 
vaient, dénonçaient  de  terrifiantes  oubliettes  où  les  ossements 
blanchis  de  malheureuses  victimes  criaient  vengeance  !  !  !  Il 
est  fort  regrettable  qu'ils  aient  oublié  de  citer  les  témoins,  les 
preuves  de  ces  lugubres  trouvailles.  Tout  le  monde  le  sait,  il 
n'est  point  permis  de  faire  des  versions,  des  assertions  pure- 
ment utiles  ;  rien  ne  saurait  les  justifier.  On  ne  peut,  sans 
manquer  à  la  dignité  humaine,  abuser  de  la  crédulité  de  ses 
semblables. 

Les  écoles  primaires  des  temps  anciens  ont  mérité  l'attention 
de  nombreux  instituteurs.  La  plupart  admirent  le  dévouement, 
l'abnégation,  le  désintéressement,  la  conduite  édifiante,  exem- 
plaire des  maîtres,  mais  ils  finissent  par  leur  adresser  un 
reproche  mérité  :  ils  passaient  trop  de  temps  à  l'église  et  l'en- 
seignement en  souffrait.  Hélas  !  ce  n'était  point  leur  faute,  s'il 
fallait,  en  chantant  l'office,  parfaire  un  traitement  trop  maigre 
légué  par  un  bienfaiteur  local.  Pour  les  juger,  il  faut  tenir 
compte  des  besoins,  des  sentiments  de  l'époque.  Sans  doute, 
ils  ne  connaissaient  point  les  méthodes  perfectionnées  de  notre 
enseignement  qui  développe  si  merveilleusement  l'intelligence, 
sans  fatiguer,  surmener  les  jeunes  élèves.  J'aurai  peut-être 
l'occasion  de  revenir  sur  un  sujet  aussi  noble.  Si  l'instruction 
primaire  a  progressé,  les  études  supérieures  n'ont  point  faibli. 
Depuis  quelques  années,  je  remarque  avec  bonheur  qu'on  se 
passionne  pour  les  recherches  historiques.  Jadis  on  considé- 
rait le  sanctuaire  des  archives  comme  interdit  au  profane  vul- 
gaire,  et  on  se  gardait  bien  d'aller  troubler   la  quiétude  des 


—  vir 


sommités  scientifiques  qui  s'y  prélassaient  tout  à  leur  aise. 
Aujourd'hui,  les  choses  ont  changé  :  les  salles  mises  à  la  dis- 
position du  public  ne  suffisent  pas  à  contenir  sa  bonne 
volonté.  Des  professeurs  émérites,  des  laïques,  des  ecclésias- 
tiques de  tout  âge  s'y  pressent  et  consultent  le  passé,  guidés 
par  des  maîtres  bienveillants,  doctes,  expérimentés.  Ces 
louables  efforts  ne  peuvent  produire  que  d'heureux  résultats  : 
inspirer  le  respect,  rapprocher  des  hommes  de  sentiments 
divers,  mais  également  amoureux  du  vrai. 


D.  Anger. 


ARRONDISSEMENT    DE    MANTES 


NOTRE-DAME-LA-DÉSmÉE 


Donner  l'histoire  de  ce  sanctuaire  qui  s'élève  dans  la  paroisse  de 
Saint-Martin-la-Garenne,  près  de  Plantes,  département  de  Seine-et-Oise, 
c'est  exposer  son  origine,  citer  les  noms  de  ses  bienfaiteurs,  men- 
tionner les  acquisitions  qui  furent  faites  pour  le  doter,  et  énumérer  les 
privilèges  qui  lui  furent  concédés. 

D'après  une  légende,  à  laquelle  on  ne  peut  guère  ajouter  foi,  faute 
de  preuves  authentiques,  le  roi  Charles  V  se  serait  égaré  en  chassant 
dans  sa  forêt  d'Arthies.  Après  avoir  erré  à  l'aventure  pendant  de 
longues  heures,  accablé  par  la  fatigue  et  la  désespérance,  le  souverain 
éleva  son  âme  vers  le  ciel  et  supplia  la  Mère  du  Sauveur  de  lui  tendre 
une  main  secourable.  Réconforté  par  l'ardeur  de  sa  prière,  il  se  mit 
résolument  en  marche,  et,  dès  les  jDremiers  pas,  ses  yeux,  pénétrant 
l'épaisseur  du  fourré,  aperçurent  la  flèche  élancée  du  blanc  clocher  de 
Saint-Alartin-la-Garenne.  Convaincu  que  la  Vierge  l'avait  entendu  et 
exaucé,  le  prince,  obéissant  à  un  sentiment  de  pieuse  reconnaissance, 
jura  d'édifier  une  chapelle  là  où  avait  fini  sa  peine  et  de  la  dédier  à 
Notre-Dame-la-Désirée.  Ce  récit  nous  paraît  invraisemblable  ;  car 
l'exiguïté  et  les  proportions  mesquines  de  cette  chapelle  ne  convien- 
nent point  à  la  majesté  d'un  puissant  monarque.  Nos  rois  avaient 
coutume  d'imprimer  à  leurs  œuvres  un  cachet  de  grandeur  que  nous 
ne  retrouverons  pas  ici. 

L'historien  de  Saint-Germain-des-Prés,  Dom  Bouillart,  nous 
donne  un  autre  version.  Henri  de  Yillemorin  (ou  Yillemorien),  gen- 
tilhomme du  diocèse  de  Langres,  avait  passé  sa  jeunesse  au  service 
du  roi,  Charles  V.  Les  nombreuses  et  graves  fautes  qu'il  avait  com- 
mises lui  revinrent  à  la  mémoire.  Touché  de  la  grâce  et  saisi  de 
repentir,  il  résolut  de  finir  ses  jours  dant  la  solitude.  Un  seigneur, 
nommé  Mathieu  de  Ver,  paneticr  du  duc  d'Anjou,  lui  permit 
de  demeurer  dans  un  endroit  de  ses  terres  dépendant  de  la  châtel- 
lenie  de  Chaumont.  Henri  de  Villcmorin  y  éleva  quelques  bâtiments 

1* 


pour  se  loger.  Louis,  comte  d'Etampes,  lui  ayant  obtenu  de  l'arche- 
vêque de  Rouen  les  permissions  nécessaires,  il  fit  construire,  à  ses 
frais,  une  chapelle  en  l'honneur  de  l'Annonciation  de  la  sainte 
A  ierge,  sous  le  vocable  de  Xotre-Dame-la-Désirée.  Le  pieux  solitaire 
légua  tous  ses  revenus  à  ce  sanctuaire,  et  Charles  \  amortit  aS  livres 
tournois  de  rente  annuelle  et  perpétuelle  sur  des  biens  acquis  ou  à 
acquérir  pour  l'entretien  d'un  chapelain  qui  le  deservirait  (1374)*. 

Aussi  l'acte  suivant  désigne-t-il  le  roi  de  France  comme  fondateur  de 
la  chapellenie  de  >'otre-Dame-la-Désirée  : 

«  A  tous  ceux  qui  ces  lettres  verront,  salut...  Sachent  tous  que... 
«  Massiot  de  Ver,  escuyer,  panetier  de  monsieur  d'Anjou,  de  sa 
«  bonne  volonté  reconnut  et  confessa  avoir  donné  pour  Dieu  et  en 
(c  pure  et  perpétuelle  aumône  à  Henri  Yillemorin  une  place  assise 
«  entre  Saint-Martin-de-la-Garenne  etVétheuil,  au  lieu  appelé  Morigny, 
«  contenant  un  demi-arpent  ou  environ  pour  faire  en  icelle  son  habi- 
((  tation,  et,  autour  de  la  fontaine  du  Bois,  un  arpent  de  terre, 
<(  lesquelles  places  le  dit  Massiot  tenait  en  l'appartenance  du  fief  qu'il 
«  tient  du  Roi,  Notre  Sire,...  et  auquel  lieu,  le  roi,  notre  Seigneur,  a 
w  fondé  et  édifié  une  chapellenie  en  l'honneur  de  Dieu  et  de  la 
u  sainte  Vierge  et  son  Annonciation,  appellée  >sotre-Dame-la-Désirée, 
«  et  à  ce  que  le  dit  Henriot  y  ait  et  puisse  avoir  plus  convenablement 
«  son  habitation  et  que  le  divin  service  soit  fait  perpétuellement,  le 
u  dit  Massiot  transporte  au  roi,  notre  dit  Seigneur,  tout  le  droit  que  lui 
«  Massiot  avait  à  ces  dites  places...  pour  y  fonder  et  édifier  la  dite 
((  chapelle  et  y  faire  sa  pleine  volonté,  comme  fondateur  et  patron 
«  d'icellc,  et  y  ordonner  chapellenie  perpétuelle,  pour  telle  manière 
«  que  quand  il  y  aura  chapelain  ordinaire  ou  mutation  de  chapelain, 
{(  que  le  dit  Massiot  ou  ses  hoirs,  procréés  de  son  corps,  présentera  au 
«  roi,  notre  dit  Seignem-...  une  personne  convenable,  comme  chape- 
«  lain,  et  le  dit  roi,  notre  dit  Seigneur,  comme  fondateur  et  patron 
«  d'icellc,  donnera  et  confirmera  en  la  personne  convenable  prê- 
te sentée  par  le  dit  Massiot  ou  ses  hoirs.  —  Donné  le  vendredi 
«  2  janvier  iS-G'.  » 


1.  Dom  Bot.iLL\uT,  preuves;  Arrh.  nat.  LL.  11/4G,  p.  7G't. 
a.  Charlrier  du  château  de  la  Rocheguyon. 


—  3 


Nous  voyons  que  le  Seigneur  de  Saint-Martin-la-Garenne,  Mathieu 
de  Ver,  ajouta  à  ses  premières  libéralités  et  déféra  au  roi  le  droit  de 
ratifier  le  choix  du  chapelain*.  Charles  Y  contribua  à  doter  la  chapelle 
de  Notre-Dame-la-Désirée.  En  1878,  il  acquit  à  cet  effet,  moyennant 
25  francs  d'or,  une  pièce  de  vigne  et  une  rente  de  4o  sols  à  prendre 
sur  les  biens  de  Mathieu  de  Ver.  Le  roi  Charles  M,  suivant  l'exemple 
de  son  père,  voulut  également  compter  parmi  les  bienfaiteurs  de  Notre- 
Dame-la-Désirée.  Il  lui  donna  une  pièce  de  pré,  située  dans  une  île 
nommée  Petel,  qui  lui  coûta  cinquante  francs  d'or,  et  une  pièce  de 
vigne  dans  le  territoire  de  Saint-Martin-la-Garenne,  qu'il  paya  i4 
livres,  en  i385.  Plus  tard,  en  i54o,  Jean  Bourgeois,  seigneur  du  Bois, 
laissa  une  rente  de  5  livres  tournois  pour  dire  tous  les  samedis  une 
messe  en  l'honneur  de  Notre-Dame-des  Sept-Douleurs. 

On  se  demandera  avec  raison  pourquoi  Henri  de  Villemorin,  orio-i- 
naire  de  Langres,  est  venu  se  fixer  sur  le  territoire  de  Saint-Martin-la- 
Garenne.  Qui  l'avait  attiré  dans  ce  pays  inconnu  ?  Voulait-il  échapper 
aux  visites  trop  fréquentes  et  trop  mondaines  de  ses  anciens  amis  et 
compagnons  ?  Faute  de  renseignements  précis,  il  nous  est  impossible 
de  reconnaître  le  mobile  qui  guida  les  pas  de  ce  noble  pénitent.  Mais 
il  est  certain  qu'alors  Morigny  n'avait  pas  encore  de  sanctuaire, 
comme  le  montre  la  réponse  des  vicaires  généraux  de  Rouen  '. 

Henri  de  Villemorin  avait  passé  environ  22  ans  dans  cette  sancti- 
fiante retraite.  V  oulant  assurer  l'existence  de  la  chapelle  qu'il  avait 
élevée,  il  la  donna  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés.  Le  roi 
Charles  VI  confirma  cette  translation  par  des  lettres  patentes  du  mois 
d'octobre  1897  ''  ^  la  condition  qu'on  célébrerait  tous  les  ans  dans  cette 
chapelle  deux  messes  solennelles  à  son  intention  :  l'une,  le  jour  de  la 
Purification,  et  l'autre,  le  jour  de  la  Nativité  de  la  sainte  A'ierge. 

A  peine  en  possession  de  ce  bénéfice,  les  Bénédictins  eurent  quel- 


1.  Ce  document  demande  quelque  explication.  A  en  prendre  les  termes  dans  un 
sens  rigoureux,  il  semble  indi(iuer  ([ue  le  roi  de  France  participa,  au  moins,  à  la 
construction  de  la  chapelle  de  Notre-Dame-la-Désirée.  Cette  inlerprétalion  est  con- 
tredite par  une  charte  de  Charles  VI  datée  de  l'année  i.^()7  :  «  ...  Heiuicus  de  WUc- 
morin,  quanulani  capcllam,  vulgari  prclicpiio,  15.  Mario  Desiderate  vocabulo  nun- 
cnpatam,  cnm  nonnullis  cdiliciis,  sois  prjpriis  suniptihus  conslrui  Iccit  et  fnn- 
davit.  »  (Arcli.  mil.,  LL.   ji.U.  p.   i.s,?.) 

2.  Dom  Boi.it.i.Aur,  Pièces  justilicatives,  p.  8i. 

3.  Arck.  nal.  LL.  ii3i,  p.  i83.  Dom  Bouh^laut,  Pièces  jnslil'.,  p.  Si. 


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ques  contestations  avec  le  seigneur  de  Saint-Martin,  qui  leur  demanda 
de  bailler  homme.  Un  acte  du  4  juillet  i/ioo  est  ainsi  conçu  :  ((  Sachent 
((  tous  que  nous,  Guillaume,  par  la  permission  divine,  humble  abbé 
((  de  Saint-Germain-des-Prés,  confessons  que  nous  tenons,  à  cause  de 
«  notre  chapelle  la  Désirée,  trois  arpents  de  pré  ou  environ  mou- 
«  vants  en  censive  de  noble  homme  Macyot  de  Yer,  escuyer,  lequels 
((  ne  sont  point  amortis,  et  parce  qu'il  a  plu  au  dit  Macyot  de  nous 
«  laisser. . .  tenir  de  sa  courtoisie,  mais  ne  voulons  pas  que  la  dite  tenue 
((  ainsi  faite...  lui  puisse  tourner  à  préjudice  pour  le  présent  ou  pour 
((  le  temps  à  venir,  etc.  '  » 

Les  officiers  du  roi  jetèrent  un  regard  de  convoitise  sur  le  sanctuaire 
de  Notre-Dame-la-Désirée.  Comme  il  avait  été  doté  et  fondé  par  les 
pieuses  largesses  de  Charles  V  et  Charles  VI,  ils  voulurent  le  consi- 
dérer comme  un  bénéfice  à  la  nomination  du  roi  et  le  conférèrent  à 
un  ecclésiastique,  nommé  Robert  Guérin.  Les  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  s'y  opposèrent  et  soumirent  l'affaire  au  Châtelet  de 
Paris.  Ce  tribunal  rendit,  le  29  avril  1899,  une  sentence  qui  leur 
confirma  la  possession  de  Notre-Dame-la-Désirée  et  des  dépendances". 

Les  pèlerins  affluaient.  Ils  apportaient  la  joie  et  la  prospérité  dans 
le  hameau  et  dans  la  paroisse  tout  entière.  Les  habitants  avaient 
défriché,  suivant  une  tradition,  recueilhe  par  Hippolyte  Desplanches, 
une  partie  des  bois  qui  entouraient  la  chapelle.  La  vigne  qu'on  y 
avait  plantée  produisait  un  petit  vin  excellent,  très  apprécié  des  étran- 
gers. On  le  savourait  avec  plaisir,  en  prenant  quelque  repos  à  l'ombre 
des  vieux  chênes.  Les  fidèles  se  montraient  généreux  envers  le 
chapelain,  ce  qui  excita  l'envie  du  pasteur  de  la  paroisse.  En  i458, 
Jean  Fagot,  curé  de  Saint-Martin-la-Garenne,  voyant  ce  grand 
concours  de  peuple  venant  implorer  l'assistance  de  la  sainte  Vierge, 
prétendit  que  les  offrandes  devaient  lui  appartenir,  parce  que  la 
chapelle  était  située  dans  sa  paroisse.  Sur  le  refus  qu'on  lui  opposa, 
il  intenta  un  procès,  et  le  Châtelet  de  Paris  donna  raison  aux  religieux 
de  Saint-Germain.  Cependant  ces  derniers  passèrent  un  accord  et 
consentirent  à  donner  /jo  sols  chaque  année  au  curé  de  Saint-Martin- 
la-Garenne  \ 


1.  Cliartrier  du  château  de  la  Rocheguyon. 

2.  Arch.  nat.  LL.  ii46,  p.  766. 

3.  Id.  LL.  M '40,  p.  7O5. 


En  lASo,  l'abbaye  de  Sainl-Germain-des-Prés  se  vit  en  butte  à  une 
autre  difficulté.  Le  roi  Louis  XI,  prévenu  par  des  personnes  hostiles 
aux  Bénédictins,  contesta  à  ceux-ci  leur  droit  sur  la  chapelle  de  Notre- 
Dame-la-Désirce.  Le  monarque  chargea  un  de  ses  secrétaires,  Jean 
Descouville,  de  faire  des  recherches  à  ce  sujet.  L'issue  de  ces  inves- 
tigations fut  favorable  aux  religieux  '. 

Le  domaine  de  Notre-Dame-la-Désirée  reçut  quelque  accroissement 
par  suite  de  legs  et  donations.  Un  ermite  avait  été  assassiné  dans  sa 
solitude.  Les  rehgieux  de  Saint-Germain-des-Prés  héritèrent  de  ses 
biens,  d'un  étang  et  d'une  fosse  à  poisson,  à  côté  (8  juin  1471)'.  Jean 
Mabillon,  ermite,  laissa  en  mourant  tous  ses  biens  à  la  chapelle  de 
Notre-Dame-la-Désirée,  22  avril  I5o6^ 

Guillaume  Lesueur  et  consorts  renoncèrent  au  profit  de  messieurs 
les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés,  chapelains  de  Notre-Dame-la- 
Désirée,  à  tout  ce  qui  pouvait  leur  appartenir  en  un  lieu,  place  et 
héritages  situés  sur  le  chemin  de  Vétheuil  à  la  chapelle  (27  jum 
1627)*.  Eustache  Hédouin  donna  à  la  chapelle  de  Notre-Dame-la- 
Désirée  20  sols  de  rente  à  prendre  sur  4o  perches  de  vigne  assises  au 
terroir  de  Vétheuil,  au  lieu  dit  le  Miart  ('9  mai  i5'|5)^ 

Le  3o  mars  iG3A,  les  religieux  Bénédictins  affermèrent  à  Guyon 
Douté  et  Barbe  Ozanne,  sa  femme,  toutes  les  oblations  et  offrandes 
données  à  la  chapelle  de  Notre-Dame-la-Désirée,  avec  plusievu-s  terres 
et  prés,  à  savoir  : 

1°  32  perches  011  était  assise  la  chapelle  ; 

2°  Deux  petits  jardins,  et  la  cour  où  il  y  avait  une  fontaine  ; 

3»  26  perches  de  jardin  planté  d'arbres  fruitiers,  proche  la  chapelle  ; 

4"  23  perches  tant  terres  que  friches  devant  la  chapelle  ; 

5°  2  arpents  2 5  perches  tant  de  terres  que  de  prés  aboutissant  au 
sieur  de  la  Roche-Guyon  ; 

6°  2  arpents  80  perches  de  pré  en  la  grande  île  de  Vétheuil,  appelé 
le  pré  aux  Ermites  ; 

"j"  I  arpent  et  1/2  de  terre  appelée  la  terre  de  Notre-Dame-la-Désiréc  ; 

8°  20  sols  de  rente  sur  le  fief  Saint-Martin,  le  tout  pour  90  livres. 

1.  Dom   BOLILLART. 

2.  Arch.  nul.  LL.  ii4G,  p.   7OO. 

3.  /(/.  LL.   II. 'lO,  p.  7(57. 

4.  U.  LL.  1140,  p.  7G8. 

5.  Id.  LL.  II. 'tO,  p.  7G9. 


—  6  — 

Les  preneurs  devaient  payer  l\o  sols  de  rente  au  curé  de  Saint- 
Marlin-la-Garenne,  faire  dire  et  célébrer  par  chacun  dimanche  une 
basse  messe  à  eau  bénite  et  aussi  cinq  autres  messes,  aux  cinq  fêtes 
de  Notre-Dame,  à  l'intention  du  roi  et  de  ses  prédécesseurs  *. 

11  y  avait  encore  parmi  les  dépendances  de  !Sotre-Dame-la-Désirée 
le  fief  de  la  Rivière,  situé  dans  les  paroisses  de  Fourges  et  Amenu- 
court',  autrement  dit  Beauregard.  11  rapportait  20  livres  de  rente,  à  la 
date  du  12  avril  1037  ^  Cette  propriété,  qui  relevait  delà  mense 
conventuelle  de  Saint-Germain-des-Prés,  était  affermée,  en  1789,  à 
M.  Alexis  Rochon,  prieur  commendataire  de  Saint-Martin-la-Ga- 
renne,  pour  le  prix  de  180  livres  par  an*. 

La  chapelle  de  Notre-Dame-la-Désirée  possédait  des  reliques  de 
sainte  Cécile,  de  sainte  Cordule,  reine  et  fille  du  roi  d'Angleterre, 
compagne  de  sainte  Ursule,  des  onze  mille  vierges  martyres,  du  pain 
céleste,  envoyé  de  Dieu  à  saint  Antoine  et  à  saint  Paul,  ermites,  des 
reliques  de  saint  Christophe,  de  saint  Barthélémy,  de  saint  Eutrope, 
de  sainte  Marguerite,  de  sainte  Apolline,  de  sainte  Barbe,  quelques 
parties  des  vêtements  de  la  sainte  Vierge,  un  fragment  de  la  pierre 
sur  laquelle  Xotre-Seigneur  prêchait,  et  enfin  un  lambeau  du  guidon 
de  saint  Georges,  que  César  Ballhasar  de  Constantinople  avait  donné 
à  Edmond,  roi  d'Angleterre,  en  1181.  Bien  qu'on  affirme  qu'elles 
étaient  toutes  authentiques,  et  fidèlement  approuvées,  on  nous  per- 
mettra quelque  réserve  à  ce  sujet. 

Le  27  mars  1^79,  Jacques  de  Luxembourg,  seigneur  de  Richebourg, 
et  Ysabeau  de  Roubais,  son  épouse,  gratifièrent  la  chapelle  de  Notre- 
Dame-la-Désirée  d'une  table  ouvrée  d'or  et  de  soie,  enrichie  de  17 
reliquaires  que  Hermand  de  la  Forest,  chapelain,  avait  donnée.  Les 
religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  décidèrent  que  cet  objet  pré- 
cieux demeurerait  toujours  en  la  chapelle,  sous  la  garde  des  ecclésias- 
tiques attachés  au  sanctuaire  ^. 

En  1 35 1,  le  pape  Clément  VI  avait  accordé  de  nombreuses  indul- 
gences  aux  bienfaiteurs  et  aux   pèlerins   de   Notre-Dame-la-Désirée. 


i.Arch.  nul.  LL.  ii?iG,  p.  773. 

2.  Fourges,  canton  do  Ecos    Eure)  ;  Amenucourt,  canton  de  Magny  (Seine-et-Oise) . 

3.  Arch.  nat.  LL.  n/iC,  p.  768. 

II.  hl.  S.  2878  ;  LL.  io39,  P-  3oG. 
5.  /(/.  LL.  II 41),  p.  766. 


—  7  — 

llermand  de  la  Forest  les  fit  annoncer  en  diverses  contrées  par  des 
clercs,  qui  emportaient  avec  eux  des  reliques  pour  les  exposer  à  la 
vénération  des  fidèles  (i^gS)  '. 

Les  pèlerins  venaient  nombreux  invoquer  Notre-Dame-la-Désirée. 
Leur  affluence  était  telle,  auXYI^  siècle,  que  de  nombreux  marchands, 
accourus  des  villes  voisines,  s'installaient  aux  abords  du  sanctuaire, 
où  leur  réunion  formait  une  foire  d'une  certaine  importance.  «  J'ai 
((  droit,  disait  la  duchesse  d'Enville,  dans  un  aveu  au  roi,  en  177 1,  de 
«  faire  tenir  trois  foires,  l'une,  le  jour  de  l'Annonciation  de  la  Vierge, 
(c  l'autre,  le  lendemain  de  Pâques,  et  la  troisième,  la  veille  du  jour 
«  saint  Georges,  au  hameau  de  Notre-Dame-la-Désirée,...  où  il  y  a 
«  une  chapelle  à  laquelle  tous  les  lieux  circonvoisins  et  fort  éloignés 
u  ont  une  particulière  dévotion,  et  se  payent,  à  moi  ou  à  mon  fermier, 
«  pour  les  marchands  étalants,  cinq  sols  pour  droit  d'étalage.  » 

Deux  transactions  intervenues,  l'une,  en  i557,  avec  Nicolas  de  Mir, 
et  l'autre,  en  i665,  avec  monsieur  de  Liancourt,  donnèrent  aux 
seigneurs  de  Saint-Marlin-la-Garenne  la  faculté  de  percevoir  ces  rede- 
vances. Les  Bénédictins  reçurent  en  échange  le  droit  de  désigner  les 
ermites  %  qui  voulaient  se  retirer  à  l'ombre  du  sanctuaire  de  la  Vierge, 
pour  vaquer  au  service  de  Dieu  et  à  leur  propre  sanctification  \  Nous 
relevons  les  noms  de  quelques-uns  d'entre  eux,  comme  Adam  Fleurs 
et  Michel  Le  Tellier,  1649*,  André  Lefebvre,  1642',  Jacques  Rebours 

et  Jean  Tabour,  1629  ^. 

Monsieur  de  Liancourt,   seigneur  de  la  Rocheguyon,    demanda  la 

permission  de  prendre  un  arpent  de  terre  auprès  de  la   chapelle  de 

Notre-Dame-la-Désirée  pour  bâtir   une  petite   maison  où  loger   son 

garennier.  Il  promit  de  compenser  cette  donation  d'une  autre  manière 

(3  juin  i64i)'- 

Un  arrêt  du  Parlement  confirma,  en  1647,   aux  religieux  de  Saint- 

Germain-dcs-Prés,  à  l'encontre  de  Charles   Lemestre,    curé   de  Sainl- 


I.  Arch.  nat.  LL.   n'iG,  p.  706. 

a.  A.  Gatin,  Notice  sur  Saint-Marlin-la-Garenne. 

3.  Id.,  ouv.  cité. 

4.  Arch.  nat.  LL.  1127,  p.  3i2. 

5.  Id.   LL.  1127,  p.  182. 

6.  Bib.  nat.  ms.  fr.   iG852,  p.  80. 

7.  /(/.  iG852. 


8  — 


Martia-la-Garenne,  le  privilège  qu'ils  avaient  de  nommer  les  prêtres  et 
chapelains  attachés  à  la  chapelle  de  J\otre-Dame-la-Désirée,  d'y  faire 
dire  et  chanter  des  messes  à  eau  bénite  et  pain  bénit,  célébrer  le 
service  divin  et  percevoir  les  offrandes  '.  C'est  en  vertu  de  ce  pouvoir 
que  Frère  Benoît  Brachet,  prieur  de  Saint-Germain-des-Prés,  vicaire 
général  de  l'abbé,  donna  au  Frère  Thomas  Itingans,  prêtre  et 
moine  profès  du  même  monastère,  la  facuUé  de  résider  à  Notre- 
Dame-la-Désirée,  de  célébrer  la  messe  dans  la  chapelle,  d'y  admi- 
nistrer les  sacrements,  et  prêcher,  avec  l'autorisation  de  l'archevêque 
de  Rouen  (1648)'. 

En  1645,  les  religieux  Cordeliers  et  Capucins  de  la  ville  de  Mantes 
adressèrent  une  requête  aux  Bénédictins.  «  Ils  avaient  accoustumé  de 
u  toute  ancienneté,  disaient-ils,  de  prescher  et  d'instruire  le  peuple  au 
«  dit  lieu  de  la  Désirée.  »  Ce  ministère  leur  valait  quelques  aumônes  qui 
les  aidaient  à  vivre.  Mais  ils  étaient  très  inquiets,  car  ils  avaient  appris 
que  les  Augustins  du  grand  couvent  de  Paris  songeaient  à  les  supplanter. 
Ils  alléguaient  jîour  prétexte  qu'on  les  désirait  dans  ce  lieu  de  pèleri- 
nage. Ce  motif  n'avait  aucun  fondement,  prétendaient  les  fds  de  saint 
François,  car  toute  la  noblesse  et  les  habitants  des  environs  se  décla- 
raient en  faveur  des  cordigères.  Ils  suppliaient  de  ne  point  permettre 
à  de  nouveaux  religieux  de  se  fixer  à  Notre-Dame-la-Désirée,  car  ils 
seraient  une  charge  pour  le  public  et  même  pour  les  seigneurs.  Nous 
ne  savons  pas  quel  fut  le  résultat  de  cette  lutte  pour  la  vie  '. 

En  166G,  une  confrérie  fut  érigée  en  l'honneur  de  la  Vierge  dans  la 
chapelle  de  Notre-Dame-la-Désirée.  Le  pape  Alexandre  Ml  accorda 
une  indulgence  plénière  et  universelle  de  tous  les  péchés  aux  fidèles  de 
l'un  et  l'autre  sexe  qui  s'y  feraient  inscrire,  et  les  Bénédictins  deman- 
dèrent à  monsieur  le  grand  vicaire  de  Pontoise  d'approuver  cette  dévo- 
tion *. 

Le  8  juin  171C,  Guillaume  Brunet,  demeurant  à  l'hôtel  royal  des 
Invalides,  donna  au  monastère  de  Saint-Germain-des-Prés  une  somme 
de  600  livres,  pour  fonder  une  lampe  ardente  de  jour  et  de  nuit  dans  le 
sanctuaire  de  -^otre-Dame-la-Désirée^ 

1.  Arch.  nul.   LL.  1127,  p.  !n3. 

2.  Id.  LL.  1127,  p.  3i3. 

3.  Id.   LL.  1127,  p.  317. 

h.  Arch.  Seine-et-Oise,  Série  G,  n"  i^o. 
5.  Bib.  mit.  ins.  fr.   iGSâ;,  p.  5u2. 


La  chapelle  de  Xotre-Dame-la-Désirée  était  fort  modeste.  Construite 
en  tuiles,  elle  portait  dans  ses  vitraux  l'image  de  la  sainte  Merge  et 
les  armes  des  seigneurs  de  Saint-Martin.  Lautel,  somptueusement 
orné  par  de  pieuses  libéralités,  contrastait  avec  le  dénùment  du  rus- 
tique abri  qui  servait  d'asile.  Pour  charmer  ses  loisirs,  le  chapelain 
avait  à  sa  disposition  une  bibliothèque  composée  d'une  quarantaine 
de  volumes.  Tous  ces  livres  étaient  écrits  en  latin,  sauf  le  trésor  des 
langues  française  et  espagnole  '. 

Déclaration  du  27  février  1790^  : 

«  Le  domaine  de  la  chapelle  de  Notre-Dame-la-Désirée  fait  partie  de 
«  la  mense  conventuelle.  Il  compte  en  ladite  chapelle  un  bâtiment  et 
«  jardin  pour  le  chapelain  amovible,  nommé  par  les  religieux  de 
«  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés.  11  comprend  une  place  plantée 
«  d'ormes,  environ  6  arp.  3/4,  tant  de  terres  labourables  que  prés,  et 
«  quelques  petites  rentes  de  fondation  données  à  vie  à  monsieur  Ro- 
((  chon,  de  l'Académie  des  Sciences,  prieur  du  prieuré  de  Saint- 
«  Alartin-la-Garenne,  par  acte  passé  devant  Péant  de  Saint-Gilles, 
«  notaire  à  Paris,  le  9  mai  1789,  à  la  charge  de  la  desserte  de  la  dite 
«  chapelle  et  des  entretiens  et  réparations  desdits  bâtiments. 

u  Nota.  —  L'on  n'a  rien  retiré  de  cette  chapelle  depviis  un  temps 
«  immémorial.  L'entretien  et  les  réparations  des  bâtiments  ont  été 
«  un  surcroît  de  charges  sans  profit.   » 

En  1790,  les  cloches  furent  descendues  du  clocher  de  Notre-Dame- 
la-Désirée,  malgré  les  protestations  de  monsieur  Hache,  chapelain, 
et  l'indignation  des  habitants.  Les  biens,  qui  formaient  la  dotation  du 
sanctuaire  et  qui  se  composaient  de  7  arpents  26  perches,  furent  ven- 
dus et  adjugés  pour  la  somme  de  10G75  livres. 

Nous  ferons  observer  que  le  registre  de  la  vente  des  biens  natio- 
naux porte  que  6  arpents  90  perches  de  terres  dépendant  de  Notre- 
Dame-la-Désirée  furent  vendus  4970  livres,  le  17  janvier  et  le  i3  avril 
1791.  (Voir,  district  de  Mantes,  n""  3   et  92.) 

La  statue  de  la  Vierge  fut  cachée  dans  la  fontaine  avoisinant  la 
chapelle.  Après  la  Révolution,  elle  fut  portée  à  Saint-Martin-la- 
Garenne,  où  elle  orne  actuellement  l'un  des  autels  de  l'église. 


1.  Aicli.  nat.  S.  2858. 

2.  Archives  de  Seine-et-Oise,  Série  /|.  —  A.  Catin,  oui',  rilc. 


lO   — 


ClIAPELAENS. 


Ilermand  de  la  Forest,  i479- 

Jacques  Fustel,  i6i5. 

Thomas  Intingans,  1G48. 

Gendre,  prêtre  du  diocèse  d'Evreux,  8  février  i663. 


SAINT-LÉGER-EN-ARTIIIES 

Le  prieuré  de  Saint-Léger-aux-Bois  se  trouvait  situé  dans  la  paroisse 
de  Villers-en-Arthies,  canton  de  Magny,  arrondissement  de  Mantes, 
département  de  Seine-et-Oise.  Les  documents  qui  s'y  rapportent  sont 
assez  peu  nombreux  et  sans  grande  importance.  Ils  traitent  presque 
exclusivement  d'intérêts  temporels.  Comme  nous  l'afTirment  Dom 
Bouillart  et  les  cartulaires  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés, 
Hugues,  archevêque  de  Rouen,  accorda  à  ce  monastère,  en  1660,  l'église 
de  Saint-Léger,  avec  les  dîmes,  bénéfices  et  revenus  qui  en  dépendaient, 
ce  que  confirma  Rotrou',  son  successeur  (1175)'.  Le  prélat  voulait 
dédommager  ainsi  les  Bénédictins  pour  deux  muids  de  vin  et  huit 
setiers  de  froment  de  rente  annuelle  que  leur  avait  imposés  le  roi  Louis 
le  Jeune  pour  la  fondation  d'une  prébende  en  faveur  de  Saint-Magloire 
de  Paris. 

Dans  la  suite  des  temps,  quelques  donations  vinrent  augmenter  ce 
domaine.  Vers  le  XIIP  siècle,  Guillaume  Brostin  et  son  épouse,  sou- 
cieux du  salut  de  leur  âme,  voulurent  s'assurer  les  suffrages  des 
Bénédictins  de  Saint-Léger.  Ils  leur  donnèrent  en  pure  aumône  un 
muid  de  grain  à  prendre  annuellement  sur  la  grange  d'Omerville,  et 
trois  arpents  de  bois  sis  dans  le  voisinage  du  prieuré'.  On  lit  dans  le 
dénombrement  de  i384  :  «  Le  i3  octobre  1470,  Robert  Châtelain, 
«  curé  de  Saint-Martin  de   Yiller,    abandonna  au  couvent  de  Saint- 


I.  Rotrou  de  Warwick  (iiC5-n83)  (Gams). 

a.  Dom  BouiLLART,  p..  90.  —  Arch.  nat.  LL.  1026,  p.  91.  LL.  i025,  p.  62.  Bib.   nat. 
ms.  lat.  2838,  p.   103.  Dom  du  Bourg,  Saint-Germaindes-Prés  au  XIV'  siècle,  p.  35. 
3.  Arch.  nat.  L.  807  ;  LL.  ii46,  p.  Goo. 


—  1 1 


((  Léger,  pondant  son  vivant  les  menues  dixmes  de  la  paroisse',  » 
Un  de  ses  successeurs,  nommé  Martin  Carré,  ne  se  montra  pas  aussi 
bienveillant.  Il  leur  contesta  certains  droits  qu'ils  avaient  dans  sa 
paroisse.  Le  i5  juillet  i56i,  une  sentence  des  requêtes  donna  raison 
aux  religieux  et  affirma  qu'ils  pouvaient  prendre  toutes  les  dîmes  des 
fruits  venant  et  croissant  en  plusieurs  pièces  du  territoire  de  Villers-en- 
Arthies.  Ils  avaient  la  faculté  de  dîmer  : 

1°  Sur  lo  arpents,  au  lieu  nommé  le  Pendu,  vers  la  coste  de  Chau- 
dray  ; 

2°  Sur  20  arpents,  au  lieu  nommé  le  jardin  du  Bois; 
3o  Sur  19  arpents,  à  Saint-Léger; 
4°  Sur  un  arpent,  au  lieu  dit  ChaufTour; 

5"  Sur  i5  arpents,  au  lieu  nommé  les  Cornoilles,  autrement  dit  les 
Aigneaux ; 

6°  Sur  8  arpents,  au  lieu  nommé  la  vente  Micliault-Hebert". 
Nous  citerons  le  contenu  de  quelques  baux,  pour  avoir  une  connais- 
sance plus  exacte  des  lieux  qui  nous  occupent.  En  i658,  Dorn  Bernard 
Audebert,  prieur,  et  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  baillent 
à  ferme  pour  9  ans  à  Jean  Douté,  laboureur,  demeurant  à  Villers, 
les  droits  appartenant  au  prieuré  de  Saint-Léger-aux-Bois,  membre 
dépendant  de  l'abbaye,  uni  à  la  mense  conventuelle  d'icelle  avec  tous 
les  cens,  rentes,  fruits,  prouffits,  grosses  et  menues  dîmes,  offrandes 
et  les  oblations.  Le  bail  consiste  à  la  charge  pour  le  preneur  de  faire  sa 
résidence  es  dits  lieux  baillés,  de  payer  les  décimes,  à  la  réserve  des 
taxes  extraordinaires  du  clergé  de  France,  et  de  fournir  en  outre 
5oo  livres  tournois  par  an.  Le  dit  preneur  devra  faire  célébrer  par  chas- 
cun  dimanche  une  basse  messe,  en  la  chapelle  du  dit  prieuré, 
plus,  faire  garder  et  observer  les  louables  coutumes  du  dit  prieuré, 
dire  et  chanter,  la  veille  et  le  jour  de  saint  Léger,  une  haute  messe  à 
diacre  et  soubs-diacre,  qui  seront  accompagnés  de  choristes  et  autres 
gens  à  ce  nécessaires,  au  nombre  de  6  pour  le  moins.  Il  fournira  à  ses 
dépens  le  luminaire  pour  la  célébration  des  messes.  Il  fera  planter  à 
l'entour  des  bâtiments  un  cent  d'ormeaux,  qu'il  laissera  croistre.  Il  les 


I.  Arch.  nat.  LL.  ii'iC),  p.  Sy'). 
3.  Id.  LL.  iiM'),  p.  oijfj. 


12 


plantera  de  telle  sorte  qu'ils  puissent  servir  à  rompre  la  force  du  vent, 
sans  nuire  aux  couvertures'. 

Suivant  un  dénombrement  du  20  mai  1768,  le  prieuré  de  Saint-Léger 
comprend  : 

10  Une  chapelle  négligée  depuis  longtemps,  quant  à  la  bâtisse,  aux 
linges  et  aux  ornements,  quoiqu'on  y  dise  une  messe  par  semaine  ; 

2°  Une  ferme,  composée  d'un  corps  de  logis,  d'une  écurie,  d'une 
grange,  de  plusieurs  toits  à  porcs,  d'une  étable  à  vaches,  d'un  fournil 
et  d'un  joetit  jardin.  Au  bas  de  la  dite  ferme  se  trouve  un  pâti  d'environ 
neuf  arpents,  planté  en  bois  de  mauvaise  venue.  Il  y  a  peu  de  chênes 
et  d'ormes  ; 

3°  Quatre  arpents  de  terres  labourables  ; 

4"  La  moitié  des  dîmes  du  territoire  qui  contient  environ  800  arpents, 
avec  le  village.  Cet  acte  se  termine  en  faisant  remarquer  que  la  contrée 
est  pauvre.  11  n'y  a  point  de  terres  fortes  :  le  sol  est  spongieux  ou 
graveleux. 

La  ferme  et  la  chapelle  étaient  délabrées.  Les  réparations  urgentes 
qui  s'imposaient  s'élevaient  à  la  somme  de  3oo  livres.  Le  fermier  devait 
solder  ces  dépenses,  comme  acompte  sur  son  bail.  Quant  à  la  restau- 
ration du  chœur  de  l'église  paroissiale,  dédiée  à  saint  Martin,  elle 
incombait  également,  par  moitié,  aux  religieux  et  au  curé\ 

Un  bail  de  1789  nous  apprend  que  les  fermiers  devaient  héber- 
ger une  fois  ou  deux  l'an,  pendant  une  huitaine  de  jours,  deux  reli- 
gieux avec  leurs  domestiques  et  leurs  chevaux'. 

La  déclaration  de  1790  vient  compléter  ces  notions.  Avec  les 
bâtiments  de  la  ferme  et  les  i5  arpents  de  terre  que  nous  avons  déjà 
signalés,  elle  mentionne  la  dixme  svu'  les  haute  et  basse  Ârdennes, 
paroisse  de  Follainville*,  une  rente  foncière  de  3  livres  parisis  sur  les 
acquits  du  pont  de  Mantes  due  par  l'hostel  de  ville  du  dit  lieu.  Le  tout 
fut  loué,  le  l'^'mai  1789,  pour  1000  livres  par  an,  au  sieur  Sarrazin, 
laboureur,  demeurant  à  Chaussy,  qui  dut  verser  1200  livres  en  passant 
le  bail.  Le  preneur  s'engageait  en  outre  à  payer  les  décimes,  qui  se 


1.  Arch.  nat.  LL.  loSg,  p.  388. 

2.  Bib.  nat.ms.fr.  iCSâg,  p.  282. 

3.  Archives  de  Versailles. 

t».  Canton  de  Limay  ;Scine-et-Oise). 


—  i3  — 

montaient  alors  à  i3o  livres  pour  le  prieuré  de  Saint-Léger  et  son 
annexe,  Notre-Dame-des-Halles,  à  faire  chanter,  la  veille  et  le  jour  delà 
fête  de  saint  Léger,  en  la  chapelle  du  prieuré,  une  grand'messe  à  diacre, 
sous-diacre  et  choristes,  y  faire  dire  une  messe  basse  tous  les 
dimanches,  à  fournir  tout  ce  qui  était  nécessaire  pour  la  célébration  et 
à  payer  les  honoraires.  Cette  charge  s'élevait  environ  à  200  livres'. 

S'il  faut  en  croire  le  dénombrement  de  i384,  les  possessions  du 
prieuré  de  Saint-Léger-aux-Bois  étaient  plus  considérables  à  cette 
époque  qu'au  temps  de  la  Révolutions.  Nous  y  lisons  en  efTct  :  «  Item, 
«  en  l'archevesché  de  Roen,  à  Saint-Ligier-en-Artie,  est  un  prioré,  où 
((  il  y  a  un  prieur  religieux  et  un  de  nos  compagnons,  une  maison 
a  toute  destruite  par  les  guerres,  séant  auprès  des  boiz  esquels  nous 
{(  avons  usaige  pour  édifier  et  ardoir,  sans  vendre,  à  la  volonté  de 
«  notre  dit  prieur.  Item  xxnu  arpents  de  terre,  les  dismes  et  cham- 
((  pars  du  dit  prioré,  tout  baillé  en  ferme  par  le  dit  prieur  à  un  muids  et 
«  demi  (qui  solait  valor  xii  muis  (antérieurement).  Et  sur  ce  doit 
«  ycelui  prieur  xxxii  sols  de  décimes  ^.   » 

Dom  Dubreul  fait  remarquer  aussi  que  le  prieur  de  Saint-Léger  ne 
vivait  pas  seul  dans  son  modeste  couvent.  ((  Predicta  ecclesia  Sancti 
Leodegarii,  écrit-il,  quondam  habuil  priorem  cam  socio  monacho  coni- 
morantem^.  » 

Le  i4  septembre  1577,  les  commissaires  délégués  par  le  pape  Gré- 
goire XIII  pour  aliéner  So.ooo  escus  de  rente  à  prendre  sur  le  temporel 
des  églises  du  royaume  de  France  décidèrent  que  le  prieuré  de  Saint- 
Léger-en-Artie,  uni  à  la  mense  conventuelle  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  serait  exempt  et  déchargé  d'un  écu  de  rente,  ce  à  quoi  il  avait  été 
taxé*. 

Le  16  mai  1679,  la  ferme  de  Saint-Léger-aux-Bois  et  le  revenu  de  la 
chapelle  de  Notre-Dame-la-Désirée  furent  saisis,  parce  qu'on  n'avait  pas 
fourni,  en  temps  opportun,  une  déclaration  de  ces  immeubles,  confor- 
mément aux  ordonnances  du  roi^ 


1.  Bib.  nat.  ms.  fr.   20848,  p.  .33.  Arch.  nat.  S.  2884. 

2.  Arch.  nat.  L.  760,  n"  2g. 

3.  Bib.  nat.  ms.  lat.  12838,  p.  101. 

4.  Arrh.  nat.  LL.  ii/iG,  p.  fxjS.  G8x  1391,  folio  3711. 

5.  Bib.  nat.  ms.  fr.  chap.  conv.  1C857,  p.  i32. 


—  iZ,  — 


Prieurs. 


i5oG.  Pierre  Cornillé. 


Saint-Martin-de-Villers 


Inutile  de  rappeler  qu'il  s'agit  ici  de  la  paroisse  sur  le  territoire  de 
laquelle  se  trouvait  le  prieuré  de  Saint-Léger.  Hugue,  archevêque  de 
Rouen,  donna  pour  toujours  à  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  la 
présentation  à  cette  cure  (1160)'.  Dom  Dubreul  mentionne  ce  fait  par 
ces  mots  :  «  Présenta tio  presbyteri,  seu  curionis  in  ecclesia  S.  Martini 
de  Yillers  ab  abbate  fieri  debebat'.  »  Plus  tard,  11 76,  Rotrou,  un  des 
successeurs  de  Hugue  sur  le  siège  de  Rouen,  ratifia  la  concession  de  ce 
privilège,  mais  il  exigea  que  les  prêtres  jugés  capables  de  desservir  cette 
église  comme  celle  de  Longuesse  lui  seraient  présentés  pour  recevoir  la 
collation  de  leurs  bénéfices ^ 

Les  religieux  ne  vécurent  pas  toujours  en  bonne  intelligence  avec  les 
curés.  L'un  d'eux,  le  sieur  Faradin,  se  disait  en  droit  de  percevoir  la 
dîme  sur  deux  arpents  de  prairies  situés  à  Chaufour.  Les  Bénédictins 
le  lui  contestèrent.  Pour  éviter  les  ennuis  d'un  grave  procès,  il  renonça 
à  ses  prétentions  et  mit  fin  à  ce  litige,  en  passant  un  accord  à  l'amiable 
le  24  avril  i635  '. 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  favorisaient  de  tout  leur 
pouvoir  l'instruction  des  enfants.  Quelqu'un  leur  ayant  proposé  une 
somme  de  i5oo  livres,  au  denier  20,  pour  aider  à  entretenir  une 
maîtresse  d'école,  à  Villers,  il  s'empressèrent  d'accepter  {3o  juil- 
let i707)\ 


1.  Arch.  mil.  LL.  io2('i,  p.  91. 

2.  Bib.  nat.  ms.  lut.  i2S38,  p.  102. 

3.  BOLILLAUT. 

l\.  Arch.  nat.  LL.  iiaO,  p.  aO'i. 
5.  Bib.  mil.  ms.fr.  16807,  P-  ^i5. 


i5 


Curés. 

1692.  Loizel,  vicaire  d'Ântoin. 

1695.  Yaliers,  prêtre  du  grand  vicariat  de  Pontoise. 

1727.  François  Lecellier,  jusqu'en   1763. 

1763.  J.-B.  Ausart. 

iG35.  Faradin. 

Vente  du  domaine. 

District  de  Mantes.  —  N°  23.  —  8  février  1791  : 

4  arpents  de  terre  situés  au  lieu  dit  les  Hautes-Comptées,  à  Villers- 
en-Arthies,  et  appartenant  aux  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés, 
furent  vendus  à  René-Nicolas  le  Roy,  greffier  de  la  municipalité 
de  Mantes,  pour  Etienne  Pinet,  demeurant  à  Vétheuil,  au  prix  de 
4025  livres. 

N°  24i-  —  8  septembre  1791  : 

Un  corps  de  ferme,  circonstances  et  dépendances,  avec  une  chapelle, 
le  tout  enclavé  dans  onze  arpents  de  petites  bruyères  et  de  méchants 
bois  et  75  perches  de  jardin,  compris  dans  les  onze  arpents,  furent 
adjugés  au  prix  de  3275  livres  à  Jacques  Bailly,  marchand  de  chevaux 
à  Vétheuil  ' . 


MAGNY-E^-YEXI^^ 

Celte  ville  est  située  à  l'extrémité  nord  du  département  de  Seinc- 
et-Oise,  à  60  kilomètres  de  Paris,  sur  la  rive  gauche  de  la  rivière 
l'Aubette,  qui  prend  sa  source  près  de  là  et  se  jette  dans  l'Epte,  après 
un  cours  de  9  kilomètres.  Elle  est  traversée  par  la  route  de  Paris  à 
Rouen.  Cette  localité  comprenait  avant  la  Révolution  cinq  hameaux  : 
Arthicul,  Blamecourt,  Charmont,  Ilodcntct  Velannes.  formant  aujour- 
d'hui quatre  communes  distinctes. 


I.  Registre  (le  la  vente  des  Ijieiis  nationaux.  (Archives  départeinenlales  de  Seine-cl- 
Oise.) 


—  i6  — 

Au  mois  de  mai  176/1,  Louis  XY  voulut  acquérir  les  seigneuries  de 
ïhyais,  Choisy  et  Grignon,  qui  appartenaient  à  l'abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  pour  augmenter  les  dépendances  du  château  de 
Choisy-le-Roi.  Les  Bénédictins  accédèrent  au  désir  du  roi,  mais  ils  lui 
demandèrent  en  retour  une  compensation  foncière.  11  s'ensuivit  alors 
un  contrat  d'échange  dont  nous  allons  fournir  les  détails.  Les 
biens  que  les  religieux  cédaient  furent  soumis  à  une  estimation  ;  en 
voici  le  relevé  : 

Maisons  et  appartenances  —  fonds 126.000^ 

Revenu  du  fonds,  au  denier  25 5.4oo^ 

Terres,  prés,  vignes,  bois  —  fonds 282.763^  i3'     2 

Revenu,  au  denier  25 9.810^  10'  11 

Champarts  sur  279  arpents  29  perches  de  terre.  8.665^     6'     3 

Revenu,  au  denier  25 346^  12'     3'' 

Dixmes  sur  ces  terroirs 1.906'     5^ 

Revenu,  au  denier  25 1.9G0'     5' 

Cens,  rentes,  et  autres  droits  sur  les  maisons.    .         12.672'  i5' 

Revenu,  au  denier  3o /421'     8'     G"" 

Cens,  rentes  sur  les  terres  labourables.     .     .     .         25.^95'  i5' 

Revenu,  au  denier  3o 849'  12'     2'' 

Lods  et  ventes  à  la  déduction  du  12''  denier.      .       185.908'     5^ 

Revenu,  au  denier  60 2.265'     2^     9' 

Quints  et  requints  du  fief  du  Bâcle 3. 600' 

Revenu  du  produit  au  denier  60 60' 


Fonds  total 594.112'     »      3 


Revenu  total' 20.254'  16'     7 


a 


Le  19  septembre  de  la  même  année,  Antoine-Olivier  de  Senozan, 
conseiller  d'Etat,  et  son  épouse,  Anne-Nicolle  de  Lamoignon,  vendirent 
au  nom  du  roi,  pour  le  prix  de  cinq  cent  quarante-quatre  mille  livres, 
aux  Bénédictins  de  Saint-Germain-des-Prés  : 

1"  Les  fiefs  et  seigneuries  de  Blamecourt,  Ilodent,  Nucourt,  Arche- 
mont,  Gerville,  Charmont. 


I.  Arch.  nat.  S.  2r)25-2C. 


—  17  — 

2°  Les  dîmes  de  Yelannes-la-Yille.  Magny,  celles  qui  se  perçoivent 
sur  Etrees  et  Arthieul,  avec  la  justice  seigneuriale  de  Magny  et  les 
autres  droits  utiles  et  honorifiques.  Ces  domaines  et  dépendance^  étaient 
situes  dans  le  Vexin  français,  sur  les  paroisses  de  Magny,  Saint-Gervais, 
Omerville  et  Nucourt. 

3°  Une  maison  dépendant  dudit  fief  et  seigneurie  d'Archemont,  sise  à 
Magnitot,  paroisse  de  Saint-Gervais. 

4°  Une  maison  sise  à  Magny,  rue  Notre-Dame,  vulgairement  appelée 
la  grande  maison.  Cet  édifice  comprenant  plusieurs  corps  de  lo-is  se 
trouvait  dans  la  censive  du  prieuré  de  Magny.  C'était  un  admirable 
manoir  de  la  Renaissance,  avec  sa  porte  cintrée,  ses  grandes  fenêtres  à 
croisillons  et  baldaquins,  ses  belles  cheminées  de  pierre,  la  tour  cou- 
verte de  sculptures,  dues  peut-être  aux  premiers  artistes  du  temps' 

50  Plusieurs  morceaux  et  arpents  de  terre  sis  à  Hodent,  paroisse  de 
Magny. 

2  arpents  6o  perches,  aux  Cintaux. 

82  perches,  id. 

60  perches,  id. 

k  arpents  10  perches,  au  champ  de  l'Ecuelle. 

2  arpents  82  perches,  id. 

I  arpent   1/2,  au  lieu  dit  des  Poiriers. 

I  arpent  75  perches,  au  lieu  dit  les  Montoirs. 

^  arpents  au  lieu  des  Poiriers  à  la  Greffière. 

I  arpent  76,  aux  Montoirs. 

I  arpent  70,  id. 

C^  Cinquante-deux  livres  de  rente  attribuées  au  propriétaire  du  grefi-e 
de  Magny. 

f  Une  maison,  rue  de  l'Hirondelle,  à  Paris  \ 

Si  nous  combinons  ensemble  la  déclaration  de  1790  et  une  autre 
presque  de  la  même  époque,  nous  aurons  une  idée  exacte  de  cette  pro- 
priété avec  ses  revenus  et  ses  charges  : 

i"  La  ferme  de  Dlamecoiirt\  Elle  consistait  en  une  maison  seigneu- 
riale, plusieurs  bâtiments,  granges,  étables,  colombier  à  pied,  cour  et 


I.  A.   POTIQUET. 

3.  Arch.  nat.  S.  2920-0. 

3.  Blamecourt,  canton  de  Magny  (Seine-el-Oise). 


—  i8 


jardin,  contenant  i/j  perches,  en  un  moulin  à  eau,  appelé  le  moulin 
Bureau,  tournant,  travaillant,  avec  la  cage  du  moulin  et  le  bâtiment 
pour  le  logement  du  meunier,  le  tout  en  bon  état.  Elle  comprenait  en 
outre  :  78  arpents  et  7  perches  de  terre,  un  arpent  et  7  perches  de  bois, 

5  arpents  12  perches,  tant  en  prés,  pâtis  qu'aulnaies,  l'emplacement 
des  bâtiments  qui  composaient  la  ferme  seigneuriale  de  Velannes-le-Bois', 
appelée  aujourd'hui  vulgairement  Vélanne-Bost,  et  les  dépendances 
consistant  en  107  arj^ents  47  perches  de  terre,  7  arpents  5o  perches  de 
bois  taillis,  9  arpents  de  prés,  plus  4  arpents  82  perches  de  terre  et  un 
arpent  de  pré,  unis  au  moulin  Bureau,  ce  qui  composait  un  total  de 
208  arpents  22  perches.  Ce  domaine  fut  affermé  au  sieur  Cliapart,  avec 
les  dîmes,  champarts,  cens,  rentes  et  tous  les  droits  sur  le  fief  de  la 
Couture  de  Gasny^  pour  la  somme  annuelle  de  8.000  livres,  par  deux 
actes  devant  Santerre,  notaire  à  Magny,  le  28  juin  1786.  Le  preneur 
devait  verser  6000  livres  en  passant  le  bail,  et  donner,  chaque  année, 

6  canards  et  6  chapons,  estimés  9  livres. 

2°  Nucoiu't  (canton  de  Marines,  Seine-et-Oise) . 

Cette  ferme  comprenait  une  grange  dîmeresse  sise  au  dit  Nucourt, 
servant  à  resserrer  les  champarts,  9  arpents  84  perches  de  terre, 
3  arpents  de  pré,  le  domaine  fieffé  des  Bagots,  des  moulins  et  autres,  sis 
au  dit  Nucourt,  consistant  en  champarts  qui  se  percevaient  annuelle- 
ment sur  92  arpents  ou  environ  de  terre,  et  en  censives,  tant  en 
deniers,  grains,  volailles  qu'autres  espèces,  dus  par  les  censitaires  et 
tenanciers  de  maisons,  prés,  bois,  plus  un  moulin,  avec  les  bâtiments, 
le  tout  affermé  au  sieur  Poupel  pour  le  prix  de  2G00  livres, 

3°  Archemont  et  la  maison  de  Magnitot  (commune  de  Saint-Gervais, 
Seine-el-Oise). 

La  ferme  d'Archemont  consistait  en  une  maison  sise  à  la  Magnitot, 
composée  d'un  rez-de-chaussée,  chambre  dessus,  grange  et  cour,  plus 
en  73  arpents  65  perches  de  terre.  Le  fief  du  Lanternier,  comprenant  : 
champarts,  censive,  et  droits  seigneuriaux,  tant  en  deniers,  grains, 
volailles,  qu'autres  espèces,  dépendait  d'Archemont.  Le  tout  était  loué 
1000  livres. 

4°  Gerville,  commune  d'Omerville  (Seine-et-Oise). 


I.  Velannes-lc-Bois,  commune  de  Blamecourt  (Seine-et-Oise). 
a.  Gasny,  canton  d'Ecos  lEure}. 


—    HJ    — 

Celte  ferme  consistait  en  un  bassler,  écurie  à  côté,  chambre  dessus, 
cour,  cave,  deux  granges,  étable,  hangar,  le  tout  couvert  de  chaume, 
contenant  environ  un  quartier.  Il  y  avait  en  outre  un  clos  planté  en 
arbres  fruitiers  entouré  de  haies,  d'une  superficie  d'un  arpent  et  demi, 
situé  devant  la  ferme,  un  fournil  et  grenier  au-dessus,  iG  arpents 
35  perches  de  terre,  3  arpents  et  demi  de  prés,  les  champarts,  cens 
et  rentes  seigneuriales.  Le  tout  était  affermé  looo  livres. 

5°  Hodent,  canton  de  Magny  (Seine-et-Oise). 

Les  recettes  des  terres  et  seigneuries  d'IIodent  et  Ilunnecourt,  conti- 
guës  l'une  à  l'autre,  comprenaient  une  grande  ferme,  un  jardin  de 
4o  perches,  un  pressoir  à  cidre,  le  moulin  banal  de  Hodent  avec  une 
maison  y  attenant,  537  arpents  26  perches  de  terre,  prés,  pàtis,  bois, 
oserayes,  le  fief  des  Tirans,  sis  en  la  paroisse  de  Genainville,  le  tout 
loué  au  sieur  Rouget,  le  22  décembre  1781,  pour  la  somme  annuelle 
de  6000  livres,  plus  4800  livres  en  passant  le  bail. 

6''  Charmonl,  commune  de  Magny  (Seine-et-Oise). 

Les  grandes  dîmes  de  Charmont  consistaient  dans  le  droit  de  perce- 
voir la  dime  surtout  le  terroir  de  ce  lieu.  Elles  furent  affermées,  le 
10  février  1783,  au  sieur  Mautemps,  pour  le  prix  annuel  dei^oo  livres, 
plus  i5oo  livres  en  passant  le  bail. 

Le  fief  et  la  seigneurie  de  Charmont  appartenaient  à  l'Hôtel-Dieu  de 
Paris  et  relevaient  de  la  seigneurie  de  Hodent. 

7"  Velannes-la-Ville,  commune  d'Arthieul  (Seine-et-Oise). 

Un  maison  à  Magny,  dite  la  grande  maison,  les  grandes  dîmes  inféo- 
dées sur  le  territoire  de  Magny  proprement  dit,  d'Arthieul  et  de 
Velannes-la-Ville,  les  droits  seigneuriaux  en  espèces  seulement  de  la 
seigneurie  de  A  elannes-la-Ville,  à  la  réserve  des  droits  de  mutations, 
3  arpents  56  perches,  52  livres  de  rente  sur  les  tailles  de  Magny,  furent 
affermés,  le  iG  décembre  1786,  au  sieur  Carillon,  officier  du  roi  à 
Magny,  pour  la  somme  annuelle  de  4.000  livres,  et  Gooo  livres  en  pas- 
sant l'acte. 

Ces  possessions  étaient  chargées  de  certaines  redevances.  Les  reli- 
gieux de  Saint-Germain-des-Prés  devaient  fournir  : 

I"  Au  prieuré  de  Magny,  48  septiers  de  blé  et  20  seplicrs  d'avoine, 
estimés  i5oo  livres. 

2"  Au  prieuré  de  Chaumont,  48  septiers  de  blé  et  24  septiers  d'avoine, 
estimés  i5oo  livres. 


20 


3"  Au  curé  de  Magny,   82  septiers  de  blé  et  16  d'avoine,  estimés 

1000  livres. 

4°  Au  curé  de  Tourly',  20  septiers  de  blé  et  10  septiers  d'avoine, 
estimés  GaS  livres,  le  tout  à  l'ancienne  mesure  de  Meulan. 

5"  A  la  chapelle  de  Ilodent,  12  livres. 

Les  charges  s'élevaient  à  4687  livres,  et  les  revenus,  à  20802  livres 
6  sous  8  deniers  ^. 

Les  terres  et  revenus  de  Magny  et  dépendances  appartenaient  à  la 
mense  conventuelle'. 

Ces  terres  de  Magny  dépendaient  de  divers  seigneurs. 

lo  Hodent,  Yelannes-la-Ville  et  Yelannes-Bost,  en  partie,  relevaient  de 
monsieur  de  Manneville,  conseiller  au  grand  conseil,  seigneur  de  Ban- 
thelu  (canton  de  Magny). 

2"  Relevaient  de  madame  la  duchesse  d'Enville,  veuve  du  duc  de  la 
Rocheguyon,  Archemont; 

3»  De  monsieur  de  Gilbert  de  Voisins,  seigneur  de  Bouconvilliers  ', 
la  moitié  des  fiefs  de  Bagot  et  des  Moulins,  et  le  fief  du  moulin 
de  Nucourt  et   ses  dépendances  sis  à  Nucourt  ; 

4»  De  monsieur  de  Brouart,  seigneur  de  Clery,  le  fief  de  Poissy, 
sis  à  Velannes-Bost  (19  arpents  et  masure); 

5°  De  monsieur  l'abbé  de  Santeuil,  seigneur  d'Ambleville,  les  fiefs  et 
seigneuries  de  Gerville  et  dépendances,  sis  dans  la  paroisse  d'Omer- 
ville,  et  partie  du  fief  des  Tirans,  sis  à  Genainville  (canton  de 
Magny)  ; 

6"  De  monseigneur  de  Serans,  partie  de  Blamecourt  ; 

7"  De   mademoiselle  de  Bellebrune,  dame  de  Nucourt,  partie  de 

Ilodent; 

8"  De  monsieur  duFillet,  seigneur  de  Villarceaux',  la  moitié  des  fiefs 
Bagot  et  des  Moulins,  sis  à  Nucourt,  et  partie  du  fief  des  Tirans  sis  à 
Genainville  ; 

9"  De  monsieur  de  Chaumont,  prieur  de  Magny,  la  grande  Maison; 


1.  Tourly,  canton  de  Chaumont  (Oise). 

2.  Bib.  nat.  ms.fr.  20848  (35-38).  Arch.  nat.  S.  2925. 

3.  Arch.  nat.  S.  2808. 

li.  Canton  de  Chaumont  (Oise). 

5.  Villarceaux,  commuuc  de  Chaussy  (Seine-et-Oise). 


21 


lo"  Le  fief  et  seigneurie  du  dit  Charmont,  appartenant  àriiolel-Dicu 
de  Paris,  relevait  de  la  seigneurie  d'Hodent'. 

Parmi  les  fiefs  donnés  par  Louis  XV  aux  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés  en  contre-échange  pour  leurs  seigneuries  de  Thyais,  Grignon 
et  Choisy-le-Roi,  se  trouvaient  comprises  les  grandes  dîmes  de  Magny. 
Elles  étaient  dans  la  mouvance  du  roi,  à  cause  de  son  comté  de 
Chaumont.  Le  monarque  affranchit  les  Bénédictins  de  tous  droits  et 
devoirs  féodaux  à  l'avenir  et  ne  les  assujettit  qu'à  la  simple  déclaration 
sèche.  Ces  dîmes  avaient  été  longtemps  partagées  entre  plusieurs 
propriétaires,  qui  néanmoins  les  possédaient  par  indivis.  La  maison 
de  Yilleroi  en  réunit  successivement  les  différentes  portions  pendant 
le  cours  du  XYP  siècle,  et  les  posséda  jusqu'en  1733,  époque  011 
monsieur  de  MUeroi  les  vendit  à  monsieur  de  Senozan  avec  la 
seigneurie  de  Magny  et  d'autres  fiefs  aux  environs.  Les  dîmes  de 
Magny  étaient  appelées  grandes  dîmes,  pour  les  distinguer  des  traits 
de  dîmes  donnés  en  aumône  à  quelques  églises,  qu'on  appelait 
petites  dîmes.  Les  grandes  dîmes  étaient  ainsi  nommées  parce  qu'elles 
étaient  universelles  quant  à  l'étendue  et  à  l'espèce.  Elles  portaient  sur 
tous  les  fruits  et  produits  :  grandes  dîmes  ne  signifiaient  pas  grosses 
dîmes.  Il  y  avait  plusieurs  décimateurs  à  Magny  : 

1"  Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés,  qui  possédaient  les 
grandes  dîmes  de  la  paroisse.  Elles  comprenaient  le  territoire  de 
Magny  proprement  dit  :  Hodent,  Charmont,  Arthieul,  Blamecourt, 
Velannes-le-Bois,  Yelannes-la-Yille,  c'est-à-dire,  généralement  toute  la 
paroisse  de  Magny,  excepté  le  canton  de  Ilunecourt,  qui  n'existait 
plus  comme  hameau  et  qui  était  ruiné.  Les  grandes  dîmes  étaient 
chargées  d'un  gros  de  quatre  muids  de  grains  envers  le  curé  de 
Magny,  de  six  muids  envers  le  prieuré  de  Magny  et  huit  muids  et 
demi  envers  d'autres  églises.  Les  grandes  dîmes  s'étendaient  sur  vmc 
superficie  de  2984  arpents  42  perches  de  terre'. 

2"  Le  prieur  du  prieuré  simple  de  ISotre-Dame  de  ^lagny.  Ce 
prieuré,  autrefois  régulier  et  conventuel,  de  l'ordre  de  Saint-Augustin, 
avait  été  établi  dans  l'église  paroissiale  de  Magny  pour  y  faire  le 
service  divin,  et  fondé,  du  moins  en  partie,  de  l'ancien  patrimoine  de 


1.  Arch.  nat.  S.  2925.  Bib.  nal.  ins.fr.  2o8'i8,  p.  87. 

2.  /(/.  S.  2925. 


23 


la  dite  cure  et  paroisse.  Le  prieur  de  Magny,  tant  à  cause  de  son 
prieuré  que  de  la  chapelle  de  Saint-Gilles  qui  y  était  réunie  avant 
1^91,  jouissait  de  quelques  traits  de  dîmes  sur  la  paroisse  de  Magny, 
notamment  à  \  elannes.  Il  percevait  la  dîme  ou  un  abonnement  de 
dîme  sur  des  terres  de  sa  censive  composé  d'environ  60  arpents  dans 
plusieurs  cantons  de  la  paroisse  de  Magny,  situés  dans  l'enclave  des 
grandes  dîmes.  Il  dimait  seul  dans  les  jardins  de  Magny,  et  des 
villages  d'Hodent,  Charmont,  ^'elannes-les-Bois,  et  Velannes-Ia-Ville, 
et  sur  les  terres  de  ce  canton  qui  étaient  anciennement  jardins  et 
closeaux.  Il  jouissait  encore  du  droit  d'y  percevoir  toutes  les  menues 
dîmes  de  laines,  d'agneaux,  cochons,  oisons,  chanvres,  filasses.  Il 
percevait  aussi  annuellement  six  muids  de  grains,  les  deux  tiers  de 
blé  froment,  et  le  tiers  d'avoine,  sur  les  grandes  dîmes,  soit  que  cette 
redevance  fît  partie  de  l'ancien  patrimoine  de  la  cure  ou  paroisse  de 
Magny,  soit  qu'elle  eût  été  donnée  depuis  au  prieviré  par  la  pieuse 
libéralité  des  seigneurs  des  grandes  dîmes,  pour  l'entretien  du  service 
divin  dans  l'église  paroissiale  où  le  prieuré  avait  été  établi. 

Le  prieuré  de  Magny  était  chargé  du  service  religieux  dans  l'église, 
avec  l'obligation  d'y  entretenir  un  cierge  et  une  torche.  Le  curé, 
quoique  prêtre  séculier,  était  le  commensal  du  prieur  de  Magny.  Ce 
dernier  ne  fournissait  rien,  ni  à  l'église,  ni  au  curé.  Il  prétendait  que 
ses  prédécesseurs  s'en  étaient  déchargés,  en  abandonnant  au  curé  la 
dîme  du  petit  canton  d'Hunnecourt.  Ce  hameau  était  ruiné,  et  la  dîme 
ne  s'étendait  que  sur  38  arpents  de  terre  environ.  Après  un  accord 
entre  l'abbaye  de  Saint-Germain  et  le  curé  de  Magny  (1776)  tant  pour 
borner  cette  dîme,  que  pour  compenser  d'anciennes  novales,  sur  la 
ferme  de  Hodent,  elle  comprit  98  arpents.  Le  curé  de  Magny  jouissait 
encore  sur  Arthieul  d'un  trait  de  dîmes  très  anciennement  attaché  à 
son  bénéfice.  Il  y  prélevait  aussi  la  dîme  des  jardins  et  closeaux, 
ainsi  que  la  menue  dîme.  II  avait  en  outre  quelques  dîmes  éparses 
dans  la  paroisse,  qui  paraissaient  lui  venir  de  son  droit  de  novales. 
L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  comme  propriétaire  des  grandes 
dîmes  de  la  paroisse,  payait  annuellement  au  curé  quatre  muids  de 
grains.  Depuis  que  le  prieuré  de  Magny  était  devenvi  un  bénéfice 
simple,  le  curé  percevait  un  préciput  sur  ses  revenus  pour  faire  le 
service  divin  à  la  place  du  prieur. 

La  fabrique  de  Magny  avait  à  Blamecourt  la  menue  dîme  et  la  dîme 
des  jardins  et  des  closeaux. 


33 


Une  assez  vive  contestation  s'éleva  à  propos  des  dîmes.  Monsieur 
de  Senozan  avait  acquis  les  grandes  dîmes,  en  1-33.  Monsieur 
Barcos,  prieur  de  Magny,  n'eut  rien  à  objecter,  même  lorsqu'elles 
furent  transmises  aux  religieux  de  Saint-Germain,  qui  continuèrent 
les  baux  qui  avaient  été  passés.  Monsieur  de  Cbaumont  succéda, 
en  1760,  à  monsieur  Barcos.  En  17O8,  il  réunit  ses  dîmes  particu- 
lières dans  un  seul  bail.  11  fut  très  attentif  à  conserver  les  droits 
de  son  prieuré.  11  rechercha  et  examina  soigneusement  les  titres, 
et  cependant  il  n'y  vit  rien  qui  pût  l'autoriser  à  troubler  la  posses- 
sion des  religieux  de  Saint-Germain. 

Monsieur  Alleaume  prit,  en  1770,  possession  du  prieuré  de 
Magny.  Vers  1780,  il  s'imagina  ou  on  lui  persuada  qu'il  avait  droit  à 
l'universalité  des  vertes  dîmes  dans  toute  l'étendue  de  la  paroisse  de 
Magny,  même  sur  le  domaine  des  propriétaires  des  grandes  dîmes.  Il 
joignit  à  cette  prétention  celle  de  percevoir  les  novales  antérieures  à 
l'éditde  1768. 

Les  Bénédictins  se  défendirent  d'avoir  usurpé  les  vertes  dîmes, 
comme  l'avançait  Alleaume.  S'ils  les  avaient  usurpées  en  176-'»,  sous 
le  prieur  Barcos,  il  y  aurait  eu  une  grande  différence  de  prix  dans 
l'adjudication  des  dîmes  du  prieuré  de  Magny.  Le  prix  des  dîmes 
aurait  dû  notablement  baisser  et  cependant  il  n'en  était  rien,  comme 
le  prouvaient  les  chiffres  ci-dessous  : 

1760  vertes  dîmes     25o' 

1761  —  25l^ 

1762  —  210' 


1764 


270' 


1765  —  270' et  4  poulets. 

Le  prieuré  de  Magny  avait  certainement  droit  aux  grosses  et  vertes 
dîmes,  mais  seulement  dans  les  jardins  et  closeaux  de  Magny.  Rigou- 
reusement, il  ne  pouvait  les  percevoir  sur  des  pièces  de  lorre,  qui, 
autrefois  jardins  et  closeaux,  ne  l'étaient  plus  alors. 

Un  acte  de  1609  contenait,  énumérait  les  droits  et  revenus  du 
prieuré  de  Magny.  11  ne  mentionnait  pas  le  prétendu  droit  de  vcrlos 
dîmes  sur  le  dîmage  des  grandes  dîmes.  Les  baux  des  prédécesseurs 
de  monsieur  Alleaume  ne  réclamaient  pas  toutes  les  dîmes  vertes,  mais 
seulement  la  portion  des  vertes  dîmes  des  terroirs  qui  dépendaient  du 
prieuré.  La  qualité  de  curé  primitif  que  se  donnait  le  prieur  de  Magny. 


—   24 


Alleaume,  ajoutaient  les  Bénédictins,  emportait  avec  elle  le  droit  de 
présentation  et  des  droits  honorifiques  vis-à-vis  du  vicaire  perpétuel, 
mais  elle  n'accordait  jamais  le  droit  à  l'universalité  des  dîmes  d'une 
paroisse.  On  pouvait  donc  en  inférer  que  le  prieur  de  Magny  n'avait  pas 
droit  à  l'universalité  des  dîmes  vertes  dans  toute  la  paroisse  de 
Magny,  mais  seulement  dans  quelques  cantons. 


Vente  du  domaine  \ 

District  de  Mantes.  —  j\°  80,  —  5  avril  1781  : 

Commune  et  terroir  d'Ornerville  : 

Un  corps  de  ferme,  couvert  de  chaume,  un  clos  planté  d'arbres  frui- 
tiers d'un  arpent  5o  perches  et  18  arpents  de  terres  labourables  en 
17  pièces,  avec  3  arpents  5o  perches  de  prés  furent  vendus  à  Jacques- 
Amable-Félix-Yictor  Anger,  laboureur  à  Breuil,  près  Passy  (Pacy, 
Eure?),  pour  Jean-Jacques  Guimer,  laboureur,  demeurant  à  Arche- 
mont,  paroisse  de  Saint-Gervais-lès-Magny,  pour  le  prix  de  34.5oo 
livres. 

N°  94,  —  16  avril  1261  : 

Blamecourt,  hameau  de  Magny. 

Un  corps  de  ferme,  bâtiments,  cour,  tour,  colombier,  granges 
et  charteries  en  dépendant,  furent  vendus  à  Louis-André  Duval, 
marchand  épicier  droguiste,  demeurant  aux  Andelys  (Eure),  pour  le 
prix  de  m. 000  livres,  avec  208  arpents  90  perches  de  terres  et  prés  et 
une  place,  où  il  y  avait  antérieurement  une  maison  seigneuriale  et 
autres  bâtiments  convertis  en  remises. 

N°  271.  —  Il  y  eut  folle  enchère,  et  le  22  décembre  1791,  ces 
biens  furent  adjugés  pour  le  prix  de  110.200  livres  à  Marin  Ber- 
theaume,  demeurant  à  Paris,  hôtel  d'Amérique,  rue  de  Chartres,  au 
coin  de  celle  de  Saint-Nicaise,  n°  85. 

iN"  90,  —  16  avril  1791  : 

Terroir  d'Arthieul. 

Un  moulin  à  eau,  dit  Bureau,  avec  les  bâtiments  en  dépendant  et 


I.  Vente  des  biens  nalionaux,  —  Archives  départementales    Seine-et-Oise) 


25 


cour  contenant  /j5  perches  ;  plus,  4  arpents  de  terres,  clos  de  hayes 
vives,  près  le  dit  moulin,  et  3  arpents  87  perches  1/2,  en  deux  pièces, 
près  le  mouhn  de  Neucourt,  et  prairie  de  Yelannes-le-Bois,  furent  ven- 
dus à  Marie-Madeleine  Lefèvre,  veuve  de  Barthélémy  Bertaut,  meunière 
demeurant  à  Magny,  au  prix  de  36. 000  livres. 
N°  ii4,  —  3  mai  1781  : 

Terroir  d'Harchemont,  hameau  de  Saint-Gervais. 
71   arpents  de  terres  et  4o  perches  en  29  pièces  furent  vendus  à 
André-Jacques-Yictor  Leguay,  architecte  demeurant  à  Mantes,  au  prix 
de  45.000  livres. 

N*»  279,  —  28  janvier  1792. 

Il  y  eut  folle  enchère.  Ils  furent  adjugés,  moyennant  38. 100  livres,  à 
Jean    Guillard,    charcutier    à  Versailles,    rue    Saint-Pierre,  et  Jean- 
Baptiste  Masson,  charcutier  à  Saint-Germain-en-Laye,  rue  au  Pain. 
N"  i3,  —  17  février  1791  : 
Commune  et  terroir  d'Hodan  (Hodent). 

Un  corps  de  ferme,  bâtiments,  cours,  jardins,  circonstances  et 
dépendances,  pressoir  et  colombier,  un  moulin  à  eau,  avec  cour,  jardin 
et  pâture  en  dépendant,  contenant  66  perches  1/2  et  456  arpents  52  per- 
ches de  terres,  prés  et  bois  taillis  en  62  pièces,  avec  les  droits  de  cens 
et  champarts,  furent  vendus  à  François  Dumazy  demeurant  à  la  Rochc- 
Guyon,  pour  Louis- Alexandre  de  la  Rochefoucaud,  député  à  l'Assem- 
blée nationale,  président  du  département  de  Paris,  y  demeurant,  rue 
de  Seine,  au  prix  de  25i.4oo  livres. 
N°  1842,  —  an  V,  6  pluviôse  : 

Un  moulin  et  dépendances  et  12  arpents  94  perches  de  terres  et  prés 
furent  vendus  à  Fessard,  pour  la  somme  de  19.820  hvres  75. 
N"  i3,  —  26  mai  1791  : 

A  Magny,  place  du  Marché-aux-Porcs,  une  maison  cy-devant  sei- 
gneuriale, circonstances  et  dépendances,  avec  les  jardins  et  enclos  y 
attenant,  le  tout  contenant  i5i  perches,  fut  vendue  à  André  Saussaye, 
entreposeur  de  tabac  à  Magny,  pour  Louis-Sophie  Carillon,  demeurant 
au  dit  Magny,  pour  le  prix  de  16.800  livres. 


—    26    — 

LO^G^ES 

Possessions  territoriales 

C'est  une  commune  du  canton  de  Houdan,  arrondissement  de 
Mantes,  département  de  Seine-et-Oise.  Ce  lieu  passe  pour  fort  ancien. 
Il  en  est  question  dans  une  charte  de  io3o,  où  le  roi  Robert,  comme 
nous  le  voyons  dans  l'article  de  Dammartin,  défend  au  comte  Drogon 
de  pressiuer  les  habitants  de  Longnes  (Laonice,  Laogniacum),  Heurte- 
loup  (Lopateum).  Mirebel  (Mirehelhim) .  Les  religieux  de  Saint-Germain 
y  avaient  un  domaine  qui  prit  de  l'extension,  grâce  à  la  pieuse 
générosité  des  fidèles. 

En  i2o3,  Herbert,  prévôt  de  Longnes,  et  sa  femme,  Alix,  abandon- 
nèrent aux  Bénédictins,  à  titre  gratuit,  i5  chapons  de  revenu  annuel, 
3  champarts,  le  cinquième  de  trois  muids  de  blé  qu'ils  pouvaient 
prendre  dans  la  grange  de  Longnes.  Les  quatre  autres  parts  des  trois 
muids  furent  vendus  80  livres  tournois.  Les  religieux  de  Saint-Germain 
devaient  payer  6  livres  10  sols  tournois  de  rente  pour  cette  somme 
jusqu'à  la  mort  de  l'un  des  bienfaiteurs.  La  redevance  de  trois  livres 
qui  leur  incombait  alors  disparaissait  après  le  décès  des  deux  dona- 
teurs. Les  Bénédictins  leur  avaient  témoigné  leur  gratitude  en  les 
admettant  dans  leur  fraternité'. 

Jean,  abbé  du  monastère  de  Saint-Germain,  poussa  plus  loin  sa 
reconnaissance.  11  constitua  de  ses  deniers  une  rente  de  aS  sols  pour  la 
fondation  d'un  service  anniversaire  en  l'honneur  de  Herbert". 

Ce  prélat  eut  un  long  procès  avec  le  curé  de  Longnes,  qui  revendi- 
quait un  emplacement  près  de  sa  demeure.  Ce  différend  se  termina 
enfin  par  un  accord  amiable  réglant  que  les  deux  parties  se  contente- 
raient d'un  échange  et  d'une  compensation  pécuniaire.  Cette  transac- 
tion fut  ratifiée  par  Renaud,  évèque  de  Chartres  (12 10)'. 

En   1283,  Jacques  de   Chieno  vendit  aux  Bénédictins  trois  muids 


1.  Arch.  nal.  L.  780;  LL.  loaS,  p.  58;  S.   2977. 

2.  Id.  LL.  1027,  p.   ii|5. 

3.  M.  L.  780. 


27 


d'avoine  de  rente  qu'il  avait  droit  de  prendre  en  leur  grange  de  Boin- 
villiers  ^  Casimir,  roi  de  Pologne,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés, 
acheta  une  maison,  trois  quatiers  et  une  perche  et  demie  de  terres  situées 
à  Longnes  pour  le  prix  de  iioi  livres.  Cette  somme  provenait  de  l'in- 
demnité payée  par  les  Ursulines  de  Mantes,  qui  avaient  acquis  une 
maison  et  des  héritages  dans  la  localité  qui  nous  occupe  (19  août 
I67I)^ 

Plusieurs  dénombrements  nous  font  connaître  les  propriétés  de 
Longnes.  Le  premier  que 'nous  rencontrons  est  celui  de  142G.  Nous  le 
citerons  textuellement  : 

1°  Un  pourpris,  avec  grange  et  pressoir,  qui  souUait  valoir  six 
queues. 

2"  Les  dîmes  de  Mirebel  et  la  Fortelle,  qui  soullaicnt  valoir 
3o  muids  et  qui  viennent  en  la  grange  de  Longnes. 

3°  Des  cens  et  rentes  dus  à  la  Saint-Remy  et  à  Noël,  qui  soullaient 
valoir  20  livres  et  qui  maintenant  sont  de  nulle  valeur. 

4"  Un  four  bannier  qui  souhait  valoir  six  livres. 

5°  Les  habitants  des  villes  dessus  dites  doivent  chacun  an  des  corvées 
de  leurs  chevaux,  deux  jours  à  jachier,  deux  jours  à  semer  les  blés  et 
deux  jours  en  mars. 

6"  Les  habitants  sont  tenus  de  mener  les  grains  de  la  grandie  de 
Lognes  en  l'hôtel  des  religieux  à  Mantes'. 

Un  autre  dénombrement  remonte  à  l'année  i5i7,  et  fournit  les  indi- 
cations qui  suivent  : 

Item  au  village  dudit  Longnes,  à  mon  dict  Seigneur  (abbé),  une 
grande  grandie  en  laquelle  se  tassent  les  disnies  et  cliamparts  des 
villages  du  dict  Longnes,  du  Tertre,  de  la  Fortelle,  d'Entre-les-lîois,  de 
Myrebel  et  de  Heurteloup  et  généralement  de  tous  les  grains  estant  en 
la  paroisse  du  dict  Longnes.  Et  sont  les  détenteurs  des  terres  tenues 
à  champart,  tenus  de  payer  pour  droict  de  dismes  la  sixième  gerbe,  et 
quant  aux  terres  tenues  à  censive,  ils  payent  la  dixième  gerbe  pour  la 
dixme. 

Item  et  sont  tenus  les  dicts  détenteurs  de  terres  à  champart  avant 


1.  Arch.  nat.  S.  2977. 

2.  Ici.  S.  2921. 

3.  Id.  S.  2,yM\. 


—    28    — 

que  en  lever  aucune  gerbe  de  leurs  grains,  tenus  appeler  mon  dict 
Seigneur  ou  son  dit  commis  pour  veoir  champarter  les  dictes  gerbes 
et  icelles  champartées,  sont  tenus  mener  le  champart  en  la  dicte  grange 
avant  que  d'en  enlever  aucune  des  leurs  sur  peine  de  60  sols  parisis 
d'amende  et  de  rendre  l'intérest  qui  s'en  serait  suivi. 

Item,  au  dict  lieu  de  Longnes,  ung  pressouer  à  vin  et  sidre  sur  lequel 
a  une  maison  neufve  couverte  de  thuille  par  dessus,  et  sont  les  habi- 
tants de  la  dite  paroisse  de  Longnes  tenus  y  pressorer  leurs  uves,  et 
pour  droict  de  disme  et  pressoraige  en  sont  tenus  payer  comme  et  à  la 
raison  de  ceux  de  Dammartin,  10  pintes  par  muid,  et  la  cinquième 
pinte  au  pressoer. 

Item,  entre  Longnes  et  Myrebel,  ung  demy  arpent  de  terre  sur  lequel 
y  a  ung  moulin  à  vent  construit  naguères,  acquis  par  monseigneur  le 
trésorier  Briçonnet,  de  Mathurin-le-Grand. 

Item,  à  cause  de  la  dite  prévôté  de  Dampmartin,  la  maladrerie  de 
Montchauvet,  et  à  cause  de  la  dicte  abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés, 
les  prieurés  de  Montchauvet  et  de  Stueille. 

Item,  esquels  lieux,  de  Dampmartin  et  Longnes  et  leurs  dépen- 
dances, mon  dict  Seigneur  prent  toutes  et  chacunes  les  menues 
dixmes  mesmes. 

Les  grosses  dîmes  et  champarts  des  villaiges  de  Longnes,  la  Fortellc 
et  Myrebel,  amenées  en  la  granche  de  Longnes  par  les  manans  et  habi- 
tants des  dicts  villaiges,  forment  un  revenu  de  : 

1"  47  muyds,  4  septiers  et  myne  de  blé. 

2°  25  muyds,  9  settiers  et  myne  d'avoine. 

3°  12  muyds  9  septiers  et  myne  d'orge,  18  septiers  de  vesse. 

4°  19  septiers  de  poix  gris. 

Heurteloup  :  revenu  :  12  muyds  1/2  de  grains. 

Le  fermier  de  Heurteloup  payait  pour  le  gros  du  curé  de  Dampmar- 
tin :  8  septiers  de  grain,  une  douzaine  1/2  de  chapons. 

Dans  cette  énumération  figure  le  fief  de  la  fillette  de  Montchauvet 
adjugée  à  frère  Pierre  Poussin,  pour  une  rente  annuelle  de  2  muyds  de 
grain.  Le  preneur  payait  le  gros  au  curé  de  Montchauvet,  consistant 
en  8  septiers  de  grain  et  une  douzaine  et  demie  de  chapons.  Ceci 
prouve  que  ce  bien  dépendait  en  quelque  manière  de  Montchauvet  ^ 

T.  Arch.  nal.  LL.  ioG3,  p.  G-io. 


Un  dénombrement  de  1022  déclare  que  les  habitants  de  Mirebel  sont 
exempts  du  four  à  ban,  en  payant  annuellement  chacun  une  obole 
parisis'. 

La  Fortelle,  Mirebel  et  Heurteloup  étaient  banniers  du  pressoir  de 
Longues.  Les  mamans  de  ces  hameaux  devaient  les  censives,  lods  et 
ventes'. 

En  i5i7,  les  dismes  de  grains  de  la  paroisse  de  Longues  étaient 
baillées  pour  4o  livres  tournois  \ 

Les  dismes  de  lin  et  chenevières  de  Longues  et  du  Tertre  valaient 
ii5  sols  tournois  par  an.  Les  mêmes  dîmes  rapportaient  :  82  sols 
G  deniers  tournois,  à  la  Fortelle  ;  4o  sols,  à  Mirebel. 

Des  baux  à  cens  passés  en  i5i8  pour  des  héritages  situés  à  Mirebel 
nous  donnent  quelques  noms  de  lieux,  comme  :  L'aunay,  Gérie,  les 
Crochets,  le  Merisier,  la  grande  rue  des  Saulx*. 

La  liste  des  censitaires  de  ces  différents  écarts  en  i5i7  nous  en  fera 
peut-être  mieux  comprendre  l'importance  : 


La  vefve  Ambroys  Huchot. 
Henri  Lepaige. 
Colin  Lepaige. 
Guillaume  Forêt. 
Les  hoirs  de  Jacques  Roullier  et 
Colas  Yart. 
Floc. 

Jehan  Dangel. 
Macé  Lorier. 
Robin  Lepaige. 
Guillaume  Lebochuer. 
Vefve  Denis  Leboucher. 
Vefve  Geffroy  Lebel. 
Jehan  Lebel. 


Vefve  Pierre  Cailli. 
Vefve  Pierre  Rullier. 
Vefve  Pierre  Du  val. 
Vefve  Guillaume  Musset. 
Perrin  Lebel. 

Héritiers  Jacquet  et  Picard. 
Jehan  Guerret. 
Vefve  Pierre  Musset. 
Vefve  Guillaume  Marchant. 
Mathurin  Huchot. 
Jehan  Fontaine. 
Certin  Caillot. 
Marin  Girard'. 


La  Fortelle. 


Pierre  Duval. 


Censitaires 


Pierre  Roberge. 


1.  Arch.  nal.  LL.  ii'i7,   p.  5iji. 

2.  Id.  S.  2977. 

'i.  Id.  LL.  ioG3,  p.  i3. 

/(.  Id.  S.  2f)77- 

5.  /(/.  LL.    ioG3,  p.  21. 


3o 


Jehan  Hocquet. 
Jehan  Rivière. 
Jehan  Lecorre. 


Jehan  Nepveu. 
Roger  Hubert. 
Charles  Malassis. 


MiREBEL,  —  Censitaires  : 


Vefve  Denis  Duval, 
Pierre  Nepveu. 
Jacquet  Goudier. 
Richard  Hubert. 
Allain  Hubert. 
Richard  Duval. 
Robert  Nepveu. 
Germain  Rivière. 
Pierre  Mouchard. 
Henry  Leblond. 
Guillaume  Duval. 


Collin  Yallais. 

Pierre  Hubert. 

Vincent  Mentery. 

Pierre  Germain. 

Marguerin  et  Jehan  Lesvallais. 

Guillaume  les  Aulnays. 

Bernard  Roberge. 

Matliurin  du  Boys. 

Gilles  Duval. 

Raoul  Leblond'. 


Le  Tertre.  —  Censitaires 


Guillaume  Martin.   ■ 
Guillaume  Poullain. 
Vefve  Guillaume  Gueroult. 
Vefve  Jehan  Poullain, 


^'efve  Jehan  Prévost  dit  Cossy. 
Jehan  Robin. 
Vefve  Jehan  Brossetz. 
Guillaume  Martin^. 


Gillet  Cailletel. 
Pierre  de  Launay. 
Pierre  Chevillon. 
Richard  Leroux. 
Pelippin  Hubert. 


Heurteloup.  —  Censitaires  : 


Michault  le  Roux. 
Michault  Lemarié. 
Jehan  Lemarié. 
Guillaume  Lemarié  ^ 


En  168/1,   les  demoiselles  de  l'Esturgeon  cédèrent  aux  religieux  de 


1.  Arch.  nat.  LL.  io03,  p.  72. 

2.  Id.  LL.   io()3,  p.   24. 

3.  /./.  LL.  iu()3.  p.  23. 


—  3i  — 

Saint-Germain  le  quart  dans  les  deux  moulins  de  Longnes  (les  moulins 
de  Haut  et  de  Bas)  pour  la  somme  de  Goo  livres  '. 

A  la  date  du  27  mars  168G,  un  bail  nous  apprend  que  le  moulin 
nommé  Guerrier  était  affermé  au  prix  de  100  livres  ^ 

Le  12  janvier  iGgS,  F.  Deshayes,  receveur  de  la  seigneurie  de  Dam- 
martin,  paya  au  charpentier,  Jean  Hubert,  la  somme  de  i35  livres  pour 
travaux  et  réparations  au  moulin  Guerrier,  sis  à  Longnes  '. 

Deux  ans  auparavant,  le  26  août  1691,  le  R.  P.  Barré,  cellérier  de 
Saint-Germain-des-Prés,  avait  soldé  85o  livres  à  Louis  Boutard.  char- 
pentier, qui  venait  de  restaurer  le  pressoir  et  le  moulin  de  Longnes*. 
Le  G  juin  iG83,  la  maison  et  la  grange  sises  à  Longnes  étaient 
affermées  à  Gabriel  Boulland,  avec  toutes  les  dîmes  et  champarts  de 
la  terre  et  seigneurie,  moyennant  34o  livres  et  24  chapons  ^ 

La  déclaration  de  1790  contient  les  détails  suivants  : 

Dixmes,  champarts  et  17  arpents  de  terres  labourables,  maisons  et 
granges  au  dit  Longne,  G900  livres. 

Les  religieux  de  Saint-Germain  payaient  chaque  année  une  somme 
de  100  livres  au  maître  d'école,  et  lôo  livres  au  garde  de  Longnes  ^. 

Vente  du  domaine. 

District  de  Montfort-l'Amaury.  —  N"  112,  —  19  avril  1791  : 
Un  corps  de   ferme,  bâtiments,  jardins  clos,   grange  dixmcresse  et 
27  arpents  12    perches  1/2  de   terres   en   dépendant,    le    tout  situé  à 
Longnes,  furent  vendus  à  Lebreton,  bourgeois  à  Longnes. 

Seigneurie  temporelle 

La  protection  royale  ne  fit  point  défaut  aux  hôtes  de  Saint-Gcrniain- 
des-Prés  à  Longnes.  Robert  le  Pieux  intervint,  en  io3o,  pour  les 
défendre  contre  la  cupidité,  la  violence  et  les  tracasseries  du  comte 
Drogon.  En  1209,  Pliilippc-Auguste  prit  énergicpiemont  leur  cause  on 

1.  Arcli.  nat.  S.  2(j/|3. 

2.  I<{.     S.    2f)2I. 

3.  M. 
l,.  hl. 

5.  /(/. 

6.  Id.  S.  2858. 


32    — 


main  et  déclara  qu'ils  ne  devaient  rien  au  prévôt  d'Anet  pour  droit  de 
tensement.  Celui-ci  dut  renoncer  à  ses  injustes  prétentions  '. 

Au  commencement  du  XM'  siècle,  ils  jouirent  d'une  faveur  toute 
spéciale.  Le  i5  avril  i5i5,  il  fut  défendu  aux  gens  de  guerre  de 
loger  et  de  prendre  des  provisions  chez  les  habitants  de  Dammartin 
et  Longues,  qui  dépendaient  de  Saint-Germain-des-Prés  '. 

En  1625,  un  arrêt  du  Parlement  condamna  les  manans  de  Longnes 
à  payer  à  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  16  sols,  lorsqu'ils  se 
mariaient  ^ 

Les  seigneurs  de  Longnes  étaient  considérés  comme  des  bienfaiteurs 
charitables  toujours  prêts  à  soulager  l'infortune.  Le  fait  que  nous 
allons  raconter  le  prouve.  Vincent  Dubois,  âgé  de  47  à  48  années, 
jardinier  à  Longnes,  qui  avait  été  au  service  de  Sa  Majesté,  n'avait 
plus  pour  faire  vi\Te  sa  femme  et  ses  enfants  en  bas  âge  qu'une  petite 
maison,  et  cette  maison  venait  d'être  incendiée.  Cet  accident  avait  été 
causé  par  l'imprudence  d'un  petit  garçon  mendiant.  11  avait  chargé 
une  canonnière  de  bois  de  sureau  avec  de  la  poudre,  et  au  lieu  de 
tirer  le  bout  en  terre,  il  le  tira  en  haut.  Le  papier  dont  elle  était  bour- 
rée mit  le  feu  à  la  chaumière.  Dubois  s'adressa  à  monseigneur  Pelisson 
Fontainier,  conseiller  du  Roi  et  administrateur  de  l'abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés.  11  disait  que  si  on  ne  venait  pas  à  son  secours, pour 
lui  permettre  de  rétablir  son  humble  demeure,  il  serait  obligé  de 
quitter  le  pays  et  d'aller  mendier  son  pain  comme  beaucoup  d'autres. 
Le  prévôt  de  Dammartin  alla  constater  cet  accident  et  en  rédigea  un 
procès-verbal  *. 

Seigneurie  spirituelle 

L'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  présentait  à  la  cure  de  Longnes. 
En  121 1,  Renaud,  évêque  de  Chartres,  dans  le  diocèse  duquel  se 
trouvait  cette  paroisse,  voulut  lui  contester  ce  privilège,  mais  il 
reconnut  bientôt  son  erreur\  Le   18  janvier  1667,  il  fut  convenu  que 

I.  Tardif,    Cartons  des  Rois,    n°   7/12,  p.  3^2;    Delisle,  Actes  de    Philippe- Auguste, 
n°  ii38;  Arch.  nat.  LL.  102O,  p.  83. 
3.  Arch.  nat.,  orig.  K.  8r,  n°  !>.  François  I",  Actes,     n°  218. 

3.  Id.  S.  2977. 

4.  Id.  S.  292 1. 

5.  BOLILLART. 


—  33 


les  religieux  Bénédictins  paveraient  dorénavant  4Go  livres  au  curé, 
pour  son  gros,  au  lieu  de  lo  septiers  de  mesteil,  lo  septiers  de  seigle 
et  un  muid  d'avoine  qu'ils  lui  fournissaient  auparavant'.  Un  document 
portant  la  date  du  mois  de  juin  i5o4  mentionne  la  fondation  d'une 
messe,  le  premier  vendredi  de  caresme  '. 

Outre  l'église  paroissiale,  il  y  avait  à  Longnes  deux  cliapelles  : 
celle  de  Saint-Sauveur  de  Mirebel  et  l'oratoire  de  ÏNotre-Dame  de 
Bonne-Nouvelle.  On  est  porté  à  croire  que  ce  sanctuaire  se  trouvait 
sous  la  tour  :  des  restes  de  nervures  ogivales  semblent  l'attester. 

L'église  comprend  trois  parties  distinctes  :  la  nef,  le  chœur  et  la 
tour.  La  nef  a  été  reconstruite  dans  les  premières  années  du  XVII*  siècle, 
au  moins  pour  ce  qui  concerne  la  voûte  et  la  toiture.  Un  des  tirants 
qui  supportent  la  voûte  porte  la  date  de  1607.  C'est  un  vaste  quadrila- 
tère, dont  les  murs  sont  percés  de  larges  ouvertures  en  plein  cintre.  La 
voû  te  demi-cylindrique  en  bois  est  intérieurement  recouverte  d'un  enduit 
de  plâtre.  La  partie  inférieure  de  la  tour  est  du  XII^  siècle.  La  façade  à 
l'ouest  est  percée  d'une  porte  à  arcade  surbaissée,  surmontée  d'une 
fenêtre  ogivale.  Le  côté  sud  laisse  voir  l'emplacement  d'une  autre 
fenêtre  ogivale  de  même  dimension  que  la  première,  et  qui  a  été  murée. 

A  l'intérieur,  on  remarque  les  restes  des  nervures  d'une  voûte 
ogivale  qui  n'existe  plus.  Là  disposition  des  lieux  et  la  tradition 
paraissent  indiquer  qu'il  y  avait  là  une  chapelle,  peut-être  la  chapelle 
de  Notre-Dame  de  Bonne-Nouvelle,  dont  il  est  question  dans  les 
archives  communales,  à  la  fin  du  XYI^  siècle.  Les  mêmes  archives 
notent  que  la  partie  supérieure  de  la  tour  fut  brûlée,  avec  l'église, 
en  1090,  à  la  suite  de  la  bataille  d'ivry.  Elle  venait  d'être  restaurée,  et 
les  marguilliers  de  Longnes  avaient  payé  de  ce  chef  1900  livres  au 
sieur  Boulland.  Comme  ce  dernier  n'avait  pu  ou  su  parfaire  son 
travail,  on  dut,  pour  terminer  ces  réparations,  passer  un  second  marché 
avec  le  sieur  Jourdan  (19  septembre  1G80)  \ 

Actuellement  la  tour  est  surmontée  d'un  toit  pyramidal  en  ardoise 
de  forme  quadrangulaire.  Avant  la  Révolution,  elle  contenait  trois  clo- 
ches. Deux  furent  sans  doute  enlevées  en  vertu  du  décret  du  23  juillet 
1793,  qui  prescrivait  de  ne  laisser  qu'une  cloche  dans  chaque  église. 

I.  Bib.  nal.  ms.  fr..  1G857. 
a.  Arch.  nat.  S.  2977. 
3.  M.   S.  3931. 


-  34  - 

Celle  qui  restait  avait  nom  Perette.  Elle  avait  été  fondue  en  1714  et 
bénite  en  présence  de  monseigneur  d'Estrées,  évêque  de  Laon,  abbé 
de  Saint-Germain,  par  Jacques  Barré,  curé. 

Il  existe  à  Longnes  une  charité.  C'est  le  nom  populaire  donné  à 
des  confréries  autrefois  nombreuses  dans  le  Vexin,  insl^ituées  pour 
assister  les  mourants,  ensevelir  et  inhumer  les  morts.  C'est  à  ce  dernier 
objet  que  se  réduit  aujourd'hui  l'office  des  frères  de  la  charité. 

La  charité  de  Longnes,  qui  est  peut-être  la  seule  survivante  dans  la 
région,  étend  son  action  sur  un  certain  nombre  de  communes  voisines 
où  elle  compte  de  fidèles  bienfaiteurs.  Les  frères  prêtent  leur  office 
charitablement,  c'est-à-dire  sans  pouvoir  réclamer  de  rétributions  quel- 
conques. Le  produit  de  la  générosité  des  familles  entre  dans  la  caisse 
de  la  confrérie.  L'origine  de  la  confrérie  de  la  charité  de  Longnes 
remonte  au  pontificat  de  Paul  IV,  qui  mourut  en  i55g,  ou  acquit 
une  nouvelle  vigueur  à  cette  époque.  La  peste  qui  ravagea  l'Europe  en 
i348  répandit  partout  la  terreur.  On  craignait  son  retour.  On  peut  sup- 
poser que  les  évêques  se  préoccupèrent  de  cette  invasion  menaçante  et 
ravivèrent  dans  leurs  diocèses  les  anciennes  confréries  si  utiles.  En  ce 
qui  concerne  la  charité  de  Longnes,  en  particulier,  il  semble  que  sa 
création  ou  sa  résurrection  soit  venue  à  l'heure  providentielle,  car  il 
y  eut  une  grande  mortalité  en  lôgi.  Elle  reçut  même  année  de  nom- 
breux legs.  Sa  bannière  date  de  1608.  En  1788,  la  charité  de  Longnes 
possédait  34  arpents,  9  quartiers,  3i  perches  de  terres,  au  territoire  de 
Longnes  et  de  Mondreville.  Elle  avait  un  four  qui  paraît  avoir  servi  de 
four  banal,  et  une  chambre  de  l'Évêque,  une  maison,  dont  une  partie 
subsiste  encore.  On  y  remarque,  au-dessus  d'une  porte,  l'emblème  reli- 
gieux  I  H  S.  La  confrérie,  supprimée  en  l'an  11,  se  vit  confisquer  ses 
45  arpents  de  terres.  Elle  fut  rétablie  en  1802.  Les  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  en  qualité  de  curés  primitifs,  durent  contribuer  à 
la  prospérité  de  cette  œuvre. 

Le  premier  maître  d'école  connu  s'appelait  Pierre  Riquet  ;  il  exerça 
de  1G94  à  1710.  «  Maître  d'école  et  clerc  d'église,  dit  l'acte  d'inhuma- 
tion, il  s'acquitta,  21  ans,  de  ces  fonctions  avec  exactitude,  piété  et  édi- 
fication. 11  fut  enterré  dans  la  nef  de  l'église  devant  la  porte  du  clocher. 
Il  eut  pour  successeurs  Jean  Legrand,  1715-20,  et  enfin,  son  neveu, 
Jacques  Riquet,  1720-84'. 

I.  Archives  corniiiunales. 


—  35  — 


DAMMAKTL\ 


Dammartin,  localité  située  aujourd'hui  dans  le  canton  de  Houdan, 
l'arrondissement  de  Mantes,  et  le  département  de  Seine-et-Oisc,  faisait 
jadis  partie  du  diocèse  de  Chartres  et  était  une  des  anciennes  dépen- 
dances de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés.  Quelle  en  fut  l'origine? 
C'est  ce  que  nous  ne  pouvons  préciser.  Son  nom,  Domniis  Martinus, 
semblerait  lui  assigner  comme  berceau  son  église  que  nous  trouvons  de 
tout  temps  sous  le  vocable  de  saint  Martin.  Pourtant,  dans  la  suite, 
Dammartin  fut  désigné  sous  la  qualification  de  prévôté,  c'est-ù-dire 
d'un  domaine  temporel,  n'ayant  aucune  des  prérogatives,  ni  des  charges 
des  bénéfices  ecclésiastiques  :  nous  verrons  les  Bénédictins  revendiquer 
cette  situation  pour  Dammartin,  afin  de  l'exonérer  des  subsides  ponti- 
ficaux. Si  nous  ne  pouvons  savoir  par  qui  fut  donnée  cette  possession 
à  l'abbaye,  nous  en  sommes  réduits  aux  inductions  pour  l'époque  de 
cette  domation.  Quoique  Dammartin  ne  figure  pas  dans  le  Polvptyque 
d'irminon,  nous  serions  tentés  de  le  ranger  parmi  les  dépendances  de 
Saint-Germain  au  IX<=  siècle.  \ous  voyons  en  effet  aux  Xl«  siècle  les 
abbés  occupés  à  délivrer  leur  domaine  des  exactions  des  descendants 
des  anciens  avoués  de  Dammartin  ;  or  ce  fut  à  l'époque  de  l'invasion 
normande  que  les  terres  ecclésiastiques  furent  placées  sous  la  défense 
des  avoués  et  que  prirent  naissance  les  exactions  et  abus  dont  on  avait 
tant  de  peine  à  se  délivrer  deux  siècles  plus  tard. 

Nous  renvoyons  à  l'élude  de  la  juridiction  temporelle  l'examen  des 
documents  intéressants  qui  se  rapportent  à  cette  lutte  contre  les  usur- 
pations des  familles  des  avoués.  Nous  nous  bornons  à  citer  les  lettres 
écrites  en  iiGS  dans  lesquelles  Robert,  abbé  de  Saint-Germain,  atteste 
qu'avec  sa  permission  frère  Jean  de  ^ernon,  trésorier  de  l'abbavc, 
avait  racheté  une  redevance  annuelle  que  la  bourse  du  monastère  pa\ait 
au  seigneur  Simon  d'Anet.  Comme  nous  le  disons  plus  bas.  le  sire  de 
Breval  ayant  renoncé  à  ses  prétentions  de  seigneurie  sur  Dammartin 
et  ayant  reçu  en   reconnaissance  de   l'abbé  une  rente  de    i3  li\rcf, 


—  30 


Philippe-Auguste,  qui  avait  réuni  la  terre  de  Breval  au  domaine  de  la 
couronne,  déchargea  les  religieux  de  celte  rente  '■ . 

En  1287,  l'abbé  de  Saint-Germain,  Raymond,  qui  était  un  ancien 
religieux  de  Saint-Victor  de  Marseille,  laissa  en  mourant  une  rente  de 
dix  livres  qu'il  possédait  à  Dammartin,  à  condition  qu'on  célébrerait 
avec  plus  de  pompe  la  fête  de  saint  Victor  dans  le  monastère  parisien 
et  qu'on  lirait  la  vie  du  Saint  à  l'ofTice  de  la  nuit. 

Le  3  avril  i324,  les  religieux  achetèrent,  au  prix  de  100  livres  parisis, 
de  Robert  de  Nantilly,  une  rente  d'un  demi-nuid  de  blé  et  d'un  demi- 
muid  d'avoine  qu'il  avait  droit  de  prendre  sur  les  habitants  de  Dam- 
martin et  de  Lognes'.  En  i356,  ils  rachetèrent  également,  moyennant 
600  florins  d'or,  une  rente  de  200  livres  tournois  dus  sur  la  seigneurie 
de  Dammartin  \ 

Le  dénombrement  de  i384  nous  fait  connaître  la  situation  et  l'im- 
portance de  ce  domaine  :  «  Item,  en  l'evesché  de  Chartres,  en  la  ville 
«  de  Dammartin,  auprès  de  Montchauvet,  une  maison  noble,  gran- 
i(  ches,  pressouers,  coulombier,  toute  justice  haute,  moïenne  et  basse, 
«  avec  la  justice  de  la  ville  de  Lovaignes  ;  item,  environ  vu  arpens 
«  de  terre  et  un  arpens  de  vignes  :  le  four  de  la  ville  bannier  :  environ 
«  xxxvT  livres  de  cens  à  plusieurs  jours  :  les  dixraes  de  vins  et  la  pro- 
«  vincte  du  pressouer  et  de  Montchauvet,  qui  peut  valoir  environ  xvi 
«  queues,  qui  soloient  valoir  lx  queues,  montant  et  avalant  :  item  la 
((  moitié  de  deux  molins  estans  à  Montchauvet,  loués  nostre  part  m  muis 
«  de  blé.  Tout  ce  baillé  à  un  religieux,  appelle  le  Prévost  de  Dammar- 
((  tin,  à  ferme,  au  pris  de  c  livres,  qui  soloient  valoir  ce  livres,  à  nous 
((  abbé  dessus  dit.  Item,  en  la  dicte  ville  de  Dammartin,  de  Lovaignes 
((  et  Neauflète  et  une  partie  de  Montchauvet,  la  Fortelle,  les  dixmes 
((  d'icelles  villes  et  champars,  valans  environ  xl  muis  de  grains,  mon- 
«  tant  et  avalant,  qui  en  solaient  valoir  c  muis,  et  le  doivent  rendre 
((  quand  il  est  battu,  en  nostre  maison  de  Mante  et  nous  quérons  leurs 
«  despens  (?).  Et  est  tout  de  nostre  domaine  et  chose  de  nostre  crosse. 
((  Ilem.  grant  quantité  de  bois  à  faire  eschalas,  puent  valoir  par  an  envi- 
((  ron  XL  frans.  Item,  en  la  dite  ville  de  Dampmartin  et  Louvaignes,  un 


I.  Bouii.LART,  Histoire  de  Saint-Gerinnin-des-Prés,  p.  loa. 
3.  Arch.  nat.  S.  2937. 
3.  Ibid. 


37 


«  paast  qui  vaut  xi  livres  qu'ils  doivent  à  la  Saint  Andrieu.  Item,  sur  la 
M  dite  ville  de  Dampmarlin,  deux  muis  de  grains  dubs  au  convent  par 
«  les  habitans  :  item,  le  prévôt  leur  doit  iv  livres,  xvii  sols,  vi  deniers  : 
«  item,  ils  y  ont  deux  arpents  de  vigne  valant  par  an  xl  sols*.  « 

Le  3o  décembre  iSgG,  l'abbé  et  le  convent  signèrent  avec  Simon  de 
Mondreville  un  contrat  par  lequel  ce  dernier  cédait  aux  religieux  un 
fief  qu'il  possédait  à  Dampmartin  et  qui  comprenait  une  maison  avec 
cour  et  jardin  et  une  trentaine  d'arpents  de  terre  et  recevait  en  échange 
une  maison  et  quelques  terres  à  Mirebel  ". 

La  période  suivante  fut  particulièrement  désastreuse  pour  la  prévôté 
de  Dammartin  ;  les  guerres  du  XV^  siècle  et  la  déplorable  administra- 
tion des  abbés  qui  se  succédèrent  alors  sur  le  siège  abbatial  de  Saint- 
Germain-des-Prés  l'avaient  réduite  à  une  lamentable  situation,  témoin 
le  passage  suivant  que  nous  extrayons  des  lettres  obtenues,  en  1021, 
du  Roi  par  l'abbé  de  Saint-Germain  contre  l'insubordination  de  ses 

vassaux  : 

{(  Que  après  les  guerres  des  Angiois,  à  l'occasion  de  ce  que  la  terre  et 
«  Seigneurie  de  Dampiaartin  est  joignante  nostre  pais  de  Normandie, 
u  les  terres  et  héritaiges  estoient  en  grans  boys  et  buissons  ;  et  dès  lors, 
«  ou  tost  après,  furent  abbés  successivement  et  l'un  après  l'autre, 
«  l'abbé  Hervé  qui  fut  mauvais  administrateur  et  aliéna  des  rentes  et 
((  revenus  d'icelle  pour  mille  livres  ou  environ  et,  après  luy,  l'abbé 
«  Henry,  autre  mauvais  administrateur  et  dissipateur,  et  depuis  l'abbé 
«  Robert,  auquel,  par  sa  mauvaise  administration  et  dilapidation,  fut 
a  par  justice  pourveu  d'un  curateur.  Lequel  abbé  Robert  avoit  baillé 
«  à  feu  Pierre  Nicolas,  abbé  de  ^eauile.  la  dite  terre  et  seigneurie  de 
((  Dampmartin,  à  dix-huit  ou  vingt  ans,  à  cent  livres  de  ferme  seule- 
«  ment  :  pour  la  quelle  retirer  par  feu  l'abbé  Geufroy,  evcsque  et  comte 
((  de  Chaalon  qui  estoit  absent  d'icelle  abbaye,  y  eust  procès  lon- 
«  gtemps  pendant,  qui  dura  jusqu'à  l'an  i488.  Et  après  luy  fust  nostre 
((  amé,  et  féal,  le  cardinal  de  Narbonne,  abbé  d'icelle  abbaye,  estant 
«  aussi  absent  et  résidant  en  court  de  Rome.  Dmant  le  temps  desdils 
«  abbés,  la  dite  terre  et  seigneurie  de  Dampmartin  a  esté  régie  et  gou- 
«  vernée  par  gens  laiz  et  fermiers  cpii,  sans  pouvoirs  ou  procurations. 


I.  Arch.  nat.  L.  7G0. 
j.  ht.  S.  aij^V- 


—  38  — 

«  ont  fait  plusieurs  baux,  vendu  et  aliéné  droicts,  terres  et  heritaiges 
((  apparlenans  à  la  dite  abbaye  et  ainsi  que  des  redevances  et  anciennes 
u  tenures  des  terres  et  heritaiges  situés  au  dedans  des  fins  et  limites 
({  d'icelle  terre  et  seigneurie  de  Dampmartin'.  » 

Au  XVP  siècle  nous  voyons  les  abbés  faire  leurs  efforts  pour  relever 
la  prévôté  des  tristes  résultats  de  la  période  antérieure.  En  i5oZi,  la 
prévôté  était  donnée  à  ferme  pour  le  prix  annuel  de  55o  livres,  deux 
pourceaux  (de  28  sols  chacun)  et  deux  douzaines  de  chapons.  En  i5io, 
le  bois  de  Genitolon  était  affermé  pour  douze  livres.  Enfin  en 
1628,  l'évêque  de  Meaux,  abbé  de  Saint-Germain,  vendait  au  prix  de 
1 100  livres  le  coupe  de  Sa  arpents  des  bois  de  Gaurel  ". 

Le  3  mai  i5i6,  les  religieux  louèrent  leur  tuilerie  de  Dammartin  à 
la  condition  pour  les  preneurs  de  fournir  annuellement  à  l'abbaye 
9  milliers  de  grosses  briques  et  6  milliers  de  carreaux.  Le  receveur  de 
l'abbaye  promettait  de  a  charrier  tout  le  sablon  pour  l'ouvrage  et  de 
(I  livrer  sur  le  lieu  tout  le  bois  qu'il  faudra,  à  raison  de  six  solz  par 
«  corde  ».  Les  preneurs  auront  la  permission  de  vendre  8  milliers 
900  tuilles,  iioo  briques  et  600  carreaux.  Ils  devaient  enfin  payer 
cent  solz  de  ferme,  huit  jours  après  la  saint  Martin  d'hiver. 

Le  dénombrement  de  i5i7  nous  fait  connaître  la  situation  de  la 
prévôté  à  cette  époque  :  «  A  Dammartin,  y  a  un  manoir  contenant 
((  arpent  et  demy  ou  environ,  estant  prés  de  l'église,  sur  lequel  y  a  mai- 
ce  sons  manables,  granches,  tant  pour  le  domaine  que  pour  les  dymes, 
{(  et  champars  de  Dammartin,  la  Fillette  de  Montchaiivet,  la  Gressaye, 
((  la  Haye  du  Tru,  Broiillards,  Garrel,  le  Boqiiet,  Hoiiville  et  la  Mare- 
<(  pavée,  estables,  bergeries,  porcheries,  gélinier,  coulombier,  gre- 
<(  niers,  celliers  et  voultes  avec  jardins  et  autres  choses  nécessaires. 
<(  Item,  ung  pressouer  pour  faire  vins  et  sidre,  pour  les  dismes  desquels 
<(  il  a  droit  de  prendre  dix  pintes  de  muy  et  la  cinquième  pinte  au 
<(  pressouer  :  et  ce  paye  sur  peine  de  lx  sols  parisis  d'amende.  Les 
((  habitants  de  Dammartin  sont  banniers  audit  pressouer  quant  aux 
((  vignes  dudit  lieu  seulement.  Item,  sept  arpents  de  terre  aussi  entre 
((  Dampmartin  et  les  bois  de  Genainville,  sur  lequel  y  a  une  tuillerye 
«  garnye  de  deux  creux  et  une  chappe,  de  maison  manable,  ensemble 


I.  Arch.  nat.  7J  «jfjyA. 
ï.  /(/.  S.  292 1. 


-  39  - 

«  un  four  à  thuille  et  halles  pour  les  faire  sécher.  Item,  à  la  Gaize  BouUct 
«  près  Dampmarlin,  ung  clos  de  i3  arpents,  sur  le  chemin  de 
«  Dampmarlin  à  Mantes.  Plus,  différentes  pièces  de  terres  sises  aux 
«  Bréons,  à  la  Croix-Musset  entre  la  maladrerie  et  Carnette'.  » 

Les  abbés  de  Saint-Germain-des-Prés  se  montrèrent  dans  celte 
période  très  soucieux  de  la  prospérité  de  la  ville  de  Dammartin  et  de 
ses  habitants.  Par  ses  lettres  datées  de  Blois,  au  mois  de  décembre  de 
l'année  i5i2,  le  roi  Louis  XII  accorda  à  la  requête  de  l'abbé  et  autorisa 
l'établissement  à  Dammartin  d'un  marché  par  semaine  et  de  foires 
annuelles,  qui  devaient  se  tenir  au  deux  fêtes  de  saint  Martin  :  les 
marchands  n'étaient  tenus  à  aucun  droit  envers  le  Roi  et  devaient  payer 
à  l'abbé  les  droits  d'estallage  et  d'aulnage.  Le  bailli  royal  de  Mantes 
reçut  l'ordre  de  publier  cet  édit  '.  Pour  compléter  son  œuvre,  l'abbé  fit 
construire  des  halles  considérables,  qui  devaient  servir  à  ces  foires  et 
marchés  et  contribuèrent  puissamment  à  la  prospérité  de  la  ville.  Sur 
la  requête  du  même  abbé,  François  P%  qui  venait  de  monter  sur  le 
trône,  défendit,  par  ses  lettres  datées  de  Paris,  i5  avril  i5i5,  aux  gens 
de  guerre  de  loger  et  de  prendre  des  provisions  chez  les  habitants  des 
terres  de  Dammartin  et  de  Longues  appartenant  à  l'abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés',  défense  qu'il  renouvela,  le  i'''"  mai  1017  '. 

Notons,  en  161 3,  le  bail  à  ferme  de  la  terre  et  seigneurie  de  Dam- 
martin, Longues  et  Neauflette  pour  la  somme  de  6000  livres  \  en  1G80, 
le  bail  de  Yaiilnage,  estallage  et  hallage  du  bourg  et  marché  de  Dam- 
martin avec  le  chantier  du  Petit-Tertre,  moyennant  la  somme  de 
64o  livres  et  cette  même  année,  le  bail  des  dixmes  et  champarts  de 
Longnes,  pour  le  prix  de  8200  livres  •'. 

Dans  la  déclaration  de  1790,  nous  lisons  à  l'article  Dammartin  : 
((  Seigneurie  ayant  haute,  moyenne  et  basse  justice.  La  ferme  dont  les 
«  bâtiments  sont  en  bon  état  et  considérables,  terres  labourables  cl  bois 
«  taiUis  en  dépendant,  le  tout  loué  5ooo  livres.  Dixmes  louées  7000 
((  livres. 


1.  Arch.  nal.   LL.  io63. 

2.  Id.   L.  777. 

3.  Id.   K.  81,  n°  '100. 

4.  Id.   K.  81,  n"  200. 

5.  Id.   S.  2921. 
0.  Id.   S.  2878. 


—  4o 


«  Fief  de  la  Fillette  et  un  quart  du  moulin  de  Montchauvet  loué 
((   100  livres  ',  et  26  livres  pour  lods  et  ventes.  « 

La  Fillette  de  Montchauvet  fut  adjugée,  en  1617,  à  religieuse 
personne  frère  Jean  Poussin,  pour  le  nombre  et  la  quantité  de  deux 
muyds  de  grain  \ 

Comme  supplément,  nous  donnons  le  tableau  suivant  dressé  lors  de 
la  spoliation  des  biens  ecclésiastiques  au  mois  de  février  1791  : 

Charges  : 

Les  religieux  de  Saint-Germain  devaient  payer  : 

Au  curé  de  Dammartin,  pour  supplément  de  son  gros.     .     .  5o' 

Au  maître  d'école 100^ 

Au  juge  de  Dammartin 4o' 

Au  garde  de  Dammartin 200' 

Le  fermier  général  fournissait  au  curé  de  Dammartin,  pour  son  gros, 
32  septiers  de  froment  et  16  septiers  d'orge  en  grains  de  dixmes  du 
territoire  dudit  lieu\ 


Vente  du  domaine  de  Dammartin. 

District  de  Montfort-l'Amaury  : 

N°  3o,  —  i""  février  1791  : 

Trois  halles  situées  au  bourg  de  Dammartin  furent  vendues  à  Laine, 
vigneron  à  Dammartin,  pour  la  commune  de  Dammartin,  365o  livres. 

N°  57,  —  7  février  1791  : 

Un  bâtiment  servant  de  pressoir,  sis  à  Dammartin,  fut  vendu  à 
Souillard,  laboureur  à  Dammartin,  pour  le  prix  de  2611  livres. 

IN"°  109,  —  19  avril  1791  : 

Trois  perches  de  terre,  terroir  de  Dammartin,  hameau  de  la  Côte- 


1.  Arch.  nat.  S.  a858. 

2.  Id.  LL.  io63,  p.  II. 

3.  Id.  S.  2858;  —  Cociieris,  Histoire  de  la  ville  de  Paris,  de  Lcheuf,  t.  III,  70-72. 


—  lu  ~ 

aux-Amants,   furent    vendues   à    la  veuve  Mallardot,  à  Dammarlin, 
I20  livres. 

N°  loo,  —  19  avril  1791  : 

Deux  arpents  et  demi  de  terres,  en  une  pièce,  môme  terroir,  chan- 
tier du  Fourneau,  furent  vendus  à  Paumier,  aubergiste,  à  Dammarlin. 
pour  2200  livres. 

N°  III,  —  19  avril  1791  : 

25  perches  de  terre,  même  terroir,  furent  vendues  au  sieur  Thibault, 
tailleur  d'habits  à  Longnes,  266  livres. 

N°  ii3,  —  19  avril  1791  : 

Un  corps  de  ferme,  bâtiments,  jardins  clos  et  2 10  arpents,  25  perches 
de  terre  et  i5  arpents  de  prés,  en  i3  pièces,  le  tout  situé  commune  et 
terroir  de  Dammartin,  furent  vendus  au  sieur  Roussel,  propriétaire, 
demeurant  à  Paris,  rue  Feydeau,  140.000  livres  \ 

Le  domaine  de  Dammarlin  faisait  partie  de  la  mense  abbatiale. 

Lieux  dits. 


L'arche. 

Bois  d'Houville. 

Les  biens  rangés. 

Buisson  bouillon. 

Le  Bocquet. 

Les  Boulleaux. 

La  Brie. 

Les  Cliquettes. 

Les  Brouillards. 

La  Bœuve. 

Le  Clos  de  l'abbaye. 

Carnette. 

Les  Caves. 

Les  Crochets. 

Clos  de  l'épine. 

Le  Clos  de  Cornette, 

Champ  de  Champagne. 

Bois  Germais. 


Champ  Caillet. 

Clos  Maillard. 

Les  Closeaux. 

Le  clos  viel. 

Le  clos  de  l'église. 

Les  champs  foués. 

Les  Cornets. 

La  Cotte  aux  lièvres. 

Le  clos  émouillé. 

Les  Courtillons. 

La  croix  Mousset. 

La  coste  aux  Barbaux. 

Dantu. 

Les  Epinettes. 

Le  fourneau. 

Les  graviers. 

Garel. 

La  fillette. 


I.  Arrh.  ilrjinrtemcntalrs  de  Seine-et-Oise.  Registre  de  la  vente  des  biens  iialionauï 


—     ^-2     — 


La  ferme  des  fontaines. 

Les  glaises. 

La  ffroue. 

Les  trois  fontaines. 

Geslé? 

Gloriettc. 

La  Feugère. 

Le  Merisier. 

La  Gressaye. 

Les  bavettes. 

G arche. 

La  Marnière. 

La  marre  paquette. 

Le  Moulin  à  vent. 

Mare  pavée. 

La  Maladrerie. 

La  marre  aux  Vachères. 


La  marre  aux  filles. 

Les  murailles. 

Le  pré  Roux. 

La  pierres  aux  Mariées. 

La  picardie. 

Pré  Gauvin. 

Les  parcs. 

Le  petit  pré. 

Les  plantes. 

Les  longs  prés. 

Le  Pré  de  la  Garenne. 

Ponts  ^ux  brebis. 

Le  pré  Foissy. 

L'orme  à  Perette. 

Les  Sablons. 

Les  Sinaux. 

Les  terres  blanches. 


Seigneurie  temporelle 


Comme  nous  l'avons  déjà  pu  observer,  la  première  partie  de  l'his- 
toire de  la  seigneurie  de  Dammartin  est  animée  et  presque  absorbée 
par  la  lutte  incessante  que  les  religieux  eurent  à  soutenir  au  XP'  siècle 
contre  les  usurpations  et  les  odieuses  prétentions  d'un  certain  nombre 
de  barons  du  voisinage  qui,  en  vertu  de  leur  titre  d'avoué  du  monastère, 
exerçaient  sur  les  vassaux  de  l'abbaye  d'intolérables  exactions  appelées 
dans  le  langage  de  l'époque  de  mauvaises  coutumes  et  voulaient  dé- 
pouiller les  moines  dont  leurs  ancêtres  avaient  été  les  défenseurs,  "\oici 
d'abord,  en  io3o,  le  comte  Drogon,  qui,  sous  prétexte  d'exercer  son  droit 
d'avouerie,  mettait  au  pillage  les  terres  de  Dammartin  et  de  ses  dépen- 
dances, Xeelphitam,  Firmerii  curtem,  Lovaniolas,  Domcrii  montem, 
in  Lii'icurte.  Lentivella,  Sivericurte,  Genestivilla,  Badani  rete,  in  Spica- 
rias.  in  ]  aile,  in  Aumasa,  in  Loputeo.  in  Miribello.  in  Glatiniaco,  in  Can- 
tamerlo,  in  Lairanias,  in  Trullo,  in  Becherello,  dont  il  ne  nous  a  pas 
été  possible  d'identifier  d'une  manière  certaine  les  noms  signalés  dans 
la  charte.  L'abbé  Aldraud  alla  porter  ses  plaintes  au  roi  Robert.  Ce 


-  /,3 


dernier,  par  ses  lettres  datées  de  Poissy,  io3o,  obligea  le  comte  Drogon 
à  renoncer  aux  droits  et  exactions  qu'il  prétendait  sur  Danimartin 
et  ses  dépendances  :  il  lui  concédait  senlorncnt  les  quatre  seigneuries 
designées  par  les  noms  latins  suivants,  Nee/philam,  Firmerii  curtem, 
Lovaniolas,  Romeril  montem,  qu'il  tenait  en  fief  de  l'abbaye  de-Saint- 
Germain-des-Prés  '. 

Quelques  années  plus  tard,  nous  trouvons  un  nouvel  adversaire  de 
l'abbaye  :  c'est  le  chevalier  Hugues  Scavelbo,  qui,  en  sa  qualité  d'avoué 
de  Dammartin,  continuait  les  agissements  de  son  prédécesseur  et  exi- 
geait des  taxes  exorbitantes  des  habitants.  L'abbé  Isambard  s'adressa 
avi  Roi,  qui  manda  devant  sa  cour  Hugues  et  sa  femme.  Ces  derniers 
n'ayant  pas  pu  justifier  leurs  prétentions,  durent  renoncer  au  droit 
d'avoueriede  Dammartin  :  renonciation  que  le  roi  Philippe  P'"  confirma 
par  sa  charte,  datée  de  Poissy,  du  6  janvier  1082°. 

Au  siècle  suivant,  le  sire  Simon  d'Anet,  renouvelant  les  prétentions 
de  ses  ancêtres,  malgré  les  sentences  royales  qui  les  avaient  condamnées, 
recommença  à  exiger  les  mêmes  exactions  sur  Dammartin,  Longues  et 
leurs  dépendances.  Les  débats,  qui  avaient  commencé  avec  l'abbé 
Geoffroy,  se  poursuivirent  sous  l'abbé  Hugues  V.  Ce  dernier,  à  l'exemple 
de  ses  prédécesseurs,  cita  son  adversaire  devant  le  roi  Louis  VII.  L'abbé 
exposa  sa  plainte  et,  rappelant  la  sentence  du  roi  Robert,  implora  de 
la  justice  royale  la  défense  de  ses  droits.  Simon  ayant  promis  de 
prouver  la  légitimité  de  ses  prétentions,  les  deux  parties  furent  ajour- 
nées devant  la  cour  royale  où  Louis  YII  présidait  entouré  d'un  grand 
nombre  de  ses  barons,  Etienne  de  Somero,  Hervé  de  Glenico,  Guy  de 
(Jlhàlillon,  Guillaume  de  Alelloto,  Drogon  de  Melloto,  Guillaume  de 
Guerlande,  Guy  de  Guerlande,  etc.  Symon,  n'ayant  pu  tenir  sa  pro- 
messe, ^e  vit  condamné,  et  le  Roi,  confirmant  la  sentence  de  son  ayeul, 
déclara  Dammartin  exempt  de  toute  servitude  et  appartenant  en  toute 
seigneurie  à  l'abbé  de  Saint-Germain.  Cette  sentence  est  raportée  in 
extenso  dans  la  bulle  qu'adressa  pour  la  confirmer  le  pape  Alexandre  III 
à  l'abbé  et  au  couvent  de  Saint-Germain-dcs-Prés  (Paris,  le  9  des 
kalendes  de  mars  1 1G2)  '. 


1.  Arch.  nat.  K.  18,  n°  .">  ;  LL.  loa'i,  p.  3'). 

2.  Id.  K.  20,  n°  6  ;  carloii.  Itoni.  des  Hois,  11"  208;  LL.   1026,  p.  iG. 

3.  /(/.  L.  2.'5o,  n"(j. 


44 


Malgré  cette  sentence,  les  religieux  furent  obligés  de  transiger  avec 
leur  puissant  adversaire  et  d'obtenir  au  moyen  de  la  promesse  d'une 
rente  de  Go  sols  parisis  le  désistement  complet  de  Simon  d'Anet.  C'est 
ce  que  nous  apprennent  des  lettres  de  1196  par  lesquelles  Robert, 
abbé,  et  le  couvent  de  Saint-Germain-des-Prés  règlent  le  paiement  de 
ladite  rente  de  60  sols  parisis  à  frère  Jean  du  A'erne,  trésorier  de 
l'abbaye,  qui  l'avait  rachetée  de  ses  deniers  avec  la  permission  de  ses 
supérieurs  et  devait  la  laisser,  après  sa  mort,  à  l'abbaye*. 

Presque  en  même  temps  un  autre  seigneur  du  voisinage,  ~\\  illem 
Lupel  d'Ivry,  poussé  par  le  remords,  vint  faire  réparation  publique  de 
ses  injustices.  11  se  présenta  au  chapitre  de  Saint-Germain-des-Prés, 
et  là  demanda  humblement  pardon  à  l'abbé  «  du  grave  péché  commis 
«  en  prétendant  des  droits  sur  Dammartin,  qu'il  proclame  appartenir 
c(  en  toute  seigneurie  à  l'abbaye  »  ;  il  suppha  l'abbé  de  prier  Dieu 
pour  lui  et  se  déclara  disposé  à  jurer  et  à  prouver  devant  quiconque 
que  ni  lui  ni  ses  héritiers  n'ont  aucun  droit  sur  Dammartin".  Peu  de 
jours  après,  il  fit  rédiger  ces  déclarations  sous  forme  de  lettres  de 
soumission,  qu'il  remit  à  l'abbé  Hugues  \ 

Nous  avons  signalé  plus  haut  les  démêlés  qui  se  produisirent  entre 
l'abbé  de  Saint-Germain  et  le  sire  Jean  de  Breval  au  sujet  de  Dam- 
martin. En  1 186,  ce  dernier  fit  solennellement  cession  de  ses  prétentions 
pour  lui  et  ses  héritiers.  Poussés  par  la  reconnaissance  en  présenee  de 
ce  généreux  désistement,  l'abbé  Foidques  et  les  moines  donnèrent 
au  sire  de  Breval  et  à  ses  descendants  une  rente  de  i3  livres  parisis, 
qu'ils  devaient  tenir  sous  la  foi  et  l'hommage  de  l'abbaye  ''.  Nous  avons 
vu  que  la  seigneurie  de  Breval  étant  entrée  dans  le  domaine  royal, 
Philippe-Auguste  fit  remise,  en  1192,  à  l'abbaye  de  cette  rente  de 
1 3  livres  jjarisis ',  à  la  condition  que  les  religieux  célébreraient  tous 
les  ans  un  service  pour  le  roi  Louis  Ml  son  père  et  un  autre  pour  lui- 
même  après  sa  mort". 

Celte  première  phase  de  l'histoire  de  la  seigneurie  de  Dammartin 


1.  Arc/i.  nat.  L.  777. 

2.  Id.  LL.  1024,  p.  70;    LL.   102G,  p.   80. 

3.  Id.  S.  2927  ;  L.  777. 

h.  Id.  LL.  1026,  p.  82  ;  S.  2977. 
5.  /(/.  K.  2O,  11°  17. 

G.    BONMN. 


—  45 


étant  terminée,  nous  n'avons  qu'à  assister  dans  la  suite  à  son  fonction- 
nement régulier.  Les  difficultés  extérieures  apaisées,  les  difficultés 
intérieures  leur  succédèrent. 

Déjà  en  1202,  une  charte  de  Philippe-Auguste  était  venue  déclarer 
que  dans  la  seigneurie  de  Dammartin,  aucun  laboureur  ne  pouvait 
tenir  des  terres  à  champart  de  l'abbé  et  des  religieux  de  Saint-Germain, 
s'il  ne  résidait  sur  les  lieux,  faute  de  quoi  ces  terres  seront  à  la  dispo- 
sition des  religieux'. 

En  1220,  les  habitants  de  Dammartin,  qui  étaient  obligés  de  conduire 
à  Mantes  sur  les  chariots  du  religieux  prévôt  les  grains  de  l'abbaye, 
se  révoltèrent  contre  cette  servitude  :  ils  réclamaient  également  cer- 
tains droits  d'usage  dans  les  bois  de  Geneauville.  Ce  différend  fut 
apaisé  par  une  transaction,  que  proposa  l'abbé  Gauthier  et  qui  fut 
acceptée  par  ses  vassaux  :  il  était  stipulé  que  les  habitants  prendraient 
dans  la  forêt  de  Geneauville"'  (ou  Greneville)  les  gencts,  l'épine  noire  et 
blanche,  les  saules,  les  marsaus,  le  bois  mort,  le  coqchesne,  le  troène, 
la  riorte  (gènes tam,  spinani  nigram  et  albam,  salices,  marsalices, 
put  fust,  gaUiquercum,  tronuin,  retorlani),  pour  faire  leurs  charrues, 
sans  que  pour  cela  l'abbé  et  le  convent  fussent  empêchés,  quand  ils  le 
voudraient,  de  vendre  ou  de  défricher  ce  bois.  Les  habitants  conti- 
nueront cà  transporter  avec  leurs  chevaux  et  leurs  charrettes  à  Mantes 
le  blé  du  prévôt  de  Dammartin  et  le  déposeront  dans  la  maison  de 
l'abbé,  où  le  prévôt  leur  fournira  pour  leur  peine  du  pain  blanc  et 
du  vin  en  quantité  raisonnable.  Enfin  les  habitants  prenaient  l'enga- 
gement de  se  rendre  à  Saint-Germain-des-Prés,  à  toutes  les  citations  de 
l'abbé  ou  de  son  délégué.  Toutes  ces  conditions  se  trouvent  énu- 
mérées  dans  la  charte  que  dressa  de  cette  transaction,  en  1221,  Guil- 
laume de  Ville-Thierry,  bailli  royal  de  Mantes  ■^ 

Ici,  comme  dans  bien  des  cas,  les  officiers  des  justices  royales  ne 
voyaient  pas  sans  jalousie  le  fonctionnement  des  justices  seigneuriales 


1.  Arch.  nat.  S.   2977. 

2.  Juineauvillc,  canton  de  Munies  (Seinc-ct-Oise).  — Ou  trouve  parfois  des  textes  où 
on  peut  lire  Genainville  et  Geneauville —  Il  n'est  f^uèrc  admissible  qu'il  s'agisse  ici 
des  bois  de  Genainville,  localité  située  dans  le  c.uiton  de  Magny-en-Vcxin  et  éloignéo 
de  Dammartin.  Est-ce  que  les  bois  de  Geneauville  ne  seraient  pas  les  mêmes  que  les 
bois  de  Jumeauville,  canton  de  Mantes,  assez  peu  éloijjnés  de  Dannuartin  ? 

3.  Arch.  nal.  LL.  11  ad,  p.  81. 


—  40  — 

du  voisinage  et  fâchaient  de  profiter  de  toutes  les  circonstances  pour 
leur  créer  des  difficultés.  En  l'année  1344,  un  prisonnier  prévenu  de 
meurtre  parvint,  nous  ne  savons  par  quels  moyens,  à  s'échapper  des  pri- 
sons de  Dammarlin.  Imputant  au  moine  prévôt  de  Dammartin  la  res- 
ponsahilité  de  ce  fait,  les  officiers  dimants  voulurent  lui  soustraire  son 
pouvoir  judiciaire.  Les  religieux  réclamèrent,  le  prévôt  prouva  son 
innocence  dans  cette  affaire  et,  au  mois  de  novembre,  le  bailli  de 
Gisors,  en  vertu  de  lettres  du  Roi,  levait  la  mainmise  sur  la  justice  de 
Dammartin'. 

Le  i8  juin  1897,  une  sentence  du  prévôt  de  Paris  condamnait  les 
habitants  de  Dammartin  et  de  Longues  à  payer  à  l'abbé  de  Saint-Ger- 
main-des-Prés  1 1  livres  de  rente  pour  son  droit  de  past,  c'est-à-dire, 
son  entretien  lorsqu'il  venait  visiter  sa  terre  ^ 

Le  «  compte  des  recettes  des  seigneuries  de  Dammartin  près  Mante, 
«  Longues,  la  Fortelle,  INlyrbel,  Heurteloup,  Houville,  Montchauvet, 
«  Neauphlette,  les  Tournelles  de  Mante  et  leurs  appartenances,  fait  en 
((  l'année  1617  pour  monseigneur  Guillaume,  évêque  de  Meaux,  abbé 
«  commendataire  de  Saint-Germain-des-Prés  et  seigneur  du  dit  Dam- 
((  martin  »,  nous  fait  connaître  l'état  et  l'importance  de  cette  justice  : 
«  le  dit  Seigneur  a  dans  sa  seigneurie  seaulx  à  contracts,  avecques 
u  tous  droits  d'aubeine,  forfactures,  espaves  et  confiscations,  ensemble 
((  rouage,  forage  et  estellonnage. 

«  Pour  l'exécution  de  la  justice,  le  dit  Seigneur  a  quatre  fourches  pati- 
«  bulaires  assises  entre  Dammartin  et  Longues,  au  lieu  dit  Les  Grands 
«  Champs,  et,  au  lieu  d'Eschelle,  il  a  pilori  et  carquen,  près  lequel 
«  carquen  on  a  coustume  de  faire  les  cris  et  proclamations. 

«  Le  dit  Seigneur  a  à  Dammartin  marché  tous  les  jeudis,  foires  au 
«  festes  S'  Martin  ;  les  marchands  qui  s'y  rendent  ne  doivent  rien  au 
«  Roi,  mais  au  Seigneur  seulement  les  droits  d'estallage,  mesurage, 
«  aulnage.  Pour  les  foires  et  marchés,  les  marchands  trouvent  deux 
((  halles  sises  au  carrefour  du  dit  lieu\  » 

La  lutte,  que  nous  avons  déjà  signalée  entre  les  religieux  et  les 
officiers  royaux  du  baillage  de  Mantes,  se  reproduisait  de  loin  en  loin.  De 
la  seigneurie  de  Dammartin  dépendait  un  hôtel  dit  des  Tournelles  et 


1.  Arch.  nat.  L.  777. 

2.  Id.  S.  21J77. 

3.  Id.  LL.  ioG3,  p.  I. 


^7 


situé  clans  la  ville  de  Mantes  :  cet  immeuble  était  par  suite  soumis 
à  la  justice  des  religieux  et  formait  ainsi  une  sorte  de  citadelle  qui,  au 
milieu  de  la  cité,  échappait  complètement  à  l'action  du  bailli  royal, 
puisque  cette  justice  «  ressorlissait  par  appel  par  devant  le  prévôt 
u  de  Paris  ».  Cette  situation  devait  forcément  amener  des  conflits. 
En  i528,  l'abbé  de  Saint-Germain  obtint  des  lettres  royaux  «  au  sujet 
«  du  trouble  fait  par  le  bailli  de  Mantes  en  la  justice  du  dit  abbé  en 
c(  une  maison  appelée  les  Tournelles  dépendant  de  la  terre  et  sei- 
«  gneurie  de  Dammartin.  »  Prenant  prétexte  de  «  foy  et  hommage 
«  non  faict  et  de  devoirs  non  payés  »,  le  bailli  avait  décerné  une 
commission  pour  saisir  l'hôtel  des  Tournelles.  L'affaire  se  poursuivit 
longtemps  encore,  puisque,  en  1029,  nous  trouvons  un  relief  d'appel 
de  l'abbé  de  Saint-Germain  contre  les  officiers  du  baillage  de  Mantes 
sur  cette  même  question  ^  Quoique  nous  ne  connaissions  pas  l'issue 
du  procès,  il  est  probable  qu'elle  dut  être  favorable  aux  Bénédictins, 
qui  durent  rentrer  dans  la  jouissance  de  leurs  droits  et  exemptions. 
Le  16  octobre  161 1,  un  sieur  Gautier  «  reconnaissait  et  avouait 
u  qu'une  masure,  jardin  et  cours,  attenant  à  sa  propre  maison,  appar- 
«  tenait  à  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  comme  dépendant  de 
«  l'hôtel  des  Tournelles  ".  » 

Dans  le  reste  des  archives  de  la  seigneurie  de  Dammartin  qui  nous 
donnent  les  lettres  de  provision  accordées  par  les  abbés  de  Saint-Ger- 
main pour  l'office  du  tabellionage  de  cette  localité  et  une  ordonnance 
de  police  de  1670  «  rendant  les  mesures  de  Dampmartin  conformes 
«  à  celles  de  Houdan  '  »,  nous  relevons  la  mention  d'un  usage  local, 
qu'il  nous  paraît  intéressant  de  ne  pas  passer  sous  silence  :  c'est  le 
droit  de  mets  de  mariage  : 

En  ifi25,  un  arrêt  du  Parlement  «  rendu  entre  les  abbés  et  convent 
((  de  Saint-Germain-des-Prés  prenant  le  fait  et  cause  de  leur  receveur 
«  de  la  terre  et  seigneurie  de  Dammartin,  d'une  part,  et  les  habitants 
«  de  Longnes  et  hameaux  dépendants  de  la  dite  terre  de  Dauunartin 
u  d'autre  part,  condamna  les  dits  habitants  au  droit  de  nids  de 
«  mariage   en  premières   noces    seulement  :  qui  est  que,    quanil  les 


1.  Arch.  nal.  V  997A. 

2.  Id.    S.    2()3I. 

3.  U.  Z*  ()()7A. 


-  48 


((  mariés  feront  noces  et  banquets,  ils  seront  tenus  de  le  faire  savoir 
((  à  leurs  seigneurs  en  leur  hôtel  seigneurial,  la  veille  de  leurs  espou- 
((  sailles,  ou  à  leur  receveur,  et  de  porter,  le  jour  du  banquet,  avec  les 
«  violons  jouant,  un  plat  de  chaque  met  du  dit  banquet,  une  quarte 
M  de  vin  et  quatre  pains,  à  condition  que  les  dits  seigneurs,  ou  leurs 
t(  receveurs  pour  eux  seront  tenus  livrer  homme  et  cheval  pour  mener 
«  l'espouse  à  l'église  et  de  la  dite  éghse  au  lieu  où  se  feroit  le  dit 
((  banquet,  si  mieux  n'aimoient  les  dits  mariés  payer  i6  sols  parisis 
((  aux  dits  seigneurs,  en  les  avertissant  la  veille  des  espousailles  qu'ils 
u  entendoient  payer  les  dits   1 6  sols  parisis '.  » 

Depuis  le  XV^  siècle,  l'office  de  prévôt  de  Dammartin  avait  dû 
être  supprimé.  Nous  voyons  tous  les  actes  passés  au  nom  de  l'abbé, 
et  les  détails  de  l'administration  confiés  à  son  receveur. 

Au  commencement  du  XYllP  siècle,  nous  voyons  la  juridiction  de 
Dammartin  enlevée,  provisoirement  du  moins,  aux  abbés  de  Saint- 
Germain.  En  1700,  un  arrêt  du  Parlement  u  ordonnait  qu'en  attendant 
((  la  décision  du  différent  entre  les  officiers  du  bailliage  de  Chartres 
((  et  de  celui  de  Mantes  pour  raison  de  la  juridiction  dans  les  villages 
«  de  Dammartin  et  Longues  et  sans  préjudice  de  leur  droits,  la  justice 
«  pour  la  police  seulement  y  sera  exercée  par  le  Lieutenant  Général 
((  au  bailliage  de  Mantes  '.  »  Quelques  années  plus  tard,  l'abbaye  rentrait 
en  possession  de  ses  droits.  Nous  trouvons,  en  effet,  en  1700,  u  la  quit- 
((  tance  de  la  somme  de  200  livres  payée  parle  cardinal  d'Estrées,  abbé 
«  de  Saint-Germain-des-Prés,  à  M""  Bertin,  trésorier  des  revenus 
«  casuels,  pour  la  réunion  à  sa  justice  des  paroisses  de  Dampmartin 
«  et  de  Lognes,  des  offices  déjuge  gruyer,  procureur  et  greffier  créés 
«  héréditaires  par  l'édit  de  mars  1707  \  » 


Juridiction   spirituelle 

Nous  avons  vu  que  la  terre  et  seigneurie  de  Dammartin  avec  leurs 
dépendances,  Longnes,  Neauflette,  etc.,  formaient  une  prévôté,  c'est-à- 


1.  Arch.  nat.  Z*  997A. 

2.  Id.  Z-  997A. 

3.  Id.  Z*  997*. 


^9 


dire,  un  bénéfice  purement  temporel  confie  à  un  religieux  et  plus  tard  à 
un  receveur,  qui  le  faisait  valoir  et  l'administrait  au  nom  de  l'abbé, 
moyennant  certaines  redevances  et  obligations.  Ce  caractère  de  béné- 
fice non  ecclésiastique,  qui  déchargeait  cette  dépendance  de  l'abbaye 
de  tous  les  subsides  que  le  Saint-Siège  ou  les  évoques  prélevaient  sur 
les  bénéfices  eclésiastiques,  fut  contesté  plusieurs  fois,  mais  défendu 
victorieusement  par  les  religieux.  Dans  un  Inventaire  des  Archives  de 
Damrnartin  au  XIV^  siècle,  nous  trouvons  la  mention  u  d'un  grand 
«  nombre  de  chartes  et  d'intruments  établissant  que  la  prévôté  de 
«  Dammartin  n'est  pas  un  bénéfice  ecclésiastique  et  que,  par  suite, 
«  elle  est  exempte  du  présent  subside  pontifical  et  de  tous  les  droits 
«  épiscopaux  que  les  évêques,  et  notamment  celui  de  Chartres,  ont 
«  coutume  de  lever  dans  leurs  diocèses  '  ».  En  conséquence  de  cette 
exemption,  le  i3  avril  12/i/t,  l'évêque  de  Chartres  renonça  au  procès 
qu'il  avait  entamé  à  ce  sujet  contre  les  religieux^. 

Cette  situation  exceptionnelle  n'empêchait  pas  les  religieux  d'avoir 
la  juridiction  spirituelle  des  églises  et  paroisses  fondées  sur  le  territoire 
de  la  prévôté,  seulement  cette  juridiction  était  exercée  directement 
par  les  abbés  de  Saint-Germain,  et  non  par  les  prévôts  de  Dammartin. 
Au  commencement  du  XIII''  siècle,  Réginald,  évêque  de  Chartres, 
ayant  voulu  contester  aux  religieux  leurs  droits  de  présentation  pour 
les  églises  de  Dammartin,  Longues,  Neauflette,  Montchauvet  et  Seplcuil 
situées  dans  son  diocèse,  reconnut  loyalement  son  erreur  et  conlirma 
le  patronat  de  l'abbaye  par  une  charte  solennelle  \ 

Le  29  juin  1498,  Jean  Malary  et  .lacquette,  sa  femme,  firent  donation 
de  7  livres  de  rente  à  la  cure  de  Dammartin  pour  la  fondation  d'une 
messe  par  jour  dans  cette  église*. 

Une  transaction,  signée  le  20  mai  iS^y,  vint  fixer  les  droits  réci- 
proques de  l'abbé  de  Saint-Germain  et  du  curé  de  Dammartin  ;  il  fut 
stipulé  que  ce  dernier  recevrait  pour  son  gros  une  redevance  annuelle 
de  quatre  muids  de  grain,  les  deux  tiers  de  blé  et  le  tiers  d'avoine,  à 
la  charge  de  renoncer  à  toutes  les  dîmes  grosses  et  menues  et  aux 
novales,  tant  présentes  que  futures  \ 

i.  Arch.  nat.  LL.   loîO,  p.  8't. 
3.Id.LL.  777  ;  L.  11/16,  p.   i/|5. 

3.  Id.  LL.  1035,  p.  53;  LL.   loaO,  p.  80. 

4.  Id.   S.  3<)77. 

5.  Id.  LL.  1140,  p.  145. 

4* 


5o 


En  1760,  le  curé  de  Dammartin  recevait  5o  livres  comme  supplé- 
ment pour  son  gros  *. 

Les  abbés  de  Saint-Germain  étaient  donc  les  curés  primitifs  des 
églises  de  Dammartin,  de  Longnes  et  de  Neauphlette  qui  s'élevaient  sur 
le  territoire  de  Dammartin  et  dont  les  religieux  avaient  été,  sans  doute, 
les  fondateurs. 

1°  On  prélevait  sur  les  revenus  de  Dammartin,  le  IX  des  calendes 
d'avril  ou  le  24  mars,  xx  sols  pour  l'anniversaire  de  Robert  de  Longnes, 
prieur  de  Dammartin. 

2°  La  veille  de  Pâques,  le  prévôt  de  Dammartin  devait  payer  une 
pitance  au  couvent.  11  avait,  en  ce  jour,  l'honneur  d'allumer  le  cierge 
pascal  pendant  la  cérémonie  qu'on  faisait  pour  le  bénir  ^ 

3°  Le  V  des  ides  de  septembre  ou  le  9  de  ce  mois,  le  prévôt  de  Dam- 
martin devait  fournir  xxx  sols  parisis  pour  l'anniversaire  de  Guil- 
laume (de  Vodeto). 

4°  Le  II  des  nones  de  novembre  ou  le  4  de  ce  mois,  le  même  prévôt 
devait  fournir  lx  sols  pour  l'anniversaire  de  Jehan,  abbé  de  Saint- 
Germain-des-Prés  '. 


Prévôts  de  Dammartin. 

1186.  Fr.  Bernard. 

Vers  1480.  Fr.  Pierre  Nicolas,  abbé  de  Neaufle. 

Vers  i5io.  Fr.  Jean  Lhomme,  abbé  de  Xeaufle. 


1.  COCHERIS. 

2.  Arch.  nat.  LL.  1027,  p.  55. 

3.  Id.  LL.  1027. 


5i 


MONTCHAUYET 


Montchauvet  est  un  modeste  hameau  de  Seine-et-Oise,  dans  le 
canton  de  Houdan,  arrondissement  de  Mantes.  Les  religieux  de 
Saint-Germain-des-Prés  y  avaient  quelques  possessions,  dès  l'an  ii33. 
Nous  lisons,  en  effet,  dans  l'histoire  de  ce  monastère  que  l'ahhc  Ilugue 
céda,  vers  cette  époque,  au  roi  Louis  VI,  dit  le  Gros,  et  à  Amaury  de 
Montfort  deux  fonds  de  terre,  le  premier  destiné  à  la  construction 
d'un  château,  et  le  second,  affecté  à  un  autre  usage'.  Après  s'être 
réservé  la  jouissance  de  deux  moulins  et  d'un  étang  qui  lui  apparte- 
naient", la  dime  de  tous  les  fruits  que  pouvaient  produire  les  terrains 
concédés,  il  stipula  que  les  deux  concessionnaires  ou  leurs  succes- 
seurs payeraient  annuellement  à  la  communauté  chacun  5  sols  de 
rente,  au  jour  de  la  Saint-Remy\ 

Les  divers  dénombrements  que  nous  avons  sous  les  yeux  nous 
fixent  sur  l'importance  du  domaine  que  les  Bénédictins  avaient  à 
Montchauvet.  Cette  seigneurie  comprenait  : 

1°  Lin  hôtel  contenant  deux  travées  avec  cour,  jardin,  étables  et 
appartenances,  près  le  cliastel. 

2"  Trois  quartiers  de  pré,  sis  à  la  Fosse  au  prieur. 


1.  En  acquérant  ce  coin  de  terre  (rune  notable,  altitude,  le  monarque  voulait 
compléter  la  lig-nc  do  fortifications  du  domaine  royal  formée  par  les  forteresses  do 
Montfort,  'loudan  et  Anet.  Le  château  fort  qu'on  y  éleva  pouvait  contenir  de  la  à 
i5oo  hommes.  On  voit  encore  aujourd'hui  en  ce  lieu  les  ruines  d'un  donjon 
assez  rcniarqiialjle.  I^a  tradition  rapporte  que  quatre  portes  donnaient  accès  à  la 
forteresse  de  Montchauvet.  L'une,  située  à  l'ouest,  était  connue  sons  le  nom  de 
porte  de  Bretagne.  Elle  existe  encore  en  partie. 

En  i3i8,  le  roi  de  France,  Pliilippo  V,  dit  le  Long,  donna  les  /(  cliàtclleniesd'Anct, 
Bréval,  Montchauvet  et  \ogcnt-lc-Roi  à  Louis,  comte  d'Evreux.  Plus  tard,  en  i3'(o, 
Charles  le  Mauvais,  roi  do  Navarre  et  comte  d'Evreux,  les  posséda,  mais  Charles  \, 
qu'il  avait  voulu  empoisonner,  les  lui  enleva.  La  famille  clo  Brczé  jouit  de  ces 
chàtellcnies  depuis  i^Vi  jusqu'à  i55o,  épo(iuo  oTi  Diam-  de  Poitiers  on  fut  ^irutiliée 
(LL.  jihG,  p.  CAh). 

2.  AnMAîVD  Cassan. 

3.  BOLILLAHT,   p.  80.    BONNIX. 


—    52    — 

3"  Une  pièce  de  pré,  sis  aux  grands  prés,  au-dessous  du  moulin  des 
Epiais,  contenant  3  arpents. 

4°  Deux  quartiers  de  terre,  attenant  au  moulin  des  Epiais. 

5"  Les  fiefs  des  pendus,  sis  à  la  fosse  aux  gibets. 

C"  Deux  pressoirs  banniers. 

7°  La  quatrième  partie  de  3  moulins  assis  au  dit  Montchauvet, 
appelés  les  moulins  de  la  Ville,  d'Art  et  des  Epiais,  et  un  étang. 

8°  Quatre  arpents  de  friche,  où  jadis  soullait  avoir  vignes,  séant  au- 
dessus  de  l'étang  devers    Dammartin,     suivant   une  déclaration  de 

l/}26. 

9"  3o  sols  de  rente  sur  des  prés  et  une  maison,  sis  à  Dammartin. 

10°  Les  cens,  rentes  et  dixmes. 

1 1°  Un  four  bannier  *. 

La  seigneurie  de  Montchauvet  était  affermée,  en  1769,  à  Jean  Godet 
pour  la  somme  de  3oo  livres  et  80  aulnes  de  toile". 

La  déclaration  de  i384  mentionne  Montchauvet  comme  il  suit  : 

Item,  en  la  ville  de  Montchauvet  demoure  un  Prieur  qui  a  une 
maison  bien  ruineuse.  Trois  arpents  de  vigne  peuvent  valoir  lx  sols. 
Item,  un  four  bannier  qui  est  fondu.  Item  environ  vm  livres  de  menus 
cens.  Item,  xx  sols  de  rente  sur  le  prévost  de  Dammartin^ 

La  déclaration  de  1790  afTirme  que  ce  domaine  appartenait  à  l'abbaye 
de  Saint-Germain-des-Prés  dès  le  règne  de  Louis  XI  et  qu'il  avait  été 
uni  à  la  mense  conventuelle.  Elle  nous  montre  qu'il  comprenait,  en 
outre  de  la  maison  seigneuriale  : 

1°  3  arpents  et  3  quartiers  de  pré  en  deux  pièces  et  un  demi-quartier 
de  terre. 

Item,  les  cens,  rentes,  droits  de  lods  et  ventes  et  autres  qui  dépen- 
dent du  fief  du  dit  prieuré  avec  les  dîmes,  terres  et  autres  héritages, 
sis  sur  la  dite  paroisse  de  Montchauvet  et  lieux  circonvoisins.  Item,  le 
fief  dit  des  Pendus,  au  comté  de  Montfort  et  le  revenu  du  dit  fief. 
Ilem,  une  rente  de  10  sols  tournois  sur  une  pièce  de  pré  sis  en  la 
seigneurie  de  Dammartin.  Item,  une  autre  rente  de  10  sols  sur  une 
maison  et   dépendances  à  Dammartin. 


I.  Arch.  nat.  S.  2()3C  et  29^3  ;  LL.  1089,  p,  173. 
a.  Id.  S.  2943. 

'6.  Domov  HovRG,  l'Abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  au  XIV' siècle.    Arch.    nat.    L. 
7C0. 


53  — 


Le  tout  a  été  loué  au  sieur  Louis  Debras,  demeurant  à  Monlchauvct, 
pour  Zioo  livres,  par  bail  passé  devant  Lefcbvre,  notaire  à  Paris,  le 
(j  mars  1787,  et  Itbo  livres,  en  passant  ledit  bail,  faisant  5o  livres  par 
an,  plus  80  aulnes  de  toile  estimée  à  20  sols  l'aulne.  La  jouissance 
devait  commencer  en  1788. 

Item,  en  outre  du  prix  du  bail,  le  preneur  s'engageait  à  faire  célébrer 
l'office  divin  le  jour  de  la  fête  du  patron  et  les  quatre  autres  fêtes 
solennelles,  et  à  donner  pour  ce  au  curé  de  Montchauvet  la  somme  de 
12  livres. 

2"  i5  livres  de  redevance  annuelle  sur  une  maison  et  un  terrain 
attenant,  le  tout  contenant  un  quartier  dont  la  jouissance  a  été  donnée 
à  vie  au  sieur  Guillaume  Lavigne,  maître  d'école  à  Montchauvet,  par 
acte  devant  Baron,  notaire  à  Paris,  le  16  juillet  1771,  et  encore  à  la  vie 
de  son  épouse,  pour  20  sols  de  redevance,  si  elle  survit  à  son  mari, 
par  acte  de  20  juillet  1777,  devant  ledit  Baron. 

3°  Le  1/4  du  moulin  à  eau  de  Montchauvet  près  Dammartin  loué 
72  livres  au  sieur  François  Jean,  meunier  au  moulin  de  Gonncl,  par 
bail  devant  Lefebvre,  notaire  à  Paris,  le  27  avril  1784  '. 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  devaient  au  curé  de  Mont- 
hauvet  pour  son  gros  douze  septiers  de  blé,  six  septiers  d'avoine".  Ils 
payaient  137  livres  8  sols  9  deniers  pour  les  décimes. 

Vente  des  biens  sis  à  Montchauvet. 

District  de  Montfort-PAumaury.  N"  jS,  —  7  février  1791  : 

91  perches  et  1/2  de  terres  et  prés  en  3  pièces,  au  terroir  de  Mont- 
chauvet, cîiantier  du  prieuré,  furent  vendus  au  prix  de  1000  Tnres  à 
Debras,  laboureurà  Montchauvet. 

N"  54,  —  7  février  : 

3  arpents  de  prés,  au  même  terroir,  au  dessous  du  moulin  liLpiais, 
furent  vendus  au  prix  de  4(ja5  livres  à  Bondrouet,  meunier  à  Courgent. 

JN"  55,  —  7  février  1791  : 

Une  maison  et  terrain  y  attenant,  contenant   25  i)crclies,  près  le 


I.  E).  PonuER,  Bib.  nat.  ins.  fr.  ao8/i8,  p.  ko;  Arch.  iiat.  S.   28J8. 
3.  LEuiiui-'-CociiEuis,  Histoire  du  diocèse  de  Paris,  l.  11.  |).  72. 


C 


—  54 


chemin  du  cimetière,  à  Montchauvet,  furent  adjugés,  au  prix  de 
655  livres,  au  sieur  Lavigne,  maître  d'école  à  Montchauvet. 

N°  56,  —  7  février  1791  : 

La  moitié  du  moulin  de  Montchauvet  fut  adjugée,  au  prix  de 
4025  livres,  à  Jean  Meunier,  à  Montchauvet.  Un  quart  appartenait  à 
l'abbé,  et  un  quart,  aux  religieux. 

N°  58,  —  7  février  1791  : 

Un  bâtiment  et  pressoir  en  iceluy,  situé  à  Montchauvet,  furent  vendus, 
au  prix  qe  1575  livres,  au  sieur  Hubert,  fermier  à  Montchauvet'. 


Seigneurie  temporelle. 

Le  traité  que  l'abbé  Hugue  111  conclut  avec  le  roi  Louis  Yl  et  le 
comte  Amaury  renfermait  des  clauses  favorables  au  monastère  de 
Saint-Germain.  Le  prélat  demanda  et  obtint  pour  lui  et  ses  successeurs 
tout  ce  qui  pourrait  provenir  des  forfaitures  et  droits  de  justice,  la 
moitié  des  revenus  des  moulins  et  fours  construits  ou  à  construire. 
De  concert  avec  le  monarque  et  le  comte,  il  nommait  les  meuniers  et 
les  fourniers  ;  mais  ceux-ci  étaient  tenus  de  payer  la  moitié  des  frais 
nécessaires  pour  l'entretien  des  fours  et  moulins.  Il  stipula  que  les 
religieux  auraient  la  dixième  partie  des  droits  de  marché  ;  que  les 
domestiques  de  l'abbé  et  des  rehgieux  seraient  exempts  des  droits 
appelés  coutumes;  qu'il  serait  interdit  aux  hôtes  de  Saint-Germain-des- 
Prés  de  demeurer  dans  le  château  de  Montchauvet,  sinon  en  temps  de 
guerre,  et  que,  la  paix  conclue,  ils  seraient  tenus  de  regagner  leur 
domicile  ou  de  renoncer  aux  biens  concédés  par  l'abbaye  \  Louis  Vil 
confirma  cet  accord  en  1167,  et  Philippe- Auguste  en  1202  ^ 


1.  Registre  de  la  vente  des  biens  nationaux  de  Seine-et-Oise.  {Archives  départe- 
mentales de  Seine-et-Oise.) 

2.  Louis  VI  décida  que  ceux  qui  viendraient  s'établir  à  Montchauvet  ne  pourraient 
être  réclamés  par  leurs  seigneurs.  Aux  termes  d'une  charte  communale  qu'il  octroya 
en  II 38,  les  bourgeois  de  Montchauvet  étaient  exemjots  de  tailles  et  corvées,  à  la 
condition  de  rester  neutres  dans  toutes  les  discussions  qui  s'élèveraient  entre  le  roi 
et  le  seigneur  du  lieu. 

'A.   Arch.  nat.   LL.   102^,   p.    /|3  ;    K.    22,   n"   i3  ;    Bouillart,   p.  86;    Arch.  nat.  LL. 

I02(),    p.    '|5. 


—  55  — 

En  1206,  Philippe,  archidiacre  de  Poissy,  reconnut  cpie  le  prieuré  de 
Montchauvet  ne  lui  devait  point  de  droit  de  procuration  '. 

Plus  tard,  20  novembre  1220,  les  habitants  s'engagèrent  à  paver  aux 
Bénédictins  8  deniers  par  arpent  pour  les  vieilles  vignes,  10  deniers 
pour  les  nouvelles  et  le  5<^  pot  pour  le  pressurage'. 

Dans  une  charte  du  mois  de  novembre  1837,  nous  trouvons  une 
longue  énumération  des  privilèges  et  coutumes  de  Montchauvet. 
Comme  ils  offrent  quelque  intérêt,  nous  nous  faisons  un  devoir  de  les 
mentionner. 

1°  Philippe,  par  la  grâce  de  Dieu,  roi  de  Navarre  et  comte  d'Evreux, 
ordonne  aux  habitants  de  choisir  le  lendemain  de  Noël  12  jurés  pour 
l'année.  Ces  hommes  sont  obligés  de  se  présenter  devant  le  bailli  de 
Mantes  ou  le  procureur  de  Montchauvet  pour  prêter  serment  de 
respecter  les  droits  du  roi.  A  la  fin  de  l'année,  ils  se  nomment  douze 
successeurs,  qui  jurent  comme  eux  fidélité  au  prince. 

2°  Les  jurés  désignent  toute  fois  que  mestier  en  est  trois  sergents  pour 
garder  la  ville  pendant  la  nuit,  et  trois  autres  pour  veiller  sur  les 
héritages,  trois  courratiers  pour  accompagner  les  marchands  venant 
acheter  du  vin  en  la  dite  bourgade  et  pour  les  conseiller  suffisamment. 

3°  Ils  ont  aussi  la  charge  d'élire  un  maçon  et  un  charpentier  pour 
oster  les  périls  (?)  des  maisons  et  faire  rapport  selon  que  à  tel  cas  appar- 
tient, deux  boullengers,  deux  bouchers,  taverniers  et  autres  personnes 
des  autres  mestiers,  toute  fois  que  le  cas  se  y  offerra. 

Pour  les  emplois  demandant  personnes  jurées,  ils  présentent  les  élus 
aux  gens  et  officiers  du  comte.  S'ils  sont  trouvés  aptes  aux  offices  en 
question,  ils  doivent  promettre  de  les  exercer  en  toute  loyauté. 
Lorsque  ces  derniers  commettent  quelque  méfait,  les  jurés  inter- 
viennent pour  appeler  sur  la  tête  des  délinquants  le  châtiment  qu'ils 
méritent. 

4°  Les  jurés  peuvent  s'assembler  en  la  maison  commune  chaque  fois 
que  les  besongnes  de  la  ville  l'exigent.  Ils  doivent  soustenir,  supporter 
les  charges  que  comporte  cette  maison.  Les  gens  du  comte  y  peuvent 
tenir  assises  et  assemblées  quand  bon  leur  semble. 

5°  Les  jurés  ont  droit  de  borner  les  héritages  dans  la  ville  morne; 
mais  non  les  sentiers,  les  chemins  et  forts  qui  relèvent  du  prince. 

1.  Arcli.  nat.  L.  780. 

2.  L.  781. 


\6  — 


(]"  Les  jurés  doivent  choisir  les  frères  qu'il  convient  de  mestre  en  la 
maison-Dieu.  Ils  les  présentent  aux  officiers  du  comte  qui  leur  font 
prêter  serment,  s'ils  les  trouvent  à  ce  suffisants.  Le  maître  delà  maison- 
Dieu  rend  compte  de  son  administration  aux  gens  du  comte,  en 
présence  des  jurés. 

Si  quelqu'un  de  Montchauvet  ou  du  voisinage  empiète  sur  la  terre 
du  comte  d'Evreux,  les  jurés  se  rendent  sur  les  lieux  et  font  un 
rapport  relatif  au  délit.  Si  les  officiers  du  comte  doivent  eux-mêmes  se 
transporter  sur  place,  ils  appellent  les  jurés  et  d'autres  personnes  de  la 
ville,  si  mestier  est. 

7°  Si  aulcun  mesdit  ou  meffait  aux  douze  jurés  ou  à  aulcun  d'iceux 
faisant  les  besongnes  de  la  dite  ville  et  les  bonnes  nécessités  d'icelle, 
les  jurés  peuvent  les  appeler  par  devant  les  gens  du  comte  qui  contrai- 
gnent les  mefFaisants  à  faire  amende  de  ce. 

8"  Les  jurés  ont  aussi  toute  liberté  de  faire  arrester  par  les  sergents 
du  comte  les  marchands  ou  autres  personnes  qui  leur  doivent 
quelques  denrées  de  vin  ou  aiitres  jusqu'à  ce  qu'ils  aient  reçu  satis- 
faction. 

9"  Le  comte  d'Evreux  commande  que  les  estallons  à  mesures  de 
grains,  de  vin,  aulnes  et  poix  à  peser  soient  baillés  par  ses  gens  en 
garde  aux  douze  jurés.  Lorsqu'il  s'agit  d'estallonner  les  mesures, 
aulnes  et  poids,  les  gens  du  comte  sont  tenus  d'appeler  les  12  jurés,  qui 
ont  la  moitié  des  profTits  de  ce  travail.  Le  reste  appartient  au  comte'. 

Les  deux  prieurés  de  Montchauvet  et  de  Septeuil  avaient  été  unis  à 
la  mense  conventuelle.  Ils  furent  détaxés  et  l'abbaye  de  Saint-Germain- 
des-Prés  fut  remboursée  d'une  somme  de  280  livres  qu'elle  avait 
payées,  en  I568^ 

En  1590,  le  roi  remit  aux  religieux  de  Saint-Germain  un  tiers  des 
décimes  qu'ils  payaient  pour  les  églises  de  Septeuil  et  de  Montchauvet, 
dont  les  fermes  avaient  été  ruinées  par  les  gens  de  guerre  ^ 

Le  10  août  1739,  les  Bénédictins  offrirent  à  monseigneur  le  comte 
de  Clermont,  leur  abbé,  la  chasse  dans  l'étendue  du  prieuré  de  Mont- 
chauvet '. 


1.  Arch.  nat.  LL.  1081,  p.  67-76,  84-88. 

2.  /(/.  G'x  i3(ji,  G*x  i2o5,  cote  A,  f°  3. 

3.  BojiMX. 

4.  Chapitres  conventuels.  Dit.  nat.  ms.  fr.  i6358,  p.  i. 


5? 


Vers  la  mcme  époque,  monsiciir  de  Scnozan,  conseiller  d'Etal  et 
seigneur  de  la  châtellenie  de  Montchauvet,  soutenait  que  le  lief  du 
prieuré  relevait  de  sa  seigneurie.  11  demandait  que  les  religieux  lui 
fournissent  un  homme  vivant  et  mourant.  Ces  derniers  lui  démon- 
trèrent qu'ils  ne  dépendaient  point  de  lui,  mais  qu'ils  étaient  ses  cosei- 
gneurs'. 

Prieurs. 

i5o8.  Jehan  Poussin. 

i638.  Barnabe  Aubert,  démissionnaire. 

Pierre  Cereste  lui  succède. 
i523.  Nicolas  Daloi. 
1595.  Julien  de  Paris. 

Seigneurie  spirituelle 

Le  château  de  Montchauvet  étant  construit,  l'abbé  Hugue  demanda 
à  Geoffroy,  évêque  de  Chartres,  la  permission  de  bâtir  une  église 
paroissiale  en  l'honneur  de  sainte  Madeleine,  hors  de  Montchauvet, 
parce  qu'il  avait  l'intention  d'y  ériger  un  monastère  pour  plusieurs  de 
ses  religieux.  Plus  tard,  il  sollicita  la  faveur  de  construire  une  autre 
église  dans  Montchauvet,  afm  que  les  habitants  eussent  la  facilité  d'en- 
tendre la  messe  sans  troubler  les  religieux  dans  l'église  principale. 
L'évéque  de  Chartres  y  donna  son  consentement  en  présence  de 
Mathieu,  évêque  d'Albano,  et  légat  du  Saint-Siège,  à  condition  (lue  le 
monastère  de  Saint-Germain  payerait  tous  les  ans  à  l'église  de  Ciiartres 
le  droit  de  visite  et  de  synode  '. 

En  outre,  pour  éviter  les  conllits  qui  pouvaient  naître  entre  les  reli- 
gieux et  le  curé  de  la  paroisse,  l'évéque  prit  une  sage  mesure  en  déter- 
minant   les    attributions   respectives.    Il    régla   que  les   Bénédictins 


I.  Arch.  nat.  S.  ag/'tS. 

n.  Nous  ne  savons  comment  coiicilior  ce  dernier  poiiil  avec  les  asserlioiis  de 
Philippe,  archidiacre  de  Poissy,  témoignant,  en  laoC,  que  le  prieuré  de  Montchauvet 
ne  lui  doit  aucun  droit  de  visite. 


)8  — 


auraient  les  deux  tiers  des  offrandes  faites  à  l'église,  et  le  curé,  l'autre 
tiers  ;  que  les  droits  perçus  pour  les  baptêmes  appartiendraient  au 
curé  ;  que  chacun  aurait  la  moitié  des  legs  pieux  qui  seraient  faits  en 
espèce  à  la  paroisse,  et  que  ces  legs  appartiendraient  en  entier  aux 
religieux,  si  le  donateur  les  laissait  en  terres  ou  bâtiments  ;  enfin,  que 
le  curé  aurait  dix-huit  setiers  de  blé,  moitié  froment,  moitié  méteil. 
Pendant  les  temps  de  guerre,  les  Bénédictins  cherchèrent  asile  et  pro- 
tection dans  Montchauvet  et  abandonnèrent  l'église,  qui  avait  été  édi- 
fiée en  dehors  des  murs'.  Goslène,  successeur  de  Geoffroy  et  son 
neveu,  approuva  ces  dispositions.  Le  pape  Eugène  111  les  confirma 
en  ii5o'. 

Les  religieux  de  Saint-Germain  avaient  le  patronage  de  la  cure  de 
Montchauvet.  En  121 1,  Renaud,  évêque  de  Chartres,  leur  contesta  ce 
privilège,  mais  il  reconnut  enfin  son  erreur,  et  saisit  cette  occasion 
pour  exprimer  aux  Bénédictins  son  affectueux  dévouement'. 

Quelques  années  après,  un  dissentiment  éclata  entre  Eude,  prieur 
de  Montchauvet,  et  Amaury,  curé  de  cet  endroit.  Il  portait  sur  la  ques- 
tion des  offrandes  faites  à  l'église.  Au  mois  de  décembre  1220,  Hugue, 
abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  s'interposa  comme  arbitre  et  trancha 
ce  différend.  Nous  citerons  ici  les  principaux  articles  de  l'accord  conclu 
en  cette  circonstance  :  «  ...  Nos  vero  de  bonorum  virorum  consilio  sub 
hac  forma  de  querelis  prœdictis  duximus  ordinandum.  In  primis 
dicimus  quod  universa  quee  continentur  in  cartis  pontifîcum  Carno- 
tensium  super  beneficiis  dictas  ecclesiae  confectis,  rata  et  inconcussa 
permaneant  et  inviolabiliter  observentur.  De  denariis  autem  quos 
presbyter  recepit  a  Judaeis  *   et   in   posterum  recipiet,  pronuntiamus 


1.  Arch.  nat.  L.  781;  LL.  102/1,  P-   62;  Bouillart,  p.  86. 

2.  Id.  L.  781  ;  L.  228,  n°  i5  ;  LL.  loaV 

3.  Id.  L.  780.  Bouillart,  p.  ii3. 

II.  Cette  charte  nous  montre  l'existence  d'une  taxe  imposée  pour  le  séjour  des 
Juifs  et  la  réception  des  sacrements. 

L  Taxe  des  Juifs.  Nous  trouvons  au  moyen  âge  des  exemples  de  cette  taxe.  En 
1190,  Raoul  de  Soissons  se  disposait  à  partir  pour  Jérusalem.  Avant  de  s'éloigner,  il 
donna  à  l'église  de  Notre-Dame  une  rente  de  (3  bezants  d'or,  i^ayable  à  la  Saint- 
Remy  et  exigible  pendant  le  séjour  des  Juifs  à  Soissons.  (Aisne,  Archives  départe- 
mentales, i5o8.)  Sauvai,  dans  son  Histoire  de  Paris,  nous  dit  que  la  communauté  des 
Juifs  payait  au  roi,  en  1226,  48  livres  i5  sols  par  quartier.  (Sauvai,  t.  II,  p.  528.) 

II.  —  Taxe  des  sacrements.  Suivant  M.  Imbart  de  la  Tour,  dès  le  1X°  siècle,  le 
prêtre  savait  tirer  prolit  du  baptême,  des  sacrements  et  des  choses  saintes.  L'Eglise 


59  - 


qnod  prior  habeat  duas  partes  et  presbylor  terciam,  cum  do  jure 
pertineat  ad  jus  parrochiale  et  priori  salisfaciat  presbyter  de  perceptis. 
Insnpcr  de  duodecim  denariis  censualibus  in  cleemosinam  datis, 
dicimus  cpiod  prior  eos  babeat  et  per  se  possideat  sine  reclamalione 
presbvteri  et  priori  competenter  salisfaciat  presbyter  de  receptis.  De 
tricenariis  vero  sic  ordinamiisquod  prior  babeat  duas  partes  et  presl)y- 
ter  terciam,  et  luiuscpiisque  desumat  partem  suam.  Preterea  de  obla- 
tionibus  in  confessionibus  in  ecclesia  factis  a  peregrinis  vel  a  mube- 
ribuspregnantibus  vel  a  jejunantibusquadragesimas  et  de  sponsalibus 
et  de  sepulturis  mortuorum  babeat  prior  duas  partes,  et  presbyter, 
terciam.  De  denariis  vero  confraternitatum  et  de  gelinis  sancti  Barlho- 
lomœi  dicimus  quod  prior  nicbil  babeat  vel  percipiat  et  in  boc  dictum 
presbyterum  duximus  absolvendum\  » 

Une  dame  de  qualité,  nommée  Julienne  Britone,  avait  bâti  une 
maison  à  Montcbauvet.  Elle  demanda,  en  12C0,  à  l'abbé  Gérard  la 
permission  d'y  ériger  une  chapelle.  Elle  assurait  une  rente  de  iZj  livres 
pour  l'entretien  du  chapelain.  On  lui  accorda  ce  qu'elle  souhaitait, 
mais  avec  certaines  réserves.  Comme  la  chapelle  se  trouvait  en  la 
paroisse  de  Montcbauvet,  le  prieur  et  le  curé  devaient  se  partager 
toutes  les  offrandes  qui  y  seraient  faites.  Quant  aux  legs  pieux,  il  fut 
convenu  qu'ils  en  auraient  tous  les  deux  la  moitié,  et  que  l'autre 
moitié  reviendrait  au  chapelain.  Ce  dernier  était  à  la  nomination  de 
l'abbé  de  Saint-Germain". 

En  1496,  le  prieur  de  Montcbauvet  renonça  aux  deux  tiers  des 
mêmes  dîmes  et  des  offrandes   de  la  paroisse,  en  faveur  du    curé. 


luttait  en  vain  pour  supprimer  cet  abus  et  maintenir  l'ailministralion  gratuite  des 
sicrements.  Paroisses  rurales  en  France  du  I\'°  au  IX°  siècle,  par  Iniliarl  de  la  Tour, 
Paris,  Alphonse  Picard  et  Ois,  igoo.  Sur  la  vente  des  sacrements,  Cajiitiila  ann.  80a  a 
12.  Boretius,  p.  106.) 

Nous  lisons  dans  Chardon  (^rio•ne,  t.  X\,  p.  70o-7r)2'>  qu'au  moyen  Ajre  on  mV'"- 
geait  de  recevoir  le  sacrement  d'extrème-onction,  parce  qu'on  ne  le  donnait  qu'aux 
riches  et  que  personne  ne  pouvait  être  extrémisé  sans  payer.  En  129'),  suivant  !<■ 
même  auteur,  Guillaume  le  Malaire,  évèque  d'Angers,  censura  l'avarice  do  ses 
prêtres,  qui  demandaient  les  linges  sur  losciuels  le  malade  était  couclié  pendant 
(pi'on  faisait  l'onction.  —  Nous  \errons  plus  lard  qu'on  percevait  deux  sols  à 
Nainlré  ]ionr  administrer  rexlrrnic-onctiiin.  Souvent  it  e>t  i[\ir^lioii  des  honoraires 
du  baptême. 

1.  Arch.  nnt.  L.  781. 

2.  Iil.  LL.  1081,  p.  '1  ;  \.L.  loai;,  p.  85. 


Go  — 


nomme  Descalles.  Celui-ci  pouvait  jouir  de  ces  droits  pendant  sa  vie, 
mais  il  était  tenu  de  payer,  chaque  année,  la  somme  de  36  sols'. 

Renée  Rivière,  veuve  de  Claude  Benoist,  donna  à  la  fabrique  de 
1  église  de  Sainte-Madeleine  un  arpent  de  terre,  situé  au  Buisson  (iGo7)'\ 

En  1620,  les  religieux  accordèrent  au  sieur  Richard  Desmont,  curé, 
une  somme  de  12  livres,  pour  augmenter  son  gros.  Ils  lui  donnèrent 
aiissi  la  jouissance  d'une  maison  pendant  sa  vie\ 

Il  y  avait  à  Monlchauvet  une  maladrerie.  Jeanne,  comtesse  de  Cham- 
pagne, femme  de  Philippe-Auguste,  l'avait  fondée  en  1297*. 

Le  IV  des  ides  de  janvier  ou  le  10  de  ce  mois,  le  prieur  de  Monlchau- 
vet devait  payer  lx  sols  pour  l'anniversaire  de  Richard  de  Septeuil. 
Le  IV  des  nones  de  décembre  ou  le  2  de  ce  mois,  on  célébrait  l'an- 
niversaire d'Amaury  de  Montchauvet  et  on  payait  pour  cette  céré- 
monie xxvni  sols  parisis^ 

De  l'ancien  Montchauvet  il  ne  reste  plus  que  l'église  située  à  la 
pointe  extrême  du  coteau  dominant  la  vallée  qui  s'étend  vers  Septeuil. 
Cette  église  n'offre  rien  de  remarquable,  sauf  ses  vastes  dimensions  et 
le  porche  couvert  de  l'entrée,  où  se  tenait  autrefois  le  conseil  des  jurés 
communaux. 

Curés 

i523.  Margottier. 

i523.  Jean  Furcotte. 

161 1.  Richard  Desmont. 

i55o.  André  Chardct. 

1679.  Eustache  Cadiou. 

1771.  Pellcrin. 


1.  Arch.  nat.  LL.  1081,  p.  17. 

2.  Id.  LL.  II ',G,  p.  C5i. 

3.  /(/.  LL.  ii',6,  p.  054. 
fi.  M.  LL.  ii4G,  p.  C53. 
5.  /(/.  LL.  1027. 


(m    — 


SEPTELIL 


Histoire  territoriale 


Septeuil  est  une  commune  de  888  habitoints,  située  dans  le  canton 
de  Houdan,  arrondissement  de  Mantes,  département  de  Seine-et-Oise. 
Son  territoire  est  traversé  par  une  petite  rivière,  nommée  Vaucoulcurs, 
dont  les  eaux  ne  diminuent  jamais,  affirme  un  document  de  la  fin  du 
XVIII«  siècle.  Elle  ne  gèle  pas,  si  froid  qu'il  fasse  ;  au  contraire,  plus 
il  gèle,  et  plus  elle  fume  !!!  ' 

Le  nom  latin  s'écrivit  de  diverses  manières  suivant  les  époques.  On 
trouve,  au  IX^  siècle,  Scptogilus,  Septoiliis  ;  au  XP  siècle,  Septoculum  ; 
au  XIP  siècle,  Septulia  ;  au  XllP  siècle,  Sistoliiim.  En  français,  on 
rencontre  Steuil,  Steille,  enfin  Septeuil.  Le  Polyptyque  d'Irminon  fait 
mention  de  cette  localité.  D'après  ce  document,  les  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  y  avaient  des  colons  possédant  6  manscs  ingénuiles 
comprenant  en  tout  89  bonniers,  deux  journaux  de  terres  arables, 
8  arpents  de  prés  et  6  arpents  de  bois^ 

Ce  domaine  disparut  en  grande  partie  pendant  les  invasions  nor- 
mandes. La  générosité  chrétienne  essaya  de  le  reconstituer,  mais  sans 
pouvoir  y  réussir  pleinement.  En  1 240,  Guillaume  de  Poissy,  chevalier, 
dit  Sans-Avoir,  donna  aux  Pénédictins  la  moitié  d'iuie  masure'.  Au 
mois  de  novembre  i253,  Simon  Leschaudert  leur  vendit  poiu-  le  prix 
de  9  livres  parisis  les  5  setiers  de  blé  qu'il  prenait  sur  leur  grange  de 

Septeuil*. 

L'abbé    de    Saint-Germain-des-Prés,  reconnaissant  (pie  le  prieure  de 

Septeuil  était  grevé  de  dettes,  fit  prêter  au  prieur  (io  livres  par  les 


I.  Arch.  nal.  S.  2f)30. 

a.  Irminon,  Polyptyque  de  l'abboye  de  SaiiU-Gerimiii ,  rd.  I.on(;>o>.  p.  33o  et  33a. 

3.  Arch.  liai.  L.  808. 


G2    — 


gardes  du  revenu  des  aumônes,  à  la  condition  qu'il  rendrait  cette 
somme  en  6  annuités,  le  jour  de  Saint-Vincent  (janvier  1264)'. 

Les  religieux  de  Saint-Germain  soutenaient  qu'ils  avaient,  de  toute 
ancienneté,  le  droit  de  percevoir  20  sols  parisis  par  an  sur  le  fief  des  Fos- 
sés, sis  au  territoire  de  Buchelay-lès-Mantes.  Jacquette  Âupers,  veuve  de 
feu  Jacques  les  Ventriers,  de  son  vivant  bourgeois  de  la  ville  de  Man- 
tes, qui  en  jouissait,  ailirmait  qu'elle  n'avait  jamais  rien  payé  depuis 
Go  ans,  et  que  cette  rente  était  prescrite.  Les  Bénédictins,  pour  éviter  un 
procès  douteux,  firent  remise  des  arrérages,  du  consentement  de  Guil- 
laume Tureau,  prieur  de  Septeuil.  La  veuve  de  Jacques  les  Ventriers  s'en- 
gagea à  payer  à  l'avenir,  au  jour  saint  Rémi,  la  rente  de  10  sols  parisis 
qu'on  réclamait  (7  janvier  1496)  ^ 

Le  II  janvier  i5o8.  Frère  Guillaume  Thureau,  prieur  de  Septeuil, 
acquit  21  perches  de  vigne,  situées  sous  l'abbaye  de  Saint-Corentin. 
Des  contrats,  passés  en  io43  et  en  i552,  nous  montrent  aussi  que  les 
Bénédictins  avaient  droit  à  divers  cens  dans  la  paroisse  de  Courgent'. 

Le  monastère  de  Saint-Germain-du-Prés  possédait  à  Septeuil  un 
moulin.  Il  le  céda  à  Olivier  Hallegret,  seigneur  temporel  de  l'endroit, 
et  reçut  en  échange  i4  arpents  70  verges  de  terre  arable,  au  heu  dit  la 
haute  Tasse,  plus  deux  arpents  de  pré,  au  lieu  dit  Behu  (21  janvier 
i59i)\ 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés,  en  qualité  de  seigneurs  du 
fief  de  Bois-Robert,  avaient  droit  aux  grosses  et  menues  dixmes.  Le 
curé  de  Guerville  prétendait  avoir  le  privilège  de  les  percevoir  en  tota- 
lité. Une  sentence  des  Requêtes  du  palais  adjugea  la  moitié  de  ces 
dîmes  aux  Bénédictins,  et  intima  l'ordre  au  curé  de  Guerville  de  resti- 
tuer celles  dont  ses  fermiers  s'étaient  injustement  emparés  (18  mars 
i655)  =. 

Le  dixmage  de  Bois-Robert  et  de  la  Brosse,  paroisse  de  Guerville, 
était  limité  par  les  chemins  de  Montfort-l'Amaury,  de  Guerville  à 
Ileurteloup,  de  Heurtcloup  au  Brueil,  de  Bois-Robert  à  Binanville  et 


1.  Arch.  liai.  L.  808. 

2.  Id.  LL.  10.S2,  p.  2  ;  S.  2<j3G. 

3.  hl.  S.  2986. 

li.  Id.  S.  2(j3G;  Bih.  liât.  ins.  fr.  12888,  p.  2o'i. 
5.  /(/.  LL.   Il ')(•),  p.  OGfi. 


G3  - 


de  Bois-Robert  à  Vert.  Dans  les  environs,  on  remarquait  la  croix  des 
Reposoirs  ou  de  Saint-Jacques-de-Composlelle'. 

Les  Bénédictins  avaient  prêté  à  Claude  BouUand,  sieur  de  Beau- 
mont,  habitant  Montcliauvet,  une  somme  de  5oo  livres,  qui  fut  hypo- 
théquée sur  ses  biens  (26  août  1669).  Cinq  ans  plus  lard,  17  août  iG-^, 
une  sentence  rendue  aux  Requêtes  du  Palais  condamna  Louis  Luce, 
laboureur  à  Courgent,  à  payer  l'obligation  du  sieur  BouUand,  ou  à 
céder  5  quartiers  de  terre,  au  lieu  dit  les  Gredeux,  paroisse  de  Septeuil. 
Il  se  résigna  à  ce  dernier  parti.  Il  faut  croire  qu'il  était  devenu  pro- 
priétaire des  biens  de  Claude  BouUand  \ 

Nous  pourrons  avoir  une  idée  assez  exacte  des  biens  que  Saint-Ger- 
main-des-Prés  possédait  à  Septeuil,  en  consultant  les  dénon)brcments 
et  les  baux. 

Le  premier  dénombrement  que  nous  citerons  est  celui  de  i384.  Il  est 
conçu  en  la  forme  suivante  : 

Item,  en  la  ville  de  Steille,  une  prioré,  en  laquelle  demeure  un  prieur 
et  y  a  une  maison  qui  fut  destruite  par  les  ennemis.  Item,  il  y  a 
Lx  arpents  de  terre.  Item  sur  le  molin  ini  sestiers  de  grain.  Item,  cens 
et  rentes,  par  an,  environ  xx  livres.  Item  la  disme  de  grains  de  la 
paroisse  peut  valoir  xmi  muis.  Item  la  disme  de  vin  de  la  paroisse  et 
hemiaux  nommé  Bonveler  (Boinvilliers?),  environ  v  pipes  de  vin 
valant  environ  vm  livres.  Et  sur  ce,  il  doit  lx  sols,  pour  Visitation  et 
procuration,  à  l'évesque  de  Chartres  et  à  l'archidiacre  Pinceres'. 

Un  autre  dénombrement,  daté  de  1426,  nous  montre  que  le  domaine 
des  Bénédictins  ne  s'est  pas  amélioré.  En  voici  le  texte  : 

De  maison,  cour,  granche,  jardin  que  soullaient  avoir  les  religieux, 
de  présent  n'ont  rien.  Ils  soullaient  avoir  un  four  bannier  valant  24  sols 
parisis.  Un  moulin  non  bannier  valant  iSseptiers.  2.4  sols  de  rente 
que  les  religieux  prennent  sur  tous  les  héritages  de  Jean  Berger. 
Autrefois  soûlaient  avoir  70  sols  de  cens  et  maintenant  rien.  4  arpents 
de  pré.  4o  arpents  environ  en  plusieurs  pièces.  Les  dismes  de  grains  et 
vins,  sur  quoi  le  curé  a  droit  de  prendre  24  septiers  de  grain  et  myne. 
Toutes  les  menues  dîmes,  dont  le  curé  en  a  le  tiers,  qui  soullaient 


I.  Arck.  riat.  S.  2(j3G. 

3.  /./.  S.  3936. 

3.  /(/.  L.  7O0,  n°  2(j.  Dom  dl  Bouug,  ouv.  cité. 


G4  — 


valoir  4  sols  parisis,  et  à  présent,  nichil.  En  la  ville  de  Bruel  (Breuil)  et 
du  Bois-Robert,  le  quart  des  dîmes  de  grain  et  de  vin  en  aucunes 
contrées,  qui  vallaient  m  queues  et  IX  septiers  de  grain.  lo  sols  parisis 
sur  un  fief,  appelé  le  fief  d'Arannes,  en  la  ville  de  Buchelay*. 

En  lôag,  les  terres  du  prieuré  de  Septeuil  étaient  affermées  à  Pierre 
Popier,  curé  du  dit  lieu,  pour  la  somme  de  220  livres  et  deux  pour- 
ceaux gras.  Le  7  septembre  1626,  le  fermage  était  fixé  à  4oo  livres  par 
an  et  4  douzaines  de  serviettes  de  toile  de  lin.  En  plus  de  ces  charges, 
le  preneur  devait  fournir  une  fois  seulement  4  nappes  de  pareille  toile 
de  5  aunes  de  long  ;  faire  chanter  la  messe  en  l'église  du  prieuré, 
aux  fêtes  de  saint  Nicolas,  delà  Pentecôte,  de  Noël,  de  la  Toussaint; 
donner  au  curé  3  muids  de  blé  et  2  muids  de  vin^. 

En  i653,  Dom  Placide  Roussel,  prieur,  et  les  religieux  de  Saint-Ger- 
main-des-Prés  baillèrent  à  ferme,  pour  9  ans,  à  Jean  le  Bigre,  la  maison 
et  hostel  seigneurial  du  prieuré  de  Septeuil,  consistant  en  une  grande 
salle,  deux  chambres  basses,  une  cuisine,  une  autre  chambre  basse, 
les  greniers  au-dessus,  une  cave,  deux  granges,  estables,  cour  et  jardin, 
i5  arpents  de  terre,  au  lieu  nommé  la  Charbonnière,  les  grosses 
dixmes,  la  moitié  des  menues  dîmes,  les  droits  seigneuriaux,  pour  le 
prix  de  900  livres  tournois  par  an,  à  la  charge  de  payer  au  vicaire  per- 
pétuel, pour  son  gros,  28  septiers  de  blé,  4  septiers  d'avoine,  4  septiers 
d'orge,  2  muids  de  vin  et  i5  livres,  et  de  payer  les  décimes  ordi- 
naires et  extraordinaires^. 

Le  bail  du  3i  décembre  1767  comprenait  : 

1"  La  maison  seigneuriale  du  prieuré  de  Septeuil. 

2°  i5  arpents  de  terres  labourables,  dans  le  parc  de  la  Charbon- 
nière. 

3"  4  arpents  de  pré  en  trois  pièces. 

4°  5  quartiers  tant  de  terre  que  de  pré  entourés  de  hayes  et  plantés 
d'arbres  fruitiers,  au  lieu  dit  :  les  Gredeux,  proche  le  moulin  de  la 
Planche. 

5"  Les  grosses  dîmes  de  grains  et  de  vin. 

Le  tout  était  affermé  iioo  livres  à  Louis  Boisgillot.  Le  preneur  était 


I.  Arch.  nat.   S.  agSG. 

a.  Id.   S.  2g36. 

3.  Id.   LL.  1089,  p.  3o'i. 


G5  — 


tenu  de  pourvoir  aux  réparations  locatives,  de  fournir  les  charrois 
pour  les  grosses  réparations,  de  donner  90  aulnes  de  toile,  moitié 
grosse,  moitié  fine,  plus  i4  dindons,  de  recevoir  deux  fois  par  an  les 
religieux  allant  à  Septeuil,  de  les  héberger  et  nourrir  avec  leurs  domes- 
tiques et  leurs  chevaux'. 

Le  déclaration  de  1790  est  ainsi  formulée  : 

La  ferme  segneuriale  du  prieuré  de  Septeuil,  membre  dépendant  et 
anciennement  réuni  à  la  mense  des  religieux  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  avec  i5  arpents  de  terres  labourables,  clos  de  haies  vives, 
4  arpents  de  prés  en  3  pièces,  et  une  autre  pièce  de  3  quartiers  tant 
terres  que  prés.  Item,  les  dîmes  de  grains  à  la  iS*"  gerbe.  Les  dîmes  de 
vin,  'à  raison  de  8  pintes  par  muid  ;  la  moitié  des  menues  dîmes  et 
toutes  les  vertes  dîmes.  Item,  les  cens,  lods  et  ventes  de  la  censive 
appartenant  au  dit  prieuré.  Le  tout  loué  2000  livres  à  la  veuve  de  feu 
Henry  Haranger,  par  bail  du  4  novembre  1785,  jouissance  en  1788, 
plus  en  passant  le  dit  bail  3ooo  livres,  faisant  par  an  333  livres  6  sols 
8  deniers.  Plus  90  aulnes  de  toile,  moitié  grosse,  moitié  fine,  à  20  sols 
l'aulne  (90  livres);  plus  i4  dindons,  estimés  3o  sols  chacun  (21  liv.). 
Plus,  payer  au  curé  de  Septeuil  pour  son  gros  : 

28  septiers  de  blé,  à  24^  le  sept 672^ 

Plus  4  septiers  d'orge,  à  i5Ue  sept 60' 

Plus  4  septiers  d'avoine,  à  i5'le  sept 60^ 

Plus  deux   muids    de  vin,   à   4o'  le   muid.     .     .     .     .     .         80^ 

Plus  i5  livres  en  argent i5' 

~887' 

La  moitié  des  grosses  dîmes,  les  menues  et  vertes  dîmes  de  Bois- 
Robert  appartenant  au  susdit  prieuré  de  Septeuil,  dans  l'étendue  du 
fief  de  Bois-Robert  et  de  la  Brosse  du  Breuil,  paroisse  de  Guerville,  à 
l'exception  d'environ  12  arpents,  au  lieu  dit  les  Barons,  dont  le  curé 
de  Guerville  jouit  seul  avec  l'autre  moitié  des  susdites  dîmes,  louées 
au  sieur  Hector  Gautier,  demeurant  à  Guerville,  i5o^  par  bail  passé 
devant  Lefebvre,  notaire  à  Paris,  le  i3  mars  1282,  plus  en  passant  le 
dit  bail  120  livres,  faisant  par  an  i3'  6'  8'"  '. 


I.  Arch.  nat.   S.  2980. 

a.  Id.   S.  2858;  Bib.  nat.  ins.fr,   20848,  p.  3g. 


—  66 


Comme  nous  l'avons  vu,  les  religieux  fournissaient  le  gros  du  curé, 
qui  se  montait  à  887  livres. 

Ils  donnaient  annuellement  au  vicaire  35o  livres. 

Les  décimes  s'élevaient  à  826'  5'  9'. 

Le  4  mars  «791,  la  maison  du  prieuré  de  Septeuil,  avec  ses  dépen- 
dances, 20  arpents  i5  perches  de  terres  et  de  prés,  furent  vendus,  à 
Tousteau  frères,  22900  livres.  Le  11  mars  1791,  à  Puthod,  demeurantà 
Paris,  rue  Neuve  des  Capucines,  pour  Tourteau.  {Archives  départe- 
mentales (Seine-et-Oise),  district  de  Montfort-l'Amaury,  n"  87.) 


Seigneurie  temporelle 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  eurent  à  lutter  pour  conser- 
ver leurs  privilèges.  Certaines  dîmes  leur  furent  disputées.  C'est  ainsi 
que  Pierre  Monnier  et  Jean  Ollive,  soutenus  par  l'abbé  et  le  convent  de 
Neauphle-le-Vieil,  l'abbesse  et  la  communauté  de  Saint-Corentin  ',  leur 
contestèrent  le  droit  de  dîmer  dans  une  pièce  de  terre,  appelée  la  Bou- 
fardière,  et  leur  dérobèrent  80  gerbes  de  blé,  d'orge  et  d'avoine.  Les 
habitants  consultés  attestèrent  et  certifièrent  que  les  grosses  et  menues 
dîmes  de  Pampou  et  de  la  Boufardière  appartenaient  au  prieur  de 
SepteuU.  Une  sentence  du  Châtelet,  rendue  en  l'auditoire  criminel, 
commanda  alors  aux  délinquants  de  restituer  ce  qu'ils  avaient  injus- 
tement perçu  (7  octobre  1607)  ^ 

L'accord  ne  fut  pas  encore  parfait,  et  de  nouvelles  discussions  s'éle- 
vèrent à  ce  sujet.  Le  3o  octobre  1627,  le  prévôt  de  Paris  rendit  un 
arrêt  maintenant  les  Bénédictins  de  Saint-Germain  en  la  possession  de 
la  dîme  sur  3  pièces  sises  à  Septeuil  : 

1°  La  cousture  de  Pampoux,  contenant  22  arpents. 

2°  La  Boufardière,  contenant  20  arpents. 

3°  La  mare  aux  Lancets,  contenant  17  arpents  '. 

Le  3o  mars  1529,  le  prévôt  de  Paris  rendit  une  autre  sentence  en 
faveur  des  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés.  Il  les  maintint  contre 

I.  Saint-Corcnlin-lès-Mantcs. 
3.  Arch.  nal.  LL.  1146,  p.  GG3. 
3.  Id.  LL.  ii4C,  p.  GG5. 


^7 


Jean  de  Guincheux,  escuyer,  seigneur  de  Corbeille,  en  la  possession  et 
saisine  de  prendre  la  dixme  des  blés,  avoine,  scourgeon,  poix,  vesse,  de 
tous  grains  et  fruits  croissant  et  venant  dans  une  pièce  de  terre, 
nommée  les  trente  arpents,  au  territoire  de  Septeuil,  au  triège  des  gros 
des  Plains  \ 

Une  sentence  des  requêtes  condamna  Wandrille  et  Jean  Forger,  et 
autres  héritiers  de  Denis  et  Catherine  Dupré  à  présenter  aux  religieux 
de  Saint-Germain  les  lettres  et  titres,  en  vertu  desquels  ils  possédaient 
un  moulin  à  blé  et  8  arpents  de  terre,  nommés  le  champ  du  Prieur, 
situés  au  village  de  Septeuil  (9  mai  i55i)  '\ 

En  i568,  on  avait  grevé  le  prieuré  de  Septeuil  d'une  taxe  de  80  livres 
et  celui  de  Montchauvet  d'une  taxe  de  4o  livres.  Comme  ils  étaient 
unis  à  la  mense  conventuelle,  ils  furent  déchargés  de  cet  impôt  extraor- 
dinaire \ 

Le  26  mars  1578,  les  commissaires  délégués  par  le  pape  exemptèrent 
de  2  écus  et  1/3  de  rente  les  prieurés  de  Montchauvet  et  de  Septeuil, 
comme  n'étant  pas  de  la  qualité  indiquée  par  la  bulle  de  Sa  Sainteté*. 

En  i588,  le  prieuré  de  Septeuil  est  taxé  néant,  parce  qu'il  est  uni 
et  annexé  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  ^ 

A  la  date  du  26  novembre  1092,  nous  trouvons  une  lettre  de  cachet 
de  messieurs  les  trésoriers  de  France  establis  à  Senlis,  dans  laquelle  ils 
sont  d'avis  que  Sa  Majesté  remette  aux  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés  un  tiers  des  décimes,  ce  à  quoi  leurs  prieurés  de  Montchauvet 
et  Septeuil  avaient  été  taxés  depuis  4  années,  vu  que  les  fermiers  des 
dits  prieurés  avaient  été  ruinés  par  les  gens  de  guerre  \ 


Seigneurie  spirituelle 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  avaient  depuis  un  temps 
immémorial    le   patronage  de  l'église  de  Septeuil,  lorsque,  en   12 10» 


I.  Arch.  iKit.  LL.  i  i/|G,  p.  065. 

a.  Id.  LL.   I  i^fi,  p-  670. 

3.  Id.  G«x  120G,  pièces  82,  8.'i,  80,  253  ;  G«x  i3f)i. 

k-  Id.  Cx  120O,  pièce  253. 

5.  Id.  G"x  i3(j4. 

C.  Id.  LL.   ii/iG,  p.  675. 


—  08  — 

Rcnavid,  évèqiie  de   Chartres,   voulut  le  leur  contester.   Il  reconnut 
bientôt  son  erreur  et  proclama  les  droits  des  Bénédictins  '. 

Goslène  de  Lèves  (ii^q-So)  et  son  successeur,  Robert  111  (ii5G-G^), 
d'éterminèrent  les  relations  du  curé  de  la  paroisse  et  des  religieux. 
L'accord  passé  en  cette  circonstance  a  trait  au  partage  des  offrandes  et 
de  la  dime,  l'assistance  aux  offices  et  le  payement  du  gros. 

Les  Bénédictins  célébraient  avant  ou  après  le  curé.  Lorsqu'ils  chan- 
taient la  messe  avant  ce  dernier,  ils  partageaient  avec  lui  les  honoraires 
ou  offrandes.  Il  n'en  était  pas  de  même  dans  le  second  cas.  Le 
partage  n'existait  plus,  et  le  curé  ne  recevait  rien,  excepté  aux  cinq 
fêtes  solennelles  de  l'année,  où  tout  devenait  commun  pendant  la 
journée  entière.  Les  religieux  se  réservaient  les  offrandes  en  natvue  ou 
en  argent  qui  se  faisaient  à  l'occasion  de  la  saint  ^Nicolas.  Ils  avaient 
droit  aux  deux  tiers  des  chandelles  offertes  dans  le  cours  de  l'année. 
Cependant  ils  ne  prenaient  que  la  moitié  de  celles  qu'on  recueillait  en 
la  fête  de  saint  Barthélemi,  et,  si  elles  faisaient  défaut,  ils  partageaient 
avec  le  curé  le  cierge  bénit.  Si  le  curé  devait  aux  Bénédictins  la  moitié 
de  ce  qu'il  recevait  à  l'occasion  des  messes  qu'il  célébrait,  il  pouvait 
conserver  poiu'  lui  tous  les  droits  de  baptême  et  la  quête  des  œufs. 

Les  religieux  avaient  en  propre  la  dîme  de  la  Charbonnière  (?) 
(décima  de  Cardonnello),  et  les  deux  tiers  des  menues  dîmes.  Le  curé 
se  contentait  de  la  dîme  du  pré  (décima  de  Domni  ciiria  ?)  de  Dancourt, 
du  tiers  des  menues  dîmes  et  de  deux  septiers  de  blé,  que  les  Bénédic- 
tins lui  fournissaient  chaque  année.  Les  dimanches  et  jours  de  fêtes, 
il  devait  célébrer  l'office  des  matines  et  la  messe  matinale  pour  la 
population  dans  son  église  de  Saint-Xicolas.  Ces  mêmes  jours  et  la 
veille,  il  se  voyait  obligé,  autant  que  ses  occupations  le  lui  permet- 
taient, d'assister  à  la  procession,  à  la  grand'messe  et  aux  vêpres  des 
roligieiix.  Il  lui  était  défendu  de  sonner  ses  vêpres  avant  les  vêpres  des 
moines.  Les  Bénédictins  lui  donnaient  pour  son  gros  i4  septiers  et 
demi-mine  de  blé,  8  septiers  et  demi-mine  d'orge,  8  septiers  d'avoine, 
à  la  mesure  de  Septeuil.  Quels  privilèges  avaient  les  religieux  de  Saint- 
Cermain-des-Prés  relativement  aux  infirmes  ?  Nous  ne  le  savons  pas 
explicitement.  Peut-être  voulaient-ils  avoir  seuls  la  faveur  de  bénir  les 
malades  ou  de  leur  procurer  le  sacrement  d'extrême-onction,  comme 

I.  Id.  LL.  iiiC,  p.  CG3.  Hib.  nat.  ms.fr.  ia838,  p.  i^o. 


-  Gcj 


le  fait  supposer  la  phrase  suivante  :  «  Presbyter  in  suis  visitationibus 
commonefaciet    infirmes   ut   monachos  visitent   in   suis  benedictio- 

nibus  '.  »  '  c  -1 

S'il  faut  en  croire  Dubreuil,  il  y  avait,  en  1 007,  deux  églises  a  Septeuii. 
Nous  citerons  ses  paroles  :  «  Duœ  quidem  exstant  ecclesiœ  Septuliœ, 
sed  una,  quœ  parrochialis  fuit,  nullo  liodie  est  usui.  Nova  decedenle 
circa  annum  Domini  i5o7  (fratre  GuiUelmo  ïureau,  priore  de  Septulio, 
ibidem  commorante,  ut  tune  erat  consuetudo  priorum,  ante  reforma- 
tionem  S.  Germani),  incolœ,  sua  veteri  parrochia  derelicta,  ad  eam  quœ 
est  prioratus,  ut  loco  superiori  et  amœniori  sitam,  convolarunt,  etnavi 
constructa,  ibi  perpetuam  divini  obsequii  sedem  fixerunt.  Dedicata  est 
autem  hœc  eclesia  in  honorem  sancti  Nicolai.  »  Ceci  semble  concorder 
avec  la  notice  composée  par  l'instituteur  de  Septeuil,  où  il  observe  que 
l'église  actuelle  se  compose  du  chœur   de  la  chapelle  du  prieure, 
auquel  on  ajouta  une  nef  \  Les  habitants  préférèrent  l'église  des  reli- 
gieux à  leur  église  paroissiale.  Elle  occupait  un  site  plus  agréable  et 

plus  élevé". 

Le  12  juin  1600,  ils  demandèrent  aux  Bénédictins  d'y  faire  célébrer 
une  première  messe  les  dimanches  et  jours  de  fêtes  et  d'y  mettre  un 
prêtre  à  cet  effet.  Ils  furent  sans  doute  exaucés,  car,  le  id  décembre 
i656,  les  rehgieux  concédèrent  3  perches  de  terre  pour  bâtir  un  petit 
logis  au  chapelain  de  Septeuil*. 

Les  Bénédictins  donnaient  100  hvres  chaque  année  au  vicaire,  et,  en 
agissant  de  la  sorte,  ils  croyaient  lui  faire  une  gratification.  Celui-ci 
vint  demander  de  lui  constituer  une  portion  congrue  de  200  livres.  Ils 
lui  répondirent  qu'ils  ne  se  croyaient  pas  tenus  de  lui  établir  une  telle 
rente.  Néanmoins  si  ses  revendications  étaient  bien  fondées,  ils  promi- 
rent de  lui  accorder  ce  qu'il  désirait.  Nous  ignorons  quel  fut  le  résultat 
des  négociations,  mais  la  déclaration  de  1790  nous  montre  les  religieux 
de  Saint-Germain-des-Prés  payant  annuellement  3oo  livres  au  vicaire 
de  Septeuil  (5  mars  1769)'. 

Louis-Charles  de  Bourbon,  comte  d'Eu,  laissa,  par  testament  olo- 

I.  Arch.  tint.  LL.  loa'i,  p.  03. 

a.  Monoijraphic  de  Septeuil,  K)00. 

3.  Bill.  iKit..   iiis.  l.  12838,  p.  lo'i. 

/(.   [d.  ma.  fr.  lOBBO. 

5.  Chapitres  conventuels.  Bih.  luit.  ins.  fr.  iGSSg,  p.  329. 


70 


graphe  du  28  septembre  1778,  une  rente  de  222  livres  4  sous  5  deniers 
pour  un  service  anniversaire,  le  i3  juillet  de  chaque  année'. 

Pendant  la  Révolution,  l'église  de  Septeuil  fut  profanée.  Des  femmes 
exaltées  par  les  idées  nouvelles  y  pénétrèrent  et  brisèrent  plusieurs 
statues  de  saints.  L'une  d'elles  monta  sur  l'autel  et  se  fît  un  plaisir  de  le 
souiller. 


Prieurs. 


1490.  Guilleaume  Thureau. 
1626.  Estienne  Roger. 


Curés. 


1557.  Jean  Renou. 

i565.  François  Balsac. 

i685.  Auvray,  décédé. 

1680.  Beaufîls,  docteur,  présenté. 

1688.  Toussaint. 

1701.  Corneillet. 

1705.  Pothon. 

17 15.  Louis  Hervy. 


I 


45.  Louis  Leroy,  décédé. 


1745.  Guilhain  Lourdel  (d'Arras). 
1745.  Godard,  de  Bayeux. 
1773.  Pierre  Guille. 
1784.  Louis  F.  Neveu. 
1790-3.  Mathurin  Lallier. 


Vicaires. 


i53o.  Pohier. 
1707.  Mottet. 
1765.  Gervais  Charles. 
1773.  Tostain. 

1.  Archives  communales. 


7ï 


CHAUFOUR-LES-BO^NIÈRES^ 


Nous  avons  à  parler  incidemment  d'un  prieuré  que  l'abbaye  de 
Saint-Vandrille,  canton  de  Caudebec,  arrondissement  d'Yvetot  (Seine - 
Inférieure),  posséda  pendant  de  longs  siècles.  A  partir  du  XVIP  siècle, 
il  fut  détenu  ou  administré  par  des  religieux  de  Saint-Germain-dcs- 
Prés,  sans  doute  en  vertu  d'un  contrat  que  nous  n'avons  pu  retrouver. 
Si  nous  en  faisons  à  grands  traits  l'historique,  c'est  uniquement  pour 
en  connaître  l'importance. 

En  1 128,  Hugues  {Sancti  Car avini,  filins  Hingranni)  donna  à  l'abbaye 
normande  le  tiers  de  la  dîme  de  Chaufour\  Il  est  à  présumer  que  les 
Bénédictins  de  ce  monastère  possédaient  déjà  le  patronage  de  l'église, 
que  Rainaud,  évêque  de  Chartres,  leur  confirma  après  les  papes 
Innocent  II  et  Eugène  111,  en  1199'. 

En  1243  (novembre),  Richard  et  Robert  Boisse  vendirent  à  l'abbé  de 
Saint-Vandrille  une  tenure  qu'ils  avaient  à  Chaufort  (Ghaufour), 
comprenant  une  masure  et  4  pièces  de  terres,  pour  le  prix  de  16 
livres*.  Au  mois  de  janvier  1266,  Siméon,  Robert  et  Philippe  de  Valgon- 
tard  restituèrent  au  monastère  de  Saint-Vandrille  la  portion  de  champart 
qu'ils  avaient  à  Chaufour  sur  le  fief  dit  de  la  Moitié.  Ils  agissaient  ainsi 
à  l'instigation  de  leur  père.  Celui-ci  leur  avait  avoué  dans  sa  dernière 
maladie  qu'il  jouissait  injustement  de  ces  biens  '. 

Le  pape  Clément  IV  confirma  de  nouveau  aux  religieux  de  Saint- 
Vandrille  tout  ce  qu'ils  possédaient  à  Chaufour,  comprenant  terres, 
dîmes,  revenus,  patronage  de  l'église  locale  et  autres  appartenances 

(1267)^ 

Deux  ans  plus  tard,  Guy  Mauvoisin  passa  un  accord  avec  l'abbe  de 
Saint-Vandrille.  Il  fut  convenu  que  le  premier  aurait  la  haute  justice 


1.  Arrond.  de  Mantes,  canton  de  Bonnicres. 

2.  Cartulaire  de  Saint-Vandrille. 

3.  M. 
tt.  Id. 

5.  Arch.  nnt.  L.  776.  Saint-Vandrille  au  XVII'  siècle,  t.  III. 

6.  Cartulaire  de  Saint-Vandrille. 


sur  la  ville  et  le  territoire  de  Chaufour  et  recevrait  l'appel  des  hommes 
dépendant  des  Bénédictins.  Le  prieur  de  Chaufour  pouvait  exercer  le 
droit  de  basse  justice.  Un  conflit  s'était  élevé  entre  les  contractants  au 
sujet  d'abeilles  vagabondes.  Le  seigneur  du  lieu  les  réclamait.  Fina- 
lement elles  furent  adjugées  au  prieur  des  Bénédictins,  qui  les  avait 
recueillies  (1269,  vendredi,  fête  de  sainte  Cécile) ^ 

Les  religieux  du  monastère  de  Saint-Vandrille  avaient  aussi  quelques 
propriétés  à  Yernon  (Eure).  Ils  y  reçurent  en  don  une  masure  près  le 
cimetière  de  Saint-Jacques,  en  iiG5,  et  5  sols  de  rente  sur  une  maison 
près  la  porte  de  Bisy,  en  octobre  i2i4'. 

Le  25  juillet  1279,  Jean  de  Pormoz  confessa  avoir  reçu  en  fief  de 
l'abbé  et  des  religieux  de  Saint-Vandrille  un  terrain  à  Vernon,  à 
raison  de  100  sols  par  an,  qu'il  devait  payer  en  deux  termes  à  Noël  et 
Pâques.  Il  s'engagea  à  bâtir  une  maison  en  cette  place  et  à  herberger  à 
ses  frais  les  Bénédictins  de  Saint-Vandrille  toutes  les  fois  qu'ils  vou- 
draient y  séjourner.. 

Le  prieuré  de  Chaufour  percevait  : 

1°  60  sols  de  rente  seigneuriale  sur  un  fief,  dit  de  Saint-Augustin  et 
de  l'Assemblée,  rente  portant  sur  20  arpents  de  terres  et  bois  situés  au 
territoire  de  Gefosse  (?). 

2"  18  sols  parisis  sur  une  maison,  où  pendait  pour  enseigne  le 
Heaulme,   en  la  ville  de  Vernon-sur-Seine,  au  bout  de  la  halle  aux 

blés. 

3"  i5  sols  sur  une  autre  maison  appartenant  à  Louis  Yaudichon,  en 

la  ville  de  Vernon. 

4°  9  sols  sur  une  autre  maison  sise  au  même  lieu  appartenant  à 
Jacques  Boudin.  Armand  Ilangot,  l'aîné,  demeurant  à  Géfosse,  possé- 
dait la  plupart  de  ces  rentes  seigneuriales,  qui  avaient  été  aliénées. 
Pour  éviter  toute  contestation  future  et  prévenir  les  frais  d'un  procès, 
il  renonça  à  tous  ses  droits  pour  la  somme  de  80  hvres,  que  lui  paya 
Jean  Vivian,  rehgieux  de  Saint-Germain  et  titulaire  du  prieuré  de 
Chaufour  (17  juin  i65o). 

Le  20  mai  i65i,  il  transigea  avec  Charles  Angot  pour  d'autres 
parties  du  fief  de  Saint-Augustin,  moyennant  i5  hvres. 


I.  Cartulaire  de  Saint-Vandrille,  t.  III,  p.  i633. 
a.  Arch.  nat.  S.  2917. 


-  73- 

Les    revenus  du  prieuré  de  Chaufour   s'élevaient  à  3oo  livres   en 

i644'. 

Dom  Robert  Audouarl,  religieux  profès  de  Saint-Germain-dcs-Prés, 
fut  pourvu  du  prieuré  de  Chaufour,  en  iCoi.  Trois  ans  plus  tard,  il 
demanda  à  être  admis  parmi  les  membres  de  la  communauté  de  Saint- 
Yandrille.  Le  prieur  de  ce  dernier  monastère  refusa  d'accéder  à  sa 
requête,  alléguant  qu'il  n'avait  pas  de  ressources  suffisantes  pour  l'entre- 
tien de  ce  nouveau  venu  '. 

Dom  Pierre  Cordier  de  l'abbaye  de  Fécamp  succéda  à  Dom  Âudouart, 
en  1G89.  11  choisit  Dom  Sauvaige,  procureur  ds  Saint-Germain-des- 
Prés,  pour  administrer  les  biens  de  son  prieuré'. 

Le  i^-- janvier  170/,,  Dom  André  Olhvier,  prêtre,  religieux,  cellérier 
et  procureur  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  les  donna  à  bail, 
au  nom  de  Dom  Cordier,  pour  le  prix  annuel  de  65o  livres  \ 

Le  9  avril  1729,  Frère  Théodore  de  Modène,  clerc  torturé  résidant  à 
Saint-Pierre  de  Corbie,  délégua  pour  gérer  les  dépendances  du  prieuré 
de  Chaufour,  dont  il  était  devenu  titulaire,  Dom  François  Sauvaige, 
prêtre  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  que  lui-même  avait  jadis 

habitée. 

Ce  dernier  se  fit  un  devoir  de  prendre  possession  de  ce  bénéfice,  en 
sa  quahté  de  procureur.  11  se  présenta  à  Chaufour,  accompht  les  céré- 
monies ordinaires,  s'assit  sur  son  siège  prioral  et  sonna  la  cloche  \ 

Le  14  juillet  1770,  nous  trouvons  Dom  Gabriel-Martial  Baveyt  ou 
Bavay  ^  religieux  profès  de  Saint-Germain-des-Prés,  pourvu  du  prieuré 
de  Chaufour.  Le  sieur  Delbrouck,  prêtre,  curé  de  la  paroisse,  semble 
avoir  été  chargé  de  veiller  aux  intérêts  matériels  du  nouveau  prieur  \ 
Déjà,  le  12  janvier  17G0,  il  avait  pris  à  bail  les  dîmes  relevant  de  ce 
bénéfice  pour  le  prix  annuel  de  35o  livres,  avec  un  pot  de  vin  de 
i5o  livres.  Il  s'engageait,  en  outre,  à  faire  des  réparations  convenables 


1.  Arch.  nat.  S.  2917. 

2.  Id.  S.  2Ç)i4. 

3.  Id.  L.  77O. 

4.  Id.  S.  2(ji4- 

5.  Id.  L.  77G.  . 

6.  Nous  n'avons  pas  remarqué  ce  nom  dans  les  différentes  listes  des  religieux  de 

Saint-Germain. 

7.  Arch.  nat.  S.  3917. 


-  7^ 


au  pressoir,  réparations  qui  pouvaient  se  monter  à  120  livres.  Il  deman- 
dait au  prieur  de  supprimer  une  ruelle,  qui  séparait  ses  deux  jardins, 
promettant  de  donner  du  terrain  pour  élargir  celle  qui  passait  au  bout 
et  qui  était  beaucoup  plus  commode  pour  se  rendre  à  l'église  *. 

Le  domaine  de  Chaufour  fut  vendu  comme  bien  national  (mars  1791) 
pour  le  prix  de  28700  livres  à  Pierre  de  la  Salle,  bourgeois  demeurant  à 
Paris,  quai  de  la  Mégisserie.  Il  comprenait  une  maison  prieurale,  avec 
cour,  jardin,  circonstances  et  dépendances,  le  tout  contenant  5o  per- 
ches. Plus  28  arpents,  10  perches  de  terres,  en  6  pièces,  et  5o  perches, 
en  pâtis  qui  sont  situés  : 

i"  3  arpents  au  lieu  dit  les  petits  Prez. 

2°  7  arpents  au  lieu  dit  le  Reu  de  Moraine. 

3*  9  arpents  au  lieu  dit  la  marre  des  Porcs. 

4°  8  arpents  au  lieu  dit  la  prée  du  Bois. 

5°  4o  perches  au  lieu  dit  la  Tasse\ 


I.  Bih.  nat.  ms.  fr.  16859,  P-  i33. 

a.  Arrh.  départ,  de  Versailles,  domaines  nationaux,  district  de  Mantes,  n°  45. 


7-' 


MANTES 


Quelles  étaient  exactement  les  possessions  de  Saint-Gerraain-dcs- 
Prés  à  Mantes?  Nous  ne  le  savons  trop.  Pour  en  avoir  quelque  idée, 
nous  produirons  les  rares  documents  qui  concernent  cette  localité. 

En  mai  1 208,  une  lettre  de  Renaud,  évèque  de  Chartres,  nous  apprend 
que  Manasser  Mauvoisin,  chevalier,  a  fondé  pour  lui  et  ses  parents  un 
service  anniversaire  dans  l'église  de  Saint-Germain-des-Prés,  moyen- 
nant 60  sols  de  rente  annuelle  à  prendre  sur  les  revenus  qu'il  avait 
à  Mantes  '.  Pierre  Mauvoisin  approuve  et  confirme  la  donation  de  son 
frère  aîné  '. 

La  même  année,  Raoul  Licoliers  et  Isabelle,  sa  femme,  cèdent  aux 
Bénédictins,  pour  la  somme  de  i5  livres  parisis,  une  maison  et  tous  les 
droits  qu'ils  pouvaient  avoir  sur  cet  immeuble  ^ 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  possédaient  à  Alantes  deux 
maisons  en  la  censive  des  Bénédictins  de  Fécamp.  Ceux-ci  permirent  à 
leurs  confrères  de  Paris  de  conserver  ces  immeubles,  à  la  condition 
qu'ils  en  payeraient  double  sens  (1218)*. 

En  1224,  Eude,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  eut  un  différend 
avec  Guérin  de  Montaigu,  grand  maître  des  chevaliers  hospitaliers  de 
Jérusalem,  à  propos  de  deux  maisons  et  d'une  place  situées  à  Mantes 
dans  la  censive  de  ce  dernier.  L'affaire  fut  portée  devant  le  pape  Hono- 
rius  III,  qui  nomma  pour  juges  :  Guillaume  Chapelain,  doyen  de 
Chartres,  et  Jean  de  Pierrefort,  chanoine  de  la  même  église.  11  fut 
décidé  que  cette  place  et  les  demeurances  appartiendraient  à  perpétuité 
à  l'abbé  et  aux  religieux  de  Saint-Germain,  à  la  condition  qu'ils  servi- 
raient une  rente  annuelle  de  20  sols  de  cens  au  commandeur  de  Char- 
tres, et  que  le  droit  de  justice  serait  réservé  au  grand  maître  '\ 


I.  Arch.  nat.  L.  780. 
a.  M. 

3.  Id.   L.  780  ;  S.  2977. 
/i.  Id.   L.  780  ;  S.  3977. 
5.  Id.  L.   780. 


-  tG 


^ 


Au  mois  de  février  1228,  Pierre  Guérin,  prieur  de  la  Sainte-Maison 
de  l'hôpital  de  Jérusalem,  donna  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés 
une  petite  maison  située  à  Mantes,  à  la  charge  de  lui  en  payer  à  lui  et 
à  ses  successeurs  une  rente  annuelle  d'un  denier  ^ 

Guillaume,  abbé  de  Fécamp,  et  son  couvent  consentirent  que  les 
Bénédictins  de  Saint-Germain  possédassent  une  petite  maison  située  à 
Mantes,  que  Richard  de  Dammartin,  leur  sergent,  leur  avait  donnée, 
mais  ils  devaient  payer  pour  ce  fait,  chaque  année,  deux  deniers  de 
cens  au  prieuré  de  Saint-Georges  de  Mantes  (janvier  laSi)'. 

Deux  dénombrements  de  1426  et  de  i5i7  viennent  compléter  la  liste 
des  possessions  de  Saint-Germain,  à  Mantes  : 

Item,  en  la  ville  de  Mantes,  y  a  une  masure  assize  sur  la  rue  de  la 
Magdeleine  suivant  l'aveu  de  1017,  sur  la  rue  de  la  porte  de  Rony, 
suivant  le  dénombrement  de  1426,  en  partie  dans  la  censive  des  reli- 
gieux de  Fécamp,  à  cause  du  prieuré  de  Saint-Georges.  De  ce  fief, 
appelé  l'hôtel  des  Tournelles,  chargé  de  3  sols  parisis  de  cens,  où 
soulail^  avoir  anciennement  maison  et  greniers,  relèvent  les  terrouers 
delà  Picquette,  de  la  Corsinière,  et  de  la  Croix-Blanche.  Item  20  sols 
parisis  de  cens  donné  à  Saint-Germain-des-Prés  par  Hugues  de  Guer- 
ville.  Go  sols  parisis  de  rente  donnés  par  Manasser  Mauvoisinen  i2o8\ 

On  prélevait  sur  les  revenus  de  Mantes  20  sols  parisis,  pour  l'anni- 
versaire de  Garnier  de  Mantes  (?),  fixé  à  la  veille  des  calendes  de  juillet 
ou  le  3o  juin*. 


1.  Arch.  nat.  L.  780. 

2.  M.  L.  780. 

3.  Id.  LL.   io03,  p.  7  ;  S.  agSG. 
II.  Id.  LL.  1027. 


ARRONDISSEMENT   DE  CORREIL 


PARAY^ 


Paray,  dont  nous  voulons  parler  ici,  est  un  village  situé  à  trois  lieues, 
au  sud  de  Paris.  Suivant  Lebeuf.  cette  terre  appartenait  de  temps  immé- 
morial à  l'abbaye  de  Saint-Germain,  mais  il  ne  sait  pas  nous  en  dire  la 
provenance,  ni  nous  expliquer  d'une  manière  certaine  l'étymologie  de 
ce  nom.  On  nous  permettra  de  mentionner  les  contrats  relatifs  à  cette 
localité,  à  mesure  que  le  temps  nous  les  présentera. 

A  la  prière  de  Hugues  d'Alliis,  maître  panetier  de  France,  chevalier 
et  bailli  du  roi,  Eude  et  le  couvent  de  Saint-Germain  baillent  à  rente 
pour  la  somme  de  lo  sols  par  an,  à  Guillaume  Maugrin,  une  masure 
située  à  Paray,  à  la  condition  qu'il  n'en  fera  pas  une  forteresse  pour 
nuire  au  voisinage  (juin  I22/^)^ 

En  1233,  les  archives  de  l'abbaye  marquent  que  Jean,  comte  de 
Mâcon,  et  Alix,  sa  femme,  seigneurs  de  Chilly,  cédèrent  aux  religieux 
le  tensement  ou  le  droit  qu'ils  avaient  de  prendre  à  Paray  44  setiers 
d'avoine,  44  pains  et  44  deniers  parisis.  Ils  reçurent,  en  échange,  une 
maison  située  à  Laas,  près  Saint-André-des- Vrcs,  à  Paris  ;  mais  il  fut 
convenu  qu'elle  serait  chargée  de  1 2  deniers  parisis  de  cens  envers  le 
trésorier  de  Saint-Germain'. 

Trois  ans  plus  tard  (février  i236),  Guérin,  dit  doyen  de  Yissous, 
ot  Marguerite,  sa  sœur,  vendirent  au  monastère  de  Saint-Germain, 
pour  la  somme  de  6  livres  i5  sols',  une  pièce  de  terre  près  le  cimetière 
de  Wissous.  Au  mois  de  juillet  1239,  les  Bénédictins  achetèrent  de  Gui 
de  Soisy,  écuyer,  et  Aveline,  sa  femme,  au  prix  de  i45  livres,  20  setiers 
mine  de  froment  de  rente,  et  4i  deniers  à  percevoir  à  Paray,  près 


I.  Canton  de  Lonprjnnu'au  (Scine-ct-Oise). 

a.  Id.  L.  781  ;  LL.  102:'),  p.  209. 

3.  Id.  L.  781. 

/,.  Id.  L.  781  ;  LL.  loaC. 


—  78 


Wissous'.  Au  mois  de  novembre  de  la  même  année,  Geoffroy  d'Athis, 
écuyer,  abandonna  au  monastère  de  Saint-Germain  8  arpents  de  terre  à 
Paray,  moyennant  52  livres  parisis'.  Jean  et  Pierre  d'Orly  délaissèrent 
à  l'abbaye  de  Saint-Germain  un  demi-arpent  de  vigne  situé  à  Paray, 
pour  la  somme  de  G  livres  et  demie  (décembre  laoo)'.  A  la  même 
époque,  Gilles  du  Four,  Regnault  et  Robert,  ses  enfants,  vendirent 
aux  religieux  un  arpent  de  vigne  situé  à  Paray,  moyennant  i6  livres 

parisis*. 

En  juin  i25i,  l'abbaye  ayant  acheté  6o  sols  parisis  de  rente  sur  des 
maisons  situées  dans  la  censive  de  Montaterre%  il  fut  réglé  que  le 
pitancier  du  monastère  jouirait  de  6o  sols  de  rente  sur  le  tensement  de 
Paray,  dépendant  de  l'office  claustral  de  l'infirmier.  A  celui-ci  on 
donnait  6o  sols  de  rente  sur  Montaterre". 

Dans  un  acte  daté  du  mois  de  septembre  i253,  Simon  d'Ormeson, 
chevalier,  et  Agnès,  sa  femme,  Jean  de  Marolle,  écuyer,  et  Eveline,  son 
épouse,  reconnaissent  avoir  vendu  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  pour  la  somme  de  8o  livres,  un  muid  de  froment  de  rente,  à 
percevoir  sur  12  arpents  de  terres  labourables  situés  à  Paray'. 

En  1255,  Thomas  de  Mauléon,  abbé  de  Saint-Germain,  décida  que 
les  frais  de  son  obit  seraient  prélevés  sur  la  terre  de  Cachant  et  de 

Paray'. 

Jean  de  Livry,  écuyer,  fils  de  feu  Renaud  de  Thiais,  chevalier, 
donna  en  pure  aumône  aux  Bénédictins,  pour  compenser  l'affecticn 
qu'ils  avaient  eue  pour  lui  et  sa  famille,  la  cinquiètne  partie  de  18  setiers 
de  froment  de  revenu  annuel,  ainsi  que  des  menus  cens  sur  18  arpents 
de  terre  à  Paray,  et  la  cinquième  partie  de  5  quartiers  de  vignes  sis 
à  Thiais.  11  leur  vendit  le  reste  pour  la  somme  de  200  livres  tournois 
(février  1257)'. 

Le  7  mars  i33o,  par  acte  passé  devant  Jean  Milon,  garde  de  la  pré- 


1.  Arch.  nat.  L.  780  ;  LL.  1026. 

2.  Id.  L.  781. 

3.  Id.  L.  781  ;  LL.  1026. 

4.  Id.  L.  781;  LL.  102G. 

5.  Montataire,  canton  de  Creil  (Oise). 

0.  D.  Poirier,  Bib.  nat.  ms.  /r.2o8i6,  p.   197. 

7.  Arch.  nat.  L.  781. 

8.  Gallia  Chrisliana,  VII,  col.  45a,  p.  277. 
(j.  Arch.  nal.  LL.   102G,  p.  182.  L.  781. 


7'J 


voté  de  Paris,  les  religieux  de  Saint-Germain  baillèrent  ù  Henri  le 
Charpentier  et  Jeanne,  son  épouse,  une  masure,  deux  arpents  et  trois 
quartiers  de  terre,  situés  au  territoire  de  Paray.  Ils  devaient  payer, 
chaque  année,  trois  mines  de  froment  de  rente'. 

Nous  citons  ici  textuellement  un  bail  fait  par  les  Bénédictins  en 
faveur  de  Jean  iNloreau,  à  la  date  du  29  janvier  1478.  11  nous  donnera 
plusieurs  noms  de  lieux  qui  nous  feront  mieux  connaître  le 
hameau,  objet  de  cette  étude.  C'est  une  énumération  de  diverses  pièces 
de  terres. 

1°       5  arpents  de  friches,  sous  les  voies  de  Wuissous. 

2"       4  arpents  de  terres,  à  la  voie  des  Moullins. 

3°       !\  arpents  de  terres  en  friclw,  voie  de  Louans. 

4"       8  arpents  de  terre,  à  la  grande  Mare. 

5"     i5  arpents,  au  lieu  dit  la  Gironde. 

6"       9  arpents,  aux  Grandes-Vignes. 

7"     II  arpents,  aux  Petites-Vignes. 

8°      4  arpents  1/2,  à  la  Croix-Blanche, 

9"     i4  arpents,  au-dessus  du  cimetière. 

10°     7  quartiers  de  terre,  près  la  justice  de  Paray. 

11°  i3  arpents,  au  lieu  dit  la  Longue-Raye. 

12°     5  arpents,  lieu  dit  le  llaut-Puidismé. 

iS"     7  arpents,  au  val  de  Paray. 

i4°     6  arpents,  proche  le  cimetière. 

15°     4  arpents,  au  lieu  dit  la  Noë. 

16°     4  arpents,  aux  Grandes-Vignes. 

17°     2  masures,  en  la  grande  rue  de  Paray  ^. 

Un  dénombrement  de  1621  nous  fournit  d'autres  détails.  11  y  a  à 
Paray,  dit-il  : 

1°  Grande  maison  manable,  grange,  bergerie,  étables,  jardin  et 
autres  aisances  et  appartenances,  avec  auditoire,  prisons,  contenant  le 
tout  deux  arpents  et  demi.  Cette  maison  ou  hostel  coûte  beaucoup  à 
entretenir. 

2°  3  arpents  1/2  de  jardin,  derrière  la  maison. 

3°  Une  place  où  il  y  a  un  puits  contenant  un  arpent  et  demi.  Elle 
n'est  d'aucune  valeur. 


1.  Arch.  nal.  L.  781. 

2.  Id.  LL.  11/iG,  p.  i35. 


—  8o  — 

U°  3oo  arpents  de  terres  labourables,  valant  la  muids  de  grains. 

5"  5o  arpents  de  terres  labourables,  assis  au  terroir  de  Paray.  Ils  ne 
sont  d'aucun  profit,  car  le  curé  les  a,  sa  vie  durant. 

6"  7  arpents  de  pré,  pouvant  valoir  G  cliarretées  de  foin. 

7"  3o  livres  de  cens  et  rente  foncière  sur  plusieurs  maisons,  masures, 
terres. 

8"  Haute,  moyenne  et  basse  justice,  avec  officiers  pour  l'exercer. 

Les  appels  se  font  devant  le  bailli  de  Saint-Germain. 

9"  Lods,  ventes,  saisines,  amendes  arbitraires  et  autres  droits  appar- 
tenant à  haut  justicier  ^ 

Les  dénombrements  de  1371  et  de  i38/j  sont  ainsi  conçus  : 

i"  Item  à  Paray,  une  maison  avec  toute  justice  haute,  moyenne  et 
basse  et  ccvii  arpents  de  terre  comme  de  vigne,  valant  par  an 
XII  muids  de  grain. 

2°  Item,  la  disme  et  champart  de  ladite  ville  puent  valoir,  montant  et 
descendant,  environ  xvi  muys. 

3"  Item,  XXV  droictures  puent  valoir  xv  livres  environ. 

4°  Item,  la  disme  des  agneaux  qui  peut  valoir  par  an  environ  c  sols 
et  la  justice  qui  vault  lxiiii  sols^ 

La  seigneurie  et  les  terres  de  Paray  étaient  affermées  4ooo  liAres  en 
1676  ;  38oo  livres,  en  1G90,  et  36oo  livres,  en  i-jxo^. 

La  déclaration  de  1790  nous  donne  les  revenus  annuels  delà  terre  de 
Paray,  qui  appartenait  à  la  mense  abbatiale. 

Paroisse  de  Fresnes 


La  seigneurie  de  Paray  ayant  haute,  moyenne  et  basse  justice;  les 
bâtiments  de  la  ferme  grands  et  en  bon  état  : 

7  arpents  plantés  en  remise,  à  24  livres  l'arpent     . 

3 18  arpents  de  terres  labourables 

Cens,  environ 

Rente  foncière 

Lods  et  vente,  environ 

Dixmes  de  Paray 

Total 


i68' 

8 

.000' 

3o' 

24' 

4oo^ 

I 

800' 

10 

422' 

1.  Arch.  nal.  S.  21)76. 
a.  Id.  L.  7G0,  n°  2g. 
3.  Id.  L.  2935. 


8i 


V 


L'abbé    de    Saint-Germain  devait    au    procureur    fiscal    de    Paray 

25  livres. 

Le  fermier  devait  au  curé  de  Paray  2  muids  de  froment  :  100  livres'. 

Les  biens  que  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  avaient  à  Para 
furent  vendus  comme  nationaux,  le  29  mars  1791. 

La  ferme,  avec  tous  les  bâtiments  en  dépendant,  avec  822  arpents  de 
terres  labourables  au  territoire  de  Paray,  3  arpents  de  terre  à  Mons-  et 
24  livres  de  rente  foncière  dues  par  le  sieur  Maugère,  fut  adjugée 
moyennant  349.200  livres  à  Thomas-Simon  Bérard,  administrateur  de 
de  la  compagnie  des  Indes,  demeurant  à  Paris,  rue  Grammont'. 


Seigneurie  temporelle 

Vers  II 54,  Etienne  de  Macy  intenta  un  procès  aux  religieux  de 
Saint-Germain,  à  propos  de  certains  droits  qu'il  prétendait  avoir  à 
Paray.  Ce  seigneur  se  rendit  à  l'audience,  accompagné  de  deux  témoins 
qui  devaient  attester  le  bien  fondé  de  ses  réclamations.  Le  sieur  Ingil- 
bert  d'Antoni  s'éleva  avec  force  contre  Etienne  de  Macy  et  Pinjustice 
qu'il  commettait.  11  proposa  de  trancher  cette  affaire  en  recourant  au 
duel.  Etienne,  n'osant  pas  accepter  le  défi,  montra  qu'il  n'avait  pas 
confiance  dans  la  bonté  de  sa  cause.  Les  juges  le  firent  saisir  et  l'en- 
voyèrent prisonnier  au  Châtelet.   Ainsi  prit  fin  un  litige  que  rien    ne 

justifiait*. 

C'est  peut-être  à  cette  époque  que  remonte  le  règlement  de  laviguerie 
de  Paray.  Les  viguiers  n'avaient  aucun  droit  dans  le  village  ;  ils  ne 
pouvaient  s'y  faire  héberger.  En  dehors  et  dans  les  environs,  ils 
devaient  payer  à  prix  d'argent  l'hospitalité  qu'ils  recevaient  et  la  nour- 
riture qu'ils  demandaient.  S'ils  ne  satisfaisaient  dans  l'espace  de  huit 
jours,  ils  n'avaient  plus  de  crédit  auprès  de  personne.  11  leur  était 
défendu  de  commettre  larcin  ou  rapine.  L'abbé  de  Saint-Germain- 
des-Prés  avait  toute  liberté  de  fixer,  de  déterminer  les  limites  dans 


I.  Arch.  nat.  S.  2808. 

a.  Mons,  commune  d'Athis-Mons  (Seine-et-Oise). 

3.  Registre  de  la  vente  des  biens  nationaux,  district  de  Versailles,  n"  C3  (Versailles) 
Archives  départementales. 

4.  BoLiLLART,  Histoire  de  Saint-Germain-des-Prés,  pièces  justif.  LU. 

6. 


—   82    — 

retendue  de  sa  terre  ;  il  n'était  obligé  d'appeler  les  viguiers  que  lors- 
qu'il s'agissait  de  \oies  droites.  Les  habitants  de  Paray  payaient  leur 
droit  de  sauvcment  à  la  saint  Barthélémy.  Ce  jour-là,  le  serviteur  du 
viguier  venait  le  percevoir  et  employait  la  mine  de  l'endroit.  Si  un 
habitant  de  la  campagne  refusait  de  payer,  le  viguier  en  appelait  au 
maire  de  Saint-Germain,  qui  lui  faisait  rendre  justice  au  plus  tôt  sur  ce 
que  le  débiteur  possédait  en  terres  et  vignes  '. 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  étaient  soucieux  d'étendre 
leiu-  juridiction.  Ils  profitaient  de  toutes  les  circonstances  qui  leur 
permettaient  de  le  faire.  En  1202,  Robert,  seigneur  de  Dreux  et  de 
Bril,  et  Yolande,  son  épouse,  leur  vendirent,  pour  la  somme  de  120 
livres  parisis,  la  voirie  de  Paray  et  tous  les  droits  qu'ils  avaient  sur  la 
terre  de  Rungy'"\ 

L'année  12Ô0,  une  ère  nouvelle  commença  pour  les  habitants  de 
Paray.  Sur  leurs  instantes  prières,  l'abbé  de  Saint-Germain  consentit 
à  les  aflrancliir.  Moyennant  la  somme  de  80  livres,  il  leur  fit  remise  de 
la  taille  à  ])laisir,  qu'il  levait  chaque  année  et  qui  était  connue  sous  le 
nom  d'audiences.  Toutefois,  il  se  réserva  de  l'exiger  lorsque  le  roi  impo- 
serait des  subsides.  11  conserva  aussi  ses  droits  de  seigneur  et  de  haut 
justicier,  avec  plusieurs  servitudes  qui  furent  spécifiées  et  que  nous 
allons  énumérer  : 

1°  Les  habitants  qui  avaient  une  mesure  contenant  un  arpent  devaient 
payer  6  deniers  de  cens,  à  la  saint  Rémi,  3  sols  de  tensement,  à  la  saint 
Barthélemi,  et,  le  lendemain  deJNoël,  un  setier  d'avoine,  deux  chapons, 
trois  oboles,  et  un  pain  dit  pain  de  saint  Etienne.  11  y  avait  exception 
pour  un  sieur  nommé  Jean  Lelong  :  il  était  tenu  annuellememt  à 
10  deniers  de  cens  pour  toute  contribution. 

2°  Lorsque  les  religieux  le  demandaient,  ils  étaient  obligés  de  con- 
duire de  Paray  à  l'abbaye  Saint-Germain  un  muid  de  blé  soit  avec  des 
voitures,  soit  avec  des  bêtes  de  somme.  Tout  homme  qui  conduisait 
une  charrette  recevait,  dans  la  grange  de  Paray,  une  gerbe  de  vesce, 
et,  au  monastère  de  Saint-Germain,  un  pain  blanc  et  un  pain  noir  avec 
im  quartier  de  vin.  Cekii  qui  conduisait  une  bête  de  somme  recevait  du 
vin  et  un  pain  blanc. 


1.  Arch.  nat.  LL.  1026,  p.  i3i. 

2.  Id.  L.  781. 

3.  Ilungis,  canton  de  Villejuif,  Seine. 


—  83 


3"  Les  habitants  de  Paray  qui  possédaient  une  charrue  se  voyaient 
astreints  à  4  jours  de  corvées,  c'est-à-dire  à  2  journées  pour  chaque 
labour. 

4"  Soumis  à  la  banalité,  ils  payaient  par  niuid  de  vin  2  seliers  de 
mère-goutte  et  le  tiers  du  pressurage. 

5"  Ils  ne  pouvaient  aliéner  de  tenure,  ni  établir  de  commune,  sans  le 
consentement  du  prieur  de  Thiais. 

6"  Lorsqu'ils  en  étaient  requis,  ils  devaient  repous>^er  les  attaques 
dirigées  contre  la  personne  ou  les  biens  de  leurs  seigneurs. 

7°  A  Paray,  on  établissait  aussi  chaque  année  de  bons  et  fidèles 
gardiens  pour  veiller  sur  les  blés  et  sur  les  vignes  '. 

Une  contestation  s'éleva  entre  les  religieux  de  Saint-Germain  et 
le  sieur  Pierre  Brulart.  Celui-ci  i)0ssédait  une  pièce  de  terre  de  4 
arpents  et  1/2  entre  Paray  et  Wissous.  11  soutenait  contre  les  Béné- 
dictins qu'elle  ne  se  trouvait  pas  dans  leur  censive  et  qu'elle  était 
exempte  de  tout  droit  envers  eux.  Des  lettres  royaux  lui  donnèrent 
raison  (5  avril  i524)  '• 

Un  domaine,  qui  portait  le  nom  de  Malabry,  se  trouvait  situé  dans  la 
censive  de  la  mense  abbatiale  de  Saint-Germain-des-Prés.  Messire  Nicolas 
Lejay,  premier  président  du  Parlement  de  Paris,  qui  avait  acquis  cette 
terre,  la  fit  ériger  en  fief  par  monsieur  le  duc  de  Verneuil,  alors  abbé 
commendataire  du  célèbre  monastère  bénédictin.  Elle  comprenait  une 
maison,  un  jardin  et  un  clos,  le  tout  contenant  100  arpents.  11  avait  la 
l'acuité  de  faire  bâtir  un  château  avec  des  fossés  et  de  joindre  à  sa 
propriété  deux:  cents  arpents  de  terre.  Le  premier  président,  Lejay, 
et  ses  successeurs,  étaient  tenus  de  rendre  foi  et  hommage  aux  reli- 
gieux de  Saint-Germain,  mais  ils  ne  devaient  payer  pour  les  droits 
de  mutation  que  2  paons  ou  paonnesses,  et  de  plus  ils  se  voyaient 
exemptés  de  toutes  redevances  censuelles.  Le  duc  de  Verneuil  accorda 
encore  d'au  lies  privilèges  à  Nicolas  Lejay.  11  Ini  concéda  moyenne  et 
basse  justice  dans  son  domaine,  un  droit  de  chasse  dans  l'étendue  de 
Paray,  un  banc  dans  l'église,  des  droits  honorifiques  après  les  seigneurs 
de  l'endroit,  comme  la  préséance  à  l'offrande  et  dans  les  processions, 
la  présentation  du   pain  bénil,  un   caveau  spécial  pour  la   sépulture. 


1.  Arrh.  nol.  T.L.  loaT),  p.  200. 

2.  Id.  S.  2(j35. 


-  84 


Enfin,  pour  décorer  le  nouveau  fief,  il  l'autorisa  à  planter  des  ormes 
sur  les  routes  de  Paray  à  Villeneuve-le-Roi  et  à  Mons,  à  établir  des 
avenues  dans  d'autres  lieux  de  son  territoire,  et  à  percevoir  les  fruits 
proAenant  des  arbres.  Ces  faveurs  ne  furent  point  contestées  au  premier 
président  du  Parlement  de  Paris.  Son  héritier,  Alexandre-Guillaume 
Lejay,  abbé  commendataire  de  Cherbourg  et  seigneur  de  Saintry  près 
Corbeil,  en  jouit  aussi  longtemps  sans  être  troublé.  Enfin,  les  fermiers 
de  la  seigneurie  de  Paray  prétendirent  avoir  le  droit  de  cueillir  les  noix 
que  les  noyers  produisaient,  de  faire  émonder  les  ormes  pour  profiter 
des  branches.  Messire  Alexandre  Lejay  leur  intenta  un  procès  et  les  fit 
condamner,  le  lo  décembre  i683,  à  lui  payer  la  somme  de  1200  livres 
pour  tous  les  préjudices  qu'ils  lui  avaient  causés  dans  l'espace  de  12 
années.  Les  fermiers,  Boucher  et  sa  femme,  n'approuvèrent  point  cette 
sentence  et  formulèrent  un  appel  devant  une  juridiction  supérieure. 
Le  sieur  Pellisson  intervint  et  porta  l'affaire  devant  le  grand  conseil.  11 
demandait  qu'on  annulât  les  concessions  excessives  qu'avait  faites  le 
duc  de  Verneuil.  On  transigea.  Messire  Lejay  renonça  aux  privilèges 
de  moyenne  et  basse  justice,  de  chasse,  et  de  droits  honori- 
fiques à  l'église.  Son  fief  demeurait  déchargé  de  toutes  rede- 
vances pour  le  passé  ;  mais,  à  l'avenir,  il  devait  payer  les  lods 
et  ventes  et  les  autres  coutumes.  Le  duc  de  Verneuil  ne  pouvait, 
disait-on,  l'aborner  à  deux  oiseaux  de  nulle  valeur,  ni  démembrer  la 
justice  qui  appartenait  à  l'abbaye.  11  fut  reconnu  que  le  prélat  des  Béné- 
dictins de  Saint-Germain,  comme  haut  justicier  de  Paray,  possédait 
seul  les  arbres  qui  se  trouvaient  sur  les  routes.  Cependant  on  permit  à 
Alexandre  Lejay  d'en  couper  deux  cinquantes  pieds  ;  c'était  un  dédom- 
magement qu'on  lui  offrait  *. 


Seigneurie  spirituelle 

Nous  connaissons  peu  de  chose  de  l'église  de  Paray.  Nous  savons 
seulement  qu'elle  était  sous  l'invocation  de  saint  Vincent,  martyr  d'Es- 
pagne, et  que  l'évèque  de  Sebastianople  (?)  en  fit  la  dédicace,  en  16/49. 
L'abbé  Lebeuf  nous  en  donne  une  brève  description  et  nous  la  repré- 


I.  Arch.  nat.  S.  3906. 


—  85  — 

sente  comme  petite  et  proportionnée  au  nombre  des  habitants.  Suivant 
le  même  auteur,  l'architecture  gothique  du  chœur  semblait  indiquer 
qu'il  avait  été  construit  au  XlIP  siècle.  Dès  cette  époque,  l'abbaye  de 
Saint-Germain-des-Prés  avait  le  droit  de  présentation  à  cette  cure. 
S'il  faut  en  croire  les  chroniques  des  temps  anciens,  les  pasteurs  de  cette 
localité  ne  vécurent  pas  toujours  en  bonne  intelligence  avec  les  habi- 
tants. L'un  d'eux,  paraît-il,  exigeait  des  redevances  extraordinaires  : 
il  demandait  à  chaque  paroissien  deux  setiers  de  froment,  deux  setiers 
d'orge  et  deux  setiers  de  fèves  par  an.  Yve,  abbé  de  Saint-Denis,  fut 
délégué  parle  pape  Alexandre  III  pour  examiner  cette  affaire.  Il  débouta 
le  curé  de  ses  prétentions  exorbitantes  et  mit  fin  à  cette  querelle. 
Ceci   se  passait  au  XIP  siècle'. 

En  1228,  Guillaume  de  Paray,  chevalier,  donna  au  curé  de  l'endroit 
7  arpents  de  terre,  qu'il  tenait  à  champart  de  l'abbaye  de  Saint- 
Germain.  Il  y  mettait  pour  condition  que  celui-ci  aurait  pendant  le 
carême  un  chapelain,  chargé  de  célébrer  tous  les  jours  la  messe  à 
l'heure  de  prime"'. 

La  cure  de  Paray  possédait  quelques  rentes  ;  car  nous  voyons,  le 
23novembre  1587,  le  titulaire  affermer  36  arpents  de  terres  labourables, 
qui  lui  appartenaient,  pour  le  prix  annuel  de  26  setiers  de  blé  \ 

On  prélevait  sur  les  revenus  de  Paray  : 

1°  Pour  l'anniversaire  de  Simon,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés, 
fixé  au  3i  mai  ou  II  des  calendes  de  juin,  20  setiers  de  froment,  3  sols 
et  5  deniers  de  cens. 

2°  Pour  l'anniversaire  de  Thomas  de  Mauléon,  abbé  du  même 
monastère,  fixé  au  4  octobre  ou  au  IV  des  nones  d'octobre,  un  muid 
de  froment  et  deux  sols  parisis,  payables  à  la  saint  Martin  d'hiver*.  » 


1.  Arch.nat.  LL.  loai,  p.   72;  LL.  1026. 

2.  Id.  L.  781. 

3.  Id.  S.  2935. 

4.  Id.  LL.  1027. 


86  — 


MASSY 


Massy,  qui  semble  être  désigné  dans  la  charte  de  1027  sous  le  nom 
de  villa  Mulnels  et  qui  par  conséquent  faisait  partie  à  cette  époque  du 
domaine  des  religieux  de  Saint-Germain,  avait  été  dans  la  suite,  soit 
par  suite  d'usurpations,  soit  par  lei"ait  d'aliénation,  érigé  en  fief.  Nous 
avons  rapporté  dans  notre  étude  sur  Antony  les  démêlés  longs  et 
violents  qui  existèrent  entre  les  moines  et  les  seigneurs  de  Massy  et 
l'accord  qui  vint  y  mettre  un  terme. 

Néanmoins  Massy  relevait  toujours  jusqu'au  XIY*  siècle  de  la 
seigneurie  de  l'abbaye  de  Saint-Germain.  En  1248,  les  habitants  de 
Massy  et  de  son  écart  d'Eau  morte  (aqiiœ  mortase)  (Igny)  étaient 
compris  dans  l'affranchissement  octroyé  par  l'abbé  Thomas  de  Mauléon 
à  ceux  d'Antony  et  de  Verrières.  En  i358,  nous  trouvons  un  aveu  rendu 
à  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  par  Jean,  sire  de  Macy,  pour  toutes 
les  possessions  de  Macy*. 

Nous  lisons  dans  le  dénombrement  de  i384  : 

1°  Messire  Pierre  de  Yilli  tient  (de  l'abbé)  un  fief  à  Macy  et  environs, 
cens,  rentes,  avaines,  hostises,  qui  puet  valoir  environ  xxnu  livres. 
(L.  760,  n°  29,  et  Saint-Germain  auXIV  siècle,  p.  36.) 

Dans  la  suite,  nous  retrouvons  cette  localité  relevant  pour  le  spirituel 
et  pour  le  temporel  de  la  seigneurie  des  évêques  de  Paris.  Pourtant  une 
partie  de  ce  territoire  faisait  partie  de  la  censive  de  l'abbaye  et  notam- 
ment le  clos  de  Massy,  où  la  plupart  des  habitants  avaient  leurs  vignes, 
ce  qui  amena  de  nombreuses  difficultés  pour  le  paiement  des  droits  de 
pressurage.  En  1782,  le  religieux  transigèrent  avec  les  habitants  de 
Massy  et  remplacèrent  pour  leurs  vignes  du  Clos  le  droit  de  pressurage 
par  une  redevance  annuelle  de  i5  sols  par  arpent-. 


I.  Arch.  nat.  L.  75/1,  n°  ai. 
3.  Id.  L.  77G. 


-87 


WISSOUS 


Cette  dépendance  d'Antony,  que  nous  voyons  figurer  dans  la  charte 
de  1029  sous  le  nom  de  Villa  Oliosi  et  que  des  documents  postérieurs 
désignent  sous  le  nom  de  Hait  Solz,  fut  érigée  en  paroisse  séparée  à 
une  époque  que  nous  ne  pouvons  préciser.  Les  évêques  de  Paris  étaient 
seigneurs  temporels  et  spirituels  de  la  ville  et  de  la  majeure  partie  du 
territoire  ;    le   reste   de    ce    territoire  relevait    de    la    seigneurie  des 
abbés  de  Saint-Germain.   La  juxtaposition  de  ces   autorités  voisines 
et  ordinairement  rivales  produisit  entre  elles  des  contrats,  des  discus- 
sions, des  procès  et  des  transactions,  qui  forment  le  fond  de  cette  loca- 
lité dans  les  archives  de  Saint-Germain.  Au  X1II«  siècle,  les  unions 
entre  les  serfs  des  deux  seigneuries  nous  permettent  d'assister  à  l'exer- 
cice de  ce  droit  de  formariage  que  les  religieux  aboHrent  à  cette  époque 
dans  la  seigneurie.  En   1281,  des  lettres  de  l'évêque  de  Paris  notifient 
qu'il  accordait  «  à  sa  femme  de  corps,  iMellisande,  fille  de  Maugrin  de 
((  Wissous  »,  la  permission  de  se  marier  u  avec  Noël  Marlin,  homme  de 
«  corps  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  «,  à  condition  que  la 
moitié  des  enfants  à  naître  de  ce  mariage  appartiendrait  à  l'Eglise  de 
Paris,  et  l'autre  moitié,  à  l'abbaye  de  Saint-Germain;  que  si  ledit  Noël 
mourait  sans  enfants,  ses  biens  meubles  et  immeubles  appartiendraient 
à  l'église  de  Saint-Germain  ;  que  si,  au  contraire,  ladite  Mellisande  mou- 
rait sans  postérité,  ses  biens  devaient  revenir  à  l'évêque;   si  enfin, 
pendant  le  mariage,  les  deux  époux  venaient  à  acquérir  des  domaines 
soit  dans  le  territoire  de  l'abbaye,  soit  dans  celui  de  l'évêché,  l'évêque 
ou  l'abbé  sera  tenu  de  s'en  dessaisir  au  profit  de  l'autre,  un  an  après  la 
mort  des  conjoints*.  Nous  trouvons  plusieurs  transactions  analogues, 
conclues  entre  les  évêques  et  les  abbés  pour  le  même  objet. 

Mais  dans  la  suite  les  actes  que  nous  fournissent  les  archives  revêtent 
un  caractère  moins  pacifique.  Les  débats  portaient  en  général  sur  le 
droit  de  pressurage,  auquel  les  religieux  de  Saint-Germain  voulaient 


I.  Arcli.  nat.  L.  8of). 


88  — 


astreindre  leurs  vassaux  de  Wissous,  en  les  obligeant  à  aller  porter  leurs 
vendanges  aux  pressoirs  banaux  d'Antony.  Or  ceux-ci  prétendaient 
jouir  sous  ce  rapport  des  immunités  concédées  aux  habitants  du  reste 
de  ce  territoire  et  avoir  leurs  pressoirs  particuliers.  Ce  fut  la  source  de 
longues  et  parfois  violentes  discussions,  qui  se  renouvelaient  sans  cesse 
et  qui  ne  se  terminèrent  qu'à  la  fin  du  XYllP  siècle.  Nous  trouvons 
dans  le  Cartulaire  d'Antony  un  acte  de  i33i,  portant  convention  pour 
ajourner,  devant  la  cour  du  Prévôt  des  Marchands,  Guillaume  Baudran 
et  Pierre  Dautène,  «  marguillier  de  la  paroisse  de  Huit  Solz  »,  qui 
avaient  employé  l'argent  de  la  fabrique  de  ladite  église  à  armer  environ 
cinq  cents  hommes,  pour  aller,  enseignes  déployées,  empêcher  les 
religieux  de  Saint-Germain  de  prélever  le  droit  de  pressurage.  Les 
meneurs  de  la  révolte  furent  condamnés  à  être  battus  de  verges  et  à  la 
confiscation  de  leurs  biens  au  profit  du  Roi.  Le  procureur  général 
ayant  appelé  a  minima  de  cette  sentence,  nous  ignorons  le  dénouement 
de  cette  affaire'. 

En  i53i,  une  requête  fut  présentée  par  le  procureur  fiscal  d'Antony, 
«  exposant  que,  malgré  les  défenses  faites  par  le  bailli  de  Paris  et  par 
«  les  officiers  de  la  Prévôté  d'Antony  aux  messiers^  du  village  de 
((  Wissous  de  se  transporter  sur  aucune  pièce  de  vigne  du  territoire 
«  d'Antony,  portant  piques,  cornets  et  autres  bastons,  pour  faire 
((  aucune  garde  des  dites  vignes,  ni  aucun  exploit  »,  les  deux  messiers 
de  la  présente  année  étaient  venus  avec  les  insignes  de  leurs  fonctions 
sur  le  territoire  d'Antony,  où  ils  avaient  été  appréhendés  au  corps  par 
les  gens  de  la  Prévôté.  Le  juge  déclare  confisqués,  au  profit  de  l'abbé  et 
des  religieux,  les  piques,  cornets,  sifïlets  des  deux  délinquants,  à  qui 
défense  est  faite,  sous  de  graves  peines,  de  recommencer  leur  entre- 
prise\ 

Dans  la  suite,  les  religieux  durent  aller  fréquemment  demander  aux 
tribunaux  le  maintien  de  leurs  droits  contre  l'insubordination  de  leurs 
vassaux  de  Wissous.  En  i535  une  sentence  du  Châtelet  de  Paris  con- 
damna plusieurs  habitants  de  Wissous,  qui  prétendaient  «  que,  ce 
«  territoire  étant  hors  de  la  juridiction  de  Saint-Germain-des-Prés,  ils 


1.  Enjalvix,  I,  p.  II. 

2.  Garde  des  moissons. 

3.  Enjalvin,  I,  p.  10. 


Sy 


«  pouvoient  avoir  et  avoient  en  leurs  maisons  des  pressoirs  esquels  ils 
y  amenoient  chacun  an  les  fruits  et  vendanges  qu'ils  cueilloient  en 
«  leurs  vignes'.  »  Après  avoir  appelé  de  cette  sentence  au  Parlement 
qui  la  confirma,  les  habitants  de  AVissous  durent  se  soumettre;  mais 
pour  se  délivrer  d'une  servitude  qui  leur  était  odieuse,  ils  entrèrent  en 
négociation  avec  les  religieux  de  Saint-Germain,  et,  par  un  accord 
conclu  en  i538,  ils  s'engagèrent  à  payer  une  redevance  annuelle  de 
20  sols  par  arpent  pour  avoir  le  droit  de  pressurer  où  ils  voudraient, 
«  jusqu'à  ce  qu'on  eût  construit  un  ou  plusieurs  pressoirs  proche  le 
pont  d'Antony^  ». 

Mais  cet  accord,  qui  avait  un  caractère  transitoire,  ne  mit  pas  fin  à 
cette  interminable  lutte.  A  la  fm  du  XVIIP  siècle,  nous  retrouvons  les 
religieux,  qui,  par  suite  sans  doute  de  la  construction  d'un  nouveau 
pressoir  bannier,  étaient  rentrés  dans  la  plénitude  de  leurs  droits, 
réclamant  le  paiement  des  arrérages  dus  pour  les  dîmes  et  le  pres- 
surage par  les  habitants  de  Wissous  et  ceux-ci  s'y  refusant.  Le  procès 
était  déjà  engagé,  lorsque  les  partis  recoururent  à  la  voie  de  la  conci- 
liation. Par  une  transaction  conclue  le  9  octobre  1782,  les  religieux 
consentirent  à  supporter  la  moitié  des  frais  du  procès  et  à  faire  l'abandon 
définitif  de  leur  droit  de  pressurage,  moyennant  un  droit  annuel 
d'abonnement  de  l\o  sols  par  arpent  que  les  habitants  s'engagèrent  à 
payer  à  leurs  seigneurs. 

D'après  les  baux  à  ferme,  nous  voyons  que  le  domaine  que  possédait 
l'abbaye  dans  le  territoire  de  Wissous  comprenait  11  arpents.  En  1790, 
les  revenus  que  retirait  la  mense  conventuelle  de  ses  terres  de  Wissous 
se  montaient  annuellement  à  286  livres.  Les  religieux  y  possédaient 
1 1  arpents  3  quartiers  1/2  de  prés  loués  à  Pierre  Dupressoir  ^. 


I.  Arch.  nat.  LL.  10/17,  ^o^-  7^- 

a.  BouiLLART,  ouv.  cUé,  p.  184. 

3.  Arch.  nat.  S.  2858:  Bibl.  nat.  ms.  fr.  208C8,  p.  32. 


<)0 


ÉPINAY-SUR-ORGE  OU  LE  RREEIL' 

A  quatre  lieues  de  Paris,  dans  la  chàtellenie  royale  de  Monthléry, 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  possédait  une  vaste  étendue  de  ter- 
ritoire, qui  comprenait  plusieurs  villes,  des  églises,  des  châteaux  avec 
leurs  droits  seigneuriaux,  et  qui  fournissait  des  ressources  considérables 
pour  l'entretien  des  moines.  Le  centre  principal  de  popiilation  était 
la  ville  d'Epinay,  située  entre  les  rivières  d'Orge  et  d'Yvette. 

A  quelle  époque  et  par  qui  fut  faite  cette  importante  donation  au 
monastère  de  Saint-Germain?  C'est  une  question  que  ses  riches  archives 
laissent  sans  réponse.  Ni  les  chartes  royales,  conservées  ou  restituées 
avec  un  soin  si  vigilant,  ni  les  cartulaires  des  siècles  suivants 
ne  mentionnent  la  donation  de  la  ville  de  Spinogilium  et  de  ses 
dépendances.  Des  documents  postérieurs  nous  apprennent  qu'au 
commencement  du  IX*"  siècle  l'abbaye  était  en  paisible  possession 
d'Epinay  et  nous  montrent  la  composition  et  l'étendue  de  son  territoire. 
Cette  lacune  dans  le  chartrier  de  Saint-Germain  ne  fait  que  confirmer 
nos  conclusions  sur  la  disparition  ou  l'altération  de  beaucoup  des 
titres  primitifs  dans  les  pillages  de  l'abbaye  par  les  Normands  et  sur  la 
restitution  de  plusieurs  d'entre  eux  par  des  moines  du  XP  siècle,  qui 
s'efforçaient  de  reproduire  sur  leurs  parchemins  ce  qu'ils  pouvaient 
déchiffrer  sur  les  lambeaux  de  papyrus  qui  étaient  parvenus  jusqu'à 
eux.  En  faisant  cette  œuvre,  dont  on  peut  et  dont  on  doit  contester  le 
principe  au  point  de  vue  de  l'érudition,  mais  qui  nous  a  conservé  des 
indications  précieuses  pour  l'histoire,  les  moines  obéissaient  moins  à 
la  préoccupation  d'orner  leurs  archives  de  documents  glorieux  pour  le 
prestige  de  l'abbaye,  qu'à  celle  de  se  procurer  des  armes  pour  la 
défense  de  leurs  droits  quand  ils  étaient  menacés  par  de  puissants  com- 
pétiteurs. Dans  le  cas  présent,  Epinay  se  trouvait  dans  le  ressort 
de  la  chàtellenie  de  Monthléry,  et  les  religieux,  ne  voyant  dans  les 
environs  que  les  olïîciers  royaux  qui  semblaient  plus  disposés  à  les 


I.  M.  l'abbc  Gcnty,  curé  d'Epinay,  a  public  en  1898  une  étude  intitulée  Epinay- 
sur-Orge  du  VIII'  au  XIX'  siècle.  De  ce  travail  consciencieux,  érudit  et  complet,  nous 
n'avons  eu  qu'à  faire  l'analyse  en  remerciant  l'auteur  de  nous  avoir  ainsi  singuliè- 
remenl  facilité  la  besogne. 


—  0^ 


protéger  qu'à  les  opprimer,  ne  se  crurent  pas  sans  doute  obligés  de 
recourir  à  leur  industrie  pour  combler  une  perte,  qui  ne  leur  semblait 
pas  devoir  entraîner  de  fâcheuses  conséquences  pour  eux. 

Toujours  est-il  que  le  plus  ancien  document  qui  nous  parle  d'Epinay 
dans  les  archives  de  Saint-Germain  est  le  Polyptyque  d'irminon,  abbé  de 
Saint-Germain  dans  les  premières  années  du  LV  siècle;  ce  document, 
si  important  pour  l'histoire  de  l'abbaye  et  pour  la  géographie  carlo- 
vingienne,  nous  donne  les  indications  les  plus  précises  sur  l'étendue  des 
possessions  de  Saint-Germain  dans  cette  région,  sur  le  nombre  et  les 
diverses  conditions  de  leurs    vassaux  et    sur    les   redevances    qu'ils 
payaient  aux  religieux.  On  y  voit  que  l'abbaye  possédait  à  Epinay  une 
demeure  seigneuriale  avec  ses  dépendances  et  ses  droits,  à  laquelle  était 
attachée  une  terre  arable  de  six  coutures  ou  de  i5o  bonniers,  compor- 
tant 2  5o  muids  de  semence;   100  arpents  de  vigne  pouvant  produire 
85o  muids  de  vin  ;  une  forêt  d'une  lieue  et   demie  de   tour   où  l'on 
pouvait  nourrir  200  porcs,  et  enfin  un  moulin  rapportant  annuellement 
une    censé  de   60  muids  de  grains.  Au  devant  du  château  s'élevait 
l'église  construite  avec  soin  et  pourvue  de  tous  les  ornements  néces- 
saires au  culte  divin   :  dont  dépendaient  4  bonniers  de  terre  arable, 
7  arpents  et  demi  de  vignes  et  3  de  prés,   plus  2  maisons  avec  leurs 
terres,  leurs  vignes  et  leurs  prés.  Tout  à  l'entour  s'élevaient  les  maisons 
des  habitants  d'Epinay;  82  d'entre  elles  étaient  ingénuiles,  c'est-à-dire 
possédées  par  des  hommes  libres  de  race,  colons  et  vassaux  de  Saint- 
Germain,  à  qui  ils  devaient,  pour  droit  de  paisson,  3  muids  de  vin  la 
première  année,  un  mouton  la  seconde,  2  sols  3  deniers  la  troisième, 
et  ainsi  de  suite  ;  pour  le  droit  d'usage  dans  la  forêt,  4  deniers  et 
100  bardeaux  par  an;  de  plus,  le  labour  d'un  arpent  de  vignes  et  de 
2"  perches  de  terres  arables,  et  les  autres  corvées,  manœuvres  et  char- 
rois à  la  réquisition  des  seigneurs  ;  6  maisons  serviles  ou  tenues  par 
des  serfs,  et  enfin  9  hospices,  c'est-à-dire,  maisons,  louées  à  des  étrangers 
au  pays.  En  résumé,  les  Sa  manses  ingénuiles  rapportaient  à  l'abbaye 
comme  redevances  68  sols,  tous  les  trois  ans,  18  moutons  ou  1 3  brebis, 
10  sols    pour   les  droits  d'usage   dans  la    forêt,   68    muids  de  vin, 
3ooo  bardeaux,  96  poulets  et  autant  d'œufs;  les  1 1    manses  serviles 
payaient  de  redevance  annuelle  pour  la  paisson  18  muids  et  demi  de 
vin,  23  poulets  et  autant  d'œufs  ;   des  neuf  hospices  l'abbaye  retirait 
annuellement  4  muids  de  vin,  17  poulets  et  autant  d'œufs  et  3  deniers. 


93  - 


En  faisant  la  somme  des  terres,  vignes,  prés  et  bois  possédés  soit  par 
les  tenanciers  colons,  serfs  ou  hôtes,  soit  par  ceux  de  la  terre  seigneu- 
riale et  par  ceux  de  l'église,  on  trouve  que  l'abbaye  de  Saint-Germain 
possédait  au  IX"  siècle,  à  Epinay,  443  bonniers  et  20  ansanges  de  terres 
labourables,  210  arpents  et  demi  de  vignes,  127  arpents  de  prés  et  un 
bois  d'une  lieue  et  demie  de  tour,  soit,  d'après  nos  mesures  modernes, 
près  de  mille  hectares,  étendue  de  territoire  qui,  d'après  la  remarque 
très  juste  de  M.  l'abbé  Genty,  est  plus  du  double  de  celle  de  la  commune 
actuelle  d'Epinay. 

Epinay  figure  parmi  les  biens  que  l'abbaye  possédait  aux  environs  de 
Paris  dans  les  chartes  de  confirmation  concédées  par  Louis  le  Débon- 
naire, en  829,  et  par  Charles  le  Chauve,  en  872.  L'abbé  Hilduin,  ayant 
voulu  assurer  l'entretien  des  moines  et  les  mettre  à  l'abri  des  négli- 
gences ou  des  rapacités  possibles  de  ses  successeurs,  constitua  la 
mense  conventuelle,  à  laquelle  il  assigna  sur  les  produits  des  terres  de 
l'abbaye  des  redevances  en  nature  suffisantes  pour  la  nourriture  de 
120  moines;  pour  le  vestiaire  et  les  autres  nécessités  de  la  communauté 
et  de  l'infirmerie,  Hilduin  affecta  à  la  mense  conventuelle  un  certain 
nombre  de  dépendances  de  l'abbaye,  parmi  lesquelles  figure  Epinay.  Ce 
furent  ces  dispositions  qu'à  la  requête  de  son  cher  conseiller  et  ami 
Hilduin,  Louis  le  Débonnaire  confirma  par  sa  charte  de  829. 

A  part  ces  quelques  documents  échappés  aux  désastres  de  cette 
époque,  nous  n'avons  aucun  indice  sur  les  destinées  de  cette  dépen- 
dance de  Saint-Germain  pendant  la  lamentable  période  011,  pour  se 
protéger  contre  les  invasions  normandes,  l'abbaye  s'était  placée  sous 
l'autorité  de  hauts  barons  féodaux  qui  avaient  remplacé  la  crosse  par 
l'épée  et  ne  songeaient  qu'à  transformer  les  liens  ecclésiastiques  en 
sources  de  revenus  pour  eux  et  en  héritages  pour  leurs  familles.  Quand, 
au  XIII*  siècle,  les  archives  nous  fournissent  des  chartes  relatives  à 
Epinay,  nous  voyons  que  la  plus  grande  partie  du  territoire,  dont  le 
Polyptyque  d'Irminon  nous  donnait  l'étendue  et  les  ressources,  avait 
été  inféodée  ou  aliénée  en  faveur  des  familles  féodales  de  la  contrée.  Le 
moulin,  qui,  en  811,  rapportait  60  muids  de  blé,  était  passé  sous  la 
suzeraineté  de  Garin  de  Guilleville,  qui  était  devenu  également  seigneur 
du  Perray  et  n'était  tenu  à  rendre  aux  moines  qu'un  simple  hommage. 
Thomas  de  Châtres  possédait  dans  les  mêmes  conditions  le  village  de 
Villiers.  Simon  de  Vaugrigneux  et  Jean  de  Frêne  avaient  à  Epinay  la 


-  0^  - 

dîme  du  vin  et  du  blé,  etc.,  etc.  De  sorte  que  les  possessions  que  Saint- 
Germain  avait  conservées  à  Epinay  se  réduisaient  au  château  seigneurial, 
à  l'église,  aux  prés  de  la  Vallée,  à  quelques  terres  avec  les  droits  de 
justice  et   de    seigneurie.    Après  que    cette    lamentable    période    fut 
terminée,   les   abbés  réguliers,   qui   succédèrent  aux   abbés   laïques, 
se  mirent  activement  à  la  tâche  pour   arrêter  et  réparer  le  mal,  et 
reconquérir  les  biens  précédemment  aliénés.  Une  charte  intéressante 
du  milieu  du  XII"  siècle  nous  permet  d'assister  à  une  de  ces  acquisi- 
tions faites  dans  des  conditions  tout  à  fait  spéciales.  Dans  ce  document 
relatif  à  la  fondation  d'un  anniversaire  pour  le  moine  Reinart,  l'abbé 
Geoffroy  expose  les  motifs  qui  l'ont  déterminée.  Ces  motifs  étaient 
la  reconnaissance  inspirée  à  l'égard  de  ce  religieux  par  les  services 
rendus  à  la  communauté  et  l'accroissement  de  ses  biens.  Un  chevalier 
du    voisinage,    Godefroid    de    Saulx,    avait    donné  à    sa    sœur,    en 
la  mariant,  le  fief  qu'il  tenait  des  religieux  au  Breuil  et  à  Epinay  ; 
mais,     pressée    par    la    modicité    de    ses    ressources   personnelles, 
cette  dernière  demanda  à   son  frère  l'autorisation  de  mettre  ce  fief 
en  vente.   Se  conformant  aux  usages  féodaux,  le  frère  et  la  sœur  se 
présentèrent  devant  leur  seigneur,  qui  était  alors  l'abbé  Hugues  IV, 
pour  lui  offrir  l'acquisition  du  fief.  Arrêté  par  la  pénurie  du  trésor 
abbatial,  l'abbé  Hugues  dut  refuser  cette  proposition,  lorsque  le  frère 
Reinart,  «   craignant  de  voir  passer  en  des   mains   étrangères   celte 
u  ancienne  possession  de  l'abbaye,  pressé  par  les  instances  de  l'abbé 
«  Hugues  et  de  tous  les  moines  »,  se  rendit  acquéreur  pour  lo  livres 
d'écus    parisis  de  ce  fief,  qu'il  donna,    libre  de  toutes    charges,   au 
monastère  de  Saint-Germain,  en  s'en  réservant  l'usufruit.  Le  moine 
Foulquier,  qui  avait  affermé  le  domaine  du  Breuil,  se  chargea  de  payer 
la  redevance  de  20  sols  due  au  monastère  pour  le  fief  en  question. 
Après  la  mort  de  l'abbé  Hugues,  son  successeur,  l'abbé  Joffroy,  affecta 
ces  20  sols  de  rente  à  la  fondation  d'un  anniversaire  pour  le  frère 
Reinart  :  on  devait  célébrer  solennellement  son  service  au  jour  anni- 
versaire de  sa  mort  et  donner  ce  jour-là  aux  religieux  une  bonne  pitance 
de  poissons.   L'abbé  Joffroy  plaçait    sa    fondation   sous    la    garantie 
d'excommunications,  portées  par  lui  et  par  tous  ses  frères  prêtres  contre 
les  violateurs  de  ces  dispositions  ^ 


I.  Arch.  liât.  L.  7G5,  n°  10 1. 


-94 


Dans  la  suite,  le  moine  Reinart  fut  investi  de  la  charge  de  Prévôt  de 
Saint-Gormain,  et  nous  le  voyons  figurer  en  cette  qualité  dans  des  procès, 
soutenus  devant  la  juridiction  royale  contre  les  usurpations  de  certains 
seigncius  delà  contrée.  Eu  1270,  la  seigneurie  du  Breuil  devait  payer 
45  sols  parisis  de  rente  annuelle  pour  la  célébration  de  cet  anniversaire, 
qui,  cent  ans  auparavant,  avait  été  fixé  à  20  sols'. 

Dès  le  commencement  du  XIll"'  siècle,  de  nombreuses  donations 
vinrent  restituer  en  partie  les  biens  que  l'abbaye  avait  perdus  dans  cette 
région  pendant  la  période  précédente.  En  1200,  Geoffroy  Curial, 
chevalier  de  Senlis,  gentilhomme  de  la  Chambre  du  Roi,  donnait  à 
l'abbaye  de  Saint-Germain  la  moitié  de  la  grange  du  Breuil  en  pure 
aumône  et  lui  vendait  le  reste  au  prix  de  43 1  livres  parisis.  Quelques 
mois  après  (3i  octobre  1200),  le  Roi  confirma  la  donation  et  la  vente 
que  son  chambellan  venait  de  faire  aux  religieux". 

En  i209,  des  lettres  de  Pierre,  évoque  de  Paris,  munies  de  son  sceau, 
notifient  qu'en  sa  présence  le  chevalier  Tierry  de  Droison  avait  donné 
à  l'église  de  Saint-Germain  la  cinquième  partie  des  dîmes  d'Epinay,  de 
Savigny  et  du  Breuil  et  lui  avait  vendu  le  reste  pour  27  livres  parisis'. 

Celle  même  année,  une  noble  dame  Anne  dea  Brel  donna  en  aumône 
aux  religieux  G  mines  de  blé  à  prendre  sur  le  fief  du  Breuil,  avec 
l'assentiment  de  Ricard,  maire  de  Morenci,  qui  possédait  ce  fief,  et 
d'Adam  Choisel,  duquel  il  relevait*. 

En  1211,  ^^"ilhelm  de  Guillerville  consent,  en  qualité  de  seigneur 
féodal,  à  la  donation  faite  en  aumône  à  l'église  de  Saint-Germain  par 
Pierre,  fils  d'Ansold  de  Villiers,  de  la  5*^  partie  de  la  moitié  du  moulin 
du  Breuil  et  de  la  vente  du  reste  de  cette  même  moitié,  au  prix  de 
160  livres  parisis.  Le  seul  droit  que  se  réservait  le  donateur,  pour  lui, 
sa  famille  et  ses  vassaux  de  Villiers,  était  un  tour  privilégié,  cjuand  ils 
viendraient  pour  moudre  leurs  grains.  Cette  charte  est  munie  du  scel  et 
du  conlrescel  du  sire  de  Guillerville'. 

En  1222,  Renaud,  maire  du  Breuil,  et  Aalis,   son  épouse,  vendirent 


1.  Arch.  util.  LL.  1 102. 

2.  I<l.    LTj.    102G.    Cart.,     abbé  Guill.,  n"  i2r).    —    Bolillart,  Delisle,  Philippc- 
Aiig-uslc,  Arles,  11°  .ï(jG. 

3.  /'/.  L.  7C.5,  n"  .'|5. 
^1.  /(/.  L.  7(ir),  11"  'l'i. 
5.  /(/.  L.  70.'),  Il"  i5. 


—    ()0    — 

au  monastère  de  Saint-Germain  les  droits  qu'ils  avaient  au  Breuil  sui 
les  dîmes  du  blé  et  du  vin. 

Encouragé  par  les  accroissements  multiples  et  importants  du 
domaine  du  Breuil,  l'abbé  Simon  résolut  d'y  transporter  le  centre  de 
leur  donation  dans  la  contrée  ;  il  fit,  en  conséquence,  bâtir  somptueu- 
sement une  seconde  seigneurie  dans  les  environs  de  la  grange  du  Breuil. 
Celte  construction  est  mentionnée  dans  son  épitaphe,  parmi  les  œuvres 
qui  illustrèrent  son  abbatial. 

A  partir  de  celte  époque,  les  donations  diminuèrent  et  finirent  par 
cesser  complètement,  soit  que  la  dévotion  des  fidèles  lût  moins  vive 
que  par  le  passé,  soit  qu'elle  se  portât  de  préférence  vers  d'autres 
établissements  religieux  plus  dépourvus  de  ressources  et  répondant 
plus  spécialement  aux  besoins  de  celte  période.  Les  archives  ne  nous 
font  assister  qu'aux  luttes  et  aux  procès  qu'eurent  à  soutenir  les 
religieux  pour  le  maintien  de  leurs  droits  et  de  leurs  prérogatives 
contre  des  prétentions  rivales.  Parmi  les  affaires  que  mentionnent  les 
registres  de  la  justice  du  Breuil,  nous  nous  contenterons  de  signaler  la 
condamnation,  par  la  cour  prévôtale  de  Sainl-Germain-dcs-Prés,  de 
deux  hommes  du  pays  qui  avaient  assassiné,  en  1278,  messire 
Berlhaut,  le  curé  d'Epinay.  Les  meurtriers  furent  ramenés  au  Breuil 
pour  y  subir  leur  peine.  Sous  les  yeux  de  l'abbé  Girard  de  Mous,  qui, 
en  raison  de  la  gravité  du  crime,  s'était  rendu  sur  les  lieux  et  présidait 
à  cette  exécution,  ils  furent  traînés  sur  la  claie  dans  les  rues  du  bourg 
et  pendus  derrière  l'orme  planté  entre  Epinay  et  le  Petit-Vaux^ 

Pour  donner  une  idée  des  diminutions  de  revenus  supportées  par 
l'abbaye  dans  ses  dépendances  d'Epinay,  nous  donnons  ici  l'article 
du  dénombrement  de  i384  qui  s'y  rapporte  : 

«  ...  Item,  en  la  ville  de  Bruel,  un  hostel,  un  colombier,  un  polit 
estant,  un  molin,  toute  justice  haulte,  moyenne  et  basse,  un  pressouer 
bannier  et  un  autre  en  la  ville  de  Savigny  bannier;  environ  \l  arpens 
de  pré,  vi  arpens  de  Saulsaies;  environ  xxxu  livres  de  menus  cens 
et  rentes  à  plusieurs  jours  :  la  granclie  de  liant  et  le  colombier; 
environ  vi  vingt  arpens  de  terre  ;  environ  xu  arpens  de  vigne,  le  tout 
loué  XII  vingts  francs,  qui  souloit  valoir  cccc  livres  parisis  de  ferme 
chascun  an;   laquelle  est  ainsi  dyminuée  par  les   guerres'. 

I.  Arch.  nat.  LL.  1077. 

3.  Uom  uu  lioLRG,  Sailli  Germain  au  MV  siccle,  p.  aO.  Arrh.  net.  L.  7G0,  n°  39. 


-  'J(i  - 

((  Item,  au  Bruel,  maestre  Garnier  Guerart  tient  i  fief  de  viiu  arpents 
de  vignes  bonnes,  qui  puent  valoir  par  an  iiu  livres.  » 

La  possession  de  cet  orme  près  duquel  furent  exécutés  les  deux 
coupables  que  nous  avons  vus  fut  la  cause  d'un  procès  intéressant, 
moins  par  l'importance  de  son  objet  que  par  les  indications  qu'il  nous 
fournit  sur  l'exercice  de  la  justice  criminelle  et  civile  à  cette  époque, 
entre  le  roi  et  l'abbé  de  Saint-Germain.  Nous  trouvons  ces  détails  dans 
les  lettres  que  donnèrent  Jehan  de  Brétigny  et  Jehan  Blondel,  prévosts 
de  la  chàtellenie  reyale  de  Montlhéry,  au  sujet  du  «  contenz  et  discorz 
«  qui  fut  entre  le  Roy  et  l'abbé  ^de  S'-Germain-des-Prez  par  reson  de 
((  l'ourme  qui  est  entre  Esplnoilh  et  Serre  ».  Parmi  les  témoignages 
produits  devant  les  juges,  relevons  celui  de  Raoul  de  Vitré,  âgé  de 
60  ans,  qui  rappelle  l'exécution  dont  nous  venons  de  parler.  «  Il  dit 
({  par  son  serment  qu'il  vist  des  meurtriers,  qui  avoient  tué  le  prestre 
((  d'Espinoilh,  traynés  par  delez  l'ourme,  don  plait  est;  parce  que 
«  lombre  de  la  crois  qui  estoit  en  l'ourme  estoit  si  grant  qu'il  couvroit 
«  tout  le  chemin  ;  et  qu'il  convenoit  qu'il  vinssent  par  derrière  l'ourme, 
«  por-ce  que  l'abbé  Gerert,  qui  ilenc  estoit,  ne  vouloit  que  l'on  eschinât 
«  par  disos  l'ombre  de  la  croiz.  )>  D'où  il  concluait  que  l'orme  en  litige 
«  estoit  en  la  terre  du  dit  abbé  ». 

Nous  reproduisons  ici  la  conclusion  de  ce  document  qui  donne 
d'intéressants  détails  sur  la  composition  du  tribunal  appelé  à  statuer 
sur  ces  sortes  d'affaires. 

«  Ceci  fut  fait  l'an  de  grâce  mil  deux  cent  quatre  vingt-neuf,  le  lundi 
«  de  la  Sainct-Nicholas,  en  mars.  Et  lequel  enformement  et  laquele 
«  enqueste  desus  dite  que  nous  avons  faite,  baillasmes  à  juger  aus 
((  chevaliers  et  aus  bones  gens  de  la  chastelenie  de  Montlehery  en  ladite 
«  ville  en  jugement  et  fut  regardé  par  jugement  que  l'abbé  de 
((  Saint  Germain  des  Prez  fut  ressaisi  de  l'ourme  et  demeuras!  en  la 
«  saisine.  Et  fut  jugié  par  Monseigneur  Jodry  de  Courcelles,  chevalier, 
«  par  Monseigneur  Jehan  de  Vilevant,  chevalier,  par  le  Seigneur  des 
«  Forges,  par  Monseigneur  Guillaume  Dedde,  chevalier,  par  le  chastelain 
«  de  Breu,  par  Jehan  de  Ver;  par  Guillaume  Thibout,  par  Pierre  de 
((  Pinel,  par  Philippe  Lointier,  par  Nicholas  de  Balainvilliers,  par 
«  mestre  Pierre  Harent  clerc'.  »  Il  est  intéressant  de  constater  ainsi,  à 


I.  Arch.  nat.  L.  7G5,  n°  /ig. 


—  97  — 

la  fin  du  XIII®  siècle,  un  véritable  jury  appelé  à  intervenir  dans  une 
question  civile  et  manifestant  son  indépendance,  en  condamnant  les 
prétentions  des  oiïiciers  royaux.  Du  reste,  c'était  aux  rois  qu'avaient 
recours  les  religieux  pour  se  protéger  contre  les  entreprises  de  ses  repré- 
sentants. C'est  ainsi  que  par  ses  lettres  patentes  du  i®""  mars  iSSa, 
Charles  VI  maintenait  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  dans  ses 
droits  de  haute  justice  sur  le  village  du  Breuil,  contrairement  aux 
prétentions  du  prévôt  de  Montlhéry*.  Notons  simplement  un  procès 
soutenu  devant  les  tribunaux  royaux  par  les  Bénédictins  de  Saint- 
Germain  contre  ceux  du  prieuré  de  Longpont,  au  sujet  des  eaux  de  la 
rivière  d'Orges,  et  le  jugement  qui  vint  délimiter  les  droits  de  chacun 
et  fut  confirmé  par  lettres  patentes  de  Philippe  VI  (i4  mai  i34o)^. 

La  période  de  guerre  contre  les  Anglais  fut  désastreuse  au  point  de  vue 
de  la  prospérité  de  l'abbaye  de  Saint-Germain.  Pour  réparer  les  consé- 
quences des  pillages  successifs  du  monastère  et  de  ses  dépendances  et 
fournir  aux  subsides  exigés  par  les  rois  pour  l'entretien  de  leurs 
troupes,  les  abbés  furent  contraints  d'aliéner  ou  d'engager  plusieurs 
de  leurs  domaines.  La  terre  du  Breuil  fut  engagée,  en  iSgo,  à  un  certain 
Michelin  Double,  qui  en  jouit  comme  seigneur  viager  jusqu'à  sa  mort, 
arrivée  dans  les  premières  années  du  XV "^  siècle.  La  seconde  période  de 
la  guerre  de  Cent  ans  fut,  par  suite  de  l'occupation  du  donjon 
de  Montlhery  par  les  ennemis,  particulièrement  lamentable  pour 
ces  contrées,  qui  furent  pillées,  rançonnées  et  finalement  désertées 
par  les  habitants.  Quand  la  paix  permit  aux  religieux  de  venir  reprendre 
possession  de  leurs  domaines,  ils  trouvèrent  le  pays  tout  entier  en 
friches  et  couvert  de  ces  broussailles,  qui  lui  avaient  donné  jadis  son 
nom  d'Epinay  :  après  avoir  rendu  habitable  leur  château  du  Breuil, 
Is  se  mirent  à  l'œuvre  et  parvinrent,  en  distribuant  les  terres  moyen- 
nant de  très  faibles  redevances,  à  repeupler  et  à  fertiliser  le  pays. 

En  i522,  l'abbé  de  Saint-Germain,  Guillaume  Briçonnet,  présenta  au 
Roi  un  aveu  ou  dénombrement  de  tous  les  biens  que  l'abbaye  possédait 
dans  le  royaume.  Nous  y  relevons  les  indications  précieuses  sur  l'éten- 
due et  l'importance  de  la  dépendance,  que  nous  étudions  :  «  La 
seigneurie  du  Breuil  comprenant  Epinay  qui  est  la  paroisse,  le  Petit 


1.  Arch.  nat.  K.  53,  n"  ii.  Orig. 
a.  Id.  LL.  1027. 

7' 


-98- 

et  le  Grand-Vaux,  Charintru,  Balisy,  Savigny,  partie  de  Juvisy,  le  Breuil, 
qui  est  le  principal  village,  dont  du  présent  la  terre  et  seigneurie 
s'appelle,  laquelle  est  chatellenie,  distante  environ  de  six  lieues  de 
Paris.  »  Au  Breuil,  les  Bénédictins  possédèrent  «  un  grand  manoir, 
comprenant  corps  d'hôtel,  maison,  chapelle,  grange,  étables,  cour  et 
jardin,  pressoir  bannier,  prisons,  auditoire  pour  la  justice,  les  dits 
lieux  traversés  par  la  rivière  d'Orge,  entourés  de  murs  ».  Auprès  de  la 
maison  seigneuriale  du  Breuil,  sur  la  rivière  d'Orge,  était  le  moulin  à 
blé  avec  cour  et  jardin.  Dans  la  plaine  entre  Epinay  et  Balainvilliers, 
la  ferme  de  la  Grange  avec  tous  les  bâtiments  d'exploitation  agricole 
clos  de  murs  ;  un  peu  plus  loin,  aux  Graviers,  un  quartier  de  vignes 
appelé  le  Clos  de  la  Seigneurie.  En  outre,  l'abbaye  possédait  i34  arpents 
de  terre,  affermés  pour  la  redevance  annuelle  de  5  muids  de  blé  méteil  ; 
3  arpents  de  saussaie,  produisant  3oo  bottes  d'osiers  ;  6  arpents  de 
prairies  artificielles  ou  naturelles,  donnant  de  ferme  26  charretées 
de  foin,  le  droit  de  pêche  en  la  rivière  d'Orge,  400  livres  parisis  de 
censive  à  percevoir  sur  le  Breuil,  Epinay  et  autres  hameaux,  les  droits 
de  chatellenie  de  haute,  moyenne  et  basse  justice  avec  prévôt,  lieute- 
nant, greffier,  procureur,  sergents  et  autres  officiers,  dont  les  sentences 
ressortissent  en  appel  du  bailly  de  Saint-Germain-des-Prés,  les  droits 
de  lods,  ventes,  les  amendes,  rouages,  confiscations,  forfactures  dans 
toute  l'étendue  de  la  seigneurie'. 

Cette  nécessité  de  reconstitution  et  de  réparation  fut  la  cause  de 
l'érection,  au  moins  temporaire,  de  cette  dépendance  en  prieuré,  car 
ce  ne  fut  que  dans  cette  période  où  nous  trouvons  la  mention  de 
prieuré  du  Breuil.  Après  que  cette  seigneurie  eut  été  relevée  de  ses 
ruines,  le  prieuré  fut  supprimé  et  le  Breuil  réuni  à  la  Pitancerie  de 
Saint-Germain. 

Après  une  période  de  calme,  où  nous  ne  trouvons  rien  à  signaler 
pour  l'histoire  du  prieuré  du  Breuil,  s'ouvrit  l'ère  lamentable  des 
guerres  religieuses.  En  1662,  les  calvinistes,  sous  la  conduite  du  prince 
de  Condé,  ravagèrent  tout  le  pays  entre  Orléans  et  Paris,  brûlèrent  les 
monastères  de  Marcoussis  et  de  Longpont,  détruisirent  les  fermes, 
maisons,  pressoirs  que  Saint-Germain-des-Prés  possédait  dans  la 
contrée,  la  chapelle  et  la  grange  du  Breuil. 

t.  Arch.  nat.  S.  iS36. 


—  99 


Dans  le  trésor  de  l'abbaye,  appauvri  par  tous  ces  désastres,  le  cardinal 
de  Bourbon,  abbé  de  Saint-Germain,  ne  put  trouver  les  5oo  livres, 
auxquelles  avait  été  fixée  sa  part  dans  le  subside  que  le  Pape  avait 
permis  au  Roi  de  prélever  sur  les  biens  ecclésiastiques  ;  il  dut  se  les 
procurer,  en  les  empruntant  à  un  nommé  Nicolle  Jacquart,  à  qui  il 
donna  hypothèque  de  pareille  somme  sur  la  terre  du  Breuil.  11  déclara, 
en  même  temps,  que  cet  emprunt,  dont  il  demandait  la  ratification  au 
chapitre  de  Saint-Germain  ne  pourrait  préjudicier  aux  concordats  passés 
avec  les  religieux  pour  le  l'ait  de  la  mense  conventuelle  (1668)'.  Les 
guerres  religieuses  se  prolongeant  avec  un  véritable  acharnement, 
Henri  111  demanda  et  obtint  du  Saint-Siège  une  nouvelle  autorisation 
de  prélever  un  subside  sur  les  biens  ecclésiastiques;  pour  payer  sa 
quote-part,  qui  fut  fixée  à  63 18  livres,  le  cardinal  de  Bourbon  se  décida  à 
aliéner  la  seigneurie  du  Breuil.  Le  21  mai  1577,  ce  domaine  fut  vendu 
aux  enchères  publiques  et  adjugé,  pour  la  somme  de  684o  livres 
tournois,  à  maître  Barnabe  Brisson,  alors  avocat  général  au  Parlement, 
qui  devait  jouer  un  grand  rôle  dans  la  suite  et  mouinr  victime  des 
violences  de  la  Ligue.  L'abbaye,  qui  n'avait  pu  sauver  de  son  ancien 
domaine  que  les  grosses  dîmes  sur  le  territoire  d'Epinay  et  les  censives 
de  la  grange  du  Breuil,  avait  toujovns  cçnservé  le  désir  de  récupérer 
cette  importante  et  ancienne  portion  de  son  patrimoine.  Ce  ne  fut 
qu'en  1676  que  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  put  racheter,  au 
prix  de  35.3oo  livres,  la  grange  du  Breuil,  qui,  après  avoir  passé  dans 
les  possessions  de  plusieurs  familles  illustres  de  la  contrée,  avait  dû 
être  mise,  après  saisie,  aux  enchères  publiques ^  Un  siècle  plus  tard, 
en  1770,  les  Bénédictins  inféodèrent  la  grange  du  Breuil  à  M"  Augus- 
tin-Henri Cochin,  moyennant  une  redevance  annuelle  et  perpétuelle  de 
70  setiers  de  blé  payables  en  argent  «  au  prix  du  premier  marché  de 
Montlhéry^  ». 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  avaient  les  dîmes  d'Epinay- 
sur-Orge.  Le  marquis  de  Vins,  commandant  de  la  deuxième  compa- 
gnie des  mousquetaires,  percevait  la  dixme  sur  200  arpents  dans  cette 
même  paroisse.  11  prétendait  que  ses  ancêtres  avaient  acquis  depuis 


I.  Arch.  nat.  L.  756. 

a.  Id.  S.  3918. 

3.  Arch.  de  Seine-et-Oise,  sér.  H. 


—    lOO  — 

80  ans  le  fief  de  Saint-Merry.  Enfin,  pour  mettre  un  terme  à  cette 
contestation,  il  consentit  à  limiter  son  droit  à  4o  arpents  environ.  Cet 
accord  fut  accepté'. 

Comme  nous  l'avons  vu  dans  le  Polyptyque  de  l'abbé  Irminon,  au 
commencement  du  IX^  siècle,  l'abbaye  de  Saint-Germain  possédait  à 
Epinay  l'église  paroissiale,  qu'elle  avait  confiée  à  titre  de  bénéfice  à  un 
prêtre  nommé  Ricbert.  Comme  pour  tous  les  biens  qu'elle  possédait 
dans  ce  territoire,  ses  archives  ne  nous  fournissent  pas  d'indications 
sur  l'origine  de  la  seigneurie  spirituelle  d'Epinay,  et  ne  permettent  pas 
de  savoir  si  l'autel  d'Epinay  avait  été  donné  à  l'abbaye  par  un  évêque 
de  Paris  ou  bien  si  les  religieux  avaient  eux-mêmes  fondé  cette  église 
pour  les  besoins  spirituels  de  leurs  vassaux  et  serfs  d'Epinay.  Nous 
serions  assez  disposés  à  nous  ranger  à  la  seconde  hypothèse,  que  soute- 
naient les  Bénédictins  au  XVIP  siècle  dans  leurs  démêlés  avec  l'autorité 
épiscopale  au  sujet  de  leurs  droits  sur  la  paroisse  d'Epinay  ;  nous 
appuyons  cette  manière  de  voir  sur  l'absence  de  la  charte  de  donation, 
qui  ne  figure  ni  dans  les  archives,  ni  dans  les  divers  cartulaires,  tandis 
que  nous  les  y  retrouvons  pour  toutes  les  autres  églises  voisines  de  la 
dépendance  de  l'abbaye;  sur  le  vocable  de  saint  Germain  imposé  à 
cette  église  ;  sur  les  privilèges  et  droits  de  gros  décimateurs  qui  appar- 
tenaient aux  moines  et  qui  impliquaient  en  général  la  qualité  de  fonda- 
teurs. Mais  pendant  les  désastres  des  X^  et  XP  siècles,  les  abbés 
laïques  de  Saint-Germain  laissèrent  perdre  une  partie  de  leurs  droits 
spirituels,  en  même  temps  que  beaucoup  de  leurs  biens  temporels. 

Au  sortir  de  cette  période,  les  moines  n'avaient  plus,  non  seulement 
la  collation  dont  nous  venons  de  les  voir  investis  au  IX^  siècle,  mais 
encore  le  droit  de  présentation  ;  car  l'église  d'Epinay  ne  figure  pas 
parmi  celles  dont  la  bulle  d'Alexandre  111  confirma  la  juridiction  aux 
religieux  de  Saint-Germain.  Pourtant  cette  juridiction  fut  l'objet  de 
compétitions  rivales  et  de  litiges  prolongés  entre  les  évêques  de  Paris 
et  les  abbés. 

Si  les  pouillés  parisiens  des  XV^  et  XVP  siècles  marquent  la  cure 
d'Epinay-lès-Saint-Denis  comme  étant  à  la  pleine  collation  de  l'évêque, 
le  Pelletier,  dans  son  Pouillé  de  1693,  l'indique  comme  étant  à  la 
nomination  de  fabbé".  Dans  le  cours  du  XVIP  siècle,  les  Bénédictins 


1.  Bibl.  nal.  tns.fr.  16867,  p.  âag. 

2.  Lebeuf,  t.  I,  p.  694. 


lOI 


de  Saint-Maur  tentèrent  de  faire  consacrer  ce  qu'ils  considéraient  comme 
leurs  droits.  Dans  un  acte  de  17^9,  Dom  Placide  Roussel,  prieur,  et  les 
religieux  de  Saint-Germain-des-Prcs  qui  ont  soin  d'énumérer  leurs 
qualités  de  patrons,  fondateurs,  présentateurs,  cure's  primitifs,  décima- 
teurs  universels  de  l'église  d'Epinay-sur-Orge,  baillent  à  ferme  pour 
9  années  à  messire  François  Collemard,  prêtre,  vicaire  perpétuel  de 
cette  paroisse,  toutes  les  dîmes  grosses  et  menues  S  pour  le  prix  de 
280  livres  par  année,  avec  la  condition  que,  pendant  la  durée  du  bail, 
les  religieux  seraient  dispensés  de  payer  la  portion  congrue  audit 
vicaire*. 

Mais  cette  revendication,  que  tout  nous  porte  à  croire  fondée,  n'eut 
pas  raison  de  la  résistance  opposée  par  les  curés  d'Epinay  qui,  se 
fondant  sur  les  pouillés  diocésains,  forcèrent  les  Bénédictins  à  capituler 
et  à  renoncer  à  leurs  prétentions  sur  le  patronage  de  cette  église,  qui 
releva  définitivement  de  l'archevêque  de  Paris. 

Pour  compléter  ce  que  nous  avons  dit  déjà  de  l'importance  immobi- 
lière de  cette  circonscription  et  des  revenus  qu'en  retirait  l'abbaye, 
nous  allons  transcrire  les  indications  suivantes,  extraites  des  déclara- 
tions de  revenus  faites  en  1790  par  les  religieux  : 

«  Les  dixmes  d'Epinay-sur-Orge  et  dépendances,  à  la  réserve  de 
33  arpens  et  demi,  appartenant  au  seigneur  d'Epinay,  les  dites  dixmes, 
à  raison  de  /j  gerbes  par  arpent  de  terre  labourable  et  de  12  pintes  de 
vin  par  arpent  de  vigne,  sont  louées  au  sieur  Girardeaupar  bail  au  prix 
annuel  de  6oolivres,  et  3oo  livres  en  passant  le  bail,  ce  qui  fait  33  livres 
6  sols  8  deniers.  Le  fermier  devait  payer  le  gros  du  curé,  qui  était 
estimé  à  828  livres  et  qui  se  composait  de  3  muids  de  froment, 
I  muid  1/2  de  blé  méteil,  2  muids  de  vin  et  80  livres  en  argenté 

Au  commencement  du  XVP  siècle,  la  paroisse  que  nous  avons 
trouvée  jusqu'alors  désignée  sous  le  titre  de  Saint-Germain-d'Epinay, 
est  placée  sous  le  patronage  de  saint  Leu  et  de  saint  Gilles.  D'après  une 
note  fournie,  en  1790,  par  M''  Angoullian,  curé  d'Epinay,  au  vicaire 
général  de  l'archevêque,  ce  changement  aurait  eu  lieu  à  l'occasion  du 


1.  «  ...  le  droit  dedixme  se  perçoit  à  raison,  pour  les  grains,  de  4  gerbes  par  arpent, 
et  pour  le  vin,  de  4  pinctes,  mesure  d'Epinay  qui  est  la  mesme  que  colle  de  Saint- 
Denis  de  France...  » 

3.  Arch.  nat.  LL.  107g,  p.  72. 

3.  Dom  Poirier.  Bib.  nat.  ms.  fr.  20848,  p.  55. 


—    102    — 

don  que  firent  à  l'église  d'Epinay  les  religieux  de  Saint-Germain 
d'une  relique  de  saint  Leu,  qu'ils  avaient  reçue  du  monastère  de  Sainte- 
Colombe  de  Sens  et  qui  devint  l'objet  d'une  très  grande  dévotion  dans 
toute  la  contrée. 

L'église,  dont  le  Polyptyque  nous  mentionne  avec  complaisance  la 
construction  et  l'ornementation,  disparut  dans  l'époque  troublée  du 
haut  Moyen  Age  ou  du  moins  fut  remplacée  au  XIII*"  siècle  par  une 
nouvelle  construction,  établie  sur  le  même  emplacement  que  la 
première  et  comprenant  un  chœur,  une  nef,  un  bas-côté,  un  porche  et 
le  clocher.  A^ers  le  milieu  du  XV^  siècle,  on  ouvrit  sur  le  côté  de 
l'église,  à  gauche  du  sanctuaire,  une  chapelle  dédiée  à  saint  Roch  et  à 
saint  Sébastien,  et  remarquable  par  son  architecture  et  par  une  verrière 
du  XVI*  siècle.  Dans  la  seconde  partie  du  XYlIl^  siècle,  on  recons- 
truisit cette  église,  qui  menaçait  ruines  et  qui  fut  bénite  le  2  août  1778. 
Des  restaurations  récentes  sont  venues  modifier  ce  que  l'œuvre  des 
architectes  du  XVllI''  siècle  avait  de  peu  artistique  et  ressusciter  les 
souvenirs  des  constructions  précédentes. 

En  terminant,  disons  un  mot  des  fiefs  dépendant  d'Epinay  et  du 
Breuil  : 

1°  Savigny.  Nous  trouvons  dans  Lebœuf  '  la  mention  d'une  donation 
de  3  arpents  de  vigne  qui  aurait  été  faite  vers  le  X<=  siècle  par  un  certain 
Bertrand  au  monastère  de  Saint-Germain  ;  voici  en  effet  les  bouts-rimés 
qui  furent  inscrits  sur  le  nécrologe  de  ce  dernier,  à  la  date  du  8^  jour 
des  calendes  de  juin  : 

Bertranni  commémora  tio 
Ob  vineas  quas  almo 
Porrexit  Germano 
In  villa  Saviniaco 
Arpentorum  trium 
Cum  censo 
Solidorum  trium. 

Cette  donation  fut  l'origine  d'un  petit  fief  qui  s'étendait  sur  les  terri- 
toires voisins  de  Savigny  et  de  Juvisy. 

2"  A  Viiy,  deux  petits  fiefs  relevaient  de  la  seigneurie  du  Breuil  : 
celui  de  la  Masserie  et  celui  à! Ardouville* . 

I.  Ed.  Fechoz,  t.  IV,  p.  375. 

a.  Arch.  nat.  LL.  1037.  Voir  Dom  du  Bourg,  Saint-Germain  au  XIV*  siècle,  p.  87. 


—  io3  — 

Item,  en  la  ville  de  Viry,  la  femme  feu  sire  Pierre  d'Esnoy  et  ses 
enfants,  tient  j  fief  de  xxxu  arpents  de  terre,  la  moitié  du  grand  four 
de  la  ville,  environ  vnj  livres  de  menus  cens,  u  arpents  de  prés,  qui 
puent  valoir  par  an  environ  xxnu  livres. 

Item,  en  la  dite  ville,  Robert  Dadouville,  escuier,  xxmj  arpens  de 
terre,  xvu  arpens  de  bois,  qui  puent  valoir  environ  viu  livres. 

3°  Un  chantier  du  territoire  de  Villiers  nommé  les  Bas  Graviers,  était 
chargé  envers  la  seigneurie  du  Breuil  d'une  rente  féodale  de  i4  sols 
9  deniers'. 

4°  Un  chantier  du  territoire  de  la  ville  du  Bois,  appelé  le  bois  Tailleau, 
relevait  de  la  terre  d'Epinay,  qui  percevait  un  cens  annuel  de  3  sols 
2  deniers*. 

5°  Le  fief  du  Petit-Balysi,  comprenant  une  maison  avec  chapelle, 
cour,  jardin,  un  parc  de  loo  arpents,  une  ferme  nommée  les  Carneaux 
avec  I20  arpents  de  terre,  i3  du  prés\ 


Prieurs  du  Breuil 

Frère  Guy  Valdin  i475-i482. 

Frère  Thomas  de  Brie       1482. 


1.  Arch-  nat.  LL.  1037. 

j.  Id.,  p.  869,  cote  LXXXII. 

3.  Archives  de  Seine-et-Oise,  sér.  H. 


lO/i 


BALLAINYILLIERS 


C'est  une  bourgade  du  canton  de  Longjumeau,  arrondissement  de 
Gorbeil  (Seine-et-Oise).  Ce  nom  s'est  écrit  de  diverses  manières 
aux  XII^  et  XIIP  siècles.  On  trouve  dans  les  documents  de  cette 
époque  :  Berlenviller ,  Bellenvlller,  Bulanviler,  Ballenviler,  Ballein- 
viller.  L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  possédait  quelques 
biens  dans  cette  localité.  Nous  voyons,  en  effet,  en  1207,  Millon,  fils  de 
Thibaud  Cocherel,  chevalier,  lui  donner  en  aumône  la  cinquième 
partie  de  12  sols,  3  deniers  de  cens,  trois  hostises  avec  leur  justice  et 
un  droit  de  champart  sur  deux  arpents  de  terre.  11  lui  vend  le  reste 
pour  le  prix  de  4o  livres  parisis'.  Une  charte  d'Eude,  évêque  de  Paris, 
confirme  cette  convention  et  ce  bienfait  ^ 

Au  mois  de  janvier  122/i,  Guillaume  de  Vaugrigneuse,  chevalier, 
son  épouse  et  Pierre,  son  fils  aîné,  cédèrent  aux  Bénédictins  de  Saint- 
Germain  25  sols  de  rente,  qu'ils  percevaient  sur  les  cens  à  Sceaux.  Ils 
recurent  en  échange  ce  que  Guy,  religieux  et  cuisinier  du  monastère, 
avait  acheté  de  Pierre  Boguenel  etd'Ysabelle,  sa  femme,  au  Plessis  Saint- 
Pierre,  écart  de  Ballainvilliers,  Le  document  qui  mentionne  cet  accord 
se  trouve  aux  archives  nationales  (L.  806).  Sur  l'enveloppe  qui  le  ren- 
ferme nous  avons  remarqué  un  point  d'interrogation.  Par  ce  signe 
on  a  voulu,  sans  doute,  indiquer  une  indécision  topographique.  Nous 
pouvons  faire  erreur,  mais  néanmoins  nous  ne  craignons  pas  d'affir- 
mer que  le  lieu  désigné  plus  haut  doit  mettre  fin  à  toute  incertitude. 
En  examinant  la  contrée,  nous  voyons  que  Saint-Germain-des-Prés  y 
avait  de  nombreuses  possessions  et  que  le  Plessis-Saint-Pierre,  cité 
dans  un  accord  avec  ce  monastère,  ne  saurait  être  autre  que  le  village 
de  la  commune  de  Ballainvilliers  portant  ce  nom. 

Depuis  le  XIII''  jusqu'au  XVIP  siècle,  un  silence  complet  règne  sur 
l'administration  des  biens  de  Saint-Germain-des-Prés  à  Ballainvilliers. 


1.  Arch.  nat.  L.  766. 

a.  Id.  L.  765,  37  bis  ;  LL.    io25,  p.  i83. 


—  io5  — 

Enfin  nous  apprenons  que,  le  ao  mai  1689,  Jean  Guibourg  et  sa  femme 
se  dessaisirent  en  faveur  de  la  mense  abbatiale  dune  maison  et  d'un 
clos  contenant  3  arpents  situés  à  Ballainvilliers,  relevant  de  la  sei- 
gneurie de  la  grange  du  Breuil.  Ces  immeubles  leur  avaient  été  cédés 
par  Pierre  Rigault  et  son  épouse,  moyennant  80  livres  ^ 

Le  20  juin  1720,  Jules  de  la  Planche  de  Mortières  et  Marie  de 
Solage,  sa  femme,  acquirent  de  Jean-Baptiste  Aubry  et  Catherine 
Potel,  son  épouse,  et  autres,  une  maison,  un  jardin  et  clos  conte- 
nant 2  arpents  ou  environ,  situés  à  Ballainvilliers,  moyennant 
35oo  livres,  payées  aux  vendeurs,  et  une  rente  de  65  livres  aux  reli- 
gieux de  Saint-Germain  ^ 

La  déclaration  de  1790  ne  parle  point  des  revenus  que  l'abbaye  de 
Saint-Germain-des-Prés  avait  à  Ballainvilliers.  Peut-être  sont-ils 
compris  dans  ceux  qu'elle  attribue  à  Epinay-sur-Orge. 


ï.Arch.  nat.  S.  3918. 
3.  Id.,  S.  3919. 


—  io6 


AVRAINVILLE' 


Ce  village  est  situé  à  huit  ou  neuf  lieues  de  Paris,  dans  la  plaine 
qu'on  trouve  au  delà  de  Châtres  ou  Arpajon.  Son  nom  s'écrit  de  diverses 
manières  en  latin.  Les  documents  anciens  appellent  cette  localité  : 
Evrini  villa,  Aurenvilla,  Evranvilla.  On  rencontre  aussi  quelques 
divergences  dans  la  graphie  française  de  ce  mot,  qu'on  a  indifTérem- 
ment  orthographié  ainsi  qu'il  suit  :  Evranville,  Avreinville,  Avrin- 
ville,  et  Avrainville.  Cette  dernière  façon  de  l'écrire  semble  avoir 
prévalu.  Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  ont-ils  possédé  cette 
terre  avant  le  XP  siècle  ?  Le  Polyptyque  d'irminon,  qui  la  mentionne, 
nous  porte  à  le  croire.  11  ne  dit  pas  quelle  était  alors  son  importance  \ 

Les  Bénédictins  n'avaient  aucun  droit  sur  l'église,  car  nous  voyons 
que  Geoffroy,  évêque  de  Paris,  leur  en  concéda  le  patronage  en  1070'. 

Les  habitants  d'Avrainville  avaient  beaucoup  à  souffrir  de  la  part 
des  officiers  royaux,  qui  exigeaient  avec  trop  de  rigueur  certaines 
redevances.  Ils  ne  trouvaient  de  remède  à  leurs  maux  qu'en  allant 
demander  asile  à  un  hameau  plus  hospitalier.  Ces  désertions  émurent 
Pierre  de  Loiselèves,  ancien  chancelier  de  France,  qui  venait  d'être 
élevé  sur  le  siège  abbatial  de  Saint-Germain-des-Prés.  Il  s'adressa  au 
roi  Philippe  I"",  qui  se  hâta  de  refréner  la  rapacité  vexatoire  de  ses 
gens,  en  renonçant  à  ses  droits  sur  Avrainville.  Quels  étaient-ils  ?  Nous 
ne  le  savons  trop.  Nous  ne  pensons  pas  que  l'expression  vicaria, 
consignée  dans  la  charte  royale,  désigne  le  droit  de  voirie.  Comment 
pourrait-on  expliquer  autrement  l'abandon  que  Geoffroy  Poouz  en 
fit  aux  religieux  de  Saint-Germain,  en  l'an  1202,  moyennant  80 
livres  parisis  ?  Les  Bénédictins  l'auraient-ils  obtenu  du  monarque  pour 
l'aliéner  ensuite  ?  Aucun  titre  ne  nous  manifeste  l'existence  d'un  tel 
contrat  (1078)*. 


I .  Canton  d'Arpajon  (Seine-et-Oise). 

a.  Polyptyque  d'irminon,  éd.  Longkon,  1. 1,  p.  aulx  et  a3o. 

i.Arch.  nat.  LL.  ii5a,  p.  67. 

4c  Id.  LL.  ioa5,  p.  !»•}. 


—  107  — 


Le  terme  vicaria  peut,  sans  doute,  se  traduire  par  vicairie  et  désigne 
le  droit  de  tenir,  dans  un  ressort  assez  limité,  les  plaids  de  justice,  de 
faire  exécuter  les  décisions  rendues,  de  toucher  l'amende  sur  ceux  qui 
contrevenaient  aux  règlements  de  police.  La  vicairie  était  un  bénéfice 
héréditaire  que  les  rois  conféraient  parfois  à  des  abbayes  et  à  des 
monastères,  nous  dit  Pfîster  dans  ses  études  sur  le  règne  du  roi  Robert 
le  Pieux'.  La  charte  de  1073"^  emploie  le  mot  vicaria,  et  celle  de  1202  \ 
l'expression:  viaria.  Ces  termes  différents  doivent  signaler  deux  choses 
distinctes  :  vicairie  et  voirie. 

Dans  la  suite,  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  furent  assez 
heureux  pour  augmenter  notablement  leur  domaine.  En  ii3o,  le  frère 
Renaud  acheta  la  moitié  d'un  pressoir  à  Avrainville  pour  la  somme  de 
12  livres.  Il  rapportait  annuellement  20  sols.  Il  abandonna  cette 
rente  au  pitancier,  avec  la  réserve  qu'il  devait  l'assigner  pour  la  fondation 
de  son  anniversaire,  après  samorf*.  L'année  i2o5,  Guy  Charmaygre 
vendit  aux  Bénédictins  tout  ce  qu'il  pouvait  avoir  à  Avrainville,  pour 
le  prix  de  200  livres  *. 

Dix  ans  plus  tard,  12 16,  Jean,  abbé  de  Saint-Germain,  et  les  religieux 
de  ce  monastère  passèrent  une  transaction  avec  les  habitants  d' Avrain- 
ville. Comme  ils  possédaient  d'assez  vastes  bois,  ils  proposèrent  à  ces 
derniers  de  les  défricher  pour  y  planter  de  la  vigne.  Les  conditions 
étaient  avantageuses.  Ceux  qui  acceptaient  de  transformer  ces  terrains, 
de  les  améliorer  en  devenaient  les  propriétaires  définitifs,  en  payant 
8  deniers  de  cens  par  arpent,  en  donnant  un  setier  de  vin  par  muid 
pour  la  dîme  et  un  setier  pour  le  pressurage.  Le  reste  de  toute  la 
récolte  devait  se  partager  entre  le  prieur  et  le  détenteur  de  ces 
immeubles  \ 

En  1289,  Hescelin  de  Leudeville  vendit  aux  Bénédictins  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  moyennant  35  livres  parisis,  tous  ses  droits  sur 
Avrainville  consistant  en  champarts,  hôtes  taillables,  cens,  coutumes. 
Guy  IV  de  Chevreuse  confirma  ce  contrat'.   Cette  même  année  fut 


1.  Édité  Paris,  i885,  in-8%  p.  116. 
a.  Arch.  nat.  LL.  loaô,  p.  i5. 

3.  Id.  LL.  ioa6,  p.  47. 

4.  Id.  LL.  io44  ;  LL.  io55. 

5.  Id.  LL.  io55. 

6.  Id.  L.  765;  LL.  io55,  p.  i. 

7.  Id.  LL.  io55,  p.  3  ;  LL.  io56,  p.  i  ;  L.  765. 


—  io8  — 

signalée  par  d'autres  acquisitions.  Adam  Bâton  et  Marie,  sa  femme, 
abandonnèrent  à  l'abbé  de  Saint-Germain,  pour  la  somme  de  20  livres, 
toutes  les  redevances  qu'ils  percevaient  à  Avrainville  '.  Frère  Guillaume, 
maître  du  Déluge,  administrateur  général  des  biens  de  l'hôpital  de  Saint- 
Jean-de-Jérusalem,  dans  le  royaume  de  France,  lui  céda  aussi,  pour 
le  prix  de  28  livres  parisis,  la  rente  de  3o  sols  qui  lui  était  due  par 
les  hôtes  d'Hescelin  de  Leudeville\  Emme,  comtesse  d'Alençon  et 
dame  de  Vauguyon,  donna  au  même  prélat  une  rente  de  100  sols 
pour  la  fondation  de  son  anniversaire  (1249)'.  En  1260,  les  Béné- 
dictins achetèrent  de  Thibault,  dit  le  Gros,  bourgeois  de  la  Ferté- 
Aleps  *,  et  d'Asceline,  sa  femme,  pour  la  somme  de  5o  livres,  une 
maison  et  un  jardin  situés  à  Avreynville'. 

Les  mêmes  religieux  avaient  souci  d'améliorer  leurs  terres.  C'est 
ainsi  qu'ils  concédèrent  à  Guillaume,  dit  le  Bougre,  et  à  Eustache  le 
Coconnier  les  friches  de  Montevrain  avec  l'obligation  de  les  planter 
en  vignes.  Ces  fermiers  devaient  payer  chaque  année  au  prieur 
d'Avrainville  8  deniers  parisis  par  arpent  et  4  setiers  de  vin  pour  la 
dîme  (i  260)  \ 

En  1264  (décembre),  Nicolas  de  Solignac,  écuyer,  et  demoiselle 
Jeanne,  son  épouse,  leur  vendirent,  au  prix  de  20  livres  tournois, 
3  arpents  de  terres  labourables  qu'ils  possédaient  à  Avrainville  '.  Le 
monastère  de  Saint-Germain-des-Prés  acquit  de  Jean  de  Thies, 
écuyer  et  de  demoiselle  Héloïse,  sa  femme,  3  droitures,  des  rentes  et 
autres  droits  à  Avrainville,  pour  la  somme  de  26  livres  parisis 
(décembre  1269)  *.  11  devint  encore  propriétaire  d'un  fief  à  Avrainville, 
que  lui  vendit  Geoffroy  Coquatrix,  échansondu  roi,  moyennant  80  livres 
(1297)'.  En  i3i4,  Jean  de  Thyais,  écuyer,  céda  à  Guillaume  de  Saint- 
Veran,  moine  de  Saint-Germain-des-Prés,  une  rente  de  3o  sols  sur  une 


I.  Arch.  nat.  L.  766. 

a.  Id.  LL.  io44,  p.  4  ;  L.  766. 

3.  Id.  L.  765,  n°  3. 

k.  La  Ferté-Alais,  arr.  d'Etampes  (Seine-et-Oise). 

5.  Arch.  nat.  L.  766. 

6.  Id.  L.  781;  LL.  io45,  p.  i. 

7.  Id.  L.  765  ;  LL.  io45,  p.  5. 

8.  Id.  L.  765. 

9.  Id.  765,  n°  19. 


—  log  — 

maison  et  une  vigne  à  Avrainville  pour  la  somme  de  i6  petits  tournois'. 

La  plus  considérable  acquisition  que  firent  les  religieux  de  Saint- 
Germain  date  du  mois  de  septembre  i3i7.  Guillaume  de  Thiais, 
écuyer,  et  Péronnelle,  son  épouse,  leur  délaissèrent,  pour  le  prix 
de  437  livres  10  sols  : 

1°  Une  maison  et  un  arpent  de  vigne  attenant  ; 

2°  6  livres  parisis  de  menus  cens  sur  plusieurs  héritages  ; 

3°  8  droitures  sur  plusieurs  hostises  situées  à  Avrainville  ; 

4°  16  arpents  de  terres  labourables  ; 

5°  Le  champart  d'un  arpent  de  terre  arable,  de  12  gerbes  l'une  ; 

6°  3  iîefs  relevant  de  la  seigneurie  d'AvrainviUe,  dont  l'un  est  le 
fief  d'Egli  ; 

7°  17  hostises  environ  à  Avrainville  et  à  Chétainville^ 

En  i320  (septembre),  Jean  de  ïhyais  et  Marguerite,  sa  femme, 
donnèrent  aux  Bénédictins  4  livres  de  rente  en  échange  d'une  maison  et 
d'un  arpent  de  vigne  ^.  Le  i3  mars  1370,  on  voit  de  nouveau  un  sieur 
Jean  de  Thyais  leur  abandonner  pour  la  somme  de  8  hvres  un  petit 
fief  qu'il  avait  acheté  *. 

En  i466  (16  octobre  i466),  Jehan  Balu  renonça  aune  maison, 
sise  rue  des  Voûtes,  et  à  une  pièce  de  terre  en  faveur  de  frère  Jean 
Closier,  prévôt  d'AvrainviUe  '.  Les  reUgieux  de  Saint-Germain-des-Prés 
cédèrent  au  roi  3  quartiers  1/2  de  pré  en  la  prairie  d'Ollainville,  sur 
la  rivière  d'Orge,  pour  augmenter  le  parc  de  son  château.  Le  prince 
leur  donna  comme  dédommagement  87  livres  10  sols  (26  février 
i58o)*. 

Plusieurs  terres  en  friche,  appelées  les  terres  de  la  butte  de  Monte- 
vrain,  furent  abandonnées  aux  religieux  qui  se  les  incorporèrent.  Elles 
s'étendaient  du  chemin  d'AvrainviUe  à  Torfou  jusqu'aux  chemins 
de  Châtres  à  Lardy,  de  Boissy  à  la  Ferté-Aleps  (août  1668)'. 
Mathurin   Degast,   prévôt  de  la  prévôté  et  châtellenie  d'AvrainviUe, 


1.  Arch.  nat.  L.  765. 

a.  Id.  L.  7C5;  LL.  io44,  p.  ". 

3.  Id.  L.  765. 

4.  Id   LL.  io44,  p<  i3. 

5.  Id.  LL.  io44,  p.  20. 

6.  W.  LL.  11 46,  p.  Ba3, 

7.  Id.   LL.  ii44,  p.  a6. 


—    IIO   — 

bailli  de  Guibeville  et  secrétaire  de  monsieur  de  Genou,  donna  aux 
Bénédictins  8  arpents  de  terres  friches  pour  l'utilité  publique  des 
pâtures  (ii  janvier  1679)'. 

Avant  de  pousser  plus  loin  cette  étude,  il  importe  de  jeter  un  regard 
sur  divers  aveux  et  dénombrements  capables  de  nous  signaler  l'étendue 
de  la  seigneurie  d'Avrainville. 

En  1371,  elle  comprenait  une  maison,  160  arpents  de  terres  labou- 
rables, 8  arpents  de  prés  et  de  vignes,  20  arpents  de  bois,  avec  dîmes, 
champarts,  toute  justice,  cens,  rentes  et  autres  droits  qui  valaient 
cent  livres  tournois  par  an  *. 

Un  aveu  du  21  juin  1622  vient  compléter  ce  bref  aperçu.  Suivant 
ce  dernier,  la  seigneurie  d'Avrainville  consiste  en  : 

1°  Un  grand  manoir,  grange,  étable  et  pressoir  à  roue,  grande  tour 
et  lieu  de  colombier  avec  auditoire  et  prisons  pour  exercer  la  justice, 
tout  clos  de  murs,  avec  autres  aisances  et  appartenances,  contenant 
3  arpents,  appelé  l'hôtel  seigneurial  d'Avrainville. 

2°  3  arpents  de  terres  labourables  assis  auprès  du  manoir,  le 
chemin  entre  eux. 

3"  170  arpents  de  terres  labourables. 

4"  100  arpents  de  landes  et  friches,  situés  en  partie  au-dessous  de  la 
montagne  de  Montevrain.  Ces  terrains  sont  de  nulle  valeur  et  ne 
rapportent  que  des  procès  avec  les  voisins. 

b°  Censives  sur  des  héritages,  maisons  terres  et  bois. 

6"  Haute,  moyenne  et  basse  justice  avec  prévôt,  lieutenant,  greffier, 
procureur,  sergent,  geôliers  et  autres  officiers  pour  l'exercer. 

7°  Droits  de  voirie,  rouage,  confiscation,  forfaitures. 

L'étendue  et  circuit  de  cette  seigneurie  et  châtellenie  d'Avrainville 
se  poursuit  et  s'étend  tout  à  l'entour,  tenant  et  joignant  les  autres 
terres  et  seigneuries,  comme  de  Chétainville,des  Gras  (?),  des  Noyers, 
de  Lardy,  des  dames  de  Montmartre,  des  hoirs  de  feu  monsieur  de  Gra- 
ville  et  des  dames  du  Lys. 

8°  Au  village  et  terroir  de  Lardy,  près  Avrainville,  il  y  a  un  petit  fief 
comprenant  plusieurs  maisons,  manoirs,  masures,  jardins,  terres, 
vignes,  prés,  et  autres  héritages,   qui   sont    tenus   et  mouvants  de 


I.  Areh.  naL  LL.  loW.  p.  ag. 
a.  Id.  753. 


III 


l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  et  sur  lesquels  les  religieux  ont 
droit  de  prendre  20  sols  ;  lequel  fief  fut  laissé  en  1473  a  Charles  de 
Brye,  écuyer,  seigneur  de  Lardy,  pour  99  années. 

9°  A  Chastres-sous-Monthléry,  un  petit  fief  et  seigneurie  avec  une 
maison  manable,  où  pend  l'enseigne  du  Singe  verd,  avec  tous  droits  de 
cens,  lods  et  ventes,  saisines  et  amendes,  rouage,  justice  haute, 
moyenne  et  basse.  De  ce  fief  dépend  un  chantier  de  vignes,  appelé  le 
chantier  de  la  fontaine  de  Hérisson,  assis  au  vignoble  de  Chastres, 
contenant  6  arpents  et  un  quartier,  appartenant  à  plusieurs  personnes, 
et  sur  lesquels  les  religieux  ont  l\  sols  6  deniers  parisis  de  cens  et  de 
rente.  A  côté  de  l'hôtel  du  Singe  vert,  il  y  avait  deux  autres  bâtiments 
connus  sous  les  noms  d'hôtellerie  de  Saint-Jacques  ou  des  Quatre- 
Vents  et  du  Petit-Duc  d'Orléans.  Ils  payaient  chacun  deux  sols  de 
rente  annuelle.  Ils  se  trouvent  situés  au  coin  de  la  grande  rue  et  de 
la  rue  Saint-Germain. 

10°  Le  iief  Baudet,  assis  tant  à  Avrain ville  qu'à  Eglis,  qui  doit  3 
mines  d'avoine  par  an. 

11°  Des  cens  et  rentes  sur  plusieurs  terres  et  maisons  assises  à 
Chétainville,  appartenant  à  monsieur  de  Vaudetar,  sieur  de  Condé, 
conseiller  aux  requettes  du  Palais. 

12"  Plusieurs  censives  sur  des  héritages  à  Eglise*. 

La  déclaration  de  1790  atteste  que  la  seigneurie  d'Avrainville  se 
composait  de  180  arpents  de  terres  labourables  et  de  42  arpents  de 
bois  taillis  \ 

En  consultant  divers  baux,  qui  nous  indiqueront  le  produit  annuel 
de  la  terre  et  seigneurie  d'Avrainville,  nous  pourrons  nous  former  une 
idée  exacte  de  l'importance  de  ce  domaine. 

Le  12  avril  i328,  Guillaume  le  Breton,  le  jeune,  dit  des  Maîtres, 
bourgeois  de  Paris,  accense  des  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés 
24  arpents  de  terre  à  Avrainville,  et  s'engage  à  payer  6  deniers  de 
cens  et  4  gerbes  de  blé  par  arpent  pour  la  dîme'.  En  1478,  la  ferme 
de  la  seigneurie  d'Avrainville  avec  les  grosses  et  menues  dîmes 
rapportait  9  muids  et  demi  de  grain  de  moisson  *. 


I.  Àrch.  nat.  LL.  io44,  p.  i37-i38. 

a.  Bib.  nat.  ms.  fr.  ao848.  Arch.  nat.  S.  a858. 

3.  Arch.  nat.  L.  765. 

4.  Id.  S.  3900. 


—    I  12 


Le  7  mai  1612,  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  baillèrent  à 
Régnier  100  arpents  de  terres  en  friche  à  Montevrain,  à  raison 
de  2  sols  de  cens  par  arpent.  Le  preneur  devait  les  défricher  et  les 
mettre  en  nature  de  labour'.  Nous  trouvons,  à  la  date  du  17  janvier 
i63o,  un  bail  sur  lequel  se  modèleront  ceux  qui  seront  passés  à 
l'avenir.  11  n'y  aura  guère  à  varier  que  le  prix  du  fermage,  alors  fixé 
à  700  livres.  11  implique  dans  sa  teneur  : 

1°  L'hôtel  seigneurial  avec  grange,  étable,  bergerie,  pressoir  banal, 
geôle,  auditoire,  prison,  jardin,  le  tout  comprenant  3  arpents. 

2°  Huit  vingt  douze  arpents  de  terres  labourables. 

3"  Les  dîmes,  cens,  greffe  et  tabellionage,  les  amendes  jusqu'à 
60  sols,  la  moitié  des  lods  et  ventes. 

Les  preneurs  sont  tenus  de  planter  des  ormeaux  à  l'entour  des 
bâtiments,  à  telle  distance  qu'il  ne  puissent  gaster  les  couvertures, 
de  payer  au  vicaire  perpétuel  son  gros,  de  faire  dire  chacun  an  quatre 
messes  basses  :  à  Noël,  Pâques,  la  Pentecôte  et  l'Assomption  ;  de  fournir 
au  prévôt  du  dit  lieu  la  somme  de  10  livres,  par  chacun  an,  ou  de  le 
nourrir  quand  il  ira  au  dit  lieu  exercer  la  justice,  au  choix  des 
preneurs  ;  de  nourrir  les  religieux  jusqu'au  nombre  de  trois  a^ec 
leurs  serviteurs  et  leurs  chevaux,  3  jours  chacune  fois,  lorsqu'ils  iront 
à  Avrainville  ;  de  faire  tous  les  3  ans  un  papier  de  recettes  des  cens, 
rentes  et  droits  tant  seigneuriaux  qu'autres,  de  le  faire  signer  par  le 
tabellion  et  de  le  fournir  au  bailleur  ;  de  faire  les  vidanges  des  fossés 
à  l'entour  des  terres  "^ 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  avaient  planté  sur  la  route 
d'Orléans  à  Paris,  sur  la  voie  d'Arpajon  à  la  Ferté-Aleps,  dans  toute 
l'étendue  de  la  terre  et  seigneurie  d'Avrainville,  807  pieds  d'ormes, 
pour  orner  le  chemin  et  procurer  quelque  ombrage  aux  voyageurs. 
Une  sentence  du  bureau  des  finances  déclara  que  ces  arbres  leur 
appartenaient  (i4  novembre  1741)'-  Un  bail  de  1767  mentionne 
l'élagage  de  ces  ormes,  mais  défend  de  les  étôter.  Il  arrête  le  prix  du 
fermage  à  i5oo  livres,  avec  6  setiers  de  pois,  3  seliers  de  haricots  et 
I  setier  de  lentilles*. 


I.  Arch.  nat.  LL.  io45,  p.  i5g;LL.  io58,  p.  3i. 
a.  Id.  LL.   io44,  p<  i55. 

3.  Id.  L.  765. 

4.  Id.  S.  3901. 


r 


—  ii3  — 

Plusieurs  fiefs  relevaient  de  la  seigneurie  d'Avrainville.  Les  aveux 
qui  en  sont  donnés  nous  les  font  connaître. 

1073.  Le  vicomte  de  Châtres  fit  hommage  à  Pierre,  abbé  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  pour  la  terre  que  le  seigneur  de  Villemalson  (?)  ' 
tenait  de  lui  :  u  Vicecomes  de  Castris  fecit  homagium  domno  Petro, 
abbati  Sancti  Germani  de  Pratis,  de  terra  quam  dominus  de  Villemal- 
son -.  »  Au  mois  de  novembre  i336,  Rose  de  Chastres,  dame  de  Voisiel, 
déclara  qu'elle  tenait  un  fief  relevant  de  l'abbé  de  Saint-Germain, 
situé  entre  Egli  et  Avrainville,  comprenant  24  arpents  de  terre  sur  le 
grand  chemin  d'Orléans,  et  [\  livres  12  sols  de  cens  perçus  à  Egli,  à 
la  Saint-Remi^ 

ïaupin  des  Mignères  fournit  un  aveu  au  même  prélat  pour  un  fief 
sis  à  Avrainville.  U  se  composait  d'un  hôtel  et  manoir  avec  ses  appar- 
tenances et  dépendances,  d'un  arpent  de  vigne  et  de  i3  arpents  de 
terres  arables  (5  février  i3/i5)\ 

Jehan  le  Thyais,  l'aîné,  escuyer,  demeurant  à  Chastres,  avoua  tenir 
en  fief  de  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  : 

1°  Un  hébargement  avec  jardin. 

2°  Un  arpent  de  vigne. 

3"  28  apents  de  terres  labourables. 

4°  2  sols  de  menus  cens,  le  tout  situé  à  Avrainville  (21  avril   i357)'. 

Nous  voyons  plusieurs  autres  déclarations  du  même  genre  se 
produire. 

Le  5  février  1349,  Jeannette,  fille  de  feu  Geoffroy,  baille  un  dénom- 
brement pour  son  fief  de  Malionne(?).  11  comporte  21  sols  parisis  de 
menus  cens,  5  sols  de  taille  sur  la  terre  des  Noes,  le  champart  sur  la 
dite  terre,  à  raison  de  12  gerbes  l'une,  deux  droictures  et  demie  avec  le 
droit  de  rouage". 

Le  17  juillet  1470,  Jean  le  Thiais  fournit  un  aveu  pour  le  fief,  qu'il 
tient  de  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés.  11  comprend  : 

1°  Une  maison. 


I.  Villemoisson,   canton  de  Longjumeau  (Seine-et-Oise). 
a.  Arch.    nat.  LL.  102/i,  p.  io3. 

3.  Id.  LL.  1045,  p.  7. 

4.  Id.  io45,  p.  7. 

5.  /(/.  LL.  io45,  p.  7. 

G.  Id.  LL.  iiMJ,  p.  SaC. 


—  ii4  — 

2°  3  arpents  de  terre  et  jardins. 

3"  5  arpents  de  terre  à  Thion. 

4"  5  arpents  de  vignes. 

5*  2  arpents  de  saulsayes  à  Halloche. 

6"  5  livres  i6  sols  de  cens,  1 1  setiers  d'avoine  de  tensement'. 

En  1390,  Baudet  de  Lestré,  escuyer,  avoue  tenir  en  fief  à  foi  et 
hommage  envers  le  même  prélat  un  hôtel  à  Âvrainville  et  24  arpents 
de  terre,  assises  sur  le  grand  chemin  d'Etampes  et  sur  la  voie  Creuse. 
Plus  tard,  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  réunirent  ce  fief  à 
leur  seigneurie.  En  1629,  ils  percevaient,  de  ce  chef,  à  Egli  3  sols 
6  deniers  parisis,  2  muids  et  un  minot  d'avoine  de  cens  et  de  rente  sur 
une  maison,  5  arpents  et  8  perches  de  terres  et  de  vignes.  Huit  arpents 
de  terres  au  même  territoire  leur  rapportaient  annuellement  5  sols 
4  deniers  parisis.  Ils  avaient  encore  sur  ces  mêmes  possessions  les  lods 
et  ventes,  saisines  et  amendes,  le  cas  échéant". 

Mademoiselle  de  Villefontaine  avait  acheté  en  1733  à  Avrainville, 
dans  la  censivede  Saint-Germain-des-Prés,  une  ferme  de  ]5o  arpents, 
à  la  charge  de  payer  à  l'abbaye  6  minots  de  grain  par  an  et  7  livres 
10  sols  de  cens.  Cette  redevance  était  inexacte  et  inférieure  au  chiffre 
porté  sur  le  terrier  de  1529,  qui  la  fixait  à  16  minots  de  grains  et  8  livres 
10  sols  de  cens.  On  ne  remarqua  l'erreur  qu'en  1760.  L'usage  contraire 
semblait  avoir  prévalu.  Cependant  on  consentit  à  transiger  pour  10 
minots.  Dom  Charles  GiUiot,  censivier  de  Saint-Germain-des-Prés,  fut 
désigné  pour  traiter  cette  affaire  ^. 

Le  1 4  mars  1789,  les  Bénédictins  érigèrent  en  fief,  sous  le  nom  de 
fief  de  Boiscamp,  84  arpents  49  perches  de  terre,  sur  lesquels  étaient 
construits  les  bâtiments  de  la  ferme  des  Boisblancs,  en  faveur  de 
monsieur  Augustin-Marie-Andrieu,  chevalier,  seigneur  de  Chetain- 
ville,  Fraimbault  et  autres  lieux,  conseiller  du  roi  en  sa  cour  des  mon- 
naies, demeurant  à  Paris,  place  Royale,  paroisse  Saint-Paul. 

Cette  propriété  était  bornée  par  les  seigneuries  de  Lardy,  Torfou, 
Avrainville  et  Chétainville.  Le  sieur  Andrieu  devait  fournir  aveu  et 
dénombrement,  payer  les  droits  de  rehef  et  de  quint,  et  observer  les 


1.  Arch.  nat.  LL.  ii'iC,  p.  Soi. 

2.  Id.  S.  2901. 

3.  Chap.  conv.  Bib.  nat.  ms.fr.  16859,  ?•  '^S* 


ii5 


autres  attributions  féodales.  Les  religieux  de  Saint-Germain  concé- 
daient à  leur  nouveau  vassal  la  moyenne  et  basse  justice  sur  ses  terres, 
mais  ils  se  réservaient  la  haute  justice  sur  ces  mêmes  héritages'. 

Le  27  avril  1789,  Marie  de  Visigny,  dame  de  Varastre,  delà  Motte,  de 
Boissy,  d'Echanvilliers  et  autres  lieux,  veuve  de  messire  Augustin- 
Pierre-Dionis  Descarrières,  lieutenant  du  roi  en  la  province  de  Guyenne, 
chevalier  de  l'ordre  royal  et  militaire  de  Saint-Louis  et  ancien  commis- 
saire des  gardes  du  corps,  demeurant  à  Paris,  en  son  hôtel,  rue  Bar- 
bette, déclara  que  le  fief  d'Echairivilliers  contenant  269  arpents  61  per- 
ches de  terre,  relevait  de  l'abbaye  de  Saint-Germain  et  qu'elle  payait  de 
ce  fait  aux  religieux  une  rente  annuelle  de  A  livres  17  sols  10  deniers, 
au  jour  de  saint  Remy.  Ce  domaine,  qui  comprenait  la  ferme  de  la 
Motte,  comportant  une  superficie  de  207  arpents  3  quartiers  et  demi, 
était  borné  par  le  chemin  des  Meuniers,  de  Boissy  à  Avrainville,  le 
chemin  des  Postes,  de  Dourdan  à  la  Ferté-Aleps,  par  l'ancien  grand 
chemin  de  Paris  à  Orléans  ^ 

Les  seigneurs  d'Echainvilliers  eurent,  de  i6i3à  1789.de  nombreuses 
contestations  avec  les  Bénédictins.  Les  deux  principaux  seigneurs  que 
nous  voyons  cités  à  cette  occasion  sont  :  Regnault  Lambert  et  Antoine 
Lambert,    son   fils  (i54o)\ 

Le  monastère  de  Saint-Germain-des-Prés  avait  aussi  des  propriétés 
et  des  redevances  dans  le  voisinage  d' Avrainville.  A  Chétainville  nous 
trouvons  plusieurs  baux  passés  au  nom  de  cette  communauté. 
Le  6  juin  1461,  ils  afferment  une  maison  masure  et  un  jardin,  rue 
de  l'Orme,  avec  3  arpents  1/2  de  terre.  Le  6.  mars  de  la  même  année, 
ils  avaient  baillé  une  masure  et  5  arpents  de  terre  au  prix  de  i4  sols. 
Le  29  août  suivant,  ils  donnèrent  à  ferme  deux  masures  et  jardin, 
rue  de  Neufville,  pour  la  somme  de  9  sols. 

En  1 147  (novembre  et  décembre),  des  contrats  de  fermage  régulière- 
ment payés  nous  montrent  que  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés 
avaient  à  Chétainville  3  masures  et  plus  de  100  arpents  de  terres,  qui 
rapportaient  5  ou  6  sols  l'arpent  *. 

La  communauté  de  Saint-Germain-des-Prés  possédait,   près  de  la 


I.  Arch.  nat.  S,  2901. 

2.  Id.    S.   2f)0I. 

3.  Histoire  de  Norville,  par  l'abbé  Genty. 

V  Arch.  nat.  S.  2990  ;  LL,  ii4C,  p.  5o2  et  5o5. 


—  ii6  — 

chapelle  de  Guibeville,  une  masure  et  un  jardin,  dont  le  revenu  annuel 
s'élevait  à  6  sols  (12  février  i338)  ', 

Les  religieuses  de  l'abbaye  de  Notre-Dame  du  Lys  près  Melun  avaient 
un  domaine  à  Guibeville  et  des  terres  à  Avrainville.  Elles  furent  condam- 
nées, par  un  arrêt  du  7  juillet  1882,  à  payer  pour  les  dîmes  aux  Béné- 
dictins de  Saint-Germain,  seigneurs  du  lieu,  8  setiers  de  grain,  2/3  en 
blé  et  1/3  en  avoine,  à  la  saint  Martin  d'hiver,  et  au  plus  tard,  à  la  saint 
André  '. 

Elles  payèrent  cette  redevance  jusqu'en  1Z193.  A  ce  moment,  elles  la 
contestèrent  comme  non  fondée,  puisqu'elles  étaient  dames  de  Guibe- 
ville. Elles  furent  déboutées  de  leurs  prétentions,  et  un  arrêté  du  Par- 
lement confirma  les  obligations  qu'elles  avaient  envers  les  Religieux  de 
Saint-Germain-des-Prés  (5  juin  xoooj'. 

Le  16  janvier  1572,  les  Bénédictins  cédèrent  à  Jehanne  Carnazet, 
dame  de  Lardy,  veuve  de  feu  Nicolas  de  Champgiraut,  en  son  vivant 
seigneur  de  Germonville,  tous  leurs  droits  en  la  seigneurie  de  Lardy. 
Celle-ci  leur  donna  en  contre-échange  1 3  "livres  de  rente  annuelle  à 
prendre  sur  des  héritages  à  Avrainville,  savoir  : 

i**  Une  maison  contenant  chambre  basse  et  haute  avec  grenier  dessus, 
élables,  le  tout  couvert  de  tuiles,  deux  espaces  de  grange,  deux  espaces 
de  maison  et  cellier,  le  tout  couvert  de  chaume,  cours  et  jardins  clos 
de  murs,  2  aipents  et  plus  de  bois  taillis,  sur  le  chemin  d' Avrainville  à 
Chastres,  appelé  la  rue  du  Bois. 

2"  2  arpents  et  1/2  de  terre  devant  la  maison. 
3"  5  arpents  de  terre  situés  près  de  la  maison'*. 

Les  Religieuses  de  Saint-Eutrope  de  Chastres  avaient  eu  un  procès 
contre  les  Bénédictins  de  Saint-Germain  qu'elles  gagnèrent.  Des  diffi- 
cultés surgissaient  de  nouveau.  Pour  couper  court  à  ces  chicanes,  il 
fut  décidé  qu'on  leur  vendrait  les  censives  qu'on  prétendait  avoir  dans 
cette  localité.  On  devait  employer  l'argent  provenant  de  cette  cession 
à  acheter  quelques  biens  ailleurs  pour  l'avantage  de  la  communauté 
(29  novembre  1657)  \ 


1.  Arch.  nat.  S.  agoo. 

■2.  Id.  LL.  loil,  p.  Ii2. 

3.  Id.  LL.  lo/ii,  p.  /42  à  62. 

/i.  Jd.  LL.  10^4,  p.  82. 

5.  Chap.  conv.  Bib.  nat.  ms.fr.  i6856. 


» 


—  117  — 

S'agissait-il  de  censives  sur  six  arpents  et  un  quartier  de  terrain 
situés  aux  chantiers  du  Hérisson  délaissés  pour  une  rente  annuelle  de 
60  sols,  comme  le  mentionne  une  transaction  du  9  mai  1G59?  Nous 

avons  lieu  de  le  croire*. 

Les  Religieux  de  Saint-Germain  possédaient  d'autres  biens  à  Cliastres 
qui  donnèrent  naissance  à  quelques  contestations.  Trois  immeubles  y 
relevaient  de  leur  seigneurie.  On  les  connaissait  sous  le  nom  de  l'hôtel 
du  Singe  Verd,  et  plus  tard,  des  Trois-Rois,  l'hôtel  des  Petits-Singes  ou 
du  Petit-Ecu  de  France  et  la  maison  des  Quatre-Yents. 

Dame  Anne-Charlotte  le  Bas,  veuve  de  sieur  Louis  marquis 
d'Arpajon.  affirmait  qu'elle  avait  le  droit  d'exiger  de  tout  censitaire  des 
Bénédictins  le  rouage  et  le  forage.  Elle  consentit  à  transiger  et  à  faire 
exception  pour  celui  qui  habitait  l'hôtel  des  Trois-Rois. 

Pour  ne  point  trop  grever  les  autres,  elle  leur  accordait  remise  entière 
pour  tout  le  vin  qu'ils  avaient  vendu  avant  la  Saint-Martin  de  1738 

(18  avril  1740) '^ 

La  propriété  d'Avrainville  appartenait  à  la  mense  des  religieux  de 
Saint-Germain.  Suivant  la  déclaration  de   1790,  elle  comprenait  : 
1°  Justice  haute,  moyenne  et  basse,  etc.,  patronage. 
2°  Cens  et  rentes,  lods  et  ventes,  année  commune,  3oo  livres. 
30  La  ferme  consistant  en  granges,  étables,  etc.,  auditoire,  geôle, 
plus  environ  180  arpents  de  terre  labourable  en  plusieurs  pièces,  plus 
42  arpents  de  bois  taillis  en  2  pièces,  plus  les  élagages  de  856  ormes 
plantés  sur  le  chemin  d'Orléans  et  sur  celui  d'Arpajon  à  la  Ferté-Aleps, 
et  de  tous  ceux  des  rues  et  carrefours  du  territoire,  ainsi  que  la  tonture 
des  saules,  le  tout  loué  au  sieur  ^lachelard  par  bail  du  28  septembre 
1782,  moyennant  2700  livres,  plus  en  passant  le  dit  bail   1200  livres, 
faisant  par  an  i33  livres  f)  sols  8  deniers. 

4"  Les  dîmes  de  la  paroisse  et  territoire  d'Avrainville  à  raison  de 
4  gerbes  en  botte  par  arpent  de  grain,  sainfoin,  etc.,  d'une  poignée  de 
filasse  sur  onze,  de  3  pintes  de  vin,  mesure  de  Saint-Denis,  par  1/2 
queue  d'Orléans,  plus  la  redevance  de  8  septiers  de  grains  d'indemnités 
de  dîmes  et  autres  indemnités,  le  tout  affermé  au  sieur  Machelard 
600  livres  par  bail  devant  Péant  de  Saint-Gilles,  le  4  mars  de  1789,  qui 
font,  par  an,  22  livres  4  sols  5  deniers,  première  récolte  en  1789. 

I.  Ghap.  conv.  Bih.  nat.  ms.  fr.  i6856. 
a.  Aroh,  nat,  S.  2901, 


—  ii8  — 

Plus,  en  dessus  du  prix  ci-dessus  énoncé,  il  devait  payer  en  l'acquit 
des  dits  religieux,  le  gros  da  curé  d'Avrainville,  savoir  :  2  muids  de 
blé  méteil,  mesure  d'Arpajon  (estimé  à  20  livres  le  septier),  480  livres. 

Un  muid  d'avoine,  même  mesure  (à  i5  livres  le  septier),  180  livres. 

3  muids  de  vin  du  crû  d'Arpajon  (à  5o  livres  le  muid),  i5o  livres. 

Plus,  faire  dire  et  célébrer  4  messes  basses,  les  fêtes  de  Noël,  Pâques, 
la  Pentecôte,  l'Assomption,  et  fournir  ce  qui  est  nécessaire,  estimé 
12  livres. 

Plus,  payer  à  la  fabrique  pour  l'huile  de  la  lampe  de  l'église  :  1 1  livres. 

De  la  seigneurie  d'Avrainville  relève  le  fief  de  Bois-Camp,  inféodé  au 
sieur  Andrieux,  comme  nous  l'avons  déjà  vu*. 

Le  9  janvier  1887,  frère  Pierre  Brisset,  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés,  se  disait  en  possession  de  la  prévôté  d'Avrainville  qui  lui  avait 
été  concédée  par  notre  Saint-Père  le  Pape.  11  ne  put  consommer  son 
usurpation,  car  elle  était  révocable  à  la  volonté  de  l'abbé,  d'après  une 
bulle  de  Clément  Vil.  Cette  prévôté  n'était  pas  impétrable  ;  frère  Pierre 
Brisset  le  reconnut  le  28  janvier  suivant \ 

Le  cartulaire  de  la  Pitancerie  (LL.  1027,  p.  82)  mentionne  que  la  terre 
d'Avrainville  payait  70  livres  parisis  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  en  quatre  termes,  c'est-à-dire,  à  Pâques,  à  la  saint  Jean-Baptiste, 
à  la  Toussaint,  à  la  Chandeleur,  et  à  chaque  terme,  17  livres  1/2. 

Cette  somme  était  destinée  à  procurer  une  pitance  aux  religieux  de 
Saint-Germain-des-Prés  les  jours  :  de  la  Circoncision;  de  l'Epiphanie; 
de  saint  Vincent,  martyr,  XI  des  calendes  de  février,  ou  22  janvier; 
de  la  Purificntion  de  la  sainte  Vierge  ;  de  la  Septuagésime  (dominica 
qua  cantatur  :  Ciroamdederunt  me);  de  l'anniversaire  d'Elinand, 
prêtre,  8  des  calendes  de  mars,  22  février  ;  de  l'anniversaire  de  Julienne 
Britonnisse,  4  des  calendes  de  mars,  ou  29  février  ;  du  premier  di- 
manche de  carême,  ou  des  Brandons  {Invocavit  me)  ;  de  l'anniversaire 
de  Robert  du  Pont,  6  des  nones  de  mars,  ou  2  mars  ;  de  l'anniversaire 
de  Herbert  de  Verrières,  le  8  des  ides  de  mars,  8  mars  ;  du  4^  dimanche 
de  carême,  Lœtare  ;  Annonciation  de  la  sainte  Vierge,  8  des  calendes 
d'avril,  20  mars  ;  du  dimanche  des  Rameaux  ;  du  Jeudi  saint  (Cena 
Domini,  die  Jovis  absolati);  de  la  dédicace  de  l'église  (abbatiale),  9  des 


1.  Bih.  nat.  ms.fr.  20848,  p.  55. 
a.  Arch.  nat.  LL.  io4i,  p.  ih. 


—  "9  — 

calendes  de  mai,  aS  avril  ;  de  l'anniversaire  de  Lucienne,  mère  de 
Renaud,  ancien  prieur  d'Avrainville,  5  des  nones  de  mai,  3  mai;  de 
l'anniversaire  de  Sibile  de  Ros,  qui  avait  donné  aux  religieux  3o  livres, 
pour  acheter  la  voirie  de  l'endroit,  3  des  nones  de  mai,  5  mai  ;  de 
l'Ascension  de  Notre-Seigneur  ;  de  la  fête  de  saint  Germain,  5  des  ca- 
lendes de  juin,  28  mai  ;  de  l'octave  de  la  Pentecôte  ;  de  l'anniversaire 
de  Geoffroy  Broutin,  7  des  calendes  de  juillet,  aS  juin;  de  saint  Jean- 
Baptiste,  8  des  calendes  de  juillet,  2Z1  juin;  de  saint  Pierre  et  saint  Paul, 
3  des  calendes  de  juillet,  29  juin  ;  de  l'anniversaire  de  Simon  de  Ver, 
7  des  ides  de  juillet,  9  juillet;  de  la  translation  des  reliques  de  saint 
Benoît,  5  des  ides  de  juillet,  11  juillet;  de  la  fête  de  saint  Thuriave, 

3  des  ides  de  juillet,  i3  juillet;  de  la  translation  des  reliques  de  saint 
Germain,  8  des  calendes  d'août,  20  juillet  ;  de  l'anniversaire  de  Renaud 
d'Avrainville,  8  des  ides  d'août,  6  août;  de  la  fête  de  saint  Laurent, 

4  des  ides  d'août,  10  août  ;  de  l'Assomption  de  la  sainte  Vierge  ;  de  la 
fête  de  saint  Georges,  Aurèle  et  Nathalie  ;  de  la  Nativité  de  la  sainte 
Vierge  ;  de  l'Exaltation  de  la  sainte  Croix,  18  des  calendes  d'octobre, 
i4  septembre  ;  de  la  fête  saint  Denis,  7  des  ides  d'octobre,  9 octobre; 
de  l'anniversaire  de  Jehan  de  Chétainville,  t\  des  nones  de  novembre, 
2  novembre  ;  de  l'anniversaire  d'Evrard  de  Villepreux,  6  des  ides  de 
novembre,  8  novembre  ;  de  la  fête  de  saint  Martin,  3  des  ides  de  no- 
vembre, II  novembre;  de  l'anniversaire  de  Richard,  18  des  calendes 
de  décembre,  i4  novembre  ;  du  premiers  dimanche  de  l'Avent,  Aspi- 
ciens  alonge;  de  la  mémoire  de  bienheureuse  Marie,  in  mcmoria  beatse 
Mariée,  6  des  ides  de  décembre,  8  décembre  ;  de  Noël  ;  de  la  fête  des 
saints  Innocents,  le  5  des  calendes  de  janvier,  28  décembre  ;  de  l'anni- 
versaire de  Jehan  Romain*. 

Les  3  février  1791,  la  ferme  d'Avrainville  avec  les  bâtiments  pour 
l'exploitation,  cour  et  jardin,  plus  de  180  arpents  de  terres  labourables 
et  36  arpents  de  bois  taillis,  fut  vendue  104.000  livres,  à  Guyot,  ancien 
commissaire  au  Châtelet,  rue  des  Quatre-Vents-. 

Juridiction  temporelle. 

En  1270,  les  religieux  de  Saint-Maur-des-Fossés  et  de  Saint-Germain- 

I.  Anniversaires  mensuels,  Anh.  nnt.  LL.   1027,  p.  83. 

3.  N*  !i,  district  de  Corbeii,  registre  de  la  vente  des  biens  nationaux  (Versailles). 


—   120  — 

des-Prés  avaient  un  litige  relatif  à  certains  droits  de  justice  et  de  voirie 
à  Avrainville.  Pour  terminer  ce  différend,  ils  choisirent  des  arbitres  et 
promirent  de  s'en  tenir  à  la  décision  qu'ils  prendraient  ^  Ces  juges 
prononcèrent-ils  une  sentence  ?  S'ils  le  firent,  ils  ne  réussirent  nulle- 
ment à  éteindre  l'animosité  qui  existait  entre  les  deux  partis.  En  1288, 
les  passions  s'échaulTèrent  et  la  lutte  devint  bientôt  ardente.  On  se 
laissa  aller  à  de  sauvages  agressions.  Le  prieur  d' Avrainville  avait  fait 
creuser  im  gué  où  les  habitants  menaient  leurs  chevaux  et  les  autres 
animaux  boire  et  se  baigner.  Cette  entreprise  déplut  au  prieur  de  Saint- 
Clément  de  Chastres,  membre  de  l'abbaye  de  Saint-Maur-des-Fossés. 
La  veille  de  l'Ascension,  il  convoqua  plusieurs  de  ses  gens  et  se  trans- 
porta au  dit  abreuvoir.  Par  ses  ordres,  il  fut  comblé  en  quelques 
instants.  Tous  ces  hommes  ne  s'arrêtèrent  pas  en  si  beau  chemin  :  ils 
avaient  soif  de  vengeance.  Sans  respect  pour  la  justice,  ils  envahirent 
le  territoire  du  prieur  d'Avrainville,  et  blessèrent  mortellement  à  la 
tête  un  serviteur  qu'ils  rencontrèrent  sur  leur  chemin.  Cela  ne  sufTisait 
par  encore.  Le  samedi  suivant,  des  personnes  armées  se  portèrent  en 
pleine  nuit  à  la  demeure  du  prieur  d'Avrainville,  essayant  d'en  forcer 
l'entrée  ;  car  ils  voulaient  se  saisir  de  sa  personne  ou  de  l'un  de  ses 
serviteurs  pour  le  maltraiter.  Ne  pouvant  réussir  dans  leur  dessein, 
les  bandits  ne  se  retirèrent  pas  avant  d'avoir  mis  le  comble  à  l'injure. 
Le  latin  habitué  à  braver  l'honnêteté  est  seid  capable  d'exprimer  les 
méfaits  qui  se  commirent  alors.  11  le  fait  en  ces  termes  :  «  Quando 
viderunt  se  non  posse  intrare,  removerunt  femoralia  sua  et  per  poste- 
riora  sua  fœdaverunt  postem  prioris  usque  ad  clausuram.  »  Tout  s'é- 
tait accompli  avec  l'agrément  du  prieur  de  Chastres,  son  écuyer  figu- 
rait même  parmi  les  assaillants.  Cet  événement  causa  une  scandaleuse 
rumeur.  Les  abbés  de  Saint-Maur-des-Fossés  et  de  Saint-Germain-des- 
Prés  s'entendirent  pour  châtier  les  coupables.  Le  prieur  de  Saint- 
Clément  de  Chastres  dut  se  présenter  devant  les  religieux  de  Saint- 
Germain  assemblés  au  chapitre,  formuler  des  excuses  et  affirmer  sous 
la  foi  du  serment  qu'il  n'avait  point  provoqué  les  injures  dont  le  prieur 
d'Avrainville  se  plaignait  à  bon  droit.  Ce  dernier  comparut  aussi  devant 
l'abbé  de  Saint-Maur  et  protesta  qu'il  n'avait  donné  aucun  ordre  pour 
arracher  les  bornes  qui  séparaient  les  deux  prieurés  et  couper  des 


I.  Arch.  nat.  L.  766,  n°  17. 


121    


saules  sur  le  territoire  de  Saint-Clément  de  Chastres,  comme  on  l'en 
avait  accusé  injustement.  Le  prieur  de  Saint-Eloi,  le  trésorier  de 
Saint-Germain-des-Prés  et  Geoffroy  de  Saint-Lovens  furent  choisis 
comme  arbitres  par  les  complaignants  (3  mars  1288)'.  Ils  devaient  se 
prononcer  sur  la  cause  des  bruyants  conflits  que  nous  venons  de 
raconter  :  il  s'agissait  de  droits  juridictionnels  depuis  longtemps 
contestés.  Au  mois  d'avril  1290,  ces  juges  déclarèrent  qu'ils  mainte- 
naient aux  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  la  justice  et  la  voirie 
sur  les  terres  de  l'abbé  et  du  couvent  de  Saint-Maur-des-Fossés,  à 
AYrainville^ 

Quoique  les  Bénédictins  n'eussent  pas  de  château  en  ce  lieu,  mais 
seulement  une  ferme,  ils  y  exerçaient  la  justice  sur  tout  le  territoire. 
Cette  justice  s'étendait  même  sur  une  maison  située  à  Châtres  (Arpajon), 
près  l'église  Saint-Clément,  hôtellerie  dont  nous  avons  déjà  parlé  et 
qui  était  connue  sous  l'enseigne  du  Singe  Yerd.  De  temps  immémorial, 
les  religieux  de  Saint-Germain  y  tenaient  une  assise,  au  jour  de  la 
Saint-Martin  d'hiver,  avec  leurs  prévôts  et  leurs  officiers.  Dans  cette 
assemblée,  les  justiciables  de  la  justice  d'Avrainville  étaient  appelés 
nominativement  et  obligés  de  comparaître  en  personne  ou  de  faire 
valoir  une  excuse.  Chaque  chef  de  famille  y  était  représenté.  Ceux  qui 
ne  pouvaient  produire  une  excuse  légitime  étaient  condamnés  par  le 
prévôt  à  une  amende  de  trois  Hvres.  On  lisait,  dans  cette  tenue  des 
assises,  les  ordonnances  de  police  d'Henry  II,  les  règlements  concer- 
nant les  bestiaux  et  les  droits  limitant  les  pâturages.  Après  l'audience, 
le  propriétaire  de  l'hôtellerie  du  Singe  Verd  était  tenu  de  donner  un 
dîner  maigre  aux  officiers  de  la  justice  d'Avrainville,  et  de  payer,  en 
outre,  dix  sols  de  redevance  à  la  seigneurie  du  même  nom  \  Lu  docu- 
ment du  3  octobre  lôay  montre  que  la  justice  d'Avrainville  ne  ressor- 
tissait  point  de  Monllhéry,  mais  du  bailli  de  l'abbaye  de  Saint-Germain, 
ou  du  Châtelet  de  Paris,  suivant  qu'on  appelait  en  première  ou  en 
seconde  instance*. 

Plusieurs  sentences  de  mort  furent  prononcées  à  Avrainvillc  ou 
contre  des  habitants  de  cet  endroit.  Guillaume  Cordier,  varlct  boucher, 


1.  Arch.  nal.  L.  766,  n°  18  ;  LL.  lo-'i^,  p.  90. 

2.  Id.  LL.  1 1^6,  p.  /I9G. 

3.  Antiquités  de  Paris,  par  du  BaEUL. 

4.  Arch.  nat.  LL.  io44,  p.  i33. 


IQ3 


avait  mauvaisement  tué  et  meurtri  un  marchand  de  bétail,  Jehan 
Dumas,  de  Bourges,  qui  se  rendait  à  Paris.  Saisi  à  Avrainville,  il  fut 
jugé  et  exécuté  dans  la  capitale.  Les  religieux  de  Saint-Germain-des- 
Prés  protestèrent.  Le  prévôt  daigna  leur  déclarer  que  cet  acte  ne  porte- 
rait point  préjudice  à  leurs  droits  pour  l'avenir  (27  septembre  1367)'. 

Louis  de  la  Fosse,  retenu  dans  la  prison  d'Avrainville,  fut  condamné 
à  être  étranglé  à  une  potence,  sur  le  chemin  allant  de  Châtres  aux  bois 
deTorfou.  Il  devait  ainsi  expier  ses  multiples  larcins,  espiements  de 
chemin  et  meurtres.  Ses  biens  furent  confisqués  au  profit  des  Bénédic- 
tins (  28  septembre  i5ii)\ 

Le  sieur  Jean  Gautier  avait  perpétré  un  homicide.  Sachant  le  triste 
sort  qui  lui  était  réservé,  il  se  hâta  de  prendre  la  fuite.  Cette  prompte 
disparition  n'arrêta  point  l'œuvre  de  finexorable  justice.  Elle  com- 
manda que  le  coupable  serait  suspendu  à  une  potence,  au  carrefour 
d'Avrainville,  en  personne,  s'il  avait  la  bonté  de  se  laisser  appréhender, 
sinon,  en  effigie,  pendant  vingt-quatre  heures.  Ses  biens  furent  adju- 
gés par  moitié  à  ses  cohéritiers  et  à  l'abbé  de  Saint-Germain,  le  cardinal 
de  Tournon  (29  septembre  i553)  '. 

Il  était  défendu  de  proférer  des  blasphèmes.  Pour  avoir  commis  ce 
crime,  le  sieur  Cheval  fut  condamné  à  trois  Uvres  d'amende  (28  février 

i548)\ 

Les  profits  de  la  justice  d'Avrainville,  greffe,  tabellionage  et  geôlage 
du  dit  lieu,  la  moitié  des  aubaines,  confiscations  et  voiries  furent 
donnés  à  bail  pour  la  somme  annuelle  de  20  livres  (août  i536)'.  Jean 
Feuilleret,  qui  en  était  le  fermier,  refusait  de  payer  une  année  échue.  Il 
se  vit  saisir,  d'après  des  lettres  obtenues  parle  cardinal  de  Tournon, 
i5o  livres  d'étain,  tant  pots,  plats,  brocs,  cuillères,  assiettes,  trois 
chaudrons  tenant  chacun  deux  seaux,  une  poêle  ronde  d'airain, 
tenant  trois  seaux,  deux  lits  et  traversins  garnis  de  plume.  Le  tout 
fut  vendu  au  dernier  enchérisseur  (3o  avril  i543)\ 

La  police  se  faisait  aussi  avec  une  grande  régularité  à  Avrainville. 


I.  Arch.  nat.  LL.  10/12,  p. 
a.  Id.  LL.  io44,  p.  90. 

3.  Id.  LL.  loii,  p.  10/t. 

4.  Id.  LL.  io44,  p.  io4. 

5.  Id.  LL.  11/46,  p.  /ig6. 

6.  Id.  LL.  io44,  p.  94. 


123   — 

Elle  veillait  à  maintenir  Tordre  et  à  défendre  les  intérêt  des  religieux  de 
Saint-Germain.  Comme  ceux-ci  avaient  droit  de  banalité,  personne  ne 
pouvait,  sans  leur  permission,  venir  prendre  du  blé  sur  leur  territoire 
et  l'emporter  moudre  à  son  moulin.  Le  sieur  Hubert  Smsart,  qui 
demeurait  à  Villouvette  S  allait,  en  dépit  de  ce  règlement,  à  la  cbasse 
des  grains,  même  les  fêtes  et  dimanches.  Le  prévôt  condamna  le  délin- 
quant à  6  livres  d'amende  et  donna  l'ordre  de  confisquer,  de  vendre  sa 
quevalle  ou  monture,  s'il  ne  voulait  pas  payer  (3o  juillet  162 1)  \ 

On  avait  trouvé  exposé  sur  une  voie  publique  d'Avrainville  un  enfant 
du  sexe  masculin,  âgé  d'environ  un  mois.  11  était  enveloppé  de 
méchants  drapeaux.  La  pohce  locale  le  fit  recueilbr  et  confia  a  une 
honnête  femme  le  soin  de  l'élever.  Avant  tout,  elle  ordonna  de  le  porter  a 
l'église  pour  qu'il  reçût  le  baptême  des  mains  du  curé  (12  avril  1670)'. 
Les  Bénédictins  avaient  le  droit  de  dîmes  sur  tout  le  territoire 
d'Avrainville.  La  grange  au  Prieur,  qui  relevait  du  convent  de  Saint- 
Clément  de  Chastres,  était  soumise  à  ce  dîmage*. 

Suivant  un  arrêt  du  Parlement  (28  mai  i343),  les  habitants  d'Avrain- 
ville qui  cultivaient  des  vignes  à  moitié  devaient  payer  aux  rehgieux 
un  denier  pour  chaque  muid  de  vin,   sous  peine  de  5  sous  pansis 

d'amende". 

Le  19  may  1664,  Mathurin  Dugas  demanda  à  établir  une  volière  au- 
dessus  de  la  porte  de  sa  maison  pour  y  mettre  autant  de  pigeons  que 
l'usage  ordinaire  le  permettait". 

Le  même  fit  observer  aux  religieux  que  devant  sa  demeure  se  trou- 
vait une  mare  profonde  de  8  ou  10  pieds,  à  laquelle  aboutissaient  deux 
grands  chemins.  Des  accidents  pouvaient  arriver.  Il  était  à  craindre 
que  les  voyageurs  n'y  tombassent  la  nuit,  et  en  outre,  c'était  un  danger 
permanent  pour  les  enfants.  Les  Bénédictins,  après  avoir  examiné  les 
choses,  lui  permirent  de  l'enclore  dans  sa  propriété,  de  reculer  les  voies 
publiques,  en  rendant  autant  de  terrain  qu'il  en  prendrait  (26  février 
1670)'. 

1.  Villelouvette,  commune  d'Egly  (Seine-et-Oisc). 

2.  Arch.  nat.  L.  766. 

3.  Id.  LL.  io4i,  p.  lyo. 

li.Id.  LL.  io46,  p.  5ai.  ,    r     ,  a      •    1; 

5.  Monuments  historiques  n°  12GG,  par  Taudh",  Arch.  nnt.  K.  4>i,  n   a». 

6.  Arch.  mit.,  L.  766. 

7.  Bib.  nat.  ms.fr.  16857,  p.  9. 


—    124   — ' 

Clément  Buchère,  conseiller  et  secrétaire  du  roi,  adressa  une  requête 
analogue  aux  religieux  de  Saint-Germain,  le  12  octobre  1666.  Il  possé- 
dait à  Avrainville  la  ferme  de  Beauvaisies.  A  cet  endroit,  le  chemin 
formant  une  courbe  était  très  étroit  et  fort  incommode  :  deux  harnois 
n'y  pouvaient  passer  de  front.  Il  proposait  de  donner  du  terrain  pour 
le  redresser,  si  on  voulait  bien  lui  accorder  d'enclore  l'ancienne  voie 
dans  sa  propriété.  Dom  Arsène  Moriceau  et  Jean  Barre,  cellérier,  dési- 
gnés pour  examiner  l'état  des  lieux,  jugèrent  à  propos  qu'on  fît  droit 
à  la  demande  (8  mai  1O67)  '. 

Le  8  août  i7oZ|,on  fixa  les  limites  entre  Avrainville  et  les  seigneuries 
de  Chétainville  et  de  Guibeville.  11  fut  convenu  que  le  chemin  de  la 
Chastrcs  à  Lardy  servirait  comme  ligne  de  démarcation.  Tout  ce  qui 
était  à  droite  faisait  partie  de  la  seigneurie  d'Avrainville;  et  tout  ce  qui 
se  trouvait  à  gauche  appartenait  aux  seigneuries  de  Guibeville  et  de 
Chétainville  \ 

L'abbé  Genoux,  conseiller  en  la  grande  chambre  du  Parlement  de 
Paris,  sollicita  des  religieux  de  Saint-Germain  la  permission  de  chasser 
sur  leurs  terres,  comme  ils  l'avaient  accordé  au  marquis  de  Maulé- 
vrier.  La  communauté  pourrait  y  envoyer  chasser  lorsqu'elle  le  juge- 
rait à  propos.  L'abbé  Genoux  promettait  de  prendre  à  sa  charge  et  de 
faire  recevoir  à  la  table  de  marbre  un  garde  chargé  de  veiller  spécia- 
lement sur  le  territoire  d'Avrainville  (3o  décembre  1725)'. 

Le  sieiu-  Veydeau  de  Grand  mont,  seigneur  de  Chétainville,  neveu 
de  l'abbé  Genoux,  demanda  et  obtint  le  même  privilège.  11  donnait 
pour  motif  que  la  tour  d'Avrainville  était  insuffisamment  gardée.  Les 
braconniers  y  pullulaient  et  envahissaient  même  son  domaine.  Etant 
capitaine  des  chasses  à  Avrainville,  il  saurait  remédier  à  cet  abus.  11 
s'engageait  à  donner  10  pistoles  au  garde  des  religieux  et  à  lui  laisser 
tirer  du  gibier  pour  les  malades  (26  novembre  1736)  ''. 

Les  chasses  d'Avrainville  furent  données,  le  5  mai  1742,  au  pré- 
sident de  Lamoignon,  seigneur  de  Boissy.  11  fut  stipulé  que  le 
gardCj  qu'il  nommerait  devait  porter  une  bandolière  aux  armes  de 


1.  Chap.  conv.  Bib.  nal.  ms.  Jr.   iG856,  p.  a66. 
3.  Id.   16857,  P-  38. 
3.  Id.  i6858,  p.  4o. 
'4.  Id.   i6858,  p.  ai5. 


25 


Saint-Germain-des-Prés,  et,  en  cas  de  délit,  faire  rapport  devant  les 
otficiers  de  l'abbaye*. 

Le  comte  de  Clermont,   prince  de  sang,    abbé  de  Saint-Germain, 
obtint  ces  mêmes  chasses,  le  29  septembre  1764  '. 

Seigneurie    spirituelle. 

Possesseurs  de  la  terre  d'Avrainville,  les  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés  souhaitèrent  aussi  d'avoir  la  jouissance  et  le  patronage  de 
l'église,  dédiée  à  la  sainte  Vierge.  Ce  désir  se  réalisa.  A  la  demande  de 
l'abbé  Robert,  qui  vivait  au  commencement  du  règne  de  Philippe  P", 
Geoffroy,  évèque  de  Paris,  leur  donna  les  églises  de  Suresne  et  d'Avrain- 
ville en  échange  de  la  moitié  de  la  terre  de  la  Guerche  (Garche),  avec 
un  moulin  sur  la  petite  rivière  de  Sèvres.  Toutefois,  il  se  réserva  les 
droits  de  synode  et  de  visite  (1070)  \ 

L'église  d'Avrainville  était  connue  sous  le  vocable  de  Notre-Dame. 
Elle  date  en  partie  du  XP  siècle  et  appartient  au  style  roman.  La  nef  est 
lambrissée  depuis  1728.  La  voûte  du  chœur  remonte  au  XVP  siècle. 
Le  clocher  est  aussi  de  l'époque  romane.  11  est  surmonté  d'une  flèche, 
couverte  en  ardoise.  Il  contenait  3  cloches,  à  l'époque  de  la  Révolu- 
tion. 

Avrainville  était  exempt  de  toutes  redevances  envers  les  légats  du 
pape.  Eude,  évèque  de  Tusculum,  représentant  du  Saint-Siège  en 
France,  le  reconnut,  le  18  décembre  1246,  et  sur  les  réclamations 
d'Hugues  d'Issy,  il  restitua  aux  Bénédictins  les  sommes  qu'il  avait 
injustement  perçues*. 

Une  complète  harmonie  ne  régna  pas  toujours  entre  les  religieux  de 
Saint-Germain  et  les  curés  d'Avrainville  et  des  environs.  De  nom- 
breuses contestations  s'élevèrent  entre  eux  et  eurent  pour  cause  la 
défense  d'intérêts  matériels  ou  la  revendication  d'honneurs  légitimes, 
comme  nous  le  verrons. 

Frère  Jehan  Drouet,  prévôt  d'Avrainville,  et  Jehan  Morin,  maistre 


1.  Chap.  Conv.  Bib.  nat.  ms.  fr.  1C868,  p.  aBg. 

a.  Id.  16859,  p.  167. 

3.  Arch.  nat.  LL.  ii53,  p.  53. 

ti.  BoNNiN,  Possessions  de  Saint-Germain  en  Seine-et-Oise,  p.  270. 


126    — 

es  arts,  licencié  en  décret,  curé  de  Chétainville  (ou  Cheptainvillc),  avaient 
un  procès  touchant  les  dîmes  de  Guibeville.  Ils  s'entendirent  enfin  et 
passèrent  une  transation  qui  leur  permettait  de  les  partager  toutes, 
grosses  et  menues  (7  juillet  i38i)^ 

Le  curé  d'Avrainville  se  croyait  sans  doute  fondé  à  formuler  des 
plaintes  et  à  prendre  des  mesures  pour  parfaire  ses  moyens  de  subsis- 
tance. Une  sentence  en  cour  d'église  lui  défendit  de  lever  aucune  dime 
ni  cens  pour  compléter  son  gros  (12  mai  i5o7)-. 

Le  i"  septembre  1G46,  une  sentence  du  Parlement  maintint  les 
Bénédictins  comme  curés  primitifs  d'Avrainville  et  leur  attribua  la 
jouissance  des  grosses,  menues  et  vertes  dîmes,  mais  elle  leur  enjoi- 
gnait de  faire  l'aumône  aux  pauvres  jusqu'à  concurrence  des  constitu- 
tions canoniques,  de  faire  réparer  l'église  pour  qu'elle  fut  décente,  de 
fournir  au  curé  pour  son  gros  3  muids  de  grain  et  de  vin. 

Guillaume  Roussel,  vicaire  perpétuel,  jouissait  d'une  pièce  de  terre 
appartenant  à  la  cure.  11  était  accusé  d'avoir  empiété  sur  les  droits  des 
relio-ieux  de  Saint-Germain  en  étendant  les  limites  de  cet  immeuble. 
Celui-ci,  au  contraire,  soutenait  qu'il  était  victime  d'un  larcin  et  qu'on 
lui  avait  ravi  un  quartier  de  terrain.  Pour  mettre  un  terme  à  ce  litige, 
les  Bénédictins  consentirent  à  transiger.  Ils  s'engagèrent  à  payer  au 
curé  une  rente  perpétuelle  de  6  livres,  s'il  leur  abandonnait  l'arpent  de 
terre,  objet  de  la  contestation.  Cet  accord  trouva  bon  accueil  (3o  octo- 
bre 1607)'. 

Le  sieur  Roger,  vicaire  perpétuel  d'Avrainville,  se  plaignait  qu'on 
mélangeait  toutes  sortes  de  grains  avec  les  deux  muids  de  blé  mesteil 
qu'on  devait  lui  donner.  Il  obtint  des  religieux  qu'ils  lui  fourniraient 
ce  blé  mesteil  sans  mélange  (G  juin  iG64)^  Le  même  affirmait  que  des 
terres  en  friches  sur  la  butte  de  Montevrain  avaient  été  nouvellement 
labourées.  11  en  réclamait  les  dîmes  novales,  suivant  l'arrêt  de  i656^ 
On  lui  démontra  que  ces  terres  avaient  été  jadis  cultivées  :  on  y  voyait 
encore  des  sillons  et  on  trouvait  des  racines  de  vignes.  11  fut  donc 
débouté  de  ses  prétentions  (3  janvier  1670)  \ 

I.  Arch.  nai.  LL.  loU,  p-  ho. 

a.  Id.  LL.  ioi/!|. 

3.  Arch.  nat.  LL.  io/i4,  p-  G2.  Ghap.  conv.  Bib.  nat.  ms.  fr.  iG856. 

tt.  Arch.  nat.  LL.  lolik,  p.  6G. 

5.  Id.  LL.  lohli,  p-  G2. 

G.  Id.  LL.  io44,  p.  74- 


—  127  — 

A  Avrainville  comme  dans  plusieurs  localités,  la  question  des  droits 
honorifuiues  devint  une  source  de  graves  difficultés  et  de  regrettables 
incidents.  En  i856,  Antoine  Grégoire,  premier  marguillier,  déclare  que 
maître  Guillaume  Roussel,  vicaire  perpétuel,  s'est  emparé  des  orne- 
ments, calices,  linges  et  même  des  livres  de  l'église  pour  empêcher  le 
maître  d'école  d'apprendre  aux  enfants  de  la  paroisse  à  chanter.  Quelle 
était  la  cause  de  ce  conflit?  Le  curé  voulait-il  se  venger  des  religieux  et 
entraver  l'exercice  des  droits  qu'ils  avaient  comme  seigneurs  patrons? 
Tout  porte  à  le  croire.  En  effet,  le  28  août  de  la  même  année,  le  prévôt 
commanda  au  sieur  Guillaume  Roussel  de  restituer  les  objets  qu'il 
avait  pris.  Un  mois  plus  tard,  le  i3  octobre  iG56,  une  sentence  du 
Parlement  confirma  les  Bénédictins,  comme  curés  primitifs,  en  la  pos- 
session de  leurs  droits  de  préséance.  Elle  leur  reconnaissait  le  privilège 
d'avoir  un  banc  dans  le  chœur  pour  eux  et  leurs  officiers,  et  de  célébrer 
l'office  divin,  aux  quatre  principales  fêtes  de  l'année.  Le  vicaire  perpé- 
tuel était  obhgé  de  les  assister  pendant  toute  la  cérémonie  ^ 

Un  procès-verbal,  daté  du  i^''  juin  1G64,  nous  fournit  des  détails  à 
ce  sujet.  Le  R.  P.  Serge  Bourgoin  et  Dom  François  Thomas,  religieux 
de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  se  présentèrent  à  Avrainville, 
la  veille  du  jour  de  la  Pentecôte,  vers  l'heure  de  midy.  Sur  les  deux 
heures,  ils  firent  sonner  les  vespres  et  tinter  en  la  manière  accoutu- 
mée. Etant  entrés  en  la  dite  église,  ils  trouvèrent  le  sieur  Pierre  Roger, 
leur  vicaire  perpétuel,  qui  les  accompagna  à  la  sacristie.  Il  présenta  au 
R.  P.  Bourgoin,  désigné  pour  officier  en  la  présente  solennité,  des 
ornements  convenables,  savoir  :  un  amict,  une  aube,  une  étole  et  une 
chappe.  Lui-même,  revêtu  d'une  chappe,  conduisit  au  grand  autel, 
puis  devant  le  pupitre,  au  lieu  curial,  le  célébrant,  qui  entonna  les 
vespres.  Les  assistants  les  continuèrent.  Là  se  trouvait  Pierre  Bedeau, 
directeur  des  petites  écoles  et  chantre  ordinaire,  avec  plusieurs  de  ses 
écoliers.  Pendant  l'office,  le  sieur  François  Roger  annonça  les  antiennes 
et  présenta  l'encensoir  pour  l'encensement  pendant  le  Magnificat.  Le 
lendemain,  le  R.  P.  Bourgoin  fit  sonner  les  matines  à  cinq  heures  du 
matin.  Nous  voyons  qu'il  donna  la  bénédiction  au  vicaire  perpétuel, 
qui  chanta  l'homélie  et  la  première  leçon.  A  neuf  heures,  les  cloches 
appelèrent  les  fidèles  à  la  grand'messe  paroissiale.  Le  même  religieux 


I.  Arch.  nat.  LL.  naS,  p.  /Igi  ;  LL.  io44,  p.  62. 


—    128    — 

la  célébra.  11  fit  l'eau  bénite,  présida  la  procession,  bénit  le  pain  pré- 
senté à  l'offertoire,  reçut  les  offrandes,  annonça  le  prône,  distribua  la 
communion  aux  paroissiens  et  remplit  toutes  les  autres  fonctions 
curiales.  Le  sieur  Roger  l'assistait  comme  diacre.  Les  choses  se  passè- 
rent de  la  même  manière  aux  secondes  vespres.  Avant  son  départ,  le 
R.  P.  Bourgoin  remit  à  Guillaume  Piffret,  principal  marguillier,  l'argent 
qu'il  avait  recueilli,  pour  qu'il  fût  employé  au  profit  de  l'église'. 

Le  vicaire  perpétuel  ne  montra  pas  toujours  la  même  soumission  et 
la  même  déférence  envers  les  moines  de  Saint-Germain.  11  demandait 
qu'on  enlevât  leur  banc  du  chœur  et  qu'on  mît  à  la  place  une  chaire 
pour  le  célébrant.  Les  Bénédictins  ne  pourraient  s'y  asseoir  qu'aux 
quatre  fêtes  solennelles  de  l'année.  La  chose  fut  portée  devant  le  Grand 
Conseil,  qui  statua  contrairement  aux  désirs  du  sieur  Roger.  11  lui 
défendit  de  troubler  les  religieux  dans  la  possession  de  leur  banc. 
Lorsque  les  religieux  seront  absents,  dit  la  sentence,  la  place  d'hon- 
neur n'appartiendra  point  au  sieur  Roger  ;  il  se  placera  à  gauche  dans 
le  chœur.  Il  aura  soin  de  recommander  les  religieux  aux  prières  du 
prône,  après  le  roi,  la  famille  royale,  et  l'archevêque  de  Paris,  sous 
peine  d'être  privé  de  son  temporel.  Le  jugement  accordait  encore  aux 
religieux  et  à  leurs  officiers  les  honneurs  et  préséances  de  l'eau 
bénite,  de  la  paix  et  de  l'encens,  et  interdisait  au  vicaire  perpétuel  de 
prendre  à  l'avenir  le  titre  de  curé  (26  juin  1669)  ^. 

Les  choses  en  étaient  là,  lorsque  survint  un  nouvel  incident.  Nous 
trouvons  le  fait  exposé  tout  au  long  et  nous  en  donnons  le  récit  tel 
qu'il  existe.  Le  procès-vei'bal  que  nous  citons  est  ainsi  conçu  :  «  Ce 
jourd'hui,  2  mars  1G70,  sur  les  3  à  l\  heures  après  midi,  pendant  les 
vêpres,  un  prestre  revêtu  de  la  soutane,  d'un  surplis  et  bonnet  quarré, 
lequel,  après  avoir  fait  sa  prière  devant  le  crucifix  de  l'église,  a 
monté  au  pied  du  ballustre  du  grand  autel,  où  étant  à  deux  genoux. 
Jacquet  Herlan,  premier  marguillier  en  charge,  est  venu  avertir  le 
père  Joseph  Anne,  religieux  et  procureur  de  l'abbaye  de  Saint-Ger- 
main-des-Prés  qui  était  dans  la  première  et  principale  place  du  chœur, 
en  entrant,  à  main  droite,  qui  est  la  place  ordinaire  de  messieurs  les 
vénérables  religieux  du  couvent  de  Saint-Germain,  pour  venir  donner 
la  bénédiction  au  susdit  prêtre,   en  qualité  de  curé  primitif,  avant  de 


I.  Arch.  nat.  LL.  io44>  p.  66. 
a.  Id.  LL.  1044,  p.  7a. 


129 


monter  en  chaire  et  annoncer  la  parole  de  Dieu  aux  peuple  et  habi- 
tants qui  étaient  dans  l'église.  Le  dit  procureur,  étant  sorti  de  sa 
place,  est  allé  au  grand  autel.  Après  avoir  adoré  le  très  saint  Sacre- 
ment, il  s'est  levé  sur  le  marchepied  d'icelui-cy,  et  ayant  reçu  l'étole  de 
la  main  du  marguillier  ci-dessus  nommé,  s'est  tourné  vers  le  dit  prêtre 
qui  était  à  genoux  au  pied  du  dit  grand  autel,  et  le  père  Procureur 
s'étant  mis  l'étole  a  donné  la  bénédiction  au  dit  prêtre  pour  aller 
prêcher,  ce  que  voyant  maître  Pierre  Roger,  prêtre  et  vicaire  perpé- 
tuel de  la  dite  église  d'Avrainville,  qui  chantait  à  sa  place  l'oraison 
des  vêpres,  a  interrompu  et  quitté,  à  moitié  de  l'oraison,  sa  place 
pour  venir  quereller  et  insulter  le  dit  père  Procureur,  avec  passion  et 
paroles  qui  témoignaient  beaucoup  de  chaleur  et  émotion  d'esprit  du 
dit  Roger,  auquel  le  dit  Procureur  a  doucement  dit  :  «  Monsieur,  vous 
«  deviez  achever  l'oraison  des  vêpres  et  ne  pas  troubler  la  dévotion 
«  du  peuple.  »  Ce  à  quoi  le  dit  Roger  a  répondu  avec  beaucoup  de 
chaleur  et  d'un  ton  fort  courroucé  :  u  Vous  n'avez  que  faire  ici,  je  ne 
«  vous  connais  point  hors  les  fêtes  principales.  »  En  s'en  retournant  à 
sa  place,  sans  achever  les  vêpres,  il  a  dit  plusieurs  paroles  peu 
décentes  et  respectueuses  pour  le  saint  lieu,  où  il  était.  Le  R.  P. 
Procureur  requit  le  sieur  Mathurin  Degast,  conseiller  du  roi,  contrôleur 
des  barrages  et  pavés  de  la  ville,  prévôté  et  vicomte  de  Paris,  prévôt 
de  la  prévôté  et  châtellenie  d'Avrainville,  qui  assistait  aux  vêpres, 
et  le  pria  de  dresser  un  procès-verbal  de  cette   scène  scandaleuse  ^ 

Le  3o  mars  1670,  le  sieur  Roger  intenta  un  procès  aux  Bénédictins 
devant  la  cour  du  Parlement.  11  demandait  que  les  religieux  ne  le 
troublassent  point  dans  son  droit  de  donner  la  bénédiction  les  jours 
qu'il  y  avait  sermon  à  l'église.  11  leur  défendait  de  prendre  les  obla- 
tions  et  les  offrandes  de  la  confrérie  du  baston  de  la  Vierge,  érigée  en 
la  dite  église  d'Avrainville,  et  il  leur  réclamait  celles  qu'ils  avaient 
indûment  perçues.  Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  décla- 
raient qu'ils  laisseraient  toute  liberté  au  vicaire  perpétuel  pour  exercer 
ses  fonctions  curiales,  hormis  aux  quatre  solennités  qu'ils  s'étaient 
réservées.  On  ne  voit  pas  qu'il  fut  qiiestion  dans  les  débats  de  la  béné- 
diction à  donner  aux  prédicateurs  et  des  offrandes  à  prélever.  Que  fut-il 
réglé  sur  ce  point?  Nous  l'ignorons ^ 


i.  Arch.  nat.  LL.   ioi4,  p.    76. 
2.  /</.  LL.   loii,  p.  7G. 

9* 


—   i3o  — 

Les  Bénédictins  ne  se  transportèrent  pas  toujours  à  Avrainville  pour 
célébrer  l'office  divin  aux  jours  désignés.  Nous  voyons,  en  effet,  dans 
les  conditions  du  bail,  que  le  fermier  était  chargé  de  payer  l'honoraire 
d'une  messe  basse  à  Noël,  Pâques,  la  Pentecôte  et  l'Assomption. 

Le  28  mai  1682,  les  marguilliers  notèrent  que  les  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  avaient  donné  à  l'église  trois  gros  livres  tout  neufs 
servant  au  lutrin  :  deux,  appelés  Antiphonarium,  et  un  autre,  nommé 
Graduale,  de  la  nouvelle  impression  et  reliés  de  veau  ^ 

Certains  particuliers  se  montrèrent  aussi  jaloux  des  signes  de  dis- 
tinction que  les  seigneurs  du  lieu. 

Le  23  janvier  1G76,  Regnault  Lambert,  sieur  de  la  Mothe-Roche- 
mont  et  d'Echainvilliers,  revendiqua  les  droits  honorifiques  à  cause  de 
ce  dernier  fief.  Il  somma  le  curé,  les  marguilliers  et  le  bedeau  de  les 
lui  déférer,  immédiatement  après  le  prévôt  principal  des  religieux*. 

Le  7  août  de  la  même  année.  Clément  Buclière,  conseiller  du  roi  en 
son  grand  conseil,  demanda  en  cette  qualité,  pour  lui  et  son  épouse,  le 
droit  à  l'eau  bénite,  au  pain  bénit  et  aux  autres  honneurs  de  préséance, 
dans  l'église  d'Avrainville,  immédiatement  après  les  seigneurs  hauts 
justiciers  et  avant  leurs  officiers.  Les  religieux  s'y  opposèrent  et  lui 
interdirent  de  prendre  le  titre  de  la  Beauvoisie.  Le  Parlement  lui 
accorda  ce  qu'il  souhaitait,  le  pain  bénit,  après  les  seigneurs,  et  le 
premier  rang  après  eux  à  l'offrande,  et  dans  les  processions  \ 

Le  sieur  Degast,  prévôt  d'Avrainville,  devait  à  l'église  i5  livres  de 
rente  sur  un  demi-arpent  de  terre  et  sur  une  grange  de  deux  espaces, 
le  tout  situé  dans  la  bourgade.  Avec  le  consentement  du  curé  et  des 
marguilliers,  il  transporta  cette  rente  sur  une  grange  et  une  maison, 
rue  des  Pipets  (29  janvier  1679)  \ 

La  ferme  des  Bois-Blancs  se  trouvait  chargée  d'une  rente  de  6  livres 
envers  l'église  d'Avrainville.  Les  marguilliers  s'entremirent  pour  que, 
lors  de  la  vente  de  cette  ferme,  l'adjudicataire  fût  rendu  responsable 
de  cette  redevance  (3  décembre  i697)\ 

Le   \l\  juin    1680,  les  marguilliers  et  les  paroissiens  d'Avrainville, 


1.  Arch.  nal.  LL.  io/ii,  p.  82. 

2.  Id.  LL.  io4'i,  p.  81. 

3.  Id.  LL.  104/4,  p.  78. 
li.  Id.  LL.  loW,  p.  82. 
5.  Id.  LL.  io/i4,  p,  83. 


—  i3i    - 

voulant  bâtir  une  sacristie  pour  la  commodité  et  décence  de  leur 
église,  demandèrent  à  prendre  8  ou  9  pieds  carres  de  terrain  sur  la 
cour  de  la  maison  seigneuriale'. 

On  accorda  au  sieur  Buchère  d'avoir  dans  le  chœur  un  banc  clos 
long  de  7  pieds  sur  3  et  demi  de  large,  avec  ses  armes  en  bois,  et,  à 
côté  svir  la  muraille,  une  épitaphe.  Ses  descendants  devaient  donner 
par  écrit  une  reconnaissance  de  cette  concession  (3o  mai  1G61)-. 

Pierre  Cartier,  bourgeois  de  Paris,  qui  habitait  Avrainville,  demanda 
à  avoir  dans  l'église  un  banc  fermé,  long  de  7  pieds  sur  [\  pieds  de 
large,  vis-à-vis  de  la  grande  vitre  qui  est  sous  les  cloches.  Ce  banc  ne 
pouvait  être  attaché.  Il  s'engagea  à  payer  une  rente  de  k  livres  par  an 
rachetable  pour  la  somme  de  60  livres.  Ces  conditions  furent  acceptées 

(16  mai  1666)^. 

Mathurin  Degast,  contrôleur  des  barrages  et  pavés  des  ville,  pré- 
vôté, vicomte  de  Paris,  secrétaire  du  sieur  de  Genoux,  seigneur  de 
Guiberville,  demanda  à  placer  un  banc  fermé  dans  la  nef,  du  côté 
droit,  auprès  du  chœur.  Il  devait  faire  le  pendant  d'un  autre  banc 
situé  à  gauche  et  servir  d'ornement.  Il  s'engagea  à  témoigner  sa  recon- 
naissance à  la  fabrique  de  l'église  (1680)*. 

Prieurs 

12 16.  Raynaud. 

i3i4.  Guillaume  de  Saint-Yeran. 
i466.  Jean  Closier  (prévôt). 
1^90.  Jean  Drouet     (id.). 

Curés 

ir)i3.  Certain. 

1641.  Guillaume  Roussel. 

i633.  François  Salut. 

1662.  Andrieu. 

i66/i.  Roger  François. 

1.  7?(6.  nat.  ms.fr.  Cliap.  conv.  FF.  1G857,  p.  i45. 

2.  ht.  i()855,  p.  1(11  ;  Arch.  nat.  LL.  lo/i'i,  p.  05. 

3.  Arch.  nat.  LL.  io^/i,  p.  69. 
Ix.  Id.  LL.  lo't-'i,  p.  85. 


—  iSa  — 


YILLENEUVE-SAINT-GEORGES 


La  bourgade  ainsi  désignée,  distante  de  quatre  lieues  de  Paris,  se 
trouve  assise  sur  la  rive  droite  de  la  Seine,  à  l'endroit  où  la  rivière  de 
Yerres  se  perd  dans  ce  fleuve.  Elle  compte  parmi  les  communes  du 
canton  de  Boissy-Saint-Léger,  arrondissement  de  Corbeil,  et  appartient 
actuellement  au  diocèse  de  Versailles,  après  avoir  été  détachée  de  celui 
de  Paris.  S'il  faut  en  croire  l'abbé  Martin  ',  elle  est  très  ancienne  et  doit 
son  existence  à  une  colonie  de  Celtes.  Le  nom  qu'elle  porte  n'est  point 
son  nom  primitif.  Autrefois,  on  l'appelait  simplement  :  Villeneuve. 
Mais  bientôt  apparut  sur  la  rive  opposée  de  la  Seine  un  village  avec 
une  dénomination  analogue.  Pour  la  distinguer  de  cette  localité,  on 
ajouta  à  son  nom  celui  de  son  patron.  Le  premier  document  authen- 
tique qui  nous  parle  de  Villeneuve-Saint-Georges  date  du  27  mars  779. 
C'est  une  charte  de  Charlemagne.  Comme  Pépin,  son  glorieux  père,  il 
exempte  à  toujours  les  religieux  de  Saint-Germain  de  tout  péage  pour 
les  objets  destinés  à  leur  entretien.  11  leur  accorde  en  plus  des  droits  de 
tonlieue  (?)  qu'un  comte  Gérard  levait  à  Villeneuve-Saint-Georges'. 
D'où  provenait  ce  domaine  ?  Le  monastère  de  Saint-Germain-des-Prés 
le  devait-il  aux  libéralités  de  Childebert  I'^'  ou  de  Clovis  II,  ou  l'avait-il 
reçu  en  donation,  vers  l'an  720,  en  même  temps  que  Valenton,  comme 
le  soutient  l'abbé  Lebœuf  (v-29)  ?  Faute  de  preuves,  il  est  impos- 
sible de  se  prononcer  sur  ce  point.  Irminon  écrit,  dans  son  Polyptyque, 
que  cette  propriété  comprenait  :  un  manoir  seigneurial,  172  bonniers 
de  terres  labourables,  166  arpents  de  prés,  91  arpents  de  vignes  et  une 
iorèt  mesurant  4  lieues  de  tour,  dans  laquelle  on  pouvait  nourrir 
5oo  porcs.  Le  village  comptait  alors  60  maisons  affranchies  et  i4  mai- 
sons de  serfs. 

C'est  de  Villeneuve-Saint-Georges  que  l'abbaye  de  Saint-Germain 
tirait  le  vin  dont  elle  usait  journellement.  Ce  fait  est  constaté  par  une 


1.  Canton  de  Boissy-Saint-Léger    (Seine-et-Oise). 

2.  Eglise  de  Villeneuve-Saint- Georges. 

3.  Tardif,  Monuments  historiques,  p.  6a;  Arch.  nat.  K.  7,  n°  a. 


—  i33  — 

charte  de  l'an  872,  confirmée  par  Charles  le  Chauve.  On  y  lit  ce 
passage  :  «  Vinum  autem  in  potum  cotidianiim  refectionis  ex  Teodaxio 
et  Villanova,  tam  de  vineis  dominicis  quam  pascionibus  dari  censui- 
mus.  ))(2o  avril  872)  ^ 

Vers  la  même  époque,  il  y  avait  deux  religieux  à  Villeneuve  :  «  Duo 
monachi  in  villanova  Sancti  Georgii  esse  debent,  non  quieti,  sed  labori 
vacantes  \  « 

Dans  le  cours  des  âges  s'effectuèrent  de  nombreuses  transactions  au 
profit  de  Villeneuve-Saint-Georges.  C'est  d'abord  au  XIP  siècle  Robert 
de  Fulfuri  qui  donne  à  Simon,  abbé  de  Saint-Germain,  Bernard  d'Ory, 
son  homme  de  corps,  avec  toutes  les  terres  et  possessions  que  celui-ci 
avait  au  delà  de  la  rivière  du  Morain  et,  de  plus,  une  maison  à  Ville- 
neuve-Saint-Georges. En  retour,  les  Bénédictins  lui  donnent  90  livres 
de  Provins.  Robert  fait  cette  donation  pour  le  plus  grand  bien  de  son 
âme  et  celle  de  ses  parents  \ 

Comme  Frère  Simon  avait  fait  à  Villeneuve-Saint-Georges  des  acqui- 
sitions avantageuses  pour  l'abbaye,  on  tint  à  le  récompenser  de  sa 
dihgence  en  instituant  à  perpétuité  la  célébration  d'un  service  anni- 
versaire solennel  pour  le  repos  de  son  âme  *. 

En  12 [5,  Rodert  de  Braye  et  Aanor,  son  épouse,  donnent  en  pure 
aumône  à  Saint-Germain-des-Prés  tout  ce  qu'ils  peuvent  prétendre  sur 
i4  muids  de  vin  blanc  et  60  muids  de  vin  rouge  qu'ils  percevaient  sur 
les  terres  des  religieux  à  Villeneuve-Saint-Georges  et  Valenton  ^  Ils 
vendent  le  reste  de  leurs  revenus  au  prix  de  5oo  livres.  Les  Bénédictins 
leur  promettent  une  part  dans  leurs  prières  ^. 

Deux  ans  auparavant,  Eustache,  abbesse  de  Notre-Dame-Sainte-Marie 
d'Yerres,  affermait  la  sixième  partie  du  port  de  Villeneuve,  qui  lui 
apparteriait,  pour  la  somme  de  1 1  sols  4  deniers.  Elle  prélevait  8  sols  et 
abandonnait  le  reste  à  Saint-Germain-des-Prés  '. 

Une  lettre  de  Guillaume,  évê(iue  de  Paris  (novembre  i23o),  porte 
qu'Adam    Rigaud   a   vendu   à  Odon,    abbé  de  Saint-Germain,  pour 


I.  Tardif,  p.  i33.  Arch.  nat.  K.  l^,  n°  10. 
a.  Bib.  nat.  ms.  lai.  i2838,  p.  82. 

3.  Arch.  nat.  LL.  1087,  p.  8. 

4.  Id.  LL.  1090,  p.  43. 

5.  Id.  L.  809;  LL.  1087,  p.  i5. 

6.  Id.  LL.  1087,  p.  i5. 

7.  Id.  LL.  1087,  p.  i5. 


—  i34  — 

loo  livres  parisis,  tout  ce  qu'il  avait  à  Villeneuve-Saint-Georges, 
comme  terres,  hôtes,  dîmes,  censive,  justice,  taille,  etc.  '. 

Quelques  années  plus  tard  (octobre  i233),  Jean  Malelerrc  et  son 
épouse,  Alide,  donnent  aux  Bénédictins  de  Saint-Germain-des-Prés  le 
cinquième  de  ce  qu'ils  possèdent  à  ^  illeneuve-Saint-Georges.  Ils  lui 
vendent  le  reste  pour  la  somme  de  228  livres'. 

En  1289  (mars),  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  acquiert  3  quar- 
tiers et  demi  de  vignes  à  Villeneuve-Saint-Georges,  au  lieu  appelé 
Marmerel,  pour  la  somme  de  20  livres  ^ 

Presqu'à  la  même  époque  (août  1239),  Guillaume  de  Villeneuve- 
Saint-Georges  donne  à  Saint-Germain  tous  ses  biens  présents  et 
futurs.  11  ne  s'en  réserve  que  l'usufruit'.  C'est  sans  doute  le  même  qui, 
en  1262,  gratifia  la  pitancerie  de  Saint-Germain-des-Prés  d'une  maison 
sise  à  Villencuve-Saint-Georges^. 

La  môme  année  (avril  1262),  Thyon  de  Villeneuve-Saint-Georges,  dit 
Ribaud,  et  sa  femme,  cèdent  en  pure  aumône  à  l'abbaye  de  Saint- 
Germain,  pour  l'œuvre  des  pitances,  une  maison  sise  à  Villeneuve.  Ils 
s'en  réservent  l'usufruit \ 

Ce  bienfaiteur  s'engagea  (septembre  i253)  à  payer  à  l'abbaye  pen- 
dant sa  vie  et  celle  de  sa  femme  une  rente  de  3o  sols  pour  l'anniver- 
saire de  feue  Alaine,  sa  première  épouse,  lis  donnent  une  maison  au 
monastère  de  Saint-Germain  pour  que  l'on  continue  de  célébrer  après 
leur  mort  le  dit  anniversaire^. 

Jean  d'Issy  avait  bien  mérité  pour  sa  fructueuse  administration  pen- 
dant qu'il  était  prévôt  de  Villeneuve-Saint-Georges.  L'abbé  et  le  couvent 
de  Saint-Germain-des-Prés  le  récompensèrent  en  lui  accordant  la  jouis- 
sance de  plusieurs  domaines  (octobre  i25Zi)\ 

L'année  suivante,  Geoffroy  et  Jean  Chalandre  avec  leurs  épouses 
prirent  à  rente  annuelle  des  religieux  de  Saint-Germain  une  pièce  de 


1.  Arch.  nat.   L.  809;  LL.  1087,  p.  20. 

2.  Id.  LL.  1087,  p.  20. 

3.  Id.   LL.  1087,  p.  22-23. 
ti.  Id.   LL.  1087,  P-  ^^• 

5.  Id.  LL,  1087,  p.  25. 

6.  Id.   L.  809. 

7.  Id.   L.  809. 

8.  Id.   LL.  1087,  p.  29-30. 


—  i35  — 


terre  sise  à  Villeneuve-Saint-Georges,  dite  la  terre  des  Préaux,  pour  la 

prix  de  Zjo  sols  (août  i255)^ 

Un  acte  passé  devant  l'offîcial  de  Paris  (juillet  1257)  nous  fait  con- 
naître que  Sédilie,  troisième  femme  de  Thyon  Ribaud,  donna  à  l'abbaye 
de  Saint-Germain  une  vigne  située  à  Villeneuve-Saint-Georges.  Elle 
voulait  ainsi  exprimer  sa  gratitude  envers  les  religieux  qui  lui  avaient 
laissé,  sa  vie  durant,  la  jouissance  de  cette  maison  que  ledit  Thyon 
avait  cédée  pour  la  fondation  d'un  anniversaire  pour  sa  première 

femme".  .  a'     t 

A  cette  longue  liste  d'acquisitions  nous  devons  en  ajouter  d  autres. 

Elles  s'échelonnent  à  travers  les  siècles. 

Au  mois  de  juin  1268,  Nicolas  de  Préaux  et  Jean  Bonnart,  son  beau- 
frère,  vendirent  à  Pabbaye  de  Saint-Germain  une  rente  de  16  sols,  au 

prix  de  10  livres  =^. 

Gérard,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  et  chapelain  du  pape,  fonda 

un  anniversaire  en  faveur  de  Frère  Pierre  Pichot,  prévôt  de  ^  iUeneuve- 
Saint-Georges,  sur  les  biens  que  ce  dernier  avait  acquis  en  cet  endroit 

(28  ianvier  i265)\  . 

Quelques  mois  plus  tard  (décembre  i265),  Simon  lourmer,  et 
Héloïse,  son  épouse,  vendirent  au  prieur  de  Villeneuve-Saint-Georges, 
pour  la  somme  de  20  hvres,  une  rente  de  3o  sols  assise  sur  une  maison 
et  un  four  situés  au  même  Ueu'. 

En  novembre  1267,  le  prieur  de  Villeneuve-Saint-Georges  acheta  au 
prix  de  9  livres  une  pièce  de  vigne,  qui  se  trouvait  au  territoire 
des  Glaises  et  appartenait  à  Michel  Agouin  et  Marguerite,^  sa  enmie  . 
Par  acte  devant  Gilles  de  Cômpiègne,  garde  de  la  prevote  de  Pans, 
Jean  de  la  Ruelle,  écuyer  de  Noisy-le-Grand,  et  Jeanne,  sa  femme, 
vendirent  à  Frère  Eude,  prieur  de  Villeneuve-Saint-Georges,  plusieurs 
héritages,  pour  la  somme  de  48  livres  parisis  (juillet  1 28Z,)  •  ^ 
Pierre  de  Cogny,  clerc  du  roi  de  France,  avait  cédé  au  monastère  de 


1.  Arch.  liai.  L.  809. 

2.  M.  L.  809. 

3.  Id.  L.  809. 
l^.  Id.  L.  809. 

5.  Id.  L.  809. 

6.  Id.  L.  809. 

7.  Id.  L.  808. 


—  i36  — 

Saint-Germain  des  biens  patrimoniaux,  sis  à  Villeneuve-Saint-Georges 
et  à  Yalenton.  L'abbé  promit  de  payer,  au  nom  de  celui-ci,  à  l'abbesse 
d'Yerres  une  rente  annuelle  et  perpétuelle  de  12  livres,  somme  qui 
serait  prise  sur  les  revenus  du  pitancier  à  Yilleneuve-Saint-Georges 
(octobre  i285)^ 

Par  acte  passé  devant  Guillaume  de  Hangest,  garde  de  la  prévôté  de 
Paris,  Simon  Hostelier  et  ïhiefaine,  son  épouse,  prirent  à  rente  du 
pitancier  de  Saint-Germain  un  arpent  de  vigne  à  Yilleneuve-Saint- 
Georges,  pour  la  somme  de  21  sols  (janvier  12^2)°'. 

Le  7  janvier  i336,  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  affer- 
mèrent à  Robin  Leroy  et  Alipe,  son  épouse,  plusieurs  pièces  de  terre  à 
Villeneuve-Saint-Georges  pour  une  rente  annuelle  de  8  livres^. 

Le  pitancier  de  Saint-Germain-des-Prés  avait  droit  à  quatre  livres  de 
rente  sur  une  maison  sise  à  Yilleneuve-Saint-Georges,  en  la  grand'rue. 
Comme  elle  se  trouvait  en  mauvais  état,  il  ne  pouvait  en  retirer  cette 
somme  ni  l'affermer.  Il  obtint  du  prévôt  de  Paris  une  sentence  obli- 
geant le  propriétaire  à  la  réparer  (1878)*. 

Le  3o  juin  1396,  Jean  Pampelune  prit  à  rente  perpétuelle  des  reli- 
gieux de  Saint-Germain-des-Prés  deux  morceaux  de  vignes  en  friche  à 
Villeneuve-Saint-Georges.  Il  s'engagea  à  leur  payer,  chacun  an,  un 
setier  de  vin,  par  queue,  et  6  sols  G  deniers  parisis,  de  rente'. 

En  i523,  l'abbé  et  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  achetèrent 
le  rivage  de  l'IIe-aux-Vaches,  pour  le  prix  de  100  livres  tournois  et  une 
rente  de  16  sols  à  l'église  de  Villeneuve-Saint-Georges". 

Le  cardinal  François  de  Tournon,  abbé  de  Saint-Germain,  s'était 
approprié  la  terre  de  Yilleneuve-Saint-Georges.  Les  religieux  étaient 
pauvres  et  avaient  beaucoup  de  peine  à  vivre.  Avant  qu'il  ne  se  rendît 
à  Rome,  où  il  était  envoyé  comme  ambassadeur,  ces  derniers  le  sup- 
plièrent avec  tant  d'instance  de  venir  à  leur  aide,  qj^i'il  leur  accorda 
une  rente  de  700  livres.  Plus  tard,  il  leur  céda  les  bois  de  Verrières'. 

Le  domaine  de  Villeneuve-Saint-Georges  devait  changer  plusieurs 


1.  Arch.  mit.   LL.  1090,  p.  37. 

2.  Id.  LL.  1090. 

3.  M.  L.  809. 

h.  Id.  LL.  1090,  p.  a8. 

5.  Id.   L.  809. 

6.  Id.  LL.  1087,  p.  \l\. 

7.  BONNIN. 


-  i37- 

fois  de  possesseur.  La  guerre  avait  ruiné  les  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  :  ils  avaient  fourni  6i38  livres,  en  1577.  Charles  X  de 
Bourbon  ne  voulait  rien  faire  pour  eux.  Le  Parlement  leur  permit  alors 
de  prendre  900  livres  sur  la  mense  abbatiale,  et,  plus  tard,  le  Conseil 
d'État  leur  donna  la  jouissance  des  terres  de  Dammartin,  \  illeneuvc- 
Saint-Georges,  d'Emant  et  Cachant,  jusqu'à  la  somme  de  six  mille 
livres  (1690)*. 

Il  nous  reste  à  parler  de  plusieurs  échanges  qui  nous  fournissent  la 
désignation  de  plusieurs  localités. 

Le  3o  octobre  1640,  Henri  de  Bourbon,  abbé  de  Saint-Germain, 
acquit  de  Simon  Coisnard,  marchand  à  Paris,  i3  arpents  de  terre,  au 
lieu  dit  le  Pré,  à  Villeneuve-Saint-Georges.  Il  donna,  en  contre-échange, 
1 1  arpents  de  terre  à  Valenton,  sis  au  Champ-Julien  ^ 

Le  même,  l'année  suivante  (3o  octobre  i64i),  se  fit  adjuger  10  arpents 
de  terre,  au  Pré-Cornu.  Le  22  juin  i654,  le  sieur  Colbert  de  Vandières 
lui  abandonna  par  échange  9  arpents  et  demi  de  terre  au  champ 
Marié,  près  Pierrefrilte,  au  territoire  de  Villeneuve-Saint-Georges ^. 

Le  23  avril  1700,  le  chevalier  Briget  céda  à  l'abbé  de  Saint-Germain- 
des-Prés  16  arpents  de  terres  labourables  et  lui  en  demanda  8  en 
contre-échange*. 

Nous  allons  transcrire,  avant  de  clore  cet  article,  plusieurs  dénom- 
brements capables  de  nous  donner  une  connaissance  approximative 
des  propriétés  que  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  possédait  à 
Villeneuve-Saint-Georges.  Le  premier  que  nous  rencontrons  remonte  à 
l'année  i384  et  est  conçu  en  ces  termes  : 

Item  à  Villeneuve-Saint-Georges,  a  un  bon  liostel  ainsi  comme  il  se 
comporte  avec  4  arpents  de  vignes  appartenant  au  dit  hostel. 

Item,  toute  justice  haute,  moyennne  et  basse,  laquelle  couste  plus 
qu'elle  ne  vaut. 

Item,  environ  200  arpents  de  terre  arable  ([ui  vaut  bien  de  moisson, 
par  an,  montant  et  avalant,  10  muys.  Item,  environ  43  arpents  de  prés, 
qui  peuvent  valoir  par  an,  montant  et  avalant,  4o  livres. 


I.    BONNIN. 

3.  Arch.  nat.  S.  2942. 

3.  Id.  29/12. 

l^.  Bib.  nat.  ms.fr.  16867,  p.  SSg. 


—  i38  — 

Item,  au  dit  hostel  est  un  pressoir  bannier  pour  les  vignes  serves,  et 
peut  valoir  20  queues  de  vin  par  an,  qui  valent  bien  80  livres,  montant 
et  avalant,  et  anciennement  valaient  bien  ycelles  vignes  100  queues  de 
vin,  mais  elles  sont  en  friche. 

Item,  la  rivière  d'Yerre  vault  par  an,  montant  et  avalant,  bien 
60  livres. 

Item,  le  port  de  la  rivière  de  Seine  vault  par  an  iZj  livres,  et  sur 
ce,  il  faut  soustenir  les  charriers  qui  coustent  plus  qu'ils  ne  valent  à 
présent. 

Item,  un  moulin  bannier  en  la  rivière  d'Yerre,  qui  peut  valoir,  mon- 
tant et  avalant,  environ  16  livres. 

Item,  les  dismes  des  terres  labourées  tant  d'icelle  ville,  Valenton  et 
une  partie  de  Crone  valent  bien,  montant  et  avalant,  5  muys. 

Item,  rentes  d'avoine  à  la  Saint-Martin,  20  setiers*. 

Ce  dénombrement  montre  que  les  cultures  étaient  négligées  et  se 
ressentaient  des  maux  de  la  guerre. 

Un  autre  daté  de  iblx~  nous  fournit  de  plus  amples  détails"  : 

i"  Grand  manoir  et  pourpris,  etc.,  appelés  la  maison  et  hôtel  seigneu- 
rial, 200  perches. 

2°  3oo  perches  de  terres  et  900  perches  de  vigne  joignant  les  dits 
lieux. 

3°  Maison  des  deux  fours  banniers,  audience  pour  la  justice,  grande 
rue  de  Villeneuve. 

4°  Place  et  carrefour  où  est  le  carcan. 

5"  Droit  de  passage  sur  la  rivière  de  Seine. 

6"  Maison  et  moulin  banniers,  petite  Saulsaye  sur  la  rivière  d'Yerre, 
contenant  100  perches. 

7°  Droit  de  pêche  sur  la  rivière  d'Yerre. 

8°  En  une  pièce  près  du  village 38  arp.  17  p. 

9°  Au  fossé  aux  Moines 5o  arp. 

10°  Au  petit  pré 1/2  arp. 

11°  A  la  renuge  des  S  aulx Ba  arp.  3  q.   i4  p. 

12°  Pré  au-dessus  de  Valenton 12  arp.  i5  p. 

i3°  Sur  la  prairie  de  l'hôpital 9  arp.  20  p. 


I.  DoM  DU  Bourg,   Saint-Germain  au  XIV'  siècle,  p.  28;   Arch.   nal.    L.  760,  n.  29, 
p.  37. 

a.  Id.  S.  ag4a. 


—  i39  — 

1 4°  Aux  hautes  Parcelles,  terres i5  arp.  44  P- 

i5°  id.  i5  arp. 

i6°  id.  2  arp.  4o  p. 

17°  id.  17  arp-  ^^  P- 

18"  Au  lieu  dit  Ormeteau,  terre i4  arp. 

19"  Au  lieu  dit  Boisguyon 4o  arp. 

20°  Au  petit  Pré 3  arp.  1 1  p. 

21"  Au  lieu  dit  Pré  de  Ras  pré 3  arp.  3  q.   10  p. 

22°  Au  lieu  dit  la  Saulsaye  à  la  Pydoue,  pré  .         4  arp.  82  p. 

23°  id.  id.  id.      1/2  arp.  i5  p. 

24"  Prairie  de  l'hospital 2  arp. 

25"       id.  pré 2  arp. 

26°       id.  id 5  q- 

27°       id.  id 3  q. 

28°  Au  pré  Cornu 2  arp.  3  q. 

29°  Au  lieu  dit  Blandin  (pré) 3  q. 

So"  id.  id I  arp.  17  p. 

31"  id.  id 1/2  arp, 

32°  En  la  prairie  de  l'hospital 11  arp. 

33"  A  l'ile  aux  Prévôts 12  arp. 

34"  Prairie  d'Yerre i   arp. 

Cette  énumération  se  complète  par  quelques  échanges  et  acquêts. 

Le  28  avril  1641,  l'abbé  de  Saint-Germain  céda  au  sieur  Colbert  des 
Vandières  2  arpents  de  terrain  et  une  petite  ruelle. 

Le  3o  octobre  suivant,  l'abbaye  acquit  19  arpents  de  terre  au  Pré- 
Cornu. 

Le  22  juin  i654,  le  sieur  Colbert  des  Vandières  abandonna  cà  l'abbé 
de  Saint-Germain,  à  la  suite  d'un  échange,  9  arp.  1/2  de  terre,  au 
champ  Marie,  près  Pierre-Fritte. 

Le  24  avril  1660,  survient  un  autre  échange.  Saint-Germain-des-Prés 
reçoit  du  sieur  Colbert  3  arpents  de  terres  labourables  et  lui  donne  en 
contre-échange  74  perches  de  vignes*. 

La  déclaration  de  1790  porte  que  le  domaine  de  Villeneuve-Saint- 
Georges  faisait  partie  de  la  mense  abbatiale  et  comprenait  i52  arpents 
en  terres  labourables,  12  arpents  en  terres  friches,  20  arp.  1/2  en  prés 

1.  Àrch.  nat.  S.  39^2. 


—  i4o  — 

avec  des  bâtiments  en  bon  état.  Elle  ne  donne  pas  la  somme  des 
revenus  annuels  :  elle  se  contente  de  signaler  les  charges.  On  donnait 
600  livres  au  curé  pour  son  gros,  260  livres  au  juge  et  5o  livres  au  pro- 
cureur fiscal. 

Ln  bail  de  1676  nous  dit  que  la  seigneurie  était  affermée  225o  livres 
à  François  Mouton'.  La  dime  se  percevait  sur  environ  i5oo  arpents  de 
terre. 

Deux  fiefs  dépendaient  de  Villeneuve-Saint-Georges.  Le  premier, 
le  domaine  de  Belle-Place,  était  situé  au-delà  du  pont.  Le  cardinal 
Charles  de  Bourbon,  abbé  de  Saint-Germain  et  primat  de  INormandie, 
(pii  prétendit  à  la  couronne  après  la  mort  d'Henri  111,  l'érigea  en 
terre  noble,  le  21  mars  1587,  en  faveur  de  Louis  de  Haullquet.  En 
i6o3,  il  contenait  82  arpents  de  terre  environ  et  était  chargé  d'une 
redevance  annuelle  de  ^7  sols  i  denier  parisis  envers  l'abbaye. 

Le  second,  connu  sous  le  nom  de  maison  de  la  Grille,  s'étendait 
entre  la  rivière  d'Yerres  et  Belleplace.  Il  se  composait,  en  i58o, 
d'environ  i3o  arpents  de  terres,  prés,  bois  taillis  et  vignes. 

Ces  deux  propriétés  longtemps  distinctes  furent  réunies  le  G  mars 
i752\ 

On  voit  encore  à  Villeneuve  le  château  de  Beauregard,  ancienne 
résidence  favorite  du  cardinal  de  Furstemberg.  Cet  éminent  prélat  s'y 
faisait  donner  des  concerts  dans  un  salon  voûté  et  sonore  qu'on  ne 
retrouve  plus  aujovud'hui.  Saint-Germain-des-Prés  l'aliéna  bientôt, 
et  Anne  Péreau  en  devint  la  propriétaire  et  le  possédait  en  iC48^. 


Prévôts 

octobre    1264  Jean  d'Issy. 

janvier     1266  Petrus  de  Sequeto  (dictus  Pichardus). 

1283  Odon,  prior  prioratus  de  Villanova. 

janvier     i33o/i  Nicolas  de  la  Dit. 

3  mai  i358  Baudoin  de  Chalons. 

avril         1374  Jean  de  Chanceau. 


1.  Arch.  nat.   S.  agit, 
a.  Jd.  S.  agis. 
3.  Pinard. 


—  i4i  — 

7  juin  i388       Thibault  d'Echenvillier. 

5  janvier     iSSa/S  Jean  de  Ghancean. 
octobre    i/jag       Adam  de  Lorge. 

1448       Etienne  des  Vignes. 
3  avril         i456       Guillaume  Richard. 

1474       Guillaume  de  Trove  '. 


Vente  du  domaine 


District  de  Corbeil.  —  N"  33.  —  Le  10  février  1791,  la  ferme  de  la 
Recette,  sise  à  Villeneuve-Saint-Georges,  comprenant  :  bâtiments  pour 
l'exploitation,  277  arpents  66  perches  de  terre,  au  terroir  de  Villeneuve, 
3  arpents  de  terre,  au  terroir  de  Thiais,  et  6  arpents  33  perches  de  prés 
artificiels  en  trois  pièces,  au  terroir  de  Noizy-sur-Seine,  fut  vendue  au 
sieur  Petit,  bourgeois  de  Paris,  y  demeurant,  rue  des  Vieilles-Etuves- 
Saint-Honoré,  pour  le  prix  de  120.000  livres. 

N«  55.  —  Le  24  février  1791,  une  maison  servant  de  logement  au 
passeur,  située  sur  le  pont  de  Villeneuve-Saint-Georges,  et  contenant 
10  toises  en  superficie,  fut  vendue  au  chef  passeur  du  bac  de  Ville- 
neuve-Saint-Georges, pour  le  prix  de  2  25o  livres. 

N"  56.  —  Le  2',  février  1791,  4  arpents  23  perches  de  prés,  au  terroir 
de  Villeneuve-Saint-Georges,  furent  vendus  au  sieur  David,  demeurant 
à  Yerres-en-Brie,  pour  le  prix  de  3 100  livres. 

N"  57.  —  Le  même  jour,  le  moulin  cy-devant  banal  de  Villeneuve- 
Saint-Georges,  avec  les  bâtiments  pour  l'exploitation,  situé  sur  la 
rivière  d'Yerres,  avec  2  arpents  de  prés  en  dépendant,  fut  vendu  au 
sieur  Bossu,  meunier  à  Villeneuve-Saint-Georges,  pour  la  somme  de 
3oooo  livres. 

N"  61.  —  Le  24  février  1791,  6  arpents  de  terre,  terroir  de  Villeneuve- 
Saint-Georges,  lieu  dit  le  chemin  de  Valenton  à  la  Croix-Brisset, 
furent  vendus  au  sieur  Bossu,  meunier  à  MUeneuve-Sainl-Georges, 
pour  le  prix  de  3 100  livres. 

N°  419.  —  Le  ao  mars  1792,  une  maison  appelée  le  four  banal,  bâti- 


a.  Dom  Poirier,  Bib.  nat.  ins.  fr.  30847,  P-  33. 


—  i4a  — 

ment,  cour  et  puits  commun  en  dépendant,  sis  à  Yilleneuve-Saint- 
Georges,  fut  vendue  au  sieur  Legros,  boucher  à  Yilleneuve-Saint- 
Georges,  pour  la  somme  de  7076  livres'. 


Seigneurie   temporelle. 

Etienne  de  Garlande  et  Amaury,  comte  d'Evreux,  opprimaient  les 
habitants  de  Villeneuve-Saint-Georges  et  de  Yalenton.  Ce  n'étaient  plus 
des  protecteurs,  mais  de  véritables  tyrans.  L'abbé  Ilugue  se  hâta  de 
remédier  à  une  situation  aussi  pénible.  11  traita  avec  les  avoués  et  con- 
sentit à  leur  payer  cent  sols  parisis  et  soixante  muids  de  vin  par  an  en 
compensation  des  droits  qu'ils  abandonnaient  (i  i38)°. 

Ces  mêmes  gens  n'avaient  pas  moins  à  souffrir  d'un  gentilhomme 
de  Corbeil,  nommé  Eudes  Briahrt,  qui  exigeait  des  redevances  consi- 
dérables en  vin,  pâturages  et  argent.  L'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés 
les  racheta  pour  i5  muids  de  vin  et  35  sols  de  rente  annuelle  qu'il 
s'engagea  à  payer  régulièrement  au  dit  chevalier  ou  à  ses  successeurs 

(ii38)\ 

La  plus  grande  faveur  que  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés 
accorda  aux  habitants  de  Yilleneuve-Saint-Georges,  Crone  et  Yalenton, 
fut  l'affranchissement.  Elle  les  exempta  des  droits  de  mainmorte,  for- 
mariage  et  de  la  taille  à  plaisir  moyennant  i4oo  livres,  mais  elle  for- 
mula plusieurs  restrictions.  11  était  défendu  d'établir  une  commune, 
de  vendre  des  tenures  à  des  égUses,  monastères,  personnes  ecclésias- 
tiques, à  des  chevaliers,  à  des  particuliers  fixés  dans  l'endroit  ou 
étrangers,  sans  l'assentiment  du  prélat  des  Bénédictins.  Les  habitants 
reconnurent  ce  dernier  comme  leur  seigneur,  lui  jurèrent  de  le 
défendre  avec  une  courageuse  lidélité,  quand  il  les  appellerait  à  son 
secours.  Après  avoir  consenti  à  fournir  annuellement  une  rente  de 
75  muids  de  vin,  ils  s'engagent  à  faire,  en  saison,  le  labourage  des 
terres,  la  récolte,  l'engrangement  des  blés,  le  charroi  des  vendanges 
des  religieux.  Un  contrat  détermine  que  tout  homme  ayant  des  ani- 
maux capables  de  tirer  la  charrue  sera  tenu  à  cinq  jours  de  travail  pour 


1.  Arch.  départ,  de  Seine-et~Oise. 

2.  Arch.  nat.  K.  28,  n"  3';  LL.  1090;  LL.  iiltG. 

3.  Id.  LL.  1024,  p.  89  ;  LL.  1087,  p.  24. 


i43 


cultiver  le  domaine  seigneurial.   Les  quatre  premiers,   il  recevra  du 
prieur  de  Villeneuve  deux  pains  de  deux  deniers,  et  une  quarte  de  vin  ; 
le  cinquième  jour,  il  aura  droit  à  trois  deniers.  Les  hôtes  de  Saint- 
Maur-des-Fossés  et  les  féodaux  ne  subissent  point  la  loi  commune  dans 
son  entier  :  ils  doivent  seulement  quatre  journées  de  travail,  une  à 
chaque  époque  du  labour.  On  ne  pouvait  faire  moudre  le  blé  et  cuire  le 
pain  ailleurs  qu'au  moulin  et  four  banniers,  sous  peine  de  confiscation. 
Toutefois  les  jours  de  marché,  on  avait  la  permission  de  vendre  du 
pain  de  toute  provenance.  Quant  à  la  vendange,  les  manants  étaient 
obligés  d'user  des  pressoirs  des  rehgieux.  Ils  payaient  pour  la  dîme 
deux  setiers  de  mère-goutte,  par  muid,  et  la  troisième  partie  des  pressu- 
rages. Les  hôtes  qui  occupaient,  à  Yilleneuve-Saint-Georges,  les  terres 
de  feu  Adam  Rigault  se  trouvaient  exemptés  de  ces  droits  de  fournage, 
pressurage  et  mouturage,  mais  ils  étaient  tenus  de  payer  24  sols  de  rente 
pour  leurs  masures,  et  le  cens  capital  ou  chevage,  en  la  fête  de  saint 
Denis.  Les  successeurs  de  défunt  Pierre  Damont  et  Hubert  Lcpicard,  à 
Valenton,  jouissaient  du  môme  privilège.  Ils  payaient  chaque  année 
12  sols  et  10  deniers  pour  leurs  masures,  avec  chevage,  en  la  fête  saint 
Remy.  Personne  ne  devait  vendanger  sans  en  avoir  obtenu  la  permis- 
soin  du  prieur  de  Villeneuve-Saint-Georges,  et  ce  travail  s'interrompait 
pendant  tout  le  temps  que  la  vendange  se  faisait  dans  le  clos  abbatial. 
En  outre,  les  ha])itants  de  Villeneuve  se  voyaient  obligés  de  fournir  à 
l'abbé  de  Saint-Germain  séjournant  au  milieu  d'eux  et  à  ses  compa- 
gnons des  draps  et  autres  choses  nécessaires  pour  leur  permettre  de 
pernocter  à  l'aise  dans  ce  heu.  Durant  un  mois  entier,  à  partir  de 
Pâques,  les  religieux  avaient  seuls  la  faculté  de  vendre  du  vin  sur  le 
territoire  de  Villeneuve  et  de  Valenton,  par  eux-mêmes  ou  leurs  ser- 
gents. Les  habitants  étaient  taxés  de  prendre  au  moins  un  setier  de  vin 
de  8  deniers,  par  chaque  masure.  S'ils  étaient  libérés  des  tailles  arbi- 
traires, les  gens  de  Villeneuve-Saint-Georges  n'avaient  pas  le  même 
avantage  pour  les  subsides  imposés  par  le  roi.  11  y  avait  obligation  poiu- 
eux  de  les  payer.  Pour  répartir  et  lever  cet  impôt,  on  choisissait  douze 
hommes  qui  devaient  apporter  leur  collecte  dans  les  deux  mois  sui- 
vants. Avant  d'entrer  dans  l'exercice  de  leurs  fonctions,  ils  promettaient 
par  serment  de  ne  point  grever  injustement  quelqu'un  des  leurs.  Si  on 
ne  voulait  pas  fournir  ce  qui  était  demandé,  les  rehgieux  saisissaient 
les  biens  de  leurs   sujets   récalcitrants  et  les  vendaient   au  bout  de 


-  Ikk  — 

huit  jours  jusqu'à  concurrence  de  la  somme  exigée  (février  12Z19)  ^ 

Des  contestations  s'élevèrent  à  diverses  reprises  entre  l'abbé  de  Saint- 
Germain  et  les  gens  de  Villeneuve  à  propos  de  ce  sujet  fort  délicat.  On 
eut  recours  au  Parlement.  Ce  fut  d'abord  en  1277,  à  l'occasion  du 
charroi  de  l'armée  de  Navarre.  Une  sentence  condamna  les  habitants  de 
Villeneuve-Saint-Georges  à  contribuer  pour  fournir  la  somme  que  le 
Roi  demandait,  à  aider  l'abbé  dans  cette  circonstance  (1277)^. 

Le  prélat  ne  fut  pas  aussi  heureux  en  1299.  Il  ne  put  forcer  ses  justi- 
ciables de  payer  ce  qu'il  avait  dépensé  pour  le  Roi  à  la  guerre  avec  le 
comte  de  Flandre*. 

Le  roi,  en  guerre  avec  le  comte  de  Flandre,  demanda  à  lever  des 
subsides  sur  les  vassaux  d j  Saint-Germain-des-Prés.  Ceux  de  Ville- 
neuve-Saint-Georges ne  payèrent  que  forcés  par  un  arrêt  du  Parle- 
ment (i32o)*. 

Le  Roi,  la  Reine  et  autres  seigneurs  et  Dames  de  son  sang,  allant  à 
l'esbattement  de  la  chasse,  avaient  accoutumé  de  loger  à  Mlleneuve- 
Saint-Georges,  et  les  manants  devaient  contribuer  aux  frais  de  ce  gîte, 
comme  le  montre  un  arrêt  de  Hugues  de  Crusy,  prévôt  de  Paris'. 
Là  ne  se  bornaient  point  les  charges  qui  leur  incombaient.  Ils  étaient 
tenus  à  donner  à  chaque  roi  de  France  un  dîner  pour  son  joyeux  avè- 
nement, ce  qui  leur  causait  de  grandes  dépenses.  Ils  s'en  plaignirent  à 
Charles  VI,  qui  leur  fit  complète  remise  de  ces  redevances  (septembre 
I/^07)^ 

Une  quittance  en  date  de  1847  nous  apprend  que  l'abbé  de  Saint-Ger- 
main-des-Prés avait  été  condamné  à  payer  49  livres  à  ses  hôtes  de  Ville- 
neuve-Saint-Georges. Quel  était  le  motif  de  ce  jugement?  Nous  ne 
sauiions  le  dire,  car  nous  manquons  de  document  explicatif. 

Procurations 

Les   religieux  de  Saint-Germain    n'apportaient   pas   une  médiocre 

I.  M.  L.   809.  LL.  1025,  p.  233;  1087,  p.   68-G9;   1090,  p.  ôC-ôy  ;   102O.  p.  i58. 
a.  BouTARic,  les  Olim,  l.  I,  p.  3^5,  11°  209G. 
3.  BoL'TARic,  t.  Il,  p.  3o5C. 

U.  Dom   BOUILLART,   p.    149;  BONNIN. 

5.  Arch.  nat.  LL.  1086. 

6.  Lebeuf,  V,  39. 

7.  Arch.  nat.  LL.  1087,  p.  63. 


—  i45  - 

attention  pour  protéger  leur  terre  de  Villeneuve-Saint-Geoges  contre  le 
droit  de  gîte  ou  tout  autre  droit  onéreux  que  la  coutume  ou  la  mau- 
vaise foi  auraient  pu  imposer.  Le  roi  saint  Louis,  passant  à  Yilleneuve- 
Saint-Georges,  voulut  manger  dans  les  appartements  des  Bénédictins. 
Bien  plus,  il  osa  inviter  à  sa  table  Gaultier,  archevêque  de  Sens.  Le  pré- 
vôt, ne  songeant  qu'à  défendre  les  intérêts  de  son  monastère,  ne  craint 
pas  d'aborder  le  pieux  monarque.  11  le  supplie  de  ne  point  introduire  cet 
hôte  malencontreux  qui  pourra  se  prévaloir  de  ce  fait  pour  réclamer 
dans  la  suite  certains  droits  préjudiciables  à  la  communauté.  Le  saint 
roi  sait  tout  concilier.  Il  se  garde  bien  de  manquer  au  respect  qu'il 
doit  à  l'archevêque,  en  le  congédiant  avec  brusquerie,  mais  il  lui 
demande  à  la  fin  du  repas  .un  acte  de  non-préjudice,  en  vertu  duquel  il 
reconnaît  que  cette  invitation  ne  lui  donne  aucun  droit  sur  l'abbaye  de 
Saint-Germain-des-Prés  et  le  prieuré  de  Yilleveuve-Saint-Georges'. 

Dans  une  charte  de  1264,  Albert,  notaire  du  pape  et  légat  du  Saint- 
Siège,  déclare  qu'il  s'est  arrêté  à  Villeneuve-Saint-Georges,  le  premier 
dimanche  de  Carême,  mais  qu'il  n'a  pas  été  hébergé  aux  frais  des 
religieux*'.  En  1262,  le  légat  du  pape,  Guillaume  III,  évêque  d'Agen, 
affirme  qu'il  a  indûment  perçu  les  droits  de  procuration  sur  les  pro- 
priétés de  Saint-Germain-des-Prés  à  Villeneuve-Saint-Georges'. 

Bertrand,  commissaire  collecteur  des  fruits  bénéfîciers  dans  la  pro- 
vince de  Sens  et  de  Rouen,  frappe  d'excommunication  le  gardien  de 
la  prévôté  de  Villeneuve-Saint-Georges  qui  refuse  de  payer  les  subsides 
du  pape  (janvier  I344)^  L'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  fait  lever 
ces  censures  et  démontre  que  Villeneuve-Saint-Georges  ne  doit  rien 
payer,  puisque  la  dite  prévôté  dépend  de  la  mense  abbatiale.  On  levait 
alors  les  subsides  du  pape  sur  les  prieurés  et  les  bénéfices  simples 
(novembre  i344)- 

Justice 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  avaient  à  Villeneuve-Saint- 


I.  Arch.  nat..  LL.  1087,  p.  18. 

a.  Id.  LL.  1024. 

3.  Id.  LL,  1087,  p.  33. 

li.  Id.  LL.   1087,  p.  61. 


l 


—  i46  — 

Georges  haute,  moyenne  et  basse  justice.  La  haute  justice  leur  fut 
contestée  en  1267,  comme  le  prouve  un  arrêt  du  Parlement  S  mais 
elle  leur  fut  sans  doute  reconnue  par  la  suite,  car  elle  est  expressément 
mentionnée  dans  toutes  ses  déclarations  du  lemporeJ.  L'auditoire  et  les 
prisons  étaient  dans  la  grande  rue  du  village.  Les  fourches  patibulaires 
étaient  dressées  sur  la  colline. 

Les  religieux  avaient  à  Yilleneuve-Saint-Georges  un  prévôt,  juge 
ordinaire  de  la  seigneurie,  un  lieutenant  qui  le  suppléait  et  procédait 
aux  enquêtes  ou  aux  autres  actes  de  justice,  un  clerc  ou  greiïier,  qui 
remplissait  aussi  les  fonctions  de  tabellion,  un  procureur  fiscal  qui 
représentait  le  seigneur  et  intentait  les  actions  et  poursuites  en  son 
nom,  et  enfin  plusieurs  sergents  qui  donnaient  les  ajournements  et 
procédaient  aux  actes  d'exécutions.  Les  jugements  des  prévôts  étaient 
déférés  à  l'assise,  qui  était  la  cour  de  justice  tenue  périodiquement 
par  le  Ijailli  de  l'abbaye  et  ses  conseillers  pour  le  jugement  des  affaires 
criminelles  graves,  de  certaines  affaires  réservées.  L'assise  se  réunis- 
sait le  plus  souvent  à  Paris,  dans  l'enclos  de  l'abbaye,  et  exceptionnel- 
lement hors  Paris  dans  quelques  seigneuries  voisines.  Les  audiences 
du  prévôt  de  A  illeneuve  se  tenaient  à  jour  fixe,  les  dimanches  et 
mardi  de  chaque  semaine,  et  à  intervalles  irréguliers,  le  jeudi  ^ 

Le  i3  février  i542,  Mathieu  Henry  prenait  à  bailles  amendes  de  la 
prévôté  de  Villeneuve  et  Valenton  jusqu'à  60  sols  et  au-dessous 
moyennant  la  somme  de  20  livres  par  an\ 

Les  deux  sentences  que  nous  allons  rapporter  ici  concernent  les 
droit  de  justice  que  les  religieux  exert^aient  à  Villeneuve-Saint-Georges. 
Ils  furent  parfois  mis  en  doute. 

La  première  fut  rendue  (octobre  1227)  par  Thomas  de  Vignoil  et 
Jean  A  olengi,  chevaliers,  entre  l'abbaye  et  Jean  Malaterre.  Elle  avait 
pour  objet  la  mouvance  d'une  maison  et  d'une  grange  à  ^  illeneuve- 
Saint-Georges.  11  fut  réglé  que  cette  grange  et  cette  maison  faisaient 
partie  de  la  manse  de  Jean  de  Malaterre  et  que  l'abbaye  y  avait  toute 
justice.  Les  ventes,  les  investitures  et  le  rouage  devaient  appartenir  à 
Jean  de  Malaterre  \  Cette  grange  et  cette  maison  étaient  exemptes  de 


1.  BouTARic,  Olim,  t.  1,  p.  19. 

2.  Tanon. 

3.  Arch.  nat.  LL.  11/16,  p.  71/i. 
A.  Id.  L.  809. 


—  i47  — 

la  taille,  mais  on  ne  pouvait  y  recevoir  ni  hospitaliser  les  personnes 
soumises  à  cet  impôt  envers  Saint-Germain-des-Prés. 

Comme  l'observe  Félibien  dans  son  Histoire  de  Paris,  le  roi  semblait 
prétendre  à  la  justice  de  Yilleneuve-Saint-Georges,  comme  le  prouve 
le  fait  suivant.  Au  mois  de  mai  1267,  deux  faux  monnayeurs  furent 
pris  à  Villeneuve  et  pendus  aux  fourches  de  l'abbaye  de  Saint-Ger- 
main-des-Prés, au  dit  lieu.  Les  prévôts  de  Paris  réclamèrent;  Louis  IX 
fit  pendre  les  corps  des  suppliciés  à  des  fourches  situées  dans  une  terre 
commune  au  roi  et  à  l'abbaye.  Le  Parlement  s'émut  de  ces  deux  pen- 
daisons. Après  avoir  chargé  Philipe  de  Cahors  et  messire  Jean  Cheva- 
lier d'examiner  cette  affaire,  il  donna  gain  de  cause  à  l'abbé  dans 
une  réunion  tenue  en  septembre  à  Melun.  Les  cadavres  furent 
dépendus  et  pendus  de  nouveau  aux  fourches  de  Saint-Germain  ^ 

On  nous  permettra  de  citer  plusieurs  autres  arrêts  intéressants  au 
point  de  vue  des  mœurs  de  l'époque. 

A  la  date  du  18  novembre  iS-ji,  nous  lisons  :  «  Ce  soir  furent 
amenés  en  prison  Jehan  Froger  et  Philippe  Biau  Yallet  par  Pierre 
Rousseau,  qui  les  trouva  en  fait  présent  que  ils  s'entrebatayent  au 
soir  de  nuiz,  en  lostel  de  Perrin  Poulain,  et  firent  sang  l'un  à  l'autre, 
et  depuis  qui  furent  en  prison,  le  dit  Froger  s'en  fouy  sens  congé. 
Jehan  Froger  avait  frappé  Philippot  Biau  Yallet  d'un  baston.  11  lui 
fit  sang  à  la  tête.  Le  coupable  paya  les  dépens  et  le  montant  des 
chômages  occasionnés  par  la  maladie.  » 

Le  i5  juin  l'S-j-j,  la  femme  Robin  Guermont,  Heloys,  avait  bouté 
hors  de  sa  maison,  injurieusement,  Jaquet  Charpentier,  juré,  sur  le 
fait  de  boulangerye.  Celui-ci  trouvait  les  pains  de  Guermont  trop 
petits  et  jugeait  à  propos  d'en  faire  la  remarque.  Heloys  fut  condam- 
née le  29  juin  à  100  sols  tournois,  ou  à  un  mois  de  de  prison  au 
pain  et  l'eau  \ 

Le  26  mai  1879,  ^^  Chàtelet  de  Paris  confirma  une  sentence  portée 
par  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  aux  assises  de  Yiileneuve-Saint- 
Georges    à    l'appui   du  religieux   prévôt  qui  avait  condamné   Henri 


1.  BouTARic,  Olim,  t.  I,  n*  i3a. 

2.  Tanon. 

3.  BooTARic,  t.  I,  n"  i3a. 

4.  Tanon. 


—  i48  — 

Liboire  à  payer  une  maille  de  coutume  pour  un  bœuf  par  lui  vendu  et 
à  une  amende  de  60  sols^ 

Le  prévôt  de  Villeneuve- Saint-Georges  condamna  à  l'amende  Thi- 
bault Despineil  pour  avoir  joué  aux  dés  contrairement  aux  ordonnances 
du  roi  (20  novembre  1407)  \ 

Une  sentence  des  Requestes,  18  avril  1623,  obligea  Jacques  Séville, 
soy  disant  notaire  et  tabellion  du  fief  de  la  lour  de  Mesly,  à  bailler  aux 
mains  des  religieux  de  Saint-Cermain-des-Prés  les  notes,  protocoles  et 
contrats  par  lui  reçus  et  passés  dans  les  fins  et  limites  de  la  terre  et 
seigneurie  de  Villeneuve,  Valenton  et  maison  de  la  Tour.  Défense  lui 
fut  faite  de  se  nommer  tabellion  et  de  passer  ses  actes  sous  peine  de 
100  livres  d'amende'. 

A  partir  du  XVII*  siècle,  la  justice  se  rendait,  au  nom  de  l'abbé  de 
Saint-Germain,  dans  une  maison,  dite  maison  de  la  Seigneurie.  Le  plus 
ancien  jugement  qui  y  fut  prononcé  et  dont  on  retrouve  la  trace 
remonte  à  1664.  Le  prévôt  condamne  un  sieur  Louis,  receveur,  à  payer 
24  livres,  pour  avoir  négligé,  pendant  quatre  ans,  de  fournir  les 
5o  bottes  de  paille  qu'on  avait  coutume  de  mettre  dans  l'église,  la 
veille  de  Noël.  Ceci  nous  prouve  qu'il  n'y  avait  pas  encore  de  sièges 
à  l'usage  des  fidèles.  Comme  ils  se  tenaient  la  plupart  du  temps  à 
genoux,  on  voulait  les  protéger  contre  la  froide  humidité  du  sol*. 

Jean  Rideau  s'était  porté  à  des  voies  de  fait  sur  Denis  Hislon  et 
René  Bonnin.  Une  sentence  du  Chàtelet  le  condamna  (i3  février  i542) 
à  faire  amende  honorable  en  l'auditoire  de  Villeneuve-Saint-Georges, 
au  jour  des  plaidoiries,  à  être  fouetté  au  principal  carrefour  du  village, 
et  banni  du  royaume  à  perpétuité;  ce  qui  fut  exécuté ^ 

Vers  1765,  plusieurs  jeunes  gens  de  Villeneuve-Saint-Georges,  après 
boire,  s'imaginèrent  de  jouer  une  mauvaise  plaisanterie  à  une  matrone 
ou  sage-femme  du  pays,  nommée  Marie-Jeanne  Thibault.  Un  des 
acteurs  remplissait  le  rôle  de  femme  en  mal  d'enfant.  11  furent  condam- 
nés pour  ce  fait  à  deux  ans  de  prison  ^. 

Le    1"  juin   1782,    à  la  requête   du  prévôt    fiscal   de   Villeneuve- 

1.  Arch.  nat.  L.  809. 

2.  Id.  LL,  I  i/iC  p.  712. 

3.  Id.  LL.  11Z16,  p.  713. 

4.  Archives  paroissiales.  Abbé  Martin. 

5.  Arch.  nat.  LL.  ii4(J,  p.  71/1. 

6.  Abbé  Martin. 


—  i49  — 

Saint-Georges,  Michaux,  fermier  de  la  ferme  de  Beaiiregard,  Matar, 
fermier  de  la  ferme  de  Saint-Sulpice,  Picard,  fermier  de  la  ferme 
de  Belleplace,  furent  condamnés  à  démolir  les  fours  qui  étaient  dans 
leurs  maisons,  et  à  payer  l'amende  qu'il  plairait  ordonner'.  Butet 
jardinier  du  château  de  Beauregard,  Maurice,  jardinier  du  château  de 
Belleplace,  Lerond,  jardinier  du  sieur  Begon,  Girard,  c  rganiste, 
reçurent  défense  de  faire  cuire  leur  pain  ailleurs  qu'au  four  banal,  et  se 
virent  condamnés  à  telle  amende  qu'il  plairait  à  la  justice  d'ordonner. 
La  maison  de  la  Seigneurie  était  située  rues  du  Four  et  des  Halles, 
actuellement  Solferino. 

Redevances  et    dîmes 

La  terre  de  Villeneuve-Saint-Georges  était  grevée  de  plusieurs  rede- 
vances. Les  religieux  de  Saint-Maur-des-Fossés  prétendaient  avoir 
quelques  droits  sur  le  port  de  Villeneuve-Saint-Georges.  Ils  finirent 
par  les  céder  aux  moines  de  Saint-Germain-des-Prés  (janvier  1 147)'. 
Au  XV  sièile,  nous  trouvons  une  sentence  qui  condamne  ces 
derniers  à  payer  à  l'abbaye  de  Saint-Maur-des-Fossés  une  rente 
annuelle  de  35  sols  sur  les  héritages  de  Villeneuve-Saint-Georges  et 
Valenton  \ 

Les  Hospitaliers  de  Jérusalem,  établis  sur  le  mont  de  Sainte-Gene- 
viève, percevaient  annuellement  un  demi-muid  d'avoine  dant  la 
grange  de  Villeneuve-Saint-Georges.  Ils  renoncèrent  à  ce  tribut,  lors- 
que Hugues,  abbé  de  Saint-Germain,  leur  donna  le  fief  de  Lourcine, 
au-dessus  de  Saint-Marcel  (i  182)  ^ 

Le  3  mars  i35/(,  il  fut  convenu  que  les  Chartreux  payeraient  à 
l'abbaye  de  Saint-Germain,  pour  les  biens  qu'ils  avaient  à  Villeneuve- 
le-Uoi,  sur  les  bords  de  la  Seine,  33  setiers  de  blé,  22  de  méteil,  11 
d'avoine,  le  lendemain  de  la  Purification  de  Notre-Dame,  3i  sols 
9  deniers  pour  dîmes  et  champarts,  et  5  sols  de  renie  pour  la  haute, 
moyenne  et  basse  justice,  le  jour  de  Saint-Remi  '. 

I.  Abbé  Martin. 

a.  Arch.  nat.  LL.  1087,  p.  i3. 

3.  Id.  LL.  1090,  p.  45. 

4.  Id.  LL.  1087,  p.  i4. 

5.  Arch.  nal.  L.  809;  LL.  1087. 


—  i5o  — • 

Pour  se  décharger  des  droits  de  corvée  qu'un  nommé  Gazon  de 
MonUeuil  pouvait  exiger  de  l'abbaye  Saint-Germain-des-Prés,  la 
communauté  lui  donna  le  droit  de  prendre  à  Villeneuve-Saint-Georges, 
chaque  année,  un  muid  de  grain,  moitié  blé,  moitié  avoine  (1170). 
Un  de  ses  descendants,  Mathieu  de  Montreuil,  abandonna  cette  rede- 
vance et  plusieurs  autres  servitudes,  auxquelles  il  avait  droit,  en  faveur 
de  l'église  de  Villeneuve-Saint-Georges'. 

Les  Grandmontins,  autrement  dits  les  Bonhommes  du  bois  de 
Vincennes,  avaient  droit  de  prendre  annuellement  un  demi-muid  de 
grain  dans  la  grange  de  Villeneuve-Saint-Georges,  comme  on  le  voit 
par  une  quittance  de  i44i  °- 

Jean  Leboucher  soutenait  avoir  sur  le  moulin  de  Villeneuve- 
Sain  l-Georges  des  droits  qui  lui  venaient  de  Renaud  Pontonier,  le  père 
de  Santyme,  sa  femme.  Pour  mettre  fin  à  cette  discussion,  les  reli- 
gieux lui  payèrent  une  somme  de  20  livres  pour  qu'il  renonçât  à  ses 
prétentions  (i25i.,  juin)  '. 

En  1240,  Jacques  de  Palestrine,  légat  du  Saint-Siège,  visitant 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  trouva  l'inifirmerie  dénuée  de 
revenus.  Il  lui  assigna,  entre  autres  choses,  12  livres  de  rente  sur 
Villeneuve-Saint-Georges  *. 

Nous  trouvons,  dans  un  dénombrement  du  28  octobre  i643,  que 
le  chapitre  de  Saint-Thomas  du  Louvre  à  Paris  percevait  une  rente  de 
TOC  sols  sur  la  prévôté  de  Villeneuve-Saint-Georges ^. 

Le  religieux  de  Saint-Germain  avaient  les  dimes  à  Villeneuve-Saint- 
Georges,  comme  à  Crosne  et  ^'alenton  ;  mais  elles  leur  furent  assez 
souvent  contestées  (14 10). 

Le  9  avril  :Aio,  une  sentence  fixa  les  dîmes  de  vin,  à  raison  du 
dixième  pot  ui.  Quant  au  pressurage,  on  percevait  un  pot  sur  trois'. 

Les  religieux  avaient  ban  de  vin  depuis  Pâques,  un  mois  durant. 
Un  sieur  Collin  viola  ce  privilège  et  fut  condamné  à  60  sols  d'amende 
pour  avoir  vendu  du  vin  pendant  ce  temps  (3o  avril  i456)  '. 


I.  Arch.  nat.  LL.  1087,  p.  ii3. 
3.  M.  LL.  1C87,  p.  85. 
3.  Id.  LL.  ic 90. 

Ix.    DÔm   BOLII.LART. 

5.  Arch.  nat.  S.  2941. 

6.  Jd.  LL.  1 146,  p.  780. 

7.  Id.  LL.   11/16,  p.  718. 


—  i5i  — 

En  i433,  lecuré  de  Villeneuve-Saint-Georges  prétendait  Atre  supé- 
rieur  au  prévôt  des  religieux  et  revendiquait  toutes  les  dîmes  '. 

Le  22  avril  i528,  les  religieux  de  Saint-Gerniaindes-Prés  furent  obli- 
gés de  défendre  leurs  droits  de  diniages  qu'on  voulait  usurper.  Us 
démontrèrent  qu'ils  en  jouissaient  paisiblement  de  temps  immémorial 
Les  vicaires  perpétuels  de  Valenton  et  de  Villeneuve-Saint-Georges  le 
savaient,  et  il  ne  leur  répugnait  pas  de  recevoir  leur  gros  des  mams 
des  Bénédictins  '. 

Jean,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  donna  la  dime  de  Villeneuve- 
Saint-Georges  à  Girard,  le  charron,  mais  avec  la  clause  qu'il  assisterait 
à  la  perception  des  cens  et  diverses  redevances  que  cette  localité 
payait  annuellement  au  monastère. 

Pendant  qu'il  surveillait  les  vendanges,  on  lui  donnait  chaque 
jour  un  seller  de  vin  et  on  lui  fournissait  la  nourriture. 

Le  lendemain  de  la  fête  de  ^oël,  il  recueillait  les  couteaux  (cutellos) 
de  la  Saint-Etienne  et  en  recevait  un,  comme  récompense,  avec  son 
entretien. 

Le  jour  où  il  assistait  à  la  perception  des  cens,  on  lui  payait  5  sols 
et  on  lui  donnait  des  vivres  pour  sa  subsistance. 

Il  était  aussi  hébergé  lorsqu'il  recueillait  la  dîme  des  oies  et  des 
agneaux  et  il  prenait  pour  lui  une  oie  et  un  agneau. 

Le  jour  de  la  Purification,  il  présidait  à  la  collecte  des  cierges  et  en 
gardait  un  pour  lui,  comme  indemnité. 

Pour  surveiller  les  corvées  et  le  fauchage  des  prés  de  Villeneuve  et 
de  Crone,  on  lui  cédait  une  charretée  de  foin.  Le  serviteur  employé 
sous  ses  ordres  à  cet  effet  avait  droit  à  la  nourriture  de  chaque  jour. 

Ce  même  Girard  devait  s'enquérir  des  objets  de  litterie,  des  nappes 
et  manuterges  chaque  fois  que  l'abbé  couchait  et  mangeait  à  ^  ille- 
neuve-Saint-Georges.  Il  avait  aussi  l'obligation  de  procurer  une  couette 
et  des  draps  au  grangier,  lorsqu'il  séjomnait   au  dit  lieu  (lo  juillet 

i353)\ 

Malgré  les  réclamations  du  prévôt  des  marchands  et  des  eschcvins  de 
Paris,    les  religieux  furent    maintenus    à    faire   venir   leur    vin    de 


i.  Arch.  nal.   LF..  1090. 

a.  Jd.   LL.  ro85. 

3.  Id.  LL.  1087,  p.  63-64. 


l52 

Yilleneuve-Saint-Georges,   sans  paver  le  droit   de  4   sols   par  queue 
(6  septembre  i522)'. 

Banalité    et    voirie. 

Une  sentence  du  7  septembre  1671  émanant  des  Requestes  affirma 
que  les  Bénédictins  avaient  seuls  le  droit  de  posséder  des  pressoirs  à 
Villeneuve-Saint-Georges  et  Valenton\ 

Les  religieux  de  Saint-Germain  avaient  pressoirs,  four  et  moulin 
banniers  à  Yilleneuve-Saint-Georges.  En  1700,  le  four  rapportait  i5o 
livres,  et  en  l'jbb,  200 livres.  Dans  le  bail,  il  était  dit  que  les  preneurs, 
Nicolas  Legrain,  et  Madelaine  Cuignet,  sa  femme,  pouvaient  demander 
aux  habitants  pour  la  cuisson  de  leur  pain  les  droits  réglementaires, 
sans  les  dépasser.  Ils  devaient  avoir  du  pain  de  police  du  prix  et  de  la 
blanclieur  ordinaires  pour  le  service  du  public,  portant  la  marque  de 
la  banalité  ^. 

Le  moulin  donnait  un  revenu  plus  considérable.  Nous  le  trouvons 
affermé  en  i6o4,  pour  la  somme  de  600  livres.  En  1700,  le  prix  du 
fermage  s'élevait  jusqu'à  700  livres*. 

Les  habitants  de  Villeneuve-Saint-Georges  payaient  pour  le  droit  de 
mouture  un  boisseau  comble  pour  cinq  minots  sur  toutes  sortes  de 
grains.  Comme  ils  trouvaient  cette  charge  trop  lourde,  ils  cessèrent 
de  l'acquitter.  Le  i(3  octobre  i6G5,  après  un  long  procès,  ils  passèrent 
un  accord  à  l'amiable.  Ils  convinrent  de  donner  12  sols  pour  5  minots. 
La  communauté  accepta  cet  arrangement  ^ 

L'abbaye  jouissait  aussi  de  droits  de  passage  et  de  pêche.  En  i653, 
elle  baillait  à  ferme  pour  4  ans  aux  frères  Lemur  la  pêche  en  la  rivière 
de  Seine  depuis  la  ruelle  du  Four  à  Villeneuve-Saint-Georges  jusqu'au 
port  Langlois,  ainsi  que  le  port  et  passage  de  la  Seine  au  village  de 
Choisy,  en  l'étendue  du  territoire  de   Thyais,  à  la  charge  d'avoir  des 


I.  Lebeuf,  V,  p.  39.  Arch.  nat.  LL.  ii3i,  p.  437. 
a.  Voir  droits  de  pressurage,  )4io. 

3.  Arch.  nat.  S.  3942. 

4.  Chap.  conv.  Bib.  nat.  ms.fr.  i6855. 

5.  M.  i6856. 


—  i53  — 

flcttes  ou  un  bac,  de  venir  quérir  les  religieux,  par  chascune  des  dites 
l\  années,  la  veille  de  saint  Leu  et  saint  Gilles,  en  la  ville  de  Paris, 
pour  les  conduire  en  un  bon  bateau  jusqu'au  dit  Choisy,  de  les  recon- 
duire jusqu'à  Paris,  et  le  lendemain  de  veiller  aux  espaves  et  de  donner 
avis  au  procureur  fiscal  de  Thyais. 

Le  6  décembre  1678  elle  baillait  la  pêche  en  la  rivière  de  Seine  depuis 
la  ruelle  du  Four,  à  Yilleneuve-Saint-Georges,  jusqu'au  port  Langlois, 
pour  la  somme  de  5o  écus  '.  Le  prix  du  fermage,  du  passage  et  de  la 
pêche  s'élevait,  en  1700,  à  35o  livres.  Le  preneur  était  tenu  d'avoir  des 
bateaux  et  nacelles  suffisants  pour  passer  et  repasser  les  habitants, 
sans  les  faire  attendre,  et  de  fournir  annuellement  aux  religueux  six 
plats  de  poisson  ".  Les  gens  de  l'abbaye  de  Saint-Germain  avaient  droit 
au  passage  gratuit,  et  le  monastère  d'Yerre  réclamait  le  même  privilège 
pour  ses  employés,  comme  nous  le  voyons  dans  une  plainte  formulée 
vers i2i3  \ 

Les  religieux  de  Saint-Germain  avaient  aussi  le  droit  de  pêche  dans 
la  rivière  de  Terres  depuis  le  pont  de  Yilleneuve-Saint-Georges  jus- 
qu'au moulin  que  ceux-ci  possédaient  sur  la  même  rivière.  Jacque- 
line d'Ermenonville  et  de  Crosnes  leur  avait  accordé  ce  privilège,  en 
leur  concédant  toute  l'eau  qu'elle  avait  avec  eux  en  mitoyenneté. 
Elle  leur  permettait  aussi  d'avoir  une  nef  sur  ce  cours  d'eau,  afin  qu'ils 
pussent  passer  les  ouvriers  dans  les  îles  et  en  retirer  le  foin  qui 
s'y  trouvait.  Le  soir  ils  devaient  l'attacher  solidement,  dans  la  crainte 
que  quelqu'un  ne  s'en  servît  pour  ravager  les  terres  de  la  dite  dame 
(1327)*.  En  1471,  Robert  de  Lespinasse,  abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  affermait  pour  la  somme  de  28  livres  tournois  la  pêche  de  la 
rivière  de  Yerres  ^. 

\}n  bail  de  1755  fait  remarquer  que  le  preneur  ne  pourra  jeter 
l'épervier  autour  du  moulin  de  Crosnes  et  depuis  là  jusqu'à  la 
seigneurie  du  lieu,  car  la  pêche  est  réservée  au  meunier  \ 

Comme  on  devait  réparer  le  pont  de  Yilleneuve-Saint-Georges,  le  roi 


1.  Chap.  conv.  Bib.  nal.  ms.fr.   16867. 

2.  Arch.  nat.   LL.  io3g. 

3.  Id.  LL.  1087,  p.  16. 
!i.  Id,  LL.  1090. 

5.  Id.   LL.  1087,  p.  99. 

6.  Id.  S.  294a. 


-    i54  — 

ordonna,  sans  doute,  pour  prévenir  les  accidents,  d'établir  un  barrage, 
qui  subsista  pendant  trois  ans.  Voulant  sauvegarder  les  droits  de 
l'abbaye,  le  monarque  déclara  qu'ils  demeuraient  sains  et  saufs  tels 
qu'ils  étaient  auparavant  (1266)  *. 

D'autres  faits  confirment  le  droit  de  voirie  que  Saint-Germain-des- 
Prés  avait  à  Villeneuve-Saint-Georges. 

Le  3  décembre  1668,  le  sieur  de  la  Gouesle,  avocat  au  Parlement, 
demanda  aux  religieux  à  faire  une  tranchée  sur  le  chemin  de  Villeneuve 
à  Valenton  pour  y  prendre  des  sources  et  les  conduire  en  une  pièce  de 
terre  où  il  voulait  faire  un  vivier.  On  le  lui  permit,  à  condition  qu'il 
remît  les  choses  en  l'état  ". 

En  1G93,  le  cardinal  de  Fnrstenberg,  touché  de  compassion  pour  les 
habitants  de  Villeneuve-Saint-Georges,  qui  manquaient  d'eau  potable 
pendant  les  hivers  rigoureux  et  les  grandes  crues  de  la  Seine,  fit  établir 
la  fontaine  dite  des  Bretons'. 

L'année  suivante,  le  2  juillet  1698,  le  même  cardinal,  en  qualité 
d'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  renonça  au  droit  de  justice  et  de 
censive  sur  Chalandray,  en  faveur  du  seigneur  de  Montgeron.  Ce 
dernier,  par  contre,  abandonnait  le  droit  de  censive  qu'il  possédait 
sur  le  lieu  dit  le  Blandin  jusqu'à  la  voie  tendant  du  grand  chemin  de 
Paris  au  moulin  de  Senlis.  Celte  route  et  le  moulin  devaient  rester 
dans  la  censive  du  seigneur  de  Montgeron  ■*. 

Le  pape  avait  accordé  au  roi  de  France  d'imposer  les  biens  ecclésias- 
tiques. Pour  payer  cette  subvention  extraordinaire,  l'abbaye  de  Saint- 
Germain  vendit  le  droit  de  pêche  et  tout  autre  droit  sur  la  rivière 
d'Yerres  depuis  la  Seine  jusqu'à  Crosnes,  le  droit  de  pêche  et  de  passage 
sur  la  Seine,  le  four,  le  moulin  et  le  pressoir  banniers,  au  profit  de 
Pierre  Brulart,  seigneur  de  Crosnes  (25  juin  1687)  ^ 

Plus  tard,  le  28  mai  i6Zi3,  les  religieux  de  Saint-Germain  rentrèrent 
en  possession  de  ces  droits,  moyennant  66Z|8  livres  17  sols  6  deniers*. 
Ils  les   cédèrent  bientôt  à  la   mense  abbatiale  par  l'intermédiaire  de 


1.  Arch.  nat.   LL.  loaS,  p.  aSi. 

2.  Bib.  nat.  ms.  fr.   i6856,  p.  802. 

3.  BONNII*. 

4.  Arch.  nat.  S.  2942. 

5.  Id.   S.  2Ç)lt3. 

G.  Id.  LL.  1 127,  p.  218. 


—  i55  — 

Pelisson,    qui  en  était  l'administrateur,   avec  les  droits  seigneuriaux 
qui  leur  appartenaient  dans  le  faubourg,  le  tout  au  denier  23  du  revenu 

(i  I  avril  1679)^ 

Le  23  septembre  1602,  le  sieur  Mercier  rendit  hommage  avec  ses 
deux  fils  aux  prieurs  et  sénieurs  de  Saint-Germain  pour  un  fief  qu'ils 
possédaient  à  YiUeneuve-le-Roi,  fief  qu'il  avait  acheté  14000  écus\ 

Seigneurie    spirituelle. 

L'abbé  Lebeuf  semble  croire  qu'il  y  eut  une  église  à  Villeneuve  dès 
l'époque  de  sa  fondation.  Irminon  la  signale  dans  son  Polyptyque.  En 
octobre  to45,  l'abbé  Adraud,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  l'obtint 
pour  suppléer  à  la  nourriture  de  ses  religieux.  Imbert,  évêque  de 
Paris,  qui  la  lui  donna,  s'y  réservait  le  droit  de  visite  et  de  synode; 
mais  il  déclara  que  cette  libéralité  se  faisait  du  consentement  des 
archididiacres  et  que  par  suite  ses  successeurs  ne  pourraient  rien 
exiger  pour  le  rachat,  lors  de  la  présentation  d'un  nouveau  curé  '. 
Le  rachat  d'un  église  (altaris  redemptio)  était  une  prestation  en  argent 
fournie  aux  évêques  lors  de  la  nomination  d'un  nouveau  curé. 
Henry  1"  confirma  cette  donation  (io58)\ 

Quand  l'égUse  de  Villeneuve  a-t-elle  pris  le  vocable  de  Saint-Georges? 
On  ne  saurait  trop  le  dire,  mais  d'assez  nombreux  documents  prouvent 
que  cette  dénomination  était  encore  rare  au  XIP  siècle  et  ne  devint 
générale  qu'au  XllP.  Quel  en  était  le  vénérable  patron?  M.  l'abbé 
Martin  prétend  que  saint  Georges,  diacre  d'Espagne,  vit  son  homo- 
nyme d'Orient  le  supplanter  et  lui  ravir  son  titre.  Quoi  qu'il  en  soit, 
les  habitants  n'avaient  pas  toujours  une  pieuse  déférence  pour  leur 
bienheureux  protecteur.  Malheur  à  lui  s'il  permettait  aux  gelées 
d'endommager  les  vignes.  Pour  le  punir,  ils  prenaient  sa  statue  et 
la  plongeaient  dans  la  Seine  \  Chaque  année  on  célébrait  le   souvenir 

1.  Chap.  conv.  Bib.  nat.  ms.fr.  16857,  p.  laO. 

2.  Id.  iG8'i9,  p.  5. 

3.  Arch.  nat.K.  19,  n°  a«.  Lasteyrie,  Carlulaire  de  Paris,  p.  n8.  T.vrdif.^/ohiîhî.  hisL, 
p.  118.  Brequigny,  t.  II,  p.  3fi.  Mabillon,  Ann.  Bén.,  t.  IV,  p.  3C7.  Dubois,  Hist.  de 
Paris,  t.  I,  p.  655.  Dom  Bouillart,  p.  27. 

!t.  Arch.  nat.  LL.  1026,  p.  i5. 
5.  Pinard. 


[56  — 


de  la  dédicace  de  cette  église,  le  premier  dimanche  d'août.  Guy  de 
Montmirail,  évêque  in  parlibus  de  Mégare,  l'avait  bénite  le  3  du 
même  mois,  i533.  Cette  cérémonie  s'accomplit  de  nouveau  en  1589. 
Souillée  par  une  effusion  criminelle  de  sang,  Etienne  de  Lusignan, 
évêque  de  Lesmos,  dut  la  réconcilier. 

L'église  actuelle  de  Villeneuve-Saint-Georges  date  du  milieu  du  \II^ 
siècle.  Le  chœur  et  ses  bas-côtés,  le  sanctuaire  ainsi  que  les  deux 
chapelles  latérales  s'élevèrent  d'un  seul  jet.  Ces  parties  seules  compo- 
saient l'église  de  ce  temps.  Il  ne  reste  plus  de  cette  première  construc- 
tion que  les  massifs  piliers  du  chœur.  Sur  le  portail,  qui  remonte  à 
la  même  époque,  se  voyaient  deux  écussons,  représentant,  l'un,  l'écu  de 
France,  et  l'autre,  les  armes  du  seigneur  abbé.  La  tour  ou  le  clocher 
paraît  être  la  partie  la  plus  ancienne  du  monument.  Suivant  l'abbé 
Martin,  il  serait  antérieur  au  XF  siècle.  A  l'intérieur  de  l'église  on 
comptait  plusieurs  chapelles.  Celle  de  la  sainte  Vierge  était,  moyennant 
redevance,  la  propriété  temporaire  du  château  de  Beauregard.  La  cha- 
pelle de  Sainte-Geneviève  appartenait  au  même  titre  au  fief  de  Belle- 
Place. 

En  vendant  cette  propriété  à  Philippe  Morand,  conseiller  du  roi, 
Dame  Catherine  d'Aguesseau,  veuve  du  comte  de  Tavanne,  lui  céda 
aussi  un  banc  dans  l'église,  pour  entendre  le  service  divin,  à  la 
condition  qu'il  payerait  annuellement  une  redevance  de  75  livres 
(26  décembre  1719)^ 

C'est  dans  la  chapelle  Saint-Jean,  détruite  au  commencement  du 
siècle,  que  fut  inhumé  auprès  de  son  épouse,  Geneviève  Marcadet, 
Jean  Bachelier,  écuyer,  juge  et  conseil  en  la  ville  de  Paris,  011  il  était 
décédé  en  1688.  11  avait  fondé  à  Villeneuve-Saint-Georges  une  messe 
quotidienne  pour  le  repos  de  son  âme  et  celle  de  sa  compagne,  ainsi 
qu'un  maître  pour  instruire  les  garçons  de  la  paroisse,  et  deux  Sœurs 
de  Charité  pour  soigner  les  malades.  Ces  fondations  ont  disparu  à  la 
Révolution. 

La  quatrième  chapelle  était  celle  de  Saint-Roch,  qu'on  appelait  la 
chapelle  de  monsieur  le  curé,  parce  qu'il  y  faisait  le  catéchisme 
et  y  avait  établi  son  confessionnal. 


I.  Arch.  nat.  S.  agAa. 


i57 


Parmi  les  personnages  illustres  qui  vinrent  s'agenouiller  dans 
l'église  de  Mlleneuve-Saint-Georges,  nous  voyons  au  premier  rang  le 
roi  saint  Louis,  en  septembre  1244,  puis  Philippe  le  Bel,  1 4  janvier 
i3o2,  Philipi)ede  Valois,  5  février  i336,  Louis  XIIl,  19  octobre  1609. 
Des  quatre  cloches  qui  carillonnaient  aux  jours  de  fêtes,  une  seule 
fut  épargnée  par  les  révolutionnaires  ;  les  autres  furent  fondues  pour 
faire  des  canons'. 

En  1220,  l'archidiacre  commanda  au  curé  de  Villeneuve  de  laisser 
toute  liberté  au  prévôt  d'entrer  à  l'église  par  la  porte  qui  donne  accès 
sur  le  jardin  de  ce  dernier.  11  est  formel  et  menace  de  la  peine  d'ex- 
communication, en  cas  de  refus  :  «  Volumus,  dit-il,  quod  prepositus  de 
Villanova  S.  Georgii  per  unum  hostium  in  ecclesia  situm,  ut  dicitur, 
ab  antiquo,  ex  parte  sui  orti  aperiens,  tempore  quo  divina  in  vestra 
celebrantur  ecclesia,  tocies  quoscies  et  horis  singulis  propter  devo- 
tionem  liberum  ingressum  habeat  eregressum,  non  obstantibus  qui- 
buscumque  litteris  a  matriculariis...  in  contrarium  impetratis"'.  0 

Il  y  avait  un  hôpital  à  Villeneuve-Saint-Georges.  Simon  Bourrelier 
l'avait  fondé,  le  25  juillet  i458,  pour  y  recevoir  les  voyageurs  et  les 
pauvres.  Guillaume  VI,  évêque  de  Paris,  décida  que  l'abbé  de  Saint- 
Germain  pourrait  choisir  et  présenter  le  prêtre  pour  desservir  le  sanc- 
tuaire qui  y  était  annexé,  mais,  lui,  se  réservait  de  l'agréer^.  M.  Martin 
nous  apprend  que  l'ecclésiastique  nommé  à  ce  poste  devait,  en  plus  de 
son  office,  faire  l'école  des  garçons.  La  chapelle  de  l'hospice  de 
Villeneuve  ne  jouissait  pas  sans  doute  de  revenus  considérables,  car 
elle  fut  rayée  du  nombre  des  bénéfices  par  lettres  patentes,  enregis- 
trée, le  3o  décembre  1670.  Elle  était  dédiée  à  saint  Simon  et  à  saint 
Jude,  et  ne  fut  entièrement  démolie  qu'en  i845.  Des  oratoires  particu- 
liers furent  accordés  à  plusieurs  personnes  pieuses  et  ornèrent  de 
nobles  demeures  telles  que  Grandmange  et  le  fief  de  Belleplace. 

En  terminant,  faisons  remarquer  qu'Adrien  Bourdoise  établit  à 
Villeneuve-Saint-Georges,  vers  i65o,  un  séminaire  de  prêtres  de  Saint- 
Nicolas.  Le  bâtiment  qui  subsiste  encore  aujourd'hui  et  conserve  son 
nom  devint  la  propriété  de  l'abbaye  après  la  mort  du  fondateur. 


I.  Martin  et  Pinard,  VUleneuve-Saint-Georges. 
3.  Arch.  nat.  LL.  102G,  p.  i5i. 

3.  Bibliothèque  de  l'École  des   Chartes,   G.   L.  (i8(J8),  p.   ^99.   Arch.  nat.   LL.    io»jo 
p.  aC. 


—  i58  — 


Curés  de  Villeneuve-Saint-Georges 


1607. 

Naclier  dit  le  Bossu. 

1607-50. 

Jean  Jallevy. 

i65i-63. 

Christophe  Lemercier 

1663-97. 

Luzi. 

1697. 

Cappelain. 

1697-1739. 

de  Franquereux. 

1729-59. 

Lemaire. 

1759-99- 

Froissard. 

On  prélevait  sur  les  revenus  de  Villeneuve-Saint-Georges  : 

1°  Le  YIll  des  ides  de  février  ou  le  6  de  ce  mois,  3o  sols  (xxx  sols) 
pour  l'anniversaire  d'Eude  Percenat  (?). 

2"  Le  jour  de  Pâques,  vi  livres  employées  en  partie  pour  l'anniver- 
saire de  Jehan  d'Issy. 

3°  Aux  ides  de  juin  ou  le  i3  de  ce  mois,  xxx  sols  pour  l'anniver- 
saire d'Alaine  (Alane)  de  Villeneuve. 

4°  Le  Vil  des  calendes  d'août  ou  le  26  juillet,  ix  livres  parisis 
employées  en  partie  pour  l'anniversaire  de  frère  Symon. 

5°  Le  111  des  calendes  de  novembre  ou  le  3o  octobre,  rm  sols  parisis 
pour  l'anniversaire  de  Hugues  de  Crespy,  abbé. 

6"  Le  11  des  calendes  de  novembre  ou  le  3i  octobre,  x  sols  pour 
l'anniversaire  de  Raoul  de  Guerreville. 

7°  Le  Xlll  des  calendes  de  décembre  ou  le  19  novembre,  xxxvi 
sols  parisis  pour  l'anniversaire  de  Pierre  Forestier  et  de  son  épouse. 

8°  Le  Vlll  des  ides  de  décembre,  ou  le  6  de  ce  mois,  xl  sols 
tournois,  pour  l'anniversaire  de  Mathieu,  chevalier,  d'Emeline,  son 
épouse,  et  de  Symon,  leur  fils. 


ID9 


HAUT-GAGNY 

Irminon  nous  dit  dans  son  Polyptyque'  que  Saint-Germain-des-Prés 
avait  jadis  dans  ce  lieu  d'importantes  richesses.  Il  y  possédait 
48  bonniers  ou  480  arpents  de  terres  labourables,  où  l'on  pouvait 
semer  192  muids  de  blé,  66  arpents  de  vigne,  où  l'on  récoltait 
4oo  muids  de  vin,  une  foret  de  deux  lieues  de  tour  où  l'on  pouvait 
nourrir  i5o  porcs,  i4  arpents  de  pré  qui  produisaient  chaque  année 
3o  charretées  de  foin.  Que  devinrent  ces  biens?  Nous  ne  saurions  le 
dire.  11  faut  croire  qu'à  la  suite  d'événements  calamiteux,  ils  se  trou- 
vèrent très  diminués. 

En  effet,  un  document  du  28  janvier  i63o  nous  parle  du  fief  de 
Gagn\,  au  territoire  de  Santeny  et  Boissy-Saint-Léger,  proche  de 
Valenton  et  Mlleneuve-Saint-Georges.  Il  comprenait  100  arpents  de 
terre  ou  environ  situés  aux  lieux  dits  :  le  dessus  de  Gagny,  le  chemin 
du  Tartre,  la  Bonde,  la  Fontaine,  la  Foy  aux  peureux,  le  clos  Dauzan. 
Comme  il  dépendait  de  la  mense  conventuelle,  les  religieux  de  Saint- 
Germain  le  cédèrent  à  Louis  Guibert,  sieur  de  Bussy-Saint-Georges, 
maître  de  ses  comptes,  moyennant  la  rente  annuelle  de  12  livres  et  à 
la  charge  de  rendre  foi,  hommage  et  autres  devoirs  féodaux". 
Le  24  septembre  17 10,  ce  fief  passa  aux  mains  de  Mcolas  Hau- 
debert  du^Buisson,  seigneur  de  Brévannes  et  de  la  Tour  Mesly,  conseil- 
ler d'Etat.  Celui-ci  le  transmit  à  sa  mort  (9  février  17 18)  à  monseigneur 
Henry-Augustin  Lepilleur,  évêque  de  Saintes,  qu'il  avait  constitué  son 
légataire  '. 

La  déclaration  de  1790  est  ainsi  conçue  :  «  Douze  livres  de  rente  féo- 
dale sur  le  fief  du  haut  de  Gagny,  mouvant  de  la  dite  abbaye  de 
Saint-Germains-des-Prés  et  possédé  par  M.  le  Pilleur  de  Brévanne,  foi 
et  hommage  du  26  avril  1730.  Nota.  Ce  fief  s'étend  sur  environ  5o  et 
quelques  .arpents  et  n'a  point  produit  de  mutations  depuis  plus  de 
60  ans  \  » 


1.  LoNGNON,  Polypiique,  p.  4i. 

2.  Arch.  nat.  S.  ag'ia.  Bib.  nat.  ms.fr.  iG853  ;  Arch.  nat.  S.  2978  et  2979  ;  LL.  io58, 
p.  3o3. 

3.  Arch.  nat.  S.  a9'i2.  Lebeuf-Fechoz,  II,  p.  546. 

4.  Bib.  nat.  ms.  fr.  ao848,  p.  24. 


—  i6o  — - 


CROSNES* 

Ce  village  est  situé  sur  la  rivière  d'Yerres,  non  loin  de  son  confluent 
avec  la  Seine.  C'était  à  l'origine  une  dépendance  de  Villeneuve-Saint- 
Georges.  On  y  voyait  une  chapelle  dès  la  fin  du  XII*  siècle. 
Elle  relevait  de  Saint-Germain-des-Prés,  car  elle  figure  dans  la  bulle 
où  le  pape  Alexandre  111  confirme  les  biens  attribués  à  ce  monastère 
(1177).  Des  personnes  généreuses  la  dotèrent.  En  1226,  Egilo  de 
Quisiaco  (Gillet  de  Cuissy?)  approuva  une  acquisition  de  20  livres  faite 
dans  son  propre  fief  en  faveur  de  ce  sanctuaire  '.  Ferrie  d'Anet  et  la 
comtesse  Chrétienne,  sa  mère,  ajoutèrent  à  cette  donation'.  On  prévoyait 
que  Crosnes  se  séparerait  de  Yilleneuve-Saint-Georges.  Pour  compenser 
la  perte  que  devait  faire  cette  église,  Baudouin  de  Corbeil  et  Ferrie  du 
Pâte  consentirent  qu'elle  possédât  un  des  biens  fonds  qui  se  trouvaient 
dans  leurs  fiefs,  acheté  au  prix  3o  livres  (i232)*. 

Comme  la  chapelle  de  Crosnes  jouissait  d'assez  importants  revenus, 
Guillaume,  évèque  de  Paris,  l'érigea  en  église  paroissiale  (juillet  i234)^ 
L'abbé  de  Saint-Germain  conservait  le  droit  de  présenter  à  la  cure, 
de  percevoir  les  pains  ofl'erts  le  jour  de  Saint-Etienne  et  les  deux  tiers 
des  cierges  donnés  à  la  Chandeleur".  11  était  déchargé  de  pourvoir,  à 
l'avenir,  à  l'entretien  du  vicaire  perpétuel  et  d'augmenter  le  gros  qui 
lui  était  départi.  Raoul,  curé  de  ^  illeneuve-Saint-Georges,  approuva 
cette  érection,  qui  fut  confirmée  par  Jean,  archidiacre  de  Paris.  La 
déUmitation  de  la  nouvelle  paroisse  ne  comprit  pas  les  villages  assez 
rapprochés  de  Chalandray  ou  Chalandré,  Toncy  et  Aresles  ;  ils  conti- 
nuèrent à  dépendre  de  Villeneuve-Saint-Georges'.  Le  curé  de  cette 
dernière  localité  dut  renoncer  en  faveur  de  son  ancienne  succursale 
aux  revenus  et  aux  vignes  qu'il  possédait  au  territoire  de  Crosnes.  On 
fit  exception  pour  la  vigne  de  Montcrevé*. 


1.  Canton  de  Boissy-Saint-Léger  (Seine-et-Oise). 

2.  Arch.  nat.  LL.  loaS. 

3.  Id.  LL.  1087.  Dom  Bouillart,  p.  123. 
II.  Id.  LL.  1087. 

5.  Id.  LL.  102G,  p.  i5i-i5/i. 

6.  Id.  L.  776  et  777  ;  LL.  loaS,  p.  226. 

7.  Id.  LL.  I025,  p.  226. 

8.  Id.  LL.  1087,  p.  22. 


—  iGi  - 

Un  acte  du  8  novembre  i543  nous  apprend  que  le  curé  de  Crosnes 
aflermait  les  revenus  de  son  église  à  Jean  Dubusc.  Ce  prêtre  devait 
desservir  la  paroisse,  célébrer  le  service  divin  et  payer  au  titulaire 
80  livres  par  an  et  un  muid  et  demi  de  vin'.  L'église  de  Crosnes  est 
un  édifice  du  XIII'  siècle.  Cependant  sa  dédicace  n'a  été  faite  qu'en 
1009.  On  y  écrivit  alors  sur  l'un  des  piliers  cette  inscription  qui  a  été 
détruite  à  la  Révolution  :  «  Bonnes  gens,  plaise  vous  sçavoirque  l'église 
de  Notre-Dame  de  Crosne  fut  dédiée  le  premier  dimanche  do  juillet  iSog, 
par  Révérend  Père  en  Dieu,  Frère  Jehan  Nervet,  Evesque  de  Magarence, 
prieur  de  Sainte-Catherine  du  Vau  des  Ecoliers.  •)  Ce  prélat,  originaire 
de  Villeneuve-le-Roi,  voulut  être  inhumé  dans  ce  modeste  sanctuaire', 

II  n'est  pas  nécessaire  de  rappeler  ici  que  les  habitants  de  Crosnes 
furent  affranchis  en  1248  et  que  Jacqueline,  dame  d'Ermenonville  et  de 
Crosnes,  accorda  aux  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  tout  droit  sur 
l'Yerres  depuis  Villeneuve-Saint-Georges  jusqu'au  mouhn  qu'ils  possé- 
daient sur  cette  rivière.  C'est  Florimond  Brulard,  seigneur  de  Crosnes, 
qui  consentit  à  rendre  aux  religieux  les  biens  qu'ils  avaient  ahénés 
(23  mai  1643)'.  Un  de  ses  prédécesseurs,  Gilles  Brulart,  obtint  de  faire 
célébrer  la  messe  dans  son  château.  C'est  sans  doute  chez  lui  que 
s'arrêta  Louis  XIII,  que  nous  voyons  à  Crosnes  les  3o  avril  i633, 
1 5  juin  et  2  décembre  i636\  On  raconte  qu'un  membre  de  cette  hono- 
rable famille,  procureur  au  Parlement,  brûlait  d'un  véritable  zèle  pour 
les  intérêts  de  la  religion.  11  vivait  à  la  fm  du  XVI^  siècle  et  portait 
aussi  le  titre  de  seigneur  de  Crosnes.  Lorsqu'il  rencontrait  dans  les  rues 
de  la  capitale  des  évêques  en  carrosse,  il  les  faisait  arrêter  pour  leur 
demander  quelles  affaires  les  y  retenaient.  Si  c'était  un  procès,  il  leiu' 
répondait  :  «  Retournez  dans  votre  diocèse,  je  le  ferai  terminer.  »  Bui- 
leau  était  originaire  de  Crosnes  et  dut  visiter  assez  fréquemment 
l'église  du  village". 

Si  la  déclaration  de  170)0  ne  mentionne  pas  les  droits  des  religieux 
de  Saint-Germain-des-Prés  à  Crosnes,  c'est  qu'ils  ont  été  compris  sans 
doute  dans  le  dénombrement  qu'ils  donnèrent  pour  les  localités 
voisines  :  Valenton,  Yilleneuve-Saint-Georges,  etc.. 

i.  Arch.  nat.  LL.  11Z16,  p.  709. 

2.  Lebeuf,  Pinard. 

3.  Arch.  nat.  LL.  ii/iO,  p.  781. 

/i.  PiN.vnD.  V.  Itinéraire  des  rois  de  France, 

5.   PiN.VRD. 

II. 


—  t62  — 


YALENTON 


Nul  doute  que  ce  lieu  ne  soit  très  ancien,  comme  le  prouve  son  nom 
d'origine  romaine.  On  peut  croire  que  le  fondateur  et  le  premier 
propriétaire  de  ce  village  s'appelait  Valens.  Quand  et  comment  cette 
terre,  qui  se  trouve  à  trois  lieues  et  demie  de  Paris,  sur  la  rive  droite 
de  la  Seine,  est-elle  venue  au  pouvoir  de  l'abbaye  de  Saint-Germain- 
des-Prés  ?  L'auteur  de  la  vie  de  saint  Babolein,  qui  vivait  au  XP  siècle, 
prétend  qu'elle  lui  fut  donnée  par  Clovis  11.  Suivant  Lebeuf,  un  de 
nos  rois  de  la  première  race  aurait,  vers  l'an  720,  accordé  cette  propriété 
au  célèbre  monastère  parisien.  Louis  le  Débonnaire,  en  829,  et  Charles 
le  Chauve,  en  872,  confirmèrent  cette  donation  ^.  Le  même  auteur 
opine  que  Villeneuve-Saint-Georges  s'éleva  sur  le  territoire  de 
Yalenton.  L'abbé  Ililduin  assigna  pour  l'entretien  de  sa  commu- 
nauté tout  ce  que  l'abbaye  possédait  en  ce  lieu  (829).  A  la  suite  des 
guerres  civiles  qui  ensanglantèrent  la  France,  les  religieux  de  Saint- 
Germain  furent  forcés  d'aliéner  quelques  parties  de  cette  seigneurie. 
Plusieurs  fiefs  furent  formés  et  l'un  prit  le  nom  de  Plaisir,  un  autre 
est  connu  sous  le  nom  des  Placines\  Ce  domaine  monastique  s'accrut 
par  des  acquisitions  successives  et  donna  lieu  à  de  nombreuses  tran- 
sactions. 

Par  acte  devant  l'ofTicial  de  Paris,  Ferri  de  Valenton,  chevalier, 
vendit  à  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  tout  ce  qu'il  pouvait  pré- 
tendre dans  les  biens  tant  féodaux  que  censuels  situés  à  Valenton, 
provenant  de  la  succession  de  Jean  de  Tyois,  moyennant  la  somme  de 
55  livres  parisis  (mai  1286)  \  Les  religieux  de  Saint-Germain  revendi- 
quaient la  succession  entière  du  dit  Tyois,  comme  leur  homme  de 
corps,  décédé  sans  enfants.  Au  contraire,  le  dit  Ferri  soutenait  qu'elle 
devait  lui  revenir,  ainsi  qu'aux  autres  collatéraux.  11  devait  certai- 
nement invoquer  la  qualité  de  chevalier  départie  au  défunt.  Ce  titre  ne 
s'accorde  pas  en  effet  avec  la  servitude  pas  plus  que  la  possession  des 


1.  Canton  de  Boissy-Saint-Léger  (Seine-et-Oise). 

2.  Arch.  nat.  LL.  io/|3. 

3.  BONNO. 

4.  Arch.  nat.  L.  808  ;  LL.  1087. 


—  i(]3  — 

biens.  Le  doute  qu'on  avait  sur  la  condition  serve  ou  libre  de  Jean  de 
Tyois  poussa,  selon  toute  apparence,  les  parties  à  transiger'. 

Au  mois  de  mars  1289,  Hubert  Picard  et  Jeanne,  sa  femme,  cédè- 
rent aux  religieux  de  Saint-Germain,  pour  le  prix  de  7  livres  parisis, 
la  part  qu'ils  avaient  en  certaines  terres,  masures,  rentes,  tailles  et 
autres  droits  qui  se  payaient  dans  la  maison  du  dit  Hubert  à  Yalenton  ". 

Guillaume,  doyen  de  Valenton,  et  Thomas,  son  frère,  vendirent  au 
prieur  de  Yilleneuve-Saint-Georges  3  quartiers  de  pré,  au  territoire 
de  Blandin,  avec  d'autres  héritages  et  rentes,  moyennant  20  livres 
parisis  (décembre  I2G5)^ 

En  novembre  1271,  Henri  de  Creteil,  écuyer,  et  Isabelle,  sa  femme, 
vendirent  aux  religieux  de  Saint-Germain,  pour  la  somme  de  18  livres, 
leur  part  de  rentes  sur  des  terres,  vignes  et  hostises  à  Valenton  '. 

Par  acte  devant  Gilles  de  Compiègne,  garde  de  la  prévôté  de  Paris, 
Jean  de  la  Ruelle,  écuyer  de  Noisy-le-Grand,  et  Jeanne,  sa  femme, 
abandonnèrent  à  Eude,  prieur  de  Mlleneuve-Saint-Georges,  plusieurs 
articles  d'héritages,  au  prix  de  48  livres  parisis  (juillet   1284)'. 

Quelques  années  auparavant  (1268),  ils  avaient  cédé  aux  religieux 
de  Saint-Germain  plusieurs  rentes  en  grain  et  deniers,  pour  la  somme 
de  20  livres  tournois  ". 

En  mars  1280,  Guillaume  de  Yalenton,  écuyer,  fils  de  feu  Henry  de 
Creil,  et  de  demoiselle  Isabelle,  sa  femme,  vendirent  à  l'abbaye  de 
Saint-Germain,  au  profit  de  la  pitancerie,  plusieurs  héritages  situés 
à  Valenton,  moyennant  3o  livres  parisis'. 

La  même  année,  au  mois  d'octobre,  Pierre  de  Concigni,  chanoine 
d'Aire  et  aumônier  du  roi,  céda  aux  religieux  bénédictins  un  fief  (lu'il 
possédait  à  Valenton,  à  condition  qu'ils  donneraient  tous  les  ans  à 
l'abbaye  d'Yerres  une  rente  de  12  livres  parisis  \ 

Par  acte  devant  Guillaume,  officiai  et  archidiacre  de  Paris,  Jean 
Lezai  de  Valenton  vendit  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  pour 


1.  Arch.  nal.  L.  808. 

2.  Id.  L.  808. 

3.  Id.  L.  808. 

l\-   BONNIN. 

5.  Arch.  nal.  L.  808. 

G.  BONNIN. 

7.  Arcji.  nat.  L.  808. 

8.  Id.  LL.  10S7,  p.  ',9;  S.  29/40. 


—  iG4  — 

l'office  de  la  Pitancerie,  une  maison  sise  près  le  four  banal,  moyen- 
nant la  somme  de  3o  livres  (mai  1291)^ 

Le  livre  du  frère  Joseph,  pitancier,  marque,  en  1292,  que  l'abbaye 
touchait  trois  sous  six  deniers  de  cens  pour  une  pièce  de  vigne  assise 
au  clos  de  Valenton\ 

Par  acte  passé  devant  Jean  Ployebauch,  garde  de  la  prévôté  de  Paris, 
Jacques  Franquillon  et  Jeanne,  sa  femme,  abandonnèrent  aux  reli- 
gieux de  Saint-Germain  un  fief  consistant  en  3  sols  G  deniers  de  cens 
et  le  tiers  de  2  arpents  de  pré,  le  tout  pour  la  somme  de  8  livres  parisis 
(décembre  i3i5)^.  Les  mêmes  cédèrent  encore  au  monastère  bénédic- 
tin une  pièce  de  vigne,  pour  32  livres  (mars  i3i9),  et  une  maison, 
moyennant  10  livres  (juin  1 323). 

Jacque  de  Baillenval,  pour  se  libérer  d'une  rente  de  08  sols  envers 
le  pitancier  de  Saint-Germain,  lui  céda  un  fief  à  Valenton  (septembre 
i32  2).  Il  vendit  aussi  aux  religieux  de  cette  abbaye  un  mur  de  clôture 
pour  7  livres  parisis  (i3  août  i33o)*. 

Les  marguilliers  et  la  paroisse  de  Valenton  avaient  acquis  près  de 
l'église  une  masure  et  autres  lieux  pour  en  faire  une  place  publique. 
Les  religieux  accordent  l'amortissement  de  ces  biens,  mais  à  la  condi- 
tion que  les  acheteurs  payeront  annuellement  au  pitancier  de  Saint- 
Germain  12  deniers  de  rente.  Défense  leur  est  faite  de  planter  des 
croix,  arbres,  d'établir  un  cimetière  en  cet  endroit,  sans  la  i^ermission 
de  l'abbé  (3  mai  iSa/i)  '". 

A  la  suite  de  ces  contrats  avantageux  pour  le  grand  monastère  béné- 
dictin de  Paris,  nous  trouvons  une  série  de  plusieurs  baux. 

Thibault  Fabre  et  Odeline,  sa  femme,  prennent  à  rente  de  Benoît, 
pitancier  de  Saint-Germain,  une  maison  et  un  demi-arpent  de  vigne  à 
Valenton,  à  raison  de  18  livres  parisis,  chaque  année  (mai  1280)°. 

Henri  Ferri  afferme  des  religieux  de  Saint-Germain,  pour  payer 
chaque  année  un  setier  de  vin  et  8  sols  parisis,  deux  pièces  de  vigne  en 
friche  sises  à  Valenton. 

Les  mêmes  baillent  à  Jean  Lemaître  deux  pièces  de  vigne  situées  à 

1.  Arcli.  nul.  L.  808. 

2.  BoJiNIIS. 

3.  Arch.  nat.  L.  808. 
ti.  Id.  L.  808. 

0.  Id.  L.  808. 

6.  BONMN. 


i65 


Valenlori,  à  raison  de  7  sols  de  rente,  et  un  demi-quartier  à  Marion  de 
la  Boissarde,  dame  de  Soy,  pour  12  deniers  par  an  (3o  juin  i3y5)  '. 

Les  Bénédictins  afferment  un  hôtel  avec  plusieurs  appartenances  à 
Valenton,  pour  le  prix  de  i5  livres  (i48o)'. 

Le  dénombrement  des  biens  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés 
fait  en  i384  donne  quelques  détails  sur  Valenton  :  «  Item,  en  la  ville  de 
Valenton,  un  hostel  et  jardin,  deux  arpents  de  vignes  et  à  la  Saiiil- 
Remy  xi  livres  de  cens.  Item  un  pressoir  bannier  pour  les  vignes,  m;:is 
elles  sont  demeurés  en  friche  pendant  les  guerres.  Item,  de  rentes  d'a- 
voine, chacun  an,  environ  xvu  sestiers...  Et,  sur  ce,  l'endoit  le  jour  de 
Pasques,  à  ceux  qui  reçoyvent  Nostre-Seigneur  Jesus-Christ,  tant  à 
Villeneuve,  Crone  et  Valenton,  pour  le  pain  benoist,  uu  sestiers  et 
demi-queue  de  vin  ;  item,  le  cierge  benoist  à  Villeneuve  le  vandredy 
aoré  (adoré)  pesant  vu  livres  de  cire'.  » 

Le  12  juillet  iSGg,  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  dut  aliéner  sa 
terre  de  Valenton  pour  payer  les  subsides  extraordinaires  qui  lui  étaient 
demandés  comme  à  tout  le  clergé  de  France.  Elle  était  imposée  pour 
76^2  livres  tournois.  Elle  fut  vendue  à  François  Audrant,  abljé  coni- 
mendataire  de  Saint-Fuscien-les-Amiens,  au  prix  de  (36oo  livres.  \  a- 
lenton,  qui  ressortissait  de  Villeneuve-Saint-Georges  jusqu'à  celle 
époque,  en  fut  alors  distrait.  Il  eut  sa  justice  spéciale  et  ses  fourches 
patibulaires  ^. 

Ce  domaine  comprenait  à  ce  moment  un  logis,  ime  grange,  une  ber- 
gerie, des  étables,  70  arpents  de  terres  labourables,  xix  arpents  de  pré, 
5  pressoirs  bannaux,  huit  vingt  arpents  de  vignes  sujettes  aux  pressoirs, 
payant  par  arpent  5  sols  de  cens".  Une  délibération  du  18  novembic 
1661  nous  apprend  que  l'abbé  permit  aux  religieux  de  racheter  celle 
terre  qui  appartenait  antérieurement  à  sa  mense".  Un  arrêt  du  grand 
conseil  en  date  du  28  février  1664  les  autorisa  à  en  prendre  possession 
après  avoir  acquitté  le  prix  et  les  frais  d'aliénation'.  La  déclaration  i\o 
1790  attribue  à  la  mense  conventuelle  la  ferme  seigneuriale  de  ^  alen- 

1.  Arch.  nat.  L.  808. 

2.  Id.  LL.  1090  (ou  1096). 

3.  Id.  L.  753,  n"  VA).  Sainl-("ieiniainiU'S-Pr('!i  au  XIV  sicrli',  p.  ai). 

4.  Id.  S.  29'u  ;  LL.  io.'i3. 

5.  /,/.  I,L.   lo'i.S;  G"  i2o3,  piiTO  i5. 

G.  Cliap.  conv.  Hih.  nal.  ins.fr.  iCSSO,  p.   i(h|. 
y.  Arch.  nat.  S.  2f)'n . 


I 

5oo' 

600 1 

900  • 

100^ 

2 

.5oo^ 

5 

.000^ 

3oi 

lO 

.6S0' 

—  166  — 

ton  avec  ses  bàliments,  jardin,  clos,  pressoirs  bannaux  et  84  arpents  de 
terres  labourables  et  de  prés,  le  tout  baillé  au  sieur  Mignot  pour 
i3oo  livres.  Les  religieux  percevaient  encore  1000  livres  par  an  pour 
lods  et  vente  ^ 

L'abbé  avait  aussi  divers  revenus  à  Valenton  : 

Le  moulin  banal  produisait 

Le  four 

Le  passage  d'eau  et  la  pêche  de  la  rivière  d'Yerre  . 

Les  cens,  environ 

Lods  et  ventes  (année  commune) 

La  dixme  sur  800  arpents,  affermée 

Deux  rentes  foncières 


L'abbé  devait  annuellement  700  livres  au  curé  de  Valenton  pour  sa 
portion  congrue.  Le  fermier  général  donnait  pour  les  miches,  aux  mar- 
gnilliers  de  Valenton  qui  étaient  en  charge,  le  jour  de  la  mi-carême,  un 
setier  de  méteil  (les  2/3  de  froment  et  i/3  de  seigle),  pris  à  la  grange 
dîmeresse  de  Villeneuve-Saint-Georges.  S'il  ne  fournissait  pas  cette 
mesure  de  grain,  il  en  payait  la  valeur  en  argent  qu'il  prenait  sur  le  prix 
des  mercuriales  (1790) '\ 

Ce  dénombrement  nous  prouve  qu'on  avait  aliéné  en  1069  les  posses- 
sions territoriales  seules,  peut-être  avec  certains  droits  de  lods  et 
ventes. 

Dans  les  registres  des  chapitres  conventuels  nous  lisons  à  la  date  du 
17  février  1666  que  la  ferme  de  Valenton  fut  réunie  à  celle  de  Saint- 
Placide\  Rien  ne  nous  explique  ce  qu'on  entendait  par  là.  Nous  parle- 
rons de  cette  dernière  dans  un  article  spécial  et  nous  donnerons  sa 
valeur  approximative. 

Le  18  mai  1710,  Louis-Alexandre  Vigneron  demanda  à  bail  la  mai- 
son et  le  jardin  appelé  les  vieux  pressoirs.  11  devait  planter  le  jardin 
e:i  vigne  et  payer  chaque  année  deux  demi-queues  de  vin.  Si  ces  demi- 
queues  valaient  un  prix  inférieur  à  5o  livres,  il  s'engageait  à  payer  le 


1.  Dom  Poirier,  Bib.  nat.  ins.fr.  20848,  p.  34. 

2.  Lereuf-Cocheris,  III,  p.  67,  70,  72, 

3.  Ghap.  conv.  Bib.  nat.  nis.  fr.  iGSoG,  p.  247. 


_  16-- 


snrplus'.  Plus  tard,  le  i"  juin  1725,  les  religieux  de  Saint-Germain 
cédèrent  ces  immeubles  à  M.  de  Verneuil,  introducteur  des  ambassa- 
deurs, et  reçurent  en  échange  i3  arpents  de  terre\ 

Le  sieur  Bigres  avait  à  Valenton  un  petit  fief  appelé  le  Clos-Gaillard  ; 
les  Bénédictins  lui  accordèrent  de  changer  ce  nom  en  celui  de  fief  de 
Chevilly  (5  mai  17 19)'. 


Moulin  banal 
Four  banal. 


Déclaration  de  il 90 

I . 5oo ' 


600' 

Le  passage  d'eau  et  la  pêche  dans  la  rivière  d'ières  .  900 1 

Cens,  environ  par  année ^°° 

Lods  et  vente,  année  commune.    ....•••  2.5oo 
Une  rente  foncière  due  par  Coeffier,  vigneron  au  dit 

Valenton 

Une  autre  de  12'   1 5^  et  un  boisseau  d'orge  due  par 
la  veuve  Matarder,  le  sieur  Noren,  du  même  lieu.     .  12^  lo' 

La  dixme  au  dit  lieu,  sur  800  arpent,  le  tout  loué.     .         5- 0^0' 

Total ^o-6^°'  '^^ 

Ce  revenu  appartenait  à  la  mense  abbatiale,  cependant  la  mense 

,,         M       •.  .       2.3oo^\ 

conventuelle  prélevait 

Charges 

Curé  de  Valenton,  pour  la  portion  congrue 700' 

Le  fermier  général  devait  aux  marguilliers  en  charge  de  Valenton,  le 
jour  de  la  mi-carême  de  chaque  année  un  septier  méteil,  les  deux  tiers 
froment  et  un  tiers  seigle,  pris  à  la  grange  dixmeresse  de  V.Ueneuve- 
Saint-Georges,  pour  les  miches". 


1.  Chap.  conv.  Bib.  mt.  ms.  fr.  16857,  p. 


455. 


a.  Arch.  nnl.  S.  ati'io. 

3.  Cliap.  conv.  Hih.  nul.  ms.fr.   i(i8[)7,  p.  ôaS. 

4.  Arch.  nal.  S.  aSaS,  cl  Leiœuf-Cocheris,  t.  III.  p.  <'7  ^  v'»- 

5.  W.  S.  2858;  CociiERis,  t.  111,  p.  7"  et  72- 


i68 


La  ferme  de  Valenton,  bàlhiienls,  cour,  jardin  et  clos,  le  tout  conte- 
nant 4  arpents,  plus  3  pressoirs  banaux  et  83  arpents  de  terre  et  prés, 
en  2o  pièces,  le  tout  situé  commune  de  Valenton  et  terroir  de  Valen- 
lon  et  A  illeneuve-Saint-Georges,  furent  vendus,  le  24  février  1791, 
5o.ooo  livres,  à  Le  Pileur  de  Brévannes,  cy-devant  conseiller  au  Parle- 
ment de  Paris,  y  demeurant,  rue  d'Orléans*. 


Seigneurie  temporelle. 

Comme  nous  l'avons  déjà  dit,  Hugues,  abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  intervint  pour  protéger  les  habitants  de  Yilleneuve-Saint-Georges 
et  de  Valenton.  C'est  lui  qui  mit  un  terme  aux  barbares  exigences  des 
avoués,  Etienne  de  Garlande  et  Amaury,  comte  d'Evreux.  Il  commua 
leurs  droits  en  une  rente  de  60  muids  de  vin,  selon  la  mesure  des 
lieux.  11  négocia  aussi  avec  Eudes  Briart,  gentilhomme  de  Corbeil,  qui 
maltraitait  des  gens  qu'il  aurait  dû  défendre.  Celui-ci  abandonna  ses 
prétentions,  mais  il  demanda  en  retour  i5  muids  de  vin  et  35  sols  par 
an  (ii38)\  C'est  grâce  à  la  salutaire  influence  qu'exerçait  l'abbaye  de 
Saint-Germain  que  Robert,  seigneur  de  Brie,  et  Aanor,  sa  femme, 
renoncèrent  aux  60  muids  de  vin  rouge  payables  chaque  année  par  les 
indigènes  de  Valenton  (i2i5)'. 

En  1249,  ce  même  monastère  se  montra  généreux  à  l'endroit  des 
Valentonnais  ;  il  les  affranchit  de  la  taille  à  plaisir  et  du  droit  de 
formariage*.  Les  habitants  de  Villeneuve  étaient  soumis  à  certaines 
servitudes.  Ayant  refusé  de  porter  leurs  vendanges  aux  pressoirs  de 
l'abbaye,  ils  furent  condamnés  par  le  Parlement  (7  septembre  1068)'. 
Ils  payaient  six  pintes  par  muid,  pour  la  dîme,  et  le  cinquième  setier 
pour  le  pressurage  (19  janvier  1572)'.  Souvent  les  gens  de  Valenton 
firent  cause  commune  avec  les  manants  de  Villeneuve-Saint-Georges 


1.  Archives  départementales  de  Seine-et-Oise,  Vente  des  biens  nationaux,  district  de 
Corbeil,  n°  58. 

2.  BOUILLART,    p.   87.  LeBEUF. 

3.  BOUILLAHT,    p.    11^. 
'4.   Id.,    p.     123. 

5.  /(/.,   p.    195.    BONNIN. 

6.  Arch.  nat.  L.  808, 


—  169  — 

dont  ils  partageaient  les  charges  et  la  condition.  Comme  eux  ils 
devaient  faire  moudre  leur  blé  au  moulin,  et  cuire  leur  pain  au  four 
des  religieux.  En  1478,  le  four  bannier  de  Valenton  était  afTermé  3o  sols 
qui  revenaient  au  pitancier  de  Saint-Germain-des-Prés'.  En  1790,  il 
rapportait  annuellement  600  livres,  et  le  moulin  i5oo. 

Voirie.  —  Plusieurs  documents  attestent  que  les  religieux  de  Saint- 
Germain  avaient  droit  de  voirie  à  Valenton. 

D'abord,  le  i4  janvier  i665,  monsieur  Chamois,  ingénieur  et 
conseiller  du  roi,  demande  la  permission  de  conduire  à  sa  maison  une 
source  d'eau  qui  se  trouve  dans  la  coiu'  d'un  nommé  Etienne  Maillas- 
son.  Il  se  charge  de  la  confection  et  de  l'entretien  des  conduits  sur  tout 
leur  parcours.  On  fait  droit  à  sa  demande'. 

L'intendant  de  monsieur  le  duc  de  Vendôme  sollicite  qu'on  lui 
permette  de  conduire  à  la  maison  que  le  duc  a  achetée  à  Valenton  les 
eaux  qui  viennent  des  bois  appelés  les  Aulnettes  et  du  clos  de  la  vigne 
appelé  les  Chapelles.  Il  voudrait  également  faire  sortir  les  dites  eaux 
de  son  jardin  par  le  chemin  de  la  procession  de  Villeneuve,  afin 
d'arroser  ses  terres  et  prairies.  Il  promet  de  réparer  la  voie  pour  que 
personne  ne  soit  incommodé  (17  mai  1688) \  Monsieur  de  Verneuil, 
conseiller  et  secrétaire  de  Sa  Majesté,  s'adresse  aux  religieux  de  Saint- 
Germain  pour  qu'ils  lui  permettent  de  faire  une  entrée  à  la  maison 
qu'il  construit  à  Valenton,  et  d'élargir  la  grande  rue  du  village.  Il  se 
charge  de  tous  les  frais  (19  mars  1725)*. 

Le  sieur  Artaud  obtient  de  conduire  à  sa  maison  et  de  là  dans  ses 
propriétés,  par  tranchées  ou  tuyaux,  le  trop-plein  de  la  fontaine  publi- 
que, située  au  haut  de  la  rue  Royale.  Ces  eaux  se  répandaient  sur  le 
chemin  et  le  dégradaient  (/»  juin  1705)  °. 

Monsieur  de  Belmont,  conseiller  du  roi  en  ses  conseils,  grand  audien- 
cier  de  France  honoraire,  avait  acquis  de  madame  de  Verneuil,  entre 
autres  biens  et  héritages  sis  à  Valenton,  deux  jardins  séparés  par  un 
fossé  revêtu  de  pierres  de  taille.  L'abbaye  de  Saint-Germain  lui  periucl 


1.  Arch.  nat.  LL.  1090,  p.  87. 

2.  Chap.  conv.,  Bib.  nat.  ms.fr,  i0850,  p.  223. 

3.  Arch.  nat.  1G857,  p.  24i. 
II.  Id.  iG858,  p.  ao. 

5.  Id.  i685c),  p.  100, 


—  170  — 

de  supprimer  ce  passage  peu  fréquenté.  La  commune  approuve  cette 
décision  et  reçoit  comme  domniiage-intérèt  une  rente  annuelle  de 
/|Oo  livres  (20  mars  1708)^ 

Justice.  —  Il  y  avait  à  Valenton  des  marais  contenant  environ 
go  arpents.  Les  habitants  en  jouissaient  et  le  roi  lui-même  leur  confirma 
es  droit  (août  1608)  \  La  chambre  des  vacations,  faisant  droit  à  leur 
requête,  déclara  que  ces  pâturages  étaient  séparés  de  la  seigneurie  de 
Valenton  (16 12). 

Les  gens  des  communes  voisines  n'avaient  pas  la  liberté  d'y  mener 
leurs  troupeaux.  En  dépit  de  cette  défense,  un  sieur  Brotin  de  Mesly  y 
conduisit  ses  moutons.  Les  hommes  de  Valenton  coupèrent  la  tête  à 
deux  et  les  confisquèrent  comme  de  coutume.  Le  sieur  Oudart  fit  la 
même  chose,  et  ses  moutons  eurent  le  même  destin.  Mais  le  berger 
avait  un  bâton  ferré  des  deux  bouts,  il  frappa  fort.  Un  grave  procès  se 
déroula  devant  le  juge  de  Valenton  et  alla  en  appel  devant  le  Parlement. 
Le  sieur  Oudart  et  les  habitants  de  Mesly  furent  condamnés  (28  août 

Les  religieux  de  Saint-Germain  soutenaient  avoir  seuls  le  droit  de 
pêcher  dans  les  marais  de  Valenton.  Ils  considéraient  le  poisson  comme 
une  épave  ;  il  devait  leur  appartenir.  La  commune  ne  semble  pas  avoir 
partagé  cet  avis,  car  les  Bénédictins  durent  payer  3oo  livres  pour  le 
poisson  provenant  des  marais  (1714)  ^ 

Audiences.  —  Les  plaids  et  audiences  de  justice  furent  fixés  au 
mardi  (8  août  i66l\)  \ 

Le  grefTe  et  tabellionage  étaient  loués  3o  livres,  en  1664,  et  25  livres, 
en  1673". 

Dîmes.  —  Le  sieur  Bazanier,  cui'é  de  Valenton,  voulut  s'emparer  des 
dîmes  en  i52o.  Il  fut  prouvé  qu'elles  avaient  toujours  appartenu  aux 
religieux  de  Saint-Germain.  Ne  fournissaient-ils  pas  le  gros  aux  vicaires 
perpétuels  de  l'endroit,  ainsi  qu'à  ceux  de  Crosne  et  de  Villeneuve? 
De  nombreuses  quittances  attestaient  ce  fait,  et  principalement  de  1420 


1.  Arch.  nat.  iGSSg,  p.  2G6. 

2.  Id.  S.  394 1. 

3.  Id.  S.  2941. 

4.  Id.  S.  2941. 

5.  Id.  LL.  io43,  p.  i3i. 
0.  Id.  LL.  io43,  p.  i3i, 


—  171  — 


à  iZ,37'.  Gabriel  Uatouillet,  piètre  vicaire,  ne  fut  pas  plus  heureux 
lorsqu'il  réclama  en  i5o6  les  dîmes  de  chanvre  et  de  lin  et  employa  la 
violence  contre  ceux  qui  refusaient  de  les  lui  accorder  ^  On  reconnais- 
sait que  les  dîmes  appartenaient  à  l'abbaye  de  Saint-Gcrmain-des-Pres. 
puisque  les  tribunaux  se  prononcèrent  maintes  fois  en  ce  sens.  Le 
19  janvier  1572,  l'abbé  de  Saint-Germain  obtint  une  commission  pour 
obliger  les  manants  de  Valenton  de  lui  payer  six  pintes  par  muid  pour 
la  dîme  et  le  cinquième  setier  pour  le  pressurage'. 

Un  document  du  9  mai  i533  nous  montre  qu'on  payait  environ  le 
dixième  pour  la  dîme  des  animaux;  pour  45  agneaux  on  en  donnait 
quatre*. 

Seigneurie  spirituelle. 

L'église  de  Valenton  est  dédiée  à  la  sainte  Vierge.   Elle  célèbre  sa 
fête  patronale  le   i5   août.   La  partie   la  plus  ancienne    de   ce  petit 
édifice  est  la  nef  :  elle  annonce  la  fin  du  XI  V«  siècle.  Deux  collatéraux 
fort  étroits  l'accompagnent.  Le  chœur,  ouvrage  des  derniers  siècles,  a 
été  bâti  par  les  économats  en  1787.  C'est  un  carré  parfait  surmonte 
d'un  grand  dôme  que  couronne  un  clocher  assez  élevé.  Cette  eghse  est 
pauvrement  meublée.  Vingt  stalles  forment  son  plus  grand  luxe.  Elles 
furent  données  par  l'abbaye  de  Saint-Germain  et  datent  du  Xl\«  siècle. 
Elles  ont  souffert  pendant  la  Révolution.  Il  y  avait  trois  cloches,  mais 
deux  ont  été  fondues  comme  tant  d'autres,   au  temps  de  la  fameuse 
tourmente  de  1790.  Celle  qui  reste  est  peut-être  la  plus  ancienne  des 
environs  de  Paris.  Elle  porte  une  inscription  qui  pourrait  bien  être  du 

XVP  siècle  ^  , 

La  cure  était  à  la  présentation  de  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Pres, 

car  nous  savons  qu'Alexandre  111  confirma  ce  droit  en  1 177. 

Le  6  avril  1704,  monsieur  Lenoir,  conseiller  du  loi  en  son  grand 


1.  Arch.  nat.  LL.  io43;  LL.  io85;  LL.  1086. 

2.  Id.   LL.  1043. 

3.  Id.  LL.  Il 40,  p.  709. 

4.  Id.   LL.  n43,  p.  133. 

5.  PjNARD, 


172 


conseil,  et  monsieur  Bigres,  conseiller  du  roi,  receveur  et  payeur  des 
gages  de  messieurs  les  officiers  du  grand  conseil,  demandèrent  à  la 
communauté  de  leur  permettre  à  chacun  de  placer  un  banc  dans  le 
chœur,  dans  un  lieu  près  du  clocher  où  cela  ne  devait  causer  aucune 
incommodité.  Ils  promettaient  de  donner  loo  livres  l'un  et  l'autre*. 

Deux  ans  plus  tard  (3o  août  1706),  madame  Tranché  deTrememont, 
fdle  de  feu  monsieur  de  Machault,  conseiller  au  Parlement,  demanda 
qu'on  lui  permît  d'occuper  le  banc  que  son  père  avait  jadis  placé  en 
l'église.  En  retour,  elle  s'engageait  à  donner  100  livres'. 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-prés  accordèrent  à  Gilles-Edouard 
le  Bouillier,  curé  de  Yalcnton,  acceptant  pour  l'œuvre  et  fabrique  de  la 
paroisse,  un  terrain  sis  dans  cette  commune.  11  contenait  deux  perches 
et  demie  de  superficie  et  tenait  d'une  part  à  la  cour  de  la  ferme 
seigneuriale,  de  l'autre  au  jardin  du  presbytère  et  à  la  nouvelle 
sacristie.  Cette  cession  était  faite  moyennant  un  sol  de  cens  et  2  sols  de 
rente.  La  fabrique  s'engageait  à  construire  entre  ce  terrain  et  la  cour 
seigneuriale  un  mur  long  de  8  à  9  toises'. 

Il  convient  de  relater  ici  un  incident  qui  marqua  la  prise  de  posses- 
sion de  l'église  par  les  religieux  de  Saint-Germain  qui  avaient  la  terre 
de  Valenton,  antérieurement  aliénée  par  l'abbaye.  Le  32  mars  i6G3, 
Dom  Lucien  Godard,  procureur,  et  Jean  Barré,  cellérier  du  monastère, 
accompagnés  du  prévôt  et  des  autres  officiers,  entrèrent  dans  le  temple 
saint,  prièrent  devant  l'autel,  s'assirent  au  banc  seigneurial,  en  présence 
du  sieur  de  Machault,  conseiller  du  roi,  et  3o  ou  4o  personnes.  Personne 
ne  protesta.  Il  n'en  fut  pas  de  même  lorsque  le  i5  mai  suivant,  jour  de 
la  Pentecôte,  l'huissier  du  roi  voulut  installer  les  officiers  de  Saint- 
Germain-des-Prés.  11  trouva  au  banc  seigneurial  Jean  Martin,  procu- 
reur fiscal,  et  le  sieur  Ghallat,  domestique  de  monsieur  de  Beauvais 
et  de  Marie  Nourrisson,  les  anciens  propriétaires.  Le  dernier  avait  des 
armes  et  portait  une  épée  au  côté.  11  saisit  au  col  l'huissier  et  tenta  de 
l'empêcher  de  publier  les  arrêts  et  ordonnances,  ce  qui  causa  tumulte 
et  scandale.  Ces  circonstances  témoignent  que  ceux  qui  détenaient  les 


1.  Arch.  nat.  LL.  iol,3,  p.  187.  Chap.  conv.,  Bib.  nal.,  ms.fr.  1C857,  p.  378. 
a.  Id.,  ms.fr.  16867,   P-  4oa. 
3.  Id.  S.  2g4o. 


-  ,73  - 

biens  monastiques  ne  les  voyaient  pas  sans  peine  leur  échapper  et 
passer  en  des  mains  étrangères  '. 

On  prélevait  sur  les  revenus  de  Yalenton  : 

1°  Le  V  des  ides  de  janvier  ou  le  9  de  ce  mois,  lx  sols  pour  l'anniver- 
saire de  Barthélemi  de  Roya. 

2"  Le  V  des  ides  de  mai  ou  le  1 1  de  ce  mois,  xxx  sols  pour  l'anniser- 
saire  de  Gilette  (Gile),  épouse  de  Garnier  le  petit. 

3°  Le  Yll  des  ides  de  juillet  ou  le  9  de  ce  mois,  xl  sols  pour  l'anniver- 
saire de  Pierre  Picard. 

4"  Le  IX  des  calendes  d'août  ou  le  24  juillet,  xxx  sols  pour  l'anniver- 
saire de  Thibault,  abbé. 

5"  Le  Yll  des  ides  de  septembre  ou  le  7  septembre,   100  sols  pour 
l'anniversaire  de  Richard,  anglais,  évêque  d'Avranche. 
6°  A  la  fête  saint  Amand,  calendes  d'octobre,  xx  sols. 
7'^  Le  11  des  calendes  de  novembre,  ou  le  3i  octobre,  xu  sols  pour 
l'anniversaire  de  Raoul  de  Gueneville. 

8'^  Les  nones  de  novembre  ou  le  5  de  mois,  x  sols  pour  l'anniversaire 
de  Mathieu  (de  Civiliaco). 

9"  Les  calendes  de  décembre  ou  le  i^""  de  ce  mois,  iv  Uvres  pour 
l'anniversaire  de  Pabbé  Hugues  de  Flacourt. 

10°  Le  IV  des  ides  de  décembre,  ouïe  10  de  mois,* xxx  sols  pour 
l'anniversaire  de  Melon  (de  Trociaco). 

1 1°  Le  XII  des  calendes  de  janvier  ou  le  21  décembre,  xxii  hvres  (?) 
pour  l'anniversaire  de  maître  Pierre  de  Concigny  ". 

A  deux  kilomètres  de  Yalenton,  dans  la  plaine  et  sur  le  territoire  de 
cette  commune,  se  trouve  une  ferme,  appelée  l'Hôpital,  qui  apparlint 
jadis  aux  Templiers  et,  dans  la  suite,  à  l'Ordre  de  Malte.  Il  y  avait  là 
une  chapelle  bâtie  au  XIII"  siècle,  connue  sous  le  vocable  de  Saint-Jean. 
Elle  possédait  des  fonts  baptismaux.  Chaque  dimanche  on  y  célébrait 
la  grand'messe,  à  laquelle  était  offert  le  pain  bénit.  L'évêque  de  Paris 
fut  maintenu  dans  le  droit  d'y  administrer  seul  tous  les  sacrements 
(1496).  Cette  maison  était  destinée  au  logement  des  pèlerins  et  croisés 
qui  se  rendaient  en  Terre-Sainte  \ 


1.  Arch.  nul.  LL.  io43. 

2.  /(/.  LL.  1027. 

3.  Voir  Pinard. 


17A 


Curés 


i43o.  Robert  le  Moucheux. 

i5o6.  Gabriel  Ratouillet. 

i52o.  Bazannier. 

1598.  Michel  Collet. 

1784.  Edouard  le  Bouillier. 


BRUYERES  (proche  Limeil) 


Un  document  nous  fournit  l'occasion  de  citer  Limeil  qui  se  trouve 
dans  le  voisinage  de  Valenton.  On  y  voit  que  Eudes  le  Roux,  bourgeois 
de  Paris,  et  Agnès,  sa  femme,  donnèrent  à  l'abbé  de  Saint-Germain- 
des-Prés  leur  grange  ou  ferme  de  Bruyères,  près  Limeil-en-Brie,  avec 
2/|0  arpents  de  terre  qui  en  dépendaient  et  relevaient  de  la  censive  des 
religieux  bénédictins,  et  de  plus,  une  pièce  de  bois  de  3o  arpents,  dans 
les  environs.  Bouillart  et  l'abbé  Lebeuf  auraient-il  commis  une  erreur? 
ils  ne  mentionnent  que  ii4  arpents  de  terres  labourables.  D'oîi  vient 
cette  divergence  ?  Touchée  de  reconnaissance  pour  ce  bienfait,  la  com- 
munauté de  Saint-Germain  promit  de  payer  à  Eudes  60  livres  de  rente, 
et  à  Agnès,  3o,  leur  vie  durant.  Elle  s'engagea  aussi  à  faire  célébrer 
solennellement  un  service  anniversaire  après  leur  mort'.  Le  dénombre- 
ment de  i384  mentionne  ce  domaine  : 

Item  I  hostel  appelé  les  Bruyères,  lequel  est  tout  désert  et  inhabi- 
table avec  G  (100)  arpents  de  terre,  et  xxxvi  arpents  de  petits  bois^ 

A  partir  de  cette  éjjoque,  on  ne  trouve  plus  trace  de  ces  héritages.  Ils 
furent  sans  doute  aliénés  ou  distraits. 


1.  Arch.  nat.  L.  780.  LL.  1087. 

2.  L.  753. 


ARRONDISSEMENT  de  PONTOISE 


LONGUESSE 


Longuesse,  en  latin  Longues  s  iiim,  Longiiessa,  Longuaxia,  est  un  vil- 
lage du  canton  de  Marines,  arrondissement  de  Pontoise,  département 
de  Seine-et-Oise.  11  doit  sans  doute  son  nom  à  la  forme  qu'il  a.  Une 
seule  rue  principale,  très  longue,  constitue  la  commune. 

Robert  II,  frère  du  roi  Eude,  avait  été  nommé  abbé  de  Saint- 
Germain-des-Prés.  En  dépit  des  saints  canons,  il  jouissait  des  richesses 
de  ce  monastère,  bien  qu'il  fût  simple  laïque  et  marié.  C'était  la 
première  fois  qu'on  voyait  pareil  scandale  dans  cette  communauté.  Ce 
prélat  d'un  nouveau  genre  montra  un  véritable  zèle  pour  doter  l'abl^aye 
qu'il  était  censé  gouverner.  En  918,  il  obtint  de  Charles  le  Simple  une 
charte  par  laquelle  il  donnait  à  Saint-Germain  de  Paris  des  biens  assez 
considérables,  entre  autres  la  chapelle  de  Longuesse  avec  ses  dimcs  et 
divers  revenus  ^ 

Des  acquisitions  et  donations  vinrent  augmenter  ce  domaine. 

Vers  960,  messire  Pierre  de  Longuesse  et  son  épouse,  Hildeburge, 
avec  le  consentement  de  leurs  enfants,  donnèrent,  en  aumône,  à  l'abbaye 
de  Saint-Germain-des-Prés,  les  terres  qu'ils  avaient  au  territoire  quali- 
fié de  leur  nom.  Pour  récompenser  cet  acte  généreux,  les  Bénédictins 
accordèrent  xxi  livres  x  sols  à  Pierre  de  Longuesse  et  un  anneau  d'or 
à  Hildeburge.  Les  autres  membres  de  la  famille  eurent  leur  part  dans 
cette  reconnaissance.  La  donation  que  nous  venons  de  mentionner  fut 
soleiuiellement  déposée  sur  l'autel  de  Saint-Vincent'. 

En  mars  1268,  le  monastère  de  Saint-Germain  acquit  à  Longuesse 
une  maison,  un  jardin  derrière  et  une  vigne,   avec  d'autres  biens 


1.  BouiLLART,  p.  ()/,.  Pièces  justificatives  (XXV). 
■2.  Arch.  mil.  LL.  1024,  p.  82. 


-  176  - 

à  Bouafle  et   Les   Mureaux,    pour   la   somme  de  60  livres  parisis*. 

Eustache  d'Orsignies,  chevalier,  fit  donation  à  l'abbé  et  au  convent 
de  Saint-Germain-des-Prés  de  ko  sols  parisis  de  rentes,  sur  les  censives 
de  Fresnes  (Ecquevilly)  (i27o)\ 

Au  mois  d'octobre  i332  eut  lieu  un  échange  entre  l'abbé  et  les  reli- 
gieux de  Saint-Germain.  Ceux-ci  délaissèrent  à  leur  supérieur 
123  livres  i5  sols  de  rente  à  Issy  et  Vaugirard  pour  la  maison  de  Lon- 
gucsse  et  ses  appartenances  qu'il  leur  abandonnait \ 

Ils  effectuèrent  cet  accord,  disaient-ils,  après  grande  et  longue  déli- 
bération (i332),  pour  la  paix,  concorde  et  unité,  qui  doit  estre  nourrye 
et  gardée  spécialement  entre  personnes  de  religion,  pour  eschiver 
descors,  matière  de  scandale,  au  temps  à  venir.  Les  biens  de  l'abbé  et 
du  convent  étaient  mélangés  de  telle  sorte  qu'il  pouvait  en  résulter  de 
fâcheux  procès  *. 

Le  1 1  mars  i343,  Jean  et  Pierre  le  Viel  cédèrent  aux  Bénédictins  un 
jardin  situé  à  Longuesse.  Ils  reçurent  en  échange  un  arpent  de  terre  sis 
au  même  lieu,  redevable  envers  les  religieux  de  deux  sols  de  cens  et  de 
la  dîme  ^. 

On  lit  dans  le  dénombrement  de  i384  :  Item  le  pitancier  du  convent 
a  une  maison  en  l'archevesché  de  Roen,  appelé  Longuise,  en  grant 
ruine.  Item,  environ  xlii  arpents  de  terre.  Item,  environ  liui  sols  de 
menus  cens\  Item,  les  dîmes  de  grains  d'icelle  paroisse  et  champarts, 
tout  loué  à  présent,  montant  et  avalant,  xxmi  livres,  qui  soloit  valoir, 
avant  les  guerres,  c  livres  parisis,  et  doit  décime  au  pape,  qui  monte 
VI  livres. 

Le  7  avril  i46i,  demoiselle  Ferrenelle  de  Claincourt,  veuve  de  Pierre 
de  Gamaches,  renonça  au  profit  de  messieurs  le  religieux,  abbé  et  con- 
vent de  Saint-Germain,  à  cause  du  pitancier,  à  tous  les  droits  qu'elle 
avait  sur  un  hôtel,  nommé  Graveois,  et  ses  appartenances,  comme 
moulin,  coulombier,  masure,  terres,  jardins,  vignes,  prés,  aulnayes. 
Cette  propriété  était  située  entre  Fresnes  et  Bures.  La  dite  demoiselle 


1.  Arch.  mit.  L.  765  ;  LL.  loia,  p.  5. 
3.  Id.  LL.  ii46,  p.  707. 

3.  Id.  L.  780  ;  LL.  10/12,  p.  b. 

4.  Id.  L.  780. 

5.  Id.  S.  3986. 

0.  Voir  Saint-Germain  aa  XIV'  siècle,  p.  35.  Anh.  nul.  L.  7.")3,  n°  29. 


// 


fut  déchargée  de  4o  sols  parisis  de  rente  qu'elle  devait  aux  Bénédictins, 
à  raison  de  ces  immeubles '. 

Dom  Charles  BuUet  acquit  pour  sa  communauté  de  Toussaint 
Lemaitre,  au  prix  de  77  livres  i5  sols  de  rente  rachetables  i4oo  livres, 
un  corps  de  logement  et  62  perches  de  terre  sis  à  Longuesse  (19  no- 
vembre 1647).  ^^  ^^^  pl^^  tard,  le  18  mars  1G48,  les  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  empruntèrent  2000  livres,  pour  100  livres  de  renie 
annuelle,  atin  de  solder  l'achat  qu'ils  avaient  fait  à  Longuesse.  Le  sup- 
plément de  600  livres  était  destiné  à  payer  les  répai'alions  qui  s'impo- 
saient. Le  24  mars  de  la  même  année,  dom  Charles  Bullet  remboursa  à 
la  veuve  Dubray  03  livres  de  rentes'. 

On  avait  donné  à  dom  Charles  Bullet,  pour  sa  pension  viagère,  la 
jouissance  de  Longuesse,  et  à  dom  Nicolas  Duval  les  revenus  de  Sep- 
teuil.  Comme  cette  terre  était  notablement  plus  importante,  dom  Nico- 
las Duval  rendait  5oo  livres  à  son  confrère.  Ils  partageaient  tous  les 
deux  le  rendement  de  la  propriété  de  Montchauvet^. 

Ces  deux  religieux  pouvaient  faire  restaurer  la  maison  de  Longuesse 
s'ils  le  trouvaient  bon,  mais  à  leurs  frais  et  dépens. 

Ils  devaient  payer  la  portion  congrue  des  curés  et  faire  arpenter  les 
domaines,  tous  les  cinq  ans. 

Il  leur  était  interdit  de  prendre  le  titre  de  prieurs  dans  leurs  actes  ; 
mais  on  leur  permettait  de  se  considérer  comme  procureurs  de  Béné- 
dictins de  Saint-Germain. 

Les  revenus  qu'on  leur  abandonnait  valaient  à  cette  époque  mille 
livres.  S'ils  augmentaient,  la  mense  conventuelle  n'avait  rien  à  pei'cc- 
voir;  s'ils  diminuaient,  elle  n'avait  rien  à  fournir.  La  communauté 
trouvait  plus  simple  de  céder  aux  anciens  la  jouissance  de  quelques 
fermes  pour  acquitter  leur  pension.  Elle  n'avait  pas  à  s'inquiéter  du 
payement,  qui  entraînait  parfois  des  procès  (4  décembre  iGSa)*. 

Le  5  novembre  1G59,  les  Bénédictins  de  Saint-Germain  achetèrent  de 
Nicolas  et  Marthe  Malet  3i  perches  de  terre  à  Longuesse,  pour  la 
somme  de  3io  livres.  Cet  acquisition  servit  d'emploi  à  l'argent  donné 
par  M.  d'Amblainvilliers  pour  la  fondation  d'une  messe'. 

1.  Arcli.  nat.  LL.  iiAO. 

2.  Id.  S.  2q38;  LL.  1062;  LL.  1062,  p.  1 1 . 

3.  Id.  LL.  I  laC,  p.  3Go. 
k.  Id.  LL.  ii2(;,  p.  88. 

5.  Id.  S.  2(j38;  LL.   lo/ia. 


178- 


Quelle  était  l'étendue  du  domaine  de  Longuesse  ?  En  i38A,  comme 
nous  l'avons  vu,  il  se  composait  de  42  arpents.  Plus  tard,  nous  le  trou- 
vons diminué,  sans  pouvoir  découvrir  la  cause  de  cet  amoindrisse- 
ment. 

Un  bail  du  20  avril  lôiy  nous  donne  la  superficie  des  possessions 
de  Longuesse  et  nous  indique  la  situation  des  immeubles  qui  les  com- 
posent. Elles  comprennent  une  maison,  grange,  estable,  cour  et  jardin 
et  27  arpents  de  terres  arables  situées  en  divers  lieux  : 

r  9  arpents,  au  lieu  dit  le  Grand-Chemin. 

3"  2  arpents  1/2  et  20  perches,  au  lieu  dit  le  long  de  l'Estang,  tenant 
à  la  terre  de  la  cure. 

3"  I  arpent  3  perches,  joignant  à  la  chaussée  qui  mène  de  Vigny  à 
Meullent  (Meulan). 

4°  3  arpents  6  perches,  au  lieu  dit  Sous-la-Carrière. 

5"  2  arpents  1/2,  au  lieu  dit  Lestre  ('?). 

G"  2  arpents  1/3  et  10  perches,  au  lieu  dit  Sous-la-Hallotière. 

7"  2  arpents  1/2  et  i5  perches,  au  lieu  dit  le  Fond-des-^Ierçais. 

8°  4  arpents  i  quartier  1/2,  au  lieu  dit  le  Buisson-Saint-Germain  ^ 

L'arpentage  des  terres  de  Longuesse,  le  i4  juin  1640,  donne 
33  arpents  83  perches".  Dans  celui  du  i^""  juin  1674,  on  trouve  une  dif- 
férence de  3  perches,  en  moins.  Nous  remarquons  que  le  prix  des  baux 
s'est  élevé  graduellement,  comme  le  montre  la  liste  suivante  : 

'  i526 70^ 

*  1593 46  escus  2/3 

'1627  . 45o^ 

1657 i.5oo^ 

1765 2.400^ 

Le  dîmage  de  Longuesse  était  borné  par  le  ruisseau  Sirefontaine  et  la 
vallée  du  même  nom,  les  chemins  de  Meulan  à  Vigny,  de  Condécourt 
à  Frémenville,  de  Longuesse  à  Ruel,  de  Huanville  au  Bourdeau  de 
Vigny,  de  Longuesse  à  Théméricourt,  la  forêt  de  Folimouchet,  les 
rochers  Bandes,   la   mm-aille   du   parc    de    Vigny,    les   chemins   du 


1.  Arch.  nat.  LL.  iiiG,  p.  701. 

2.  Id.  LL.  io4a,  p.  79-80. 

3.  Id.  LL.  iiiô,  p.  700. 
!,.  Id.  LL.  1089,  P-  88. 
5.  Id.  LL.  11/16,  p.  693. 


i 


—  179  — 

Bourdeaii  de  Vigny    à   Poissy,   de   Paris   à  Rouen,   de    Longuesse  à 
Sagy'. 

La  déclaration  de  1790  est  ainsi  conçue  : 

Longuesse  a  une  ferme  seigneuriale  consistant  en  plusieurs   bâti- 
ments, granges,  jardin  et  clos  contenant  environ  3  arpents. 

Plus  28  arpents  un  quartier  environ  de  terres  labourables,  les  cens, 
rentes,  lods  et  ventes,  les  grosses  et  menues  dîmes  de  la  paroisse,  loués 

au  sieur  Petit 3. 000'. 

et  en  passant  le  bail. 3. 000'. 

ce  qui  fait  par  an 333'  6^  8'. 

Le  fermier  devait  payer  le  gros  du  curé  qui  se  composait,  depuis 

1789,  de  2  muids  1/2  de  blé,  à  i5'  le  septier 720'. 

et  I  muid  d'avoine,  à  i5'le  septier 180'. 

Cette  redevance  s'élevait  à 90c)'. 


Seigneurie  temporelle. 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  eurent  à  défendre  lem- 
domaine  de  Longuesse  contre  d'injustes  prétentions.  D'abord  le  prévôt 
royal  d'Anet  s'obstinait  à  réclamer  à  leurs  vassaux  deux  muids  d'avoine 
de  rente  annuelle,  pour  droits  de  tensement.  Ils  s'en  ])laignirent  à 
Philippe-Auguste,  qiii  mit  fin  à  cet  abus  (1209)'-. 

Hugues  de  Laieville,  chevalier,  après  avoir  soutenu  que  les  habitants 
de  Longuesse  lui  avaient  certaines  obligations,  renonça  à  faire  valoir 
ses  droits,  comme  l'atteste,  dans  une  charte  de  i23i,  Guy,  seigneur  de 
la  Roche  \ 

Jean  de  Monte  Caprino  afTirmait  qu'il  possédait  à  Longuesse  un 
moulin  banal  pour  toute  la  contrée.  Pom-  justifier  ses  allégations,  il 
confia  à  son  père  qui  vivait  encore  le  soin  de  faiie  une  enquête  à  ce 
sujet.  Celui-ci,  après  avoir  examiné  les  choses  avec  conscience,  recon- 
nut et  proclama  les  droits  de  son  fils,  qui  en  fit  aussitôt  l'abandon  à 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  (1220)'. 


1.  Arch.  nat.   N'  11°  ^29. 

2.  Id.   LL.  102G,  p.  83. 

3.  Id.   L.  780;  LL.  1036,  p.  96. 

4.  Id.  LL.  102G,  p.  96. 


i8o 


Au  XIII''  siècle,  Gilbert  avait  à  Longuesse  une  terre  qu'il  tenait  en  foi 
et  hommage  de  Herbert,  seigneur  d'une  partie  de  Meullent  (Meudan). 
Il  la  transmit  à  Giloa,  qui  avait  épousé  sa  fdle  Malhilde.  Troublé  par 
les  jugements  de  Dieu  et  désireux  d'expier  les  fautes  qu'il  avait  com- 
mises, il  résolut  d'embrasser  la  vie  religieuse.  Ayant  oblenu  d'entrer  à 
Saint-Gerinain-des-Prés,  il  donna  tous  ses  biens  à  ce  monastère.  II  avait 
antérieurement  remis  entre  les  mains  d'Herbert,  son  seigneur,  le  fief 
(jui  relevait  de  lui  et  qu'il  avait  administré.  Ce  suzerain  se  montra  géné- 
reux. De  concert  avec  sa  mère  Emeline  et  son  épouse,  Sézile,  il 
aumôna  ce  fief  aux  Bénédictins  de  Saint-Germain.  L'abbaye  en  laissa 
la  jouissance  à  l'ancien  tenancier,  moyennant  12  deniers  de  cens*. 

Thomas  de  Brie,  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés,  au  nom  de  son 
abljaye,  et  dom  Nicolle  Rousselin,  prieur  de  Théméricourt,  revendi- 
quaient le  dixmage  sur  26  arpents  de  terre  sis  au  territoire  de  Huan- 
ville.  Le  i5  avril  1/488,  le  prévôt  de  Paris  rendit  une  sentence  favorable 
au  premier  et  lui  accorda  ce  qu'il  réclamait'. 

Le  procureur  du  roi  à  Meulan  prétendait  que  la  terre  de  Longuesse 
était  un  domaine  royal  et  la  fit  saisir  en  cette  qualité  (i5o2).  Combien 
de  temps  dura  cet  état  de  choses?  Nous  ne  le  savons  pas'. 

Les  sieurs  Toussaint  et  Philippe  Lemaître,  bouchers,  avaient  prati- 
qué des  ouvertures  et  des  soupiraux  sur  les  propiétés  des  religieux.  Un 
arrêt  de  31  octobre  iGZi5  leur  ordonna  de  les  supprimer  \ 

Les  habitants  de  Longuesse  avaient  coutume  de  mettre  les  animaux 
domestiques  à  paître  ensemble.  Une  ordonnance  du  12  décembre  1712 
diîsigna  les  pâturages  et  régla  que  chacun  ne  pourrait  envoyer  au  trou- 
peau commun  cpi'un  nombre  de  moutons  relatif  à  ses  propriétés^. 

(hiant  à  la  dîme,  on  percevait  8  gerbes  sur  too". 

Seioiieurie  spirituelle. 

Comme  nous  l'avons  déjà  dit,  Charles  le  Simple  accorda,  en  g  18,  à 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  la  chapelle  de  Longuesse  avec  ses 

1.  Arch.  mit.  L.  780. 

2.  Jd.  LL.  11/16,  p.  692. 

3.  Id.  LL.  n4G,  p.  700.      - 
/i.  Id.  LL.  10^2,  p.  85. 

■5.  Id.  LL.  ioi!|2,  p.  87. 
0.  kl.  LL.  10/12,  p.  27. 


i8i 


revenus.  Dans  la  charte  de  donation  il  demandait  des  prières  et  services 
religieux  pour  lui  et  sa  famille'. 

Cette  possession  fut-elle  distraite  du  domaine  des  Bénédictins?  Lu 
document  de  960  paraît  l'insinuer.  11  porte  que  Hugues  11,  archevêque 
de  Rouen,  leur  rendit  l'église  de  Longuesse.  11  se  réserva  seulement  les 
droits  de  synode  et  de  procuration  ^ 

Deux  siècles  plus  tard,  on  trouva  sans  doute  ce  temple  trop  modeste 
ou  trop  insuffisant  pour  contenir  la  population  qui  assistait  aux  offices. 
On  en  construisit  un  plus  en  rapport  avec  les  besoins  de  l'époque. 

Un  autre  archevêque  de  Rouen,  nommé  Hugue  d'Amiens,  fit  encore 
don  de  cette  nouvelle  église  aux  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés. 
Il  voulait  ainsi  récompenser  l'affectueux  dévouement  de  leiu-  abbé  à  sa 
personne.  11  leur  laissa  aussi  l'ancien  sanctuaire  avec  la  faculté  d'en 
faire  un  oratoire  de  dévotion.  Les  droits  de  synode  et  de  visite  furent 
maintenus  \ 
En  1175,  Rotrou,  son  successeur,  confirma  ce  qui  avait  été  accordé'. 
Les  Bénédictins  présentaient  à  la  cure  de  Saint-Gildard  de  Longuesse. 
Ils  jouissaient  de  ce  privilège,  mais  ils  avaient  aussi  la  charge  de  four- 
nir au  titulaire  les  moyens  de  subsister. 

Le  curé  recevait  pour  son  gros  deux  muids  de  méteil  et  un  muid 
d'avoine.  11  se  croyait  en  outre  le  droit  de  percevoir  la  tierce  partie  des 
menues  dîmes  et  des  dîmes  du  vin.  S'il  payait  la  censive  des  i4  arpents 
de  terre  appartenant  à  la  cure,  il  en  percevait  aussi  le  revenu  qui  se 
montait  d'ordinaire  à  un  septier  de  blé  par  an'. 

Le  relations  des  curés  de  Longuesse  avec  les  religieux  de  Saiiil- 
Germain-des-Prés  ne  furent  pas  toujours  empreintes  d'une  parfaite 
cordialité. 

Le /».  novembre  160 1,  l'un  d'eux,  André  Damcville,  se  fit  décharger 
d'une  pension  de  12  escus  qu'il  devait  payer  à  la  mense  des  novices  de 
l'abbaye,  en  renonçant,  pour  lui  et  ses  successeurs,  aux  novalcs  dans 
les  limites  et  fins  de  la  paroisse  de  Longuesse  ". 

I.  Boi  iLLAiiT,  Picces  jusliJîrnl.,Wy. 

3.  Arrh.  mit.  LL.  loa'i,  p.  G...  Bih.  mil.  ms.  l.  i.^S.iS,  p.  ./i .  —  norii.i.vur.  Pirrr.t 
justificat.,  WVI. 

3.  /'/.  LL.  loaf),  p.  2o'i  ;  LL.  103G,  p.  07'  Hoiu.i.utr.  Pièces  juslificat.,  LIV. 

II.  /(/.    IAj.    Klili,    p.    ()1. 

f),  liib.  liât.  ms.  l.   13838,  p.  3o8. 
6.  Arch.  nat.  LL.  n46,  p.  Oya. 


—     l83    — 

Un  autre,  Louis  Abelly,  soutenait  que  sa  portion  canonique  était 
insuffisante.  En  plus  des  deux  muids  de  blé  et  du  muid  d'avoine  que 
recevaient  ses  prédécesseurs,  il  obtint  6  septiers  de  blé,  et  l'exemption 
de  la  dîme  pour  les  terres  curiales,  qui  comprenaient  à  cette  époque 
iG  arpents  80  perches.  11  renonça  alors  à  ses  prétentions  de  percevoir 
les  dîmes  sur  le  vin  (i4  janvier  i636)^ 

Hippolyte  Feret,  vicaire  général  et  ofTicial  de  Pontoise  et  du  Yexin 
français  pour  IMonseigneur  le  Révérendissime  archevêque  de  Rouen, 
primat  de  Normandie,  fit  savoir  qu'après  avoir  veu,  leu,  et  meurement 
considéré  cet  accord  passé  enlre  Claude  Cotton,  jorocureur  général  et 
receveur  des  religieux  de  Saint-Germain,  et  Louis  Abelly,  curé  de 
Longuesse,  il  l'avait  ratifié  (27  mars  i636)\ 

Cinq  ou  six  arpents  de  terre  situés  près  la  croix  des  Vignes,  sur  la 
route  de  Rouen,  donnèrent  lieu  à  un  bruyant  litige.  Dom  Charles  Bul- 
Ict,  usufruitier  de  Longuesse,  et  le  sieur  François  Molard,  curé  de  la 
V'illeneuve-Saint-Martin,  en  revendiquaient  les  dîmes.  Un  jour,  ce  der- 
nier se  rendit  sur  les  lieux  et  rencontra  son  compétiteur.  Oublieux  du 
respect  cpi'il  lui  devait,  il  l'invcctiva  avec  beaucoup  de  violence,  en 
l'appelant  :  bougre  et  apostat.  Il  avait  un  couteau  nu  à  la  main,  avec 
lequel  il  menaçait  de  le  tuer.  Mais  apercevant  les  ouvriers  de  dom  Bul- 
Ict,  qui,  sans  se  laisser  déconcerter  par  son  manque  d'aménité  et  son 
langage  farouche,  se  hâtaient  de  prélever  les  dîmes  contestées,  il  pensa 
que  son  arme  pouvait  entraver  la  besogne  des  dîmeurs.  Se  précipitant 
sur  les  gerbes,  il  en  coupa  les  liens. 

La  lutte  était  trop  ardente;  il  fallait  que  la  justice  intervînt  pour  ter- 
miner ce  déplorable  désaccord. 

Une  sentence  de  requêtes  procéda  à  un  partage.  Elle  accorda 
2  arpents  au  curé  de  la  A'illcneuve-Saint-Martin  et  2  arpents  1/2  à 
dom  Charles  Bullet  (4  octobre  1639)  \ 

Le26  juillet  1666,  un  arrêt  condamna  les  religieux  de  SainL-Germain- 
des-Prés  à  payer  à  Antoine  Château,  curé  de  Longuesse,  12  septiers 
d'avoine  et  10  septiers  de  froment.  Depuis  deux  ans  il  n'avait  rien 
reçu*. 


1.  Arch.  mit.  LL.  1042,  p.  a.'i. 

2.  Id.  LL.  112G,  p.  298. 

3.  Id.  LL.  loV^,  p.  27. 
/i.  M.  LL.  io'|3,  p.  3o. 


—  i83  — 

La  délivrance  du  gros  au  curé  de  Longuesse  ne  fut  pas  exempte  de 
graves  difTicultcs.  Le  7  décembre  1667,  il  fut  convenu  qu'il  serait  désor- 
mais fourni  en  argent,  à  terme  du  mois  d'octobre  de  chacpie  année.  Il 
était  fixé  à  470  livres  *. 

En  1789,  on  changea  d'avis,  et  on  s'engagea  à  le  payer  en  nature.  II 
se  composait  de  2  muids  1/2  de  blé  et  d'un  muid  d'avoine  ^ 

Curés  de  Longuesse 


601.  André  Dameville. 

61  G.  Pierre  llodiart,  du  diocèse  de  Rouen. 

623.  Jean  Jacquinot,  du  diocèse  de  Langres. 

63G.  Louis  Abelly. 

.     .  Jacques  Harel,  du  diocèse  de  Rouen. 

691.  Roussel,  curé,  décédé. 

691.  Antoine  Ouin,  nommé. 

6GG.  Antoine  Château,  curé. 

G96.  Bonaventure  Vallicr. 

700.  Jean  de  France. 

728.  Jean  Ancemot. 

740.  Duval,  prêtre  du  diocèse  de  Rennes. 

780.  3o  avril.  Hébert,  changé,  le  sieur  Desmures  refuse. 

780.  12  juin.  Bonvarlet. 

781.  2  septembre.  Massieu. 

782.  9  octobre.  Maillard. 
789.  23  mai.  Grenai. 


Curés 

1 65 1-56.  Le  Carpentier  de  la  Noue. 
1606-57.  Phretelle. 


I.  Arck.  liai.  LL.   10/12,  p.  30. 
2    /(/.  S.  2858. 


—  i84  — 


1G57-61 

1661-62 

1662-64 

1664-64 

1664-68 

1668-71 

1671-72 

1672-83 

1683-87. 

1587-88. 

1688-91. 

1691-96. 

1696-97. 
1G97-1700. 
1 700-1700. 

1701-28. 

1728-28. 

1729-40. 

1740-40. 

1740-49. 

1749-51. 

1751-57. 

1757-07. 

1757-80. 

1780-81. 

1781-82. 

1782-89. 
1789. 


.  Bonzelle. 

Henri  delà  Vallée. 

P.  Bonnin. 

J.  Binnot. 

Antoine  Gastrand. 

Nicolas  Denis. 

Boulanger. 

Claude  Roussel. 

De  Ramecourt. 

L.  Defrancasleî. 

Claude  Roussel. 
Antoine  Ouin. 

Robert  Monard, 

Bonaventure  ^  allier. 

De  Goupil, 

Jean  de  Villerval. 

Christophe  Teinturier. 

Jean  Ancemot. 

Claude  Lasseray,  desservant. 

René  Duval,  curé. 

ïhouroude,  desservant. 

Galibert. 

P.  Martin,  cordelier. 

Anquetil,  curé. 

J.  Blassipel,  desservant. 

Massieu,  curé. 

Maillard,  curé. 

Guérard  Dumontier. 


L'église  consacrée  à  saint  Gildard  semble  avoir  été  construite  en  trois 
parties  à  des  époques  différentes.  Le  chœur  paraît  dater  du  XIP  siècle. 
L'ensemble  en  est  harmonieux  et  assez  élégant.  Les  fenêtres  sont  du 
style  ogival  primitif.  La  nef  est  du  XI V^  siècle.  Le  style  est  le  même  que 
celui  du  chœur;  cependant  on  y  remarque  une  plus  grande  perfection. 

Les  bas-côtés  sont  relativement  très  récents;  ils  doivent  dater  de 
3  ou  4  siècles,  au  plus. 


—  i8o  — 

La  cloche  actuelle,  de  moyenne  grosseur,  remonte  à  l'année  1733. 
Elle  porte  l'inscription  suivante  : 

«  L'an  de  7  g.  lySS,  elle  fut  fondue  par  M.  Charles  Morel,  bénite  par 
M*"^  Jean  Ancemot,  tenue  par  le  R.  P.  Dom  Sauvaige,  célérier  de  l'ab- 
baye de  Saint-Germain-des-Prés,  les  sieurs  Jean  Foulon  et  Gorbin, 
marguilliers.  » 

Le  porche  situé  sur  le  côté  gauche  de  l'église  s'ouvre  sur  une  ruelle 
qui  conduisait  anciennement  dans  la  ferme  de  l'abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  et  actuellement  de  madame  CafRn.  Sous  ce  portique, 
se  trouve  fixée  au  mur  une  grande  plaque  de  marbre  avec  cette  ins- 
cription : 

«  Â  la  gloire  de  Dieu  et  à  la  mémoire  de  iNP  Jean  d'Ampville, 
natif  de  Longuesse,  juré  chargeur  de  bois,  lequel  a  donné  à  cesle 
église  la  somme  de  i5oo',  par  acte  fait  entre  ses  héritiers  et  Denis  Las- 
seray,  officier  du  roi  et  juré  chargeur  de  bois  de  la  ville  et  banlieue  de 
Paris,  et  Denis  Guillou,  marguillier,  qui  en  ont  déposé  laoo',  à  consti- 
tution chez  les  jurés  chargeurs  de  bois  en  rente,  au  denier  22,  et  les 
3oo'  restantes  pour  payer  l'amortissement  et  le  marbre  et  la  gra- 
vure de  cette  inscription  pour  marque  de  l'obligation  où  sont  tenus  les 
dits  marguilliers  de  faire  dire  à  perpétuité  tous  les  vendredis  de  l'année 
une  messe  basse  et  une  haute  messe,  le  jour  du  décès  du  dit  d'Amp- 
ville, arrivée  le  9  may  1709,  ainsi  qu'il  est  porté  plus  au  long  par  ledit 
acte,  par  devant  Berteault,  notaire  royal  à  Sagy,  le  8  octobre  1713.  Priez 
Dieu  pour  son  àme^  » 


Monographies  des  InsliUiteurs (Scinc-et-Oise). 


ARRONDISSEMENT  D'ËTAMPES 


ÉTAMPES' 

Une  charte  accordée  par  le  roi  Philippe,  la  xiiii^  (i4'')  année  de  son 
règne  (1074  ou  1075),  nous  apprend  que  Pierre,  abbé  de  Sainl-Germain- 
des-Prés,  élail  allé  trouver  ce  monarque  et  lui  avait  demandé,  pour  son 
monastère,  une  viguerie  qui  s'exerçait  sur  un  petit  village  situé  dans  le 
voisinage  d'Étampes  et  jadis  la  propriété  des  Bénédictins.  Molestés 
par  les  tracasseries  des  officiers  royaux  remplissant  le  rôle  de  viguiers, 
les  liabitants  avaient  abandonné  ce  hameau  qui  se  trouvait  alors  désert. 
Le  souverain  écouta  favorablement  la  prière  du  vertueux  prélat  et  lui 
accorda  ce  qu'il  désirait,  en  recommandant  à  ses  sujets  de  respecter 
la  donation  qu'il  venait  de  faire". 

Lhi  siècle  plus  tard,  lorsque  Hugues,  dit  de  Montceaux,  gouvernait 
l'abbaye  de  Saint-Germain,  frère  Raynaud  acheta  pour  cette  commu- 
nauté, au  prix  de  12  livres,  la  moitié  d'un  pressoir,  près  Étampes. 
L'abbé  voulut  témoigner  sa  reconnaissance  à  ce  religieux  dévoué.  11  régla 
qu'il  jouirait  pendant  sa  vie  des  revenus  que  le  monastère  avait  dans 
le  pays  d'Étampes,  moyennant  la  redevance  annuelle  de  20  sols.  Après 
sa  mort,  celle  somme  devait  être  consacrée  à  procurer  une  pitance  à  la 
communauté,  au  jour  de  Saint-Remy,  pour  que  chacun  priât  avec  plus 
de  ferveur  pour  le  défunt  (  1 162-1 182)'. 

A  la  date  de  1 17G,  nous  trouvons  la  déclaration  suivante  d'un  fief  de 
Saint-(Jermain-des-Prés  :  u  Siguinus  Canbitor  de  Stampis  quicquid  habet 
apud  Bonum  villare*  et  Roveroi^  » '.  Un  siècle  avant,  Hugues  de 
Saint- Von'  faisait  hommage  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés 
de  tout  ce  qu'il  possédait  à  BonviUiers  :  apud  Bonum  villare  (1073)'. 

1.  Seiiie-et-Oisc. 

2.  Arch.  nul.  LL.  io2'i,  p.  '^^  ;  LL.   1026,  p.  128. 

3.  Id.  LL.  1020,  p.  i85. 

h.  B(jiivilliers,  commune  de  Morigny  (Seine-et-Oise). 

5.  llouvres,  commune  de  Malesherbes  ou  de  Pithiviers  (Loiret).  Longson,  Inirodiic- 
liuii,  p.  195  et  ai 3. 

().  Arch.  nat.  LL.  1024,  Lgagkon,  p.  229,  n"  68. 

7.  Canton  de  Dourdan  (Seine-el-Oise). 

8.  Arch.  nat.  LL.  1024,  p.  io3. 


ARRONDISSEMENT  DE  RAMBOUILLET 


BEY^ES' 

Dubieuil,  dans  sa  Chronique,  nous  dit  qu'il  y  avait  dans  le  diocèse  de 
Cliaitrcs  un  cas  tram  nommé  Beynes  pour  lequel  les  comtes  de  Mont- 
fort-l'Amaury  faisaient  jadis  hommage  à  l'abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés.  11  ajoute  qu'un  document  du  chartrier  de  l'abbaye  constate  qu'ils 
se  soumirent  à  ce  devoir  pendant  deux  cents  ans,  de  1078  à  1274.  Cet 
acte  porte  que  le  comte  de  Montfort  tenait  de  l'église  de  Saint-Gcrmain- 
des-Prés,  grâce  à  une  donation  faite  par  le  célèbre  roi  Robert,  un  ais- 
trum  nommé  Beynes,  le  domaine,  le  fief  et  la  dîme  du  Chesnay,  tout 
ce  que  Robert  Chastiau,  Reynaud  Champagne  de  MontreuiF  possé- 
daient à  Grignon\  En  l'an  1078,  Amaury  de  Montfort  rendit  hommage 
pour  ces  biens,  à  Pierre,  abbé  de  Saint-Germain,  en  présence  du  roi 
Philippe  P'",  dont  le  prélat  était  chancelier,  et  de  Hugues  le  Grand, 
frère    du    monarque.    De    1278   à     iSijG,    le  même  écrivain    affirme 
qu'il  n'a  trouvé  aucun  titre  attestant  la  prestation  de  ce  même  devoir. 
11  pense  que  l'incorporation  du  comté  de  Montfort  au  domaine  royal 
a  privé  les  Bénédictins  de  cet  hommage  auquel  le  souverain  ne  pou- 
vait être  soumis'. 

Longnon,  dans  son  introduction  au  Polyptyque  d'Irminon,  p.  228, 
fait  remarquer  que  le  mot  comte  (au  lieu  de  seigneur)  est  une 
expression  abusive,  s'expliquant  par  le  fait  que  le  seigneur  de  Montfort 
était  comte  d'Évreux. 

SIKEFOMAl^^E^ 

En  918,  Charle  le  Simple  donna  aux  Bénédictins  de  Saint-Gcrmain- 
des-Prés  le  village  de  Sirefontaine,  situé  dans  le  \  cxin  0  illa  qujc 
vocatur  Sireafontana)  ". 

1.  Canton  de  Monltorl-l'Ainaury,  arrondissemonl  de  Rambouillet  (Seine-et-Oisc). 

2.  Commune  de  Versailles  (Seine-et-Oise). 

3.  Grignon,  commune  de  ThiVerval  (Seinc-et-Oise). 

4.  Bib.  nal.  ms.  lat.  ià838,  p.  98.  Arch.  nat.  LL.   .o:!'i,  p.   io3. 

û.   Vallée  près  de  Longuesse,  arrondissement  de  Ponloisc  (Scinc-el-Oise). 
G.  Arch.  nal.  LL.  102^,  p.  28. 


ARROISDISSEMEM  DE  VERSAILLES 


CIIATEAIFORT' 


Au  mois  de  décembre  i253,  par  acte  devant  rofficial  de  Paris,  Jehan 
Anger  et  Pétronille,  sa  femme,  Roger  de  Soisy,  cuisinier  du  roi,  et 
Clarice  (?),  son  épouse,  cédèrent  aux  religieux  de  Saint-Germain-des- 
Prés  le  1/4,  puis  les  3/i6  des  portions  qu'ils  avaient  dans  la  gruerie  des 
bois  de  Cliàteaufort,  moyennant  une  rente  anuelle  de  12  livres  i5  sols 
parisis.  Toutefois,  ils  se  réservaient  le  revenu  du  charbon  provenant  de 
cette  gruerie". 

Plus  tard,  au  mois  de  janvier  1264,  des  lettres  de  sœur  Amicie, 
a))besse  du  monastère  cistercien  de  Port-Royal,  nous  apprennent  qu'elle 
abandonna  les  droits  de  gruerie  qu'elle  avait  dans  les  bois  de  la  châtel- 
lenie  de  Montfort  et  qu'elle  avait  acquis  de  Guillaume,  à  l'abbé  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  pour  2  muids  1/2  de  vin,  tant  de  dîme  que  de  pres- 
surage, qu'elle  lui  payait  chaque  année  pour  7  quartiers  de  vigne  et 
2  sols  de  rente  qu'elle  possédait  à  Meudon  '. 

Un  acte  passé  devant  l'ofïîcial  de  Paris,  en  février  1 269,  constate  que 
Amauri  de  Meudon,  chevalier,  céda  aux  Bénédictins  de  Saint-Germain 
la  part  qui  lui  appartenait  dans  la  gruerie  des  bois  de  Châteaufort, 
moyennant  une  rente  de  3o  sols*. 

La  même  année,  au  mois  de  mars,  par  acte  devant  l'oiïîcial  de  Paris, 
Hugues  de  Sarclé,  chevalier,  et  Jeanne,  sa  femme,  abandonnèrent  aux 
reHgieux  de  Saint-Germain-des-Prés  la  portion  qu'ils  avaient  dans  la 
gruerie  des  bois  de  Châteaufort,  et  ceux-ci  donnèrent  et  cédèrent  en 
échange  les  droits  de  dîme  et  autres  droits  qu'ils  avaient  sur  les  vignes 
de  Hugues,  à  Meudon". 


I.  Canton  de  Palaiseau,  arrondissement  de  Versailles  (Seine-et-Oise). 
a.  Arrh.  ml.  L,  780. 
3.  M.  L.  780. 
'1.  Id.  L.  780. 
5.  Id.  L.  780. 


—  189  — 

Au  mois  d'août  1276,  Philippe  le  Hardi  donna  à  Saint-Germain-des- 
Prés  la  quatrième  partie  du  gruage  dans  les  forêts  de  la  chàlellcnic  de 
Chàteaufort,  avec  toute  justice  et  domaine,  et  confirma  à  ral)bé  Gérard 
la  possession  des  trois  autres  parties.  11  déchargea  les  Bénédictins  d'un 
dîner  qu'ils  étaient  tenus  de  donner  au  prévôt  de  Chàteaufort,  à  cause 
de  la  seigneurie  de  Montechn.  11  dispensa  aussi  les  habitants  de  cette  loca- 
lité de  prêter  main-forte  au  prévôt  pour  conduire  les  criminels  à  Paris. 
11  permit  au  religieux  d'ériger  des  piloris  et  fourches  patibulaires  par- 
tout où  ils  jouissaient  en  paix  de  la  haute  et  basse  justice.  La  justice 
de  l'abbaye  de  Saint-Germain  à  Cliâteaufort  s'exerçait  au  lieu  dit  :  Yil- 
vert.  Les  sergents  du  roi  n'y  pouvaient  ajourner  que  pour  des  cas  réser- 
vés au  souverain'. 


MAULE 


Maule  était  le  chef-lieu  d'un  fisc  important,  comme  nous  l'indique  le 
Po/y/)/y^U(?  d'irminon.  L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  y  avait  des 
possessions  considérables  ainsi  que  dans  plusieurs  localités  environ- 
nantes. Dans  l'étendue  de  Maule  même  elle  comptait  87  manses  ingé- 
nuiles  et  i4  manses  serviles  comprenant  A24  bonniers  de  terres  labou- 
rables, 42  arpents  de  vignes  et  4o  arpents  de  prés.  A  ces  biens  venaient 
encore  s'ajouter  une  propriété  de  16  bonniers,  i  hospice  contenant 
I  journal,  et  i  manse  seigneurial  composé  d'une  chapelle,  maison  d'habi- 
tation et  dépendances,  de  2';o  bonniers  de  terres  labourables,  de 
100  bonniers  de  bois  et  de  20  arpents  de  pré.  Les  trois-  moulins  qui 
relevaient  de  ce  dernier  fief  produisaient  annuellement  3oo  muids  de 
mouturage.  Si  nous  convertissons  ces  anciennes  mesures  en  hectares, 
nous  rappelant  que  le  bonnicr  vaut  128  ares  82,  l'arpent  12  ares  42, 
nous  trouvons  que  les  religieux  Bénédictins  possédaient,  à  Maule,  envi- 


1.  Dlbreul,  Chronique,  ins.  lai.  i2838,  p.   187;  Bouillart,  p.   137;  Ledeuf,  t.   III. 
p.  3o/|. 

2.  Canton  de  Meulan,  arrondissement  de  Versailles  (Seine-et-Oise). 


190  — 


ron  980  hectares  de  terres  labourables,  128  hectares  de  bois,  7  hectares 
de  prés,  5  hectares  de  vignes  et  3  moulins  '. 

Au  XP  siècle,  suivant  M.  Longnon  ^  Maule  avait  des  seigneurs 
laïques,  qui  tiraient  leur  origine  d'un  chevalier  parisien,  contemporain 
du  roi  Robert  et  nommé  Ansoud  le  Riche.  11  est  à  présumer  qu'ils 
tenaient,  à   l'origine,  leur  fief  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés. 

Ce  qui  nous  porte  à  le  croire,  c'est  que  l'un  d'eux,  Pierre  de  Maule, 
figurait  vers  1 180  au  nombre  des  vassaux  de  ce  monastère  pour  5  sous 
qu'il  recevait  à  la  Saint-Germain  et  5  autres  qu'il  touchait  à  la 
Saint-Remy  '. 

A  cette  époque,  un  pouillé  du  diocèse  de  Chartres,  rédigé  au 
XIIP  siècle,  nous  atteste  que  Maule  avait  trois  églises,  dont  deux  por- 
taient les  noms  de  saint  Germain  et  de  saint  Vincent.  C'est  une  preuve 
que  des  liens  intimes  unissaient  jadis  ce  village  et  le  célèbre  monastère 
parisien  ^ 

En  1233,  Hugues  Bouvenel  et  son  fils,  Guillaume,  accordèrent,  l'un, 
10  sols,  l'autre,  2  solsparisis  de  rente  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  pour  le  bien  de  leur  âme.  Cette  redevance  devait  être  payée  tous 
les  ans  sur  les  cens  qu'ils  percevaient  à  Maule.  Leur  suzerain, 
Pierre  de  Maule,  confirma  cette  donation  ^. 

Nous  lisons  dans  le  cartulaire  de  la  pitancerie,  rédigé  en  1370,  ce  qui 
suit  :  ((  \  Kalendas  aprilis  (28  mars),  anniversarium  Hugonis  dicti  Bou- 
venel de  XII  solidis  parisiis,  quos  percipimus  apud  Mauliam,  in  festo 
cathedre  sancti  Pétri,  in  censu  domini  Guillelmi  Bouvenel,  milifis'^.  » 

En  1872,  Jacques  du  Buat,  chanoine  de  Saint-Paul  et  de  Saint-Denis 
en  France,  donna  sa  maison  du  Buat'  au  prieuré  de  Maule.  Une  rue 
de  cette  localité  porte  encore  le  nom  de  ce  généreux  bienfaiteur  \ 


1.  Polyptyque,  p.  279. 

2.  Bulletin  de  la  Sociélé  de  iliisloire  de  Paris,  1879,  p.  i32-i4^- 

3.  Ai'ch.  nat.  LL.  1024,  p.  9^- 
/i.  Arch.  nat.  LL.  1027,  p.  53. 

5.  Carlul.  de  l'abbaye  de  Saint-Père-de-Cliartrcs,  introduct.,  p.  cccxxvii. 
0.  Arch.  nat.  L.  780. 

7.  Buat,   lieu  dit   de   Jouy-le-Moutiers,  canton  de  Pontoise.  —  Voir  Lebeuf,  t.   II, 
p.  102-106  (??). 

8.  BONNIN. 


—   iQf   — 


MEULAN' 


La  vingt-unième  année  de  son  règne,  918,  Charles  le  Simple  donna  à 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  cinq  manses  situées  sur  le  terri- 
toire deMculan'. 

Hugues  V,  dit  de  Montceau,  qui  fut  abbé  de  1162  à  1182,  nous  dit 
que  Gislebert  de  Longuesse,  son  épouse  Eremburge  et  son  fds  Pierre, 
moine  de  Saint-Germain,  avaient  donné  à  ce  dernier  monastère,  pour 
le  plus  grand  bien  de  leurs  âmes  et  celles  de  leurs  ancêtres,  une  maison 
située  à  Meulan. 

Comme  elle  se  trouvait  au  territoire  de  Pierre,  seigneur  de  l'endroit, 
Guillaume,  son  fds  et  son  successeur,  approuva  tout  ce  qui  s'était  fait 
d'un  commun  accord  avec  dame  Philippe,  sa  mère,  et  Raoul,  seigneur 
de  Bellefontaine,  son  beau-père.  Il  investit  de  cette  possession  Hugues 
de  Septeuil,  religieux  de  Saint-Germain,  et  décida  que  l'abbaye  pari- 
sienne payerait  chaque  année,  le  jour  de  Pâques  ou  le  lendemain,  à  lui 
et  à  ses  héritiers,  une  redevance  de  3  sols  de  cens  '. 

En  1208,  une  contestation  s'éleva  entre  les  Bénédictins  et  les  lépreux 
de  Meulan.  Ceux-ci  réclamaient  un  droit  de  minage  sur  les  blés  que 
les  premiers  récoltaient  dans  l'étendue  de  celte  localité.  Un  accord  mit 
fin  à  ce  litige.  Herbert,  prieur  de  la  maladrerie,  en  son  nom  et  au 
nom  de  ses  frères,  exempta  de  ce  tribut  le  monastère  de  Saint-Germain- 
des-Prés,  moyennant  la  somme  de  dix  livres  une  fois  payée,  mais  il 
fut  réglé  que  les  Bénédictins  n'useraient  de  leurs  mesures  que  pour  le 
blé  de  leur  crû  ''. 

Le  livre  du  pitancier  note  que  cet  officier  percevait  xxvi  sous  de 
rente  annuelle  sur  des  maisons  à  Meulan,  en  1270''. 


1.  Arrontlissemeni  do  Versailles. 

2.  Arch.    nat.  LL.  loa/j,  p.  28. 

3.  Id.  LL,  ioa/i,  p.  85. 

li.  Id.  L.  780;  LL.  1025,  p.  5C  v°. 
5.  Id.  LL.  1027. 


192 


POISSY 


En  12 15,  Âmeline  de  Montjoie  fit  don  à  l'abbaye  de  Saint-Germain- 
des-Prés  d'une  place  située  à  Poissy  avec  les  maisons  qu'elle  y  avait 
construites.  Les  religieux  devaient  payer  annuellement  12  deniers  de 
cens  cà  Simon  et  Jehan  de  iNIontjoie,  ses  deux  fds,  et  célébrer  un  service 
anniversaire  à  perpétuité  pour  elle  et  Hugue,  un  troisième  fds  qui 
s'était  voné  au  service  de  Dieu  dans  le  célèbre  monastère  parisien  '. 

Cet  anniversaire  avait  lieu  le  xi  des  kalendes  de  décembre,  c'est-à- 
dire,  le  21  novembre'. 


MELDON* 

Ce  village,  situé  à  deux  lieues  à  l'ouest  de  Paris,  n'a  pas  l'antiquité 
que  plusieurs  écrivains  ont  voulu  lui  attribuer.  On  ne  peut  le  confondre 
avec  Metiosedum  dont  parle  César  et  où  Labienus  vainquit  Camu- 
logène". 

Ce  n'est  pas  non  plus  Magedon  qu'lrminon  mentionne  dans  son  Poly- 
ptyque, et  qu'on  s'accorde  à  reconnaître  dans  Médan,  non  loin  de 
Poissy*^. 

Ce  nom  s'est  orthographié  de  diverses  manières  à  travers  les  âges. 
On  a  écrit  :  Moldum,  Modunum,  Moldonium,  Mcodum,  Mcudunum, 
Meldunum,  Meudon.  Les  Bénédictins  de  Saint-Germain-des-Prés  étaient 
seigneurs  en  partie  de  Meudon.  A  quelle  époque  commencèrent-ils  à 
posséder  en  ce  heu?  On  ne  saurait  le  dire.  Cependant  on  ne  peut  croire 
que  la  terre  d'Issy  donnée  à  l'abbaye  par  Childebert  ne  s'étendit 
jusque-là. 


1.  Arrondissement  de  Versailles. 

2.  Arch.  nat.  LL.  1027,  p.  ll^l^. 

3.  Id.  LL.  1027,  p.  73. 

i.  Arrondissement  de  Versailles. 

5.  Société  de  l'Histoire  de  Paris,  1881,  t.  VIII,  p.   iG3. 

G.  Lebeuf. 


igS 


Le  monastère  de  Saint-Germain  avait  certainement  des  droits  sci- 
o-ncuriaux  à  Meudon  avant  le  XIII'^  siècle.  On  constate  vn  elTcl  quo,  dî's 
l'an  120G,  il  \  pf•rce^ait  des  dîmes  de  blé  et  de  vin  '.  Il  anj^inenla  son 
domaine  dans  la  suite  en  faisant  d'utiles  acquisitions.  En  1288,  il 
acheta,  au  prix  de  80  livres,  de  Guy  de  Chevreuse  et  de  sa  femme,  Iléli- 
scnde,  trois  arpents  de  vigne  sis  au  lieu  dit  Orrée.  Une  note  marginale 
mise  à  la  table  du  registre  ou  cartulaire"  désigne  ce  clos  sous  le  nom 
de  r  u  Oremus  propter  excellentiam  vini,  uiagis  sacrilicid  missa3  con- 
gruentis  ».  Au  mois  de  mars  1289,  Guillaume  de  Garlande  et  Alésie,  sa 
femme,  vendirent  à  l'abbaye  de  Saint-Germain  une  pièce  de  vigne 
contenant  7  quartiers,  située  au  lieu  dit  Nivart\  Quelques  années  plus 
tard,  Jean  Bertrand  et  Marie,  sa  femme,  cédèrent  à  cette  communauté 
pour  la  somme  de  16  livres  une  place,  à  Meudon,  où  l'abbé  avait  un 
pressoir*.  A  la  même  époque,  ce  dernier  prélat  voulut  se  montrer  géné- 
reux envers  ses  moines;  il  retrancha  de  sa  mense  les  vignes  qu'il  avait 
achetées  sur  ce  territoire  (1228)  et  les  leur  abandonna^. 

En  1248,  Jean  d'Issy  donna  à  Saint-Germain-des-Prés,  pour  fonder 
son  anniversaire,  la  dime  du  vin  qu'on  percevait  au  pressoir  des 
Voues". 

L'année  suivante  (mai  1249),  Sédilie,  veuve  de  feu  Girard  Maréchal, 
vendit  aux  Bénédictins,  au  prix  de  26  livres  parisis,  7  quartiers  de  vigne 
à  Meudon,  au  lieu  dit  Chijuin  ou  Chievin  '. 

Raoul  Balési,  écuyer,  et  Erembourge,  son  épouse  prenaient  tous 
les  ans,  dans  la  grange  de  ces  religieux  à  Meudon,  4  setiers  et  une  mine  de 
blé,  4  setiers  et  une  mine  d'avoine.  Ils  leur  donnèrent  en  pure  aumône 
le  cinquième  de  cette  rente  et  vendirent  le  reste  poiu-  la  somme  de 
5o  livres  parisis*. 

En  1261  (septembre),  Etienne  de  Quinquempois  et  Marguerite,  sa 
fenmie,  cédèrent  à  l'abbaye  de  Saint-Germain,  au  prix  de  200  livres,  le 
tiers  d'un  pressoir  qui  se  trouvait  au-dessous  de  Meudt)n.  Geneviève  de 


I.  Lerelf. 

a.  Arch.  nat.  LL.    loaô. 

3.  Arch.  nat.  L.  780. 

4.  Jd.  LL.  1078,  p.  A. 

5.  Leheui'. 

(j.  Arch.  nat,  LL.  1078,  p.  6. 

7.  /</.  L.  780. 

8.  Id.  L.  780. 

i3' 


—  19^  — 

Clamart,  veuve  de  Pierre  Rousselle,  possédait  aussi  le  sixième  d'un 
pressoir  situé  au-dessous  de  Meudon.  Elle  donna  le  cinquième  de  son 
droit  au  monastère  bénédictin  de  Paris  et  lui  céda  le  reste,  moyennant 
5o  livres  (avril  1262)'. 

Pierre  Legrand  laissa,  en  mourant,  à  Saint-Germain-des-Prés  plu- 
sieurs pièces  de  vignes,  au  territoire  de  Meudon,  mais  il  demandait  en 
retour  qu'on  célébrât  deux  anniversaires  pour  le  repos  de  son  àme 

(I282)\ 

En  i333,  Robert  Ponsin  lui  vendit  4o  sols  de  rente  perpétuelle  à 
prendre  sur  4  arpents  1/2  de  terre  ^ 

Deux  ans  plus  tard,  les  religieux  bénédictins  achetèrent  en  faveur  du 
trésorier  10  sols  de  rente  à  percevoir  sur  une  pièce  d'aubraie  en  la 
vallée  de  Cottigny  (i335)\ 

En  1420,  Thomas  Lucques  abandonna,  moyennant  la  somme  de 
20  livres,  à  frère  Robert  Cbauveau,  aumônier  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  une  rente  perpétuelle  de  60  sols  parisis  à  prendre  sur  plusieurs 
héritages  situés  à  Meudon  '. 

Pierre  JNicolas,  abbé  de?Seaufle-le-Yieir  et  prévôt  de  Saint-Germain 
et  de  Meudon,  acheta,  en  janvier  i483,  un  quartier  de  vigne  sis  au  clos 
Moireau  pour  le  prix  de  3  écus  d'or. 

Le  mois  d'avril  suivant,  il  acquit  un  autre  quartier  de  vigne  au  même 
endroit  pour  la  somme  de  6  livres  '. 

A  la  mort  de  cet  officier,  on  dut  procéder  à  un  partage.  Le  i4  no- 
vembre 1009,  l'abbé  de  ^eaufle,  en  son  nom  et  au  nom  de  ses  collègues 
de  Coulombs  "  et  de  Bourgueil  ",  céda  à  l'abbé  de  Saint-Germain  tous 
les  héritages,  revenus  et  censives  que  le  défunt  possédait  à  Dammartin, 
ïhyais,  Issy  et  Meudon,  avec  les  0  arpents  de  prés  qu'il  détenait  en  ce 
territoire.  L'abbé  de  Saint-Germain  abandonna  à  l'abbé  de  ^eaufle  tous 
les  biens  que  Pierre  JNicolas  pouvait  avoir  ailleurs'". 

1.  Arch.  mit.  S.  291 1  ;  LL.  102G,  p.  G5. 

2.  /(/.  LL.  II 15,  p.  4i8, 

3.  /(/.  LL.  1078,  p.  1 1. 
'1.  /(/.  LL.  1078,  p.  ïi. 
u.  Ici.  LL.   iilib,  p.  /118. 

6.  Canton  de  Monlforl-rAmaury  (Seine-ct-Oise\ 

7.  Arch.  nal.  LL.  1078,  p.  03. 

8.  Coulombs,  canton  de  Nogent-le-Roi  (Eure-et-Loir). 

9.  BourgueiL  arrondissement  de  Cliinon  (Indre-et-Loire). 

10.  Arch.  nat.  LL,  ii/|5,  p.  Zii'i. 


—  19^  — 

Si  nous  consultons  les  divers  baux  auxquels  les  piopiiélés  de  Saint- 
Germain,  à  Meudon,  ont  donné  lieu,  nous  trouvons  d'assez  précieux 
renseignements  pour  la  topographie. 

Le  monastère  de  Saint-Germain  possédait  des  immeubles  au  Val  de 
Meudon,  à  Fleury,  Cottigny,  A  illebon,  aux  Larrons,  à  la  Pucelle,  à  la 
Poincte,  à  la  Ghesnée,  au  Fourneau,  aux  Neftliers,  à  Pcrdriel,  au 
Bruslé,  au  Barraige  de  Meudon,  à  la  Croix-du-Val,  aux  Basses-For- 
rières,  au  Clos-Moireau,  au  Trou  ou  Creux-Saint-Martin,  au  Fourré, 
au  Tartre,  à  Betellon,  à  la  Tonnelle,  à  Meudon,  rue  des  Courlis, 
Grande-Rue,  rue  du  Four,  rue  de  la  Masure,  rue  de  la  Dehors. 
Le  dénombrement  de  1371  apprécie  ainsi  la  propriété  de  Meudon  : 
1°  Item  à  Meudon,  un  hostel,  une  grange  et  environ  la  moitié  de  la 
ville  en  leur  justice  ; 

2"  Item,  la  disme  du  grain  qui  vault  par  an  5  muys,  et  18  arpents  de 
vignes  qui  peuvent  valoir  par  an  x  livres  et  iG  sols  parisis,  et  xxx  livres 
de  cens  ; 

3"  Item,  lui  pressoirs  et  les  dismes  qui  valent  par  an  Oo  livres  et 
10  qvieues  de  cens'. 
Celui  de  i384  doime  ])lus  de  détails  : 

((  Item,  à  Medon,  un  hostel  et  une  grandie  et  environ  la  moitié  de  la 
ville  en  nostre  justice  liaulte,  moyenne  et  basse;  item,  la  disme  des 
grains  de  la  paroisse  dudit  Medon  puet  valoir  par  an,  montant  et  ava- 
lant, environ  v  muis,  et,  sur  ce,  elle  est  chargée,  tant  au  curé,  pour 
son  gros,  comme  ailleurs,  en  xxxu  sestiers  de  grains;  item,  environ 
xvHj  arpens  de  vignes,  lesquels  nous  faisons  faire  en  nostre  main 
pour  le  vivre  de  l'église,  puent  valoir,  montant  et  avalant,  l'arpent 
xij  solz  valent  la  somme  de  x  livres  xvj  solz  parisis;  item,  cens  et 
rentes  paies  par  an  à  plusieurs  jours,  environ  xxx  livres;  item,  quatre 
pressoirs,  puent  valoir  les  prainctes  et  les  dismes  environ  i.x  livres 
parisis,  et  sur  ce,  fault  soustenir  la  maison  et  les  pressouers;  item, 
environ  x  queues  de  vin  de  censés  que  plusieurs  vignes  doyvent  un 
chascunan,  et,  sur  ce,  l'église  en  doibt  à  plusieurs  personnes  d'église 
chascun  an  xxvu  muys".  » 

Une  déclaration  de  1621  vient  compléter  les  précédentes  et  nous  dit 
qu'il  y  avait  à  Meudon  : 

I.  Arch.  liai.  p.  128. 

a.  Voir    Saint-Germain     au    A7P    siècle,    p.    a5  ;   Arch.   iiat.    L.  7G0,   n.  aij. 


—  196  — 

i"  Un  manoir,  granges,  étables,  auditoires  et,  prisons  pour  exercer  la 
justice,  cours,  puits,  jardins,  tout  clos  de  murs  et  contenant  trois 
arpents  ; 

5°  Une  place  de  terre  devant  la  maison,  en  lacpielle  il  y  a  deux  pres- 
soirs banniers; 

3"  Une  autre  maison  à  deux  travées  en  laquelle  il  y  a  deux  pressoirs 
Lanniers  ; 

4"  Une  autre  maison  et  place  assises  au  bout  du  village  de  Fleury 
contenant  un  demi-arpent  en  fonds  de  terre  et  un  pressoir  à  roue 
bannier  valant  20  livres  annuellement  ; 

5''  i3  arpents  de  vigne  ; 

G"  26  arpents  de  terres  labourables  pouvant  valoir  12  setiers  de 
grain  ; 

7°  12  arpents  1/2  de  pré  et  aulnaies  valant  6  cliarretées  de  foin  et  4 
ou  5  charretées  de  bois  ; 

8°  Les  cens  consistaient  en  4o  livres,  2  setiers  d'avoine  et  16  setiers  de 
vin,  appelés  rentes  d'avoinage  et  de  vinaige{?)  ; 

9°  Il  y  avait  5o  arpents  de  friches  et  bruyères'. 

Le  cardinal  Charles  de  Lorraine,  duc  de  Chevreuse,  était  seigneur  en 
partie  de  Meudon.  Il  fit  aux  religieux  de  Saint-Germain  des  offres 
avantageuses.  Ceux-ci  n'hésitèrent  pas  et  lui  cédèrent  pour  4oo  livres 
de  rente  perpétuelle  établie  sur  l'hôtel  de  ville,  la  haute,  moyenne  et 
basse  justice,  les  cens,  rentes,  dîmes,  champarts  et  autres  droits  qu'ils 
avaient  sur  plusieurs  personnes,  manoirs,  maisons,  terres,  jardins, 
vignes,  prés,  bois,  saulsayes  et  divers  héritages  assis  aux  villages  de 
Meudon,  Fleury,  le  Val  de  Meudon  et  les  environs.  Ils  se  réservaient 
une  maison,  deux  pressoirs  avec  cours  et  jardins,  plusieurs  édifices, 
clos  à  murs,  des  terres,  des  prés  et  des  vignes. 

La  maison  et  le  clos,  qui  contenait  4  arpents,  ainsi  que  la  pièce  de 
terre  appelée  le  Fossé,  étaient  exemptés  de  tous  cens  et  de  toutes 
redevances.  La  justice  de  ces  lieux  devait  appartenir  aux  religieux 
avec  celle  de  leurs  personnes  dans  toute  l'étendue  du  territoire  de 
Meudon. 

Le  domaine  que  Saint-Germain-des-Prés  conservait,  comprenait  : 

i"  4  arpents  1/2  de  terre,  aux  Buttes  ; 

I.  Arrh.  liât.  S,   aç^jù. 


I 


—  197  — 

2°  lo  arpents  et  quartier,  aux  Cluivivincs  ; 
3"  I  arpent,  an  Grougnet  ; 

4°  ()  arpenls  et  i  quartier  sur  le  chemin  de  Fleury  à  Clialais  ; 
5°  i/2  arpent  de  pré,  aux  Crimettes? 

6°  3  arpents  et  i  quartier  en  vigne  blanche,  devant  la  maison  ; 
70  5  quartiers,  au  Fossé  ; 
8"  7  quartiers,  aux  vignes  de  la  Prévôté  ; 
9"  7  quartiers,  à  la  Saulsaye  ; 
10°  7  quartiers,  aux  Basses-Forrières  ; 
1 1"  9  quartiers,  au  lieu  dit  la  Puceile  ; 
12°  h  arpents,  sur  le  ruisseau  du  moulin  ; 
i3^  3  arpenls,  sur  le  chemin  de  Villebon  ; 
ïli"  I  arpent  de  pré  aboutissant  aux  terres  de  la  Mairie  ; 
i5°  4  arpents  de  bois  appelés  bois  de  la  Manie  ; 
i6«  4  arpenls  r/2  de  terre,  au  lieu  dit  de  Chantereine. 
Le  cardinal  de  Lorraine  devait  payer  chaque  année  : 
1°  X  riiutel  de  Dieu  de  Paris,  3  livres  i5  sols]; 
2°  Aux  rehgieuses  de  Saint-Cyr,  i3  muids  de  vin  ; 
30  Au  curé  de  Meudon,    12  setiers  de  blé  méteil,  5  setiers  et  n.ine 
d'avoine  et  i  muid  1/2  de  vin  pour  son  gros'. 

En  16 18,  les  religieux  de  Saint-Germain  d<.nnèrent  5  aipents 
28  perches  en  échange  de  7  arpents  quartier  et  demi  déterres  labou- 
rables sis  au  lieu  dit  anciennement  le  gros  Buisson  et  plus  tard  le  poi- 
rier d'Estranguillon.  Le  duc  de  Guyse  avait  droit  de  dîmes  sur  ces  terres. 
H  en  déchargea  les  Bénédictins,    moNcnnant  une    rente    perpétuelle 

de  3  livres  10  sols". 

Les  religieux  de  Saint-Germain  affermèrent  à  M.  de  Macbaud,  com- 
seiller  en  ki  grand'chambre,  5  quartiers  1/2  de  terres  labourables  >ilnrs 
à  Chantereine,  pour  la  somme  de  4  deniers  de  cens  et  20  livres  de  rente 

(7  août  i64o)'.  , 

Je  2G  avril  1657,  l'abbave  de  Sainl-Germain-des-Pres  vendit  a  mcs- 
sire  Abel  Servien,  marquis  de  Sablé,  surintendant  des  linances,  les 
biens  qu'elle  avait  conservés  à  Meudon,  pour  la  somme  de  Sb.ooo  hvres 
L'acquéreur   promettait  de  payer  les  frais  d'amortissement  i.our  les 

1.  Arck.  nul.  I.I..  ii4'),  V-  4^0. 

2.  Id.  LL.  11').'),  p-  'il',)- 

:\.  Bih.  iKil.  //(S.  //■.    iCi8:i2.  p.  3'.!i. 


-  198  - 

terres  qui  seraient  achetées  avec  cet  argent.  Meudon  devint  la  propriété 
de  Louvois  et  enfin  de  Louis  XIV,  qui  la  donna  au  grand  dauphin.  Le 
puissant  monarque  s'y  rendait  plusieurs  fois  l'an. 

Napoléon  P'"  aimait  aussi  à  se  reposer  au  château  de  Meudon.  Ce 
palais,  qui  avait  été  rebâti  en  entier  au  XVIP  siècle,  a  été  détruit  pen- 
dant le  siège  de  Paris  (1870). 

Seigneurie  temporelle. 

Le  monastère  de  Saint-Germain-des-Prés  exerçait  son  droit  de  sei- 
gneurie dès  le  XI P  siècle.  Nous  voyons  en  effet  que  Jean,  abbé  de 
Saint-Victor,  avait  des  vignes  dans  la  censive  des  Bénédictins.  Pour 
en  jouir  à  perpétuité,  il  consentit  à  payer  chaque  année  deux  muids 
et  demi  de  vin  au  lieu  de  deux  muids  qu'il  donnait  jusqu'alors 
(1206)'. 

Les  religieux  de  Saint-Germain  ne  tardèrent  pas  à  aliéner  la  dîme  du 
vin  et  du  blé  qu'ils  percevaient.  Amaury  d'issy  en  devint  le  propriétaire, 
mais  il  céda  bientôt  la  jouissance  de  son  privilège  à  Etienne  de  Meudon. 
Le  tout  fut  rendu  à  la  communauté  bénédictine  moyennant  100  livres 
parisis  que  l'abbé  Eudes  accorda  au  premier  (laSi),  et  070  livres  que 
l'abbé  Simon  fournit  au  second  (laSg).  Etienne  de  jMeudon  délaissait 
en  môme  temps  aux  religieux  5  setiers  de  blé,  moitié  méteil,  moitié 
avoine,  qu'il  pouvait  prendre  sur  la  grange  de  Villebon,  ainsi  que  le 
pressoir  des  \  oiies  et  le  droit  de  pressurer  "'. 

En  1235,  Guillaume,  curé  de  Saint-Martial,  acheta  une  pièce  de 
vigne  à  Fleury,  près  Meudon.  Il  promit  qu'il  la  tiendrait  en  vile- 
nage'. 

En  1236,  Elinand,  curé  de  Thiais,  fonda  un  cierge  ardent  qui  devait 
brûler  jour  et  nuit  dans  l'église  de  Saint-Germain-des-Prés  devant 
le  maître-autel.  Pour  l'entretenir,  il  légua  au  monastère  six  arpenls  de 
vigne,  à  Meudon  et  Châtillon,  et  100  livres  parisis.  Après  avoir  donné 
aux  religieux,  en  pure  aumône,  7  quartiers  de  vigne,  à  Chiévin,  il  leur 
vendit  le  reste  de  ses  propriétés  au  prix  de  200  livres.  11  n'oublia  pas 

I.  Lebeuf.  Arch.  nat.  1078,  p.  !i. 

a.  Ardu  nat.  L.  780;  LL.  1078,  p.  2;  LL.  1026,  p.  90. 

3.  Lebeuf. 


—  190  — 

les  pauvres.  11  affecta  à  leur  soulagement  les  revenus  de  quelques  mai- 
sons '. 

Jean  de  Meudon,  clerc,  possédait  deux  pièces  de  vignes,  l'une  située 
au  lieu  dit  la  Honte,  et  l'autre,  auprès  du  pressoir  des  Voues.  Ces 
immeubles  étaient  destinés  à  l'entretien  d'un  chapelain  dans  l'église  de 
Saint-Marcel. 

Comme  on  voulait  l'obliger  à  en  vider  ses  mains,  il  obtint  qu'il  joui- 
rait de  l'une  d'elles,  sa  vie  durant,  payerait  annuellement  9  deniers  de 
cens,  à  la  Saint-Kemi,  et  4  setiers  de  vin  au  temps  de  la  vendange.  Il 
fut  stipulé  que  sou  successeur  ne  pourrait  prétendre  au  même  privilège, 
si  le  couvent  de  Saint-Germain  n'y  consentait  {i2S())\ 

C'est  en  1244  que  s'établit  la  curieuse  coutume  du  reportage.  Si  les 
habitants  de  Clamart  cultivaient  des  terres  à  Meudon,  le  prieur  de 
Saint-Martin-des-Cliamps,  gros  décimateur  de  Clamart,  percevait  la 
moitié  des  dîmes  sur  ces  terres.  Si,  au  contraire,  les  hal)itants  de 
Meudon  faisaient  quelque  labourage  à  Clamart,  l'abbé  de  Sainl-Cer- 
main-des-Prés,  gros  décimateur  de  Meudon,  avait  le  droit  de  réclamer 
à  ses  hôtes  la  moitié  des  dîmes  à  l'époque  delà  récolte^. 

Le  monastère  des  Hautes-Bruyères,  au  diocèse  de  Chartres,  percevait 
chaque  année  un  muid  de  froment  sur  les  dîmes  de  Meudon.  Serait-ce 
Amauri  d'issy  qui  aurait  constitué  cette  rente,  en  permettant  à  ses  deux 
filles  de  prendre  l'habit  religieux  dans  ce  monastère  et  d'y  servir  Dieu 
et  la  Vierge  tous  les  jours  de  leur  vie  '  ? 

Le  21  mai  1496,  Guillaume  Fusée,  seigneiu'  de  Villebon,  autorisa  le 
prévôt  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  à  prélever  annuellement 
à  perpétuité,  sur  son  fief,  5  setiers  de  grain,  mesure  de  Paris.  S'il  y 
avait  un  jour  des  vignes  sur  son  territoire,  il  lui  accordait  d'en  perce- 
voir la  dîme'. 

En  i5io,  Denis  des  Moulins  déclare  qu'il  est  détenteur  du  moulin  de 
llettelon  et  de  quelques  autres  héritages.  Pour  cette  propriété,  il  paye, 
comme  redevance,  au  pitancier  de  Saint-Germain  i3  deniers  de  cens 
et  8  sols  de  rente". 


I .  Arrli.  nal.  I,.  781). 
■j.  Arch.  nat.  l.L.  1078. 


S.  Id.  LL.   1078,  p. 

/i.  Id.  LL.   1078,  [).   10. 

5.  Jd.  LL.   1 1/(5,  y.  '40G. 

6.  Id.  LL.  1078,  p.  08. 


—    200   — 

L'aimée  lôôa  amena  une  transaction  entre  l'Hôtel-Dieu  de  Paris  et 
les  Bénédictins.  L'ilôtcl-Dieu  céda  aux  religieux  de  Saint-Germain 
109  sols  et  9  deniers  de  cens  sur  des  maisons  et  terrains  avec  im 
droit  de  pressurage,  à  ^Nleudon.  Ceux-ci  lui  donnèrent  en  échange 
56  sols,  8  deniers  parisis,  un  demi-minot  de  froment,  une  mine 
d'avoine  et  un  chapon  de  cens,  sur  6  ou  7  maisons,  et  28  arpents  de 
terres,  vignes,  prés,  stitués  à  Clamart,  avec  le  droit  de  moyenne  et  basse 
justice  sur  les  botes  qui  habitaient  ou  exploitaient  ces  immeubles.  Ils 
déchargèrent  en  outre  de  tout  cens  les  biens  que  l'Hôtel-Dieu  possédait 
à  Fontenay-sous-Bagneux,  Bourg-Ia-Reine,  Yillemilan,  dans  la  sei- 
gneurie d'Antoni  ^ 

Les  Chartreux  avaient  acquis,  au  Val-de-Meudon,  près  les  Mouli- 
neaux,  5  arpents  de  terre  et  de  vignes.  Le  21  décembre  i554,  ils 
remirent  70  escus  aux  religieux  de  Saint-Germain  pour  les  droits 
d'amorlissemcnt  et  s'engagèrent  à  leur  payer  les  cens  et  la  dîme^ 

Justice. 

Pierre,  seigneur  de  Meudon,  et  Marie,  sa  femme,  firent  donation 
aux  religieux  de  Saint-Germain,  par  acte  du  mardi  après  la  Toussaint 
1272,  de  la  justice  du  lieu,  du  ban  de  la  vente  du  vin  qu'ils  avaient 
pendant  six  semaines  consécutives  et  à  l'époque  qu'ils  voulaient  dans 
tout  le  village.  11  était  défendu  à  toute  personne  de  tenir  taverne  ou  de 
vendre  du  vin  durant  ce  temps  ^. 

Trois  malfaiteurs  arrêtés  à  Meudon  avaient  été  jugés  et  exécutés  à 
Paris  ;  mais  leurs  biens  furent  confisqués  au  profit  des  religieux  (18  oc- 
tobre i3(jô)*.  Les  Bénédictins  se  trouvèrent  souvent  en  butte  au  mau- 
vais vouloir  d'Antoine  Sanguin,  seigneur  de  Meudon,  relativement  à 
l'exercice  de  la  justice.  Il  cherchait  toutes  les  occasions  favoraljles  pour 
contester  leur  privilège.  En  1/1C2,  il  se  plaignit  que  les  religieux 
avaient  fait  saisir  et  emprisonner  deux  hommes,  Jean  Desmalleville  et 
Pierre  Thomas,  qui  étaient  ses  hôtes  et  ses  justiciables".  Dix  ans  plus 

1.  Àrch.  mit.  LL.  291 1. 

2.  /(/.  LL.  1 1/|5,  p.  iia. 

3.  /(/.  LL.  n/i5  ;  S.  2911. 

4.  /(/.  S.  agi  I. 

5.  /(/.  LL.  iiiS,  p.  4o8. 


201    — 

tard,  il\']5,  les  Bénédictins  recourent  au  I^arlement  et  formulent  des 
griefs  contre  Antoine  Sanguin  et  Jean  Sanguin,  son  fils,  à  propos  d'une 
vieille  femme  qui  a  mis  fin  à  ses  jours.  iSovis  citerons  textuellement  la 
complainte  :  ((  Denise,  vesve  de  feu  Jehan  Gauldry,  s'était  naguères  pré- 
cipitée et  pendue.  Au  jour  qu'elle  s'était  précipitée,  elle  était  deniou- 
rant,  couchant,  levant  en  un  hostel  assis  au  dit  Meudon,  en  la  rue 
neufve,  en  la  haulte  justice,  moyenne  et  basse  des  dits  complaignanls, 
mesmement  en  la  ville  et  terre  de  Meudon.  Laquelle  Denise  mal  con- 
duite et  deceue  de  l'ennemy,  au  mois  de  mars,  s'en  alla  aux  champs 
en  un  buisson,  dessous  Meudon,  au  lieu  appelé  Saultebeuf,  et  là  en  un 
chesne  se  pendit  d'une  corde.  Laquelle  ainsi  pendue  et  précipitée, 
Anthoine  Sanguin,  accompagné  d'un  nommé  Jehan  Guereinelle,  procu- 
reur au  Chàtelet  de  Paris,  et  autres,  et  aussi  de  Henry,  exécuteur, 
lequel  Sanguin  et  ceux  de  sa  compagnie,  sans  enquérir  s'il  avait 
fourches  patibulaires  au  dit  lieu  de  Meudon,  faist  traîner  la  dite  Denise 
par  le  dit  Henry  jusques  à  une  fosse  où  elle  fut  ensevelie  ou  enfouye, 
sur  laquelle  fosse,  feist  mettre  une  branche  de  chesne  en  manière  de 
fourches  patibulaires,  dont  et  desquels  exploits  et  autres  torts  et 
griefs  se  sont  complaints  les  dits  religieux'.   » 

En  i488,  l'abbé  de  Saint-Germain  avait  fait  démolir  un  pressoir  à 
Meudon.  Antoine  Sanguin  profita  de  celte  circonstance  pour  lui  susci- 
ter un  procès.  Nous  voyons  que  le  prélat  fut  condamné  à  payer  71  livres 
II  sols  à  son  adversaire,  mais  nous  ne  savons  si  ce  fut  pour  ce 
motif. 

Antoine  Sanguin  contesta  encore  aux  religieux  de  Saint-Germain  la 
jouissance  des  dîmes  de  Villebon,  mais  une  sentence  des  Requêtes  vint 
déconcerter  ses  prétentions  (i495)"". 

Jean  Sanguin  marcha  sur  les  traces  de  son  père  et  sembla  partager 
son  ariimosité  contre  les  Bénédictins.  En  dépit  de  leur  défense,  il  vou- 
lait faire  édifier  un  pressoir  dans  sa  maison  située  à  Meudon  (i5i2). 

Le  22  mai  iSa-,  une  sentence  du  prévôt  de  Paris  obligea  Jean  de 
Beaucourt  à  (jaitter  et  délaisser  aux  religieux  de  Saint-Germain  la  pos- 
session et  jouissance  de  10  arpents  de  terre  situés  aux  environs  du  vil- 
lage de  Fleur  Y  ^. 


1.  Arch.  nat.  LL.  1078,  p.  By. 

2.  Id.  LL.  1078,  p.  G4. 

3.  Id.  LL.  ii/i5,  p.  liili. 


202    


Le  curé  de  Meudon  soutenait  avoir  les  dîmes  de  charnage  sur  la 
ferme  des  religieux.  Une  sentence  du  Parlement  condamna  Henri  de 
Lorraine  à  faire  cesser  ces  poursuites  (i655).  Il  avait  vendu  la  seigneu- 
rie de  Meudon  à  Abel  de  Servien,  en  i654.  Le  nouvel  acquéreur  fut 
autorisé  à  prendre,  avant  tous  les  créanciers,  12.000  livres  pour  consti- 
tuer la  rente  de  4oo  livres  qui  était  due  aux  Bénédictins  (i656)  '. 

11  y  avait  un  office  de  maire  à  Meudon.  Nous  voyons  en  eff"et  Ber- 
trand Larcher  renoncer  à  cet  emploi  en  1285.  Il  affirme  qu'il  l'avait 
reçu  de  l'abbé  de  Saint-Germaine  Le  8  mai  1488,  cette  fonction  est  con- 
fiée à  Gilbert  Perriault'. 

Dîmes  et  banalités 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  avaient  droit  de  dimage  à 
Meudon.  Une  sentence  du  Châteletde  Paris,  en  l'an  i4oi,  nous  montre 
qu'ils  pouvaient  percevoir  6  setiers  1/2  de  vin  sur  2  queues,  à  cause  de 
leurs  pressoirs. 

Pbilippot  Maynaud  avait  3  quartiers  de  vigne  au  lieu  dit  :  la  Croix- 
du-Val.  On  le  surprit  portant  sa  vendange  ailleurs  qu'au  pressoir  ban- 
nier  du  Yal-de-Meudon.  Il  dut  payer  l'amende  de  60  sols,  5  setieis  par 
ciiaque  tonnel  (i/io5). 

En  i4o5,  ou  payait  2  setiers  par  queue.  Une  sentence,  qui  date  de  la 
même  époque,  fixe  la  dîme  à  5  setiers  par  tonnel  et  le  tiers-pot  pour 
pressurage*. 

Le  3o  janvier  i556,  les  dîmes  de  vin,  les  pressurages,  cens,  rentes, 
vinages  et  avinages  étaient  affermés  71  livres  5  sols". 

Robin  Besamure  avait  acquis  deux  maisons  avec  jardin,  le  tout  situé 
à  Meudon.  Le  28  mars  1421,  le  prévôt  de  Paris  le  condamna  à  payer 
aux  religieux  de  Saint-Germain  les  lods  et  ventes  pour  ces  immeubles, 
les  arrérages  de  5  sols  parisis  de  cens,  3  boisseaux  d'avoine  estimés  à 
un  minot  de  rente  par  an,  et  aussi  la  taille  nommée  taille  de  plaisir, 
montant  à  3  sols  parisis  de  3  ans  en  3  ans^ 

1.  Arrh.  nnl.   LL.  ii^B,  p.  407. 

a.  /(/.  LL.  1078,  p.  y-io;  LL.  ii45,  p.  4o8. 

3.  Id.   LL.  1078,  p.  G8. 

!t.  Id.   LL.  1078,  p.  a8. 

5.  Id.   LL.  ii45. 

0.  Id.   LL.  1145,  p.  iio. 


—    203    — 

Uobert  de  Meuclon  vendit,  le  mercredi  avant  la  Saint-Luc,  1807,  la 
maison  du  four  banal,  moyennant  3oo  livres  parisis  à  (Jeoirroy 
Cocalrix,  échanson  du  roi,  lequel  la  donna  à  l'abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés  ^ 

En  1406,  le  prévôt  des  marchands  lit  saisir  les  mesures  à  grain 
ayant  la  marque  de  Saint-Germain,  chez  Adam  Tobie,  à  Meudon.  11  y 
eut  une  transaction  en  faveur  des  religieux  Bénédictins,  car  le  sieur 
Guillaume  Gauteron  fut  condamné  l'année  suivante  à  prendre  ces 
mesures". 


Droits  de  griierle 

Par  acte  devant  l'offîcial  de  Paris,  Jean  Anger  et  Pétronille,  sa 
femme,  Roger  de  Soisy,  cuisinier  du  roi,  et  son  épouse  cédèrent 
aux  religieux  de  Saint-Germain  tout  ce  qu'ils  possédaient  dans  la 
gruerie  des  bois  de  Châteaufort,  pour  la  somme  de  12  livres  i5  sols 
parisis  de  rente  annuelle.  Ils  se  réservaient  cependant  les  revenus  du 
charbon  (f'"  décembre  i253)^ 

Au  mois  de  janvier  1264,  sœur  Amicie,  abbesse  de  Port-Royal, 
et  les  religieuses  de  ce  monastère  abandonnèrent  aux  Bénédictins 
de  Saint-Germain  les  droits  de  gruerie  qu'elles  avaient  dans  les 
bois  de  Châteaufort.  Ceux-ci,  en  échange,  leur  permirent  de  posséder 
en  main-morte  trois  setiers  d'orge,  trois  setiers  de  méteil  et  «  ununi 
duplarium  vini  »  qu'elles  percevaient  depuis  longtemps  sur  une 
masure  à  Meudon  *. 

A  la  date  du  4  octobre  1264,  l'ofQcial  de  Paris  constate  par  des  lettres 
authentiques  que  Geneviève,  veuve  de  Pierre  Roussel,  Etienne  de  Meu- 
don et  Jeanne,  son  épouse,  ont  donné  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  en  échange  de  quelques  terres,  leurs  droits  de  gruerie  sur  les  bois 
de  Châteaufort  et  de  Paris  '. 

Par  acte  devant  l'ollicial  de  Paris,  Aniauri  de  Meudon,  chevalier, 
abandonna  aux    religieux   de   Saint-Germain,   moyennant  une  rente 

1.  Arrh.  nul.  LL.   1078. 

a.  Id.  LL.   1078,  p.  37. 

3.  Id.  L.  780. 

.'t.  Id.  L.  780. 

5.  Id.  K.  34,  n°  7'  ;  Takdif,  Monuments  historiques,  n°  845. 


204   — 

annuelle  de  3o  sols,  la  portion,  la  part  qu'il  avait  dans  la  gruerie  des 
bois  de  Chàteaufort  (février  1268;^ 

Au  mois  de  mars  1268,  Hugues  de  Sardé,  chevalier,  et  Jeanne,  son 
épouse,  cédèrent  aux  Bénédictins  leurs  droits  de  gruerie  dans  les  bois 
de  Chàteaufort.  Ces  derniers  leur  délaissèrent  en  échange  des  droits  de 
dîme  et  autres  qu'ils  avaient  sur  leurs  vignes  àMeudon'. 

En  i5i8,  l'abbaye  obtint  du  roi  l'étabhssement  à  Meudon  d'un  mar- 
ché, le  lundi,  et  de  trois  foires  :  le  jour  Saint-Leu  et  le  lendemain;  le 
2  février  et  le  lendemain;  le  mercredi  de  la  Pentecôte  et  le  lendemain'. 

La  cure  de  Meudon  était  à  la  pleine  collation  de  l'évêque  de 
Paris.  Les  Bénédictins  de  Saint-Germain-des-Prés  ne  sont  donc  point 
coupables  d'avoir  nommé  à  ce  poste  le  peu  édifiant  Rabelais. 

L'abbaye    de    Saint-Germain-des-Prés    prélevait   sur   les  i^ropriétés 

de  Meudon  : 

Le  27  septembre  ou  le  V  des  calendes  d'octobre,  pour  l'anniver- 
saire de  Guillaume  Poupée,  3o  sols  à  percevoir  sur  la  vigne  du 
Néflier,  au  temps  des  vendanges  ;  le  16  novembre  ou  le  XYI  des 
calendes  de  décembre,  16  sols  parisis,  pour  l'anniversaire  de  Jehan 
d'Issy,  chevalier,  à  percevoir  sur  la  vigne  des  Yoïies  ;  le  28  février  ou 
le  Vil  des  calendes  de  mars,  26  sols  pour  l'anniversaire  de  Guillaume 
Petit;  le  i4  mars  ou  le  II  des  ides  du  même  mois,  pour  l'anniver- 
saire de  Robert,  abbé,  [\o  sols  à  percevoir  sur  le  moulin  situé  entre 
Meudon  et  Fleury  et  payable  à  la  mi-carême  ;  le  28  mars  ou  le  V  des 
calendes  d'avril,  pour  l'anniversaire  de  Jean  Bonderan,  abbé^;  le  25 
mai  ou  le  VIII  des  calendes  de  juin,  pour  l'anniversaire  de  Gilette, 
épouse  de  Pierre  de  Meudon,  3o  sols  à  percevoir  sur  3  arpents  et  demi 
de  vignes;  le  20  juin  ou  le  XII  des  calendes  de  juillet,  3o  sols  pour 
l'anniversaire  de  Pierre,  ancien  maire  de  Meudon'. 


1.  Ardi.  liai.  L.   780. 

2.  Id.  L.  780. 

3.  Lebeuf,  III,  p.  281. 

4.  C'était  un  religieux  do  Saint-Gerinain-dcs-Prcs    qui  avait  été    alAé  dans  un 

autre  monastère. 

5.  Arch.  nal.  LL.    loa  7. 


205    — 


BOUAFLE 


Bouafle,  nommé  jadis  Boaffe,  Boaffre,  Bouaiîre,  et  en  latin,  Boalfiim 
et  Boafra,  est  une  bourgade  du  canton  de  Meudon,  arrondissement 
de  Versailles.  D'aucuns  prétendent  que  ce  nom  vient  de  Bosceus  (bois) 
et  Alfa,  mot  germain  signifiant  domaine. 

Une  charte  du  i3  mars  918  confirme  que  le  roi  Charles  le  Simple 
donna  aux  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  des  biens  situés 
dans  cette  localité.  Du  Breul  nous  raconte  dans  sa  Chronique  que 
l'original  de  ce  privilège  a  été  perdu.  Voici  comme  il  s'exprime  à  ce 
sujet  :  «  Hujus  privilegii  jacturam  non  ante  multos  annos  (teste  pâtre 
Quintino  de  Conde,  in  privilegiorum  indice,  qui  ad  calcem  libri  nigri 
habetur)  fecimus  in  processu  Boalflœ,  alias  Bodoalfœ  contra  dominum 
Fraxini  :  creditur  a  domino  Berruyer,  palatii  procuratore,  retentum. 
Exemplar  tamen  ejus  est  in  libro  Guillelmi  3,  abbatis.  '  » 

Les  Bénédictins  y  bâtirent  un  manoir  et  une  chapelle  en  l'honneur 
de  saint  Rémi.  La  maison  fut  édifiée  à  l'endroit  où  se  trouve  aujour- 
d'hui la  ferme  rouge,  nommée  aussi  ferme  de  saint  Rémi.  L'oratoire, 
détruit  au  XVP  siècle,  occupait  un  emplacement  connu  encore  sous  le 
nom  delà  chapelle  Saint-Remi  et  avait  un  ancien  fief,  nommé  Carcas- 
sonne,  inconnu  aujourd'hui. 

A  la  faveur  des  guerres  civiles,  la  terre  de  Boualle  passa  sous  le  pro- 
tectorat d'un  chef  militaire,  nommé  Albert  de  Gallardon,  qui  lui-même 
reconnaissait  pour  seigneur  Hugues  P'',  comte  de  Meulan.  Le  nouveau 
seigneur  assit  la  marque  de  son  fief  au  lieu  dit  la  Vallée-de-Bouafle.  A 
la  prière  de  son  frère  Anno,  abbé  de  Jumièges,  il  donna  une  partie 
de  son  domaine  à  cette  abbaye,  qui,  sur  la  terre  concédée,  fonda  un 
prieuré  et  bâtit  une  chapelle  sous  le  vocable  de  Saint-Martin". 

L'abbé  de  Saint-Germain  devait  une  rente  annuelle  de  l\o  livres  au 
pitancier  de  la  communauté  pour  différents  anniversaires.  Afin  d'être 


I.  Bib.  nat.  ins.  lut.  i2838,  p.  90. 
■2.  Monographie  de  Boualle. 


—  2o6  

déchargé  de  cette  redevance,  il  abandonna  à  celui-ci  tous  les  revenus 
de  Bouafle  (novembre  1278)'. 

Au  mois  d'octobre  1286,  le  convent  de  Saint-Germain-des-Prés  régla 
que  l'infirmier  fournirait  au  pitancier  4  livres  qu'il  prendrait  sur  les 
cens  de  Fresnes  %  près  de  Bouafle. 

Henri  de  Ventime,  dit  l'Allemand,  demeurant  à  Beaulieu  de  Bréval, 
donna  aux  Bénédictins  un  petit  fief,  appelé  Bouville,  situé  sur  le  chemin 
de  Montchauvet.  Comme  cet  immeuble  dépendait  de  la  seigneurie  de 
Dammartin,  il  payait  une  rente  annuelle  de  10  sols  au  monastère  de 
de  Saint-Germain-des-Prés  (1387) '. 

Le  dénombrement  de  i384  nons  fait  connaître  l'importance  des  pos- 
sessions de  Saint-Germain,  à  Bouafle  : 

u  Item  en  la  ville  de  Bouafle,  une  maison  toute  chcvée,  jardin  bel,  un 
viel  pressoir,  ni  arpents  de  vigne  en  friche  et  environ  x  livres  de 
menus  cens,  portans  ventes  et  lods,  vault  à  présent  xii  livres, 
qui  en  soloit  valoir  xxxii  livres,  tout  au  profit  du  convent  et  basse 
justice  jusqu'à  lx  sols*.  » 

Le  24  mars  1420,  frère  Regnault  Denis,  pitancier  de  Saint-Germain- 
des-Prés  afferma  tout  ce  qui  lui  appartenait  à  Bouafle  et  Crespières 
pour  le  prix  de  100  sols^. 

Les  religieux  de  Saint-Germain  durent  soutenir  un  dispendieux  pro- 
cès contre  Etienne  Do,  protonotaire  apostolique.  Le  litige  avait  pour 
objet  120  arpents  de  bois  situés  à  Bouafle. 

Un  arrêt  les  condamna  à  payer  les  frais  occasionnés  par  les  débats, 
qui  s'élevèrent  à  2268  livres,  11  sols,  4  deniers.  Quelles  étaient  les  pré- 
tentions des  Bénédictins  en  cette  circonstance  ?  Nous  l'ignorons  et  rien 
ne  l'indique  (7  septembre  i52i)'. 

L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  possédait  à  Boualle  une  maison, 
vulgairement  appelée  la  Mairie,  avec  cour  et  jardin.  Elle  l'afferma  à 


1.  Arch.  nat.  LL,  10/12,  p.  17;  LL.  ii40,  p.  700. 

a.  Fresnes  ou  Ecquevilly,  canton  de  Meulan  (Seine-ct-Oise). 

3.  Arch.  nat.  loia,  p.  5. 

4.  Id.  L.  760. 

5.  Id.  ii46,  p.  692. 

6.  Id,  lo/ia,  p.  70-80. 


—  207  — 

MargneriLe,  veuve  de  Pierre  Duval,  pour  la  somme  de  8  livres  de  rente 
annuelle  (18  juin  1649)^ 

Dix  ans  plus  tard,  /|  janvier  iG58,  elle  la  vendait  à  la  même  personne 
au  prix  de  3oo  livres.  Les  droits  de  censive  fixés  à  12  deniers  tournois 
y  furent  maintenus  ". 

Le  18  décembre  iGi3,  le  sieur  Nicaise  de  Molle,  curé  de  la  paroisse 
de  Saint-Martin-de-Bouafle,  prit  à  ferme  les  censives  et  la  moitié  des 
lods  et  ventes  des  fiefs  de  Boualle  et  Crespières,  moyennant  16  livres, 
chaque  année'. 

Le  2  août  1G27,  Jacques  Fustel,  religieux  et  procureur  de  l'abbaye  de 
Saint-Germain-des-Prés,  bailla  à  ferme  toutes  les  censives  de  Bouafle 
et  de  Crespières  avec  les  lods  et  ventes,  pour  une  rente  annuelle  de 
27  livres*. 

Cent  trente-cinq  déclarations  faites  aux  Bénédictins  de  Saint-Germain, 
en  1626,  pour  des  biens  qui  se  trouvaient  dans  leur  censive  de  Bouafle 
et  Crespières,  nous  permettent  de  relever  les  noms  des  lieux  suivants  : 
Chernelle,  la  Renardière,  la  Grande-Fontaine,  Launay-Flinquet,  le  clos 
Rouget,  la  Petite-Vallée,  les  Grouettes,la  Croix-Bouissée,  la  Chapelle,  la 
Fosse-aux-ïourneux,  le  Gros-Chesne,  Launay-Guirard,  le  Four-à-Chaux, 
La  Mairerie,  le  Grand-Bouafle,  Saint-Martin-sous-les-fortes-Terres,  les 
Grez,  la  Vallée-Martinet,  l'Ormeteau-Michel,  la  Pointe,  les  Prés,  la 
Fosse-Maulet,  la  Meille-Rue,  Blainville,  Sous-le-Clos,  le  Bois-Vihier,  la 
Foret-Barré,  la  Petite- Vallée,  les  Espineltes,  les  Augeretz,  la  rue  des 
Anges,  la  Fontaine-Boande,  les  Terres-Merdeuzes,  la  Vallée-Castel, 
Macheau,  le  Bois-aux-Bodins,  le  chemin  de  Paris,  le  Poirier-Pigeon,  le 
chemin  du  Roussay^. 

Les  Bénédictins  de  Saint-Denis  avait  un  prieuré  à  Boualle,  sous  le 
vocable  de  Saint-Martin.  Les  biens  qu'ils  possédaient  en  cet  endroit 
étaient  souvent  mélangés  avec  les  héritages  et  censives  de  Saint-Germain. 
Cette  proximité  pouvait  donner  lieu  à  de  scandaleux  procès.  Pour  y 
obvier,  on  eut  recours  à  une  transaction. 


1.  Arch.  nat.   LL.  ii4(J,  p.  698. 

2.  Bih.  nat.  ins,  fr.   ïG850. 

3.  Arch.  nat.  LL.  ii^G,  p.  697. 

4.  Id.   1042,  li.  7G. 

5.  /(/.  LL.  ii4C,  p.  697. 


—    208    — 

Les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés,  par  l'intermédiaire  de  dom 
Placide  Roussel,  leur  prieur,  et  dom  Romain  Rodover,  leur  procureur, 
cédèrent  à  dom  Mathieu  Vion  de  Béclieville,  prieur  de  Saint-Martin,  et 
à  ses  successeurs  tous  leurs  droits  sur  Bouafle,  Crépières  et  lieux  cir- 
convoisins.  Ils  exceptaient  de  ce  contrat  les  8  livres  tournois  de  rente 
que  devait  payer  chaque  année  Marguerite  Flinquet  pour  la  location 
d'une  maison,  mentionnée  antérieurement.  Les  charges  pour  dom 
Mathieu  Yion  et  successeurs  consistaient  : 

1°  A  fournir  annuellement  une  somme  de  36  livres  ; 

2°  A  tenir  le  fief  de  Saint-Germain  à  titre  de  foi  et  hommage; 

3^  A  payer  à  chaque  mutation  36  hvres  de  relief  (i8  juin  16/49)^ 

La  déclaration  de  1790  est  ainsi  liLellée  :  «  Boatle  :  36  livres  de  rente 
féodale  sur  le  prieuré  de  Saint-Martin  de  Bouatle,  près  Meulan,  dont  le 
titulaire  doit  foi  et  hommage,  et  36  livres  de  relief  à  chaque  mutation,  à 
cause  d'un  domain^e  seigneurial  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés, 
cédé  au  dit  prieuré".  » 

Bouafle  faisait  partie  de  la  mense  conventuelle  et  dépendait  du  dio- 
cèse de  Chartres.  Les  abbés  de  Saint-Magloirc  et  de  Jumièges  présen- 
taient alternativement  à  la  cure". 


Seigneurie  temporelle. 

Les  bois  qui  couronnent  le  coteau  de  Bouafle  appartiennent  à  l'an- 
cienne forêt  domaniale  des  Alleux-le-Roy  ou  desAlluets,qui,  aujourd'hui 
morcelée  et  en  partie  défrichée,  couvrait  tout  l'espace  entre  la  Mauldre 
et  la  Seine.  Un  aveu  rendu  par  les  hommes  du  lieu  au  roi  Philippe- 
Auguste,  lors  de  la  réunion  du  comté  de  Meulan,  définit  certains  droits 
dont  jouissaient  de  temps  immémorial  les  habitants  de  Bouafle  en  la 

forêt  des  Alleux  : 

«  Les  hommes  de  Bouafle  devaient  payer  chaque  année  100  sols  pour 
la  jouissance  communale  de  la  forêt.  Ils  avaient  alors  droit  au  bois 
mort,  aux  branches  sèches,  qu'ils  pouvaient  atteindre  de  leurs  cha- 

1.  Archioes  mit.  LL.  1128,  p.  7;  LL.  10/12,  p.  /17  ;  S.  ^gOo.  Arch.  de  Seine-el-Oise, 
Série  G,  p.  296. 

2.  Arch.  mit.  S.  2858. 

3.  Poaillé  de  Versailles,  abbé  Gauthier. 


—    2Ô9   — 

rlots,  —  et  an  merrain  nécessaire  à  tous  leurs  instruments  aratoires 
qu'ils  recevaient  de  la  main  du  forestier.  Ils  pouvaient  également 
prendre  de  l'herbe  pour  leurs  animaux  de  trait  en  donnant,  par  année, 
deux  journées  de  charroi  par  attelage.  » 

En  outre,  chaque  maison,  en  donnant  6  gerbes  par  an,  recevait  un 
chartir  tous  les  trois  ans.  En  payant  un  setier  de  vin  par  arpent  de 
vigne,  on  pouvait  exiger  tous  les  pieux  et  échalas  qui  étaient  néces- 
saires. 

Pour  chaque  vache  envoyée  au  pâturage  dans  la  forêt  communale,  on 
devait  fournir  un  denier.  Non  loin  du  village  se  trouve  un  emplacement 
qui  a  conservé  le  nom  de  Trichoit. 

Tricher,  dans  le  langage  du  pays,  signifie  trier.  Là,  chaque  soir,  se 
faisait  le  triage  des  bestiaux  à  leur  retour  des  pâturages  communaux. 
Pour  les  fruits  de  la  rase  forêt,  chacun  donnait  une  poule  ou  deux 
deniers,  à  moins  qu'il  ne  fut  prouvé  que  le  fruit  avait  manqué.  Pour  la 
ramée  du  bois,  chaque  maison  payait  trois  œufs,  à  Pâques.  Chaque 
pécheur  avait  droit  tous  les  ans  à  une  fourche  d'arbre  pour  laquelle, 
aux  Rogations,  il  fournissait  en  échange  six  écus  (nummalas)  de  pois- 
sons (?)  \ 


CRESPIÈRES 


Nous  l'avons  déjà  vu,  les  revenus  de  Crespières  sont  toujours  afTer- 
més  avec  ceux  de  Bouafle.  Nous  avons  peu  de  renseignements  sur  cette 
localité. 

Une  légende,  transmise  par  la  tradition,  fait  connaître  l'origine  du 
nom  de  Crespières.  Lors  de  la  peste  noire  qui  ravagea  la  France,  en 
i3Zi8,  le  village  perdit  la  moitié  de  ses  habitants,  tandis  que  les  com- 
munes environnantes  étaient  presque  épargnées  par  le  fléau.  Les 
hommes  valides,  mus  par  un  mouvement  de  charité,  pour  empê- 
cher la  terrible  maladie  contagieuse  de  se  propager  au  loin,  eurent 


I.  Chartel  (longue  charrette). 

3.  Monographie  communale.  Collection  Février. 


—   ÙÎO  — 

l'heureuse  idée  de  planter,  à  de  faibles  distances  les  uns  des  autres, 
dans  le  périmètre  de  leur  territoire,  des  crêpes  en  signe  de  deuil,  afin 
d'éloigner  les  voyageurs  du  foyer  de  la  contagion.  De  là,  dit-on,  vient 
le  nom  de  Crespières,  par  corruption  des  mots  :  crêpes  noires  '. 

L'église  date  du  Xll'=  siècle.  Le  prieur  de  Saint-Martin-des-Champs 
présentait  à  la  cure  ". 

On  prélevait  sur  les  revenus  de  Bouafle  : 

1°  X  sols  pour  l'anniversaire  (Karoli  imperatoris) ,  probablement  de 
Charlemagne,  fixé  au  V  des  calendes  de  février  ou  le  28  janvier  ; 

2°  XL  sols  pour  l'anniversaire  d'Emeline,  mairesse  de  Cachant,   fixé 
au  Xlll  des  calendes  d'avril  ou  le  20  mars  ; 

3°  XL  sols,  pour  l'anniversaire  de  Louis  (de  Gasteneto),  fixé  au 
IX  des  calendes  d'avril  ou  le  24  mars; 

4°  XXX  sols  pour  l'anniversaire  de  Gilon  de  Nou,  fixé  au  XI 1  des 
calendes  de  mai  ou  le  20  avril; 

5"  XXX  sols  pour  l'octave  de  l'abbé  Simon,  fixée  au  Vil  des  ides  de 
juin,  ou  le  7  du  même  mois; 

6°  XL  sols  pour  l'anniversaire  du  roi  Philippe,  fixé  au  II  des  ides  de 
juillet,  ou  le  1 4  de  ce  mois  ; 

7°  XX  sols  pour  l'anniversaire  de  Philippe  et  Victor,  fixé  au  IV  des 
nones  d'août  ou  au  2  de  ce  mois  ; 

8°  XXX  sols  parisis  pour  l'anniversaire  de  Pierre  de  Thiais,  fixé  au  III 
des  ides  de  septembre  ou  le  11  du  même  mois  ; 

9°  X  sols  parisis  pour  l'anniversaire  de  maître  Albert,  fixé  au  VIII  des 
ides  de  novembre  ou  le  6  du  même  mois  ; 

10°  XL  sols  pour  l'anniversaire  de  Mathieu  de  Thesennes,  fixé  au  II 
des  ides  de  novembre  ou  le  1 2  du  même  mois  ; 

1 1°  XL  sols  parisis  pour  l'anniversaire  de  Henri  de  Crone,  fixé  au  VI 
des  calendes  de  décembre  ou  le  26  novembre  ; 

12°  XXX  sols  parisis  pour  l'anniversaire  de  Robert  de  Moret,  fixé  au  II 
des  ides  de  décembre  ou  le  12  de  ce  mois  ; 

i3°  XX  sols  pour  la  pitance  du  monastère,  le  XVII  des  calendes 
de  janvier  ou  le  16  décembre,  jour  où  l'on  chante  l'antienne  :  0  Sapien- 
tia  '. 


1.  Monographie  de  Seine-et-Oise. 

2.  Potiillé  de  Versailles,  Gauthier. 

3.  Arch.  nat.  LL.  1037. 


;.âi 


—    2It    — 


SAINT-MICHEL-DE-CHEYAUDOS  ' 


Dans  le  Polyptyque  d'Irminon,  publié  par  les  soins  de  M.  Auguste 
Longnon,  nous  lisons  à  la  page  353  :  «  llabet  in  Creva,  de  Silva  totum 
in  giro,  sicut  œstimatuni  est,  leucas  ii,  in  qua  possunt  saginari  porci 
CL.  Habet  ibi  lucos  ii  parvulos,  ad  nutriendum  purcellos.  Habet  ibi 
ecclesias  ii,  unam  in  Mansionibus,  et  alteram  in  Camborciaco.  » 
L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  avait  donc  deux  lieues  de  bois 
dans  la  foret  de  Cruye,  et,  en  plus,  deux  bosquets.  Des  deux  églises 
qu'elle  possédait  dans  cette  forêt,  l'une  était  située  à  Chambourcy,  et 
l'autre  dans  un  lieu  appelé  Liaison-Rouge,  voisin  de  la  chapelle  de 
Saint-Michel-de-Chevaudos.  Suivant  Lebeuf,  c'est  là  que  se  trouvait 
l'église  dont  parle  Irminon.  Elle  a  été  sans  doute  remplacée  par  la  cha- 
pelle de  Saint-Michel.  Le  petit  monastère  établi  à  côté  de  cet  humble 
sanctuaire  figure  dans  les  actes  et  documents  antiques  sous  le  nom  de  : 
«  domus  de  Chevaldos,  prioratus  de  Chevaudens,  prioratus  de  S.  Mi- 
chaelis  de  Equidorso  »,  de  Saint-Michel-de  Chevaudos  ou  Chevaudeau. 
Plusieurs  chartes  signalent  celte  dépendance  de  Saint-Germain-des- 
Prés. 

En  1218,  Evrard  de  Yillepreux  fit  donation  à  l'abbaye  de  Saint- 
Germain  d'un  muid  de  froment  à  prendre  tous  les  ans  sur  le  moulin 
de  Yillepreux.  L'abbé  Hugues  VI,  dit  de  Flacourt,  acceptant  ce  legs,  le 
destina  à  la  subsistance  du  prêtre  qui  desservait  la  chapelle  de  Saint- 
Michel-de-Chevaudos  dépendant  de  son  monastère.  Cette  chapelle  élait 
située  dans  la  forêt  de  Cruye.  Bouchard,  sire  de  Marly,  voulut  imiter  la 
générosité  d'Edouard  de  L  illepreux.  Pour  le  bien  de  son  âme  et  celle 
de  ses  parents,  il  donna  à  l'abbaye  de  Saint-Germain  une  parcelle  de  la 
forêt  de  Cruye,  deux  septiers  de  blé  méteil  et  une  rente  de  dix  sols'.  En 
même  temps,  Pierre  de  Marly  faisait  une  fondation  pour  entretenir 
une  lampe  dans  la  chapelle  de  Chevaudos.  Trois  autres  fondations 
furent  faites  plus  tard  en  faveur  de  cette  chapelle. 


I.  Paroisse  de  l'Etanff-la- Ville. 

a.  Arch.  nat.  LL.  1027,  p.  i^S;  S.  ag65. 


212    — -_ 

En  1256,  Bouchard  ajouta  à  sa  première  donation  dix  sols  chartrains 
de  rente  sur  son  revenu  de  Cliartres. 

En  1284,  Pierre,  seigneur  de  Marly,  déclara  qu'il  donnait  à  cette  cha- 
pelle un  septier  d'huile  pour  l'entretien  annuel  de  la  lampe. 

En  1286,  Thibaud  de  Marly  laissait  par  testament  cinquante  sols 
pour  la  chapelle  de  Chevaudos'. 

En  1490,  frère  Mesmin  Lyon  était  prieur  de  Saint-Michel-de- 
Ghevaudos.  Les  terres  du  monastère  se  trouvaient  en  friche  et  de  peu 
de  valeur.  Aussi  en  passa-t-il  bail  pour  99  ans  et  au  prix  annuel  fort 
modique  de  48  sols  parisis^ 

Dans  la  suite,  des  difficultés  survinrent  à  propos  de  la  nomination 
du  prieur  de  Saint-Michel.  On  avait  désigné  pour  ce  poste  frère  Ilde- 
fonse  de  Sainte-Marie,  religieux  profès  de  la  congrégation  de  Saint- 
Maur  (1682).  Il  succédait  au  dernier  commendataire. 

Le  29  septembre  i633,  dom  Romain  Rodoyer,  procureur  des  reli- 
gieux de  Saint-Germain-des-Prés,  s'était  transporté  à  l'église  de  Ghevau- 
dos  pour  céléber  le  service  divin,  à  la  décharge  de  frère  lldefonse  de 
Sainte-Marie,  pourvu  canoniquement  de  ce  prieuré,  qui  avait  été  uni  à 
la  mense  conventuelle. 

Les  habitants  de  l'Étang  étaient  venus  en  procession  à  la  chapelle  de 
Saint-Michel,  et  le  curé  de 'la  paroisse  chanta  la  messe.  Après  lui,  se 
présenta,  pour  célébrer  les  divins  mystères,  M^  Guillaume  Auvray, 
prêtre.  11  agissait  au  nom  et  à  la  décharge  de  René  Legrand,  fds  du 
procureur  du  roi  de  Saint-Germain-en-Laye,  qui  se  disait  pourvu  de  ce 
prieuré.  Dom  Rodoyer  protesta  et  défendit  la  cause  d'ildefonse  de 
Sainte-Marie  et  de  la  mense  conventuelle'. 

Quelle  fut  l'issue  de  ce  procès?  Nous  n'en  savons  rien.  En  i652, 
nous  voyons  Philippe  Viot,  prêtre  religieux  de  Saint-Benoît,  succéder  à 
Michel  Legrand,  comme  prieur  de  Chevaudos.  Il  devait  sa  nomina- 
tion à  l'abbaye  de  Saint-Germain*. 

Un  bail  du  2(3  octobre  i656  nous  fait  connaître  le  revenu  annuel  de 
de  ce  monastère.  Vingt-cinq  ou  3o  arpents  de  bois  sont  affermés 
moyennant  3oo  livres  par  an  ^ 

1.  Gallia  Chrisliana,  VII,  p.  A68. 

2.  Arch.  nat.  hL.  io3i,  p.  112. 

3.  Arch.  nat.  LL.  112O,  p.  i4i, 
li.  Id.  LL.  1138,  p.  100. 

5.  Bibl.  nat.  ms.fr.  i6856. 


2l3   — 

Quelques  années  plus  tard,  i()63,  nous  constatons  que  celte  rente  a 
diminué.  Denis  Fouassier  afTermait  26  arpents  (h  perches  de  bois 
situés  à  Saint-Michel-dc-Clievaudos  pour  9  ans  au  prix  de  1800  livres 
une  fois  payées. 

Le  revenu  annuel  ne  dépassait  donc  pas  200  livres.  Le  preneur  devait 
faire  les  coupes  aux  saisons  accoutumées,  laisser  des  baliveaux,  con- 
server les  anciens,  faire  célébrer  à  ses  dépens  les  messes  et  autres 
oirices  accoutumés  dans  la  chapelle  de  Chevaudos,  et  se  charger  des 
réparations  du  sanctuaire.  On  y  disait  2  fois  la  messe  par  an. 

Après  l'échange  du  12  juillet  1690,  les  religieux  conservèrent  la  col- 
lation de  la  dite  chapelle.  C'est  en  effet  à  cette  époque  que  le  roi  voulut 
joindre  à  son  château  de  Marly  la  forêt  de  Cruye,  dépendant  de  la  foret 
de  la  maîtrise  de  Saint-Germain-en-Laye.  Comme  une  partie  apparte- 
nait à  des  ecclésiastiques,  il  leur  donna  d'autres  bois  en  échange.  H  fut 
estimé  que  les  26  arpents,  80  perches  de  Saint-Michel-de-Chevaudos 
valaient  8.898  livres  8  sols.  Les  religieux  de  Saint-Germain  reçurent  à 
la  place  un  pièce  de  bois  de  87  arpents  96  perches  sise  en  la  forêt  des 
Alluets,  appartenant  à  Sa  Majesté.  Ce  quartier  de  bois,  estimé 
8.893  livres  i3  sols,  tenait  par  divers  côtés  à  la  route  de  Ronsay,  aux 
bois  de  Fresne,  et  au  triage  du  Chesne  ferré'. 

Nous  lisons,  dans  la  déclaration  des  biens  de  la  mense  conventuelle 
de  1790,  ce  qui  suit^  : 

38  arpents  moins  ^  perches  de  bois  dans  la  forêt  des  Alluets-le-Roi, 
au  triage  du  Chesne-Ferré,  provenant  de  l'échange  avec  le  Roi  de 
20  arpents  dans  les  bois  de  Marly,  par  contrat  passé  devant  Mouflle, 
notaire  à  Paris,  le  12  juillet  1690.  Ces  bois  ne  se  coupent  que  de  10  ans 
en  10  ans.  La  dernière  coupe  est  de  l'hiver  1781  à  1782.  Elle  a  été  ven- 
due l\boo  à  4600  livres. 

Les  religieux  donnent  chaque  année  24  livres  au  garde  du  bois  des 
Alluets'. 


1.  Arch.  nat.  S.  2966. 

2.  Dom  Poirier,  nis.  fr.  208^8,  p,  38. 

3.  Id.,  p.   fil). 


—   2l4  — 


LE    CHESNAY 


La  paroisse  de  la  Celle-Saint-Cloud  était,  il  \  a  900  ans,  plus  étendue 
qu'elle  n'est  aujourd'hui.  Sa  partie  méridionale  était  garnie  de  chênes, 
d'où  lui  vient  le  nom  de  Chesnaye  ou  Chesnay, 

En  8/48,  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  possédait  Le  Chesnay, 
mais  après  les  invasions  des  Normands,  elle  donna  cette  terre  à  de 
puissants  seigneurs  pour  obtenir  leur  protection.  Les  archives  de  Saint- 
Germain-des-Prés  relatent  que,  vers  1078,  les  comtes  de  Montfort 
étaient  obligés  de  rendre  foi  et  hommage  à  l'abbé  de  ce  monastère 
pour  le  château  de  Beyne  et  le  fief  du  Chesnay.  Ces  droits  cessèrent  en 
1274,  pour  les  comtes  de  Montfort. 

Au  XIV  siècle,  les  habitants  du  Chesnay  n'avaient  pas  d'église  dans 
leur  village;  qu'était  devenue  celle  dédiée  à  saint  Germain  que  men- 
tionne Irminon?  Avait-elle  croulé  sous  le  poids  de  la  vétusté,  ou  les 
Normands  qui  rôdèrent  souvent  dans  ces  parages  l'avaient-ils  réduite 
en  cendres?  On  allait  entendre  le  service  dans  la  chapelle  de  Saint- 
Antoine-du-Buisson,  assez  éloignée,  et  bâtie  sur  une  terre  appartenant 
aux  chanoines  de  Saint-Benoît  de  Paris.  Comme  cette  distance  les  incom- 
modait, le  curé  et  les  paroissiens  de  l'endroit  demandèrent  à'Foulques, 
abbé  de  Saint-Germain,  la  permission  de  construire  une  église  dans  le 
village  même.  Non  seulement  Foulques  accorda  cette  autorisation,  mais 
il  donna  même  une  place  pour  édifier  ce  temple.  11  mit  pour  condition 
qu'on  ne  reculerait  pas  les  murs  à  volonté  et  qu'on  ne  bénirait 
pas  de  cimetière.  En  outre,  ne  voulant  point  faire  tort  aux  cha- 
noines de  Saint-Benoît,  Foulques  leur  accorda,  dans  cette  église  du 
Chesnay,  les  mêmes  droits  qu'ils  avaient  dans  celle  de  Saint-Antoine- 
du-Buisson.  Nous  pouvons  citer  la  charte  qui  fut  octroyée  à  cette 
occasion  (i  182)  : 

«  Nos  igitur  piis  eorum  precibus  permoti,  neminem  tamen  laedere 
vel  cujuslibet  alterius  jus  diminuere  volentes,  cum  veterem  ecclesiam 
ad  jus  et  dominium  canonicorum  Sti  Benedicti  Parisiensis  pertinere  et 
in  fundo  ipsorum  edificatam  esse  liquide  cognosceremus,  nec  sine 
eorum  voluntate  fîeri  posse  ut,  relicta  priore  ecclesia,  parrochiani  ad 


2  10    

novam  transirent,  maxime,  in  alieno  fundo,  propter  predicti  popnli 
necessitatem,  de  terra  nostra  propria  qiiœ  infra  viilam  erat,  ejusdeni 
ecclesia3  Sti  Benedicti,  assensu  totius  capituli  nostri  libère  et  cpiiele  pos- 
sidendum,  tantum  concessimus,  quantum  ad  novae  ecclesiœ,  quam  popu- 
lus  poscebat,  constructionem  necessarium  fore  videbatur.  Cum  autem 
justvnu  et  rationabile,  quia,  sicnt  canonici  Sti  Benedicti  nullamper  nos 
sui  juris  senciunt  diminutionem,  ita  nec  nos  per  ipsos  vel  per  alios 
damnum  aliquod  incurramus,  donationem  istam  hoc  tenore  factam 
esse  volumus,  ut  nec  canonici,  nec  presbyter,  nec  parrochiani  sine 
assensu  nostro,  extra  parietes  ecclesiae  terminos  suos  dilatare,  nec  ter- 
ram  occupare,  nec  cimeterium  benedicere  vel  aliquod  taie  agere  pos- 
sunt,  sed  terra  circumquaque  nostra  erit  propria  sicut  antea*.  » 

L'église  de  Saint-Germain-du-Chesnay,  rebâtie  par  les  habitants  sur 
la  fin  du  XIP  siècle,  subsista  jusqvi'au  XVI*  ou  X^  II*  siècle.  Alors  sa 
caducité  fît  recourir  une  seconde  fois  à  la  chapelle  de  Saint-Antoine- 
du-Buisson,  qui  avait  porté  pendant  longtemps  le  nom  de  Saint- 
Sulpice.  M.  de  Bernier,  conseiller  d'État,  s'employa  à  la  reconstruire  à 
ses  frais,  et  obtint  de  l'abbaye  de  Saint-Germain,  le  20  août  1657,  un 
petit  ossement  du  saint  patron,  qu'on  y  conserve.  Le  Chesnay  n'est 
qu'à  vme  demi-lieue  de  Versailles,  sur  la  route  de  Saint-Germain-en- 
Laye.  Le  Po(«7/e  parisien  du  XIIF  siècle  marque  que  la  nomination  à  la 
cure  appartenait  au  chapitre  de  Saint-Benoît.  Tous  les  PouUlés  impri- 
més depuis  cette  époque  ne  disent  pas  autre  chose.  Les  religieux  de 
Saint-Germain  devaient  pourvoir  à  la  subsistance  du  curé.  Nous 
voyons  qu'en  iGô-,  ils  lui  payaient  89  septiers  et  mine  de  blé  pour  son 
gros  (1657).  Us  donnaient  à  la  place  du  blé  une  somme  de  38o  livres. 
Une  sentence  de  iSSq  (18  juillet)  avait  fixé  ce  traitement  à  27  sep- 
tiers 1/2,  plus  une  mesure  de  grain. 

Nicolas  Neveu,  curé  du  Chesnay,  ayant  réclamé  au  sujet  de  son 
gros,  l'abbaye  Saint-Germain  lui  abandonna  les  dîmes  du  lieu,  la 
grange  dîmeresse  et  une  rente  de  188  livres  i5  sols  dues  annuellement 
par  le  roi  sur  son  parc  de  Versailles,  au  jour  Saint-Remy  (2  mars  1707). 
Cet  accord  existait  encore  l'année  1790,  comme  nous  le  lisons  dans  la 
déclaration  des  biens  que  Saint-Germain-des-Prés  possédait  au  Ches- 
nay. Ce  monastère  comprenait  Saint-Antoine-du-Buisson  dans  le  ressort 


I,  Arch.  liai.  LL.  1027,  p.  i4a. 


2l6 


de  sa  justice,  comme  le  montre  un  acte  de  i6i  i.  En  io85  (i6  avril),  il 
permit  au  curé  et  habitants  du  Chesnay  d'établir  à  Saint-Antoine-du- 
Buisson  une  confrérie  de  Saint-Sébastien  et  de  Saint-Roch  contre  la 
peste.  Le  26  août  1664,  le  prieur  et  les  sénieurs  de  l'abbaye  de  Saint- 
Germain,  châtelains  et  voyers  de  la  terre  et  seigneurie  de  la  Celle,  du 
Chesnay,  de  Saint-Antoine-du-Buisson,  accordèrent  à  Noël  Emery, 
curé  du  Chesnay  et  de  la  chapelle  de  Saint-Antoine-du-Buisson,  l'auto- 
risation de  joindre,  à  son  presbytère  de  Saint-Antoine-du-Buisson,  un 
reste  du  chemin  que  le  roi  avait  fait  enclore  dans  son  parc  de  Ver- 
sailles, chemin  qui  conduisait  de  Saint-Antoine-du-Buisson  au  village 
de  Trianon.  Cette  quantité  de  terrain  consistait  en  29  toises  de  long  sur 
16  pieds  de  large'. 

Notons  en  passant  que  Pierre  le  Pelletier,  auditeur  des  comptes, 
fonda,  en  i65i,  un  prêtre  au  Chesnay,  pour  y  enseigner  les  enfants. 

1871.  Dénombrement  :  à  Chaynoy,  un  four  bannier,  grandie,  dismes 
et  champarts  qui  soloient  valoir  i4  muids  de  grain. 

i384.  En  la  ville  du  Chaynoy,  un  four  bannier,  grandie  pour  dîmes 
et  champarts  qui  solaient  valoir  i4  muids  de  grains.  Tout  a  été  détruit 
par  les  ennemis  et  ne  vaut  à  présent  que  viii  muids  \ 

Quant  au  temporel  du  Chesnay,  voici  les  quelques  actes  que  nous 
trouvons  signalés.  En  1207,  Robert  de  IMeulan  céda  à  l'abbaye  la  moi- 
tié de  l'avouerie  du  Chesnay  pour  une  somme  de  80  livres.  Le  roi 
Philippe-Auguste  ratifia  cette  vente  par  lettres  patentes.  En  1209, 
Pétronille  de  Glatigny,  dame  de  qualité,  donna  au  religieux  de  Saint- 
Germain  la  troisième  partie  des  biens  qu'elle  possédait  au  territoire  du 
Chesnay.  Elle  leur  avait  vendu  les  autres  tiers  pour  le  prix  de 
45  livres.  En  121 2,  Jean,  abbé  de  Saint-Germain,  à  la  prière  de  Bou- 
chard, seigneur  de  Marly,  ordonna  à  son  maire  du  Chesnay  de 
recevoir,  pour  ce  seigneur,  des  voituriers  passant  le  Chesnay,  le  droit 
de  coutume  qui  lui  appartenait,  et  de  le  conserver  pour  le  rendre  à  lui, 
Bouchard,  ou  à  son  sergent.  En  121G,  Gérard  de  Neauphle'  renonça  en 
faveur  de  l'abbaye  à  son  droit  de  voirie  et  de  gruerie  qu'il  avait  dans 
les  bois  du  Chesnet  (Chesnay). 


1.  Arch.  nat.  LL.  lo/ji  et  S.  2913. 

2.  Id.  L.  753  ;  L.  760. 

3.  On  trouve  aussi  Gervais  de  Neauphle.  Arch.  nat.  S.  2913. 


—    217    — 

Un  bail  à  ferme  du  22  février  1628  nous  montre  que  les  dîmes  du 
Chesnay  avec  un  pré  de  3  arpents  rapportaient  700  livres.  En  i6g3, 
elles  étaient  affermées  pour  la  somme  de  200  livres  ^ 

Louis  XIV  acheta  des  Bénédictins  de  Saint-Germain,  par  contrat  du 
20  avril  i683,  la  terre  du  Chesnay.  Comme  Sa  Majesté  avait  encore 
besoin  d'un  canton  de  terre  au  même  lieu,  ses  commissaires  acquirent 
pour  elle,  en  1721,  i5  arpents  qui  y  étaient  assis  proche  Trianon  et 
80  perches  de  terres  qui  furent  enfermées  dans  sa  pépinière.  Le  roi,  en 
échange,  céda  à  Saint-Germain-des-Prés  la  haute  Justice  d'Orchost  (?) 
et  autres  renfermées  dans  les  baillages  de  Blois  et  de  Vendôme  (?). 
Comme  l'indique  la  déclaration  de  1 790,  le  revenu  du  Chesnay  se  com- 
posait des  dîmes  et  d'une  rente  d'indemnité  de  dîmes  montant  à 
188  livres  i5  sols  sur  le  parc.  Tout  était  abandonné  au  curé. 


LA  MARCHE 


La  Marche  faisait  originairement  partie  de  l'ancienne  seigneurie  de 
la  Celle  et  du  Chesnay.  On  comprend,  par  là  même,  les  droits  étendus 
qu'y  avait  Saint-Germain-des-Prés.  Pour  faciliter  à  leurs  vassaux  les 
moyens  de  servir  Dieu,  les  religieux  de  ce  royal  monastère  bâtissaient 
des  églises.  C'est  ainsi  que  leur  abbé,  Jean  de  Vernon,  fonda,  vers 
1299,  l'église  de  la  Marche.  Elle  fut  dédiée  à  saint  Leu  et  saint  Gilles. 
11  donna,  pour  l'entretien  du  curé,  deux  muids  de  froment,  un  muid 
de  seigle  et  un  muid  d'orge,  mesure  de  Saint-Cloud,  à  prendre  dans  la 
grange  du  Chesnay.  Un  nommé  Renaud  vint  ajouter  à  cette  dotation. 
11  donna  au  curé  un  arpent  de  vigne  et  six  arpents  de  terre  situés  à  la 
Marclie,  mais  celui-ci  devait  payer  à  l'abbaye  six  deniers  de  cens 
avec  les  dîmes.  L'évêque  de  Paris,  Pierre  de  INemours,  fit  dresser  un 
acte  par  lequel  il  déclara  que  l'abbé  de  Saint-Germain  aiu-ait  le  patro- 
nage de  cette  église.  11  fut  convenu  qu'il  ne  payerait  que  la  moitié  du 
droit  de  synode.  On  ne  sait  pas  combien  cette  paroisse  avait  alors  de 


I.  Arch.  nat.  LL.  lo/n,  p.  i3ï,  i30. 


—    2l8    — 

feux,  mais,  plus  tard,  les  habitants  décimés,  dit-on,  par  les  fièvres 
qu'engendraient  les  exhalaisons  des  marais  voisins,  abandonnèrent  la 
Marche  les  uns  après  les  autres.  Malgré  le  petit  nombre  de  ceux  qui 
restaient,  l'église,  qui  menaçait  ruine,  fut  rebâtie  aux  frais  de  M.  Cor- 
nuel,  président  des  comptes,  et  bénite  le  12  mai  i636. 

Par  un  accord  du  28  août  i653',  les  religieux  de  Saint-Germain  aban- 
donnèrent leur  droit  de  dîme  au  curé  de  la  Marche.  Celui-ci  demanda, 
le  16  septembre  1677,  que  sa  paroisse  fût  convertie  en  une  simple  cha- 
pelle. Il  n'y  avait  pas  de  presbytère  et  les  revenus  ne  s'élevaient  pas  à 
80  livres.  11  n'existait  i^lus  qu'une  maison  à  la  Marche  \  La  dame  du 
château  promit  de  fournir  3oo  livres  pour  la  pension  du  curé,  payables 
tous  les  trois  mois.  De  plus,  elle  devait  lui  procurer  logement  et 
mobilier.  En  1702,  la  paroisse  de  la  Marche  fut  unie  à  celle  de  Vau- 
cresson.  Pour  sauvegarder  les  droits  de  l'abbé  de  Saint-Germain,  il  fut 
accordé  qu'il  nommerait  à  cette  cure  une  fois  sur  trois. 

Justice 

Une  sentence,  rendue  le  1 1  octobre  1657,  maintint  la  police,  la  voirie 
et  la  justice  delà  seigneurie  de  la  Marche  au  profit  de  Saint-Germain- 
des-Prés  ^ 

Le  9  janvier  1607,  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  permirent 
au  sieur  de  Machault  de  fortifier  sa  maison  de  la  Marche  avec  des 
tours  et  des  fossés*. 


1.  Arch.  nat.  LL.  io4i,  P-  116. 

2.  Id.  LL.  io4i,  p.  120. 

3.  Id.  LL.  io4i,  p.  218. 
I\.  Id.  LL.  io4i,  p.  175. 


219 


GARCHES' 


Garches,  en  latin  Garziacus,  est  une  des  plus  anciennes  localités  des 
environs  de  Paris.  L'église,  qui  remonte  au  XllP  siècle,  a  ceci  de  parti- 
culier que  c'est  la  première  en  France  qui  ait  été  dédiée  à  saint  Louis. 
Robert  de  la  Marche,  clerc  de  ce  saint  roi,  en  posa  la  première  pierre  en 
1297,  quelques  mois  avant  la  canonisation  du  pieux  monarque  qui  eut 
lieu  en  1298.  L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  avait  un  petit  bien  à 
Garches.  Geoffroy,  évêque  de  Paris,  avait  donné  à  Robert,  abbé  de 
Saint-Germain,  les  autels  de  Surêne  et  d'Avranville.  Le  Bénédictin  céda 
en  contre-échange  au  prélat  la  moitié  d'une  petite  possession  à  Garches 
et  un  moulin  sur  la  rivière  de  Sèvres.  Que  devint  le  bien  que  s'était 
réservé  le  monastère  de  Saint-Germain?  Nous  ne  saurions  le  dire,  car 
aucun  document  ne  nous  en  parle.  Cette  donation  mutuelle  eut  lieu  en 
i663,  suivant  Mabillon\ 


BOUGIVAL 


Suivant  Lebeuf,  le  nom  de  Bougival  viendrait  de  bog,  signifiant 
concavité.  Comme  on  avait  extrait  beaucoup  de  pierres  de  la  colline 
voisine,  il  était  resté  des  excavations  qui  firent  nommer  cette  vallée  la 
vallée  des  Boges. 

Un  acte  de  février  1261  nous  prouve  que  les  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  eurent  quelques  possessions  à  Bougival.  Ils  avaient 
en  effet  acheté  à  Robert  de  Ruel,  et  à  sa  femme  Sedilie,  une  pièce  de 
vigne  à  Bougival,  1/2  muid  de  blé  sur  le  moulin  des  vignes,  72  sols  de 
cens  annuel  à  percevoir  sur  des  maisons  et  hostises,  pour  le  prix  de 
i4o  livres'. 


I .  Canton  de  Marly-lc-l\oy,  arr.  de  Versailles. 

a.  Lebeuf-Fechoz,  t.  III,  p.  4o;  Ann.  Bén.,  t.  IV,  p.  643  ;  Bhequigny,  t.  11,  p.  iiy; 

BOUILLART,  p.  79. 

3.  A''çh.  nat.  LL.  ioa4,  p.  ç)  et  LL.  1027. 


220     — 


Bougival  se  trouve  à  trois  lieues  à  l'ouest  de  Paris,  et  à  une  lieue  de 
Saint-Germain-en-Lave  '. 

On  prélevait  lxxii  sols  sur  les  revenus  de  Bougival  pour  l'anniver- 
saire de  Hugues  d'issy,  fixé  aux  nones  de  décembre  ou  le  5  décembre*. 


CHARLEYAN^E 


Charles  Martel  avait  fait  construire  une  pêcherie  dans  la  rivière  de 
Seine,  sur  le  territoire  de  Rueil.  Louis  le  Débonnaire  l'accorda  plus 
tard  aux  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés,  tout  en  réservant  aux 
religieux  de  Sainte-Geneviève  d'y  pêcher  pendant  une  nuit  (29  août  816)'. 
Si  le  nom  de  l'endroit  Charlevanne  (Karolivennaj  n'est  pas  explici- 
tement exprimé  dans  la  charte  du  pieux  souverain,  on  l'y  retrouve 
implicitement  contenu,  puisque  les  termes  piscatoria  et  venna  sont 
synonymes.  En  1278,  Philippe  III  donna  à  l'abbaye  de  Saint-Denis  jus- 
tice haute  et  basse  sur  toutes  les  voiries,  maisons  du  village  et  terroir  de 
Charlevanne,  à  la  réserve  de  la  justice  que  Pierre  de  Poissy,  écuyer, 
possédait  au  dit  lieu.  L'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  avait  la  con- 
naissance des  soufflets  baillés  et  légières  injures,  du  trefFond  de  meubles 
et  catieux.  L'abbé  de  Saint-Denis  y  avait  la  connaissance  des  atroces 
mêlées  sans  homicide  et  des  larcins*.  Le  roi  avait  la  justice  de  l'homi- 
cide. Des  difficultés  s'élevèrent  entre  les  abbayes  de  Saint-Denis  et  de 
Saint-Germain-des-Prés.  En  i336,  une  sentence  arbitrale  régla  ces  dif- 
férends. Elle  fut  rendue  par  Jean  de  Villeparisis  et  Grégoire  de  Velly, 
entre  Guy,  abbé  de  Saint-Denis,  et  Philippe,  abbé  de  Saint-Germain- 
des-Prés,  relativement  aux  justices  des  villages  de  la  Celle,  Boisbéran- 
ger  et  Charlevanne.  Il  fut  convenu  que  les  religieux  de  Saint-Germain 


I.  Arch.  nat.  LL.  ioa4,  p.  9;  LL.  io4i,  p.  9;  LL.  1061,  p.  i  ;  Lebelf-Fecuoz,  t.  IJI, 
p.  loi  ;  Maquet. 
a.  Id.  LL.  1027. 

3.  Id.  LL.  loii,  p.  9;  LL.  loia,    p.  98-90;  S.  agiS.  Lebelf-Fechoz,  t.  lU,   p.  109. 

M.VQLET. 

4.  BouTARic,  Actes  du  Parlement,  I  (an  1270). 


221 


auraient  la  basse  et  foncière  juridiction  seulement  sur  leurs  hôtes  et 
meubles  d'iceux,  et  que  les  religieux  de  Saint-Denis  amaient  la 
moyenne  justice  sur  les  hôtes  et  hostises  de  Saint-Germain,  tant  au 
temps  de  la  moissine  que  hors  le  temps  d'icelle,  en  la  ville  de  Char- 
levanne,  sans  que  les  religieux  de  Saint-Germain  puissent  rien  récla- 
mer en  la  dite  justice.  Quant  aux;  plaids  généraux  tenus  par  les 
religieux  de  Saint-Denis  annuellement  à  Rueil,  les  hôtes  des  religieux 
de  Saint-Germain-des-Prés  de  la  ville  de  Charlevanne  ne  seront  pas 
tenus  d'y  aller,  sans  ajournement  suffisamment  fait  par  les  hôtes  des 
religieux  de  Saint-Denis,  ni  répondre  par  devant  eux  au  dit  plaid,  s'ils 
sont  revendiqués  par  les  religieux  de  Saint-Germain,  si  ce  n'est  en  cas 
de  haute  et  moyenne  justice.  Les  partis  en  étaient  venus  à  une  telle 
extrémité  que  les  fiefs  de  ces  abbayes  à  la  Celle  et  à  Charlevanne 
avaient  été  saisis  et  mis  en  la  main  du  roi.  Cette  saisie  fut  levée  après 
l'accord  ratifié  entre  les  partis.  Charlevanne  porte  aujourd'hui  le  nom 
de  la  Chaussée,  hameau  de  Bougival. 

Deux  faits  constatent  des  possessions  territoriales  de  Saint-Germain- 
des-Prés  à  Charlevanne.  D'abord  un  religieux  de  cette  abbaye,  nommé 
Beauduin,  avait,  au  temps  où  il  gouvernait  et  administrait  la  Celle, 
défriché  et  fertilisé  par  son  travail  un  clos  de  vigne.  En  reconnaissance, 
Hugues,  abbé,  accorda  annuellement  à  sa  communauté  5  muids  de  vin, 
pris  sur  ce  clos,  le  jour  anniversaire  de  ce  religieux  '. 

Gérard,  abbé  de  Saint-Germain,  soutenait  contre  Mathieu  de  Ven- 
dôme, abbé  de  Saint-Denis,  avoir  justement  bâti  un  moulin  en  pierre 
à  Charlevanne,  puisque  son  abbaye  y  avait  antérieurement  un  moulin 
en  bois.  Robert,  abbé  de  Saint-Victor  de  Paris,  pris  comme  arbitre, 
trancha  la  question  en  faveur  de  Saint-Germain-des-Prés". 


1.  Arch.  nat.  S.  291 3. 

2.  Id.  S.  2913;  LL.  10 (2,  p.  ç)3. 


—   222 


MARLY-LE-ROI 


Le  25  avril  697,  un  personnnage  nommé  Aldaric  échangea  avec 
A\'aldiomar,  abbé  de  Saint-Germain,  9  bonniers  ou  iG  arpents  de  terres 
environ  sises  à  Marly,  dans  le  pays  de  Poissy,  contre  un  domaine  au 
même  lieu.  L'acte,  daté  de  Bougival,  a  été  successivement  publié  par 
Alexandre  Teulet  {Bibliothèque  de  l'Ecole  des  Chartes,  t.  11,  p.  670),  par 
Guérard  {Prolégomènes,  p.  941),  dans  le  recueil  des  Diplomata  de  Par- 
dessus (t.  11,  p.  348),  et  par  Tardif  (Carton  des  rois,  p.  83).  Pour 
M.  Longnon  (Introduction  au  Polyptyque,  p.  199),  Marrilacus  désigne 
incontestablement  Marly-le-Roi  et,  d'après  lui,  Tardif  est  dans  l'erreur 
quand  il  traduit  ce  mot  par  Marly-la-Ville  (Seine-et-Oise,  arrondisse- 
ment de  Pontoise). 

En  février  1 198,  une  dame,  nommée  Philippe,  donna  à  Saint-Germain- 
des-Prés  la  cinquième  partie  de  ce  qu'elle   possédait  à  iMarly.  Elle 
demandait  en  retour  la  faveur  de  participer  aux  suffrages  du  monas- 
tère'. 

Parmi  les  fiefs  que  possédait  Saint-Germain-des-Prés,  en  1176,  on 
trouve,  sous  le  n°  55,  la  mention  suivante  :  «  Radulfus  (le  Granz)  de 
Marli  (tenet)  feodum  unum  apud  Marli\   » 

Marly-le-Roi  se  trouve  à  quatre  petites  lieues  de  Paris,  entre  Ver- 
sailles et  Saint-Germain-en-Laye.  On  le  trouve  désigné,  dans  les  anciens 
documents,  par  :  Mairilacus,  Marletum,  Marleiuni,  Marliacum  Mallia- 
cum.  S'il  faut  en  croire  Lebeuf,  ce  nom  viendrait  de  maria,  signifiant 
terre  grasse,  d'après  Pline,  ce  qui  convient  fort  bien  à  tout  le  bas  de 
Marly  \ 


1.  Arch.  nat.  S.  2918. 

2.  Longnon,  Introduction  au  Polyptyque,  p.  228. 

3.  Lebeuf-Fechoz,  t.  III,  p.  11  G. 


—    223    


LA   CELLE-SAINT-CLOIJD 


La  Celle-Saint-Cloud  est  une  bourgade  située  à  l'ouest  et  à  trois 
lieues  de  Paris,  sur  la  rive  gauche  de  la  Seine,  dont  une  colline  la 
sépare.  Son  nom  comme  son  orthographe  a  varié  selon  les  époques. 
Elle  s'est  appelée  d'abord  la  Celle-sur-Seine,  puis  Cella  Villarls,  Cella 
fratrum,  la  Celle-près-Charlevanne,  plus  tard,  la  Celle-en-France,  près 
Bougival,  la  Celle-lez-Saint-Cloud,  et  enfin  la  Celle-Saint-Cloud  "^  Les 
religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  y  avaient  d'importantes  posses- 
sions dès  le  IX*"  siècle.  Nous  lisons,  en  effet,  dans  le  nécrologe  de  l'ab- 
baye la  phrase  suivante  :  «  X  Kal.  Mai,  depositio  Wandremari  abbatis, 
qui  dédit  Cellam  super  Sequanam  Sancto  Germano.  »  Ce  prélat  avait  été 
élu  vers  697.  D'où  provenait  ce  domaine?  C'était  sans  doute  un  don 
royal;  mais  nous  ne  trouvons  aucun  document  qui  nous  permette  de 
l'attribuer  à  Childebert  '. 

Le  Polyptyque  d'irminon  nous  dit  qu'il  y  avait  deux  églises  à  la 
Celle  et  un  grand  nombre  d'habitants.  Le  manse  seigneurial  se 
composait  de  dix  coutures  fcu//«ra?)*  de  terres  labourables,  où  l'on 
pouvait  semer  six  cents  muids  de  blé,  de  53  arpents  de  vieilles 
vignes  et  de  9  arpents  de  jeunes  vignes,  qui  toutes  ensemble  pouvaient 
produire  4oo  muids  de  vin,  de  5o  arpents  de  pré,  où  l'on  pouvait  récol- 
ter 4o  voitures  de  foin '%  et  d'un  bois  de  2  lieues  1/2  de  tour.  Celait 
peut-être  l'ancienne  forêt  de  Rouvray.  A  cette  époque  on  comptait  à  la 
Celle-Saint-Cloud  5o  maisons  d'affranchis  et  5  maisons  de  serfs  et  d'es- 
claves. En  846,  les  Normands,  après  avoir  brûlé  Bougival,  attaquèrent 
la  Celle,  qui  était  fortifiée  et  close  de  murs.  L'église  seule  resta  debout. 
Les  barbares,  n'ayant  pu  l'incendier,  s'en  vengèrent  en  brûlant  une 


1.  Canton  de  Marly,  arr.  de  Versailles. 

a.  On  a  écrit  le  mot  Celle  de  diverses  façons  :  Selle,  Celle,  Scelle. 

3.  BONNIN.  A.   M/IQUET. 

4.  La  couture  valait  de  64  à  65  bonniers,  et  le  bonnier  contenait  laS  ares.  V.  LoN- 

GNON. 

5.  Une  charretée  {carrada)  faisait  looo  llSres.  V.  Longnon. 


"—    224    — 

ferme  des  religieux  et  les  arbres  du  voisinage.  Charles  le  Chauve  mit 
les  ennemis  en  fuite.  Les  moines  de  Saint-Germain  établirent  en 
ce  lieu  un  asile  pour  les  religieux  convalescents  qui  avaient  besoin  d'un 
air  pur. 

Pour  installer  cet  hospice,  ils  se  servirent  des  restes  de  bâtiment,  et 
choisirent  dans  la  ferme  incendiée  un  pavillon  de  plusieurs  étages 
auquel  ils  joignirent  un  enclos  formé  des  terrains  antérieurement  occu- 
pés par  les  anciennes  maisons  du  bourg  détruit'. 

En  1 198,  une  noble  femme,  du  nom  de  Philippe,  donna  la  cinquième 
partie  de  ses  biens  à  la  Celle,  mais  elle  demanda  en  retour  de  partici- 
per aux  bonnes  œuvres  des  religieux"'. 

Un  dénombrement  de  1371  nous  donne  les  terres  de  la  Celle  et  cer- 
tains revenus  ^  : 

Une  maison  avec  89  arpents  de  terre,  70  arpents  de  bois  et  9  arpents 
de  vigne,  avec  les  dîmes  de  grains  et  de  vins,  cens  et  rentes  qui 
peuvent  valoir  par  an,  i4  livres. 

Celui  de  i384  est  ainsi  conçu  :  «  A  la  Celle,  il  y  a  une  maison  appar- 
tenant à  la  prévôté,  qui  a  été  détruite  par  les  ennemis  du  royaume  ; 
justice  haute,  moyenne  et  basse,  environ  90  arpents  déterre,  70  arpents 
de  bois  de  pauvre  revenu,  9  arpents  de  vigne  en  friche,  la  dîme  des 
vins  et  grains  de  la  ville,  les  cens  et  rente  qui  peuvent  valoir,  par  an, 
i4  livres*.  » 

Un  dénombrement  du  21  juin  1022  nous  dit  qu'il  y  avait  100  arpents 
de  bruyère  et  six  vingts  arpents  de  bois  taillis  à  la  Celle-Saint-Cloud°. 

Troublés  par  les  guerres  de  religion  et  pressés  par  les  dettes,  les  reli- 
gieux de  Saint-Germain-des-Prés  vendirent,  au  commencement  du 
XYll^  siècle,  à  Joachim  Sandras  cette  habitation  avec  la  propriété  qui 
y  était  attachée.  Ils  ne  se  réservèrent  que  la  seigneurie.  Ln  bail  du 
i5  novembre  1 507  nous  permet  de  constater  ce  que  valaient  annuelle- 
ment la  terre  et  seigneurie  de  la  Celle  avec  les  dîmes  du  Chesnay.  Le 
tout  était  affermé  à  Louis  Brissonnet  pour  la  somme  de  i3oo  livres; 
le  revenu  comprenait  : 


j.  A.  Maqlët. 

a.  Arch.  iiat.  LL.  io/|i,  p.  4  et  5. 

3.  Id.  L.  753. 

!t-  Id.  L.  760,  n°  29.  Voir  Saint-Germain  au  XIV  siècle,  p.  27  et  38. 

5.  Id.  LL.  1042,  p.  100. 


—    225 


1°  La  coupe  annuelle  de  12  arpents  de  bois  taillis; 
2°  Les  grosses  et  menues  dîmes,  le  grelTe  et  le  tabellionage  ; 
3"  8  septiers  de  blé  de  dîme  appartenant  aux  bailleurs  par  préciput 
sur  le  total  des  dîmes.  Le  surplus  des  dîmes  de  la  CeUe  était  partagé 
entre  le  curé  du  lieu  et  le  preneur  ; 

4°  Toutes  les  dîmes,  grosses  et  menues,  dépendant  de  la  terre  et  sei- 
gneurie du  Chesnay,  avec  un  pré  contenant  environ  4  arpents,  sis  au 
territoire  du  Chesnay  ; 

5°  Les  censives  et  les  amendes  qui  se  percevaient  sur  ce  territoire  ; 
Le  preneur  devait  entretenir  en  bon  état  les  granges  du  dit  lieu  et 
payer  le  gros  du  vicaire  perpétuel  du  Chesnay  qui  était  de  89. septiers 
et  mine  de  blé.  Les  bailleurs  se  réservaient  les  lods  et  ventes,  confisca- 
tions, la  jouissance  d'une  carrière  de  grès.  Il  était  prescrit  au  preneur 
de  laisser  8  baliveaux  par  arpent,  lorsqu'il  coupait  les  bois  taillis.  11  ne 
pouvait  toucher  aux  anciens. 

Le  roi  Louis  XIV,  en  1662,  acquit  et  fit  enfermer  dans  son  parc  de 
Versailles  22  arpents  de  pré  et  3oo  arpents  de  terres  labourables  dépen- 
dant tant  de  la  Celle  que  du  Chesnay,  et  soumis  à  la  justice  et  au  dix- 
mage  de  Saint-Germain-des-Prés.  11  convint  de  payer  aux  religieux  une 
rente  de  SooMvres'.  Le  monarque  y  ajouta,  en  i683,  toute  la  terre  que 
Saint-Germain-des-Prés  possédait  dans  ces  deux  localités.  Ici  se  place  un 
incident  fâcheux  pour  les  Bénédictins  de  la  célèbre  abbaye  parisienne. 
Colbert  leur  avait  acheté  pour  Sa  Majesté,  au  prix  de  262.600  livres, 
les  bois  d'AmblainviUiers,  Verrières,  la  Celle-Saint-Cloud,  Montéclin. 
Le  grand   ministre  mourut  peu  de  temps  après,  et  Louvois  refusa  de 
tenir   les   engagements   qu'il   avait  pris.   Bien  plus,    il   réclama  les 
sommes  qui  avaient  été  payées   et  ne  donna  point  les  34.700   livres 
qu'on  avait  jugé  bon  d'accorder  pour  la  non-jouissance  depuis  1G79. 
Les  religieux  durent  reprendre  leurs  bois  tout  dégradés  par  les  allées 
qu'on  y  avait  pratiquées.  Le  récit  qui  suit  nous  explique  amplement 
cette  affaire  : 

Le  21  avril  iG83,  la  communauté  de  Saint-Germain-des-Prés  vendit 
au  roi  80  arpents  de  bois  au  territoire  de  Montéclin.  900  arpents  au 
Bu isson-de- Verrières,  54  arpents  au  territoire  d'AmblainviUiers,  plus 
43  arpents,  moyennant  la  somme  de  262.500  livres  tournois,  et  pour 

I.  Bib.  nat.  ms.  fr.  18816,  p.  i5o;  Arch.  nat.  LL.  io4i,  p,  Oi-Ca. 


—    226    

la  non-jouissance   du    revenu  des  dits  bois  depuis  l'an    1G79,   parce 
que  Sa  Majesté  avait  défendu  de  faire  aucune  coupe  des  dits  bois,   la 
somme  de  34.700  livres.  Les  religieux  étaient  obligés  d'employer  la 
somme  de  262.000  livres  au  payement  de  l'acquisition  des  terres  de 
Fresne  et  Berny,  et  au  remboursement  des  autres  rentes.  Le  monastère 
reçut,  le  3o  juillet  i683,  la  somme  de  100.000  livres  et  devait  toucher  le 
reste  dans  les  deux  mois  suivants.  Sur  ce,  M.  de  Colbert  mourut  au 
mois  de  septembre.  M.  de  Louvois,  qui  lui  succéda  dans  la  charge  de 
surintendant  des  bâtiments  du  roi,  rompit  le  contrat  et  obligea  les  reli- 
gieux de  reprendre  leurs  bois  tout  en  désordre,  dans  lesquels  on  avait 
fait  des  allées  et  des  chemins.   Ils  durent  rendre  les   100.000  livres 
qu'ils  avaient  reçues  et  ne  touchèrent  aucune  indemnité  pour  la  non- 
jouissance  et  les  dégâts.  Ils  ne  furent  pas  davantage  payés  de  la  vente 
de  leur  seigneurie  de  la  Celle  que  le  roi  avait  achetée  le  même  jour  par 
un  contrat  séparé  et  dont  le  prix  se  montait  à  plus  de  95.000  livres  '. 

En  1691,  le  sieur  de  Bontemps,  stipulant  au  nom  du  roi,  assura  aux 
moines  de  Saint-Germain  une  rente  de  188  livres  i5  sols  pour  les 
dîmes  et  droits  seigneuriaux  sur  les  terrains  du  Chesnay,  compris 
dans  le  parc  de  Versailles  * . 


Litiges  et  transactions 

?sous  rangerons  sous  ce  titre  les  difficultés  et  accords  qui  ont  pu  se 
produire  relativement  à  la  Celle-Saint-Cloud. 

En  1209,  il  y  eut  entre  les  hommes  de  cette  localité  et  l'abbé  de 
Saint-Germain  un  procès  que  Pierre  de  Nemours,  évêque  de  Paris,  fit 
cesser  en  accordant  les  parties. 

Trois  ans  plus  tard,  pour  terminer  une  contestation  regrettable,  les 
religieux  de  Saint-Germain  cédèrent  à  l'abbaye  de  ïyron  pour  son 
prieuré  de  Jardies  une  terre  située  «  in  feodo  villa)  de  Querceto  w,  à 
condition  qu'on  payerait  annuellement  au  prieuré  de  la  Celle  une  rente 
de  6  deniers  \ 


1.  Choses  mémorables,  Bib.  nat.  ms.  fr.  iG856,  p.  224. 

2.  Id.  18816,  p.  25o. 

3.  Arch.  nat.  LL.  10/12,  p.  i;  LL.  i025,  p.  5/i. 


227 


Au  mois  de  mars  1280,  les  hôtes  de  la  Celle  qui  avaient  demandé  à 
payer  une  somme  fixe  pour  les  droits  seigneuriaux  reçurent  satisfac- 
tion. Ils  furent  taxés  à  60  sols  parisis  par  an  pour  les  audiences  et  le 
past  de  l'abbé,  et  à  7  livres  pour  la  taille  et  les  sous  du  ix)i.  Quatre 
hommes  choisis  parmi  la  population  devaient  répartir  cet  im[)r)t'. 

L'année   suivante  (novembre    1281  )    l'abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés  et  ses  religieux   abandonnèrent  à  l'abbé  de  Coulombs,  diocèse 
de  Chartres,    un    arpent    et    demi  de  vignes  à    Marly,   une   rente  de 
trois  muids  de  vin  de  mère  goutte,  mesure  de  Marly,  au  temps  des 
vendanges,  4  livres  6  sols  parisis  de  cens,  payables  chaque  année  en 
l'octave  de  saint  Denis.  L'abbé  de  Coulombs  donna  en  contre-échange 
le  tiers  de  la  dîme  du  blé  et  du  vin  au  territoire  de  la  Celle  et  i4  sols 
parisis,  payables  en  la  fête  Saint-Remy,  les  hôtes  qu'il  avait  à  la  Celle , 
le  rouage  (2  deniers  par  charretée  de  vin),  le  forage  (i   septier  pour 
chaque   tonneau  mis  en  vente  dans  la  maison  des  personnes  qui  lui 
étaient  soumises)  et  ses  droits  de  justice.  11  se  réserva  le  patronage  de 
l'église  de  la  Celle,  les  deux  tiers  des  menues  dîmes,  c'est-à-dire  des 
agneaux,   des   porcs  et  des  veaux,  les  deux  tiers  des  pains  offerts  à 
l'église  le  lendemain  de  Pâques  et  de  ^~oël,  les  deux  tiers  des  cierges 
offerts  les  jours  de  \oël,  Pâques,  la  Pentecôte,  et  2  œufs  par  chaque 
maison,  le  jour  de  l'Ascension'. 

Eude,  évèque  de  Tuscule  ou  Frascati.  était  légat  du  Saint-Siège  en 
France,  en  1246.  Ses  officiers  levèrent  injustement  des  droits  de  gite 
ou  de  procuration  à  la  Celle.  Hugue  d'Issy,  abbé  de  Saint-Germain,  s'en 
plaignit  au  prélat,  qui  se  hâta  de  restituer. 

Ilugue  de  Pontoise,  prévôt  de  la  Celle,  avait  acquis  47  sols  de  cens  à 
Suresnes.  Il  régla  qu'après  sa  mort  cet  argent  serait  versé  au  pitancier 
deSaint-Germain-des-Prés.  11  assigna  5  sols  à  l'aumônier  pour  le  sou- 
lagement de  Go  pauNTes,  12  deniers  au  trésorier  pour  le  luminaire  de 
son  service  anniversaire  et  i5  deniers  aux  marguilliers,  sonneurs  de 
cloches.  Les  autres  4o  sols  étaient  destinés  à  la  communauté. 

En  novembre  1201,  une  sentence  arbitrale  régla  l'ordre  do  la  justice 
pour  les  hommes  libres  de  Martré-la-Celle.  11  fut  décidé  que  les  causes 


I.  Arch.  nat.  L.  808. 

a.  Jd.  S.  201 3;  LL.  102J,  p.  53. 


—    228    — 

civiles  n'exigeant  pas  de  gages  seraient  jugées  à  la  Celle,  et  les  autres 
devant  l'abbé  de  Saint-Germaine 

Nous  voyons  en  1490  qu'une  somme  de  60  livres  tournois  se  préle- 
vait sur  les  terres  de  la  Celle,  Suresnes  et  leurs  dépendances  pour  le 
général  ou  la  pitance  du  souper  à  l'abbaye  Saint-Germain  \ 

Raoul  du  Feu,  prieur  commendataire  de  la  Celle,  du  Chesnay,  de  la 
Marche,  de  Charlevanne  et  de  Suresnes,  s'était  engagé  à  fournir  cette 
redevance. 

Comme  les  chanoines  du  Saint-Sépulchre  avaient  des  biens  à  la 
Celle,  ils  furent  obhgés,  le  3o  décembre  1682,  de  constituer  un  homme 
vivant  et  mourant, 

Nicolas  le  Prêtre,  président  de  la  cour  des  aides,  et  Etienne  Pavillon, 
secrétaire  du  roi,  avaient  changé  la  nature  du  territoire  de  la  Celle- 
Saint-Cloud,  en  y  plantant  des  bois  taillis,  des  châtaigniers,  des  osiers. 
Avec  l'aide  de  Saint-Germain,  Pierre  Aupré,  curé  de  l'endroit,  entama 
un  procès  à  ce  sujet,  en  1669.  Son  successeur,  Charles  Berton,  le 
continua.  Le  20  août  1689,  le  Parlement  décida  que  la  dîme  des  terres 
changées  de  nature  depuis  1626  serait  de  20  sols  par  arpent. 

Les  dames  de  Saint-Cyr  furent  soumises  à  cette  mesure  pour  leur 
bois  taillis  et  condamnées  à  payer  tous  les  arrérages  '. 

Exercice  de  la  justice 

La  seigneurie  de  Suresnes  dépendait  de  la  seigneurie  voisine  de  la 
Celle,  mais  le  siège  de  la  justice  était  à  Suresnes,  et  là  se  trouvaient  l'au- 
ditoire et  les  prisons.  Une  déclaration  de  1622  nous  le  prouve.  La  voici  : 

(c  En  notre  prévosté,  village  et  seigneurie  de  Suresne-sur-Seine,  distant 
environ  de  2  lieues  de  Paris,  dépendant  de  notre  seigneurie  et  chatelle- 
nie  de  la  Scelle,  nous  avons  une  grande  maison  manable  à  plusieurs 
corps  d'hôtels,  granges,  pressouers  banniers...  prisons,  auditoire  pour 
exercer  le  fait  de  nos  justices,  tant  d'iceux  lieux  que  de  la  dite  Scelle  '.  )) 

En  1297,  l'abbaye  de  Saint-Denis  possédait  la  justice  et  la  voirie  de 
la  Celle-Saint-Cloud  et  tous  les  cas  judiciaires  dont  les  amendes  ne 

I.  Arch.  nat.  L.  808. 

a.  Id.  LL.  10/12,  p.  106;  LL.  loGi,  p.  8. 

3.  Id.  LL.  loAi,  p.  3oC. 

4.  Tanon,  Justice  de  Paris,  p,  217. 


—    22f)    

dépassaient  pas  60  sols,  ainsi  que  les  profits,  amendes  et  émoluments 
s'élevant  jusqu'à  la  dite  somme,  qui  pouvaient  échoir  audit  lieu.  Un 
débat  s'éleva  à  ce  propos  dans  le  siècle  suivant,  et  une  sentence  fixa 
cette  question  définitive  le  23  août  i336.  Jean  de  Villeparisis  et  Gré- 
goire de  Villy,  choisis  comme  arbitres,  ordonnèrent  que  les  moines  de 
Saint-Germain-des-Prés  auraient  la  basse  et  moyenne  justice  en  toute 
la  ville  de  la  Celle,  les  chemins  et  voiries,  en  tout  temps.  Cependant  les 
religieux  de  Saint-Denis  exerçaient  la  moyenne  justice  à  l'époque  de  la 
moissine  sur  les  dits  chemins  et  voiries,  mais  hors  delà  terre  de  Laistre 
qui  appartenait  à  Saint-Germain.  Ils  jouissaient  aussi  pendant  le  temps 
de  la  moissine  sur  ces  mêmes  chemins  et  voiries  du  forage  et  rouage 
pour  les  vins  vendus  dans  la  ville  de  la  Celle  et  portés  au  dehors.  Ils 
avaient  coutume  de  prendre  pour  le  forage  un  denier  parisis  de  la 
pièce,  et  maille  de  rabat.  En  outre,  les  moines  de  Saint-Denis,  ou  leurs 
commis,  pouvaient  aller  dans  les  maisons  des  hôtes  de  l'abbaye  de 
Saint-Germain-des-Prés,  qui  vendaient  du  vin,  durant  le  temps  de  la 
moissine,  savoir  si  la  pièce  que  l'on  y  tenait  en  vidange  était  au-dessus 
ou  au-dessous  de  la  barre.  Si  le  vin  se  trouvait  au-dessus  de  la  barre,  le 
forage  appartenait  à  l'abbaye  de  Saint-Denis  ;  dans  le  cas  contraire,  il 
revenait  à  l'abbaye  de  Saint-Germain.  Les  religieux  de  Saint-Denis  ne 
devaient  exercer  aucune  justice  en  la  ville  de  la  Celle  sur  les  hôtes  de 
Saint-Germain-des-Prés,  ni  les  faire  assigner  à  leurs  plaids  de  Rueil, 
excepté  pour  le  payement  des  droits  de  forage.  On  ne  parle  point  de  la 
haute  justice,  mais  il  est  à  croire  que  les  rois  se  l'étaient  réservée.  Un  fait 
peut  confirmer  cette  opinion.  Un  habitant  de  la  Celle  avait  frappé 
mortellement  un  injuste  agresseur.  Poursuivi  et  incarcéré  pour  ce 
motif,  il  dut  sa  délivrance  et  son  salut  à  une  prompte  intervention  du 
prince  (avril  i358). 

Leurs  droits  étant  ainsi  établis,  les  religieux  de  Saint-Germain-des- 
Prés  se  choisirent  des  officiers,  pour  rendre  la  justice  en  leur  nom.  11  y 
avait  une  prévôté  à  la  Celle  dès  l'an  i4io  '. 


L'église  et  la  cure 

L'église  de  la  Celle  était  dédiée  à  saint  Pierre,  et  non  à  saint  Cloud, 
1.  A.  Maquet.  Takon,  Justice  de  Paris. 


—  23o  — 

comme  l'a  pensé  M.  de  Valois.  En  846,  les  Normands  cherchèrent  à 
l'incendier,  mais  ils  n'y  réussirent  pas.  Elle  fut  détruite  pendant  les 
guerres  de  religion.  Les  habitants  demandèrent  aux  religieux  de  la  réé- 
difier,  avec  la  maison  curiale'.  Elle  n'a  rien  de  remarquable.  Au  grand 
autel,  on  remarque  une  crosse  en  suspense.  Dans  le  chœur,  repose  une 
dame  de  Launay,  fdle  de  M.  de  Launay,  secrétaire  du  roi,  et  dans  la 
nef,  se  voit  la  tombe  de  Jehanne  de  Sansac,  dame  de  Beauregard.  Bien 
que  les  religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  fussent  seigneurs  de  la 
Celle,  ils  avaient  la  charge  de  l'égUse,  sans  en  avoir  la  cure.  Le  1 1  dé- 
cembre i655,  le  vicaire  perpétuel  se  plaignit  que  le  revenu  de  sa  cure 
était  insuffisant  pour  subsister.  La  communauté  de  Saint-Germain-des- 
Prés  lui  assura  une  pension  de  i5o  livres,  mais  il  devait  renoncer  à  la 
moitié  des  dîmes  qu'il  avait  ou  pouvait  avoir  dans  la  paroisse'. 

Le  29  mai  1681,  il  y  eut  un  nouvel  accord  entre  les  religieux  de 
Saint-Germain-des-Prés  et  le  curé  delà  Celle,  qui  se  contenta  de  la  moi 
tié  des  dîmes  pour  son  gros'. 

Le  II  juin  1708,  le  curé  prit  à  bail  toutes  les  dîmes  de  l'endroit  et 
s'engagea  à  payer  aux  religieux  la  somme  de  i5o  livres,  au  jour 
Saint-Remy. 

Dans  la  déclaration  de  1790,  nous  lisons  que  l'abbaye  abandonnait 
au  curé  de  la  Celle-Saint-Cloud,  pour  le  supplément  de  son  gros,  la 
moitié  des  dîmes  qu'elle  avait  en  ce  lieu  et  les  indemnités  de  dîmes 
qu'elle  percevait,  pour  les  terres  plantées  en  bois.  La  nomination  à  la 
cure  appartenait,  depuis  le  XIII''  siècle  au  moins,  à  l'abbé  de  Cou- 
lombs, de  qui  dépendait  le  prieuré  de  Saint-Germain-en-Laye. 
On  prélevait  sur  les  revenus  du  prieuré  de  la  Celle  : 
1°  L  sols  pour  l'anniversaire  de  Bertrand  de  Nogent,  fixé  au  XllI  des 
calendes  de  février  ou  le  20  janvier  ; 

2°  X  sols  pour  l'anniversaire  de  Marie  de  la  Celle,  fixé  au  IIII  des  ides 
de  mars  ou  le  12  de  ce  mois  ; 

3°  VIII  sols  pour  l'anniversaire  de  Girart,  fixé  au  111  des  noues  d'avril 
ou  3  de  ce  mois  ; 

li°  XXX  sols  pour  l'anniversaire  de  Baudoin  Chandon  ou  Chanderon, 
fixé  au  XVll  des  calendes  de  juin  ou  le  iG  mai; 


i.Arch.  nat.  LL.  io4i,  p.  83. 

2.  Bib.  nat,  ms.fr.  i6855. 

3.  Id.  LL.  io43,  p.  267. 


—  aSi   — 

5°  XXX  sols  pour  rminivcrsairc  de  Symon  d'Auteuil,  prieur  de  la 
Celle,  fixé  au  XVII  des  calendes  d'août  ou  le  i6  juillet; 

6°  XXX  sols  pour  l'anniversaire  de  Hugues  de  Septeuil,  fixé  au  XIII 
des  calendes  de  décembre  ou  le  19  novembre; 

7"  xxx  sols  pour  l'anniversaire  de  Barthélémy  de  la  Celle,  fixé  au 
XYIII  des  calendes  de  janvier  ou  le  1 5  décembre  '. 

Les  écarts  ou  hameaux  qui  dépendaient  de  cette  paroisse  étaient  : 
Beclieret  ou  Bréchet,  les  Gressets  ou  (iressay,  Delesbat,  Prunay,  Clos- 
ïoutin,  Beauregard. 

L'ancienne  abbaye  de  Gif  avait  une  ferme  aux  Grcssay. 

Le  i'"'"  juin  i538,  les  religieuses  de  Gif  furent  condamnées  à  payer 
Goo  livres  au  prieur  et  prévôt  de  la  Celle,  pour  n'avoir  pas  amorti 
quelques  possessions". 

Les  dames  de  i^irt-Royal  possédaient,  en  i-2()-,  des  vignes  à 
Prunay. 

Dès  le  XVP  siècle,  le  domaine  de  Beauregard  était  un  fief  dépen- 
dant de  la  Celle.  Aucun  dénombrement  ou  aveu  ne  nous  révèle  son 
importance  ou  son  étendue. 

Le  Père  Lachaise,  célèbre  jésuite  et  confesseur  de  Louis  XIV,  possé- 
dait Beauregard,  dont  il  fit  construire  le  château. 


I.  Arch.  mil.  LL.  1027. 
I.  1(1.  LL.  io'i3,  p.  22. 


—  aSa  — 


LEVY-SAINT-NOM 


Ce  village  est  situé  à  20  kilomètres  au  sud-ouest  de  la  Celle-Saint- 
Cloud. 

Saint-Germain-des-Prés  y  avait  des  propriétés  au  1\^  siècle,  puis- 
qu'on lit  dans  le  Polyptyque  d'Irminon  :  «  Habet  in  Lebiaco  de  Silva 
ubi  possunt  saginari  in  totum  porci  CLXx^  n 

Nous  lisons  dans  le  Polyptyque  d'Irminon  '  :  «  llabet  in  Mrbanio  de 
silva  Bunuaria  m.  » 

L'abbaye  de  Saint-Germain  possédait  3  bonniers  de  bois  (in  Nirbanio). 
Quelle  est  cette  localité?  Guérard  avait  pensé  qu'il  s'agissait  de  Beynes, 
commune  du  canton  de  Montfort-l'Amaury,  arrondissement  de  Ram- 
bouillet (Seine-et-Oise),  située  à  l'ouest  de  la  Celle-Saint-Cloud.  Aujour- 
d'hui, M.  Longnon  repousse  cette  identification  et  soutient  que  Nirba- 
nium  devrait  se  traduire  par  Nerbain.  Comme  aucune  localité  des 
environs  de  la  Celle  ne  porte  ce  nom,  il  faut  donc  admettre  que  Nirba- 
nium  a  changé  de  nom  ou  qu'il  a  été  détruit  '. 


1.  Canton  de  Cherreuse,  arrondissement  de  Rambouillet  (Seine-et-Oise). 

2.  Lo>GNON,  Polyptyque  d'Irminon,  p.  78. 

3.  M.,  p.  27. 
h.  Id.,  p.  78. 


-  233  — 


JOUY-EN-JOSAS 


Jouy-en-Josas,  désigné  à  cette  époque  sous  le  nom  de  Gaiigiamm, 
figure  dans  le  Polyptyque  de  l'abbé  Irminon.  D'après  ce  document, 
nous  voyons  que  ce  n'était  pas  alors  une  des  moindres  dépendances  de 
l'abbaye,  puisque  le  résumé  qui  se  trouve  à  la  fin  nous  apprend  que 
l'on  y  comptait  iio  manses  sur  lesquels  il  y  en  avait  91  ingénuiles, 
rapportant  annuellement,  pour  la  taxe  militaire,  soit  4  chariots,  soit 
20  bœufs,  soit  8  livres  en  argent,  100  moutons;  la  3«  année,  88  brebis; 
la  4"  année,  88  porcs  valant  4  deniers  chacun  ;  la  5-^  année,  chaque 
manse  devait  fournir  un  cent  de  bardeaux.  Parmi  tous  ces  manses, 
il  y  en  avait  18  où  l'on  cultivait  la  vigne  et  qui  devaient  sur  leurs 
récoltes  36  muids,  33o  poulets,  i65o  œufs;  pour  la  capilation,8  livres; 
pour  la  paisson,  i  livre  et  8  sols. 

Malheureusement  les  premiers  folios  du  Polyptyque  et,  par  suite,  le 
début  du  bref  de  Jouy  manquent  ;  nous  sommes  ainsi  privés  des  indi- 
cations principales  qui  figurent  en  général  dans  les  premiers  para- 
graphes. Dans  les  documents  postérieurs  nous  trouvons  cette  localité 
appelée  successivement  Joyacum,  Joviacum,  Joï  et  enfin  Jouy. 

Cette  terre,  dont  le  Polyptyque  vient  de  nous  faire  connaître  l'impor- 
tance au  commencement  du  IX'^  siècle,  fut  aliénée  ou  usurpée  pen- 
dant la  période  obscure  et  tourmentée  du  X«  siècle,  et  nous  la  trouvons 
en  la  possession  de  plusieurs  seigneurs  féodaux,  sans  qu'il  soit  fait 
mention  de  ses  premiers  possesseurs.  Ce  ne  fut  qu'au  XII^  siècle,  que 
les  religieux  de  Saint-Germain  purent  reconstituer  par  des  achats 
ou  grâce  à  des  donations  une  bien  faible  partie  de  leur  ancien 
domaine. 

En  l'année  i255,  l'abbé  et  le  couvent  de  Saint-Germain-des-Prés 
acquirent  de  Guy,  sire  de  Chevreuse,  au  prix  de  60  livres  parisis,  sa 
part  de  la  seigneurie  et  ses  possessions  à  Jouy;  d'Hugues  de  Jouy, 
chevalier,  pour  36o  Uvres  parisis,  le  manoir  et  ses  dépendances  qu'il 
avait  à  Jouy;  de  Bouchard  de  Bagncncourt,  chevalier,  le  tiers  des  mar- 
chés et  du  four  de  la  ville  de  Jouy.  Ces  acquisitions  furent  ai)prouvécs 


—  a34  — 

par  les  Dames  du  dit  lieu,  Mathilde,  dame  de  Chàteaufort,  veuve  de 
Bouchard  de  Marty,  et  Mabile,  dame  de  Chàteaufort,  veuve  de  Mathieu 
de  Marly^  En  1276,  les  religieux  obtinrent  du  roi  Philippe  111  l'amor- 
tissement de  leurs  biens  de  Jouy*. 

Le  dernier  abbé  régulier  de  Saint-Germain-des-Prés,  qui  fut  déposé 
pour  sa  mauvaise  gestion  des  intérêts  temporels  de  son  monastère, 
donna,  en  1742,  par  un  bail  emphytéotique  de  99  ans,  la  principale 
des  possessions  de  Jouy,  le  fief  du  Moucet,  pour  8  livres  de  rente  et  une 
somme  de  200  escus  une  fois  payée'. 

En  1493,  nous  trouvons  un  accord  par  lequel  l'abbé  de  Saint- 
Germain-des-Prés  et  le  prieur  des  Célestins,  «  pour  ce  que,  à  cause  de 
celles  choses  qui  sont  en  indivis,  souventes  foys  en  sourdent  procès, 
discors,  desbats  et  divisions  lesquels  de  tout  nostre  pouvoir  vouldrions 
csviter  à  une  chascune  de  nos  esglises,  mesmement  que  sommes  tous 
unis  soubs  ung  père  et  pasteur,  le  glorieux  amy  de  Dieu,  Monsei- 
gneur Sainct  Benoist  »,  partagèrent  leurs  droits  sur  la  paroisse  de 
louy;  le  i/3  fut  pour  Saint-Germain-des-Prés,  et  les  2/3  pour  les 
Célestins*. 

>>ous  extrayons  d'un  dénombrement  fait  en  i52i  les  indications  sui- 
vantes sur  ce  que  possédaient  les  religieux  à  cette  époque  dans  la  ville 
et  le  territoire  de  Jouy  : 

((  1°  Manoirs,  granches,  étables,  auditoires,  cours  devant,  prisons, 
jardin  auquel  y  a  un  colombier,  deux  petits  viviers,  le  tout  contenant 
deux  arpents.  Ces  lieux  sont  vieils  et  caduques  et  coûtent  beaucoup  à 
entretenir  ; 

«  2"  16  arpents  de  terre,  valant  6  setiers  de  grain  méteil  ; 

u  3°  5  arpents  3  quartiers  de  pré,  produisant  6  charretées  de  foin; 

«  4°  Six  vingt  arpents  de  bois  taillis,  valant  10  livres  par  an  ; 

«  5°  Sur  plusieurs  maisons,  masures,  jardins,  terres,  vignes,  prés, 
taillis  et  autres  héritages  en  mouvance,  6  livres  de  rente  foncière  avec 
6  poulies  et  chapons  ; 

<i  6°  Haute,  moyenne  et  basse  justice,  avec  maire,  greffier,  procu- 
reur   fiscal,    sergent,   geôlier  et  autres  officiers.   Les  appels  se   font 


I.  Arch.  nat.  LL.  io50,  p.   100-106. 

a.  BoLiLL.VRT,  p.  187.  Arch.  nat.  LL.   1026.  p.  19. 

3.  BouiLLART,  p.  173. 

4.  Arch.  nat.  LL.  io3i,  p.  i3o. 


—  385  — 

devant  le  Prévost  de  Chasteaufort.  Cette  justice  coûte  plus  à  exercer 
qu'elle  ne  rapporte  ; 

(I  7^  Droits  de  lots,  ventes,  saisines,  amendes,  forfaitures,  confisca- 
tions et  autres  droits  appartenant  à  la  justice  ; 

«  Cette  terre  appartient  à  l'aumônerie'.  » 

Le  bail  si  peu  avantageux  passé  par  l'abbé  Robert  de  l'Espinasse  en 
faveur  de  Louis  ïroche  pour  le  fief  du  Moucet  ou  de  la  Croix,  expirait 
en  1572,  mais  les  religieux  n'en  purent  jamais  jouir.  Car  l'année  même 
où  ils  devaient  en  prendre  possession.  «  une  pauvre  femme,  damoiselle, 
bossue,  veuve  d'un  certain  Grégoire,  chevalier  qui  était  de  la  des- 
cendance de  Louis  ïroche,  vint  réclamer,  au  nom  de  son  fils  qui 
n'avait  que  neuf  ans  et  dont  elle  élait  la  tutrice,  de  prétendus  droits 
sur  le  fief  de  Moucet.  n  Après  avoir  fait  débouter  la  pauvre  veuve  des 
fins  de  sa  requête  par  sentence  du  prévôt  de  Paris  et  puis  par  arrêt  du 
Parlement,  les  religieux  se  trouvèrent  en  face  d'un  adversaire  plus 
redoutable  :  c'était  François  Descoubleau,  marquis  de  Sourdis,  seigneur 
temporel  de  la  ville  de  Jouy.  Le  fief  du  Moucet  touchait  à  ses  terres  et 
il  ani])itionnait  de  le  joindre  à  son  domaine.  Les  religieux  n'ayant  pas 
répondu  à  ses  désirs,  il  eut  recours  à  la  violence.  Par  ses  ordres,  des 
spadassins  masqués  et  armés  se  transportaient  dans  les  environs  du 
manoir  des  moines,  attaquaient  ces  derniers  ou  leurs  domestiques  avec 
leurs  épées  ou  leurs  poignards,  ou  même  en  tirant  contre  eux  leurs 
escopettes.  Effrayés  de  ces  attaques,  les  religieux  renoncèrent  à  une 
lutte  qu'ils  se  sentaient  incapables  de  soutenir  plus  longtemps  et  con- 
sentirent à  céder  à  François  Descoubleau  leur  fief  de  Moucet  en 
échange  de  la  terre  de  Courbetin,  en  lui  payant  pour  cet  échange  une 
soulte  de  5oo  livres  tournois  (1579)  ". 

Cet  arrangement  ne  dut  pas  être  exécuté  sans  difficulté.  Car  à  la 
suite  d'un  procès,  le  3  mars  1600,  M"'"  la  marquise  de  Sourdis,  renon- 
çant à  plaider  davantage,  donna  3000  escus  aux  religieux,  à  condition 
qu'elle  jouirait  doresnavant  de  leur  seigneurie  de  Jouy  et  de  la  Croix,  et 
cUe  cédait  en  échange  la  terre  de  Courbetin  \ 


1.  Arch.  nat.  S.  ^976. 

2.  Bib.  nat.  ms.  lut.  12837,  P-  ^^IJ- 

3.  Id.  lus.  fr.   iG84<),  p.  i. 


—  236  — 


COURBETIN 


Un  bail  du  4  février  i633  nous  donne  la  situation  topographique  et 
la  contenance  du  fief  de  Courbetin  et  Champgervaise.  Affermé  à  Charles 
des  Oliviers,  escuier,  commissaire  ordinaire  de  l'artillerie,  et  à  Eléo- 
nore  de  la  Fosse,  son  épouse,  il  comprenait  dans  les  communes  de 
Saint-Hilliers  et  de  Champcenest,  arrondissement  de  Provins  (Seine-et- 
Marne),  où  il  s'étendait  : 

1°  Château,  maisons,  étables,  colombier  à  pied,  étang  et  fossés,  con- 
tenant 9  arpents  3  quartiers  3  perches  ; 

2°  270  arpents  de  terres,  prés,  bois  en  diverses  pièces; 

3"  100  sols  6  deniers  de  menus  cens,  4  septiers  5  boisseaux  de  blé 
froment,  mesure  de  Provins,  et  i3  poules  de  rente. 

Pendant  le  bail,  le  preneur  devait  entretenir  les  bâtiments  en  bon 
état,  faire  curer  les  fossés  et  l'étang,  peupler  celui-ci  de  carpes  et  de 
perches,  tous  les  trois  ans.  11  s'obligeait  aussi  à  payer  au  sieur  de  Champ- 
cenest, chacun  an,  10  sols  8  deniers,  pour  23  arpents  de  terres  qui  se 
trouvaient  dans  sa  censive.  En  outre,  il  promettait  de  faire  marner,  le 
plus  tôt  possible,  109  arpents  de  terre.  La  justice  haute,  moyenne  et 
basse  s'exerçait  par  le  moyen  des  juges,  du  procureur  fiscal,  du  gref- 
fier et  du  sergent.  Les  bailleurs  instituaient  ces  officiers,  et  le  fermier 
payait  les  gages  accoutumés.  Ce  dernier  percevait  le  revenu  des 
amendes,  défauts  et  droits  de  tabellionage;  mais  il  était  obligé  de 
tenir  de  bons  et  loyaux  registres  des  arrêts  de  justice,  des  rentes  et  des 
contrats  d'acquisitions  qui  se  faisaient  en  la  censive  de  Courbetin.  Le 
preneur  s'engageait  à  recevoir  deux  fois  par  an  trois  religieux  avec 
3  chevaux,  3  jours  de  suite.  Les  cinq  premières  années,  il  devait  payer 
annuellement  100  livres  ;  dans  la  suite,  le  prix  du  bail  s'élevait  à 
20  livres  '. 

Le  29  novembre  i64i,  la  terre  de  Courbetin  fut  cédée  à  la  famille  de 
Sourd is  pour  la  somme  de  9000  livres". 


1.  Arch.  liât.  S.  2978. 

2.  Bibl.  nat.  ms.fr.  16862,  p.  a45. 


—  287  — 


MONTÉCLIN-\' AUBOYEN  ' 


En  tête  d'un  registre  datant  du  commencement  du  XVUP  siècle  et 
consacré  à  diverses  opérations  de  la  vente  de  ce  domaine,  les  religieux 
avaient  condensé  dans  un  court  résumé  ce  qu'ils  savaient  ou  croyaient 
savoir  du  passé  de  cette  dépendance  de  leur  abbaye.  D'après  eux,  la 
terre  «  de  Montéclin,  anciennement  Montdéclin  (Quasi  Mons  ad  solem 
declinans,  Mont  tourné  vers  le  soleil  couchant),  était  originairement 
une  ville  composée  de  plusieurs  grandes  rues  et  qui  relevait  immé- 
diatement du  Roi,  en  plein  fief,  foi  et  hommage,  à  cause  de  sa  châ- 
tellenie  de  Châteaufort,  depuis  réunie  au  domaine  de  Monthléry.  Cette 
ville  de  Montéclin  s'est  trouvée  par  la  succession  des  temps  aban- 
donnée, attendu  le  dégât  que  les  bêtes  fauves  faisaient  sur  le  terri- 
toire de  ses  habitants;  et  ce  n'est  plus  aujourd'hui  qu'une  grosse 
ferme.  Cette  terre  était  décorée,  dès  auparavant  i38o,  de  plusieurs 
droits,  comme  de  haute,  moyenne  et  basse  justice,  greffe,  tabellio- 
nage,  scel,  contrescel,  mesure,  rouage,  forage,  minotage,  garenne, 
cens,  lods,  ventes,  deffauts,  saisines  et  amendes.  Cette  terre  a  de 
tout  temps,  et  même  auparavant  1200,  appartenu  aux  religieux  de 
l'abbaye  royale  de  S'-Germain-des-Prés,  à  cause  de  l'office  de  tréso- 
rier de  l'abbaye'.  » 

Nous  allons  rechercher  dans  les  documents  la  cotifîrmation  ou  les 
rectifications  de  cette  notice  historique.  Quoique  les  archives  ne  com- 
mencent à  nous  éclairer  sur  Montéclin  et  Vauboyen  qu'à  partir  du 
XllP  siècle, nous  croyons  pouvoir  faire  remontera  une  bien  plus  haute 
antiquité  la  donation  de  ce  fief  à  l'abbaye  de  Saint-Germain.  I.e 
silence  du  Polyptyque  à  l'égard  de  ces  deux  localités  ne  prouve  pas 
qu'elles  ne  fissent  pas  déjà  partie  à  cette  époque  du  domaine  monas- 
tique; puisque  le  manuscrit  de  ce  document,  qui   est  conservé  à  la 


1.  Commune   de   Bièvres,    canton    de   Palaiscan,    arrondissement    de   Versailles 
(Scine-et-Oise). 

2.  Arch.  départ.  Seine-et-Oise,  E.  /|85. 


—  338  — 

Bibliothèque  nationale,  est  loin  d'être  complet,  il  est  donc  permis  de 
supposer  que  la  mention  de  ces  localités  figurait  sur  les  folios  dispa- 
rus. En  tous  cas,  si  nous  trouvons  des  chartes  de  donations  ou  d'acqui- 
sitions remontant  au  XI11'=  siècle,  nous  n'en  trouvons  aucune  qui  ait 
trait  à  la  justice  et  aux  droits  seigneuriaux.  Or,  comme  nous  allons  le 
signaler  tout  à  l'heure,  à  cette  époque  les  Bénédictins  étaient  seigneurs 
de  Montéclin  et  y  exerçaient  les  droits  de  justice;  ils  tenaient  leur  fief 
en  hommage  direct  du  Roi  envers  lequel  ils  devaient  certaines  servi- 
tudes dont  ils  furent  exemptés  par  le  roi  Philippe  le  Hardi. 

En  1234,  nous  voyons  les  religieux,  en  leur  qualité  de  seigneurs  de 
Montéclin,  approuver  la  vente  faite  par  leur  vassal,  le  chevalier  Aymeri 
d'IssY,  d'un  fief  situé  dans  ce  territoire  à  l'église  Saint-Honoré  de  Paris. 
Ce  même  chevalier  céda  aux  religieux  une  certaine  étendue  de  prés  qu'il 
possédait  auprès  du  moulin  de  ^'auboyen'. 

En  1276,  les  religieux,  au  moyen  d'un  échange  conclu  avec  les 
frères  de  l'hôtel-Dieu  de  Paris,  ajoutèrent  à  leur  domaine  de  Montéclin 
quelques  maisons  situées  dans  celte  ville\ 

Les  trésoriers  de  Saint-Germain  qui  avaient  l'administration  de  ce 
domaine  faisaient  leurs  efforts  pour  en  accroître,  par  leurs  acquisitions 
successives,  l'importance  et  les  revenus. 

En  1222,  Odon,  trésorier  de  Saint-Germain,  obtint  de  l'abbé  l'auto- 
risation de  faire  célébrer  la  fête  de  sainte  Catherine  sous  le  rite  double 
et  affecta  pour  cet  objet  une  rente  de  20  sols  à  prendre  sur  7  arpents 
de  terre  qu'il  avait  acquis  de  Montéclin  et  sur  un  arpent  de  pré  à  Yau- 
boyen^. 

En  1286,  le  trésorier  acheta  pour  le  prix  de  24  livres  une  masure  et 
16  arpents  de  terre. 

En  1378,  le  trésorier  paya  100  livres  plusieurs  héritages  situés  à 
Montéclin,  4  maisons  avec  cour  et  jardin  et  une  quantité  considérable 
de  terres  disséminées  dans  les  diverses  parties  du  territoire,  aux  Noes, 
à  Breton,  au  Suer,  aux  Hayes,  à  la  Couslure''.  Quelques  jours  après, 
ce  même  trésorier  achetait  trois  autres  maisons  et  35  arpents  de  terre, 
qu'il  avait  fait  saisir  sur  un  débiteur  insolvable". 

1.  Arch.  départ.  Seine-et-Oise,  E.  485. 

2.  Arch.  nat.  LL.  1028. 

3.  Id.L.  781.  BouiLLART,  p.  117. 

4.  Id.  LL.  ii46. 

5.  Arch.  départ.  Seine-et-Oise,  E.  485. 


—  aSg  — 

Le  2  1  mai  1876,  Guillaume  OUive  reconnut  tenir  en  censive  du  tré- 
sorier de  Saint-Gormain  «  Ga  arpents  de  terre,  prés  et  aulnayes,  en  plu- 
sieurs pièces  assises  au  terroir  de  Moutéclain  »,  et  s'obligea  à  lui 
payer  pour  cela  une  censé  annuelle  de  i5  deniers  parisis  par  arpent'. 
Nous  relevons,  dans  le  dénombrement  de  i384,  le  passage  suivant, 
qui  nous  donne  la  valeur  de  ce  domaine  à  cette  époque  :  «  Item  le  dict 
Trésorier  a  à  Montéclin  une  maison  avec  environ  20  arpens  de  teires 
et  18  arpens  de  prés  et  12  livres  de  menus  cens,  environ  3oo  arpens, 
que  boys  que  bruyères,  basse  justice,  la  moitié  d'un  petit  molin, 
tout  ce  loué,  montant  et  avallant,  x  muids  de  grain  à  la  mesure  de 
Chc\teaufort^  d 

Dans  tout  ce  qui  précède,  il  a  toujours  été  question,  comme  des  plus 
anciennes  et  des  plus  importantes  dépendances  de  Montéclin,  du  mou- 
lin de  Vauboyen.  Soit  par  suite  de  sa  vétusté,  soit  par  suite  des  guerres 
qui  avaient  dévasté  le  pays,  au  X^  '  siècle  le  moulin  de  Vauboyen 
n'était  qu'un  amas  de  ruines.  Voici  ce  que  nous  relevons  dans  le 
registre  du  trésorier  :  «  En  i464>  l'abbé  et  le  couvent  de  S'-Germain-des- 
Prés  baillèrent  à  ferme  à  G.  Brisart  meusnier  demourant  à  Joy  en 
Josas,  une  place  à  faire  moulin,  où  jadis  souloit  avoir  moulin  nommé 
Vauboyen,  à  nous  appartenant  à  cause  de  Trésorier  de  nostre 
esglise,  assis  en  la  vallée  de  Vauboyen,  soubs  Montéclain,  au  pays  de 
Josas.  Moyennant  une  rente  de  neuf  setiers  de  mouture  et  16  solz 
parisis,  pour  12  années,  à  la  condition  de  reconstruire  le  moulin  qui 
avoit  esté  destruit^.  » 

Un  aveu  de  1021  fait  connaître  la  situation  et  l'importance  du  fiof  à 
cette  époque  : 

«  1°  Manoir-manable,  pourpris,  corps  d'hostel,  chapelle,  granges, 
bergeries,  estables,  auditoire,  prisons,  grande  cour,  jardin  derrière, 
avec  un  vieil  colombier  à  pied  ; 

«  2°  1 1  arpents  de  taillis  et  de  bruyères  qui  ne  servaient  qu'au  chauf- 
fage du  fermier; 

u  3°  80  arpents  de  bois  taillis,  bruyères,  gastines,  pouvant  valoir 
par  an  dix  livres  ; 


1.  Arch.  nat.  LL,  ii4C. 
a.  Id.  L.  760,  n°  ag. 
3.  Id.  LL.  io3o,  p.  89. 


—  24o  — 

«  U°  90  arpents  de  terres  labourables,  valant  3  muids  de  grains; 

«  5"  9  septiers  de  blé  mouture  et  seize  sols  parisis  de  censive  sur  le 
moulin  à  eau  de  Vauboyen  ; 
.    u  6°  1 1  arpents  de  pré,  valant  20  charretées  de  foin  ; 

«  7°  100  arpents  de  gastines  et  friches  de  nulle  valeur; 

a  8°  Huit  vingt  perches  de  longueur  de  rivière  avec  droit  de  pêche, 
de  nulle  valeur  ; 

u  9°  28  livres  de  cens  ; 

«  10°  Droit  de  lots,  ventes  et  saisisne,  amandes,  forfaitures  et  confis- 
cations ; 

(c  II"  Moyenne  et  basse  justice,  avec  maire,  greffier,  procureur  fis- 
cal. Le  droit  de  haute  justice  a  été  usurpé  '.   » 

Un  bail  à  ferme  de  i633  nous  apprend  que  la  terre  et  seigneurie  de 
Montéclain  avec  la  garenne,  le  moulin  de  Vauboyen,  les  bois,  les  prés, 
terres,  rentes,  cens  et  la  moitié  des  lods  et  ventes,  fut  louée  pour 
9  années,  au  prix  de  600  livres  de  redevance  annuelle,  à  la  charge  de 
consacrer  tous  les  ans  10  livres  aux  réparations  des  immeubles,  de 
planter  un  cent  de  pieds  de  vignes  et  deux  douzaines  d'arbres  fruitiers 
et  de  fournir  à  la  table  des  religieux  un  veau  et  trois  moutons  '. 

Mais  peu  de  mois  après,  les  religieux  donnèrent  une  autre  destina- 
tion à  cette  dépendance.  La  réforme  de  Saint-Maur  avait  été  introduite 
dans  le  monastère  de  Saint-Germain-des-Prés.  Nous  connaissons  plus 
ou  moins  les  difficultés  de  cette  réforme,  la  résistance  des  anciens 
moines  à  son  introduction,  les  concordats  divers  et  nombreux  qu'il 
fallut  conclure  avec  eux  pour  fixer  le  taux  des  pensions  qui  devaient 
assurer  leur  entretien  et  les  indemniser  des  bénéfices  perdus. 

Parmi  ces  derniers,  un  des  plus  importants,  soit  par  sa  valeur  per- 
sonnelle, soit  par  les  charges  qu'il  avait  remplies,  était  le  R.  P.  Dom 
Claude  Cotton,  ancien  procureur  de  l'abbaye.  Comme  sa  pension  avait 
été  fixée  à  Goo  livres,  le  chapitre  de  Saint-Germain  lui  proposa  de  la 
remplacer  par  la  jouissance  de  la  terre  et  de  la  seigneurie  de  Monté, 
clain,  qui,  comme  nous  venons  de  le  voir,  était  affermée  pour  pareille 
somme.  Dom  Cotton  accepta  la  proposition  qui  fut  très  avantageuse 
pour  tous.  Grâce   à  l'habile  gestion  de  l'ancien    procureur  de   Saint- 


1.  Arch.  nal.  S.  2976. 

2.  Id.  LL.  io58. 


1 


—    9.4 1    

Germain,  aux  réparations  intelligentes  qu'il  fit  opérer,  aux  acquisitions 
qu'il  fit  faire,  les  revenus  de  Montéclin  augmentèrent  en  peu  de  temps 
d'un  façon  remarquable  :  en  1G40,  il  iit  monter  le  prix  du  bail  de 
600  livres  à  1000  livres'  et  puis  à  i5oo  livres^. 

Dans  la  suite,  le  Roi  ayant  réservé  les  bois  de  Montéclin  pour  ses 
chasses,  les  servitudes  qui  en  résultaient  firent  baisser  les  revenus  de 
cette  terre.  Le  bail  conclu  en  1G80  fit  redescendre  le  prix  de  ferme  au 
taux  primitif  de  3oo  livres  \ 

Découragés  par  ces  résultats  ou  peut-être  cédant  aux  désirs  de  puis- 
sants solliciteurs,  les  religieux  se  décidèrent  à  se  défaire  de  ce  domaine 
à  des  conditions  qu'ils  estimèrent  avantageuses  pour  eux.  Le  3o  juil- 
let 17 16,  dom  Denis  de  Sainte-Marthe,  supérieur  de  la  Congrégation  de 
Saint-Maur,  et  les  Bénédictins  de  Saint-Germain  signèrent  l'acte  par 
lequel  «  ils  cédaient  à  messire  Georges,  écuyer,  conseiller  et  premier 
«  chirurgien  du  Roi,  et  à  dame  Marie  Rover,  son  épouse,  demeurant  à 
((  Paris,  au  Louvre  de  Sa  Majesté  »,  les  terre  et  seigneurie  de  Monté- 
clin, «  qui  relevaient  en  plein  fief,  foi  et  hommage  du  Roi,  à  cause  delà 
Tour  de  Montlhcry,  et  qui  étaient  chargées  de  10  boisseaux  de  blé 
meteil  envers  le  S'"  de  Montarsy,  seigneur  châtelain  de  Bièvre-le- 
Chàtel  ».  Cette  vente  était  faite  à  la  charge  des  devoirs  et  droits  sei- 
gneuriaux, moyennant  le  prix  de  60.000  livres*. 

En  dépit  de  cet  acte  qui  semble  devoir  clore  l'histoire  de  Montéclin, 
dépendance  de  l'abbaye  de  Saint-Germain,  puisque  les  religieux 
avaient  cédé  au  sieur  Mareschal  tous  leurs  droits  tant  spirituels  que 
temporels  sur  ce  territoire,  nous  trouvons  les  deux  parties  contrac- 
tantes sur  le  point  de  commencer  un  long  et  dispendieux  procès,  et 
puis,  mieux  inspirés,  concluant  un  accord  amiable.  Le  chirurgien  du 
Roi  avait  enclos  dans  son  parc  de  BièvreS  ou  10  arpents  de  bois  situés 
sur  le  chemin  de  Verrières  à  Bièvre.  Or,  les  refigieux  prétendaient  avoir 
droit  dédîmes,  justice  et  seigneurie  sur  ce  territoire,  en  (pialité  de  sei- 
gneurs et  curés  primitifs  de  Verrières  ;  de  son  côté,  le  sieur  Mareschal 
soutenait  avoir  des  droits  sur  plusieurs  arpents  du  clos  de  Vaupereux. 


1.  Arcli.  nat.  LL.  n46. 

2.  Bib.  nat,  ms.  fr.  i6855. 

3.  Id.  ins.fr.  1C857,  p.  ilti. 
!i.  Id.  S.  3965. 


2Z|2    — 

Le  28  janvier  1722,  les  deux  parties  signèrent  une  transaction,  par 
laquelle  le  sieur  Mareschal  abandonnait  toutes  ses  réclamations  sur  le 
clos  de  Vaupereux  et,  pour  indemniser  les  religieux  de  leurs  droits  sur 
les  arpents  enclos  dans  son  parc,  il  s'engageait  à  leur  payer  une  rente 
de  i5  livres  tournois.  11  promettait  de  faire  planter  des  bornes  sur  le 
nouveau  chemin  qu'il  avait  donné  à  la  place  de  l'ancien  vis-à-vis  du 
clos  de  Vaupereux  :  au-delà  de  ces  bornes,  du  côté  de  Bièvre,  les  reli- 
gieux s'engageaient  à  ne  point  tenir  les  assises  de  leur  cour  de 
Verrières. 

Seigneurie  temporelle 

La  question  des  droits  seigneuriaux  des  religieux  à  Saint-Germain 
reste  enveloppée  d'assez  d'obscurités  et  a  passé  depuis  le  Xlll"  siècle 
par  plusieurs  phases  successives  qui  empêchent  de  tirer  des  conclu- 
sions précises  à  ce  sujet.  Comme  nous  l'avons  dit  plus  haut,  les  Béné- 
dictins prétendaient  avoir  la  justice  complète  dans  leur  territoire  et 
leur  ville  de  Montéclin.  Il  est  du  reste  permis  d'inférer  de  certaines 
chartes  qu'il  en  était  ainsi  au  Xlll«  siècle;  nous  sommes  en  effet  con- 
duits à  admettre,  suivant  l'affumation  des  rehgieux,  qu'ils  furent 
dépouillés  de  ces  droits  par  suite  de  quelque  usurpation  dont  nous  ne 
retrouvons  plus  la  trace,  car  le  dénombrement  de  i384  nous  les  montre 
jouissant  simplement  des  droits  de  basse  justice,  tandis  qu'en  i52i,  ils 
avaient  récupéré  une  partie  de  leurs  droits  et  avaient  ajouté  la 
moyenne  à  la  basse  justice.  Quant  à  la  haute  justice,  ils  ne  purent 
jamais  la  reconquérir  et,  suivant  l'expression  du  document  où  ils  consi- 
gnaient leurs  doléances,  elle  demeura  énervée  entre  leurs  mains. 

En  1275,  par  des  lettres  datées  de  Royaumont,  le  roi  Philippe  le 
Hardi  concédait  à  l'abbé  et  au  couvent  de  Saint-Germain-des-Prés  la 
quatrième  partie  du  droit  de  griiage  qu'il  possédait  dans  les  bois  des 
châtellenies  de  Châteaufort  et  de  Paris  ;  il  les  exemptait  du  diner  qu'ils 
devaient  une  fois  par  an  au  prévôt  royal  de  Châteaufort  dans  leur  mai- 
son de  la  ville  de  Montéchn;  il  affranchissait  leurs  vassaux  de  ce 
territoire  de  l'obligation  de  conduire  aux  prisons  de  Paris  les  voleurs 
et  les  malfaiteiirs  arrêtés  dans  la  prévôté  de  Châteaufort  et  donnait  enfin 
aux  religieux  le  pouvoir  d'élever  des  fourches  patibulaires  et  des  piloris 
dans  tous  les  lieux  où  ils  ont  la  haute  justice  ^ 

I.  Arch.  nat.  LL.  1026,  p.  19;  Arch.  nat.  LL.  1028,  p.  1. 


—    2^3    — 

Les  religieux,  comme  seigneurs  justiciers  de  Montéclin,  relevaient 
directement  de  la  justice  royale  de  Châteaufort.  Le  dimanche  avant  la 
fête  des  saints  Simon  et  Jude  de  l'année  i344,  nous  les  > oyons  se  pré- 
senter devant  Bouchard  de  Yoneuil,  prévôt  de  Châteaufort,  et  Helye 
Anthiaume,  procureur  du  Roi,  pour  leur  demander  de  céder  au  tréso- 
rier, en  sa  qualité  de  seigneur  de  Montéclin,  le  vieux  chemin  de  1 8  pieds 
de  large  qui,  passant  par  devant  le  moulin  de  Vauboyen,  suivait  les 
rives  de  la  Bièvre  et  qui  «  par  bouillon  et  eaux  s'était  si  effondré  que 
nul  ne  pouvoit  par  iceluy  charroier  »  ;  de  son  côté,  le  trésorier  prenait 
l'engagement  de  faire  à  ses  frais,  sur  les  terres  de  l'abbaye,  pour  le 
Roy  et  pour  le  profit  u  commun  »,  un  chemin  neuf  de  même  dimension 
que  le  premier  et  à  l'abri  des  inconvénients  qui  en  avaient  compromis 
l'existence.  Après  une  enquête  faite  auprès  «  de  plusieurs  bonnes  gens 
des  villes  voisines  des  plus  notables  »,  le  prévôt  royal  se  rendit  aux  re- 
quêtes des  religieux,  mit  le  trésorier  en  possession  du  vieux  chemin  et  lui 
donna  les  autorisations  nécessaires  pour  mener  à  bien  son  entreprise  ^ 

Ces  droits  de  justice  que  nous  venons  de  voir  exercés  par  les  reli- 
gieux, nous  allons  les  voir  revendiqués  par  eux  dans  une  circonstance 
solennelle  qui  nous  permet  d'en  constater  la  réalité.  Le  20  novembre  1877, 
le  roi  Charles  \,  par  des  lettres  datées  du  bois  de  Vinceiines,  donna  à 
Pierre  de  Chevreuse,  son  conseiller,  «  toute  justice  et  seigneurie  en  la 
«  ville,  hostes,  terroir  de  Bièvres  et  en  la  maison-fort  de  la  Mothe 
«  de  Bièvres,  appelée  Maumolin  ».  Mais  les  justices  de  Montéclin  et 
de  Vauboyen  se  trouvant  comprises  dans  la  seigneurie  de  Bièvres,  les 
religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  protestèrent  contre  cette  donation, 
disant  qu'ils  ne  pouvaient  être  soumis  à  d'autre  justice  qu'à  celle  du 
Roi.  Le  16  novembre  i38o,  le  roi  Charles  YI  donna  à  Pierre  de 
Chevreuse  toute  la  justice  de  Villefavreux '^  (non  comprise  dans  la  dona- 
tion de  1877)  en  compensation  de  la  justice  et  seigneurie  de  Montéclin, 
du  moulin  de  Vauboyen  et  de  leurs  dépendances  qui  restèrent  réser- 
vées à  l'abbaye  de  Saint-Germain^.  Ce  fut  seulement  le  17  mars  i38i 
qu'un  accord  fut  conclu  entre  Pierre  de  Chevreuse  et  les  religieux  pour 
régler  leurs  rapports  réciproques  de  mouvance  et  de  justice*. 


1.  Arrh.  départ.  Seine-et-Oise.  E.  i85.  Arch.  nat.  LL.  i  i^C,  p.  58G. 

2.  Villcfavrcux,  commune  de  Bièvres. 

3.  HoNNiN,  p.  ucjS.  Arch.  départ,  Setne-et-Oise,  E.  !i8b. 

4.  Arch.  nnt.  Collect.  des  accords.  LL.  lâiG,  p.  ï)-'i. 


244 


Le  27  avril  i5i8,  nous  voyons  le  procureur  du  Roi  au  Trésor  faire 
opérer,  par  les  sergents,  la  saisie  du  fief  de  Montéclin,  parce  que  les 
religieux  avaient  négligé  de  s'acquitter  de  leurs  devoirs  féodaux, 
n'avaient  pas  fourni  le  dénombrement  et  rendu  l'hommage  qu'ils 
devaient  au  Roi.  Signalons  un  dernier  témoignage  de  la  haute  justice 
exercée  à  Montéclin  par  le  trésorier  de  Saint-Germain  :  le  17  mai  lôig, 
il  afferma  pour  la  somme  de  90  livres  «  les  profils  du  greffe  et  tabellio- 
nage,  rouage,  forage,  fruits  des  arbres  étans  audit  terroir,  et  les  voiries 
de  Montéclin  '  » . 

Les  religieux  se  montraient  du  reste  très  vigilants  pour  revendiquer 
leurs  droits  seigneuriaux.  C'est  ainsi  que  nous  les  voyons  successive- 
ment obtenir  des  sentences  des  requêtes  du  Palais  contre  Charles  de 
Dormans,  conseiller  au  Parlement  en  1567,  et  contre  François  d'Escou- 
bleau,  chevalier,  seigneur  de  Sourdis  en  1694,  pour  les  obliger  à  mon- 
trer les  lettres  d'acquisitions  faites  par  eux  dans  la  censive  des  religieux, 
et  «  à  payer  les  lods  et  ventes,  saisines  et  amandes  si  aucuns  sont 
dus  ^  ».  En  1689,  ils  obtinrent  un  arrêt  du  grand  conseil,  qui  con- 
damna les  marguilliers  de  l'église  de  Bièvre  à  leur  payer  les  indemnités 
pour  les  acquisitions  faites  au  nom  de  cette  église  dans  le  fief  de  la 
seigneurie  de  Montéclin,  mais  les  religieux  firent  cession  de  ces  indem- 
nités à  la  fabrique  de  l'église  de  Bièvre;  en  reconnaissance  de  cette 
générosité,  les  marguilliers  de  Bièvre  déchargent  les  religieux  d'une 
rente  de  3o  sols  due  pour  quelques  terres  que  le  monastère  possédait 
dans  la  vallée  de  la  Bièvre  '. 

Le  20  mai  i556,  un  commandement  fut  fait,  à  la  requête  du  procureur 
du  Roi  en  la  chambre  du  Trésor,  aux  religieux  de  payer  au  Roi 
29  années  d'arrérages  d'une  rente  annuelle  de  19  septiers  d'avoine  ou 
de  38  livres  d'argent,  due  au  jour  de  la  Nativité  de  Notre-Dame  pour 
raison  du  domaine  de  Montéclin  \ 

Yauboyen  figure  dans  l'exposé  des  justices  possédées  en  1661  par 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  ^ 


I.  Arch.  nat.  LL.  ii/iO,  p.  574. 

a.  Arch.  départ.  Seine-et-Oise,  E.  485. 

3.  Arch.  nat.  LL.  ii4(3,  p.  58^. 

4.  Arch.  départ.  Seine-et-Oise,  E.  485. 

5.  bONXIN. 


—    2/i5    — 

En  167/i,  nous  voyons  les  religieux  de  Saint-Germain-des-l>rés  se 
présenter  au  bureau  des  finances  de  la  généralité  de  Paris,  pour  auto- 
riser les  sieurs  Georges  Marchand  et  Alexis  Montdor,  entrepreneurs  à 
prendre  sur  la  terre  de  Montéclin  les  pierres  nécessaires  au  pavage  de 
la  ville  ;  mais  aussi  leur  réclamer  des  indemnités  pour  les  dégâts  que 
les  chariages  du  dit  pavé  avaient  faits  dans  leurs  terres. 

En  1716,  la  seigneurie  de  Montéclin  passa,  comme  nous  lavons  vu 
des  mains  des  Bénédictins  dans  celles  du  sieur  Mareschal.  premier 
chirurgien  du  Roi . 


Lieux  dits  : 


Les  Boulleaux. 

Bois  d'Enfer. 

Bois  de  l'Homme-Mort. 

Chemin  de  Villacoublay, 
Les  Clou  seaux. 
Champ  de  la  Yesse. 
Censive  de  Yilleras. 
Les  Quinze-Arpents. 
L'Antre-de-Mlverte. 
L'Épine-aux-Malades . 


La  Fosse-aux-Loups. 

Le  Fouceau. 

Les  Graviers. 

La  Marre-aux-Chevaux. 

La  Montagne-de-Montéclin. 

Maumoulin. 

La  Mothe-de-Bièvres. 

Noues  de  Villacoublay. 

Le  Pré-aux-Abbesses'. 


Trésoriers  de  Saint-Gerniain-des-Prés 


i4o3.  Michel  Prévôt. 
i/i83.  Jean  de  Nuqs. 
i5oi.  François  Bourgoin -. 


1.  Versailles.  Arch.  départ.  E.  485. 

2.  Id.  E.  /i85. 


—  246  — 


AMBLAINYILLIERS' 


Amblainvilliers  avait  fait  partie,  comme  Berny,  du  domaine  primitif 
de  l'abbaye.  Un  cartulaire  de  1176  signale  parmi  les  possessions  de 
Saint-Germain  Mulniaus  (Migneaux)  et  Amhlevilar ,  qui  étaient  alors 
deux  écarts  de  Verrières  ^  Dans  la  suite  cette  seigneurie  avait  été  alié- 
née et,  au  XIIP  siècle,  elle  n'était  plus  en  la  possession  des  religieux 
qui,  au  sortir  des  difficultés  de  l'époque  précédente,  auraient  bien 
désiré  reconstituer  dans  son  intégrité  cette  magnifique  et  riche  dépen- 
dance du  monastère.  Une  circonstance  vint  leur  donner  le  moyen  de 
réaliser  en  partie  ces  désirs.  Comme  nous  l'avons  vu  ailleurs,  les  reli- 
gieux de  Saint-Germain  durent  céder  leur  fief  de  Nogent-l' Artaud  à  dame 
Marie  Bouhier,  veuve  du  marquis  de  la  Vieuville  et  baronne  de  Xogent. 
Les  64.000  livres  qui  provinrent  de  cette  vente  leur  permirent  de  pour- 
suivre la  réalisation  de  leurs  désirs. 

Le  9  février  i645,  «  messire  Jacques  Allingrin,  Seigneur  de  \é-en- 
Yallois,  d'Amblainvilliers  et  de  la  Martinière,  conseiller  du  Roy,  maistre 
ordinaire  en  sa  chambre  des  comptes  n,  céda  aux  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  pour  le  compte  de  la  mense  conventuelle  et  au  prix 
de  80.000  livres,  «  la  terre  et  seigneurie  d'Amblainvilliers,  situées  en 
la  prévosté  et  vicomte  de  Paris,  près  de  Verrières,  chasteau,  ferme, 
parc,  jardin,  haute,  moyenne  et  basse  justice,  voirie,  droits  sei- 
gneuriaux, le  Clos  Clairebourg ,  une  terre  à  Igny,  dit  le  Closlènu,  le 
fief  de  Longueraye,  sis  à  Sceaux,  près  Bourg-la-Reine,  avec  toute  jus- 
tice ».  Cette  vente  était  faite  à  la  charge  «  de  continuer  toujours  dans 
la  chapelle  du  chasteau  la  messe  qui  a  accoustumé  d'être  dite  par  le 
vicaire  perpétuel  de  Verrières,  le  mercredy  de  chaque  semaine  et  de 
faire  dire  tous  les  ans  le  l'^'mayune  messe  pour  le  S*"  d'Amblain- 
villiers, sa  vie  durante  et,  après  sa  mort,  un  anniversaire  solennel  en 
l'église  abbatiale  de  Saint-Germain^  ».    Le   même  Jacques  Allingrin 


1.  Commune  de  Vcrrières-le-Buisson,  arrond.  de  Versailles  (Seine-et-Oise), 

2.  Introd.  Polyptyque,  p.  aa5,  n°  39. 

3.  Arch.  nat.  LL.  ii3o,  p.  3oo. 


—  247  — 

demanda  avec  son  épouse  la  faveur  d'être  admis  à  la  participation 
de  toutes  les  bonnes  œuvres  et  prières  de  la  Congiégation  do  Saint- 
iVlaur  . 

Immédiatement  après  leur  acquisition,  les  religieux  cherchèrent  à 
en  tuer  part,.  Aous  les  voyons  en  1646  louer  leur  château  d'Amblain- 
viUiers  a  M.  l'abbé  Lucas,  pour  la  somme  annuelle  de  4oo  livres'-  en 
i65i.  dom  Placide  Roussel,  prieur,  et  le  couvent  de  Saint-Germain   en 
leur  qualité  de   seigneurs  chastelains  d'Amblainvilliers,  afTermèrent 
pour  9  ans  à  Nicolas  Riou,  laboureur,  la  ferme  du  chasteau,  36  arpents 
de  près,  1 44  arpents  de  bois  taiUis,  i58  arpents  de  terres  labourables 
SIS  aux   terroirs  d'Amblainvilliers,  de  Massy   et  d'Igny,  avec  le  lieu' 
appelé   le  Clos   de  Clèrebourg,  pour  le  prix  annuel  de   2100   livres 
tournois  ^. 

Les  réparations  que  durent  faire  les  religieux  au  château  d'Amblain- 
v.lbers  les  obligèrent  à  s'adresser  aux  maistres  des  Eaux  et  Forests  à 
1  effet  d'obtenir  l'autorisation  d'exploiter  les  baliveaux  de  leurs  bois 
pour  se  procurer  les  ressources  nécessaires '.  Mais  le  Roi  fît  défendre 
de  couper  ces  bois  qu'il  voulait  enclore  dans  son  parc  de  Versailles 
(1077)  '•  Nous  avons  dit  plus  haut  le  contrat  passé  h  cet  égard 

Les  religieux  eurent  plusieurs  discussions  avec  des   seigneurs  du 
voisinage  pour  le  maintien  de  leurs  droits  à  Amblainvilliers.  4près  une 
transaction  que  le  cellérier  du  monastère  dut  conclure  avec  M   d'Alber- 
tas,  ancien  maître  des  requêtes,  pour  faire  abattre  les  ormes  qui  bor- 
daient la  route  de  Verrières  à  Amblainvilliers  ^  et  s'en  partager  le  prix 
de  la  vente,  nous  trouvons  les  Bénédictins  en  procès  avec  le  marquis 
d  EfTiat,  seigneur  de  Massy,   qui  prétendait  que  la  terre  d'Amblain- 
villiers relevait  de  sa  seigneurie  et  qu'elle  devait  payer  le  droit  d'in- 
demmtéel  donner  un  homme  vivant,  mourant  et  confisquant;  une  sen- 
tence des   requêtes  avait  rejeté  la   première  prétention  et   admis  la 
seconde.  Avant  de  pousser  plus  avant  le  procès,  le  marquis  dElliat 
proposa  une  transaction  :  il  promettait  de  se  contenter  de  la  somme  de 


1.  Arch.  nul.  S.   2926. 

2.  Bib.  nat.  ins.fr.  i6855. 

3.  Arcli.  nat.  LL.  io3<),  p.  273. 
li.  1(1.  LL.  10/18. 

5.  BOUILLAUT,   p.    273. 

0.  Bib.  nul.  ms.fr.  1G857,  P-  50. 


—  348  — 

I2.O0O  livres  une  fois  payée,  d'un  bassin  d'argent  de  la  valeur  de 
200  livres  qui  devait  être  remis  tous  les  20  ans  à  lui  ou  à  ses  succes- 
seurs, des  droits  de  justice  dans  l'enclos  et  la  basse  court  du  fief  de 
Migneaux,  sis  à  Verrières;  moyennant  quoi,  il  s'engageait  à  décharegr 
pour  toujours  la  terre  d'Amblainvilliers  de  sa  servitude  d'un  homme 
vivant,  mourant  et  confisquant.  Le  couvent,  après  avoir  considéré  les 
inconvénients  et  les  aléas  du  procès,  trouva  avantageux  de  transiger  et 
accepta  les  propositions  du  marquis  d'Eiïiat  (19  juin  1679)  ^ 

Un  peu  plus  tard,  de  nouvelles  difRcultés  survinrent  entre  les  reli- 
gieux et  le  marquis  d'Effîat  ;  celui-ci  prétendait  à  la  seigneurie  sur  70  ou 
80  arpents  de  terre  faisant  partie  de  la  propriété  de  Saint-Germain  : 
pour  mettre  un  terme  à  ces  contestations  sans  cesse  renaissantes,  le 
convent  abandonna  au  marquis  la  seigneurie  directe  sur  8  arpents  de 
pré  et  10  arpents  de  terre  (20  juin  1702)'. 

En  1726,  les  religieux  passèrent  un  accord  avec  un  sieur  de  Charmoy, 
écuyer  du  Roi,  qui  possédait  une  maison  dans  Amblainvilliers  et  dési- 
rait se  rendre  acquéreur  d'une  ruelle  voisine  de  son  habitation.  Il  s'en- 
gagea à  payer  en  compensation  une  rente  annuelle  de  20  livres  tournois 
qui  devaient  être  employés  à  l'instruction  des  enfants  du  dit  lieu  ;  il  se 
chargeait,  de  plus,  de  faire  construire  une  fontaine  dans  la  grande  rue 
d'Amblainvilliers,  pour  remplacer  celle  qui  se  trouvait  dans  la  ruelle 
désirée'. 

Par  son  importance,  sa  situation  topographique  près  de  Versailles, 
par  ses  grands  bois  et  ses  sites  pittoresques,  par  la  beauté  de  sa  rési- 
dence, la  seigneurie  d'Amblainvilliers  était  très  prisée  par  les  grands 
personnages  de  la  Cour.  En  17^9,  M"''  de  Sens,  qui  avait  sur  ce  terri- 
toire une  résidence  connue  sous  le  nom  de  Virginie,  voulut  y  adjoindre 
la  terre  des  Religieux.  Elle  la  loua  sa  vie  durant  en  bail  emphytéotique, 
moyennant  une  somme  de  12.000  livres  une  fois  payée,  une  rente  de 
2.000  livres  tant  qu'elle  en  jouirait  et  une  somme  qui  serait  versée  aux 
religieux  quand  on  leur  rendrait  la  terre;  ces  derniers  se  réservaient  les 
bois  ;  on  devait  faire  un  arpentage  des  terres  et  un  état  des  bâtiments 
pour  garantir  leur  remise  en  bon  état  à  l'expiration  du  bail;  cette  rente 


1.  Bih.  nnt.  ms.fr.   16867,  P*  '^3. 

2.  Id.   16867,  P-  ^^ï- 

3.  Id.  16858,  p.  48. 


—    2^9    — 

était  hypothéquée  sur  la  terre  de  Virginie  que  la  princesse  s'engageait 
à  ne  pas  vendre  tant  qu'elle  jouirait  de  celle  d'Amblainvilliers'. 

Les  religieux,  à  peine  rentrés  en  possession  de  leur  domaine,  reçurent 
des  propositions,  non  plus  pour  la  location,  mais  pour  la  vente  de  celte 
seigneurie.  Elles  émanaient  de  S.  A.  R.  M^''  le  Prince  de  Coudé.  Le  per- 
sonnage était  trop  important  pour  que  la  proposition  ne  iùt  pas  prise 
en  considération.  Aussi  le  i^'"  avril  i76(),  fut  dressé  l'acte  par  lequel  les 
religieux  de  Saint-Germain  cédaient  en  toute  propriété  au  Prince  «  la 
terre   et  seigneurie   d'Amblainvilliers,  consistant  en  haute,  moyenne 
et  basse  justice,  droit  de  confiscation,  amendes,  aubaines,  droits  sei- 
gneuriaux et   féodaux,  fixes  et  casuels,  droit  d'exemption,  de  dîmes 
et   autres,  château,  maison   seigneuriale,   bâtiments    en  dépendants, 
cour,  basse-cour,  écuries,  volières,  clos,  terres,  prés  et  vignes,  à  l'ex- 
ception :    1°  de  la  dîme  des  vins  que  les  religieux  devaient  continuer 
à  percevoir;  2°   de  la  partie  des  bois  d'Amblainvilliers  qui  avait  été 
réunie  aux  bois  de  Verrières   pour   cire  possédée  par  les  religieux. 
En  contre-échange,   M"''   le   Prince  de    Coudé  céda    aux    religieux  : 
i-^  tous  les  droits   qu'il   pouvait  avoir  comme  seigneur  d'Amblainvil- 
liers,  hors  des  limites  convenues  et   sur  la  maison  du  T/niillier,  le 
château  de  Vaupéreux'  et    sur  le  fief  de  Longueraye ;  2°  une  rente 
foncière   et   annuelle  de  i58  septiers  de   blé,  pur  froment,  rendus  à 
Paris,  exempts  de  droits  ». 

Ce  contrat  de  vente  spécifiait  en  outre  que  l'acquéreur,  en  sa  qualité 
de  seigneur  haut  justicier,  aurait  le  droit  de  faire  tenir  ses  assises 
judiciaires  4  fois  l'an,  aux  dates  et  aux  lieux  suivants  :  ((  1°  Le  jour  de 
la  S'  Pierre,  au  pont  d'igny;  2°  à  la  S'  Martin  bouillant  (4  juillet),  sur 
les  limites  de  la  terre  du  côté  de  Bièvre;  3°  à  la  Madeleine  (22  juillet), 
aux  limites  et  fins  de  la  voie  dite  des  Graviers  aux  Gascon^;,  vers 
Migneaux  ;  4°  le  jour  de.  S'  Roch  (16  août),  au  lieu  dit  La  Croix  aux 
femmes.  »  La  rente  de  i58  septiers  de  blé  que  le  Prince  de  Coudé 
s'était  engagé  à  faire  porter  tous  les  ans  à  l'abbaye  de  Saint-Germain 
était  celle  que  lui  payait  le  sieur  Gagny,  auquel  il  avait  cédé,  en  1768, 
le  grand  mouhn  de  Garges^. 


1.  Bibl.  nat.  ms.  fr.  lOSôg,  p.  67. 

a.  Vaupcreux,  commune  de  Verrières  (Seinc-et-Oisc). 

3.  Arch.  nat.  S.  2898. 

4.  Canton  de  Gonesse  (Scinc-ct-Oisc).  —  Arch.  nat.  aga5. 


—  25o  

En  1775,  les  religieux  de  Saint-Germain  délaissèrent  les  dîmes  des 
vins  que,  dans  l'acte  de  1769,  ils  s'étaient  réservées  sur  la  terre  d'Am- 
blainvilliers,  au  curé  de  Verrières  qui  se  chargea  d'aller  dire  dans  la 
chapelle  du  château  la  messe  le  mercredi  de  chaque  semaine,  d'après 
les  stipulations  de  l'achat  de  la  seigneurie,  en  1645. 


PALAISEAU 


Cette  localité  tirait  son  nom  (Palatiolam)  d'une  résidence  que  les  rois 
mérovingiens  avaient  fait  construire  au  centre  de  leur  fisc  royal,  et  oii 
ils  venaient  faire  de  longs  et  fréquents  séjours.  L'histoire  en  fait  men- 
tion dès  le  VP  siècle.  C'est  dans  cette  résidence  que  se  trouvait  le  roi 
Childebert  I^'",  vers  l'année  53o,  lorsque  comparurent  devant  lui  deux 
vénérables  personnages,  saint  Rigomer,  prêtre  du  diocèse  du  Mans,  et 
une  jeune  fille  noble,  Tenestina,  qui  avait  voué  sa  virginité  au  Sei- 
gneur. Une  infâme  calomnie  les  accusait  d'entretenir  des  relations  cri- 
minelles; pour  faire  éclater  l'innocence  de  ses  deux  serviteurs.  Dieu 
permit  que,  miraculeusement,  les  cierges  qu'ils  tenaient  dans  leurs 
mains  pour  les  offrir  au  Roi  s'allumassent  spontanément.  Frappés  de  ce 
prodige,  le  Roi  et  les  assistants  se  prosternèrent,  adorèrent  Dieu  et  ren- 
voyèrent les  accusés  après  les  avoir  comblés  d'honneur  et  de  présents. 
Pour  perpétuer  la  mémoire  de  cet  événement,  Childebert  fit  construire 
une  église  sur  le  territoire  de  son  domaine,  c'était  celle  de  Saint- 
Rigomer-Vauhallan  proche  la  résidence  royale.  La  reine  Bathilde, 
veuve  de  Glovis  11,  demevua  souvent  à  Palaiseau  durant  la  minorité  de 
son  fils  Clotaire.  En  663,  l'abbé  saint  Wandrille  se  rendit  à  Palaiseau 
pour  obtenir  du  Roi  Clothaire  P''  la  confirmation  de  la  terre  de  Fonte- 
nelle  au  diocèse  de  Rouen  °. 

Sous  la  protection  des  murs  du  Palais-Royal  et  le  patronage  spirituel  ^ 

du  saint  qui  avait  illustré  la  contrée  par  la  miraculeuse  preuve  de  sa  ^ 

1.  Arrondissement  de  Versailles  (Seine-et-Oise). 
I.  Notice  historique  sur  Palaiseau,  par  du  Mesnil. 


—    35l    — 

vertu,  les  habitants  vinrent  grouper  leurs  demeures,  et  peu  de  temps 
après  le  bourg  de  Palaiseau  existait  et  ne  tarda  pas  à  acquérir  une  réelle 
importance. 

Le  25  juillet  de  l'année  76/1,  alors  que  l'abbé  Lanfroy  faisait  transpor- 
ter dans  son  église  de  Saint-Vincent  les  précieux  ossements  de  saint 
Germain  qui  avaient  été  déposés  dans  l'oratoire  de  Saint-Svmphorien, 
les  vieilles  chroniques  nous  montrent  le  roi  Pépin  ravi  des  miracles 
opérés  dans  cette  heureuse  translation,  et  donnant  au  saint  et  par  suite 
à  son  monastère  la  ville  de  Palaiseau  avec  toutes  ses  dépendances,  par 
cette  formule  qui  dut  être  dans  le  cœur  du  père  de  Charlemagne,  si  elle 
ne  fut  pas  sur  ses  lèvres  :  u  Accipe,  Beatissime  Germane,  villam  nos- 
tram  Palatiohim  ciim  omnibus  appenditus  suis,  tibi  familiseque  tuse  hac- 
tenus  inimicam,  amodo  autem  et  deinceps  perpétua  profuturam'.  » 
Cette  donation  se  trouvait  également  confirmée  par  une  inscription 
qui  fut  gravée  sur  le  tombeau  de  saint  Germain  et  qui  ne  disparut  qu'à 
la  Révolution  française  :  ((  Ilic,  pansante  S.  Germano  in  die  translatio- 
nis,  dcdil  ei  rex  Pipimis  Jlscum  Palatiolum  cuni  appendiciis  suis 
omnibus.  » 

Onelles  avaient  été  les  dissensions  qui  avaient  existé  entre  les  moines 
de  Saint-Germain  et  les  habitants  de  Palaiseau  et  qui  avaient  été  assez 
envenimées  et  assez  persistantes  pour  être  mentionnées  par  le  royal 
donateur?  Dubois  prétend  que  les  religieux  se  plaignaient  que  quel- 
ques-unes des  dépendances  (villulse)  du  monastère,  situées  près  de 
Palaiseau,  étaient  souvent  pillées  par  les  habitants  de  cette  localité.  Ces 
plaintes  durent  être  portées  devant  le  Roi  Pépin,  qui,  par  sa  donation, 
trouva  le  moyen  de  satisfaire  sa  piété  et  en  même  temps  de  mettre  fin  à 
ces  débats". 

L^  Polyptyque  d'Irminon  nous  fait  connaître  l'importance  de  la  do?ia- 
tion  du  Roi  Pépin  :  l'abbaye  de  Saint-Germain  y  possédait  une 
maison  signeuriale  avec  tous  les  bâtiments  qui  en  dépendaient. 
Le  territoire  était  divisé  en  6  autres  exploitations  ou  cultures  qui 
formaient  287  bonniers  déterre,  où  on  pouvait  semer  i3oo  nuiids 
de  froment,  plus  127  arpents  de  vigne  pouvant  produire  800  muids 
de  vin,  et  100  arpents  de  pré  donnant  )5o  charretées  de  loin; 
le  bois  avait  une  lieue  de  circuit  et  pouvait  nourrir  5o  porcs;  il  y  avait, 

1.  DuBUECn,,  Antiq.  paris.,  p.  3,SC  ;  Dubois,  Ilist.  Eccl.  Paris.,  I,  p.  3/17. 

2.  Dviiois,Ilisl.Eccl.  Paris.,  I,  p.  347. 


202 


de  plus,  trois  moulins  qui  pavaient  un  cens  de  i5/(  muids  de  grain.  La 
ville  de  Palaiseau  possédait  une  église  construite  en  bel  appareil  (cum 
omni  apparatii  diligenter  constructam).  Cette  église  avait,  pour  son 
entretien  et  celui  du  prêtre  qui  la  desservait,  un  domaine  assez  consi- 
dérable :  17  bonniers  de  terre  labourable,  5  arpents  1/2  de  vigne, 
3  arpents  de  pré,  plus  un  manse  ingénuité  ayant  4  bonniers  de  terre 
labourable,  i  arpent-  1/2  de  vigne  et  3  arpents  de  plus,  6  hôtes  culti- 
vant chacun  i  journal  de  terre  et  fournissant  chaque  semaine  i  jour  de 
corvée,  i  poulets  et  5  œufs.  11  est  question  d'une  seconde  église  située, 
dit  le  Polyptyque,  in  Gilo,  localité  du  territoire  de  Palaiseau,  dans 
laquelle  Guérard  reconnaît  le  village  actuel  de  Gif,  mais  qui  est  plus 
probablement  celui  de  Vauhallan. 

Walafred,  vassal  de  Saint-Germain  et  maire  de  Palaiseau,  payait 
comme  tous  les  autres  hommes  de  l'abbaye,  pour  son  manse  ingé- 
nuile  pour  une  année,  i  bœuf;  pour  l'année  suivante,  i  pourceau; 
pour  le  droit  d'usage  dans  les  bois,  4  deniers  ;  pour  le  droit  de  paisson, 
2  muids  de  vin  et  une  brebis  avec  son  agneau  ;  il  devait  labourer,  pour 
les  semences  d'hiver,  4  perches  de  terre  et  2  jiour  les  semences  de  prin- 
temps; faire  les  corvées,  les  charrois,  les  manœuvres  qui  lui  étaient 
commandées  et  donner  3  poulets  et  i5  œufs. 

L'abbaye  de  Saint-Germain  possédait  108  de  ces  manses  ingénuiles, 
qui  payaient  annuellement  6  chariots  militaires  ;  une  année,  108  pour- 
ceaux; l'autre  année,  108  brebis  avec  leurs  agneaux,  2^0  muids  de  vin 
pour  le  droit  de  paisson;  en  argent  35  sols  pour  les  droits  d'usage  dans 
les  bois;  35o  poulets,  1760  œufs  et  9  sols  de  capitation.  Tous  les 
manses  ingénuiles  ou  serviles  se  montaient  au  nombre  de  117. 

Malgré  toute  cette  prospérité,  les  moines  ne  purent  conserver  dans 
leur  possession  cette  magnifique  dépendance.  Pendant  la  période  tour- 
mentée du  X«  siècle  elle  fut  usurpée  par  quelques-uns  des  hauts  barons 
du  voisinage,  et  les  religieux  de  Saint-Germain  ne  furent  pas  assez 
influents,  ou  les  rois  carlovingiens  assez  puissants  pour  rétablir  les 
droits  de  justice.  ^  oici  en  quels  termes  Pierre  de  Courpaloy,  le  moine 
chroniqueur  du  \1V«  siècle,  mentionne  la  disparition  de  la  ville  de 
Palaiseau  de  la  liste  des  dépendances  de  l'abbaye...  <' post  decursum 
fere  ce  annorum,  solUo  vigore  regum  decedente,  per  cupiditatem  quo- 
rumdam  principum,  hœc  villa  fuit  a  nobis  ablata'  ». 

I.  DuBREuiL,  Ant.  de  Paris,  p.  336. 


—  253  — 

Dom  Bouillart  pense  avec  raison  que  ce  domaine  fut  aliéné  ou  plu- 
tôt inféodé  par  le  duc  de  France,  Hugues  le  Grand,  abbé  de  Saint- 
Germain. 

Au  X"  siècle,  la  chapelle  de  Saclay,  doyenné  de  Chàteaufort,  que  les 
religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  avaient  élevée  dans  une  de  leurs 
fermes  du  territoire  de  Palaiseau,  fut  érigée  en  paroisse  et  on  y  annexa 
l'église  de  Vauhallan  K 


AMOM,  VERRIÈRES,  MASSY,  BERNY,  ETC. 


Prévôté. 

A  trois  lieues  de  Paris,  dans  cette  région  pittoresque  et  boisée  qui 
forme  le  bassin  de  la  petite  rivière  de  la  Bièvre,  l'abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés  possédait  un  vaste  territoire  dont  des  donations  et 
des  acquisitions  postérieures  vinrent  dans  la  suite  augmenter  considé- 
rablement l'importance. 

Ici  comme  pour  beaucoup  d'autres  dépendances  de  l'abbaye,  les 
archives  ne  nous  ont  pas  conservé  la  charte  ni  même  le  souvenir  de  la 
donation  primitive. 

Dans  le  Polyptyque  de  l'abbé  Irminon,  Verrières  a  son  chapitre  spé- 
cial :  Brève  de  Vedrariis,  tandis  qu'Anlony  est  passé  sous  silence. 
L'importance  prédominante  de  cette  dernière  localité  comme  centre  de 
population,  comme  siège  de  la  paroisse,  porterait  tout  d'abord  à  croire 
que  nous  sommes  ici  en  présence  d'une  lacune  et  que  l'article  relatif  à 
Antony  a  disparu  comme  plusieurs  autres  dans  le  registre  du  IX»  siècle. 
Pourtant  une  étude  plus  approfondie  de  ce  document  fait  arriver  à  une 
conclusion  opposée.  Nous  voyons  en  effet  qu'à  Verrières  le  manse  sei- 
gneurial comprenait  4  centres  d'exploitation  agricole,  qui  se  compo- 
saient de  257   bonniers   de   terre  arable  et  oii   l'on  pouvait   semer 


I.   BOJININ. 


—  254  — 

iioo  muids  de  grain;  95  arpents  de  vigne  où  l'on  pouvait  recueillir 
annuellement  1600  muids  de  vin;  60  arpents  de  prés  où  l'on  récol- 
tait (3o  charretées  de  foin  ;  plus  une  forêt  qui  avait  2  lieues  de  circonfé- 
rence et  où  l'on  pouvait  nourrir  200  porcs,  sans  compter  d'importantes 
châtaigneraies. 

Or,  pour  peu  qu'on  veuille  réfléchir  à  l'étendue  du  territoire  et  à  l'im- 
portance des  produits,  on  conclura  facilement  que  cet  article  du 
Polyptyque  s'applique  à  toute  l'étendue  du  domaine  possédé  dans  celte 
région  par  l'abbaye  de  Saint-Germain,  et  non  au  territoire  spécial  de 
Verrières,  territoire  qui  était  en  grande  partie  couvert  de  bois,  et  non 
encore  défriché  pour  la  culture  ;  le  motif  qui  a  engagé  l'abbé  Irminon  à 
mettre  ici  le  nom  de  Verrières,  au  lieu  de  celui  d'Antony  où  les  moines 
avaient  déjà,  à  cette  époque,  construit  l'église  et  établi  le  centre  de  la 
population,  dut  être  sans  doute  l'importance  des  fabriques  de  verres, 
qui  existaient  dans  les  .bois  de  ce  territoire  et  avaient  donné  son  nom 
à  cette  localité. 

Remarquons  le  nombre  considérable  de  manses  inrjénuiles  que  nous 
trouvons  dans  cette  longue  nomenclature,  tandis  que  nous  n'y  relevons 
que  2  manses  serviles.  L'article  relatif  à  Frodole,  vassal  de  l'abbaye  et 
maire  de  Verrières,  nous  fait  connaître  la  disposition  et  les  obligations 
de  ce  fief  : 

«  Frodolde,  maire  et  vassal,  et  sa  femme,  nommée  Heldegarde,  vas- 
sale de  Saint-Germain,  ont  avec  eux  3  fils  et  une  fille;  ils  tiennent  un 
manse  ingénuile  qui  a  de  terre  labourable,  3  bonniers  et  6  arpents  de 
vigne.  Sur  un  autre  manse  ils  ont  en  terre  arable  2  bonniers,  4  arpents 
de  vigne  et  un  arpent  de  pré;  il  paie  de  taxe  militaire  pour  chacun  de 
ses  manses,  4  solz  d'argent  ;  la  2*  année,  2  moutons  ;  pour  la  3^  année, 
I  brebis  pour  le  droit  de  paccage;  pour  le  droit  de  paisson,  3  muids 
de  vin.  11  laboure  chaque  année  3  perches  de  terre  qui  lui  seront  dési- 
gnées pour  le  droit  d'hyvernage  et  2  pour  le  droit  de  trames.  11  doit 
les  corvées,  les  charretées,  les  manœuvres  au  point  qui  lui  sera 
ordonné.  11  doit  enfin  4  poulets,  i5  œufs,  et  doit  labourer  i  arpent  dans 
les  vignes  seigneuriales.  » 

A  la  fin  de  sa  longue  énumération  des  vassaux  de  l'abbaye  et  des 
redevances  dues  par  eux,  le  Polyptyque  résume  le  tout  de  la  manière 
suivante  : 

«  Il  y  a  donc,  à  Verrières,  89  manses  qui  paient  comme  taxe  militaire 


—  355  — 

pour  une  année  3o/i  solz;  pour  la  2«  année,  i5g  moutons  et  pour  la 
3^  année  79  comme  droit  de  paisson,  282  muids  de  vin  et  une  redevance 
en  argent  de  i  sol  2  deniers  ;  comme  droit  d'usage,  20  sols  4  deniers  ; 
25 1  poules  avec  leurs  œufs  et  84  poulets  royaux  '.  » 

Le  plus  ancien  document  qui  fasse  mention  d'Antony  est  le  diplôme 
de  Louis  le  Débonnaire  confirmant  en  829  les  dispositions  prises  par 
son  «  très  cher  conseiller  et  ami,  Hilduin,  abbé  de  Saint-Vincent  et  de 
Saint-Germain  »,  pour  assurer  et  régulariser  l'entretien  de  son  monas- 
tère ;  parmi  les  domaines  attribués  à  la  mense  conventuelle  pour  fournir 
au  vestiaire  des  moines,  nous  trouvons  Antony  avec  sa  chapelle  (Anto- 
niacum  cain  ipsa  capella). 

Remarquons  que  dans  ce  document,  comme  aussi  dans  le  diplôme 
de  Charles  le  Chauve,  il  n'est  question  que  d'Antony.  11  est  probable 
que  les  locaUtés  (à  l'exception  de  Verrières)  qui  formèrent  dans  la  suite 
les  dépendances  d'Antony  n'existaient  pas  encore.  Point  de  jonction 
des  deux  routes  allant  à  Chartres  et  à  Orléans,  Antony  avait  une 
importance  spéciale  tant  au  point  de  vue  militaire  que  pour  les  rela- 
tions commerciales  de  la  contrée. 

Dès  lors  les  moines  se  trouvèrent  tout  naturellement  conduits  à 
défricher  sur  ce  point  les  forêts  qui  couvraient  alors  le  pavs,  à  y  créer 
un  centre  d'habitation,  pour  livrer  à  la  culture  un  territoire  jusqu'alors 
absolument  improductif  pour  l'abbaye. 

Trop  soucieux  de  leurs  devoirs  religieux  et  aussi  du  développement 
naturel  de  leur  viUe  d'Antony,  ils  eurent  soin  de  doter  cette  dernière 
d'une  église.  La  chapelle  mentionnée  dans  la  charte  de  829  était, 
d'après  ce  document,  en  la  possession  et  à  la  disposition  des  reli- 
gieux. 

Puis  la  nuit  se  fait  sur  l'histoire  d'Antony.  Aucune  trace  ne  nous  est 
restée  de  son  sort  pendant  la  terrible  période  des  invasions  normandes. 
Placée  sur  les  voies  que  suivaient  les  hordes  barbares,  cette  petite  ville 
dut  plus  d'une  fois  être  dévastée,  détruite  même.  Mais  l'importance 
mihtaire  de  cette  situation  dut  engager  les  chefs  de  la  défense  nationale 
à  maintenir  ce  poste  avancé,  à  le  relever  de  ses  ruines  et  à  le  fortifier 
de  manière  à  en  assurer  la  possession  aux  Français.  C'est  ce  qui 
explique  l'existence  de  cette  Tour  d'Argent  qui  s'élevait  au  milieu  d'An- 

1.  Polyptyque,  i"  partie,  p.  Gi. 


—  356  — 

tony  et  n'appartenait  pas  aux  religieux.  Ces  mesures  de  défense  don- 
nèrent naissance  à  la  suite  à  d'interminables  et  passionnés  démêlés  à 
propos  de  l'avouerie  ou  de  la  vigaerie  d'Antony  dont  nous  allons  avoir 
l'occasion  de  parler.  Au  milieu  des  dangers  et  des  convulsions  de  la 
période  tourmentée  qui  venait  de  se  terminer,  avait  surgi  un  nouveau 
rouage  dans  la  hiérarchie  militaire,  judiciaire  et  féodale  du  pays. 
C'étaient  les  avoués  (advocati)  ou  les  viguiers  (vicarii  ou  viarli), 
barons  que  les  monastères  choisissaient  pour  défendre  leurs  droits 
et  leurs  biens  contre  les  attaques  violentes  de  la  force  ou  les  entreprises 
frauduleuses  de  la  patrocine,  ou  bien  à  qui  les  rois  et  les  chefs  mili- 
taires de  la  contrée  déléguaient  une  partie  de  leur  autorité  pour  la 
défense  de  certaine  portion  déterminée  de  leur  territoire  et  la  sécurité 
des  routes.  Pour  leur  donner  les  moyens  de  s'acquitter  de  leur  mission 
et  payer  les  services  qu'ils  réclamaient  de  leur  dévouement,  les  sei- 
gneurs ecclésiastiques,  comme  les  représentants  de  l'autorité  royale, 
cédaient  à  ces  avoués  et  à  ces  viguiers  des  privilèges,  des  droits  de 
lever  sur  les  populations  des  subsides,  qui  étaient  motivés  au  moment 
du  péril  par  les  services  rendus,  mais  qui,  quand  le  calme  avait  suc- 
cédé à  la  tempête,  n'avaient  plus  de  raison  d'être.  Pourtant,  bien  rares 
furent  les  barons  qui  consentirent  à  renoncer  de  leur  plein  gré  à  ces  exac- 
tions ou  mauvaises  coutumes,  comme  on  les  désignait  alors.  Le  plus 
souvent  ils  considéraient  comme  faisant  partie  de  leur  patrimoine  ces 
charges,  qui  ne  répondaient  plus  à  la  réalité,  et  les  revenus  et  seigneu- 
ries, qui  en  étaient  la  conséquence,  et  refusaient  de  s'en  dessaisir  au 
profit  des  seigneurs  légitimes.  Quand  ces  derniers  ne  jouissaient  pas 
d'un  crédit  suffisant,  ils  renonçaient,  au  bout  d'un  certain  nombre  de 
tentatives,  à  des  revendications  qu'ils  ne  pouvaient  faire  réussir  et  ces- 
saient de  protester  contre  des  usurpations  qu'ils  se  sentaient  impuis- 
sants à  réprimer.  Si,  au  contraire,  les  seigneurs  primitifs  étaient  assez 
puissants,  ils  réclamaient  le  maintien  de  leurs  droits  auprès  des  juri- 
dictions supérieures,  soit  ecclésiastiques  soit  royales,  et  obtenaient 
ordinairement  la  suppression  de  ces  mauvaises  coutumes.  Ces  litiges, 
que  nous  voyons  se  reproduire  sur  bien  des  points  à  cette  époque, 
jouent  un  rôle  important  dans  l'histoire  de  la  prévôté  d'Antony  ;  c'est 
pourquoi  nous  avons  dû  placer  ici  ces  quelques  indications  générales. 
Grâce  du  reste  aux  moyens  de  défense  employés,  Antony  échappa 
aux  désastres  ou  du  moins  se  releva  de  ceux  qu'elle  avait  subis.  Au 


—  25;  — ' 


XI^  siècle,  quand  des  documents  viennent  nous  donner  quelcjucs 
lumières  sur  le  passé  de  cette  dépendance  de  Saint-Germain,  nous  trou- 
vons, non  seulement  Antony  groupant  ses  maisons  autour  du  château 
des  moines  et  de  la  Tour  d'Argent,  mais  encore  de  nouvelles  localités 
qui  avaient  surgi  pendant  cette  période  sur  le  territoire  monastique,  et 
qui,  par  l'accroissement  de  la  population  et  le  défrichement  de  la  forêt, 
augmentaient  considérablement  l'importance  et  la  richesse  de  ce 
membre  de  l'abbaye. 

C'est  dans  la  charte  que  le  roi  Robert  accorda,  en  1027,  à  l'abbé  Guil- 
laume pour  condamner  et  réprimer  les  exactions  et  mauvaises  cou- 
tumes, qu'exigeait  des  vassaux  de  l'abbaye  un  avoué  de  Saint-Germain, 
nommé  Pipinel  Guérin,  que  nous  trouvons  la  nomenclature  des  dépen- 
dances d'Antony  à  cette  époque  :  In  Roriciirte,  Villa  Osii  (Wissous), 
Villa  Grès  (moulin  de  Grès),  Villa  Malues  (Massy),  Villa  Vedrarias 
(Verrières),  Villa  Calez  (Châtenay  [?]),  Villa  Belonis  (Yillaines).  Cer- 
taines de  ces  dépendances  furent  érigées  dans  la  suite  en  seigneuries 
distinctes  et  indépendantes  de  l'abbaye.  La  diminution  du  domaine  de 
Saint-Germain  qui  se  produisit  ainsi  fut-elle  la  conséquence  d'aliéna- 
tions consenties  par  les  religieux  ou  d'usurpations  faites  contre  leurs 
droits?  C'est  ce  que  nous  ne  pouvons  conclure  des  documents.  Nous 
trouvons  seulement,  au  XIP  siècle,  les  abbés  en  lutte  avec  les  seigneurs 
de  Massy  pour  leurs  droits  réciproques  sur  certaines  parties  du  terri- 
toire et  recourant  à  la  justice  royale  pour  mettre  une  barrière  aux 
empiétements  et  aux  prétentions  de  leurs  turbulents  voisins.  Nous 
reviendrons  sur  tous  ces  démêlés,  en  traitant  de  la  seigneurie  temporelle 
de  l'abbaye  à  Antony  et  dans  ses  dépendances. 

Peu  à  peu  la  bonne  entente  se  rétablit  entre  ces  compétiteurs,  et  nous 
voyons,  en  ii6g,  Louis  VII  confirmer  la  cession  faite  par  Jean  de 
Massy,  dont  la  famille  avait  été  l'adversaire  irréconciliable  des  reli- 
gieux, à  Hugues,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  de  tous  les  droits 
qu'il  prétendait  avoir  sur  les  bois  d'Antony*. 

Après  avoir  assuré  ses  droits  sur  le  territoire  d'Antony,  l'abbé  Hugues 
fit  son  testament  et  ordonna  qu'on  prit  sur  les  terres,  qu'il  y  avait 
acquises  au  profit  de  l'abbaye,  la  dépense  du  repas  de  la  communauté 
de  Saint-Germain,  le  jour  anniversaire  de  sa  mort  ^ 

I.  Arch.  nat.  K.  ai,  11°  iG. 
a.  Ledeuf,  III,  p.  535. 

'7* 


—  258  — 

Par  ses  lettres  datées  de  1207,  le  roi  Philippe-Auguste  confirma  la 
vente  que  le  chevalier  Robert  de  Meulan,  du  consentement  d'IIellouin 
de  Meulan,  son  neveu,  avait  faite  à  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés, 
des  biens  deLaa^,  de  Chesnay  et  d'Antony '. 

En  i2i4,  Robert,  abbé  de  Saint-Germain,  attesta  par  une  charte 
qu'Eremburge,  veuve  de  Rainaud  Couturier,  jadis  maire  de  Ragneux, 
de  la  terre  de  Saint-Germain,  renonçant  au  siècle,  en  la  présence  de 
l'abbé  de  Wilhelni,  prieur  d'Antony,  se  donna  à  l'église  de  Saint-Germain 
avec  une  maison  qu'elle  possédait  dans  le  bourg  de  Saint-Pierre 
(Bonvillar)  \ 

En  1260,  Eudes  le  Roux,  bourgeois  de  Paris,  et  Agnès,  sa  femme, 
donnèrent  à  l'abbaye  leur  ferme  de  Rruyères,  près  de  Limeil-en-Rrie'. 

En  1293,  Jean  de  la  Marche,  chevalier,  7« ^5  ei  hoir  de  monseigneur 
Michel  delà  Marche,  chevalier,  vend  à  l'abbé  et  au  couvent  de  Saint- 
Germain-des-Prés  huit  solz  et  trois  miailhes  de  menus  cens,  cinq 
setiers  d'avoine  et  six  chapons  de  rente  à  prélever  dans  la  ville  d'An- 
tony ou  son  territoire,  avec  toute  la  justice,  les  yssues  et  adventions  des 
devant  dites  choses,  le  tout  pour  le  prix  de  aS  livres  parisis". 

Les  archives  d'Antony  nous  ont  conservé  un  testament  dont  la  forme 
et  les  dispositions  sont  assez  spéciales  pour  que  nous  en  donnions  ici 
quelques  extraits  : 

u  Testament  d'Osanie,  feme  d'Hugolin  de  Forestier,  famé  de  pen- 
sée. —  Elle  lègue  à  l'église  d'Antlioigny,  x  soulz  ;  au  curé  de  la  dite 
église,  X  soulz;  au  chapelin,  v  soulz;  au  clerc,  does  soulz;  à  chascun 
cler  qui  dira  son  sautier  pour  luy  le  jour  de  son  obit,  does  soulz.  Item, 
à  la  confrairie  de  Saint-Jacques  d'Antlioigny,  ni  soulz.  Item  à  l'Hostel- 
Dieu  de  Paris,  contre  et  coeffin  et  does  dras.  Item  à  l'église  de  Nostre- 
Dame  de  Paris,  m  soulz.  Item  à  la  banlive  de  l'église  de  Verrières, 
m  soulz.  Item  à  la  Maison-Dieu  de  Chartres,  ni  soulz.  Item  à  l'IIostel- 
Dieu  de  Rourc-la-Reine,  xii  deniers;  à  l'église  de  Nostre-Dame  de 
Roulogne,  x  soulz.  Item  à  l'église  de  Nostre-Dame  de  Pontoise,  m  soulz; 
à  l'église  de  Chastenay,  à  l'église  du  Fresne  et  à  l'égUse  de  Maci,  chas- 


1.  Arch.  nal.   Iv.    26,    11°  17,  Cart.  de  l'abbaye  de  Saint-Germain,  f.    2G;    Cart.  abbé 
Guillaume,  p.  Sa  ;  etc. 

2.  Id.  LL.  1025,  p.  184. 

3.  Lebeuf,  V.  33. 

^1.  Arcli.  nal.  L.  754,  n"  17. 


—  aSg  — 

cune  XH  deniers.  A  la  maladrery  de  Lonejumel,  à  la  nialadieiie  de 
Maci,  chascune  xu  deniers.  Au  mestre  d'escole  d'Antlio'ujny,  x  soulz. 
Item  à  Johannot  de  Merry  qui  esprent  à  cordonncier  à  Paris,  xx  soulz. 
A  l'église  de  Saint-Germain-des-Prés  et  au  couvent,  lx  soulz  de 
rente  pour  faire  son  service  tous  les  ans  et  pour  estre  es  prière  de  la 
dite  église'.  » 

En  iSgS,  Jean  et  Gilles  de  Clamecy  vendent  à  l'abbaye  une  rente  de 
200  francs  d'or,  assise  sur  le  territoire  de  la  prévôté  d'Antony*. 

Le  6  mars  1394,  une  sentence  du  garde  de  la  prévôté  de  Paris  con- 
damne les  chevaliers  de  Saint-Jean  de  Jérusalem,  propriétaires  de 
22  arpents  de  terre  à  Ântony,  à  en  payer  la  dîme  aux  religieux 
de  Saint-Germain-des-Prés,ce  que  depuis  plusieurs  années  ils  refusaient 
de  faire  ^ 

Quelques  années  plus  tard,  le  8  juillet  1899,  Jacques  du  Cellier 
donnait  à  l'abbaye  1 1  arpents  de  prés,  sis  à  Antony,  à  l'effet  de  fonder 
vine  chapelle  perpétuelle  à  2  messes  par  semaine  et  un  service  anniver- 
saire; le  chapelain  devait  être  un  religieux  de  Saint-Germain,  nommé 
par  l'abbé  ;  il  recevait  annuellement  18  livres  parisis  et  i  escu  de  18  sols 
parisis  à  prendre  sur  le  revenu  des  prés;  le  pitancier  devait  avoir  le 
surplus  pour  l'anniversaire  du  donateur*. 

Le  dénombrement  de  i384  est  ainsi  conçu  :  «  Item,  en  la  ville  d'An- 
thoigny  a  un  grant  hostel,  les  deux  pars  de  la  justice  de  la  ville,  avec 
toute  la  justice  de  Verrière,  u  fours  banniers  à  nos  hostes,  l'un  audit 
Anlhoigny  et  l'autre  en  la  ville  de  Verrière,  et  deux  pressoers  banniers 
avec  vignes,  terres,  environ  vu  ^^  et  xvj  arpens  de  terre  arable;  item, 
XXV  arpens  de  prés  ;  item,  deux  molins  banniers  aux  hostes  ;  item,  es 
dites  deux  villes,  à  plusieurs  jours  en  l'an,  environ  l  livres  de  menus 
cens  ;  item,  iiu  droictures  ;  item,  environ  xu  sestiers  d'avoine  de  rente 
par  an  ;  tout  ce  que  dit  est  baillé  à  louaige  pour  le  pris  de  u'  livres  tour- 
nois, dont  l'en  soloit  avoir  u'  livres  parisis,  et  Testât  et  vivre  de  deux 
religieux  qui  demeurent  au  lieu  et  est  du  demaine  de  l'abbé;  item,  s'en 
suivent  ce  qui  n'est  pas  baillé  avec  la  ferme  dessusdite  :  1°  les  dismes 


1.  Arch.  nul.  L.  75^1,  n*  20. 
a.  Id.  \Aj.   \ol\o. 

3.  /(/.  \Aj.  10/17,  P*  ■'^• 

4.  Bib.  nat.  Dom  Poirier,  208/iG,  p.  207. 


—  260  — 

des  grains,  qui  puent  valoir  par  an,  montant  et  avalant,  environ  xx  muis 
de  grain,  qui  soloit  valoir  environ  xxxv  muis  ;  item,  environ  viu  muis 
d'avaine  cliascun  an,  au  jour  des  Mors,  dont  une  partie  dois  se  rendre  es 
greniers  de  l'église  Saint-Germain  et  l'autre  demeure  en  l'hostel  de  la 
prevosté,  à  Anthoigny;  item,  environ  nij'  arpens  de  bois  et  bruyères, 
dont  l'on  puet  bien  vendre  chascun  an  xx  arpens  et  puet  valoir  l'arpent 
vnj  livres  parisis,  valent,  en  somme,  viu"^  livres  parisis;  item,  les 
deux  villes  nous  doyvent  de  taille  chascun  an,  lendemain  de  la  Chan- 
deleur, G  livres  parisis,  dont  l'en  paie  le  consail  de  l'église  ;  item,  les 
dismes  des  vins  et  pressoers  valent,  montant  et  avalant,  environ 
XX  queues,  qui  soloient  valoir  avant  la  guerre  vj'^''  queues  ;  mais  les 
heritaiges  sont  demourés  en  friche  et  les  villes  arses  et  destruites  par 
les  ennemis.  Et  sont  les  choses  dessus  escriptes  en  la  viconté  de 
Paris.   » 

Toutes  les  possessions  que  l'abbaye  avait  à  Antony,  à  Verrières  et 
dans  les  autres  dépendances,  faisaient  partie  de  la  mense  conventuelle 
et  étaient  administrées  par  un  religieux  qui  portait  le  nom  de  Prévôt  et 
exerçait  la  justice,  jouissait  des  revenus  et  des  droits  seigneuriaux, 
moyennant  une  redevance  annuelle  qu'il  payait  au  pitancier  de  l'abbaye. 
Les  accroissements  successifs  de  cette  prévôté  en  avaient  fait  une  des 
dépendances  les  plus  considérables  de  Saint-Germain.   Aussi  fut-elle 
l'objet   de   compétitions  ardentes  et  d'interminaliles  procès  au  XI V^ 
siècle.  On  sait  quelles   dilTicultés  surgissaient  fréquemment  entre  la 
Cour  romaine  et  les  abbayes  à  propos  delà  collation  des  bénéfices.  En 
retour  des  privilèges  que  procurait  à  certains  monastères  leur  dépen- 
dance immédiate  du  Saint-Siège,  ce  dernier  se  réservait  le  droit  de  con- 
férer dans  un  grand  nombre  de  cas,  à  des  personnes  étrangères,  les 
bénéfices  de  leur  dépendance.  C'était  l'application  de  ce  système  des 
commendes  qui  devait  produire  de  si  lamentables  résultats.  C'est  ce 
qui   se  produisit  en    1872  pour  la  prévôté  d'Antony.  Étant   devenue 
vacante  par  la  mort  de  son  titulaire,  et  la  collation  par  l'abbé   n'ayant 
pas  eu  lieu  dans  les  délais  prescrits,   Grégoire  IX  la  conféra,   en  vertu 
du  droit  de  dévolution,  à  Ebblon  de  Solier,  moine  de  Cormery,  qui  se 
présenta  avec  sa  bulle  à  la  main  pour  être  mis  en  possession  de  ce 
riche  bénéfice.  Mais  l'abbé  Richard  protesta,  au  nom  de  son  abbaye, 
contre  la  collation  pontificale  :  le  g^jourdumois  de  mai    1872,11  fit 
dresser  son  acte  d'appel,  dans  lequel  il  exposait  que  la  prévôté  d'Antony, 


—  aGi  — 

étant  d'un  caractère  purement  tempoiel,  ne  icntiail  nullement  dans  la 
catégorie  des  bénéfices  ecclésiastiques  dont  le  concile  de  Latran  avait 
conlié  la  collation  dans  des  cas  déterminés  au  Saint-Siège.  C'est  à  la 
justice  pontificale  elle-même  que  l'abbé  faisait  appel  de  la  collation 
faite  par  le  pape'.  L'évèque  de  ïullc,  délégué  par  Grégoire  IX  pour 
instruire  et  juger  l'affaire  en  son  nom,  ayant  prononcé,  le  i5  octobre, 
sa  sentence  en  faveur  du  moine  de  Cormery  sans  s'être  conformé  aux 
prescriptions  du  droit,  l'abbé  Richard  interjeta  un  nouvel  appel  en 
Cour  de  Rome  (9  novembre  1372).  L'abbé  de  Saint-Maixent,  délégué 
par  Grégoire  IX  avec  de  pleins  pouvoirs  pour  terminer  cette  affaire, 
après  une  minutieuse  enquête  confirma  les  droits  de  l'abbé  de  Saint- 
Germain  sur  la  collation  de  la  prévôté  et  débouta  Ebblon  de  Solier  de 
ses  prétentions  (i373)". 

Ce  fut  du  reste  la  seule  difficulté  que  rencontrèrent  les  abbés  de 
Saint-Germain  pour  la  prévôté  d'Antony.  Les  séculiers  et  les  religieux 
qu'ils  investissaient  de  cette  dignité  étaient  à  proprement  dire  des 
fermiers  qui  se  substituaient  aux  seigneurs,  percevaient  les  revenus, 
jouissaient  des  prérogatives,  acquittaient  les  charges  moyennant  une 
redevance  annuelle  qu'ils  payaient  à  l'abbaye. 

Le  livre  de  la  pilancerie,  rédigé  au  XIll"  siècle,  dit  qu'on  prélevait 
sur  Antony  '  :  Le  3  mars  ou  \  des  nones  du  même  mois,  xi  sols,  pour 
l'anniversaire  de  Robert  de  Samesio  (Samois)  ;  le  22  juillet  ou  XI  des 
calendes  d'août,  à  l'occasion  de  la  fête  de  Sainte-Magdeleine,  xv  sols  ; 
le  6  octobre  ou  la  veille  des  nones  du  même  mois,  xl  sols,  pour  l'anniver- 
saire de  Renaut,  ancien  prieur  ;  le  28  octobre,  ou  V  des  calendes  de 
novembre,  xxiv  sols,  pour  l'anniversaire  d'Etienne,  chevalier,  et  Marie, 
son  épouse  ;  le  23  décembre  ou  le  X  des  calendes  de  janvier,  jour  oîi 
l'on  chantait  l'antienne  :  0  Virgo  virgiimm,  le  prieur  d'Antony  devait 
fournir  xx  sols  pour  la  pitance  de  l'abbaye  Saint-Germain-des-Prés. 

En  14O2,  Henry,  abbé  de  Saint-Germain,  afferma  la  prévôté  d'Antony 
à  un  de  ses  religieux,  frère  Jean  de  Varennes,  pour  la  sonnue  de  80 
livres  de  rente  annuelle  *.  Quelques  années  auparavant,  la  prévôté 
d'Antony  avait  servi  à  acquitter  une  dette  de  reconnaissance  ;  en  ili'S'], 


1.  Arch.  n<d.  L.  754,  n"  aS. 

2.  Id.  L.  755. 

3.  /(/.  LL.  1027. 
''/.  1(1.    LL.  lo-'to. 


î62    


Drogon  de  Montaudier  s'étant  démis  de  sa  dignité  abbatiale  en  faveur 
d'Henri  Morillon,  celui-ci,  pour  remercier  son  bienfaiteur,  lui  attribua, 
sa  vie  durant,  les  prévôtés  d'Antony  et  de  Paray '. 

Notons  plusieurs  donations  de  biens  situés  à  Antony  en  vue  de  fon- 
dations pieuses  dans  le  monastère  de  Saint-Germain. 

En  1467,  frère  Aureau,  grand  prieur  de  Saint-Germain,  donne  à  son 
abbaye  une  rente  de  20  sols  qu'il  a  sur  des  terres  sises  à  Antony,  ((  pour 
que  les  novices  puissent  acheter  du  bois  et  se  chauffer  après  avoir 
chanté  matines  —  et  que  par  là  ils  soient  plus  portés  à  louer  Dieu  et  à 
prier  pour  le  donateur  ^  ». 

En  1487,  maître  Jacques  Cellier  fait  donation  aux  rebgieux  de  onze 
arpents  de  prés  à  Antony  pour  la  fondation,  après  sa  mort,  dans  la 
chapelle  de  la  Madeleine  de  l'église  de  Saint-Germain-des-Prés,  de  deux 
messes  de  Requiem  chaque  semaine,  et  d'un  anniversaire  tous  les  ans, 
((  comme  on  a  l'habitude  d'en  célébrer  un  pour  l'abbé  avec  la  même 
pompe  et  la  même  solennité  '  ». 

Dans  le  cours  du  XVI^  siècle,  nous  ne  trouvons  à  mentionner  que 
des  actes  d'achats  ou  d'échange  sans  importance,  des  baux  à  ferme  de 
la  terre  et  seigneurie,  et  surtout  des  bois  d'Antony. 

Le  22  mars  i54i,  le  Cardinal  de  ïournon,  abbé  commendataire  de 
Saint-Germain-des-Prés,  qui  devait  à  ses  religieux  une  rente  de  778 
livres  tournois,  embarrassé  pour  parfaire  cette  somme,  leur  céda  pour 
i6g  livres  la  jouissance  de  i43  arpents  de  bois  taillis  à  Verrières  *. 

Cette  dépendance  de  Saint-Germain  n'échappa  pas  aux  désastres  de 
la  période  des  guerres  religieuses.  En  i562,  les  huguenots  brûlèrent 
les  fermes  et  les  pressoirs  d'Antony  et  de  Verrières.  L'église  de  cette 
dernière  localité  fut  en  partie  détruite.  L'abbaye,  accablée  par  la  mul- 
tiplicité des  désastres  subis  et  des  réparations  indispensables,  se 
trouvant  dans  l'impossibilité  de  relever  toutes  ces  ruines,  dut  vendre  ce 
qui  restait  de  ses  maisons  à  Antony  et  à  Verrières. 

Mais  ce  ne  pouvait  être  et  ce  ne  fut  en  effet  qu'une  crise  momen- 
tanée, et  nous  voyons  bientôt  après  la  prévôté  d'Antony  réparer  ses 
ruines,    accroître  ses  possessions   et  jouir  d'une  grande  prospérité 


I.  Bo:<Ni?(. 

a.  Arch.  nat.  LL.  io4o. 

3.  Id.  LL.  lotio,  p.  59. 

4.  Id.  LL.  io48. 


i 


-  263  — 

pendant  tout  le  cours  du  WW  siècle.  En  i586,  toute  la  région 
accidentée  et  boisée  qui  s'étendait  au  nord-ouest  de  Paris  fut  convertie 
en  une  chasse  réservée  aux  plaisirs  du  roy;  elle  commençai  t  au  faubou  rg 
Saint-Germain,  descendaitle  long  delà  rivière  de  Seine  jusqu'au  village 
de  Meudon,  remontait  par  Vaugirard,  Vanve,  Issy,  Fleury,  Clamart, 
Montrouge,  ChàtiUon,  Bagneux,  Fontenay-so.us-Bagneux,  Chastenay,' 
Verrières,  Sceaux,  Antoni,  Bourg-la-Reine,  Gentilly.  Défense  était  faite 
d'y  chasser  sous  peine  corporelle  ou  pécuniaire  '. 

Après  la  reconstruction  de  l'église  d'Antony  et  de  sa  consécration  en 
1601  par  l'évèque  de  Digne,  dont  nous  aurons  l'occasion  de  parler  avec 
plus  de  détail  au  chapitre  de  la  seigneurie  spirituelle  d'Antony,  nous 
voyons  les  religieux  occupés  de  se  procurer  les  moyens  d'efl'acer  les 
traces  delà  période  précédente.  Le  3  mai   1622,  les  grands  maîtres 
enquêteurs  et  généraux  réformateurs  des  Eaux  et  Forêts  de  France,  en 
la  table  de  Marbre  du  Palais,  ordonnent  qu'on  vérifiera  les  réparations 
mentionnées  comme  nécessaires  aux  maisons  de  Thiais,  Antony,  aux 
pressoirs  bannaux  et  granges  d'Antony,  aux  geôles  et  prisons  de  Thiais, 
au  bac  de  la  rivière  de  Seine  en  face  de  Choisy.  —  Le  5  janvier  i63o, 
deux  routes  furent  tracées  dans  le  bois  de  Verrières  sur  l'ordre  du  roi, 
qui  donna  3. 600  livres  aux  religieux  pour  le  terrain  consacré  à  ces 
routes  et  leur  en  laissa  la  juridiction". 

Signalons  un  incendie  qui,  à  la  fin  du  XVIP  siècle,  vint  détruire 
une  grande  partie  de  la  ville  d'Antony.  En  169/,,  le  grand  maître  des 
Eaux  et  Forêts  se  transporta  dans  le  bois  dit  Buisson  de  Verrières,  et 
autorisa  certaines  coupes  anormales  pour  fournir  aux  réparations  de  ce 
désastre  ;  les  fonds  qui  en  proviendraient  devaient  être  remis  dans  les 
mains  d'un  bourgeois  honorable  nommé  pour  en  surveiller  l'emploie 
Un  contrat  de  ferme,  passé  en  162/i,  nous  apprend  que  la  terre  et 
seigneurie  d'Antony  rapportait  annuellement  au  monastère  1800  livres 
tournois,  un  muid  de  blé-froment,  5  muids  de  blé  mcsteil,  2  nuiids 
d'avoine,  2  porcs  gras  de  20  livres  chacun,  au  jour  de  la  Saint-Martin 
d'hiver,  2  beaux  moutons  gras  au  jour  de  la  Saint-Jean-Baptiste, 
6  boisseaux  de  noix,  200  gerbes  de  jourrc  '. 

i.  Arcli.  liât.  LL.   io!t8,  p.  (jo. 

3.  1(1.  LL.  10^18,  p.  9.5. 

3.  M.  LL.  lo/iS. 

/(.  Id.  LL.  io58,  p.  19. 


—  264  - 

En  1646,  le  chapitre  de  Saint-Germain-des-Prés  décida  l'achat  de  la 
ferme  du  Pont  d'Antony  pour  le  prix  de  120.000  livres  '.  En  1657,  les 
religieux  achètent  à    MM.   de   Delery  les   biens   qu'ils  possédaient  à 
Ântony  pour  le  prix  de  22.800  livres.  La  beauté  du  site,  la  proximité 
de  Versailles,  cette  immense  étendue  de  forêts  giboyeuses,  déterminèrent 
Louis  XIV  à  adjoindre  une  partie  de  ce  territoire  au  domaine  royal.  Le 
21  avril  1682,  le  roi  fit  demander  aux  religieux  de    Saint-Germain  de 
lui  vendre  les  bois  de  Verrières,   de  Montéclin  et  d'Amblainvilliers. 
Une  telle  requête  ne  pouvait  être  refusée,  d'autant  qu'elle  était  tout  au 
profit  de  l'abbaye.  Les  religieux  cédèrent  donc  à  leur  royal  acquéreur 
une  étendue  de  cent  arpents  de  bois  pour  le  prix  de  297.200  livres 
tournois  ;   pour  l'emploi   de  cette  somme  ils  achetèrent  les  terres  de 
Berny,  de  Fresnes    (de  Lay),   la  seigneurie   de  la  Tour  d'Antony,  la 
ferme  de  la  Croix-Blanche,  etc.  :  toutes  ces  terres  avaient  été  saisies  sur 
la  succession  de  M'"  de  Lyonne  et  vendues  par  autorité  de  justice.  Une 
année  après  l'acquisition  qui  en  avait  été  faite  à  frais  communs  par 
l'abbé  et  le  convent  de  Saint-Germain,  le  premier  obtint  des  religieux 
la  cession  de  leurs  droits  sur  Berny  et  sur  Fresnes,  et  leur  abandonna 
en  échange  les  domaines  de  la  Tour,  du  Pont  d'Antony,  le  château  et  la 
terre  de  Cachan  ^.  Dès  lors  les  abbés  de  Saint-Germain-des-Prés  établirent 
leur  résidence  dans  le  magnifique  château  de  Berny,  dont  les  splen- 
deurs convenaient  au  fastueux  train  de  maison  de  ces  princes  et  dont 
la  proximité  de  la  résidence  royale  avait  pour  eux  des  charmes  et  des 
avantages  qu'ils  savaient  apprécier  \ 

Nous  allons  terminer  cette  vue  d'ensemble  sur  la  prévôté  d'Antony, 
qui,  comme  nous  l'avons  dit,  était  une  dépendance  de  la  mense  con- 
ventuelle, par  la  partie  de  la  déclaration  faite  en  1790  par  les  religieux 
de  Saint-Germain  relativement  à  ce  membre  de  leur  monastère. 

Antony  et  Verrières  —  terre  et  seigneurie  —  ancien  domaine 

DE  l'abbaye  dès  le  TEMPS    DE  ChARLEMAGNE. 

1°  Justice  haute,  moyenne  et  basse  ;  patronage,  etc. 

2°  Les  cens,  surcens,  lods  et  ventes  d'Antony  et  Verrières. 

Année  commune 5. 000  livres. 

1.  Bib.  nat.  ms.fr.  iG855. 

2.  Arch.  nat.  LL.  10^7,  p.  296. 

3.  Abbé  Enjalyin. 


—  365  — 

Nota.  —  La  partie  la  plus  considérable  du  fief  de  Berny  relève  de  la 
seigneurie  d'Antony  et  n'est  exempte  des  devoirs  et  droits  seigneuriaux 
que  tant  qu'elle  est  possédée  par  la  mense  abbatiale. 

3°  La  grande  ferme  seigneuriale  d'Antony,  consistant  en  bâtiments, 
granges,  jardins,  etc.,  plus  environ  285  arpents  6o  perches  de  terres 
labourables  et  environ  l\o  arpents  2 1  perches  de  prés. 

Les  dîmes  de  grains  et  les  menues  dîmes  des  territoires  d'Antony  et 
Verrières,  le  tout  loué  au  sieur  Cauville  5.200  livres,  et  10.300  livres  en 
passant  le  bail;  200  bottes  de  paille,  6  charretées  de  fumier,  6  chapons, 

5  douzaines  de  pigeonneaux,  et  en  outre  la  charge  de  payer,  en  l'acquit 
des  religieux,  à  cause  de  leur  qualité  de  gros  décimateurs  :  au  curé 
d'Antony  38  septiers  de  blé,  mesure  de  Paris,  et  au  curé  de  Verrières 

6  septiers  de  blé  et  3  septiers  d'avoine,  mesure  de  Massy. 

4°  La  ferme  de  la  Tour  d'Argent,  consistant  en  un  grand  corps  de 
logis,  grange,  laiterie,  etc.,  plus  en  173  arpents  de  terres  labourables  et 
36  arpents  de  prés,  plus  une  rente  de  i5  livres  due  par  la  mère  du 
preneur,  loué  au  sieur  Cauville  3oo  livres  par  bail  devant  Lefèbvre  à 
Paris,  le  22  mars  1786,  plus,  en  passant  le  bail,  600  livres;  plus 
5  muids  d'avoine  (estimé  200  livres  le  muid),  600  bottes  de  paille, 
12  chapons  gras,  5  livres  de  droit  d'avenage  dû  à  l'abbaye  de 
Longchamps. 

5°  La  maison  occupée  par  le  concierge  dans  la  ferme  seigneuriale  avec 
un  petit  jardin  et  environ  300  arpents  de  terres.  Item  le  pressoir  et  les 
dîmes  de  vin  du  territoire  d'Antony  louées  au  sieur  Cauville  au  prix  de 
750  livres. 

6»  La  ferme  du  Pont  d'Antony,  consistant  en  bâtiments,  granges, 
etc.,  plus  en  289  arpents  de  terres  labourables  et  36  arpents  1/2  de  prés, 
louée  au  sieur  Vattier,  maistre  de  la  Poste  de  la  Croix  de  Berny,  pour 
6000  livres  et  6000  livres  en  passant  le  bail  ;  plus  4  muids  d'avoine, 
4  voitures  de  fumier,  1200  bottes  de  paille,  12  chapons  gras. 

7»  25  arpents  de  prés  dans  la  prairie  de  Berny,  loués  1200  livres,  au 
sieur  Marchai  de  Sainsey,  économe  de  la  mense  abbatiale  de  Saint- 
Germain-des-Prés.  —  Item  36  livres  dues  par  le  dit  économe  pour 
l'indemnité  de  la  dîme  dans  le  parc  de  Berny. 

8°  Le  moulin  à  eau  d'Antony,  avec  un  droit  de  pêche  et  i5  arpents 
1/3  de  terres  labourables,  loué  à  la  veuve  Colette  2000  livres  par  an  et 
2.400  livres  en    passant    le  bail.  Le    fermier   paie    à  l'acquit   des 


266 


religieux,  en  déduction  du  prix  du  bail,  i5o  livres  à  la  maîtresse  d'école 
d'Antony,  l^o  livres  à  la  Fabrique,  et  4o  livres  à  la  Charité  du  dit 
lieu. 

9°  Une  plàtrière  sise  à  Antony,  louée  au  sieur  Cazin  i  .000  livres  par 
an  et  4oo  livres  en  passant  le  bail. 

10°  Une  maison  à  Verrières  appelée  la  maison  du  Concierge  avec 
4  pressoirs,  le  produit  du  pressurage,  une  pièce  de  prés  de  3  quartiers 
et  la  dîme  du  vin  de  la  paroisse  de  Verrières,  le  tout  loué  5oo  livres,  à 
la  charge  de  payer  au  curé  de  Verrières  4  pièces  de  vin  provenant  de  la 
dite  dîme  et  faisant  partie  de  son  gros, 

II"  La  maison  du  Four  bannal  de  Verrières,  avec  un  grand  jardin, 
et  le  produit  de  la  bannalité,  le  tout  loué  07a  livres  au  sieur  Paillard, 
garde-chasse. 

12"  23i'  2' G',  tant  cens  que  rentes  foncières,  sur  178  arpents  de 
terre  de  la  seigneurie  d'Antony  enfermés  dans  le  parc  de  Sceaux. 

i3°  Les  rentes  et  petits  loyers  d'Antony  et  de  Verrières  et  les  rentes 
des  fours  de  Verrières  perçus  par  les  religieux  montent  à  la  somme  de 
2.000  livres. 

i4"  La  tonture  des  bouleaux  des  bois  de  Verrières,  louée  3oo  livres. 

10"  Bois  de  Verrières,  consistant  en  974  arpents  53  perches,  outre 
4o  arpents  de  friches,  en  i5  coupes  réglées,  chaque  coupe  pouvant  être 
estimée  20.000  livres. 

16°  Mouvance  dvi  fîcf  de  24  ar[)ents  de  bois  taillis  en  une  pièce,  sise 
dans  le  bois  d'Antony  et  Verrières  au  lieu  dit  le  Chicnpendii,  autrefois 
possédé  par  les  seigneurs  du  Plessis-Piquet  et  aujourd'hui  par  le  roi; 
pour  ce  fief  il  est  dû  une  indemnité  aux  religieux'. 

Antony  et  Verrières  produisaient,  en  1790,  au  profit  de  la  mense 
conventuelle,  le  revenu  annuel  de  53.69 r  livres*. 


Seigneurie     spirituelle 

Comme  nous  l'avons  déjà  établi,  les  moines  de  Saint-Germain-des- 
Prés  avaient  la  libre  disposition  de  la  chapelle  d'Antony,  qui  figure 
parmi  les  possessions  de  l'abbaye  afTectées  à  la  mense  conventuelle. 


i.  BUi.  nat.  Doni  Poirier,    20868. 
3.  Lebeuf-Gociieris,  III,  p.  74. 


—  267  — 

Que  leurs  droits  primitifs  sur  la  vieille  église  se  fussent  ou  non  perdus 
pendant  la  période  des  invasions  normandes,  c'est  ce  que  ne  nous  pour- 
rions conclure  d'une  manière  précise  de  la  charte  de  10^3  par  laquelle 
Imbert,  évoque  de  Paris,  concède  à  l'abbé  et  aux  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  l'autel  de  Saint-Saturnin  d'Antony\  parce  que,  dans 
les  chartes  de  cette  époque,  le  mot  de  concession  équivalait  souvent  à  la 
confirmation  d'une  concession  antérieure,  et  qu'il  n'est  guère  étonnant 
qu'au  sortir  de  cette  période  convulsée,  les  moines  sentissent  le  besoin 
de  faire  confirmer  leurs  droits  antérieurs.  Quoi  qu'il  en  soit,  la  charte 
de  1042,  confirmée  solennellement  par  un  diplôme  du  roi  Henri  P""  en 
io58  %  établit  sans  conteste  la  seigneurie  spirituelle  des  religieux  à 
Antony  ;  carie  mot  altare  ne  signifie  pas  Pautel  particulier  d'une  église, 
mais  bien  le  droit  paroissial,  la  cure  des  âmes  et  les  dîmes  et  revenus 
qui  y  étaient  aifectés.  Celte  interprétation  est  confirmée  par  la  réserve 
des  droits  de  synode  et  de  visite  que  l'évèque  de  Paris  inséra  dans  sa 
charte  de  donation. 

Suivant  DubreuF,  l'abbé  Adraud  obtint  d'Imbert,  évoque  de  Paris, 
l'église  d'Antony,  dédiée  à  saint  Saturnin,  martyr.  Cette  donation  et  ce 
droit  perpétuel  à  la  présentation  du  curé  avait  pour  objet  de  servir  à 
améliorer  la  pitance  des  moines.  Depuis  cette  époque  les  religieux  de 
Saint-Germain  devinrent  curés  primitifs,  administrateurs  et  vrais 
possesseurs  des  biens  temporels  de  cette  église.  Ils  perçurent  des 
habitants  de  l'endroit  la  dîme  des  fruits  et  des  animaux,  ce  qui  n'était 
pas  un  médiocre  revenu.  Mais  on  peut  se  demander  pourquoi  l'évèque 
de  Paris  avait  retenu  cette  église  que  Louis  le  Pieux,  Lothaire  et 
Charles  le  Chauve  avaient  déjà  donnée  à  Saint-Germain-dcs-Prés,  plus 
de  170  ans  avant  (872,  privilège  de  Charles  le  Chauve).  —  Dans  ce 
privilège  l'église  d'Antony  est  désignée  sous  le  nom  de  capella.  Kut-elle 
érigée  en  paroisse,  en  10/12  ?  Ce  n'est  pas  possible,  car  celle  chapelle  ne 
dépendait  d'aucune  église,  et  puis,  on  y  administrait  tous  les 
sacrements.  Si,  en  ioZ|2,  on  l'avait  érigée  en  église  mère,  on  aurait 
mentionné  ce  fait.  Charles  le  Chauve  n'avait  pas  tenu  la  main  à  ce  qu'il 
avait  accordé. 


1.  Arch.  nat.  LL.  11 45. 

2.  Id.  K.  19,  n"  4,  cart.  Bois,  n°  378. 

3.  Bib,  nat.  ms.  lai.  ia838,  p.   96. 


—  268  — 

Dans  la  bulle  que  donna  en  11771e  pape  Alexandre  III  à  l'abbaye 
de  Saint-Germain,  l'église  de  Sainl-Saturnin  d'Antony  figure  parmi  ses 
dépendances.  Contrairement  aux  immunités  accordées  à  Saint-Germain- 
des-Prés  et  à  ses  dépendances,  les  officiers  du  cardinal  Eudes,  légat 
du  Saint-Siège,  ayant  voulu  injustement  des  droits  de  procuration 
et  de  gîte  sur  Anlony  (1246),  les  moines  protestèrent.  Le  légat 
reconnut  l'erreur  et  restitua  à  Saint-Germain  les  sommes  indûment 
perçues  ^  Le  curé  d'Antony  fut  toujours,  jusqu'à  la  fin,  à  la  présen- 
tation de  l'abbé  de  Saint-Germain.  Par  leur  qualité  de  gros  décimateurs 
de  cette  paroisse,  les  religieux  étaient  chargés  de  lui  fournir  le  gros, 
c'est-à-dire  le  traitement.  Ici  comme  partout,  ce  fut  vme  cause  de 
discussions  prolongées  entre  les  deux  parties  intéressées. 

En  1379,  il  fut  convenu  entre  les  religieux  et  le  curé  d'Antony  que 
ce  dernier  prendrait  dans  la  grange  dimlcre  un  muid  de  grain  et,  sur 
la  petite  dîme,  deux  agneaux  et  deux  oisons  :  sur  les  20  arpents  que 
possédait  le  curé,  il  en  devait  garder  la  moitié  comme  dépendance  du 
presbytère  et  rendre  le  reste  aux  religieux. 

En  i538,  une  transaction  intervint  entre  les  religieux,  qui  venaient 
d'être  maintenus  dans  leur  droit  de  percevoir  la  dîme  du  vin  sur  le 
territoire  d'Antony  à  raison  de  6  pintes  par  muid,  et  les  curés  d'Antony 
et  de  derrières,  et  fixa  le  gros  annuel  pour  chacun  de  ces  derniers  à  un 
muid  de  blé  et  trois  muids  de  vin'''. 

En  leur  qualité  de  curés  primitifs  et  de  patrons  de  l'église  de  Saint- 
Saturnin  d'Antony,  les  religieux  étaient  chargés  des  réparations  et  de 
l'entretien  de  cet  édifice.  Le  style  des  différentes  parties  de  l'église 
indique  qu'elle  fut  reconstruite  successivement  à  la  suite  des  diverses 
guerres  qui  désolèrent  le  pays.  Au  sortir  de  la  j^ériode  des  luttes  reli- 
gieuses, les  moines  durent  faire  des  réparations  considérables.  Au 
i*""  juillet  1601,  accédant  à  la  requête  de  Dom  Philippe  Laurens,  prieur 
claustral  de  Saint-Germain,  et  des  fabriciens  d'Antony  et  muni  des  pou- 
voirs des  évêques  de  Paris,  Claude  Coqueley,  évêqiie  de  Digne, 
et  abbé  commendataire  de  Chaage,  consacra  l'église,  l'autel  majevu- 
en  l'honneur  des  saints  Barthélémy  et  Saturnin,  et  un  autre  autel  en 
l'honneur   de  Notre-Dame  ^.   Le  prieur   de   Saint-Germain  assista  à 

I.    BOUILLART,    p.    126. 

3.  Arch.  nul.  LL.  io48. 
3.  Id.  L.  755. 


- —  209  — *• 

cette  cérémonie  accompagné  de  sept  religieux'.  En  16 18,  dame  Made- 
leine Bizet,  veuve  du  sieur  Ilaultin,  cousclUer  et  médecin  du  Uoi, 
obtint  la  concession  de  la  chapelle  Saint-Antoine  en  l'église  d'Antony  ; 
elle  promit  de  la  faire  décorer  et  fermer  à  ses  frais  avec  trois  clefs  :  une 
pour  les  religieux,  une  pour  le  curé  et  les  marguilliers,  une  troisième 
pour  la  donatrice  ;  celle-ci  devait  fournir  également  deux  ornements, 
l'un  de  couleur  et  l'autre  noir.  Deux  services  devaient  y  être  célébrés 
annuellement  avec  vêpres,  vigiles,  messe  chantée,  le  lendemain  de  la 
Trinité  et  pour  la  fête  de  sainte  Madeleine;  ce  même  jour,  il  devait  y 
avoir  un  salut  sonné  avec  la  grosse  cloche;  enfin  une  inscription  devait 
être  placée  dans  la  chapelle  pour  rappeler  les  noms  des  donateurs*. 
Cette  concession  fut  révoquée  plus  tard  par  suite  de  la  non-exécution 
des  conventions. 

En  16G6,  le  curé  et  les  marguilliers  obtinrent  la  permission  de  bâtir 
une  sacristie  sur  le  terrain  donné  par  les  religieux  \ 

Dans  le  courant  du  XV''  siècle,  le  cimetière  fut  considérablement 
diminué  pour  la  construction,  sur  une  partie  de  ce  terrain,  de  la  ferme 
des  religieux. 

Un  des  curé  d'Antony,  Pierre  Lemoine,  docteur  en  théologie,  fît,  le 
16  décembre  1697,  aux  religicTix  de  Saint-Germain,  donation  de  ses 
biens  qui  consistaient  en  1 1  arpents  de  terre,  20  livres  de  rente,  et 
1600  livres  en  deniers  comptants,  à  la  condition  de  fournir  chaque 
année  une  pension  de  i5o  livres  pour  l'entretien  d'une  maîtresse  d'école, 
à  Antony,  pour  l'instruction  gratuite  des  pauvres  enfants  du  dit  lieu, 
plus  une  rente  de  4o  livres  à  la  fabrique  de  l'église,  à  la  charge  pour 
les  marguilliers  de  fournir  à  la  maîtresse  d'école  le  logement  pour  elle 
et  le  local  pour  ses  classes  et  de  faire  célébrer  deux  messes  chaque 
année  pour  le  repos  de  son  âme.  Les  religieux  devaient  aussi  payer 
une  rente  annuelle  de  Oo  livres  pour  être  distribuée  par  le  cellérier  de 
l'abbaye,  le  curé  et  les  marguilliers  d'Antony,  aux  pauvres  malades  de 
la  paroisse*. 

A  Antony,  le  traitement  que  devaient  les  religieux  au  curé  n'avait 
pour  but  que  de  compléter  ce  que  les  revenus  de  la  terre  dépendante 


1.  Bih.  iKit.  ins.  fr.  i08'i(). 

2.  Arck.  îiat.  LK.  io'48. 

3.  Abbé  Enjalvin. 

V  Arrli.  mil.  S.  3Sq(i. 


'—  27Ô  — 

du  presbytère  avaient  d'insuffisant.  Cette  terre  consistait  en  une  ving- 
taine d'arpents  de  prés,  champs  et  vignes  situés  dans  les  environs.  En 
i55o,  le  curé  et  son  vicaire  réclamèrent  une  augmentation  de  revenus. 
Mais  ces  ecclésiastiques  pour  des  raisons  personnelles  ne  parurent  pas 
devant  les  juges  et  furent  déboutés  de  leur  requête.  11  résulte  des 
procès-verbaux  d'enquête  faite  à  ce  sujet  que  les  revenus  de  la  cure 
d'Antony  s'élevaient  à  820  livres. 

Le  i5  novembre  1715,  Jean  Feydeau  fondait  un  chapelain  qui 
serait  tenu  de  dire  la  messe  tous  les  jours  dans  l'église  paroissiale 
d'Antony  et  d'y  faire  tenir  l'école;  pour  cette  fondation,  il  léguait  une 
rente  annuelle  de  820  livres*. 

En  1676,  la  fabrique  d'Antony,  acheta  une  maison  dans  le  voisinage 
de  l'église  pour  servir  à  loger  le  vicaire  au  premier  étage  et  l'école  du 
village  au  rez-de-chaussée  ^. 

Sur  la  liste  des  curés  d'Antony  que  M.  l'abbé  Enjalvin  donne  avec 
une  grande  exactitude  dans  son  histoire  de  cette  localité,  nous  relevons 
le  nom  du  dernier,  Joseph  Beruet(?),  nommé  en  1795,  et  mort  cardinal 
en  i8/i6. 

Seigneurie  temporelle 

Comme  nous  l'avons  vu,  les  moines  de  Saint-Germain,  en  recevant 
les  territoires  d'Antony,  de  Verrières,  etc.,  avaient  été  investis  de  leur 
seigneurie  complète.  Ils  exercèrent  de  tout  temps  cette  dernière  au 
moyen  de  leurs  prévôts,  dans  l'étendue  et  les  formes  que  comportait 
la  législation  féodale.  Mais  ce  droit,  qui  n'était  pas  constaté  dans  le 
fond,  rencontra  dans  la  pratique,  pendant  les  XP  et  XIl"  siècles,  des 
compétitions  dont  nous  avons  exposé  l'origine  et  le  développement.  Les 
seigneurs  vigaiei^  ou  avoués  et  vicaires  qui  avaient  eu  leur  raison 
d'être  et  avaient  rendu  leurs  services  de  sauvegarde  et  de  protection 
pendant  la  période  des  invasions  étrangères,  prétendirent  conserver 
leurs  situations  et  les  droits  et  privilèges  temporaires  accordés  pour 
récompenser  leur  concovns  ou  faciliter  leur  mission  guerrière.  Les 
luttes  que  durent  soutenir  les  religieux  pour  l'abolition  de  ces  exactions 


1.  Id.  LL.  10/47,  P-  '99- 
3.   Abbé  Enjalvin. 


-    27t    - 


et  pour  le  maintien  de  leurs  droits  remplirent  toute  la  première  partie 
de  l'histoire  de  la  prévôté  d'Antony. 

Deux  diplômes  de  Robert  le  Pieux  nous  montrent  d'abord  les  injus- 
tices commises  par  quelques  vicaires.  C'étaient  des  agents  qui,  dans  un 
ressort  assez  limité,  tenaient  des  plaids  de  justice,  y  faisaient  exécuter 
les  sentences  rendues,  et  touchaient  les  amendes  imposées  à  ceux  qui 
contrevenaient  aux  règlements  de  police.  L'un  deux,  nommé  Pipinel 
Guarin,  possédait  une  vicairie  dans  les  environs  d'Antony.  En  dépit  des 
chartes  d'immunités,  il  molesta  les  sujets  des  religieux  de  Saint- 
Germain  en  voulant  exiger  d'eux  des  redevances  qu'ils  ne  lui  devaient 
point.  L'abbé  Guillaume  porta  ses  plaintes  au,  roi.  Pipinel  Guarin  reçut 
l'ordre  de  comparaître  devant  le  monarque  pour  rendre  compte  de  sa 
conduite.  11  obéit,  mais  ne  put  se  justifier  des  faits  qui  lui  étaient  repro- 
chés. Il  mourut  avant  que  l'affaire  fût  terminée,  sans  avoir  affronté  les 
chances  du  duel  judiciaire.  L'héritage  de  la  vicairie  revint  à  sa  veuve, 
Ilersinde  ;  mais  celle-ci,  par  peur  de  la  justice,  effrayée  aussi  des  crimes 
de  son  mari,  y  renonça  en  faveur  du  roi.  Robert  le  Pieux  la  donna  alors 
à  l'un  de  ses  chevaliers,  nommé  Warin.  Celui-ci,  voulant  augmenter  ses 
revenus,  imita  l'exemple  de  son  prédécesseur.  Adraud,  l'abbé  de  Saint- 
Germain,  se  plaignit.  11  fut  réglé  que  Warin  n'avait  droit  de  vicairie 
que  sur  les  terrains  non  cultivés  entourant  le  village.  Enfin  le  roi 
Robert  céda  aux  Bénédictins  la  vicairie  du  village  d'Antony,  qu'on  déta- 
cha de  la  sorte  de  la  vicairie  obtenue  par  Warin', 

En  1082,  le  roi  Phihppe  P'"  était  venu  passer,  dans  sa  résidence  de 
Poissy,  les  fêtes  de  l'Epiphanie,  lorsque  se  présenta  devant  lui  Isam- 
bard,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  accompagné  de  quelques-uns 
de  ses  religieux;  il  venait  recourir  à  la  justice  royale  contre  le  cheva- 
lier Hugues  Stavel,  qui  prétendait  avoir  droit  d'acoiierie  sur  Dammar- 
tin  et  les  autres  dépendances  de  l'abbaye;  ce  droit,  il  l'avait  cédé  à  un 
autre  chevalier,  nommé  Henri,  qui  avait  désolé,  à  la  tète  de  ses  hommes 
d'armes,  tout  le  pays.  Sur  le  jugement  du  Roi  et  de  ses  barons,  le 
chevalier  Hugues  dut  restituer  son  avouerie  à  l'abbé*. 

Au  XIP  siècle,  ces  mêmes  dilllcultés  se  reproduisaient  et  venaient 


1.  Ardu  liai.  \A..  1028  ;  LL.   102/,,  p.  3G.  Pfistuu,   Vicairies,  cluitellenu-s  et  comtés  du 
roi  Robert,  p.  iiO.  Bolull.vut,  Pièces  justificatives,  p.  27  et  3o. 

2.  .4/v/(.  nnt.  LI,.    loa'i. 


porter  leurs  troubles  dans  la  vie  des  vassaux  de  l'abbaye.  En  1 153,  un 
seigneur  du  voisinage,  Etienne  de  Macy,  à  la  suite  probablement  de 
bien  d'autres  entreprises  du  même  genre,  s'était  emparé  d'un  homme 
de  corps  de  l'abbaye,  nommé  Ingelgran,  qui  avait  creusé  un  fossé  près 
dun  grand  chemin  sans  son  autorisation,  et  l'avait  fait  jeter  dans  ses 
cachots.  L'abbé  Geoffroy  en  appela  au  Roi.  Devant  le  tribunal  suprême 
Etienne  soutint  que  toutes  les  terres  situées  hors  d'Antony  et  ses  dépen- 
dances lui  appartenaient  par  droit  de  voirie,  que  lui  avaient  légué  ses 
ancêtres.  Après  des  enquêtes  et  des  discussions  prolongées,  un  jour  fut 
fixé  pour  terminer  cette  affaire.  Etienne  de  Macy  se  présenta,  amenant 
avec  lui  son  champion.  Les  frères  Renard  et  Philippe,  religieux  de 
Saint-Germain,  y  comparurent  également  avec  leur  champion  au  nom 
de  leur  abbé.  Les  parties  ayant  exposé  leurs  raisons  et  n'ayant  pu  s'en- 
tendre, les  juges  royaux,  Guillaume  de  Gournay,  Regnault  de  Reau- 
mont  et  Rauldouin  de  Flandres,  prévôt  de  Paris,  décidèrent  de  ter- 
miner ce  différend  par  un  duel  judiciaire.  Les  champions  se  battirent 
courageusement  :  celui  de  Saint-Germain  enleva  l'œil  de  son  adver- 
saire, le  renversa  sur  le  sol  et  l'obligea  à  se  déclarer  vaincu  ;  en  vertu 
de  quoi  les  droits  de  l'abbaye  furent  proclamés.  Mais  ce  jugement  ne 
suffit  pas  pour  rétablir  la  paix  entre  les  deux  parties  que  nous  retrou- 
vons la  même  année  avec  le  même  appareil  devant  les  mêmes  juges  ;  il 
s'agissait  de  quelques  droits  d'alignement  qu'Etienne  de  Macy  prétendait 
avoir  au  village  de  Paray,  dépendant  de  l'abbaye.  Les  rehgieux  étaient 
là  avec  leur  champion;  mais  Etienne  de  Macy,  se  défiant  sans  doute  de 
la  justice  de  sa  cause,  partit  sans  laisser  de  gages  ni  de  champion  ;  l'af- 
faire fut  donc  encore  une  fois  terminée  en  faveur  de  l'abbaye.  Ce  procès 
vint  clore  le  série  des  difficultés  qu'avaient  suscitées  aux  rehgieux  les 
compétitions  des  seigneurs  du  voisinage.  Quelques  années  plus  tard, 
nous  voyons  un  parent  du  chevalier  Etienne,  Jean  de  Macy,  renoncer, 
en  présence  du  Roi,  aux  droits  qu'il  prétendait  avoir  dans  les  bois 
d'Antony.  Louis  Yll  confirma,  par  une  charte  datée  d'Étampes 
(n68),  celte  concession  qui  mettait  un  terme  aune  longue  période 
d'hostilité'. 

En  1248,  l'abbé  Thomas  de  Mauléon  traita  avec  ses  vassaux  d'An- 
tony, et,  au  mois  de  juin,  fit  proclamer  la  charte  de  manumission. 

I.  Arrh.  nat.  K.  s'i,  n"  ifi  ;  LL.  toî'i,  p.  Sg. 


^-  273  — 

Comme  cette  charte,  conservée  aux  Archives  nationales,  présente  pki- 
sieurs  particularités  intéressantes  au  sujet  des  libertés  accordées 
et  des  servitudes  imposées,  nous  allons  donner  le  résumé  de  ses  diffé- 
rents articles  : 

i"  Les  habitants  sont  déclarés  exempts  delà  mainmorte,  du  forma- 
riage  et  de  la  taille  à  plaisir,  moyennant  l'engagement  de  payer  aux 
religieux  une  rente  annuelle  de  100  livres  parisis  au  lendemain  de  la 
Purification  de  la  sainte  Vierge; 

2°  Ils  choisiront  six  d'entre  eux  pour  asseoir  cet  impôt  sur  chaque 
particulier  habitant  dans  la  localité  et  ses  dépendances.  Ces  six  délé- 
gués devaient  jurer  devant  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  ou  le 
prieur  d'Antony  de  faire  l'assiette  de  l'impôt  avec  justice  et  droiture. 
Cette  élection  se  faisait  en  l'octave  de  la  Nativité  de  la  sainte  Vierge  ; 

3"  Si  les  habitants  ne  procèdent  pas  à  l'élection  au  temps  fixé, 
l'abbé  de  Saint-Germain  pourra  faire  faire  l'assiette  de  l'impôt,  soit  par 
le  prieur  d'Antony,  soit  par  des  hommes  que  ledit  prieur  trouvera 
aptes  à  cette  fonction; 

4"  Si  un  imposé  refuse  ou  diffère  de  payer  sa  quote-part,  le 
prieur  enverra  son  serviteur  pour  opérer  la  saisie  des  biens  du 
délinquant  ; 

5°  Si  quelqu'un  aliène  une  propriété,  l'acquéreur  devra  s'engager 
à  la  posséder  avec  ses  servitudes  malgré  les  privilèges  qu'il  pourrait 
avoir  ; 

6"  Il  est  défendu  à  qui  ce  soit  des  habitants  d'établir  une  commune  à 
Antony  ou  de  faire  partie  d'une  commune  étrangère  sans  le  consente- 
ment de  l'abbé  ou  de  ses  successeurs  ; 

7"  Les  habitants  d'Antony,  d'âge  compétant,  seront  tenus  de  repous- 
ser, à  la  requête  du  prieur,  la  violence  qui  serait  faite  à  la  personne  ou 
aux  biens  de  l'abbé  de  Saint-Germain,  leur  seigneur,  comme  de  bons 
et  tidèles  sujets,  et  de  défendre  les  religieux  contre  toute  espèce 
d'injures; 

8"  Les  habitants  d'Antony,  d'igny  (Aqiuv  Mortaœ),  de  ^lassy,  de  la 
Petite-Collerie  (de  parvo  Colorio),  porteront  leurs  vendanges  aux  pres- 
soirs des  religieux.  Les  gens  d'Antony  et  de  la  Petite-Collerie  paieront 
deux  setiers  par  nuiid  de  mère  goutte;  ceux  d'igny  et  de  Mac_\.  un 
setier  par  muid,  et  tous,  le  tiers  du  pressurage  ; 

9°  Les  gens  d'Antony  fourniront  des  draps  et  des  matelas  à  l'abbé  et 

i8' 


—    27^   — 


à  sa  suite,  lorsqu'il  passera  la  nuit  en  ce  lieu.  Ils  en  feront  de  même 
pour  la  grangier  tout  le  temps  qu'il  lui  sera  nécessaire  de  séjourner  à 
Antony  pour  veiller  sur  la  grange  ; 

io°  Les  religieux  devront  avoir  ban  de  vin  à  Antony,  droit  qui  con- 
sistait dans  le  privilège  de  vendre  en  monopole  deux  tonnes  de  vin.  La 
première  était  mise  en  vente  depuis  la  veille  de  Pâques  jusqu'à  la  veille 
de  la  Pentecôte  ;  chaque  habitant  était  obligé  d'en  acheter  au  moins  un 
setier  au  prix  légal;  si,  la  veille  de  la  Pentecôte,  il  restait  encore 
du  vin  dans  cette  tonne",  il  n'était  plus  permis  de  le  vendre  en  vertu  du 
ban  de  vin.  La  seconde  tonne  devait  être  mise  en  vente  la  veille  de  la 
Pentecôte,  et  le  ban  durait  tant  qu'il  y  avait  du  vin  dans  la  tonne; 

11°  Personne  ne  pourra  vendre  de  pain  qui  n'aura  pas  été  cuit  au 
four  banal  et  dont  le  blé  n'aura  pas  été  moulu  au  moulin  des  religieux 
sous  peine  de  la  confiscation  de  la  marchandise.  Il  y  aura  exception  les 
jours  de  dimanche,  oîi  on  pourra  vendre  toute  espèce  de  pain,  pourvu 
qu'elle  soit  conforme  aux  règlements;  dans  ce  cas  les  marchands 
devront  payer  aux  religieux  un  droit  de  deux  deniers  sur  une  vente  de 
quarante  livres; 

1 2"  Tous  les  trois  ans,  les  habitants  devront  curer  le  cours  du  ruis- 
seau, depuis  l'écluse  de  la  Ville-Haymon  jusqu'au  moulin;  ils  feront  ce 
travail  lorsqu'ils  en  seront  requis.  —  Les  gens  d'Antony  feront  les 
foins  des  prairies  du  Breuil  (de  Brolio);  ceux  de  la  Ville  Ilaynion'  les 
transporteront  à  la  ferme  d'Antony  avec  leurs  bêtes  de  somme.  Le 
prieur  d'Antony  donnera  du  pain  et  du  vin  en  quantité  suffisante  aux 
charretiers  qui  conduiront  ces  foins.  Les  habitants  d'Antony  qui  pos- 
sèdent des  bêtes  de  trait  devront  travailler  pendant  quatre  jours  aux 
cultures  des  religieux,  savoir  :  au  premier  labour,  pendant  un  jour,  jus- 
qu'à l'heure  de  none,  de  même  au  second  labour,  pour  couvrir  les 
semailles  d'hiver,  pendant  un  jour,  jusqu'à  l'heure  de  vêpres  ;  et  enfin 
pour  les  labours  de  mars,  pendant  un  jour,  jusqu'à  l'heure  de  none. 
De  plus,  lorsqu'ils  en  seront  requis,  ils  conduiront  à  la  grange  d'An- 
tony, avec  leurs  charrettes  et  leurs  chevaux,  les  gerbes  provenant  de  la 
récolte.  Le  jour  oii  ils  accompliront  ces  différentes  corvées,  le  prieur 
d'Antony  leur  fournira  du  pain  et  du  vin  en  quantité  suffisante,  et  pour 
les  labours  de  mars,  il  paiera  trois  deniers  par  charrue  ; 

i.  Ville-Haymon  ou  Villaines,  commune  de  Macy. 


—  275  — 

iS"  Les  gens  d'Antony  et  de  ses  dépendances  seront  tenus  de  satis- 
faire aux  autres  coutvmies.  L'année  où  le  Roi  lèvera  ses  sols,  si  l'impôt 
dépasse  cent  lives,  les  habitants  devront  payer  cet  excédent  qui  sera 
réparti  entre  les  divers  particuliers  par  les  mêmes  délégués  et  de  la 
même  manière  que  l'impôt  de  cent  livres'. 

Les  habitants  d'Antony,  malgré  l'alTranchissement  qui  leur  avait  été 
concédé,  témoignèrent  dans  la  suite  un  esprit  d'indépendance  accen- 
tué vis-à-vis  de  leurs  seigneurs.  A  deux  reprises  ces  derniers  durent 
obtenir,  en  iSSg  et  en  1898,  des  lettres  royales  pour  obliger  leurs  vas- 
saux d'Antony  à  payer  la  rente  de  100  livres  parisis  stipulée  dans  la 
charte  de  manumission\ 

Plus  tard  les  calamités  de  la  guerre  contre  les  Anglais  ayant  épuisé 
les  ressources  du  pays,  la  redevance  annuelle  des  100  livres  constitua 
une  charge  écrasante.  Charles  Yll  écrivit  à  l'abbé  de  Saint-Germain- 
des-Prés,  pour  qu'il  prît  en  pitié  les  habitants  d'Antony  qui  se  trou- 
vaient dans  l'impossibilité  de  payer  et  menaçaient  de  quitter  la  ville. 
Ce  serait  grand  dommage,  ajoutait  le  Roi,  car  ce  lieu  désert  serait  un 
passage  dangereux  sur  la  route  de  Paris  ;  si  l'abbé  diminuait  les  charges 
qui  pesaient  sur  ce  pauvre  peuple,  il  ferait  une  chose  agréable  à  son 
Souverain'.  Quel  fut  le  résultat  de  cette  haute  intervention?  Nous 
l'ignorons.  Mais  il  est  probable  que  le  désir  d'être  agréable  au  Roi  et 
le  souci  de  ses  propres  intérêts  engagèrent  l'abbé  à  faire  l'abandon  en 
totalité  ou  en  partie  de  ses  droits.  Nous  ne  trouvons  plus  de  traces  dans 
la  suite  de  la  redevance  des  100  Uvres  parisis. 

Ce  ne  fut  pas  la  seule  circonstance  où  l'autorité  publicpie  intervint 
pour  protéger  les  habitants  d'Antony  contre  les  revendications  de  leurs 
seigneurs.  Le  aS  avril  i3i2,  le  Parlement  conhrmait  sur  appel  une 
sentence  du  prévôt  de  Paris  qui  défendait  aux  rehgicux  de  Saint- 
Germain-des-Prés  d'empêcher  les  habitants  d'Antony  de  vendanger  au 
territoire  de  cette  ville  sans  la  permission  des  dits  religieux  et  hors  des 
temps  fixés  par  eux  '. 

Les  habitants  d'Antony  n'étaient  pas  les  seuls  avec  lesquels  les  pré- 


t.  Arch.  nut.  \.L.  iojG,  p.  317. 

2.  Id.  K.  47,  n"  52;  K.  54,  n°  45. 

3.  Arch.  nat.  LL.  io4o,  p.  Oa. 

4.  BouTAnic,  Actes  du  Parlement  de  Paris,  t.  Il,  p.  89,  ii"  3ij33. 


—  276  — 

vôts  d'Antony  avaient  à  lutter  pour  faire  respecter  leurs  droits.  Comme 
nous  le  dirons  en  son  lieu,  ils  eurent  à  réprimer  plusieurs  entreprises 
violentes  de  leurs  vassaux  de  Wissous  qui  refusaient  de  se  soumettre 
au  paiement  du  droit  de  pressurage  de  la  vendange  de  leurs  vignes. 
Dans  le  courant  du  XIIP  siècle,  nous  trouvons  les  religieux  de  Saint- 
Germain  occupés  à  traiter  avec  les  habitants  de  Chàtenay,  vassaux  du 
chapitre  de  Notre-Dame  de  Paris  et  voisins  des  bois  d'Antony.  11 
s'agissait  de  réglementer  les  droits  de  pacage  qu'ils  avaient  dans  ces 
bois  et  de  mettre  fin  à  des  usages  que  la  négligence  avait  laissé  s'im- 
planter et  qu'il  n'était  pas  facile  de  détruire.  Les  habitants  de  Chastenay 
prétendaient,  à  l'encontre  de  l'abbé  et  des  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés,  qu'ils  avaient  droit  d'aller  le  premier  jour  du  mois  de  mai 
prendre  dans  les  bois  d'Antony  leur  arbre  de  Mai  et  qu'il  leur  était 
permis  de  mettre  leurs  animaux  en  pacage  dans  ces  mêmes  bois.  Cette 
affaire  fut  remise  à  l'arbitrage  de  messires  G.  de  Vaugrineuse,  doyen 
de  Paris,  Luc  de  Gif  ou  Giffon  et  Melon  de  Corbeil,  chanoines  de 
Notre-Dame  de  Paris,  qui  décidèrent  que  les  habitants  de  Chastenay 
devaient  renoncera  leurs  prétentions  au  sujet  de  l'arbre  de  Mai,  moyen- 
nant une  somme  de  quarante  livres  en  monnaie  monnayée  que  l'abbé 
leur  donnerait  pour  être  employée  à  l'utilité  de  la  ville.  Ils  pourront 
envoyer  leurs  brebis  paître  dans  la  partie  du  bois  d'Antony  appelée  la 
Chasteigneraie,  après  la  8**  année  depuis  la  coupe  de  ces  bois  ;  mais 
pour  que  les  fruits  de  cette  chasteigneraie  fussent  préservés,  les 
habitants  de  Chastenay  durent  s'abstenir  d'y  envoyer  leurs  troupeaux 
depuis  la  fête  de  l'Assomption  jusqu'à  la  Saint-Martin  d'hiver  (le 
samedi  après  la  fête  de  saint  Mathieu,  apôtre,  de  l'année  1262  '. 

Malgré  celte  sentence,  les  difficultés  ne  tardèrent  pas  à  se  reproduire 
entre  ces  mêmes  parties  pour  les  droits  de  pâturage  es  bois  de 
Chastenay  et  d'Antony  entre  Igny,  Chatenay,  Bagneux  et  la  Boncillière. 
En  i3o8,  Pierre,  abbé,  et  le  couvent  de  Saint-Germain-des-Prés  signèrent 
avec  les  habitants  de  Chastenay  une  transaction  par  laquelle  ces 
derniers  pouvaient  envoyer  leurs  troupeaux  dans  les  bois  d'Antony 
lorsqu'ils  auraient  la  sixième  feuille,  moyennant  un  denier  parisis  par 
an   payé  par  chaque   chef  de  beste,  laquelle   somme  sera  portée  en 


t.  Arch.  nul.  LL.  ioaS,  p.  2o3. 


—  277 


rhostel  des  moines  à  Antony  par  le  vacher  de  Chatenay,  dont  il  fera 
serment  entre  les  mains  du  prévost  d'Antony  '. 

En  1376,  le  roi  fit  cession  à  l'abbaye  du  droit  de  graene  qu  d  avait 
à  Antony  ;'  en  reconnaissance,  les  religieux  s'engagèrent  à  payer  au 
trésor  royal  une  rente  perpétuelle  de  24  livres  parisis  \ 

Le  droit  de  gite  qu'avait  le  roi  dans  la  ville  d'Antony  fut  la  source  de 
débats  entre  les  habitants  ;  ceux  d'entre  eux  qui  figuraient  parmi  les 
hôtes  de  l'évêque  de  Paris  se  prétendaient  exempts  de  cette  contn- 
bution.  Mais  le  Parlement  de  la  Saint-Martin  d'hiver  de  l'année  1260 
déclara  que  tous  les  bourgeois  d'Antony  devaient  asseoir  ce  gîte  et  que 
le  prévôt  de  Paris  le  ferait  lever  ^  ce  qui  mit  un  terme  a   toutes  les 

discussions.  .      ^,  • 

En  1257,  les  abbés  de  Sainte-Geneviève  et  de  Saint-Germain  .pu 
étaient  en  désaccord  au  sujet  des  droits  d'usage  des  hôtes  d'Alnet  dans 
les  bois  d'Antony  et  des  droits  de  justice  dans  la  ville  de  Suresnes, 
remirent  leurs  démêlés  à  l'arbitrage  de  maître  Clément,  archidiacre  de 
Laon  et  chanoine  de  Paris,  dont  la  sentence  n'est  pas  parvenue  jusqu  a 

nous  ^.  .!''ȣ. 

La  justice  était  exercée  à  Antony  au  nom  des  religieux  par  les  prévôts, 
qui  jusqu'au  XVe  siècle  avaient  été  choisis  dans  le  personnel  monas- 
tique, mais  qui,  à  partir  de  cette  époque,  ne  furent  plus  que  des  fermiers 
de  cette  seigneurie.  Dans  leurs  conventions,  les  rehgieux  se  reservaien 
le  droit  de  nommer  aux  diverses  charges  et  aux  olfices  du     ribunal 
d'Antony.  Ainsi,  en  i63i  ,  les  rehgieux,  prieur  et  couvent  de  Sain  - 
Germain-des-Prés,  pour  la  connaissance  que  de  longtemps  avoient  de 
laprudhommie,sens,  souffisance,  capacité,  intégrité  et  zèle  de  noli-e 
sainte  religion  catholique,  apostolique  et  romaine,  de  maistre  Louis 
Dupuis,  huissier  au  Chaslelet  de  Paris,  lui  octroient  Pestât  et  1  olTice  de 
Lieutenant  en   leur  prévosté  d'Antony  et   mandent  à  maistre  Pierre 
Joannet,  prévost  d'Antony,  qu'après  avoir  reçu  son  serment,  il  le  mette 
en  possession  de  son  dit  office  ^. 


I.  De  Launat. 

3.  Arch.  nat.  LL.   lo'io. 

3.  Abbc  Lebiîlif,  l.  III,  p.  537- 

4.  Alnet  (Aulnay).  commune  de  Chatenay. 

5.  Arch.  nal.  L.  75/4,  n"    lo. 
G.  Id.  LL.   112G,  p.  loi.  5a. 


—  378  — 

En  i563,  le  cardinal  de  Bourbon,  abbé  de  Saint-Germain,  donna  à 
Tristan  de  Longueil,  écuver,  seigneur  de  Richelette,  «  l'état  et  l'oITice 
de  capitaine  dans  les  terres  d'Antony,  Verrières  et  dépendances,  pour 
en  jouir,  en  tous  droits,  honneurs,  revenus,  émoluments,  avec  droit 
d'empêcher  la  chasse'  ». 

En  iG35,  les  religieux,  prieur  et  convent  de  Saint-Germain  ccm- 
nicttent  au  Père  Dom  Claude  Cotton,  prociuevn-  de  l'abbaye,  la  garde 
de  la  prévosté  et  chastellcnie  d'Antony  et  de  ses  appartenances.  Ver- 
rières, moulin  de  Grez,  Vauperrcux  et  autres  *.  Les  archives  nous  ont 
conservé  de  nombreux  baux  pour  la  ferme  du  greffe  et  du  tal^cUionage. 

ÎNous  trouvons  une  nombreuse  série  d'actes  émanant  de  la  cour  de 
justice  d'Antony.  Au  milieu  des  sentences  prononcées  contre  les 
malfaiteurs  et  les  voleurs,  nous  trouvons  un  arrêt  qui  condamne  les 
religieux  à  payer  323  livres  d'indemnité  pour  avoir  employé  à  leur 
avantage  le  pavé  de  la  chaussée  conduisant  du  Pont-aux-Anes  à 
Antony  '. 

Mais  c'est  surtout  au  point  de  vue  de  la  vie  municipale  d'Antony  que 
les  registres  de  la  prévolé  offrent  de  l'intérêt.  En  losS,  Guillaume 
Briçonnet,  évêque  de  Meaux  et  abbé  de  Saint-Germain,  défend  par  ses 
ordonnances  w  de  blasphémer,  de  vendre  du  vin  pendant  la  messe  de 
paroisse  et  les  vêpres,  déjouer  à  des  jeux  de  hasard,  de  fréquenter  les 
lieux  de  libertinage,  de  porter  des  armes  ou  bâtons  invasifs  dans  toute 
l'étendue  de  la  seigneurie  d'Antony  et  Verrières,  de  tenir  les  bestiaux 
dans  les  champs  avant  le  lever  ou  après  le  coucher  du  soleil,  de  frapper 
ou  bailler  soufilets  avec  ou  sans  effusion  de  sang*  ». 

Citons  à  ce  sujet  une  ordonnance  qu'à  la  requête  du  procureur  fiscal 
rendit,  le  i3  novembre  lOoo,  le  prévôt  d'Antony  et  qui  fut  publiée  au 
prO)ne  de  la  messe  paroissiale  ;  elle  portait  obligation  aux  habitants 
d'assister  à  la  messe  sans  y  parler  ;  défense  aux  cabaretiers  de  vendre 
pendant  les  offices  aux  habitants,  de  jouer,  de  blasphémer  ;  obligation 
de  révérer  les  seigneurs  et  leurs  olficicrs.  Les  marguilliers  de  chaque 
église  devaient  rendre  leurs  comptes  en  présence  du  prévôt,  du  pro- 
cureur fiscal,  du  curé  et  des  six  principaux  habitants  ''. 

I.  Enjalvin. 

a.  Arch.  nat.  LL.  11 26,  p.  a8o. 

3.  Id.  LL.  io48, 

/t.  Jd.  LL.  10/18. 

5.  Id.  LL.  1047. 


—  379  — 

Le  20  janvier  i65o,  vint  devant  la  cour  du  prévôt  le  procès  entre  les 
habitants  d'Antony  et  de  Verrières  et  les  bourgeois  de  Paris  qui  pos- 
sédaient des  prés  dans  les  territoires  de  ces  deux  villes.  Ces  derniers 
voulaient  empêcher  les  premiers  de  conduire  leurs  bestiaux  dans  les 
prés  après  la  fauchaison,  tandis  que  les  habitants  protestaient  et 
déclaraient  qu'ils  entendaient  maintenir  ce  droit  immémorial  ;  ils  ne 
reconnaissaient  pas  aux  bourgeois  de  Paris  la  faculté  de  faire  une 
seconde  coupe  dans  leurs  prés.  Le  registre  ne  nous  a  pas  conservé  la 
sentence,  qui  eût  été  intéressante  à  connaître  au  point  de  vue  de  la 
législation  agricole  de  cette  époque. 

Le  19  août  i65o,  une  sentence  des  requêtes  du  Palais  maintint  les 
religieux  de  Saint-Germain-des-Prés  dans  leurs  droits  de  justice  à 
Antony  et  notamment  dans  la  maison  delà  Tour,  appartenant  au  Sire 
de  Bellièvre,  qui  voulait  se  soustraire  à  leur  juridiction  et  qui,  malgré 
ses  dignités  de  Conseiller  d'État  et  de  Président  au  Parlement  de  Paris, 
fut  condamné  à  tous  les  dépens  du  procès  ^ 

Les  religieux  étaient  sans  cesse  occupés  à  défendre  leurs  droits 
seigneuriaux  contre  les  empiétements  de  leurs  vassaux.  C'est  ainsi  que, 
le  28  septembre  i5o8,  ils  obtinrent  des  lettres  royales  contre  Robert- 
Louis  d'Antony,  qui  avait  fait  édifier  un  pressoir  dans  la  maison  au 
détriment  des  droits  des  religieux,  qui  seuls  pouvaient  avoir  un  pres- 
soir bannier  dans  la  ville".  En  1012,  Jean  Prévost  déclara  dans  un  acte 
public  être  détenteur  du  four  de  Verrières,  sous  la  redevance  de  huit 
livres  de  rente  annuelle  et  l'obligation  d'entretenir  ce  four  à  ses  frais  et 
dépens  \ 

En  1528,  défense  est  faite  aux  habitants  d'Antony  et  Verrières  de 
porter  leurs  vendanges  ailleurs  qu'au  pressoir  banal,  sous  peine  de 
66  sols  d'amende  et  de  confiscation  de  la  vendange.  Le  droit  de  pres- 
surage s'élevait  alors  à  4  solz  par  arpent*. 

Les  abbés  de  Saint-Germain  et  les  religieux  usèrent  de  leur  inlluence 
en  faveur  de  leurs  vassaux  et  contribuèrent  puissaumient  au  dévelop- 
pement et  aux  embellissements  de  leur  ville  d'Antony.  En  i5'45. 
François  l",  à  la  demande  du  cardinal  de  Tournon,  abbé  commen- 


1.  Arch.  nat.  LL.  10/17,  P*  '^^-  ^^-  n^^,  p.  63. 

2.  Id.  LL.  io4o,  p.  94. 

3.  Id.  LL.  io4o. 

4.  Id.  LL.  io54. 


—  28o  — 

dataire  de  Saint-Germain-des-Prés,  établit  par  lettres  patentes  des  foires 
à  Antony  le  jeudi  de  la  Pentecôte  et  le  jour  de  la  Sainte-Catherine'. 

En  i63i,  Pierre  Jehamet,  doyen  des  Procureurs  de  la  Cour  de  Parle- 
ment de  Paris,  conseiller  et  secrétaire  de  M^""  le  Prince  de  Condé, 
premier  prince  du  sang,  prevost,  juge  civil  et  criminel  des  prevosté  et 
chastellenie  d'Antony  et  Verrières,  le  dimanche  19  octobre,  à  l'issue  de 
la  messe  paroissiale  et  par  l'advis  de  fr.  Adrien  Barisel,  religieux 
receveur  de  l'abbaye,  rassembla  les  habitants  au  son  de  la  cloche  et, 
leur  proposa  si,  pour  la  commodité  publique  et  pour  la  décoration  delà 
ville,  il  ne  seroit  pas  expédient  d'avoir  une  orloge  dans  le  clocher,  avec 
montre  appliquée  au  dehors  pour  la  marque  de  chascune  heure  du 
jour.  Les  habitants  adoptèrent  cet  avis  et  appliquèrent  à  cet  usage  une 
somme  de  six  vingt  livres  recueillies  pour  l'élargissement  d'une  rue  ; 
ils  décidèrent  que  si  cette  somme  n'estoit  pas  suffisante,  vm  bourgeois 
nommé  par  les  religieux  seroit  chargé  d'aller  demander  aux  habitans 
le  supplément  de  la  somme  '. 

Le  12  décembre  1607,  Bernard  Arnoul,  trésorier  de  l'ancienne  bande 
des  cent  gentilshommes  de  la  maison  du  roi,  obtint  des  religieux 
d'établir  à  Xntony  une  volière  à  pigeons  à  ùOO  boulains,  en  s'engageant 
de  payer  annuellement  à  l'hôtel  seigneurial  d'Antony  une  redevance 
de  12  sols  et  de  3  paires  de  pigeons  \ 

Au  commencement  du  XVIIP  siècle,  nous  trouvons  les  religieux  de 
Saint-Germain  occupés  à  procurer  à  leur  ville  le  bénéfice  des  eaux.  Ils 
s'engagent  à  payer  36oo  livres  pour  amener  les  eaux  de  la  fontaine  du 
Sault  à  Antony  et  promettent  de  laisser  la  moitié  de  ces  eaux  au  sieur 
de  Saint-Gilles,  dans  le  clos  duquel  se  trouvait  la  fontaine  *. 

Cette  fontaine,  dont  les  eaux  étaient  plus  que  suffisantes  pour  les 
besoins  de  la  population,  permit  aux  religieux  de  réaliser  des  bénéfices 
importants  en-concédant  le  surplus  aux  riverains.  En  1714,  le  sieur 
Gallois,  contrôleur  des  dîmes  du  diocèse  de  Senlis,  achetait,  au  prix  de 
1000  livi'es,  la  concession  d'un  demi-pouce  de  la  fontaine  du  Sault  ^. 


1.  Annuaire,  VI*  année. 

a.  Arch.  nat.  LL.  iia6,  p.  54. 

3.  Id.  LL.  io48. 

t,.  Id. 

5.    Bib.  mit.  ms.fr.  16857,  p.  ^^^- 


j8i  — 


Citons  encore  les  mesures  que  dut  prendre,  à  la  même  époque,  le 
juge  d'Antony  contre  une  épidémie  qui  sévissait  sur  les  animaux.  U 
est  commandé  aux  habitants  d'enterrer  dans  une  fosse  de  six  pieds  de 
profondeur  les  animaux  qui  périssaient,  sous  peine  de  5o  livres 
d'amende  (i5  août  1704)^ 

Une  autre  source  de  revenus  pour  la  contrée  consistait  dans  les 
plàtrières.  En  1766,  le  Père  cellérier  de  l'abbaye  fit  visiter  par  J.Cécille, 
arpenteur  royal,  les  fouilles  pratiquées  dans  deux  carrières  à  là  tre 
contiguës  l'une  à  l'autre.  L'expert  fixa  à  SiqS  livres  la  valeur  des 
diverses  matières  dont  il  avait  constaté  la  présence.  En  1772,  les 
plàtrières  étaient  affermées  400  livres  par  an". 

Les  bois,  qui  couvraient  une  partie  de  la  contrée,  offraient  aux 
religieux,  outre  les  revenus  fournis  par  les  coupes  successives,  d'autres 

avantages. 

Le  couvent  de  l'abbaye  louait  de  temps  en  temps  leurs  chasses  à  de 
grands  personnages  de  la  cour;  c'est  ainsi  qu'en  1716,  u  la  conser- 
vation et  la  garde  delà  chasse  dans  la  seigneurie  d'Antony  et  Verrières, 
en  dehors  des  plaisirs  de  Sa  Majesté,  est  accordée  au  marquis  d'Effiat», 
et  qu'en  17 19,  elle  le  fut  au  duc  de  Mazarin  '. 


I.  Arch  .nat.LL.  lolxS. 

3.  Id. 

3.  Bibl.  nat.  ms.fr.  1G857. 


—  a8a  — 


VERRIÈRES 


Nous  renvoyons  à  ce  que  nous  avons  dit  au  début  de  notre  étude  sur 
Antony,  au  sujet  de  l'article  du  Polyptyque  se  rapportant  à  Verrières 
et  aux  conclusions  que  nous  en  avons  tirées.  La  ville  d' Antony  paraît 
avoir  été  la  première  en  existence  ;  mais  celle  de  Verrières  ne  tarda  pas 
à  s'élever  dans  et  sous  la  dépendance  spirituelle  et  administrative  de 
la  première.  Le  Polyptyque  nous  permet  de  conclure  qu'au  commence- 
ment du  IX"  siècle  elle  était  assez  importante  pour  contrebalancer 
Antony  et  donner  son  nom  à  cette  dépendance  de  l'abbaye.  Dans 
la  charte  du  roi  Robert  de  1027',  Verrières  {Villa  Vedarias)  figure  parmi 
les  dépendances  d'Antony. 

Pendant  une  longue  période  de  leur  existence,  ces  deux  villes  ne  se 
distinguaient  guère  l'une  de  l'autre.  Placées  toutes  deux  sous  l'autorité 
directe  du  prévôt  de  Saint-Germain,  elles  étaient  inséparables  dans  les 
diverses  phases  de  leur  histoire.  C'est  à  leurs  habitants  réunis  que  l'abbé 
Thomas  de  Mauléon  concéda  la  charte  d'affranchissement  de  1248, 
leur  accordant  indistinctement  les  mêmes  exemptions  et  leur  imposant 
des  obligations  identiques.  Au  XllP^  siècle  la  paroisse  de  Verrières  avait 
été  séparée  de  celle  d'Antony,  car  elle  figure  sous  le  nom  de  Vitreriis 
dans  un  pouillé  du  temps  de  saint  Louis,  comme  étant  de  la  présen- 
tation de  l'abbé  de  Saint-Germain  ^ 

La  séparation  des  deux  villes  au  point  de  vue  municipal  eut-elle  lieu 
à  la  même  époque,  ou  ne  fut-elle  que  la  conséquence  de  l'érection  de  la 
paroisse  de  Verrières  ?  INous  ne  pourrions  l'affirmer  ;  car  ce  n'est  qu'au 
XIII*'  siècle  que  nous  pouvons  constater  l'existence  distincte  de 
Verrières.  En  i63i,  les  religieux  de  Saint-Germain  obtinrent  du  roi 
rétablissement  à  Verrières,  «  beau  bourg,  bien  bâti,  dans  un  pays 
fertile  »,  d'un  marché,  le  jeudi  de  chaque  semaine,  et  de  deux  foires  par 
an,  «  pourvu  qu'il  n'y  ait  ni  foire  ni  marché  ces  mêmes  jours  à  quatre 
lieues  à  la  ronde  n  '. 

I.  Jd,  LL.  1024,  p.  36. 
a.  Lebeuf,  t  III,  p.  56. 
3.  Arch.  nal.  LL.  io48. 


—  383 


Possessions  et  seigneurie  temporelle 

En  1236,  Simon,  abbé  de  Saint-Germain,  acheta  à  Verrières,  de 
Guillaume  de  Poissy,  écuyer,  et  d'Aalide,  sa  femme,  pour  la  somme 
de  i8o  livres  parisis,  une  redevance  de  3o  muids  de  vin  et  une  rente  de 
20  sols,  du  consentement  des  seigneurs  féodaux  Guy  de  Che\reuse, 
chevalier,  Guillaume  de  Mésalant,  écuyer,  et  Thibaud  Ghaadun  '. 

En  1244.  nous  trouvons  mentionné  le  droit  de  formariage.  Bertrand, 
fds  d'Huges  de  Verrières,  homme  de  corps  de  l'abbaye  de  Saint- 
Germain,  obtient  de  l'abbé  l'autorisation  de  se  marier  avec  une  serve 
de  Wissous,  en  promettant  que  la  moitié  des  enfants  issus  de  ce 
mariage  seront  à  Saint-Germain  '.  Quatre  ans  après,  les  habitants  de 
Verrières  et  d'Antony  obtenaient  le  rachat  de  cette  servitude,  ainsi  que 
nous  l'avons  signalé  plus  haut. 

La  période  des  guerres  contre  les  Anglais  dut  étendre  ses  désastres 
sur  cette  partie  des  dépendances  de  l'abbaye.  Le  moulin  de  Grès,  qui 
avait  jadis  une  réelle  importance  et  que  nous  trouvons  mentionné  dans 
la  charte  du  roi  Robert  sous  le  nom  de  Villa  Grès,  n'échappa  pas  aux 
ravages  des  ennemis.  Nous  trouvons  en  effet  une  charte  de  l'année 
1473,  par  laquelle  l'abbé  Robert  donnait  à  ferme  «  une  place  de  moulin 
où  jadis  cet  moulin,  masure  et  jardin,  tout  en  frische  et  rugue,  appelée 
le  Molin  de  Grez,  lui  appartenant  à  cause  de  sa  croce  et  siège  abbatial, 
assis  en  la  paroisse  de  Verrières,  en  noslre  justice  et  seigneurie  haulte, 
moyenne  et  basse'  ». 

Autrement  terrible  et  désastreuse  fut  au  XVP  siècle  la  période  des 
guerres  de  religion.  Dans  leurs  courses  dévastatrices,  les  Huguenots, 
en  i562,  mirent  à  sac  la  ville  de  Verrières;  la  ferme,  les  pressoirs 
furent  réduits  en  cendres,  et  l'église  fut  détruite  en  partie.  Pour  réparer 
ces  désastres,  les  religieux  de  Saint-Germain  durent  vendre  plusieurs 
de  leurs  reliquaires  d'argent*. 

Au  siècle  suivant  le  four  banal  de  Verrières  avait  été  aliéné  dans  un 
moment  d'embarras  financier  par  le  chapitre  de  Saint-Germain.  Ce 


I.  Arch.  nat,  L.  80g. 
a.  Lebelf,  t.  III,  p.  53o. 

3.  Bib.  nat.  LL.  loSi,  p.  4o. 

4.  D.  DU  Breuil,  SuppL,  Antiquités,  p.  8a. 


—  284  — 

dernier,  pour  supprimer  les  difficultés  que  lui  créait  cette  aliénation  au 
point  de  vue  du  maintien  de  ses  droits  seigneuriaux,  le  racheta  en 
169g  au  prix  de  3ooo  livres  '. 

Ce  domaine  appartient  en  partie  à  l'abbé  et  en  partie  aux  religieux 
de  Saint-Germain.  Le  22  mars  i54i,  le  cardinal  de  Tournon,  abbé  de 
Saint-Germain,  avait  cédé  aux  religieux  i44  arpents  de  bois  taillis  à 
Verrières,  au  lieu  et  place  d'une  rente  de  169  livres  9  sous  qu'il  leur 
devait  dans  cette  même  localité'.  Cette  adjonction  rendit  les  religieux 
de  Saint-Germain  possesseurs  d'un  immense  territoire  couvert  de  bois 
magnifiques  qui  faisaient  la  gloire  et  la  richesse  du  pays.  En  1629,  ils 
affermèrent  les  coupes  de  728  arpents  de  bois  qu'ils  possédaient  à 
Verrières,  à  raison  de  78  arpents  par  an  ;  le  prix  annuel  du  bail  était  de 
3ooo  livres  tournois,  plus  un  millier  de  gros  fagots  et  quatre  cents 
bottes  dechalas\En  iGG5,  les  officiers  royaux  des  Eaux  et  Forêts 
visitèrent  les  bois  de  \errières  et  d'Amblainvilliers,  «  d'une  contenance 
de  1020  arpents  »,  appartenant  aux  religieux  de  Saint-Germain,  pour 
vérifier  si  les  ordonnances  royales  relatives  aux  coupes  des  bois  étaient 
bien  observées".  Ce  fut  dans  ces  bois  que,  pour  faciliter  les  chasses 
royales,  Louis  XIII  fit  tracer  des  allées  ;  il  chargea  MM.  de  Marillac, 
garde  des  sceaux,  et  d'Effiat,  intendant  des  finances,  de  s'entendre  avec 
les  religieux  pour  la  fixation  de  l'indemnité  qui  leur  était  due  pour 
cela.  Ceux-ci  demandèrent  3oo  livres  par  arpent  et  se  réservèrent  la 
justice  de  ces  allées  ^  L'une  de  ces  routes,  qui  commençait  à  l'extrémité 
du  bois  vers  Bièvre-le-Chaptel  et  aboutissait  à  Chatenay,  mesurait 
5oo  perches  de  long  sur  20  pieds  de  large  ;  l'autre,  qui  allait  de  Villa- 
Coublay  à  Verrières,  mesurait  44o  perches  de  long  sur  la  même 
largeur.  Le  tout  fut  estimé  à  3. 600  livres  tournois  ". 

Ces  bois,  qui  étaient  si  beaux  au  point  de  vue  du  paysage  et  qui 
produisaient  des  revenus  considérables  à  la  mense  conventuelle,  avaient 
de  graves  inconvénients  pour  les  cultivateurs  du  pays  ;  les  bêtes  fauves 


1.  Arch.  nat.  ms.fr.    16857,  p.  333. 

2.  /(/.  LL.  1047. 

3.  Id.  L.  io58. 
i.  Id.  LL.  io48. 

5.  BoNMH. 

6.  Arch.  nat.  LL.  10^7,  p.  338. 


—  285  — 

qui  pullulaient  dans  ces  forêts  allaient  chercher  leur  pâture  dans  les 
champs  du  voisinage.  Nous  trouvons  des  réclamations  des  hahitantsde 
Verrières,  qui  étaient  obligés  de  veiller  une  partie  des  nuits  pour  sau- 
vegarder leurs  récoltes  '. 

Ces  animaux  finirent  par  porter  une  grande  atteinte  à  la  valeur  des 
bois  eux-mêmes,^  en  broutant  les  jeunes  pousses  dans  les  taillis;  les 
dégâts  produits  de  la  sorte  furent  si  considérables,  que  les  religieux  ne 
retiraient  plus  à  la  fin  du  XVlll''  siècle  que  6.000  livres  de  ces  bois  qui 
leur  en  rapportaient  jadis  de  18  à  20.000.  Pour  remédier  à  cet  état  de 
choses,  ils  se  résolurent  à  remettre  en  valeur  les  nombreuses  places 
vides.  Dans  le  but  de  les  aider  à  supporter  la  dépense  de  ce  travail,  un 
arrêt  du  Conseil  d'État  du  21  août  17G1  leur  permit  d'exploiter  les  bali- 
veaux au-dessus  de  40  ans  '. 

Nous  aurons  épuisé  ce  que  les  Archives  nous  disent  des  droits  sei- 
gneuriaux des  religieux  à  Verrières  lorsque  nous  aurons  dit  que  M.  de 
^  oiïet,  contrôleur  général  des  Monnaies  de  France,  avait  acheté  à 
Verrières,  en  1727,  une  maison  avec  deux  volets  à  pigeons;  il  obtint 
des  religieux  la  permission  d'en  rétablir  un,  à  la  condition  de  payer 
pour  ce  droit  et  pour  la  dîme  20  livres  de  rente  \ 

DÉCLARATION  DE   I  79O. 

Charges. 

Les  religieux  donnaient  pour  le  gros  du  curé  :  G  sepliers  de  blé, 
2  d'avoine,  4  pièces  de  vin,  estimés  874  livres. 

De  plus,  à  l'article  des  rentes  foncières,  payées  par  Saint-Germain, 
on  lit  : 

u  A  la  comtesse  de  Lenonencourt,  60  livres  sur  une  maison  apparte- 
nant aux  religieux  de  Verrières. 

((  z\  la  mense  abbatiale,  35o  livres  pour  la  moitié  de  86  arpents  de 
bois,  à  Verrières,  mouvant  en  fief  de  la  seigneurie  du  Plessis- 
Piquet". 


1.  Bib.  nat.  ms,  fr.  16867,  P-  ^8. 

2.  Arch.  nat.  S.   sSgi. 

3.  Dibl.  nat.  ms.fr.  i6858,  p.  65. 
li.  M.  2o8',8,  p.  55. 


—  286  — 

De  plus,  les  religieux  donnaient  2  5o  livres  au  concierge  de 
Verrières  ^ 

Le  i*""  juin  1792,  on  vendit,  à  Verrières,  une  maison  dite  du  Con- 
cierge avec  une  halle  où  étaient  4  pressoirs,  avec  cour  et  bâtiment  en 
dépendant,  à  Louis  Balthazar  la  Chevardière,  ex-administrateur 
du  département  de  Seine-et-Oise,  demeurant  à  Verrières,  pour 
14.200  livres. 

Le  même  jour,  Augustin  Paillard,  boulanger  à  Verrières,  acquit  au 
prix  de  1750  livres  une  partie  de  remplacement  du  cydevant  four 
banal,  un  bâtiment,  une  cour,  un  jardin  de  8  perches  et  un  clos  der- 
rière de  74  perches,  le  tout  situé  au  carrefour  de  la  Croix-Rouge. 

A  la  même  date,  Jean-Baptiste  Prévôt,  vigneron  à  Verrières,  acheta, 
moyennant  70  livres,  6  perches  de  vigne,  sises  au  territoire  de 
Verrières,  lieu  dit  Parou.  Tous  ces  biens  appartenaient  à  Saint-Germain- 
des-Prés  *. 


Seigneurie  spirituelle 

Comme  nous  l'avons  dit,  c'est  au  XlIP  siècle  que  la  paroisse  de  Ver- 
rières permet  de  constater  son  existence  distincte  de  celle  d'Antony. 
Des  lettres  de  Pierre,  évêque  de  Paris,  datées  de  l'année  12 10,  nous 
apprennent  que,  le  vicaire  perpétuel  de  Verrières  ayant  acheté  un 
arpent  de  vigne  dans  la  censive  de  Saint-Cermain-des-Prés,  les  religieux 
ont  consenti  à  ladite  acquisition,  moyennant  2  sols  de  cens'. 

En  1277,  Pierre  de  Milly,  demeurant  à  Verrières,  conclut  avec  les 
deux  vicaires  perpétuels  d'Antony  et  de  Verrières  vm  bail  par  lequel  il 
prenait  toutes  les  dîmes  en  grains  qui  leur  étaient  dues  dans  la  pré- 
vôté, et  s'engageait  à  leur  fournir  annuellement,  au  terme  de  la  Saint- 
Martin  d'hiver,  neuf  muids  de  grains  à  la  mesure  de  Paris*. 

Une  transaction  vint  mettre  fin,  en  1587,  aux  débats  qui  subsistaient 
depuis  longtemps  entre  les  religieux  de  Saint-Germain  et  le  vicaire  per- 


t.  Ihïà.  p.  Sg. 

2.  Biens  nationaux  vendus,  district  de  Versailles,   n°'  347.  3/.8,  Sig.  -   Archiver 

départementales  de  Seine-et-Oise,  Versailles. 

3.  Arch.  nat.  L.  809. 

4.  Id.  LL.  io/(0. 


—   2^7   — 

pétuel  ou  curé  de  Verrières,  au  sujet  des  dîmes  de  cette  paroisse  :  il  fut 
convenu  que  ce  dernier  et  ses  successeurs  devaient  percevoir  annuelle- 
ment ((  des  dixmeurs  et  fermiers  des  religieux  en  la  grange  dixmeresse 
de  Verrières  la  quantité  de  six  septiers  de  grains  et  deux  septiers 
d'avoine,  en  temps  de  disette  comme  en  temps  d'abondance,  comme 
aussy  de  trois  muids  de  bon  vin  loyal  '  ». 

Nous  trouvons  dans  les  archives  un  acte  de  i656,  par  lequel  maître 
Julien  Boulay,  vicaire  perpétuel  de  Notre-Dame  de  Verrières,  déclarait 
que  «  Dom  Severin  de  Lanchy,  l'un  des  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés,  seigneurs,  chastelains,  haults,  moyens  et  bas  justiciers, 
voyers,  censistes,  patrons,  fondateurs  et  curés  primitifs  d'Antony  et  de 
Verrières,  vint  célébrer  les  divers  offices  dans  l'église  de  Verrières  le 
jour  de  la  fête  de  sainte  Anne,  l'une  des  patronnes  de  ladite  paroisse  ". 

L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  percevait  sur  Verrières,  en  la 
fête  saint  \  incent,  xxx  sols  parisis  sur  les  pressoirs,  pour  l'anniver- 
saire de  Gaultier,  abbé,  fixé  au  4  février,  ou  le  II  des  nones  du  même 
mois,  et  d'autre  part,  lx  sols,  sur  des  terres  et  des  vignes  situées  au 
même  lieu,  pour  l'anniversaire  d'Eude,  abbé,  fixé  au  i3  mai,  le  III  des 
ides  de  ce  mois'. 


LISTE   DES   VICAIRES    PERPETUELS   OU    CURES   DE    VERRIÈRES 

1277,  Frère  Pierre  Nicolas. 

i65G.  M^  Julien  Boulay. 

1669.  François   Astier,    aumônier  du    Roi    de   Pologne,    abbé    de 

Saint-Germain. 
1781.  Jean-Lazare  de  Gombettes,  bachelier  en  théologie. 
1754.  Nicolas  Deshaunayes,  décédé. 

Jean  Vitalis  (du  diocèse  de  Viviers)  lui  succède. 


I.  Arch.  nat.  LL.  1047. 
a.  Id.  LL.  1129,  p.  ^o. 
3.  Id,  LL.  1027. 


—  288 


BERNY 


La  terre  de  Berny  faisait  primitivement  partie  du  domaine  de  Saint- 
Germain.  Elle  avait  été  aliénée,  tout  en  restant  dans  la  censive  et  seigneu- 
rie des  religieux.  Au  commencement  du  XVIl"  siècle,  cédant  sans  doute 
à  d'impérieuses  difficultés  financières,  ou  peut-être  simplement  au  désir 
de  ne  pas  s'aliéner  la  bienveillance  d'un  grand  personnage,  en  repous- 
sant sa  requête,  le  couvent  de  Saint-Germain  consentit  à  ériger  en  fief 
Ja  terre  de  Berny  en  faveur  de  messire  Brulart  de  Sillery,  chancelier  de 
France.  Mais  ce  ne  fut  pas  sans  contestation  que  fut  adoptée  cette 
mesure  qui  portait  une  grave  atteinte  aux  droits  et  à  l'importance  de  la 
seigneurie  d'Antony.  Aussi,  le  3o  janvier  i6i5,  pendant  que  le  prieur, 
le  sous-prieur  et  une  partie  des  religieux  procédaient  à  cet  acte  d'érec- 
tion, le  frère  Philippe  Laurent,  procureur  et  receveur  de  Saint- 
Germain,  protesta,  au  nom  de  la  minorité  du  Chapitre,  contre  cette 
mesure  qui,  suivant  eux,  lésait  gravement  les  intérêts  de  l'abbaye  ^ 
Quarante  ans  plus  tard,  la  seigneurie  de  Berny  était  venue,  par  voie 
d'héritage,  en  la  possession  de  M.  de  Bellièvre,  premier  président  du 
Parlement  de  Paris.  Ce  dernier  la  céda,  à  titre  d'échange,  à  messire 
Hugues  de  Lyonne,  ambassadeur  du  Roi  de  France  auprès  du  Saint- 
Siège;  par  déférence  pour  la  haute  situation  du  vassal  de  l'abbaye,  le 
frère  Laurent,  procureur  des  religieux,  dispensa,  «  pour  cette  fois  seu- 
lement »,  le  délégué  de  messire  de  Lyonne  de  la  cérémonie  de  foi  et 
d'hommage  et  se  contenta  de  recevoir,  avec  son  serment  de  fidélité,  la 
déclaration  que  les  droits  dus  par  lui  pour  son  investiture  se  montaient 
à  la  somme  de  2000  livres  ". 

Avant  la  fin  du  XYIP  siècle,  la  vente  d'une  vaste  étendue  de  leurs 
bois  de  Verrières,  de  Montéclin,  d'Amblainvilliers,  du  Chesnay  et  de  la 
Celle,  pour  en  faire  le  parc  royal  de  Versailles,  ayant  mis  à  la  disposi- 
tion des  religieux  des  sommes  considérables,  ils  purent  profiter  de  la 


1.  Arch.  nat.  S.  2895. 
a.  Id.  LL.  loltS. 


-  289  - 

mort  de  messire  Hugues  de  Lyonne  et  de  la  mise  en  vente  aux  enchères 
publiques  des  bois  de  sa  succession  pour  rentrer  en  possession  de  ces 
terres  de  Fresnes  et  de  Bcrny,  qvie  l'inféodation  de  161 5  avait  soustraites 
à  leur  domaine  direct.  Les  seigneurs  qui  les  avaient  possédées  pendant 
cette  période  avaient  fait  bâtir  à  Berny  une  demeure  somptueuse  digne 
de  leur  haute  situation  personnelle  et  de  l'époque  de  sa  construction. 
Voici  la  description  qu'en  donne  Lebeuf  :  «  Ce  château  est  distingué 
tant  par  ses  ornements  que  par  la  beauté  de  ses  canaux  :  la  façade  est 
remarquable  en  ce  qu'elle  présente  un  corps  avancé  plus  élevé  d'un 
étage  que  le  reste  :  les  deux  côtés  sont  occupés  par  quatre  pavillons 
carrés'.  »  Ce  fut  de  1620  à  1623  que  fut  construit  ce  château  dont  il 
n'est  pas  fait  mention  dans  l'acte  d'érection  du  fief  en  i6i5\ 

Nous  avons  déjà  vu  que  l'acquisition  des  terres  de  Fresnes  et  de 
Berny  avait  été  faite  conjointement  par  la  communauté  de  Saint- 
Germain-des-Prés  et  par  M.  Pelisson,  économe  de  la  mense  abbatiale; 
elle  fut  conclue  au  prix  de  4o5.ooo  livres'.  Cette  somme,  qui  était  répar, 
lie  dans  la  proportion  suivante  :  i36.32/i'  i3'  9'^  à  la  charge  de  la 
mense  abbatiale,  et  268.675^  6'  3'  à  la  charge  de  la  mense  conven- 
tuelle \  ne  se  trouvait  pas  dans  les  coffres  du  monastère,  oîi  n'avait  pas 
été  encore  versé  le  prix  des  acquisitions  royales  ;  on  dut  l'emprunter  à 
M.  de  l'Isle,  secrétaire  du  Roi,  ami  commun  de  M.  Pelisson  et  de  la 
communauté''. 

Quelque  temps  après  l'acquisition  des  domaines  provenant  de  la  suc- 
cession d'Hugues  de  Lyonne,  fut  conclu,  le  20  janvier  1682,  un  con- 
cordat entre  l'abbé  et  le  chapitre  de  Saint-Germain  pour  l'échange  de 
certaines  propriétés  répondant  mieux  aux  goûts  et  aux  intérêts  respec- 
tifs de  chacune  des  parties  :  à  l'abbé  devaient  appartenir  la  seigneurie 
de  Fresnes,  les  fiefs,  le  château,  les  fermes,  le  canal,  la  chaussée  et  le 
moulin  de  Berny,  —  aux  religieux  étaient  attribués  le  fief  et  la  ferme 
de  la  Tour,  la  ferme  du  pont  d'Antony,  les  terres,  seigneurie,  château 
et  parc  de  Cachant  ".  Ce  fut  donc  dans  le  château  de  Bcrny,  dont  la 


1.  Lebeuf,  IV,  p.  ^O. 

2.  Bib.  nat.  ms.fr.   i5o5G,  p.  7. 

3.  Choses  mém.,  p.  ai 5. 
ti.  Bib.  nat.  S.  2906. 

5.  Id.  ms.  fr,   1G857,  \).   1G8. 
G.  Arch.  nat.  S.  290G. 


—  290  — 

magnificence  répondait  à  leurs  goûts  et  la  proximité  de  Versailles  à 
leurs  désirs,  que  les  abbés  commendataires  de  Saint-Germain  établirent 
leur  résidence  pendant  une  grande  partie  du  XVllP  siècle. 

Immédiatement  après  la  prise  de  possession  de  la  terre  de  Berny  par 
le  délégué  de  l'abbé,  surgirent  de  nouvelles  difficultés.  M°'"=  la  mar- 
quise de  Palaiseau,  prétendant  que  cette  terre  relevait  de  sa  seigneurie, 
réclamait  le  paiement  de  sommes  considérables  pour  ses  droits  sur 
cette  vente.  Après  de  longs  débats  et  de  nombreuses  enquêtes,  les  reli- 
gieux démontrèrent  que  la  terre  de  Berny  avait  toujours  fait  partie  de 
la  mouvance  d'Antony.  La  sentence  fut  rendue  en  168^,  qui  déboutait 
M""^  la  marquise  de  Palaiseau  de  ses  prétentions  et  la  condamnait  aux 
dépensa 

Le  Roi,  voulant  donner  une  marque  de  confiance  au  cardinal  de  Furs- 
temberg,  accorda  que  les  princes  de  France,  fils  de  monseigneur  le 
Dauphin,  allassent  passer  une  journée  à  Berny.  Monsieur,  frère  unique 
de  roi,  rendit  aussi  visite  à  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  dans 
sa  résidence  champêtre  de  Berny  (août  1694)^. 

Ce  fut  dans  ce  château  que  le  dernier  abbé  commendataire  de  Saint- 
Germain,  le  comte  de  Clermont,  menait  une  vie  dont  le  faste  rappelait 
beaucoup  plus  la  cour  que  le  cloître.  11  y  offrit  une  somptueuse  hospi- 
talité à  cette  jeune  princesse  d'Espagne  que  la  diplomatie  avait  fiancée, 
malgré  ses  quatre  ans,  au  roi  de  France  et  que  cette  même  diplomatie 
allait  renvoyer  peu  de  temps  après  dans  son  pays. 

A  la  fin  du  XVIll"  siècle,  le  comte  de  Clermont,  s'étant  dégoûté  de  la 
résidence  de  Berny,  le  château  et  la  seigneurie  en  dépendant  furent 
donnés  en  location.  En  1790,  ils  étaient  loués  à  M"«  la  baronne  de 
Saint-Port,  qui  payait  pour  cela  à  l'économat  de  l'abbaye  un  prix  de 
ferme  de  989S  livres.  La  partie  la  plus  considérable  du  fief  de  Berny 
relevait  de  le  seigneurie  d'Antony,  qui  appartenait  à  la  mense  conven- 
tuelle et  n'était  exempte  des  devoirs  seigneuriaux  que  parce  qu'elle  était 
possédée  par  la  mense  abbatiale  '\ 


I.  Choses  méinor.,  p.  2/43  ;  ms.  fr.  18816. 
a.  Bih.  nal.  ins.fr.  i88iG,  p.  292. 
3.  Id.  Doin  PoiRiEh,  2o8i8,   p.  20. 


—  agi  — 


FRES^ES-PARAY 


La  terre  de  Fresnes,  qui  était  anciennement  de  la  seigneurie  du  cha- 
pitre de  Paris,  avait  été  acquise,  en  même  temps  que  celle  de  Berny, 
par  Tabbé  et  les  religieux  de  Saint-Germain.  Nous  avons  déjà  vu  à  la 
suite  de  quels  arrangements  ces  deux  terres  passèrent  complètement 
dans  la  mense  abbatiale. 

La  terre  de  Fresnes,  dont  les  revenus  étaient  évalués,  au  moment  de 
son  acquisition,  à  7.000  livres,  fut  accrue  ou  améliorée  dans  la  suite. 
Voici  le  tableau  présenté  en  1790  de  ces  revenus  : 
Les  bâtiments   de  la   ferme,    grands   et   en    bon  état   et 

4G3  arpents  de  terres  labourables 11.575' 

19  remises  plantées,  comprenant  10  arpents 2^0' 

Prairies  et  sécherons,  12  arpents 480' 

Un  pressoir 60' 

Maison  à  la  B'aisanderie 25' 

Lods  et  ventes  (année  commune) 5oo' 

12.930' 

Sur  cette  somme  la  mense  abbatiale  avait  à  payer  : 

Au  maître  d'école  de  Fresnes 100' 

Au  procureur  fiscal i5' 

Au  juge  de  Fresne  et  de  Parey 100' 

2l5' 


—  29' 


LV  FERTÉ-ALEPS  (LA  FERTÉ-ALAIS) ' 


Suivant  un  bail  du  ii  janvier  1785,  la  ferme  du  prieuré  de  Notre- 
Dame  de  la  Ferté-Alais  comprenait  : 

r  Une  maison  seigneuriale,  cour,  jardin,  écurie,  grange; 

2"  Z|0  arpents  .1/2  de  terres  labourables,  en  plusieurs  pièces  en  l'isle 
d'Huisson; 

3"  29  arpents  1/2  de  terres  labourables,  en  la  paroisse  de  Baulne  et 
sur  le  territoire  de  la  Ferté-Alais  ; 

l\°  G  arpents  de  pré  proche  Huisson  ; 

5°  4  arpents  de  pré  au-delà  du  pont  Fesson  ; 

G°  Plus  les  rentes  seigneuriales  (6  livres  5)  dues  par  M.  de  Broglie, 
comme  seigneur  du  Mesnil  et  du  Bouray,  et  12  livres  par  M.  le  com- 
mandeur du  Fossay,  à  cause  de  sa  commanderie  ; 

7°  7  quartiers  de  bois  taillis  sur  la  terre  de  la  Ferté,  de  la  contenance 
de  1 10  arpents  ou  environ,  compris  les  bois  et  les  friches  ; 

8°  Plus  tous  les  cens  et  rentes  seigneuriales,  les  lods  et  ventes  à 
prendre  sur  toutes  les  terres,  vignes,  maisons  et  autres  héritages  situés 
dans  la  ville  de  la  Ferté-Alais  et  aux  environs  dans  toute  l'étendue 
de  la  seigneurie  du  dit  prieuré  ; 

9"  Les  grosses  dîmes  qui  se  perçoivent  dans  la  paroisse  de  Baulne,  à 
raison  de  quatre  gerbes  par  arpent,  dans  toute  l'étendue  de  la  paroisse 
qui  est  bornée  par  la  Ferté-Alais,  Videlles,  Chanceuil,  Mondeville  et 
Balancourt". 

Le  bail  de  1705  indique  que  le  preneur  devait  laisser  au  chapelain  la 
chambre  au-dessus  de  la  cuisine,  le  cabinet  attenant,  la  petite  cave,  le 
cellier  ou  le  bûcher  avec  l'usage  du  jardin. 


1.  Arroiul.  d'Étampes  (Seine-ct-Oisc). 

2.  Arcli.  dêp.  Seine-eL-Oise. 


—    2(j3    — 


Les  charges  du  prieuré  étaient  : 

i"  Pour  la  première  messe,  dirnanclies  et  (êtes 3oo' 

2"  Pour  les  décimes  à  l'archevêché  de  Sens 27.")' 

3"  Pour  les  réparations 000^ 

4"  Pour  redevance  de  blé  et  d'orge  au  curé  de  Baulno, 

environ Goo  ^ 


'i.lMÔ' 


La  ferme  du  prieuré  de  Notre-Dame  de  la  Ferté-Alais  était  baillée,  en 
1762,  i3oo  livres;  en  1780,  1600  livres. 

Les  dîmes  de  Baulne  rapportaient,  en  1707,  1000  livres'. 

La  maison  priorale  de  Notre-Dame  de  la  Ferté-Alais  comprenait  mie 
cave,  deux  étages  et  un  grenier  au-dessus,  une  cour,  un  jardin,  une 
grange,  une  écurie,  une  vacherie,  une  bergerie,  un  poulailler,  un  toit 
à  porcs  et  autres  dépendances,  avec  : 

1°  4i  arpents  de  terres  labourables,  en  l'île  d'IIuisson  ; 

2°  29  arpents  1/2  au  territoire  de  Baulne  et  de  la  Ferté; 

3°  8  arpents  de  pré; 

4°  8  arpents  de  terres  et  prés,  7  quartiers  de  bois  taillis,  proche  la 
rivière  et  terroir  de  Yilliers. 

Cette  propriété  fut  vendue  5i.ooo  livres,  à  Laurent-Nicolas  Bour- 
geois, Ïoussaint-Mathurin  Rousseau,  Jean-Baptiste-François  Robert, 
co-acquéreurs,  tous  demeurant  à  la  Ferté-Alais  \ 

4  arpents  de  bois  et  friches  furent  acquis  par  Nicolas  Duclos,  demeu- 
rant à  Baulne,  au  prix  de  i6o5  livres^. 

Le  sieur  Robert,  maire  de  la  Ferté,  devint  propriétaire  de  la  chapelle 
Saint-Pierre,  sise  rue  de  Baulne,  moyennant  iGoo  livres  ^ 


1.  Arch.  nat.  S.  3923. 

2.  Archives  nul.  S.  ayaS;  Bibl.  nat.  iiis.  fr.   iC85(j,  p.  181  ;    Arcli.  dcparlemenlaks  de 
Seine-et-Oise. 

3.  Archives  départ.  Seine-et-Oise,  Registre  de  la  vente  des  biens  nationaux,  di>lri(l 
d'Étampes,  n°  99,  avril  1791. 

It.  Id.  n°  23'). 
5.  Id.  n°  235. 


INDEX  ALPIIABÉTFOUE 


Abbaye  d'Yerres,  p.  i36. 

Abbés  de  Saint-Germain-dcs-Prcs,  cu- 
rés primitifs,  5o. 

Abbés  de  Saint-Germain  nommant 
meuniers  et  fourniers  de  Montchau- 
Yet,  5'i. 

Abbés  de  Saint-^Iagloire  et  de  Ju- 
mièges,  308. 

Abbé  de  Vandrille  à  Palaiseau  (663), 
aSo. 

Abeilles  vagabondes,  72. 

Abelly,  Louis,  182. 

Accord  passé  entre  les  religieux  de 
Saint-Germain-des-Prés  et  le  curé 
de  Septeuil,  pour  les  ofTices  à 
l'église,  les  offrandes,  les  diincs  et 
le  gros,  68  ;  entre  les  Bénédictins 
de  Fécamp  et  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  76  ;  entre  l'Hôtcl-Dieu  de 
Paris  et  Saint-Gcrmain-dcs-Prés, 
76  ;  entre  Saint-Germain-des-Prés 
et  Saint-Denis,  221  ;  entre  Saint- 
Germain-des-Prés  et  le  prieur  des 
Célcstins  (i/i93),  234  ;  entre  les 
religieux  de  Saint-Germain-des-Prés 
et  le  curé  d'Antony,  368  ;  entre  les 
religieux  de  Sainl-(iermain-des-Prés 
et  le  curé  de  Verrières,  28'i. 

Acquisitions  faites  par  les  religieux  de 
Saint-Ccrmain-dcs-Prés,  71,  78,  109. 


Adkaud,  abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  ^2,  i55,  367. 

Airrancbisscment,     conditions,     i!^i, 
173. 

Agouin,  Michel,  i35. 

Agression  immonde,  lao. 

Aguesseau  (d'),  Catherine,  lôG. 

Al.vine  de  Villeneuve,  i58. 

Albert  de  Gallardon,  2o5. 

Albert,  notaire  du   pape   (i25'i),  i'i5. 

Albehtas  (d'),  3'i7. 

Aldaric,  222. 

Alexandre  III,  pape,  43,  100,  160,  171, 
268. 

Alix,  26. 

Alleaume,  prieur  de  Magny,  conteste 
les  dîmes  aux  BénédicliiL^,  a'i. 

Allingrin,    Jacques,  seigneur  de  \é- 
en-Vallois,  etc.,  2'|6- 

Alnet  (hôtes),  277. 

Alluets  (les),  108. 

Amaury,  comte,  54. 

Amaury,  curé  de  Montchauvel,  ."18. 

Amaury  de  Montchauvet,  60. 

Amaury,  comte  d'Rvreux,  168. 

Amaury  de  Monteort,  187. 
AMAURY  d'Yssy,  198,  199. 

Amiu.ainvilliers  (d')  sieur,  177. 

Amblainvilliors,  localité,  château,  ^'lO, 

247,  25o,  288. 
Vinénuconrt,  G. 


296  — 


Ameline  de  Montjoie,  192. 

Amicie,  abbesse  de  Port-Royal  (1264), 
2o3. 

Ampville  (d'),  Jean,  i85. 

Anet,  5i. 

Ancemot,  Jean,  i85. 

Andelys  (les),  Eure,  24. 

Andrieux,  Augustin-Marie,  chevalier, 
seigneur  de  ChétainAille,  ii4,    118. 

AjNGER,  Jacques- Amable-P'clix-Yictor^ 
24. 

Anger,  Jean,  2o3. 

Angot,  Charles,  72. 

Angoullian,  curé  d'Épinay,  loi. 

Anne,  du  BreX,  94. 

Anno,  abbé  de  Jumièges,  2o5. 

Ansould,  le  Riche,  seigneur  de  Maule, 
190. 

Anïoni,  80,  88,  253,  25/J,  255,  257  ; 
confrairie  de  Saint- Jacques,  258  ; 
prévôté  contestée,  260;  église  Saint- 
Antoine  concédée  à  Saint-Germain- 
des-Prés,  267  ;  logement  du  vicaire 
et  du  maître  d'école,  270  ;  vicairie, 
271  ;  four  à  ban  (i545)  ;  habitants 
ruinés  par  la  guerre  contre  les  An- 
glais, 275  ;  droits  de  pacage,  276; 
prévôté,  gruerie,  277. 

Arannes  (d'),  ficf,  64. 

Arbre  de  mai,  276. 

Archidiacre  de  Pinceres,  63. 

Archemont,  16,  17,  18,  20,  25. 

Ardennes  (les),  12. 

Ardouville,  102. 

Arjiajon,  106,  117,  118. 

Art(d'),  moulin,  52. 

Artaud,  169. 

Ahtuieul,  i5,  17,  21,  24- 

Arthies  (d'j,  forêt,  i. 


Bachelier,  Jean,  i56. 

Bagneux,  276. 

Bagots  (les),  fief,  18,  20. 


Balancourt,  292. 

Balesi,  Raoul,  193. 

Baillenval  (de)  Jacques,  164. 

Ballainvilliers,  98,  io4,  io5. 

Bailly,  Jacques,  i5. 

Balu,  Jehan,  109. 

Balysi  (petit),  io3. 

Banalité,  274. 

Bancs  placés  à  l'église,  i3i. 

Banvin,  200,  274. 

Barcos,  prieur  de  Magny,  23. 

Baron,  notaire  à  Paris,  53. 

Barré,  Jacques,  curé  de  Longues,  34. 

Barré,  Jelian,  cellérier  de  Saint-Ger- 

main-des-Prés,  3i,  124,  272. 
Barthélémy  DE  la  Celle,  23i. 
Barthélémy  DE  RoYA,  173. 
Baton,  Adam,  108. 
Baudran,  Guillaume,  88. 
Bauduin,  religieux,  221. 
Bauldouin   de    Flandres,    prévôt    de 

Paris,  272. 
Baulne,  298. 

Bazanier,  curé  de  Valenton,  170. 
Beaucourt  (de),  Jehan,  201. 
Beaudouin  de  Corbeil,  160. 
Beaulieu  de  Bréval,  lieu  dit,  206. 
Beauregard,    domaine,    6,    i4o,    149, 

23l. 

Beau  VAIS  (de),  sieur,  172. 

Beauvaisies  (de),  124. 

Bedeau,  Pierre,  127. 

Bchu,  lieu  dit,  62. 

Belle  place,  i4o,  149. 

Bellebrune  (de),  20. 

Bellièvre  (de),  i"  président  au  Parle- 
ment de  Paris,  288. 

Belmont  (de),  conseiller  du  Roi,  169. 

Bénédictins  de  Saint- Germain  -  dcs- 
Prés,  4,  7,  10,  34,61,  ii5,  116,  119; 
de  Saint-Maur-des-Fossés,  149;  de 
Saint- Wandrille,  71. 

Benoist,  Claude,  60. 

Berard,  Thomas -Simon,  acquéreur 
de  biens  de  Paray  (1791),  8i. 


297  — 


Berger,  Jehan, 63. 

Bernard,  Arnoul,  trésorier  de  la  Com- 

pagnie  des  cent  gentilshommes,  280. 
Beu.naud  d'Oky,   i33. 
Bernier,  conseiller  d'État,  21 5. 
Berny,  2^6,  264, 288,  289, 290. 
Berteaume,  Marin,  a'i. 
Bertalt,  Barthélémy,  20. 
Berteault,    notaire    royal    à     Sagy, 

i85. 
Berthaut,    curé    d'Épinay- sur-Orge, 

assassiné  (1278),  gS. 
Bertin,  sieur,  A8. 

Berton,  Charles,  curé  clc  la  Celle,  228. 
Bertrand,  i45. 
Bertrand, Jean,  193. 
Bertrand  de  Nogent, 23o. 
Bertrand   de   Verrières,  homme  de 

corps,  283. 
Besamure,  Bobin.  202. 
Bêtes  fauves  (ravages),  280. 
Beynes,  187,  21 '4. 
BiALVALLET,  Philippe,  147. 
Bibliothèque  du  chapelain  de  >otre- 

Dame-la-Désirée,  147. 
Bièvres-le-Chaptel,     2^2,      244,     249, 

284. 
Bigre  (le),  Jehan,  64- 
BiGREs,  167. 

BiGRES,  conseiller  du  Roi,  172. 
Binanville,  62. 
Blamecourt,  i5,    16,   17,  20,   21,   22, 

24. 
Blandin  (le),  lieu  dit,  i54,  i63. 
Blasphème  défendu,  122. 
Blondel,   Jehan,    prévôt  de  Montlhé- 

ry,  96. 
BoGUENEL,  Pierre,  io4. 

BOILEAU,    iCi. 

Boinvilliers.  27,  63,  186,  208. 
Bois-Blancs  (les);  ii4,  i3o. 
Boiscamp,  fief,  118. 
Boisbéranger,  220. 
BoisGiLLOT,  Louis,  64. 
Bols-Robert,  fief,  62,  64,  65. 


BoissE,  Richard  et  Robert,  71. 

BoissY  (de),  Guillaume,  61. 

Boissy-Saint-Léger,  1Ô9. 

Boissv,  109,   ii5. 

Boncillière  (la),  276. 

BoNDERAN,  Jean,  abbé,  2o4. 

BoNDRouET,  sieur,  53. 

BoNMN,  René,  i48. 

Bonn ART,  Jean,  i35. 

BoNTEMPS,  sieur,  226. 

Boquet  (le),  38. 

Bossu,  i4i. 

Bouafle,    176  ;   SainlRemi  (^chapelle), 

2o5,  206,  209. 
Bouchard,  sire  de  Marly,  210,  216,  234. 
Bouchard  de  Bagnencourt,  233. 
Bouchard  de  Voneuil,  prévôt  de  Chà- 

teaufort,  243. 
Boudin,  Jacques,  72. 
Boufardière,  66. 
BouGivAL,    possession    de   Saiut-Gcr- 

main-des-Prés,  219-22  ;  incendié  par 

les  Normands,  223. 
BouHiER,  Marie,  veuve  du  marquis  de 

la    Meuville,    baronne    de   >ogcnt, 

2  46. 
BouiLLART  (dom),  I,   10,   174,  303. 
BouuxiER   (le),    Gilles-Edouard,    curé 

de  Val  en  ton,  172. 
BouLAY,    Julien,  vicaire  perpétuel  de 

Verrières,  287. 
BouLAND,  Gabrielle,  3i,33. 
BouLLAND,  Claude,  sieur  de  Beaumont, 

63. 

Bourbon  (de),  Louis-Charles,  comte 
d'Eu  (1778),  laisse  une  rente  de  200 
livres  pour  anniversaire,  70. 

Bourbon  (de),  cardinal,  abbé  de  Saint- 
Germain,  99. 

Bourbon  (de),  Henri,  abbé  de  Saint- 
Germain,  137. 

Bourbon  (de),  primat  de  Normandie, 
abbé  de  Saint-Germain,   l'io- 

BOURDEAU    DE   ^1GNY,    179. 

Bourdoise,  Adrien,  137. 


-  298  - 


Bourgeois     (les)      de     IMontchauvet, 

exempts  de  tailles  et  de  corvées,  54- 
Bourgeois,  Jean,  seigneur  du  Bois,  3. 
Bourgeois,  Laurent-Mcolas,  298. 
Bourg-la-Reine,  200,  246. 
BouRGOuiN.  Sergé,  religieux,  137. 
Bourrelier,  Simon,  157. 
BouTARD,  Louis,  3i. 
BouvENEL,  Hugues  et  Guillaume,  190. 
Bouville,  fief,  20G. 
Brachet,  Benoît,  prieur  de  Saint-Ger- 

main-des-Pi*és,  8. 
Braconniers,  12/1. 
Bréons  (les);  89. 
Bretagne  (de),  porte,  5i. 
Breuil(le),  94,  gS,  98,  io5,  274. 
Breval,  35,  36,  5i. 
Breval  (de),  Jean,  44. 
Brézé  (de),  famille,  5i. 
Briahrt,  Eudes,  i42. 
Bricet,  Pierre,  religieux  de  Saint-Ger- 

inain-des-Prés,  prévôt,  118. 
Briçoms'ET,     Guillaume,     évcque     de 

Meaux,  abbé  de  Saint- Gcrmain-des- 

Prés,  28,  97,  278. 
Briget,  187. 

Brisart,  G.,  meusnier,  289. 
Brisson,  Barnabe,    avocat   général  au 

Parlement,  99. 
Brissonnet,  Louis,  224. 
Britone,  Julienne,  59. 
BaoGLiE  (de),  seigneur  du  Mesnil,  292. 
Brosse  du  Breuil,  62,  05. 
Brostin,  Guillaume,  10. 
Brotin  de  Mesly,  170. 
Brouart  (de),  seigneur  de  Cléry,  20. 
Brouillards  (les),  88. 
Broutin,  GeoiTroY,  119. 
Brulart,  Pierre,  88. 
Brulart,  Gilles,  161. 
Brulart,  Florimond,  iGi. 
Brulart  de  Sillery,  288. 
Bruxet,  Guillaume,  fonde  une  lampe 

dans  le  sanctuaire  de  >otre-Dame 

la-Désirée  (1716),  8. 


Bruyères,  174,  208. 
Buat  (du),  Jacques,  chanoine  de  Saint- 
Paul  et  de  Saint-Denis,  190. 
Buchelay-les-Mantes,  62,  64. 
Buchère,  Clément,  124,  i3o,  181. 
Buisson,  lieu  dit,  60. 
Buisson  de  Verrières  (bois),  268. 
BuLLET,  Charles,  religieux,  177,  i8j. 
Bureau  (moulin),  18,  24. 
Blres,   176. 
BuïET,  jardinier,  149. 


Cachant,  78,  187,  264,  289. 

Caffin,  dame,  i85. 

CAnoRs(de),  Philippe,  147. 

Calvinistes,  leurs  ravages    (15G2),  98. 

Capucins  de  Mantes,  inquiétudes,  8. 

Carcassonne  (fief),  2o5. 

Cardinal  DE  ÎNarbonne,  abbé  de  Saint- 
Germain,  3. 

Cardinal,  Charles  de  Lorraine,  duc 
de  Chevreuse,  seigneur  partiel  de 
Meudon,  196. 

Cardinal  de  Tournon,  abbé  corhmen- 
dataire  de  Saint-Germain-des-Pi'és, 
262. 

Cardinal  de  Bourbon,  abbé  de  Saint- 
Gcrmain-des-Prés,  278. 

Carillon,  Louis,  19,  25. 

Carnazet,  Jehanne,  11 6. 

Carnette,  89. 

Carré,  Martin,  11. 

Cartier,  Pierre,  i3i. 

Casimir,  roi  de  Pologne,  27. 

Celle-Saint-Cloud  (la),  2i5,  220;  im- 
portantes possessions,  228  ;  deux 
églises,  228  ;  revenus,  225;  prévôté 
(i4io),  229,  288. 

Ceillier,  Jacques,  262. 

Censitaires  de  la  Fortelle,  29  ;  de  Lon- 
gues, 20  ;  de  Mirebel,  de  Heurte- 
loup,  3o. 

César  Balthasar  de  Constantinople,  6, 


—  299 


Concession  du   caidinal  de  Tournon, 

284. 
Chalanduay,  i5'|. 
CuALAKDKE,  Jcan  ct  GcoITioy,  i3/|. 

ClIALLAT,    172. 
ChAMBOURCY,    2  11. 

Chamois,  conseiller  du  roi,  169. 

Champagne   de  Monïreuil,  Regnaud, 
187. 

Champcenest,  236. 

Champgervaise,  286. 

Champgiraut  (de),  INicolas,  ii(5. 

Champ,  Julien,  187. 

Champart  restitué,  71. 

Champ  du  Prieur,  67. 

Champ-Marie  (lieu  dit),  107. 

Chaaceuil,  392. 

Chandon,  Beaudouin,  280. 

Chanoines  du  Saint-Séi^ulcre,  225. 

Chapaut,  18. 

Chapelain,  Guillaume,  doyen  de  Char- 
tres, 70. 

Chapelle  Saint-Marlin,"  2o5. 

Chapelles  (les),  169. 

Charbonnière  (la),  CA. 

Charges   de    Saint-Germain-des-Prés, 
4o  ;  à  Paray,  81. 

Charimuu,  98. 

Charité  de  Longues,  84  ;  possessions, 
34. 

Charlemagne,  183,  210,  25l. 

Charles  le  Chauve,  92,  i33,  162,  224, 
255. 267. 

Charles  Martel,  220. 

Chaules  le  Mauvais,  5i. 

Chaules  le  Simple,  175,  x8o,  191,200. 

Charles  V,  i,  8,  /|,  5i,  2^8. 

Charles  \'I,  8,  /i,  l!^^. 

Charles  X  de  Bourbon,  187. 

Charles  de  Brye,  ii  i  . 

Charlevanne,  220. 
Charmoy,  écuyer  du  iloi,  2/18. 
Charmoint,  i(),  19,  21,  22. 
(Ihartreux,  i/ig. 
Charpentier,  Jacques,  147. 


Charpentier  (Le),  Henri,  79. 

Charroi  de  l'armée  de  Aavarre,  i44- 

Chartres,  85,  36,  ^S,  /19,  aôo. 

Chasses  royales,  268,  a8x,  28'|. 

Chastiau,  Robert,  187. 

Château,  Antoine,  curé  de  Longuessc, 
183. 

Chàteaufort,  189,  208. 

ChàteleL  de  Paris,  '1,  66,  203. 

Châtelain,  Robert,  curé  de  Saint- 
Martin-de-Yilliers,  10. 

Chàtellenie  de  Chaumont,  i. 

Chàlenay,  207,  208,  276,  284. 

Chatillon  (de),  Guy,  43. 

Châtres,  possessions  de  Saint-Ger- 
main-des-Prés, io6,  109,  III,  117, 
124  ;  assises  de  la  Saint-Martin 
d'hiver,  121. 

Chaudray  (bois  du),  jardin,  11. 

Chaufour-les-Bonnières,  11,  71  ;  les 
prieurs,  78  ;  vente  des  biens  (1791). 

7'.- 
Chaumont  (de),  prieur  de  ALigny,  19, 

20,  23. 

Chaussée,  hameau  de  Bougival,  221. 

Chaussy,  12. 

Chauveau,  Robert,  religieux,  aumô- 
nier   de    Saint-Germain-des-Prés, 

Chemin  des  Meuniers,  ii5;  de  Vau- 
boyen  efTondré,  248. 

Chesnay,  187,  2i4  ;  avoueric,  216  ;  re- 
venus, 217,  vicaire  perpétuel,  225  , 
258. 

Chétainvillc,  iio,  117,  i2'|. 

Chûtainville  (de),  Jehan.  119. 

Cheval  d'un  meunier  saisi.  128. 

Chevaliers  de  Sainl-Jean-de-Jérusa- 
lem,  259. 

Chevalier,  Jean,  147. 

Ciu:vAui)ii;iu:  (de  la),  Louis  Balthazar 
380. 

Clievilly,  i()7. 

Chijuin  (lieu  dit),  190. 

ClllLDEUERT   P',    182,   192,  228,  300. 


—    000 


CuoisEL,  Adam,  g'i. 

Choisy-le-RoY,  i(3,  21,  1Ô2,  ^63. 

Cierge  et  torche  entretenus  dans 
l'église  de  Magny,  22  ;  cierges  de  la 
Chandeleur,  lOo;  cierge  ardent  fon- 
dé par  Eiinand,curé  de  Tliiais,  dans 
l'église  de  Saint-Germain-des-Prés, 
198. 

Cintaux  (les),  lieu  dit,  17. 

Clairebourg(de),  clos,  246. 

Clamart,  199,  200. 

CoQUELEY,  Claude,  évèque  de  Digne, 
268. 

Clément  IV,  pape,  71. 

Clément,  archidiacic  de  Laon,  chanoi- 
ne de  Paris,  277. 

Cleumont  (de),  comte,  abbé  de  Saint- 
Germain,  56,  125,  290. 

Cloches  de  Notre-Dame-la-Désirée,  9. 

Clos  Gaillard,  167. 

Clos  de  la   seigneurie,  98. 

Closier,  Jean,  religieux,  prévôt  d'A- 
vrainville,  109. 

Closténu  (lieu  dit),  2:^6. 

Clovis,  II,  182^  200. 

Cocherel,  Thibault,  chevalier,  lo^. 

CociiiNj  Augusle-Ilenri  (1790),  99. 

Coco!SMEu,  Eustache,  iu8. 

C0EFFIER,  167. 

GoGNY  (de),  Pierre,  clerc  du  roi  de 
France,  i35. 

Cois.xAHD,  Simon,  187. 

Colbert  de  Vandières,  187,  189  ;  pro- 
messes, 2  25. 

CoELEMAUD,  François,  prêtre,  17. 

COLLIN,   i5o. 
Combal  judiciaire,  272. 
Commanderie  de  Fossay,  292. 
Commendes,  2(3o. 
CoMPiÈGNE  (de),  Gilles,  i85. 
Concile  de  Lalran,  26 1. 
Condécourt,  178. 

Confrérie  de  ^'otre-Dame-la-Dcsiréc,  8. 
Confrérie    du   baslon    de    la    Sainte- 
Vierge,  129. 


Connaissance  des  soufllets  réservée  à 
l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés 
(1278),  220. 

Convenlion  entre  Saint-Denis  et  les 
religieux  de  Saint-(!crmain-des-Prés 
relative  aux  droits  de  justice,  forage, 
rouage,  229. 

Convention  entre  les  habitants  de 
Dammarlin  et  Saint-Germain-des- 
Prés,  45. 

CORBIX,  i85. 

Cordeliers  de  Mantes,  8. 

CoRDiER,  Guillaume,  121. 

CoHMLLÉ,  Pierre,  i^. 

Cornoilles  (les),  1 1. 

CoR.NUEu.,  président  des  comptes,  218. 

Corvées  limitées  pour  les  foins  et  le 
labourage,  274. 

Coteaux  Amants,  f\ï. 

Cottigny  (de),  xallée,  19I. 

CoTTox,  Claude,  procureur  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  182,  278  ;  il  jouit 
du  domaine  de  Mon léclin,   2^0. 

Coulombs  (de),  abbé,  accord  avec 
l'abbé    de   Saint-Germain-des-Prés, 

277- 
Courbétin,  285,  286;  bail  et   cession  à 

la  famille  de  Sourdis,  286. 

CoiRGE.NT,    53,  62,   03. 

Coutumes  mauvaises,  112,  2Ô7. 
Couture  de  Gasny,  18. 
Crêpes,  signe  de  deuil,  210. 
Crcspières,    origine  de  ce   nom,  207, 

209,  210. 
Crochets  (les),  29. 
Croix  Blanche,  264. 
Croix  Brissct,  i4i. 
Croix  (la)  aux  femmes,  249. 
Croix  Musset  (la),  89. 
Croix  des  Rcposoirs,  03. 
Croix  Rouge,  286. 
Croix  des  Vignes,  182. 
Crosnes,    54  ;  chapelle    devient  église 

paroissiale,  160,  lOi. 
Crusy  (de),  Hugues,  i44- 


—  Soi   — 


Curé  de  Montchauvet  (Gros),  53. 
Cure  de  Montchauvet,  patronage,  58. 
CuiGNET,  jMadclaine,  lôa. 


Dadouville,  Robert,  io3. 

Dameville,  André,  i8i. 

Dammakt,  prévôt,  Sa. 

Dammartin,  26^  28,  35  ;  exemption  de 
donner  logement  aux  gens  de  guer- 
re, 39;  vente  des  biens  (1791),  4o  ; 
prisonnier  ayant  pris  la  fuite,  !\{i  ; 
foires  et  marcliés,  4G;  past  de  l'abbé 
de  Saint-Germain,  46;  exemi^tion 
des  subsides  ecclésiastiques,  ^9  ; 
prévôt  allumant  le  cierge  pascal, 
5o  ;  revenus  (1790),  52,  107. 

Damont,  Pierre,  i43. 

Dautère,  Pierre,  88. 

David,  i/li. 

Debras,  Louis,  53. 

Déclarations  de  1790,  109,  iGG,  178, 
23o,  264,  285. 

Dedde,  Guillaume,  chevalier,  96. 

Défense  de  conduire  les  bestiaux  dans 
les  prés  après  la  fauchaison,  279. 

Défrichement  des  bois,  107. 

Degast,  Mathurin,  prévôt  d'Avrain- 
ville,   109,  129,  i3o,  i3i. 

Dégâts  causés  parles  bêtes  fauves,  237. 

Delery,  26/1. 

Denise,  se  pend,  201. 

Denis  des  Moulins,  189. 

Denis  de  Sainte-Marthe,  a^i. 

Dénombrements,  76,  107,  igo,  206, 
22^,  234,  239,  259. 

Descau.Es,  curé  de  Montchauvet,  (io. 

Descarriijres,  Pierre-Dionis,  ii5. 

Descoubi.eau,  marciuis  de  Sourdis, 
seigneur  de  Jouy,  235. 

Descouville.  5. 

Desmallevili.e,  Jean,  200. 

Despineil,  Thibault,  i/|8. 

Desplanches,  4 . 


DiANïde  Poitiers,  5i. 

Diocèse  de  Langres,  i. 

Dîner  du  prévôt  de  Ghàleaufort,  189, 
242. 

Dîmes  de  Villebon  contestées  par  An- 
toine Sanguin,  20. 

Dîmes  de  charnage,  202. 

Dîmes  de  vin,  conditions,  quotité,  171, 
202. 

Do,  Etienne,  protonotaire  apostoli- 
que, 20G. 

Domaine  royal,  64- 

Don  d'une  table  ouvrée  d'or,  6. 

Donations,  94. 

DoRMANs  (de),  Charles,  conseiller  au 
Parlement,  244. 

Dotation  d'un  chapelain  pour  tenir 
école  à  Antoni,  270. 

Dotation  d'une  maîtresse  d'école, 
209. 

Double,  Michelin,  97. 

DOURDAN,   I  i5. 

Douté,  Jean,  ir. 

Douté,  Guillon,  5. 

Drogon,  comte,  3i,  42,  43. 

Drogonde  Montaudier,  abbé  de  Saint- 
Germain,  2G2. 

Droits  des  habitants  en  la  forêt  des 
Alluets,  208. 

Droits  seigneuriaux  (laSo),  aSo. 

Droits  honorilîques,  contestations, 
127. 

Droit  de  banvin  violé,  i5o. 

Droit  dépêche  dans  la  rivière  d'^  er- 
res, i53  ;  vendu,  i54. 

Droit  de  gîte  du  Roi  là  Antoni,  277. 

DiiDi  i:t,  Jclian,  religieux,  jirévôl  d' V- 
^rainvill(^ 

DUBRAV,    177. 

Dubois,  Vincent,  32. 
Dubois,  25 i. 

DuBREUiL,  i3,  i4,  187,  267. 
DuBUsc,  Jean,  iGi. 
Duc  de  Guise,  197. 
Duc  de  Vendôme,  169. 


—  3o2 


DucLos,  Nicolas,  298. 

DuGAS,  Mathurin,  ia3. 

DuMAZY,  François,  25. 

DuPRÉ,  Denis  et  Catlierine,  67. 

DuPRESsoiR,  Pierre,  89. 

Dupuis,  Louis,  liuissier  au  Chàtelct  de 

Paris,  377. 
DuvAL,  Nicolas,  177. 
DuvAL,  Louis-Andi'é,  24. 


Ebblonde  Solier,  moine  de  Cormery, 
2G0. 

Echanges,  77. 

Echainvilliers,  fief,  11 5. 

École  de  Longnes,  34- 

Ecquevilly,  176. 

Edmond,  roi  d'Angleterre,  0. 

Edouard  de  Yillepreux,  211 . 

Eaux  amenées  à  Antoni,  280. 

Effiat  (d'),  marquis,  seigneur  de  Mas- 
sy,  2^7,  2^8. 

Egli,  ii3. 

Eglise  profanée,  70. 

Eglise,  réparations. 

Église  de  la  Gcile-Saint-Cloud,  incen- 
diée par  les  Normands  (8^6),  280. 

Emant,  187. 

Emeline,  180. 

Emeune,  comtesse  d'Alençon,  108. 

Emeline,  mairesse  de  Cachant,  210. 

Enfant  trouvé,  128. 

Entrc-les-Bois,  27. 

Enville  (d'),  duchesse,  20. 

Epiais  (des),  moulin,  52,  53. 

Epidémie  sur  les  animaux  (170^), 
281. 

Épinay-sur-Orge,  acquisition  d'im- 
meubles, 98  ;  possessions  de  Saint- 
Germain-des-Prés  au  IX''  siècle,  91  ; 
sa  situation  en  i38/i,  95  ;  l'orme 
d'Épinay  ;  dîmes,  9^,  99,  loi  ;  égli- 
se, patron,  Saint-Germain  I\-XIV' 
siècle;  après  le  XVP  siècle;  patrons, 


saint  Gilles  et  saint  Lcu,   loo-ioi. 

Eremburge,  veuve  de  Rainaud  Coutu- 
rier, 208. 

Ermenonville  (d'),  Jacqueline,  i53. 
Un. 

Ermites  de  Notre-Dame-la-Désirée,  5. 

Escoubleau  (d'),  François,  seigneur  de 
Sourdis. 

EsNOY  (d'),  Pierre,  io3. 

EsPAVES,  i58. 

Estallage,  89. 

EsTRÉEs  (d'),  monseigneur,  évêque  de 
Laon,  abbé  de  Saint-Germain 
(1774),  34. 

EsTRÉEs  (d'),  cardinal,  abbé  de  Saint- 
Germain,  48. 

Esturgeon  (de  1'),  demoiselles.  3o. 

E lampes,  ii/'i,  186. 

Étang  (de  1'),  habitants,  178,  212. 

Etienne,  chevalier,  25 1. 

Etienne  de  Garlande,  168. 

Etienne  de  Macy  (1162),  272. 

Etienne  de  Meudon,  .198,  208. 

Etienne  de  Quinquempois,  198. 

Eude,  évêqiie  de  Paris,  io4. 

Eude,  abbé  de  Saint-Germain,  77,  198, 
287. 

Eudes,  évoque  de  Tuscule,  cardinal, 
légat  du  Saint-Siège,  i25,  227, 
2C8. 

Eude,  prieur  de  Montchauvet,  58. 

Eude,  prévôt  et  prieur  de  Villeneuve- 
Saint-Georges,  i35,   iG3. 

Eudes  Briart,  1G8. 

Eude  Pcrcenat,  i58. 

Eudes  le  Roux,  174,  258. 

Eugène  III,  pape,  58,  71. 

Eustache,  abbesse  d'Yèrcs,  i33. 

EusTACHE  d'Ortignies,  17O. 

Evêque  de  Digne,  2r)3. 

Evoque  de  Tulle,  2fii. 

Evrard  de  Yillepreux  (12 18),  an. 

Exemption  de  péage,  182  ;  de  droits 
pour  les  vins  de  Yilleneuve-Saint- 
Georges,  iSa. 


—  3o3  — 


Faculté  de  vendanger  sans  permission, 

275. 
Fagot,  Jean,  curé  de  Sainl-Martin-la- 

Garenne,  Ix. 
Faradin,  curé,  i!x,  i5. 
Faux  monnayeurs   trois   fois  pendus, 

347- 
Ferté-Aleps,  108,  109,  ii5,  117.  292. 
Feret,    Hippolytc,    vicaire   et  olFicial 

de  Pontoise,    pour  l'arctievcque   de 

Rouen,  182. 
Ferrenelle    de    Claincourt,  demoi- 
selle, 176. 
Ferri,  Henri,  i64. 
Eerri  de  Valenton,  162. 
Ferric  du  Païe,  160. 
Ferric  d'Anet,  iGo. 
Fessard,  25. 
Fesson,  pont,  292. 
Feydeau,  Jean, 270. 
Feuilleret,  Jean,  122. 
Fillette  (la)  de  Montchauvet,  fief,  28, 

38,  40. 
Fillet  (du),  seigneur  de  Yillarccaux, 

20. 
Fleurs,  Adam,  ermite  de  Notre-Dame- 

la-Dcsirée  (1649),  7- 
Fleury,  village,  201. 
Flinquet,  Marguerite,  208. 
Follaiiivillc,  12. 
Folimouchet  (de),  foret,  178. 
Fondation  d'un   service  anniversaire, 

75. 
Fondations   de  deux  messes  à  Nolre- 

Dame-la-Désiré,  3. 
Fondations  dans  l'église  de  Sainl-Ger- 

main-des-Prés,  262. 
Fontaine  du  lîois,  2. 
Fontaine  de  Hérisson,  m. 
Fontenay-sous-Bagneux,  200. 
Forestier,  Pierre,  i58. 
Forêt  des  AUuets,  21 3. 


Foret  de   Cruye,  211,  21 3. 

FoREST  (de  la),  Hermand,  chapelain  de 

Notre-Dame-laDésirée,  0,  7,20. 
Forges  ("des),  seigneur,  96. 
Formariage,  partage  des  enfants,  87, 

283. 
For  telle  (la),  27,  29,  3C,  40. 
Fosse  aux  Gibets,  52. 
Fosses  (des),  fief,  62. 
Fosse  (de  la),  Louis,  122. 
Fosse  (de  la),  Éléonore,  236. 
Foulques,    abbé     de    Saint-Germain, 

4'i,  2i4. 
F0ULQUIER,  moine,  93. 
FouAssiER,    Denis,  2i3. 
Foulon,  Jean,  i85. 
Four  (du),  Gilles,  78. 
Four  (du),  rue,  149. 
Four  banal,  i52,  274,  284. 
Fourches,  paroisse,  6. 
Fourneau  (le),  lieu  dit,  4i. 
Fraimbault,  ii4. 
Franquu.lon,  Jacques,  iîS!\. 
Frayeurs  causées   par   des  spadassins 

armés,  235. 
Frédéric  d'Anet,  160. 
Frémenville,  i  78. 
Frères  de  l'Hùtel-Dieu  de  Paris  (127G), 

238. 
Frère    Guillaume,   Maître  du  Déluge, 

108. 
Frcsnes,  80,   176,  21)0,  21 3,  2(1 '1,  391  ; 

maître  d'école,  291 . 
Frodole,  maire  de  Verrières,  254. 
Froger,  Jehan,  i47- 
FuRSTEMBERG  (de),  cardinal,   i4o,  i5'i, 

290. 
FusTEL,  Jacques,   chapelain  de  Notre 

Dame-la-Désirée  (i0i5t,  10. 
FusTEL,  Jacques,   religieux,  procureur 

de  Saint-Germain-desPrés,  21)7. 


G 


Gagny,  sieur,  249. 


—  3o4  — 


Gaize  Boullet,    89. 

Gamaches  (de),  Pierre,   176. 

Gafin  de  Guibelleville,  seigneur  du 

Perray,  92. 
Garnier  de  Maxtes,  76. 
Garches,  première  église  dédiée  à  saint 

Louis  (1297),  219. 
Garges,  moulins,  249. 
Garlande   (de),  Etienne  et  Amaury, 

i4a. 
Garrel,  38. 
Gaurel  (de),  bois,  38. 
Gauldry.  Jean,  201. 
Gautero.n,  Guillaume,  2o3. 
Gautier,  sieur,  ^7. 
Gautier,  Hector,  65. 
Gautier,  Jean,  122. 
Gaultier,  archevêque  de  Sens,  i45. 
Gaultier,    abbé    de    Saint-Germain, 

387. 
Gazon  de  Montreuil,  i5o. 
Gefosse  (de)  territoire,  72. 
Génainville,  20,  38. 
Géneamillc,  forêt,  45. 
Gendre,  chapelain  de  Notre -Dame-la- 

Désirée  (i663),  10. 
Geneviève,   veuve  de  Pierre   Roussel, 

2o3. 
Geneviève  de  Glamart,    ig'i. 
Génitolon  (de),  bois,  38. 
Genoux,  abbé,  conseiller  au  Parlement 

de  Paris,  11  o,  124. 
Geoffroy,  évêque  de  Paris,  106,125, 

219. 

Geoffroy,  abbé  de  Saint-Germain-des- 

(Prés,  43,  272. 
Geoffroy,  évêque  de  Chartres,  07. 
Geoffroy,    Coquatrix,   échanson   du 

Iloi,  108,  202. 
Geoffroy,  ii3. 
Geoffroy  de  Lovens,  121. 
Geoffroy  Curial,  chevalier  de  Senlis 

(1200),  94. 
Georges,  écuyer,   chirurgien  du    Roi 

(1716),  241. 


Gérie,  lieu  dit,  29. 

Gérard,  abbé  de  Saint-Germain-des- 

Prés,  59,  i35,  189. 
Gérard  de  Pseauphle,  216. 
Gerart,  23o. 
Germonville,  116. 
Gerville,  16,  18,  20. 
Gilbert,  180. 

GiSLEBERT  de  LoNGUESSE,    191. 

Gilles  DE  Clamecy,  259. 
Gilles  de  Compiègne,  garde  de  la  Pré- 
vôté de  Paris,  i63. 

GiLLET  de  CuISSY,   l6o. 

GiLLOT,  Charles  (dom),  censivier  de 
Saint-Germain-des-Prés,  11 4. 

GiLON,    180. 

GiLON  DE  NOU,   210. 

Girard  de  Mans,  abbé  de   Saint-Ger- 
main-des-Prés, 95. 
(jiRARD,   149. 

G  irard  le  Charron,  sa  surveillance,  1 5 1 . 
GiRARDEAu,  10 r. 
Glenico  (de),  Hervé,  43. 
Godard,  Lucien  (dom),  172. 

GODEFROID  DE   SaULX,  198. 

GosLÈNE,  évêque  de  Chartres,  58. 

GosLÈNE  DE  Lèves,  évêque  de  Char- 
tres, 68. 

GouESLE,  avocat  au  Parlement. 

Grand  (Le),  Mathurin,  28. 

Grand  (Le),  Jean,  34. 

Grands  Champs  (les),  fourches  patibu- 
laires, 46. 

Grandmontins  fies),  ou  Bonshommes 
de  Vincennes,  i5o. 

Grange  au  Prieur,  i23. 

Gras  (les),  100. 

Graviers  (les),  98,108. 

Graviers  aux  Gascons  (les),  249. 

Graveois,  176. 

Gravelle,  iio. 

Gredeux  (les),  lieu  dit,  63,  64. 

Grégoire  IX,  pape,  260,  261. 

Grégoire  de  Velly  (ou  de  Villy), 
220,  229. 


-  3o5  - 


Grégoire,  Antoine,  127. 

G  ressaye,  38. 

Grignon,  iG,  21,  187. 

Gruerie  dans  les  bois  de  Cliâteaufoit, 

2o3. 
GuENEviLLE(de),  Raoul,  173. 

GUERARD,    222. 

GuERCiiE  (ou  Garche),  i25. 

GuERENiELLE,  Jehan,  201, 

GuÉRiN,  Pierre,  prieur  de  l'hôpital  de 

Jérusalem,  76. 
GuÉRiN,  doyen  de  Wissous  (i23G),  77. 
GuERLANDE  (de),  Guillaumc,  43. 
GuERLANDE  (de),  Guy,  43. 
GuERMONT,  Robin,  1/17. 
Guerre  de  Cent  ans,  97,  375. 
Guerre  avec  le  comte  de  Flandre,  i44. 
Guerres  religieuses,  ruines,  262. 
Guerrier  (moulin).  Longues,  3i. 
GUERVILLE,   G2,   65. 
GuiBERT,  Louis,  i54. 

GUIBEVILLE,  IIO,  I  iG,    124,    laG. 

GuiBouRG,  Jean,  io5. 

Guillaume,  évêque  de  Paris,  i33,  157. 

Guillaume,  abbé  de  Saint- Gcrmain- 
des-Prés,  4,  108,  271. 

Guillaume,  évêque  de  Meaux(i 5 1 7),  4G. 

Guillaume,  abbé  de  Fécamp,  76. 

Guillaume  de  Paray^(i228),  85. 

Guillaume  le  Bougre,  108. 

Guillaume  de  Tuiais,  109. 

Guillaume  le  Breton,  m. 

Guillaume  de  Villeneuve  Saint-Geor- 
ges, i34. 

Guillaume  111,  évêque  d'Agen,  légat 
du  pape,  i45. 

Guillaume,  officiai  de  Paris  (1291), 
129. 

Guillaume,  doyen  de  Valenton,  iG3. 

Guillaume  de  Garlande,    igS. 

Guillaume  de  Saint-Mautial  (i235), 
198. 

Guillaume  Fusée,  seigneur  de  Ville- 
bon,  199. 

Guillaume  Poupée,  2o4. 


Guillaume  de  Gouunay,  273. 
Guillaume  de^Poissy,  écuyer,  283. 
Guillaume  de  Mésalant,  283. 
Guillard,  Jean,  25. 
Guillou,  Denis,  i85. 
GuiMER,  Jean-Jacques,  24. 
GuiNCHEUx    (de),    Jean,   seigneur    de 

Corbeille,  G7. 
Guy  de  Soisy,  77. 
Guy,  rehgieuxde  Saint-Germain-des- 

Prés,  cuisinier,  io4. 
Guy  IV  de  Chevreusc,  107,   197,  233, 

283. 
Guy  de  Montmirail,  i56. 
Guy,  abbé  de  Saint-Denis,  220. 
Guy  de  la  Roche,  179. 
GuYOT,  ancien  commissaire  au  Châte- 

let,  119. 


H 


Habitants    de   Palaiseau   (les)   pillent 

les  fermes   de    Saini-Germain-des- 

Prés,  25 1. 
Hache,    chapelain  de  Notre-Danie-la- 

Désirée  (1790),  9- 
Hallage,  39. 
Hallegret,  Ollivicr,  G2. 
Halles  (des)  rue,  149. 
Hallociie,  ii4- 

Hameaux,  écarts  et  lieux  dits,  201. 
Hanger  (de),  Guillaume,  i38. 
Hangot  Amand,  72. 
Haranger,  Henri,  65. 
Harent,  Pierre,  clerc,  96. 
Haudebert  du  Buisson,  109. 
Hautcs-Comptées  (les),  i5. 
Haut-Gagny,  iSg. 
Haute  justice    exercée    par    le    Uoi. 

(i358),  229. 
Hébert,  Michaut,  ii. 
Hédouint,  Eustache,  7. 
Helloiin  de  Meulan,  208. 
llÉLYE,  Anlhiaume,  procureur  du  Uoi. 

a43. 

ao 


3o6  — 


Henry,    abbé   de   Saint-Germain,  87, 

2G1. 
Henri  de  Villemorin,  i-3. 
Henri,  Mathieu,  i46. 
Henri  de  Créteil,  i63,  201. 
Henri  de  Lorraine,  202. 
Henri  de  Ventime,  206. 
Henri  de  Crosne,  210. 
Henri  I",  267. 
Henri,  Chevalier,  271. 
Herbert,  prévôt,  26. 
Herbert,    prieur  de  la  maladrerie  de 

Meulan,  191. 
Herbert  de  Meulan,    180. 
Hérisson,  117. 
Hersinde.  271. 
Hervé,  abbé  de    Saint-Germain-des- 

Prés,  37. 
Hescelin  de  Longueville  (1289),  107, 

108. 
Heurteloup,  26,  28,  2g,  46,  62. 
Hildeburge,  175. 
HiLDUiN,   abbé  de  Saint-Germain,  92, 

162,  255. 
HiLSON,  Denis,  i48. 
Hirondelle  (de  1*),  rue,  Paris,  17. 
HoDENT,  i5,  16,  19,  20,  21,  22,  25. 
HONORIUS  111,  70. 

Honte  (la),  lieu  dit,  199. 

Hôpital  (F),  ferme  des  Templiers,  173. 

Hôpital,  157. 

Horloge,  280. 

Hospitaliers  de  Jérusalem,  lAg. 

HosTELiER,  Simon,  i36. 

Hôtel-Dieu  de  Paris,  21,  2  58. 

Hôtel  de  Bourg-la-Reine,  258. 

HouDAN,  26,  35,  47,  5i. 

HouviLLE,  38,  46. 

Hubert,  meunier  à  Montchauvet,  54. 

HuGOLiN,  Forestier,  258. 

Hugues,  archevêque  de  Rouen  (1060), 

10,  4i. 
Huguenots,  ravages,  288. 
Hugues   H,    archevêque    de    Rouen, 

180. 


Hugues  le  Grand,  187,  253. 

Hugues  de  Lyonne,  ambassadeur  près 

le  Saint-Siège,  288-89. 
Hugues,  abbé  de  Saint-Germain-des- 

Prés,  5i,  57,  58,  i42,  i49,  168,  221, 

257. 
Hugues  III,    abbé  de  Saint-Germain- 

des-Prés,  54- 
Hugues  IV,  abbé  de  Saint-Germain- 

des-Prés,  98. 
Hugues   V,    abbé   de   Saint-Germain- 

des-Prés,  43. 
Hugues  VI  de  Flacourt,  abbé  de  Saint- 

Germain-des-Prés,  178. 
Hugues  de  Montceaux,  abbé  de  Saint- 

Germaindes-Prés,  186,  191. 
Hugues   d'Yssy,    abbé    de   Saint-Ger- 

main-des-Prés  (1246),  i25,  220,  227. 
Hugues  de  Stavel,  43,  271. 
Hugues  Sancti  Caravim  (1128),  71. 
Hugues  de  Crespy,  i58. 
Hugues  DE  Laieville,  179. 
Hugues  de  Septeuil,  191,  281. 
Hugues  de  Sardé,  2o4. 
Hugues  I",  comte  de  Meulan,  2o5. 
Hugues   de    Pontoise,   prévôt   de    la 

Celle,  227. 
Hugues  de  Jouy,  288. 
HuissoN,  292. 
Hunnegourt,  19,  21,  22. 


Igny,  246,  247,  272,  278,  276. 

Ile-aux-Vaches,  36. 

Imbert,  évoque  de  Paris,  i55,  267. 

Indulgences  accordées  aux  pèlerins  de 
Notre-Dame-la-Désirée,  6. 

Ingilbert  d'Antoni,  81. 

Ingelgrand,  homme  de  corps,  272. 

Injures  de  Pierre  Royer,  vicaire  per- 
pétuel d'Avrainville,  129. 

Innocent  H,  pape,  71. 

Instruction  primaire,  î4,  2x6. 

Intingans,  Thomas,  reUgieux  de  Saint- 


—  3o7  — 


Germain-des-Prés,  chapelain  de  No- 
tre-Dame la-Désiréc,  8,  lo. 

Invasions  des  Normands,  255. 

Irminon,  6i,  90,  100,  106,  i32,  i55, 
159,  189,  211,  2i4,  233,  282,  233, 
35i,  253. 

IsLES  (deT),  secrétaire  du  Roi,  289. 

Issy,  176,  192. 

Ivry,  bataille,  33. 


Jacquart,  NicoUe,  99. 

Jacques  de  Palestrine,  légat  du  Saint 

Siège,  i5o. 
Jacques  du  Cellier,  259. 
Jardies,  prieuré,  226. 
Jean,  François,  53. 
Jean,  54- 

Jeanne,  comtesse  de  Champagne,  60. 
Jean,  comte    de   Mâcon,    seigneur  de 

Ghilly  (i233),  77. 
Jean  de  Frêne,  92. 
Jean  de  Villevant,  chevalier^  96. 
Jehan    de  Brétigny,  prévôt  de  Mont- 

Ihéry,  96. 
Jean  de  Thies  (ou  Thiais),  108,  1 13 . 
Jehan  de  la  Ruelle,  i63. 
Jehan  d'Issy,  i58,  193,  2o4. 
Jehan,  abbé  de  Saint-Victor,  198. 
Jean  de  Meudon,  199. 
Jean,  abbé  de  Saint-Gcrmain-des-Prés, 

20,  5o,  i5i,  21G. 
Jean  de  Vernon,   abbé  de  Saint-Ger- 

main-des-Prés,  217. 
Jean  de  Villeparisis,  220,  229. 
Jean  de  la  Marche,  208. 
Jean  de  Varennes,  prévôt  d'Antony, 

261. 
Jean  de  Macy,  273. 
Jeuamet,  Pierre,  secrétaire  du  Prince 

de  Condé,  280. 
Jeceeroy,  abbé  de  Sainl-Gcrmain-des- 
Prés,  37,  93. 

JODRY  de  GoURCELLES,  96. 


JOHANNOT  DE  MeRRY,  269. 

Jourdan,  33. 

Jouy-en-Josas,  233. 

Jury  (1289),  96-97- 

Justice  du  roi  et  de  Saint-Germain- 

dcs  Prés,  9G. 
Justice.  98. 
Justice  de  l'homicide  réservée  au  Roi, 

220. 
Justice  usurpée,  2^2. 
Juvisy,  98,  102. 


Laas,  77,  258. 

Lachaise,  jésuite,  confesseur  de  Louis 
XIV,    possédait    Beaurogard    et   fit 
construire  le  château,  281. 
Laine,  4o. 

Laistrc  (de),  terre,  229. 
Lambert,     Regnault,     demande     des 

droits  honorifiques,  n5,  i3o. 
Lambert,  Antoine,  1x5. 
Lamoignon,  seigneur  de  Boissy,  124. 
Lanchy  (de),  reUgieux  de  Saint-Ger- 

main-des-Prés  (i656),  287. 
Lanfroy,  abbé,  25 1. 
Lannoy  (de),  secrétaire  du  Roy,  280. 
Lanternier  (du),  fief,  18. 
Larcher,  Bertrand,  maire  de  Meudon, 

(1285),  202. 
Lardy,  109,  iio,   m,  ii4;  cession  de 

la  seigneurie,  116,  i24- 
Lasseray,  Denis,  i85. 
Laurent,  Philippe,  receveur  de  Saint- 

Germain-des-Prés.  288. 
Lavigne,   maître  d'école  à  Monlchau- 

vet,  53,  54. 
Lebeuf,  102,  174- 
Leboucher, Jean,  i5o. 
Le  Breuil,  93. 
Leureton,  3i. 

Lecellier,  François,  curé,  i5. 
Lefebvre,   André,   ermite  de  Nolrc- 
Dame-la-Désiréc  (1642).  7- 


—  3o8  — 


Lefebvre,  Marie-Madeleine,  25. 

Lefebvre,  notaire  à  Paris,  53,  65. 

Legrain,  Nicolas,  i52. 

Legrand,  Pierre,  194. 

Legrand,  René,  fils  du  procureur  de 
Saint-Germain-en-Laye,  212. 

Legrand,  Michel,  212. 

Legros,  i/i2. 

Legs  pieux,  59. 

Leguay,  André-Jacques- Victor,  25. 

Lejay,  Nicolas,  premier  président  au 
Parlement  de  Paris,  83. 

Lejay,  Alexandre-Guillaume,  sei- 
gneur de  Saintry,  abbé  commenda- 
taire  de  Cherbourg,  84. 

Lemaitre,  Jean,  i64. 

Lemaitre,  Toussaint,  17,  180. 

Lemestre,  Charles,  curé  de  Saint-Mar- 
tin-la-Garenne  (1647),  7- 

Lemoine,  Pierre,  curé  d'Antoni,  269. 

Lenoir,  conseiller  du  Roi,  171. 

Lepicard,  Hubert,  i43. 

Le  PiLEUR  de  BRÉVANiNES,    168. 

Les  lépreux  de  Meulan,  191. 
Leprètre,    Nicolas,    président    de    la 

Cour  des  Aides,  227. 
Leroy,  Robin,  i36. 
Leschaudert,  Simon,  61. 
Lesueur,  Guillaume,  5. 
Lezay,  Jehan,  i63. 

LeVY-SaINT-NoM,   232. 

LiANGouRT  (de),  seigneur  de  Roche- 

guyon,  7. 
LiBoiRE,  Henri^  i48. 
LicoLiERS,  Raoul,  75. 
Lieux  dits,  4i,  195,  207,  245. 
Limeil-en-Brie,  174,  258. 
LiROND,  149. 
Litige  entre  Saint-Maur-des-Fossés  et 

Saint-Germain-des-Pi'és,  120. 
Livres  liturgiques,  i3o. 
LoizELÈvEs  (de),  Pierre,  abbé  de  Saint- 

Germain-des-Prés,  106. 
LoizEL,  curé,  i5. 
Longjumeau,  io4. 


Longneray,  246,  249. 

Longues,  26,  28,  29  ;  exemption  de 
loger  les  gens  de  guerre,  32  ;  Saint- 
Sauveur  de  Mirebel,  église,  33  ;  No- 
tre-Dame-de-Bonne-Nouvelle,  33  ; 
Robert  de  Longnes,  prieur  de  Dam- 
martin,  5o. 

Longpont,  98. 

Longuesse,  i4,  175,  i84. 

LOTIIAIRE,   267. 

Louis  LE  Débonnaire,  92,  1G2,  220, 
255. 

Louis  VL  5i,  54. 

Louis  VIT,  10,  43,  44,  54,  257,  272. 

Louis  le  Pieux,  267. 

Louis  XI,  5. 

Louis  XII,  89. 

Louis  XIII,  161,  284. 

Louis  XIV,  225. 

Louis,  comte  d'Étampes,  2. 

Louis,  comte  d'Évreux,  i5i. 

Louis  de  Gasteneto,  210. 

Louvois,  refus,  225. 

Lourcinc,  fief,  j4o. 

Luc  de  Gif,  chanoine  de  Notre-Dame- 
de-Paris,  276. 

Lucas,  abbé,  247. 

LucE,  Louis,  63. 

Lucienne,  119. 

Lupeld'Ivry,  Villclm,  44- 

Lyonne  (de),  264. 

Lys  (du),  dames,  iio. 

Luxembourg  (de),  Jacques,  6. 

M 

Mabile  de  Chateaufort,  234. 

Mabillon,  ermite,  5. 

Mabillon,  219. 

Machault,  conseiller  au  Parlement, 
172,  197. 

Machault  (de),  sieur,  fortifie  sa  mai- 
son (1G07),  2X8. 

Machelard,  117. 

Magnitot,  17,  18. 


—  3of)  — 


Magny-cn-Vexin,  i5,  aS. 

Maillasson,  Etienne,  109. 

Mairie  (la),   206. 

Maison  de  la  Grille,  Mo. 

Maison  de  la  Tour,  1^8. 

Maison    pour   loger    les    pèlerins   de 

Terre-Sainte,  178. 
Maison-Rouge,  211. 
Maison-Dieu  de  Chartres,  258. 
Maison  de  la  Tour,  279. 
Maître  d'école,  3i,  i&5. 
Malades  d'Antoni,  269. 
Maladrerie,  60,  89,  259. 
Malabry  érigé  en  fief,  83. 
Malary,  Jean  (1/198),  49. 
Malaterre, Jean,  i34,  i45. 
Malet,  Nicolas,  177. 
Mallardot,  veuve,  4i. 
Manneville  (de),  seigneur  de  Baulhe- 

lu,  20. 
Mantes,  i,   a',.  25,  36,  45,  47,  48,  55, 
62  ;  portes,  rues,  lieux  dits,  76  ;  Bé- 
nédictins    de      Saint-Germain-des- 
Prés  et  de  Fécamp,  75. 
Marcadet,  Geneviève,  i5i. 
Marchal  de  Sainsey,  265. 
Marchand,  Georges,  245. 
Marche  (la),    église  construite   et  dé- 
diée  à   saint   Gilles   et  saint    Lcu, 
(1299),  217  ;  patronage,  217  ;  village 
éprouvé  par  les  fièvres  pernicieuses, 
218  ;    dîmes  abandonnées  au   curé, 
218;  curé,  sa  situation,  218. 
Marcoussis,  98. 
Mare  aux  Lancets,  66. 
INIare  pavée,  38. 
Marelle,  Jean,  écuyer,  78. 
Mareschal,    I"    chirurgien    du    Roi, 

241,  245. 
Marguerite,   veuve  de  Pierre  Duval, 

207. 
Marie  de  la  Celle,  280. 
Marh.lac  (de),  284. 
Marlnes,  18. 
Marion  de  la  Boisarde,  iG5. 


Marly-le-Roy,  château,  212,   222,  227. 
Marmerel,  lieu  dit,  i3'i. 
Marquise  (la),  dePalaiseau,  290. 
Martin,  Noël,  homme  de  corps,  87. 
Martin,  abbé,  i32. 
Martin,  Jean,  172. 
Martré-la-Celle,  hommes  libres,  227. 
Masserie  (la),  102. 
Masson,  Jean-Baptiste.  25. 
Massy,  86,  247,  257,  258,  273. 
Massy  ou  Maci  (dej,  Etienne,  81. 
Matar,  149. 
Matarder,  167. 
Mathieu,  évêque  d'Albano,  67. 
Mathieu  de  Vendôme,  abbé  de  Saint- 
Denis,  221. 
Mathieu  ou  Macyot,  Massiot  de  Ver 

1-4. 
Mathieu  DE  MoNTREUiL,  i5o. 
Mathieu  DE  Civiliaco,  178. 
Mathieu  de  Marly,  234. 
Mathieu  de  Thésennes,  210. 
Mathilde  de  Chateaufort,  234. 
Maugère,  81. 
Maugrin,  Guillaume,  77. 
Mauldre  (la),  rivière,  208. 
Maule  (deux  églises),  i8g,  190. 
Maulévrier  (de),  marquis,  124. 
Maumolin,  243. 
Mautemps,  sieur,  19. 
Mauvaise  plaisanterie  de  jeunes  gens, 

188. 
Mauvoisin,  Guy.   et  l'abbé  de  Saint- 

Wandrille,  71. 
Mauvoisin,  Pierre,  75. 
MauvoisiNj  Manasser,  75,  76. 
Maynaud,  Philippot,  élude  le  pressoir 

banal,  202. 
Médan,  192. 
Mêlées  atroces,  connaissance  réservée 

à  l'abbé  de  Saint-Denis,  220. 
Mdi.lissande,  femme  de  corps,  87. 
Mkm.oto  (de),  Drogon.  43. 
Melon  de  Troiaco.  173. 
Melloto  (de),  Guillaume.  43. 


3io 


Mense  conventuelle,  92. 

Mercier,  i55. 

Merisier  (le),  ag. 

Mesly,  fief,  i48,  170. 

Mesmin,  Lyon,  prieur  de  Saint-Michel 

de  Chevaudos,  (ligo),  81,  212. 
Messe  dominicale  à  INotre-Dame-la-Dé- 

siiée,  6. 
Messiers  de  Vissous,  88. 
Mets  de  mariage,  47. 
Meudon,  propriété  de  Saint-Germain- 

des-Prés,    de    Louvois,    Louis  XIV. 

Napoléon  i",  198  ;  château  brûlé  en 

1870,  198;  foires,  marchés,  20^. 
Meulan,  20,  178,  191. 
Meurtriers  condamnés  à  mort,  96. 
Meurtrier  en  fuite,  exécuté  en  efQgic, 

132. 

Miart,  lieu  dit,  5. 
Michaux,  i49- 
MiGNEAUx,  24(3,  248,  249. 

MiGNOT,  166. 
MiLLON  (1207),    Io4. 

MiLLON  DE  CoRBEiL,  chanoinc  de  No- 
tre-Dame-de-Paris, 276. 

MiLON,  Jean,  garde  de  la  prévôté  de 
Paris,  78. 

MiLON,  Jean,  78. 

Meir  (le),  Nicolas,  7. 

Meirebel,  26,  27,  28,  29,  87,  4(3. 

Moireau,  clos,  194. 

Moitié  (la),  fief,  .171. 

MoLARD,  François,  curé  de  Villeneuve- 
Saint-ÏNIartin,  182. 

Monastère  des  Hautes-Bruyères,  dio- 
cèse de  Chartres,  199. 

Monceau,  Arsène,  124. 

MoNNiER,  Pierre,  66. 

Mons,  81. 

Monsieur,  frère  unique  du  Roi,  290. 

MoNTAiGU  (de),  Guérin,  grand  maître 
des  Chevaliers  hospitaliers  de  Jéru- 
salem, 75. 

MoNTARSY,  seigneur  de  Bièvres,  240. 

MOiNTATERRE,  78. 


Montchauvet,  maladrerie,  28  ;  cou- 
tumes, courratiers,  sergents,  jurés, 
55  ;  prieurs,  57  ;  offrandes  faites  à 
l'église,  droits  des  religieux  et  du 
curé,  58  ;  dîmes,  59  ;  prieuré  ruiné 
par  les  gens  de  guerre,  67,  177,  206. 

Montcrevé,  160. 

M0NDEVILLE,  292. 

MONDREVILLE,  34. 

MoNDREviLLE  (de),  Simon,  37. 

MoNTDOR,  Alexis,  245. 

Montéclin,  seigneurie,  188  ;  Monté- 
clin- Yauboyen,  origine  de  ce  nom, 
287  ;  écarts,  288  ;  possessions  (i52i), 
289  ;  fief  saisi,  244- 

Montévrain,  friches,  buttes,  108-110, 
126. 

Montfort-l'Amaury,.  81,  5i,  52,  58, 
62,  187  ;  comtes,  2x4. 

MONTGERON,    l5^. 

Monthery,  donjon,  90,  97. 

Montmartre,  dames,  iio. 

Montois  (les),  17. 

MoRAiN,  Jehan,  curé  de  Chétainville, 

125. 

Morain,  rivière,  i33. 
Morand,  Philippe,  i56. 
MoREAu,  Jean,  79. 

MORIGNY,  8. 

Morillon,    Henri,  abbé   de  Saint-Ger- 

main-des-Prés,  262. 
Mouret,  fief,  284. 

MouFFLE,  notaire  à  Paris  (1690),  218. 
Moulin  banal,  droits,  128. 
Moulin  de  Montchauvet,  4o. 
Moulin  des  Vignes,  219. 
Moulin  de  Charlevanne,  221. 
Moulin   de  Grez,  257,  278  ;  ruiné  par 

les  Anglais,  288. 
Moulineaux  (les),  200,  257. 
Moulin  bas.  Longues,  3i  ;  moulin  haut, 

81. 
Moulins  (des),  fief,  20. 
Mouton,  François,  i4o. 
Moureaux  (les),  176. 


—  3ii  — 


N 


Nantilly  (de),  Robert  (iSsA),  36. 
Nature  du  territoire  de  la  CcUe-Saint- 

Cloud,  changée,  procès  (169),  228. 
Neauphlète,  3(3,  37,  16,  18,  ig. 
Neaupule-le-Yieil  (de),  abbé,  66. 

ISeRBAIN,    233. 

Neufville,  II 5. 

Neveu,  Nicolas,  curé  de  Chesnay,  2i5. 
N1CAISE  DE  Molle,  curé  de  Saint-Mar- 
tin de  Bouafle,  207. 
Nicolas,  Pierre,   abbé  de  Neauphle-le- 

Yieil,  194. 
Nicolas  de  Ballainvilliers,  96. 
Nivart,  lieu  dit,  igS. 
Nogent-l'  A  r taud ,  2 1 6 . 
Nogent-le-Roi,  5i. 
Noisy-le-Grand,  i35,  i63. 
Noisy  sur-Seine,  i4i. 
Normandie,  87. 
Normands    (les),  90  ;  ils  attaquent  la 

Celle-Saint-Cloud,  223. 
Notre-Dame-la-Désirée.    i    ;  reliques, 
6  ;    pèlerins,    7  ;    foire  ;    messe  à 
pain  et  eau    bénite,  8  ;    vente   des 
biens  (1790). 
Notre-Dame  des  Halles,  i3. 
Notre-Dame  de  Boulogne,  2  58. 
Notre-Dame  de  Pontoise,  268. 
Notre-Dame  de  Paris,  258. 
Nourrisson,  Marie,  172. 
Novales,  128. 
Noyers  (les),  110. 
NucoURT,  16-25. 


Obligation  de  mettre  de  la  paillle 
dans  l'église,  \^8. 

Obligation  de  nourrir  3  religieux  de 
Saint-Germain-des-Prés  avec  leurs 
domestiques  et  leurs  chevaux,   112. 


Obligation  d'assister  à  la  messe  sans  y 

parler,  278. 
Odox,    abbé    de    Saint-Germain-dcs- 

Prés,  i32. 
Odon,  trésorier  de  Saint-Germain-des- 
Prés  (1222),  238. 
Oliviers   (des),  Charles,  commissaire 

ordinaire  de  rartilleric.  236. 
Ollive,  Jean,  66. 
Ollive,  Guillaume  (1376),  239. 
Omerville,  10-2I. 
Ordonnances  contre  les  blasphèmes  et 

les  jeux  de  hasard,  278. 
Orge,  rivière,  90,  98,  109. 
Orly,  Jean  et  Pierre,  78. 
Ormes  plantés  sur  la  voie  d'Arpajon  à 
la  Ferté-Âleps,    1 1 2  ;  sur  les  routes 
de  Paray,  84;  procès,  84. 
Ormessox  (d'),  Simon,  chevalier,  78. 
Orréc,  lieu  dit,  igS. 
Oudard,  170.       • 
OzANNE,  Barbe,  5. 


Pacage,  droit,  276. 
Paillard,  Augustin,  286. 
Paimpon,66. 

Pains  de  Saint-Étienne,  160. 
Palaiseau,  200. 
Pampeluse,  Jean,  i36. 
Panetier  du  duc  d'Anjou,  i . 
Paray,    78  ;    droits   et    devoirs,    81  ; 
affranchissement  des  habitants,  82  ; 
présentation  à  la   cure,  85;  église, 
85  ;  biens  de    la  cure,  85  ;  plusieurs 
servitudes,  82-83.  262. 
Parc  de  Versailles,  2  25. 
Paroisse  de    la    Marche   unie  à   Vau- 

cresson,  218. 
Passage,    pèche,    voirie    à  Villeneuve- 
Saint-Georges,  i52,  i5'|. 
Past  de  l'abbé,  227. 
Paul  IV,  pape  (iSôg),  34. 
Paumiur,  4i- 


3l2 


Pavillon,  Etienne,   secrétaire  du  Roi, 

228. 
Péant  de  Saint-Gilles, notaire  à  Paris, 

9'  "T- 
Pêcherie,  220. 
Pelisson-Fontaimer,  monseigneur,  Sa , 

84,  i55,  389. 
Pelletier    (le),   Pierre,  auditeur  des 

comijtes,  2  1 6. 
Pelletier  (le),  Pouillé,  100. 

Pendus  (des),  fief,  11,  62. 

Pension  du  curé,  2x5. 

Pépin  le  Bref,  182,  261. 

Péreau,  Anne,  i4o. 

Pérette,  cloche,  Longnes,  34. 

Permission  de  vendre  toute  espèce  de 
pain  le  dimanche,  274. 

Perriault,    Gilbert,    maire  de   Meu- 
don  (i488),  202. 

Peste  noire  (i348),  34,  209. 

Pétel,  ile,  3. 

Petit,  sieur,  i4i. 

Petit,  Guillaume,  204. 

Petit-Tertre,  89. 

Petit- Vaux,  96. 

Petite-Colleric,  278. 

Petits  couteaux  de  Saint-Etienne,  i5i. 

Pétromlle  de  Glatigny,  2I(3. 

Philippe  I",  43,  106,  126,  187,  271. 

Philippe-Auguste,  3i,  36,  44,  45,  179, 
208,  258. 

Philippe   Jll,  ou   le  Hardi,    1 89,   220, 
242. 

Philippe  V  (i3i8),  5i. 

Philippe,  comte  d'Évreux,  55. 

Philippe,    archidiacre    de  Poissy,   55 
57. 

Philippe,     dame    bienfaitrice    (1198), 
222,  224. 

Philippe  Laurens,  dom,  prieur  claus- 
tral de  Saint-Germain-des-Prés,  268. 

Philippe,  abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  220. 

Philippe,  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés,  272. 


Picard,  149. 
Picard,  Hubert,  1C8. 
Picard,  Pierre,  178. 
PiCHOT,  religieux,  prévôt  de  Villcneu- 
ve-Saint-Georges,   i35. 

Pierre,    abbé  de   Saint-Germain-des- 
Prés,  ii3,  186,  187,  276. 

Pierre,  évèque  de  Paris  (1210),  286. 

Pierre,  Aicolas,  abbé  de  Neauphle,  87. 

Pierre   de  Nemours,  évêque  de  Paris, 
(1209),  217,  226. 

Pierre  de  Chevreuse,  243. 

Pierre  de  Courpalay,  moine   chroni- 
queur, \l\'  siècle,  252. 

Pierre    de    Concigny,    aumônier   du 
Roi  (i285),  i63,  178. 

Pierre  de  Maule  (1180),   190. 

Pierre  de  Meudon,  ancien  maire,  200, 
2o4. 

Pierre  de  Longuesse,  moine  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  175,  191. 

Pierre  de  Marly,  211. 

Pierre  de  Milly,  286. 

Pierre  de  Thiais,  210. 

PiERREFORT   (de),  Jean,    chanoine  de 
Chartres,  75. 

Pierrefritle,  187. 

PiFFRET,  Guillaume,  marguillicr,  128. 

PixET,  Etienne,  i5. 

Pipinel,  Guérin,  vicaire,  207,  271. 

Pitance  de  poissons,  98. 

Pitance  de  l'abbaye,  228. 

Plaids  généraux  des  religieux  de  Saint- 
Denis  à  Rueil,  221. 

Plains  (les),  Septeuil,  67. 

Planche  (de  la),  moulin,  64. 

Planche  (de  la)   de  Mortièrcs,   Jules, 
io5. 

Plantation  de  la  vigne,  107. 

Plàtrières,  281. 

Plessis-Saint-Pierre,  io4. 

Plessis-Piquet,  seigneurie,  285. 

Ployebauch,  i64. 

Poiriers  (les),  lieu  dit,  17. 

Poissy  (de),  fief,  30,  43,  179,  192,  271. 


3i3 


Polyptyque  d'Irminon,  35. 

PoNsiN,  Robert,  ig^. 

Pont  (du),  Robert,  ii8. 

Pont-aux-Anes,  278. 

PoNTOMER,  Renaud,  i5o. 

PopiER,  Pierre,  64. 

PoRMOz  (de),  Jean,  72. 

Portion  congrue,  280  (i655-i68i). 

Posscssionig  de  Saint-Germain-des-Prcs 
à  Paray,  79. 

PoTEL,  Catherine,  io5. 

PouLLAiN,  Perrin,  i^-]. 

PouPEL,  Jean,  49. 

Poussin^  Jean,  4o. 

Préaux  (des),  ÎNicolas,  i35. 

Préaux  (les),  lieu  dit,  1 35. 

Pré-Cornu,  lieu  dit,  i35. 

Pressoir,  107. 

Pressoir  démoli,  201. 

Pressurage,  88,  89  ;  révolte  contre  ce 
droit,  88. 

Prévôt,  Jean-Baptiste,  286. 

Prévôt  d'Aîîet,  32. 

Prévôt  de  Paris,  sentence,  66. 

Prévôts,  i/io,  277. 

Prieuré  de  Septeuil  grevé  de  dettes, 
61. 

Prieuré  des  Bénédictins  de  Saint-Denis 
à  Bouafle,  207. 

Princes  de  la  famille  royale  à  Berny, 
290. 

Prince  de  Condé,  2^9. 

Procès,  entre  Pierre  Roger  et  les  Béné- 
dictins, 129. 

Procès  entre  les  habitants  d'Antony, 
de  Verrières  et  les  habitants  de  Pa- 
ris, 279. 


Q 


Quatre-Vents  (hôtellerie  des),  1 1 1 , 


Rainaud,  évoque  de  Chartres,  i. 


Rainaud,    Couturier,    maire    de    Ba- 

gneux,  258. 
Raoul  de  Vitré  (1289;,  96. 
Raoul  DE  Guerville,  i58. 
Raoul  de  Bellefontaine,  191. 
Rabelais,  curé  de  Meudon,  2o'|. 
Ratouillet,  Gabrielle,  prêtre,  vicaire, 

171. 
Raymond,  abbé  de  Saint-Germain-des- 

Prés  (1287),  36. 
Rayaud,    religieux  de  Saint-Germain- 

des-Prés,  186. 
Rebours,    Jacques,  ermite   de  >otre- 

Dame-la-Désirée  (16291,7. 
Recette  (la),  ferme,  i/ji. 
Redevance  de  70  setiers  de  blés,  99. 
Redevances   pour  les  fruits,  la  ramée 

dans  les  bois.  209. 
Redevance  de  3o  muids  de  vin,  283. 
Reginald,  évêque  de  Chartres,  ^9. 
Regnault,  Denis,  pilancier  de  Saint- 

Germain-des-Prés,  206. 
Regnault  de  Beaumont,  272. 
Régnier,  112. 
Reinart,    prévôt  de    Saint-Germain- 

des-Prés,  98,  94. 
Religieux  de  Saint-Germaindes-Prés, 

36. 
Religieux  de  Saint- VVandrille,  72. 
Religieuses  de  Saint-Eutrope  de  Char- 
tres, 116. 
Religieuses  du  Lys,  près  Melun,  1 16. 
Religieuses  de  Saint-Cyr,  228. 
Religieuses  de  Port- Royal  (1267),  ^^i. 
Religieuses  de  Gif  (i538),  aSi. 
Renard,  maire  du  Breuil(i222),  94. 
Renard,  religieux  de  Saint-Germain- 
des-Prés, 272. 
Renaud,   évêque  de    Chartres   (1208- 

1210),  26,  Sa,  68,  75. 
Renaud,  religieux,  107. 
Redaud,  prieur  d'Avrainville,  119. 
Renaud,  217. 
Rente  pour  le  chapelain  de  Notrc-Da- 

me-la-Désirce,  a. 


3iA 


Renie  pour  les  terrains  du  Chesnay 
enfermés  dans  le  parc  (1691),  226, 

Reportage,  199. 

Rettelon  (de),  moulin,  199. 

Revenus  de  Saint-Germain-des-Prcs  à 
Paray,  en   1790,  80. 

RiCART,  maire  de  Morenci. 

RicBERT,  prêtre,  IX"  siècle,  100. 

Richard  de  Dammartin,  76. 

Richard,  évêque  d'Avranches,  178. 

Richard,  abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  360. 

Richard,  119. 

Rideau,  Jean,  i48. 

Rigault,  Pierre,  io5. 

RiGAULTj  Adam,  évèque  de  Paris,  i33, 
i',3. 

Rigomer-Vauhalan,  25o. 

Rigueur  des  ofTîciers  royaux,  106. 

RiON,  Aicolas,  287. 

RiQUET,  Jacques,  34- 

RiQUET,  Pierre,  maître  d'école,  34. 

Rivière  (de  la),  fief,  6. 

Rivière,  Renée,  60. 

Robert  le  Pieux,  26,  36,  42,  43,  187, 
190,  256,  271,  282. 

Robert,  abbé  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  35,  87,  44,  125,  204,219. 

Robert  II,  frère  du  roi  Eude,  abbé  de 
Saint-Germain-des-Prés,  175. 

Robert  Guérin,  chapelain,  4. 

Robert  III  (i556),  évèque  de  Chartres, 
68. 

Robert,  seigneur  de  Dreux  et  de  Rrie 
(1202),  82  ;  renonce  à  60  muids  de 
vin,  168. 

Robert  de  Fulfuri,  i33. 

Robert  de  Lespinasse,  abbé  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  i53,  235. 

Robert  de  Meudon,  208. 

Robert  de  Morel,  210. 

Robert  de  Meulaîs,  216, 

Robert  de  Rueil,  219. 

Robert,  abbé  de  Saint- Victor  de  Pa- 
ris, 221. 


Robert  de  Meulam,  258. 

Robert  d'Aistoni,  219. 

Robert,  Jean-Baptiste,  298. 

Rochefoucauld  (de  la),  Louis-Alexan- 
dre, 2  5. 

Rocheguyon  (la),  château,  4,5. 

Rocheguyok  (de  la),  duc,  20,  25. 

Rochon,  Alexis,  prieur  commenda- 
taire  de    Saint-Martin-la-Garenne, 

G,  9- 

Rodoyer,  Romain,  procureur  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  208,  212. 

Roger,  vicaire  perpétuel  d'Avrainville, 
126. 

Roger  de  Soisy,  cuisinier  du  Roi,  208. 

Ronsay,   2l3. 

Ros(de),  Sibille,  119. 

Rose  de  Chartres,  dame  du  Voisiel, 
1x3. 

RouBAis  (de),  Ysabeau,  6. 

Rouget,  19. 

Rousseau,  Pierre,  147. 

Rousseau,   Toussaint-Mathurin,    298. 

Roussel,  Placide,  prieur  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  64, loi,  208, 247. 

Roussel,  Guillaume,  vicaire  perpétuel 
d'Avrainville,  i25,  127. 

Roussel,  Pierre,  194- 

RoussELiN,  ISicolas  (dom),  prieur  de 
Theméricourt,  180. 

RoTROu,  archevêque  de  Rouen  (1175), 
10,  i4,  181. 

Ruuvray,  forêt. 

Royaiimont,  242. 

Rueil,  220. 

Ruelle  (de  la),  Jean,  i85. 

Ruine  de  la  prévôté  de  Dammartin, 
37. 

RUNGY,  82. 


Saclày  (de),  chapelle,  253. 


Sagy,  179- 
Sainteny,  159. 


3i5 


Salle  (de  la),  Pierre,  74. 

Sandras,  Joachim,  22/1. 

Sanguin,    Antoine,    seigneur  de  Meu- 
don,  200. 

Sanguin,  Jean,  veut   établir  un  pres- 
soir, 201. 

Sansac  (de),  Jehanne,  dame  de  Beau- 
regard,  280. 

Santerue,  notaire,  18. 

Santeuil  (de),  abbé,  seigneur   dWm- 
bleville,  20. 

Santyme,  i5o. 

Sarrazin,  12. 

Saulx  (des),  rue,  29. 

Saussaye,  André,  25. 

Sauvaige  (dom),  cellérier  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  i85. 

Savigny,  94,  98,  102. 

Sceaux,  2/46. 

Sedilie,  3^  femme  de  Thyon,  i35  ;  Sé- 
dilie,  veuve  de  Girard  iMaréchal,  198. 

Senozan  (de),  Antoine-Olivier,  con- 
seiller d'État,  16,  21,  28,  07. 

Séminaire  des  prêtres  de  Saint-Nico- 
las, 157. 

Sens  (de),  demoiselles,  248. 

Sentences  de  mort  et  exécutions,  122, 
200. 

Septeuil  (de),  Richard,  60. 

Septeuil,  28  ;  église  ruinée,  56  ;  décla- 
ration (1790).  65  ;  prieuré  ruiné  par 
les  gens  de  guerre,  67  ;  patronage 
de  l'église,  67  ;  deux  églises,  69  ; 
requête  du  vicaire,  69  ;  prieurs,  cu- 
rés, vicaires,  70. 

Serans  (de),  monseigneur,  20. 

Servien,  Abel,  marquis  de  Sablé, 
achète  les  biens  de  Saint-Germain  à 
Meudon,  197,  302. 

Sèvres,  rivière,  126,  219. 

Se  ville,  Jacques,  i48. 

Sézile^  180. 

Simon,  abbé  de  Saint-Gcrmain-des- 
Prés,  85,  95,  2IO,  283. 

Simon  d'Anet,  85,  43,  44. 


Simon  et  Jean  de  INIo.ntjoie,  192. 

Simon  de  Vaughigxeuse,  92. 

Singe  Yerd,  m. 

SiNSART,   Hubert,  128. 

Sirefontaine,  178,  187. 

Sire  de  Belliicvre,  270. 

Symon,  religieux,  i58. 

Symon  d'Auteuil,  281. 

Sœurs  pour  soigner  les  malades,  i56. 

Solage  (de),  Marie,  io5. 

SoLiGNAC  (de),  Nicolas,  écuyer,  108. 

Somero  (de),  Etienne,  43. 

Souillard,  4o. 

Saint-André-des-Arcs,  Paris,  77. 

Saint-Andrieu,  87. 

Saint-Antoine-du-Buisson,  21 4-2 16. 

Saint  Antoine  (  du  pain  de),  reliques, 

6. 
Saint- Augustin  (de),  fief,  72. 
Saint-Babolein,  162. 
Saint-Benoit  de  Paris,  2i4. 
Sainte  Cécile,  reliques,  6. 
Saint  Christophe,  reliques,  6. 
Saint-Clément  de  Chastres,  excuses  du 

prieur,  120,  128. 
Sainte-Colombe  de  Sens,  102. 
Sainte  Cordule,  reliques,  6. 
Saint-Corentin,  abbaye,  66. 
Saint-Denis,  abbaye,  220,  228. 
Sainte-Geneviève  (de),  religieux,  220. 
Saiut-Éloi  (de),  prieur,  121. 
Saint-Georges  de  Mantes,  prieuré,  76. 
Saint-Germain-des-Prés,    abbaye,    3, 

5,  6,    18,  i4;  i5,  16,  19,  21,  20,  3i, 

43,  48,52,  63,  87,  io4,  317,  219, aSi. 
Saint  Gervais,  18,  25. 
Saint-Gildard  de  Longucsse,  180. 
Salm-Gili.es  (de),  sieur,  280. 
Saiut-IIillicrs,  286. 
Saint-Légcr-aux-Bois   ou    en-Arlhics, 

9-18. 
Saint-Leu,  102. 
SainI  r.ouis  mangeant  dans  les  appar- 

lenienls   des  lîéiu'dlclins    de    \  ille- 

nouve-Saint-Gcorges,  a45. 


—  3i6  — 


Saint-.Magloire  de  Paris,   lo. 

Saint  Marcel,  149. 

Sainte-Marie  (de),  lldefonse,  reli- 
gieux, prieur  de  Saint-Michel-Che- 
vaudos,  212. 

Sainte-Madeleine,  église,  60. 

Saint-Martin  de  Villiers,  12,  i4. 

Saint-Martin-la-Garenne,  1,2,  35,  4i. 

Saint-Merry,  fief,  100. 

Saint-Michel-Chevaudos,  211,  2i3. 

Saint  Placide,  166. 

Saint  Paul  (le  pain  de),  reliques,  G. 

Saint- Port  (de),  baronne,  290. 

Saint-Sébastien,  confrérie,  216. 

Saint-Saturnin  d'Antoni,  267. 

Saint-Thomas  du  Louvre,  chapitre, 
i5o. 

Saint  -  Rigomer,  calomnie,  miracle, 
25o. 

Saint-Victor  de  Marseille,  36. 

Saint  Vincent,  martyr  d'Espagne,  84. 

Saint-Wandrille,  abbaye,  71. 

Saint-Yon  (de),  Hugues,  186. 

Statue  de  saint  Georges  plongée  dans 
la  Seine,  i55. 

Statue  de  ÎNotre-Dame-la-Désiré  ca- 
chée dans  une  fontaine  (1790),  g. 

Suresnes,  justice,  prisons,   219,    228, 


Tabour,  Jean,  ermite  de  Notre-Dame- 
Ia-Désirée(i62  9),  7. 

Tailleau,  bois,  io3. 

Tardif,  222. 

Tasse,  haute,  62. 

Talpin  des  Minières,   ii3. 

Tavane  (de),  comte,  i56. 

Taxe  des  Juifs,  56. 

Taxe  des  sacrements,  58. 

Tellier  (le),  Michel,  ermite  de  Notre- 
Dame  la-Désirée  (1649),  7- 

Tenestina,  25o. 

Tertre  (le),  27,  29. 


Teulet,  Alexandre,  222. 
Théméricourt,  178. 
Thiais  ou  Thyais,  16,  21,  78,  i4i,  i52, 
263. 

Thiais  ou  Thyais  (de),  Jean,  162. 

Thiais  ou  Thyais  (de),  Renaud,   che- 
valier, 78. 

Thibault,  sieur,  4i- 

Thibault,  dit  le  Gros,  108. 

Thibault,  Fabre,  i64. 

Thibault,  Pierre,  173. 

Thibault  de  Marly,  212. 

Thibault  Ghaadun,  283. 

Thibout,  Guillaume,  193. 

T111EFAINE,  i36. 

Thieno  (de),  Jacques,  26. 

Thierry  de  Droson,  chevalier,  94. 

Thion,  i  i4. 

Thyon  de   A'illeneuve-Saint-Georges, 
i34. 

Tirans  (des),  fief,  19,  20. 

Tyron,  abbaye  (i2i5),  226. 

Thomas  de  Mauléon,   78,  85,  86,    272, 
288. 

Thomas  de  Chartres,  92. 

Thomas,  François,  127. 

Thomas  de  Valenton,   i63. 

Thomas   de  Brie,  religieux  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  180. 

Thomas,  Lucques,  194. 

Thomas,  Pierre,  200. 

ToBiE,  Adam,  Meudon,  2o3. 

Tonlieiic,  droit,  i32. 

Torfou,  [09,  ii4,  122. 

Tour  d'Argent,  255. 

Tour  d'Antoni,  264,  289. 

Tourly,  20. 

TouRNON  (de),  cardinal,  abbé  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  i36. 

Tournelles  de  Mantes  (les),  46,  47- 

Tousteau,  66. 

Tranché  de  Trémemont,  dame,  172. 

Trianon,  216,  217. 

Tricher,  signifiant  trier,  209. 

Trichoit,  lieu  dit,  209. 


3i7  - 


Tristan    de    Longuesse,    seigneur  de 

Richelctte,  278. 
TnociiE,  Louis,  235. 
Tuilerie,  location,  38. 
Tuilier  (maison  du),  2^9. 
TuREAU,    Guillaume,  prieur  de   Sep- 

teuil,  63. 


u 


Ursulines  de  Mantes,  2- 


Valenton,  i32,  i34,  i36,  187,  i^i,  i46, 

i48,  1^9,  162,  168,  174. 
Valgontard  (de),  Philijjpe-Robert-Si- 

méon  (i256),   71. 
Valiers,  curé,  i5. 
Val-Meudon,  200. 
Yauboyen,  moulin  (i234),   238  ;  ruiné 

par  les  guerres  (i66.'l),  289,  244- 
Vaucresson,  218. 
Vaudigiion,   Louis,  72, 
Yaugerard,  176. 
Vaugrigneuse    (de),    Guillaume,   io4, 

276. 
Vauhallan,  253. 
Vaupéreux,  242,  249,  278. 
Vaux  (grand  et  petit),  98, 
Vente  de  reliquaires  d'argent,  283. 
Ventriers  (les),  Jacques,  62. 
Vélannes-Bost  ou  Vélannes-le-Bois,  18, 

20,  22. 
Vélannes-la-Ville,  17,  19,  20,  22. 
Verne  (de),  Jean,  trésorier  de  Saint- 
Germain,  44- 
Verneuil   (de),    duc,   abbé  de   Saint- 

Germain-des-Prés,  83,  167,  169. 
Vernox  (de),  Jean,  trésorier  de  Saint- 

Germain-des-Prés,  35. 
Vcrnon    (Eure),  droits   de  Saint-Van- 

drille,  72. 
Verrières  (de),  Robert,  ii8. 
Verrières,  i36,  a46,  247,  248,  260,357, 


258,  362,  263;  fabriques  de  verres, 
IX."  siècle,  254,  278,  282  ;  contenance 
des  bois,  28 '|. 

Versailles,  25,  248. 

Vert,  63. 

Vetheuil,  5,  i5,  42. 

Vexin  français,  17,  34,  i84. 

Veydeau  de  Grandmont,  seigneur  de 
Chétainville,  124. 

Viarii,  256. 

Vicarii,  206. 

Vicaires  perpétuels  de  Verrières,  287. 

Vicairie,  107. 

Videlles,  592. 

Vigneron,  Louis- Alexandre,  166. 

Vigny,  178. 

Viguerie  de  Paray,  81. 

Viguerie,  256. 

Viguiers,  256. 

VilleneuveSaint-Georges,  i32  ;  vigno- 
bles, i32  ;  droits  de  Saint-Germain, 
i43  ;  justice,  audiences,  i46  ;  église, 
donation,  consécration,  réconcilia- 
tion, i56;  séjours  de  plusieurs  rois, 
157. 

ViLLEROi  (de),  21. 

Ville-Thierry  (de),  Guillaume,  45. 

Villiers-en  Arthie,  11,  i5,  293. 

Vieil  (le),  Jean  et  Pierre,  176. 

ViGNOiL  (de),  Thomas,  i46. 

Villa-Coublay,  284. 

Villefavreux,  2  43. 

ViLLEFONTAINE   (dcj,    Il 4. 

Villaines,  257. 

VlLLEHAYMON,]274. 

Ville-du-Bois,  io3. 

Villemaison,  11 3. 

Villemilan,  200. 

ViLLi  (de),  Pierre,  86. 

ViLLiERs  (de),  Pierre  et  Ansold,  94. 

ViLLIERS,    io3. 
ViLLOUVETTE,    123. 

Vilvert,  lieu  dit,  189. 

Vin  de  Notre-Dame-la-Désirée,  4- 

Vins  (de),  marquis,  99. 


—  3i8  — 


YioN  DE  Bécheville,  Mathieu,  prieur 
de  Saint-Martin,  208. 

Violence  du  curé  de  Villeneuve-Saint- 
Martin,   183. 

VioT,  Philippe,  prieur  de  Saint-Mi- 
chel, 212. 

Yiry,  io2-io3. 

VisiGNY  (de),  Marie,  ii5. 

Vivian,  Jean,  religieux  de  Saint-Ger- 
main-dcs-Prés,  72. 

YoDETO  (de),  Guillaume,  5o. 

Yoie    Creuse,  ii4. 

Yoirie  de  Paray,  82. 

Voirie,  107,  i2i,  218. 

Voisins  (de),  Gilbert,  seigneur  de  Bou- 
convilliers,  20. 

VoLENGi,  Jean,  i46. 

Voleurs  conduits  aux  prisons  de  Paris, 
242. 

Volet  (de),  contrôleur  général  des 
monnaies  de  France,  285. 

Voûtes  (des),  rue,  109. 

Yoyage  des  Bénédictins  de  Saint-Ger- 
main de  Paris  à  Choisy,  en  bac,  i53. 


W.vLAFRED,  maire  de  Palaiseau,  252. 
Waldromar,  abbé   de  Saint-Germain 

(697),  222. 
\Yandremar,  abbé  de  Sainl-Germain- 

des-Prés  (697),  223. 
Wandrille  et  Jean  Forger,  G7. 
Warin,  271. 

V\''lLHEM  de  GuILLERVILLE,    94- 

WiLHELM,  prieur  d'Antony,  258. 
Wissous,  78,  83,  87,  89,  257  ;  vasseaux 
rebelles,  276. 


Yerres-en-Brie,  i4i. 
Yvecte,  90. 


Zèle  pour  la  religion,  161. 


E  RRATA 


Page  lo,  ligne  i3,  Hugues,  archevêque  de  Rouen,   lire  :  loGo,  au  lieu    de 

1G60. 
Page  99,  ligne  9,  lire  :  i5G8,  au  lieu  de  1668. 
Page  i33,  ligne  20,  lire  :  Robert,  au  lieu  de  Rodert. 


TABLE  DES  MATIERES 


Préface     v 


ARRONDISSEMENT    DE  MANTES 

Notre-Dame-la-Désirée,   i  ;  chapelains lo 

Saint-Léger-en-Arthies,  lo  ;  prieurs,  i4;   Saint-Martin-de-Villers,  i4  ; 

curés ,      .        i5 

Magny-en-Vexin i5 

Longues  :    possessions   territoriales,    26  ;  seigneurie  temporelle,  3i  ; 

seigneurie  spirituelle Sa 

Dammartin,  35  ;  seigneurie  temporelle,  ki  ;  juridiction  spirituelle,  48  ; 

prévôts 5o 

Montchauvet,  5i  ;  seigneurie  temporelle,  54  ;  seigneurie  spirituelle,  57  ; 

curés (3o 

SeiJteuil  :  histoire  territoriale,  61  ;  seigneurie  temporelle,  60  ;  seigneu- 
rie spirituelle,  67  ;  prieurs,  curé,  vicaires 70 

ChauIîour-les-Bonnières 71 

Mantes 75 


ARRONDISSEMENT  DE  CORBEIL 

l'aray,   77  ;   seigneurie    temporelle,    81  ;    seigneurie    spirituelle   .     .         84 

IVIassy 86 

Wissous 87 

Épinay-sur-Orge  ou  Le  Breuil,  90  ;  prieurs io3 

ai 


^2  2     

Ballainvillieis io4 

Avrainville,    io6;  juridiction  temporelle,  1 1 9  ;  seigneurie  spirituelle, 

135  ;  prieurs,  curés i3i 

Villeneuve-Saint-Georges,    iSa  ;  prévôts,    i^o  ;  seigneurie    temporelle, 

1^2;  procurations,   i44  ;  justice,    i i5  ;  redevances  et  dîmes,  149; 

banalité  et  voirie,  102  ;  seigneurie  spirituelle,  1 55;  curés     .      .      .      i58 

Haut-Gagny i^g 

Crosnes 160 

Valenton,  162  ;  seigneurie  temporelle,  168  ;  seigneurie  spirituelle,  171  ; 

curés ^7^ 

Bruyères,  proche  Limeil 17^ 


ARRONDISSEMENT  DE   1  ONTOISE 

Longuesse,  175  ;  seigneurie  temporelle,  179  ;  seigneurie  spirituelle,  180  ; 

curés ^°^ 

ARRONDISSEMENT  D'ÉTAMPES 
Étampes ^^^ 

ARRONDISSEMENT  DE  RAMBOUILLET 

Beynes ^°1 

Sirefontaine ^^7 

ARRONDISSEMENT  DE  VERSAILLES 

Chàteaufort 188 

Maule 18  ^• 

Meulan iQ» 

Poissy ^92 

Meudon,  192  ;  seigneurie  temporelle,  198  Justice,  200  ;  dîmes  et  bana- 
lités, 202  ;  droits  de  grucrie 2o3 

Bouafle,  200  ;  seigneurie  temporelle 208 

Grespières 209 


—  323  — 

Saint-Michel-de-Chevaudos 211 

Le  Chesnay 2i4 

La  Marche ....217 

Garches 219 

Bougival 319 

Charlevanne 320 

Marly-le-Roi 222 

La   (]eIIe-Saint-CIoud,  228  ;  litiges  et  transactions,  226  ;  exercice  de  la 

justice,  228  ;  l'église  et  la  cure 229 

Levy-Saint-Nom 282 

Jouy-en-Josas a33 

Gourbetin 286 

Montéclin-Vauboyen,  287  ;  seigneurie  temporelle 24a 

Amblainvilliers 2^6 

Palaiseau aSo 

Antony,    Verrières,  Massy,  Berny,  etc.  :  prévôté,  258  ;  seigneurie  spiri- 
tuelle, 266  ;  seigneurie  temporelle  370 

Verrières,   282  ;  possessions  et  seigneurie  temporelle,   288  ;  seigneurie 

spirituelle,  286  ;    vicaires  ou  curés 287 

Berny .288 

Fresnes-Paray 391 

La  Ferté-Aleps  (La  Ferté-Alais) 292 

Index  alphabétique 295 


Imprimerie  E.  AUBIN 


à  LiGUGÉ  (Vienne) 


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